Institut Français de

l’ennéagramme

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Posté(e)

Bonjour Christian,

 

Superbe découverte. Tu n'as plus qu'à pratiquer massivement la technique de régression en âge vue dans le stage Eveil, sans trop te préoccuper des autres éléments de la transe, ni de son origine.

 

Très cordialement, Fabien

Posté(e)

Bonjour Christian !

 

Merci à toi pour ton retoursur le stage. :blush:

Oui, nous avons eu de la chance ces jours-là. Je te préviens que quand je "me barre en 5", c'est beaucoup moins sympa… quoique d'un sens certainement plus reposant ! (Tiens, voici une phrase typique de ma façon de chercher à positiver encore… en cherchant une miette d'avantages, même dans mes moments sombres.)

 

Ton histoire de "12 ans" m'évoque plutôt ma capacité de mettre du "fun" à faire ce que je fais… et retrouver l'enfant en moi qui joue.

 

Franchement je suis assez d'accord pour dire que certains exercices étaient un peu "coton".

 

Mais le jeu peut être pour moi un exercice très sérieux… ou l'inverse je ne sais plus ! En tout cas, je m'aperçois que j'ai toujours essayé de développer des stratégies qui me permettent de prendre du plaisir même là où c'est pas gagné d'avance… mais là je sens que Fabien va me dire que ça aussi, c'est une transe (???). :proud:

 

Bon, je sais, ça ne répond probablement pas à ta réflexion :

En fait, c'est comme si j'avais 12 ans, un petit garçon. Cet état ne me quitte jamais, et cela est très difficile de m'en défaire. Ainsi ma relation aux autres est déjà faussée. J'ai alors du mal à aller vers les autres (entre autres choses) pour cette première raison.

Mais il n'y a que toi qui peut avancer sur ce sujet… et je suis très intéressée d'en apprendre un peu plus !

 

Bonne journée.

Shana (8 alpha, Aile 7)
Les bateaux sont à l’abri dans les ports. Mais ils ne sont pas faits pour cela. (proverbe yiddish)

  • 4 months later...
Posté(e)

Bonjour Shana, bonjour Fabien, bonjour à tous,

 

Merveilleuse année 2006 pour toutes les combinaisons de l'ennéagramme, des types aux sous-types en passant par les ailes et surtout les intégrations ! :laugh:

 

En ce qui concerne ce sujet, j'ai été longtemps mal à l'aise (presque honte) en considérant cet état de fait : ne pas être tourné vers les autres.

 

J'ai ressenti les énergies qui, en présence d'autres personnes, étaient tournées vers moi.

Ainsi j'ai massivement joué de la coupure de transes lorsque je me sentais enfant à l'intérieur de moi. Grâce à des exercices de sophrologie, j'ai pu placer l'enfant que j'étais à côté de moi, et non en moi, comme un philtre. Bref, j'ai mon corps comme il faut.

Mon corps, et les autres !

 

En fait je ne cherche plus trop, en ce moment, à me forcer à aller vers les autres. Alors qu'auparavant je restais toujours en retrait, dorénavant, je fais les premiers pas de manière normale, sans être tributaire d'une émotion exessive. Je vais au contact. Sans plus.

 

J'apprends depuis peu à avancer par petits pas, par petites touches, et je me rends compte qu'on ne peut pas tout partager avec quelqu'un en une seule fois. Il me semble ainsi que je voulais tout partager, entrer dans une immense fusion avec les autres, les "dévorer" pour qu'ils puissent vivre en moi et ainsi ne plus être seul. Une forme de cannibalisme émotionnel, avec la peur de l'abandon.

 

Voilà, après plusieurs semaines d'auto-observation, où je peux me trouver.

 

Ressentez-vous la même chose ?

Christian (E4 alpha, Aile 5, C= S- X+)

Fabien Chabreuil
Posté(e)

Bonjour Christian,

 

A toi aussi une année 2006 de rêve… mais ancrée dans la réalité !

 

Très joli constat. Pour aller profondément vers l'autre, il faut accepter de passer par le peu, le superficiel, l'effleurement des sentiments et des idées. Dur pour le 4 effectivement, et pour son voisin de l'autre côté de l'Ennéagramme, le 5.

 

Inversement, le 2 et le 7, qui restent souvent à la surface de leurs propres émotions et de leurs propres idées, franchissent plus facilement cette première étape, mais seront moins à l'aise dans la seconde.

 

Très cordialement,

Fabien

Posté(e)

Fabien,

 

Merci pour cette réponse ! :laugh:

 

J'ai oublié de dire que j'ai, en fait, longtemps lutté contre l'envie d'être un 2 ou un 7, me dénigrant. Et j'ai dû utiliser des tonnes de prises de conscience apprises en stages Eveil et Essence pour couper le contact avec les transes et l'éloignement du 4.

