Institut Français de

l’ennéagramme

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Les types et le lâcher prise


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Bonjour à tous,

 

J'aimerais avoir l'opinion des différents types au sujet du lâcher prise. Dans mon dernier message dans ma discussion "Le 8 et l'étude de l'ennéagramme", je fais la comparaison entre "forcer" et "faire des efforts". J'arrive mal à faire la part des choses entre ces deux concepts.

 

Depuis 6 mois, j'ai commencé à poser des gestes concrets dans les domaines suivants : élargir mon réseau d'amis, trouver un travail que j'aime (en fait, j'en voudrais un qui me passionne), rencontrer l'homme de ma vie (plus délicat).

 

N'est-il pas normal, tout en étant (selon moi) dans le lâcher-prise, de s'attendre à quelques résultats ? Rien à l'horizon, dans AUCUN de ces domaines. Suis-je trop exigeante ? Je ne crois pas. J'aimerais que quelque chose se produise dans au moins un de ces domaines, ce qui me donnerait de l'énergie pour continuer ma route et viendrait m'encourager à persévérer ailleurs.

 

Il y a une période de ma vie où j'ai beaucoup forcé. En ce moment, j'ai le sentiment de poser des gestes concrets, d'une façon réaliste. J'essaie de postuler seulement à des emplois qui m'intéressent vraiment. Pas changer pour changer comme dans le passé, parce que je ressentais un malaise et que je voulais faire cesser le malaise ; donc, je brassais les choses sans trop penser aux conséquences.

 

Je ne sais quoi penser. Il n'y a pas beaucoup de douceur et de satisfaction dans ma vie. En fait, la seule satisfaction que j'aie est face à ces gestes concrets que je pose. Je suis fière de moi. Je me dépasse. Je frappe à toutes sortes de portes. J'ose me donner le droit d'envisager le meilleur, de désirer avoir un emploi qui me passionne et, au surplus, je pose des gestes dans le même sens. Rien n'aboutit. NEANT. Dans aucun de ces domaines.

 

Va pour le lâcher prise, mais je vous avoue que le découragement me gagne. Dans une autre discussion dont je viens de lire certains extraits au sujet de "l'ambition et de la réussite", on parle de notre société actuelle. Pour la 8 que je suis qui cherche à éviter la faiblesse, dans une société aussi compétitive, je trouve cela difficile.

 

J'ai changé d'employeur cet été. J'ai assumé de gagner moins d'argent (temporairement !), mais je travaille maintenant avec des gens respectueux, structurés et fiables.

 

J'ai de la difficulté à faire la part des choses entre efforts et lâcher prise ? Est-ce que vous arrivez, vous, à poser des gestes sans jamais avoir aucune attente ? Cela est-il possible ? J'y arrive difficilement. Je ne m'attends pas à ce que chaque geste que je pose m'apporte ce que je désire, mais je ne comprends pas que rien n'aboutisse, rien… Et comment vivre cette "attente" dans la paix, la confiance. Je n'y arrive pas, de toute évidence. Je ressens de l'impatience, de l'impuissance et de la frustration.

 

Il me semble qu'à force de semer, on doit pouvoir s'attendre à une certaine récolte.

 

J'aimerais connaître votre vision du lâcher prise, savoir de quelle façon vous agiriez dans une telle situation pour vous rendre la vie plus douce.

 

Pierrette (8)

Pierrette – E8

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Fabien Chabreuil

Bonjour Pierrette et ceux à venir,

 

Longtemps, j'ai cru que je savais lâcher prise. Il ne s'agissait en fait de ma part que de compulsion (se détourner le plus vite possible d'un manque qui pourrait dégénérer en souffrance) et de répression du centre instinctif (peu d'action et peu d'espérance).

 

Aujourd'hui, je pense que le lâcher prise n'est en aucun cas absence d'attente ou d'objectif, ni absence d'action.

Le lâcher prise s'applique à notre vie intérieure et le monde matériel nécessite l'action. Le lâcher prise ne va pas faire les courses à notre place. :happy:

 

Le lâcher prise me semble être une conséquence de notre évolution spirituelle. Tant que nous sommes enfermés dans les mécanismes de notre ego, le vrai lâcher prise est impossible. C'est un piège tellement classique que de parler du lâcher prise, de penser lâcher prise sans le faire réellement.

 

Il n'y a rien à faire pour lâcher prise. Il suffit de lâcher. Mais ce "rien à faire" se prépare.

Tout me semble commencer par une connexion au réel. Qui suis-je ? Mes attentes émanent-elles de mon essence ou sont-elles uniquement les conséquences des défenses de mon ego ? Sont-elles compatibles avec le monde réel ? Si oui, alors je peux agir avec force pour atteindre ce but. Et la force n'est pas le combat. Avez-vous vu un oiseau migrateur voler dans la tempête ? Pour moi, il est dans le lâcher prise. Il ne combat pas le vent et pourtant il vole vers sa destination.