 

Ta remarque m'est précieuse : "la première et la seconde étape". Il me semble qu'en plus de cela, je suis en train de prendre conscience du temps qui passe, la durée à l'intérieur de moi, et surtout l'espoir, dans le sens, possibilité dans l'avenir et non uniquement "réussite ou échec", et donc, pour moi inévitablement perte de confiance parce que je suis davantage tourné vers l'échec (la mélancolie).

 

Amicalement.

Christian (E4 alpha, Aile 5, C= S- X+)

  • 1 year later...
Posté(e)

Réponse Fabien, bonjour à tous,

 

C'est rigolo l'ego, hein, parce que quand on veut en prendre conscience il se défile ; c'est comme vouloir attraper une savonnette à l'aide d'un poulpe ! Le truc, c'est donc, comment attraper un poulpe avant de vouloir apprendre à reconnaître une savonnette pour ensuite pouvoir l'attraper (métaphore de la prise de conscience en ce moment où je prends conscience qu'il faut prendre conscience !!!). :hautetfort:

 

J'ai relu avec attention l'ensemble de ce qui a été écrit dans cette discussion. J'ai aussi relu la discussion sur le respect qui va très bien avec ma prise conscience, ici. Je dois dire que depuis le Stage Neti Neti Neti Neti Neti Neti Neti Neti Neti Neti (ad libitum), je tente de me remettre de mes émotions et la tête à l'endroit.

 

Je dois avouer qu'à l'époque, je n'avais pas vraiment lu tout ce que chacun écrivait. Je dois avouer aussi que je n'ai rien compris à ce que j'ai pu écrire dans ma dernière participation à la discussion concernant Le respect, au 21/06 !!! Je tente dans quelques heures de faire le questionnaire donné par Fabien… Bref.

 

Je vais tenter de repartir sur des bases, disons plus mentales qu'émotionnelles.

 

Une chose donc est parfaitement claire maintenant. Je ne m'occupe pas des autres sauf si les autres me renvoient une émotion. Et vice versa : si les autres me renvoient une émotion, alors je m'intéresse aux autres le temps de leur présence. Ce qui veut dire que l'autre est un déclencheur d'émotions intérieures POUR MOI.

Un exemple :

La semaine dernière, j'ai donné des conseils à quelques collègues. J'ai aussi donné des informations à un collègue. Je dois dire qu'ils n'ont pas été très réceptifs. Plutôt, ils n'ont pas été aussi réceptifs que je l'aurais voulu, et donc ils ne m'ont pour ainsi dire rien renvoyé, si ce n'est que de l'émotion négative. J'ai donc été intérieurement très en colère contre eux car, vraiment (non mais c'est pas possible !! :happy:), ils m'avaient totalement manqué de respect (c'est vrai quoi, je te jure avec tous les efforts que je fais :surprised:). Et que croyez-vous qu'il arriva ? Il arriva que je me suis enfermé dans ma petite coquille de l'indifférence, et je leur en veux jusqu'à la fin des temps.

On est bien qu'avec son petit ego à soi.

 

Depuis, j'ai pris conscience de l'existence de la False Core et de la contrepassion (merci du double cadeau avant Noël !!). Et donc j'ai pris conscience de cette faculté du 4 (mais il n'est pas le seul et par le plus performant dans ce cas-là) à tourner les talons face aux autres.

Un exemple : je suivais une émission à la télévision dans laquelle un écrivain 4 alpha est sorti du plateau de télévision en colère, car il ne pouvait pas rester face à une autre personne qui ne respectait pas sa position sur un sujet. (Je dois avouer que je n'ai rien compris à ce que disait ce 4 alpha, mais lui se comprenait sans problème… Il était là assis, les yeux perdus dans le vide, et il parlait en s'interrompant lui-même, jusqu'à ce que, n'en pouvant plus, il a quitté le plateau… car trop incompris…). J'avais eu l'intuition qu'il allait partir, et quand il s'est levé ça m'a fait rire. Mais pas longtemps.

Car je me suis dit. Lui, c'est moi. Et j'ai pris une immense claque en constatant que MOI AUSSI je quitte les autres ainsi :

1- soit les réunions avec les collègues parce que c'est-pas-possible-que-j'appatienne-à-ce-groupe-de-gens-qui-ne-m'écoutent-jamais !

2- soit je quitte la discussion avec mon épouse parce qu'elle ne veut pas accepter ce que je dis (une 9 !!! le comble !!!!) ;

3- soit je m'isole de mes enfants qui font du bruit ;

4- mes amis, mais la discussion a déjà été largement abordé chez les 4.

 

Et là, j'ai pris en plein visage cette énergie intérieure avec l'émotionnel qui va avec.

 

Ce n'est pas exactement que les autres ne m'intéressent pas, c'est simplement que je suis tourné vers moi-même, l'énergie intérieure qui m'apparaît comme un doux fluide, ou un philtre (ou un filtre !!). Et les autres nourrissent positivement (joie-envie) ou négativement (honte-envie-mélancolie) cette énergie.

 

En relisant rapidement les thèmes que j'abordais sur ce forum (Etre victime, Se sentir envahi, La franchise), je me suis rendu que ce thème de l'Autre était constant. Je tournais autour du pot.

 

Il m'est peu à peu revenu en mémoire des images de mon enfance.

J'ai vécu avec ma mère et mon frère, heureux jusqu'au départ de mon grand frère. Lorsqu'il quitta la maison, je fus, selon les dires de ma mère et des professeurs de l'époque, très attristé. Ensuite, je me souviens très bien avoir pas mal forcé sur le repli sur soi. L'image la plus forte qui me revient de ce que je pouvais vivre, c'était : je suis en train de lire des romans sur mon lit enfermé dans ma chambre, dans l'appartement où pratiquement personne n'était invité (Ma mère n'avait pas d'ami(e)s). Le monde extérieur n'existait pas. Je n'ai jamais appris ou vécu au contact des autres. On vivait en autonomie. Et j'ai une très forte tendance à renouveler ces automatismes, maintenant que je suis mari et père. Mais je prévois d'inviter pour la première fois de ma vie des amis et des connaissances proches, chez moi, pour une petite fête. Juste comme ça.).

 

Je vais faire le stage Négociation le week-end prochain. Je dois dire que pendant des mois, je n'ai jamais prêté attention à ce stage. Je n'en voyais pas l'utilité. Et puis le mois dernier, allez hop, j'ai vu ce terme et il a pris une légère signification. Etant plus conscient de ma bancalité, j'ai pu me rendre compte alors de l'existence de ce stage et qu'il pouvait sans doute m'apporter quelque chose. J'avoue que je panique vraiment à l'idée d'être confronté aux autres !! On verra bien.

J'ai d'ailleurs failli d'envoyer un mail à Fabien en lui demandant si je ne pouvais pas préparer ce stage en réalisant une négociation avec moi-même (et ça sans rire !). C'est juste ce matin que je me suis rendu de l'énormité de cette pensée !! :happy:

 

Pour terminer ici ce long témoignage, il faut que j'écrive ici noir sur blanc ce qui me tracasse au plus haut point (et que j'arrête de me mentir).

J'essaie de terminer un roman.

J'ai toutes les peines du monde depuis plusieurs mois à le finir, trouvant toutes les excuses possibles pour ne pas en venir à bout. Je vous passe les détails. Et par voie de conséquence, je suis dans une mélancolie à base de sables mouvants. Impossible de mobiliser l'espérance…

Et ce matin (toujours en me rasant !!), j'ai pris conscience de deux choses (je peux maintenant écrire tout ce qui suit ici car je n'en ai plus honte) :

1- Quand je vois mon livre fini, je me vois moi écrivain, avec les papiers dans les journaux, ou à la télé (bref tout le folklore qui va avec). Je n'aime pas ça, être mis en avant, et en même temps, je le recherche. Les émotions ici sont vraiment très fortes.

2- Jamais je n'imagine que mon roman puisse apporter quelque chose à quelqu'un. Et c'est le plus important finalement.

Cette seconde prise de conscience m'a rendu triste. Puis je fus apaisé. Puis triste parce que le monde auquel je crois et qui est mon "identité" est en train de s'écrouler. L'image de ruines. De terre vide…

Aujourd'hui, j'imagine qu'il puisse apporter quelque chose à quelqu'un.

 

Mes repères changent. Ceux de mon type. Ceux de ma vie passée. La manière dont je fus éduqué s'estompe.

Je prends conscience de certains de mes mécanismes.

Difficile de considérer l'étendu de son ego, l'immense ego. Mais c'est un chouette voyage, même quand on se trompe de route et que l'on prend le chemin de la contrepassion, l'autosuffisance. Je suis revenu au point de départ, à la suite de Neti Neti, et, comment dire, je ne suis pas mécontent de ce temps perdu…

 

Difficile de lâcher prise.

Mais difficile aussi d'accepter de prendre conscience.

 

Amicalement,

Christian

Christian (E4 alpha, Aile 5, C= S- X+)

Fabien Chabreuil
Posté(e)

Bonjour Christian,

 

Je commence par la fin.

 

"Je ne suis pas mécontent de ce temps perdu…"

Je radote un peu, mais c'est le propre de ce mode de communication et certains trouvent une valeur pédagogique à la répétition. Il n'y a jamais de temps perdu parce que les errances et les résistances de l'ego viennent systématiquement, alors que ce soit à un moment ou à un autre du chemin n'a pas d'importance.