 

Il n'y a pas lâcher prise s'il y a attente d'un résultat du lâcher prise. Dieu, l'Univers, la Vie, le Grand Tout (appelez cela comme vous voulez) n'est pas un distributeur automatique de récompenses, ni de punitions d'ailleurs.

 

Très amicalement,

Fabien (7)

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Bonjour Pierrette, bonjour Fabien,

 

Pierrette, es-tu trop exigeante en envisageant pour toi-même de vivre le meilleur, en essayant de te dépasser ? Je ne le pense pas, puisque, en termes d'ennéagramme, cela revient à vouloir vivre dans son essence. Et c'est notre but à tous. Reste à examiner les moyens que l'on va mettre en oeuvre pour y parvenir. Quand je relis les nombreux témoignages que tu nous donnes de tes efforts pour y arriver, je vois dans ta volonté d'agir toute l'énergie du centre instinctif à l'oeuvre. Nombreux sont ceux, sans doute, qui t'envient cette énergie, car il ne fait pas de doute que ce qui nous arrive aujourd'hui a ses racines dans ce que nous avons semé hier, avec force et courage.

 

Il en est de même pour le lâcher prise. Si certains semblent y parvenir, je suis aussi d'avis qu'ils s'y sont préparés. Je relie cette idée à la phrase du Dalaï Lama, citée par Fabien, qui dit que "Celui qui vous nuit ne doit pas être perçu seulement comme quelqu'un qui a besoin de votre attention, il doit aussi être regardé comme votre guide spirituel. Vous verrez que votre ennemi est votre maître suprême")

 

Je voudrais reprendre cette idée. Le dedans façonne le dehors et l'image égotique que j'ai de moi est déterminante pour mes relations avec le monde. Si cette image est suffisamment élaborée, c'est à dire si j'ai un ego structuré, je peux m'appuyer dessus pour évoluer et peut-être arriver à lâcher prise. Je peux considérer que quand je ressens de l'impatience, de l'impuissance et de la frustration lâcher prise est contradictoire, mais il ne m'est pas interdit d'essayer d'orienter mon attention sur ce qui m'empêche de lâcher prise.

 

Cordialement,

Roger (7)

Roger (Papyzen) – E7 alpha, aile 6, sous-type sexuel

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Bonjour Fabien, Roger,

 

Il y a une bataille qui fait rage à l'intérieur de moi entre mon ego, cette image à laquelle je m'identifie, et le lâcher prise. Une partie de moi croit que tout a un sens, qu'il y a une intelligence plus grande que moi à l'oeuvre et une autre a des choses à prouver et désire à tout prix éviter la faiblesse.

 

Je crois également que vouloir réaliser son plein potentiel est de l'ordre de l'essence, Roger. Oui, j'ai semé, Roger, et c'est vrai que "ce qui m'arrive aujourd'hui a ses racines dans ce que j'ai semé auparavant". Je crois que j'ai attendu à la dernière minute pour semer, au moment où je n'en pouvais plus et, aujourd'hui, il m'arrive parfois de vouloir "tirer sur les carottes et les cueillir" avant qu'elles ne soient à pleine maturité. C'est d'ailleurs ce que j'ai fait dans le passé, pour le regretter ensuite.

 

J'apprécie lorsque tu dis : "Je peux considérer que quand je ressens de l'impatience, de l'impuissance et de la frustration, si je fais l'effort de ne pas m'y abandonner, mais d'accepter, d'accueillir ces sentiments comme un état de fait (je me connecte au réel), je suis dans le lâcher prise. Vouloir lâcher prise est contradictoire, mais il ne m'est pas interdit d'essayer d'orienter mon attention sur ce qui m'empêche de lâcher prise." C'est ce que je tente de faire depuis une journée ou deux. Tes paroles m'apportent la confirmation que je suis sur la bonne voie.

 

Est-ce plus difficile pour moi qui privilégie le centre instinctif ? Suis-je plus impatiente que les types qui privilégient les centres mental ou émotionnel ?

 

Fabien, lorsque tu dis "Il n'y a pas lâcher prise s'il y a attente d'un résultat du lâcher prise. Dieu, l'Univers, la Vie, le Grand Tout (appelez cela comme vous voulez) n'est pas un distributeur automatique de récompenses, ni de punitions d'ailleurs.", cela me ramène à ce que l'on m'a enseigné lorsque j'étais enfant. Il m'arrive de redevenir victime, de croire que je n'ai plus de pouvoir. Je crois que c'est de l'ordre de l'ego.

 

J'aimerais apporter une nuance au niveau du lâcher prise par rapport à l'attente d'un résultat. Lorsque je vais m'entraîner trois fois par semaine, je m'attends à ce qu'il se passe quelque chose, à ce que mon corps se transforme. Simplement, je ne sais pas à quelle vitesse la transformation va s'effectuer et je ne sais pas parfaitement le résultat que je vais obtenir. Mais je m'attends à ce qu'il se passe quelque chose. Ce que j'ai lu en ce sens consistait à définir l'essence de ce que je désire obtenir, mais non la forme.