 

Et puis dans ton cas, Patricia et moi en parlions en rentrant du stage Néti Néti, ce que tu as fait de ce temps perdu est vraiment loin d'être négligeable.

 

"Je vais tenter de repartir sur des bases, disons plus mentales qu'émotionnelles."

C'est une riche idée. Ton centre préféré ne peut que te piéger. Pour un 4, il faut sortir de l'émotion pour rejoindre la raison et l'action. Le centre de support étant le plus sain, c'est celui qui est le plus aidant dans un premier temps.

 

"Il arriva que je me suis enfermé dans ma petite coquille de l'indifférence, et je leur en veux jusqu'à la fin des temps."

C'est dur à admettre pour un 4, mais l'envie et la haine sont deux émotions qui sont soeurs siamoises. C'est dans l'instinct sexuel que cela s'exprime le plus, et c'est pour cela que le 4 de ce sous-type peut, d'après Claudio Naranjo et évidemment l'expérience le confirme, ressembler à un 8.

 

"Je quitte les autres."

Pour tous les types orientés vers l'intérieur, le monde réel est moins bien que leurs idéaux, d'où la tentation de "quitter" dès que la comparaison, dont le 4 est un spécialiste, est défavorable à la réalité.

 

"Ce n'est pas exactement que les autres ne m'intéressent pas, c'est simplement que je suis tourné vers moi-même, l'énergie intérieure qui m'apparaît comme un doux fluide, ou un philtre (ou un filtre !!). Et les autres nourrissent positivement (joie-envie) ou négativement (honte-envie-mélancolie) cette énergie."

Très juste observation. Mon ego de 7 attend aussi des autres qu'ils nourrissent mon mental intérieur : faites-moi rire, stimulez-moi, donnez-mois des idées, des plans, des fantasmes. Moi, moi, moi.

 

"Etant plus conscient de ma bancalité"

Je pense que tu es plus conscient de la conscience qu'a ton ego de ta bancalité. Bancalité illusoire, bien entendu.

Attention au piège d'utiliser l'Ennéagramme pour confirmer à ton ego que quelque chose ne va pas en toi.

 

"J'ai d'ailleurs failli d'envoyer un mail à Fabien en lui demandant si je ne pouvais pas préparer ce stage en réalisant une négociation avec moi-même (et ça sans rire !). C'est juste ce matin que je me suis rendu de l'énormité de cette pensée !! :happy:"

:hautetfort: On ne me l'a jamais fait celle-là…

 

"Jamais je n'imagine que mon roman puisse apporter quelque chose à quelqu'un. Et c'est le plus important finalement."

Pourquoi ? Parce que tu ne veux pas assumer les conséquences du fait de donner quelque chose aux gens ? Parce que donner à certains veut dire qu'on ne donne pas à d'autres et que cela implique le rejet ? Ou autre ?

 

Très amicalement,

Fabien

Posté(e)

Bonjour Fabien, bonjour à tous,

 

Je commencerai par le début. :happy:

Et je laisserai la place à mon ego qui a envie de parler (comme d'habitude, certes !).

 

Il faut tout de même que j'avoue une bonne fois pour toute que le 4 alpha que je suis se sent tellement supérieur aux autres.

En toutes circonstances, inconsciemment, seul ou entouré des autres, je suis au-dessus du monde, comme un être divin. Je suis comme un être informel et je regarde le monde sous mes pieds.

Je ne suis pas différent, ni à part, ni à côté du monde. En effet, tout le monde est différent.

Je suis Supérieur. Je suis l'Être Supérieur.

Je ne suis pas plus intelligent que les autres, pas plus rapide que les autres, ni plus aimant que les autres ou plus fort physiquement, mais je suis bien plus que tout ces éléments réunis. Je suis un Être Supérieur en Tout, cela parce que l'idée de tous ces éléments (force, intelligence, beauté, rapidité, etc.) m'apportent des émotions intérieures très fortes. Et je suis toutes ces émotions. Je suis alors invincible. Je peux résoudre tous les problèmes, toutes les maladies, tous les conflits.

 

Alors "éviter la banalité", ma compulsion, n'est nullement "être différent" ou "en marge" comme je peux le lire sur les témoignages des  4, mais véritablement au-dessus de ce monde banal. Chercher à éviter la banalité consiste à chercher à éviter d'être l'autre, ou avec l'autre. Banal voulant signifier : limité, chaotique, faible, ou sans valeur. Donc l'humain, la viande (:happy: vous me dites, hein, si j'y vais trop fort, mais franchement, je suis sincère).

Je suis tout l'inverse.

En ce sens, la comparaison la plus forte pour exprimer cet Être Supérieur serait l'image d'un prophète. Je peux totalement m'identifier à cet image d'un être supérieur aux autres. Je pourrais ajouter que porter en plus une croix, être fouetté, ne pourrait pas me convenir totalement : en effet, moi j'aurai réussi. :cool:

 

Hélas (snif !), depuis ma naissance, je fus abandonné (je suis Moïse, sauf que lui il a eu du bol et pas moi !). Personne n'a vu ce que je pouvais apporter au monde (mais un jour quelqu'un va révéler au monde qui je suis, et grâce à moi le monde sera sauvé - bon, faudra être trèèèèèèèèèèèèès patient).

Cela dit, les personnes (les amis) qui ont le plus compté pour moi furent les gens qui ont su venir vers moi au moment où j'étais très mélancolique. Ce sont ceux aussi qui viennent me parler lorsque je fais partie d'un groupe, à l'écart évidemment.

(Il faudra d'ailleurs que je définisse exactement ce que pourraient être des amis pour moi, ou, quel est le point de départ qui me permet de choisir ou non les gens qui peuvent devenir mes amis.)

 

Puisque je suis l'Être Supérieur, le monde sans moi ne peut pas fonctionner correctement. Je suis donc effectivement inadéquat dans ce monde trop humain.

 

Seul dans mes émotions, rien ne peut m'atteindre.

Dans le monde réel, je sais même provoquer, dire ou faire des choses énormes pour montrer aux autres que j'ai un immense pouvoir. Le pouvoir de ne pas être sous le pouvoir du monde réel.

 

Mais problème.

Le problème c'est que tout de même, il faut bien se rendre à l'évidence, parfois, les autres existent et malgré tout ce que je peux penser, je suis bien obligé de voir que j'ai parfois un corps et que j'existe tout de même avec les autres.

(Il faudra d'ailleurs que j'ouvre une discussion sur le corps.)

 

Alors, dans le monde réel, j'ai mis en place quelques stratégies.

 

Stratégie n° 1

D'abord, pour que les autres puissent m'atteindre, j'ai décidé de me faire plaindre.

C'est pratique.

Je décide de montrer que je suis qu'un être inférieur, c'est-à-dire comme tout le monde, comme eux, les autres. Pour être aimé, il faut être faible, triste, malade, petit, abandonné. La mélancolie est le summum de cet état. Je suis donc mélancolie, ma fixation. Si je suis ainsi, alors on va s'occuper de moi, on va me remarquer comme on peut remarquer et aider un petit oiseau blessé.

Mauvaise stratégie en définitive. En effet, les autres viennent parfois vers moi parce que je suis un être inférieur, à part, me reconnaissent comme tel alors qu'ils devraient me voir comme un être supérieur.

Et attention, c'est là que c'est rigolo : comme je suis faible, et que, avec tous mes efforts, je parviens à faire quelque chose, vous voyez comme je suis Supérieur aux autres ?

Exemples standards :

a- Je n'aime pas passer l'aspirateur, mais une fois je l'ai passé. Vous vous rendez compte comme je suis sublime, et comme je l'ai bien passé alors que j'en suis incapable. Alors je répète à mon épouse que j'ai passé l'aspirateur, et de quelle façon et j'ai même inventé ou vu un nouveau truc, regarde si tu le tiens comme ça…

b- Si j'ai mal à la tête, je fais tout de même quelque chose (d'insignifiant) pour montrer que j'ai réussi un truc surhumain.

 

Stratégie n° 2

J'utilise mon mécanisme de défense, l'introjection. En effet, le monde réel n'existe pas. Je l'absorbe en moi. Dans ce monde absorbé, je suis vraiment un être supérieur. Je suis infini, sans aucune contrainte, libre. Coupé ainsi de la réalité, les autres me voient "différent". Encore une mauvaise stratégie ! Je ne suis pas différent, puisque tout le monde l'est ! Je suis juste supérieur ! Pourquoi diable ne me reconnaissent-ils pas ?? D'ailleurs mes parents eux-mêmes ne m'ont pas vu ou ne me voient pas ainsi !

 

Je ne vais pas redire tout ce qui a été dit de part en part sur le forum, dans les discussion des 4, mais en définitive, il est parfaitement clair que ma relation aux autres est liée par LA HAINE, c'est à dire l'envie. Je hais les autres car ils me montrent ce que je n'ai pas. En effet, si j'avais eu leur enfance, ou leur parcours, ou leur chance, ou leur argent, ou leur corps, alors j'aurais fait ce qu'ils font, MAIS MIEUX. Cet état est permanent, avec tous les gens que je croise.

Cette haine, même si elle n'apparaît pas concrètement, si dans un conflit je ne fais rien, je ne réagis pas, alors j'ai cette phrase fétiche : "Cet adversaire, un jour il paiera pour ce qu'il vient de me faire (en fait manquer de respect), et il sera puni soit par le hasard, soit par un être divin, soit par un 8." Pratique hein ?

 

À partir de toutes ces constatations, je peux répondre, Fabien, à tes dernières questions à propos de l'écriture.

 

"Pourquoi ? Parce que tu ne veux pas assumer les conséquences du fait de donner quelque chose aux gens ? Parce que donner à certains veut dire qu'on ne donne pas à d'autres et que cela implique le rejet ? Ou autre ?

Je dois dire que les deux premières questions ne m'ont pas du tout interpellé. C'est le "ou autre" qui m'a évoqué tout ce que j'ai écrit au-dessus. En effet, il me semble tout simplement que ne pas rendre concret mon projet d'écriture me permet de rester connecté à mon monde intérieur. Et surtout, surtout, ne jamais le finir permet de ne pas savoir la réponse à : "Si jamais ce roman n'est pas reconnu comme étant le plus fabuleux roman du monde, celui que tout le monde attendait, et pas voie de conséquence, si je ne suis pas reconnu comme L’Écrivain au dessus de tous les autres, que vais-je devenir ? Hein ?"

 

C'est vraiment un très grand risque que je prends en menant ce projet d'écriture à terme, le risque de constater encore que les autres ne me voient vraiment pas comme un être supérieur. Cruel monde réel !

Et la boucle est bouclée.

 

Ce que je peux dire ici à propos de l'écriture est totalement valable tous les jours, tout le temps. Je viens de revivre des scènes du passé où j'avais cette attitude "affectée et hautaine" (in Comprendre et gérer les types de personnalité, F. & P. Chabreuil, Dunod, 2001).

Il est clair que cet Être Supérieur qui veut me gouverner est aux aguets dans les nouveaux lieux avec de nouvelles personnes.

(Il faudra d'ailleurs que je regarde comment il se comporte sur la durée, notamment dans la relation de couple.)

 

Et je relis alors, Fabien, tes questions concernant mon rapport à l'écriture (écriture pour soi, écriture pour les autres) :

Je crois que je peux assumer les conséquences d'être critiqué positivement ou négativement pour ce travail. Mais ! Avec en toile de fond ceci : il faut respecter mon travail parce que j'ai eu tellement de mal à le réaliser, non mais vous vous rendez compte, un petit gars comme moi, etc. (:hautetfort: si ça n'est pas être fourbe !).

Je dois dire aussi que sur mon ancien blog (paix à son âme), le meilleur texte que j'avais écrit était celui qui avait fait pleurer presque tout le monde. Je n'avais jamais cherché à faire pleurer les autres par ce texte. Je l'avais écrit dans une totale sincérité, sans fierté, ignorant les les effets. Après cela, j'ai voulu faire la même chose, faire pleurer avec d'autres textes et les résultats furent minables, évidemment.

 

Je ne crois pas vouloir donner à tout le monde. Lorsque je déambule dans les rayons d'une librairie, je me rends compte que chacun a sa place sur les étagères. J'ai moi aussi ma place parmi tous les autres, pendant un certain temps. Sans plus.

 

Pour conclure, je voudrais juste dire que je rejoins Fabien lorsqu'il écrit dans le forum à Architecture de l'Ennéagramme : "Je n'ai pas l'impression qu'il y ait quelque chose à bâtir et encore moins que ce soit à l'intérieur de nous. Il me semble que l'Ennéagramme est plutôt lâcher prise, abandon, dépouillement, abolition des frontières. Je ne me souviens plus dans l'instant quel sculpteur célèbre, Michel-Ange peut-être, disait que pour faire une statue, il suffisait de prendre un bloc de marbre et d'enlever ce qu'il y a en trop. S'il fallait une métaphore, je préférerais celle-là."

 

Il s'agit bien de Michelangelo.

J'aime cette image du dépouillement. Je me représente l'essence à l'intérieur de l'ego. Et non à côté. Ce serait l'image d'une sphère dont le petit noyau, mais dense, serait l'essence alors que la grande enveloppe, mais moins dense, serait l'ego. (J'ai l'impression que la False Core serait la croûte, lieu très fragile et très sensible des tremblements de terre.)

Je sais que je n'atteindrai jamais l'essence, mais elle est présente. Celle-ci ne sert que de point d'équilibre à l'ego. Si l'ego est trop fort alors le poids de l'essence est nul. Et c'est tout le temps le cas. Si je parviens à dépouiller l'excès d'ego, à le rendre moins vaporeux, sans le nier, alors je pourrais trouver l'équilibre, sans jamais toucher à l'essence.

Et je donnerai une métaphore inverse, mais complémentaire. Je prends conscience des mécanismes de mon ego, et à chacune de mes prises de conscience, c'est comme si je parvenais à ouvrir une porte. Ou plutôt, c'est comme si j'étais enfermé dans une pièce octogonale avec plusieurs portes fermées sans poignée ni verrou. A l'aide du travail et de la patience, une de ces portes s'ouvre. J'entre alors dans une autre pièce aux formes différentes des précédentes, considérant le bénéfice de la précédente qui ne peut plus disparaître. Cette nouvelle porte ouverte me permet de découvrir la grande maison dans laquelle je vis (alors qu'au départ, j'étais enfermé dans un placard, dans la cave !!!).

Dans ce voyage, évidemment, j'ignore le nombre de portes et de pièces. Je n'ignore pas que je ne pourrais découvrir toutes les pièces.

 

Plus que jamais, aujourd'hui, je suis sur le seuil de la pièce dans laquelle je vais pouvoir écrire (et non délirer). Pour le moment je suis sur le seuil sans l'envie de faire un pas en arrière. A un moment, j'entrerai sans effort.

 

Il me semble bien être parvenu à la fin de cette discussion, concernant le problème du 4 alpha, la relation aux autres. Ou bien suis-je parvenu au début de cette discussion ? Le fait d'avoir mis le doigt sur cette attitude supérieure (je crois que je tournais autour du pot depuis un bout de temps et je n'étais jamais satisfait du terme "différent") m'a vraiment ébranlé, et profondément soulagé.

J'aurai toujours cette image de cet Être Supérieur en moi. Cependant, je pourrai maintenant, plus souvent, en contrôler les effets.

 

Private joke : Fabien, à propos du poulpe mentionné à table dimanche midi, juste un ajout ; il est vrai que le poulpe est un animal particulièrement intelligent, à tel point que, sur une balance, il peut peser son propre poids en livres.

Étonnant non !? :surprised:

 

Amicalement,

Christian

Christian (E4 alpha, Aile 5, C= S- X+)

Fabien Chabreuil
Posté(e)

Bonjour Christian,

 

Nom de Moi ! C'est Moi, l'Être Supérieur, vil imposteur. :hautetfort:

 

Trêve de plaisanterie. Merci pour ce message, c'est énorme, comme on dit aujourd'hui.

 

À ma connaissance, jamais le lien entre la passion du 4 alpha et celle de son type de désintégration, le 2, n'a été décrite avec autant de force, de justesse et de lucidité. :hautetfort: C'est vraiment un extraordinaire cadeau que tu nous fais à tous. Ce texte m'a énormément appris.

 

Quant à toi, je suis certain qu'un tel insight et un tel courage vont effectivement te faire entrer dans la pièce suivante.

 

Très amicalement,

Fabien

  • 2 weeks later...
Posté(e)

Bonjour Fabien, bonjour à tous,

 

On est un sacré paquet à vouloir être l'Être Supérieur !!! :heart:

 

Prise de conscience après la révélation par Fabien de ma désintégration en 2 !!! Bingooo !!! Maintenant, je nage joyeusement dans une grande tristesse. Joyeusement, car soulagé de ce poids. Tristesse, car comment maintenant vais-je bien pouvoir communiquer avec les autres ? Mes repères (inconscients) et mes mécanismes n'ont plus la cote dans mon existence…

 

Depuis le prise de conscience de cet état de désintégration dans lequel se mêlent le dédain et orgueil, je viens de passer une longue période riche en émotions intérieures : un vrai séisme de 4. Un cocktail envahissant et indigeste d'excitations intensives.

 

Est-ce qu'il m'est possible d'accepter d'être ainsi et de ne surtout pas rejeter cet état ? Il me semble que je pourrais ainsi mieux en gérer les effets. Etre 4 alpha n'est-il pas d'abord de prendre conscience et d'accepter son ego ? :hautetfort:

 

J'ai donc regardé dans le dictionnaire à "orgueil" et j'ai bien dû avouer que, effectivement, j'en avais (ou que je l'étais). Puis j'ai regardé "flatterie". En étais-je aussi ??? Et soudain, j'ai pris une grande claque lorsque je me suis vu. Je dois bien avouer que je suis dans cet état d'Être Supérieur (je ne trouve pas une autre dénomination) tout le temps, et même avec Fabien sur ce forum. Ainsi, partir de cette constatation, je ne savais plus comment communiquer avec Fabien. Je lui ai alors envoyé des messages privés. J'y vois là une triple raison :

  • impatient d'avoir ses réponses sur cette discussion pour nourrir mon émotionnel,
  • pas fier de mettre sur la place publique cet aspect de ma personne,
  • peut-être, tenter d'avoir une relation en tête à tête, style compétition.

Je me suis rendu compte que des sujets abordés ici le furent uniquement dans cette perspective : montrer à Fabien qu'il n'avait pas pensé à tel ou tel aspect de l'ennéagramme. Je lui montrais alors à quel point j'étais Supérieur à lui, et à quel point je pouvais devenir indispensable pour lui. C'est incroyable, non ? Mon émotionnel gonflait à vu d'oeil. :kiss2: :laugh: :cool:

 

Cependant, je garde à l'esprit mon objectif, ou mes objectifs :

  • parvenir à amoindrir les effets de ce monde intérieur afin de réussir à terminer mon roman (mon objectif est donc de mener à terme mon projet d'écriture) ;
  • réussir à accepter mon travail d'enseignant ;
  • surtout la réussite de ma vie de couple et de père (il faudra définir ce que peut bien signifier pour un 4 alpha la réussite dans le couple…).

Après la peine ressentie, ai-je raison de me recentrer sur le futur ? Ai-je raison de passer outre la mélancolie engendrée par cette fausse relation avec les gens qui m'entourent ?

 

Mais encore, un doute m'habite (célèbre phrase de Rocco Siffredi dans son roman d'amour Guère épais, aux éditions d'outre-Rhin, La Vergéture). :calin:

Qu'est-ce que Mr Ego va-t-il bien encore trouver pour ne pas perdre ses privilèges ?? :hautetfort:

 

A la suite de ses dernières péripéties, je me suis rendu compte d'une hiérarchie :

  1. je suis excessivement tourné vers moi-même, vers mon ego ;
  2. je me sens mieux dans mon rôle professionnel que dans mon rôle social ;
  3. ma famille passe après le reste ;
  4. mon amoureuse passe après mes enfants ;
  5. je ne sais pas m'occuper de mes enfants.

Alors j'ai mis en place ce schéma holarchique :

Dans ma relation aux autres, est-il possible d'envisager une telle holarchie ?

Si la condition 1 est accomplie, alors je peux passer à la seconde, puis si la seconde est accomplie alors je peux passer à la troisième…

Dans un tel système, mon existence est liée à tout ce qui vient avant. Est-ce une possibilité pour ne pas mettre en oeuvre ma compulsion ?

 

Donc, dans l'ordre :

  • prendre conscience de l'existence de mon épouse, lui faire plaisir, l'écouter = le couple va mieux
  • prendre conscience de l'existence de mes enfants, les écouter, les considérer = la famille va mieux
  • prendre conscience de mon travail, l'accepter, le mener à terme = le travail va mieux et l'argent coule à flot
  • prendre conscience des mes amis, les considérer = je fais partie d'une groupe que je peux aider et qui peut m'aider.
  • prendre conscience de mon projet personnel (l'écriture), le considérer comme tel, indépendant mais complémentaire du travail, le mener à terme = ma création va mieux, je peux partager
  • prendre conscience de moi-même, me faire un cadeau = si toutes les conditions précédentes sont remplies alors je peux satisfaire une envie (envoyer tout le monde, les cinq points précédents, balader)

Qui plus est, j'aime bien le dernier niveau, qui est comme une injonction : "sois !"

Et je réponds : "je suis !"

… une fois que les niveaux précédents ont été accomplis.

 

Un tel système permet-il, pour un 4 alpha, hétérosexuel, européen, vivant en Bourgogne, fonctionnaire, ayant passé la quarantaine, sans animaux, sexuel, yeux bleus, 70 kilos, de mieux se concentrer sur les autres, d'aller vers eux et, par voie de conséquence, de moins s'auto-centrer ? (Mise à part la plaisanterie, c'est une vraie question.)

 

Amicalement,

Christian

Christian (E4 alpha, Aile 5, C= S- X+)

Fabien Chabreuil
Posté(e)

Bonjour Christian,

 

"A la suite de ses dernières péripéties, je me suis rendu compte d'une hiérarchie. […] Alors j'ai mis en place ce schéma holarchique."

Comment diable est-on passé d'une hiérarchie à une holarchie ? Ton schéma décrit bien une hiérarchie, et non pas une holarchie. Dans une holarchie, chaque niveau transcende et inclut les précédents. Or je ne vois pas en quoi ton travail inclut tes enfants, et tes enfants incluent ton épouse (à la limite, à une certaine époque, c'était le contraire :hautetfort:).

 

Or si les holarchies sont saines, les hiérarchies ne le sont pas. Tu mets une série de conditions à "prendre conscience de [t]oi-même", conditions qui sont inutiles. Bien au contraire, la dernière étape devraient être la première, qui aurait un impact positif sur toutes les autres simultanément.

 

Très amicalement,

Fabien

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