 

Fabien m'a d'ailleurs prévenue tout récemment que mon chemin allait être parsemé d'écueils et d'embûches. Il ne voulait peut-être pas que je me réjouisse trop vite et que je croie ma façade écroulée pour de bon. Enfin, je me console en me disant qu'il y a de bons et sages guides sur cette route. :happy:

 

Très amicalement,

Pierrette (8)

Pierrette – E8

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Bonjour Pierrette, bonjour à tous,

 

Il y a une métaphore qui m'a aidée à comprendre de l'intérieur la notion de lâcher prise : celle de la main ouverte ou fermée et des cadeaux du vent.

 

Si ma main est ouverte et que le vent y dépose une feuille d'automne, je peux refermer la main pour empêcher que la feuille ne s'envole.

Mais si je ferme la main, ce que j'y ai enfermé devient inanimé, sans beauté et sans vie.

En voulant retenir le cadeau, je détruis ce qui faisait sa valeur : sa beauté mouvante, fragile et éphémère.

 

Fermer la main, c'est croire que le vent ne nous apportera pas d'autre cadeau.

Fermer la main, c'est s'empêcher d'accueillir les autres cadeaux du vent.

 

Alors je peux garder la main ouverte ou choisir d'ouvrir à nouveau la main pour admirer la beauté vivante de la feuille, acceptant que le vent qui me l'a amené puisse à chaque instant l'emmener loin de moi.

 

C'est la confiance qui permet d'ouvrir la main et d'accepter comme un nouveau cadeau le départ de la feuille.

La confiance dans le vent, comme une promesse d'autres cadeaux, d'autres présents de présence, d'autres instants précieux d'éternité. :happy:

 

La main fermée ne peut pas accueillir les cadeaux du vent.

Pour la main ouverte, tout est cadeau.

 

Amicalement à vous,

Dominique (6)

Dominique – E6 mu

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Bonjour à tous,

 

"C'est la confiance qui permet d'ouvrir la main et d'accepter comme un nouveau cadeau le départ de la feuille!

 

Très amicalement,

Pierrette (8)

Pierrette – E8

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Bonjour à tous,

Est-ce plus difficile pour moi qui privilégie le centre instinctif ? Suis-je plus impatiente que les types qui privilégient les centres mental ou émotionnel ?

Pierrette, l'impatience se rencontre probablement chez tous les types, mais les types du centre instinctif, de par leur problématique avec la colère, ont peut-être un travail spécifique à faire avec la patience, car il apparaît qu'il y ait un rapport direct entre les deux. Accueillir la vie dans sa totalité, vouloir ce que veut la vie, c'est cesser de transformer en ressentiment ce que la vie nous offre, même et surtout dans ce que nous considérons comme non conforme à nos attentes. Notre idée du bonheur nous entraîne souvent à côté du réel et c'est elle qui peut nous empêcher de lâcher prise.

Dominique, merci de cette belle histoire pleine de poésie et de sagesse. La main ouverte est un beau symbole de l'être. J'ai lu quelque part que tendre la main à celui que l'on rencontre, c'est lui témoigner sa confiance en se désarmant soi-même. Les Japonais ne tendent pas la main, mais baisse la tête et les yeux, sans doute pour la même raison.

 

Cordialement,

Roger (7)

Roger (Papyzen) – E7 alpha, aile 6, sous-type sexuel

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

J'ai aussi vraiment aimé, Dominique, cette métaphore sur la main et le vent. Elle est pleine de douceur, de beauté et de clarté.

 

Personnellement, je pense qu'elle serait encore plus juste et plus universelle si on supprimait les deux phrases sur la confiance. Et ceci pour deux raisons.

 

Tout d'abord, la confiance est une problématique concernant princiaplement les types réprimant le centre mental (Est-ce un hasard si c'est un 6 qui nous offre cette délicieuse histoire ?). D'autres types ont une parfaite confiance en eux et/ou dans les autres et dans la vie (et ont des problématiques autour de l'amour ou de l'espoir) et ne savent pourtant pas lâcher prise.

La métaphore me semble proposer la confiance comme un moyen de lâcher prise. C'est vrai, mais c'est un moyen parmi d'autres, adapté à un tiers des types.

 

Deuxièmement, je crains que "la confiance dans le vent, comme une promesse d'autres cadeaux" ne soit trop facilement transformée par notre ego en une attente d'autres cadeaux. Le vent amènera d'autres cadeaux, ou non, et c'est bien ainsi.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Bonjour à tous,

 

Fabien, en lisant ta phrase "Je crains que 'la confiance dans le vent, comme une promesse d'autres cadeaux' ne soit trop facilement transformée par notre ego en une attente d'autres cadeaux.! :happy:

 

En fait, dans ma situation actuelle, il m'est plus facile de lâcher prise face aux grandes choses (l'homme de ma vie, un emploi qui me passionne), mais c'est pour les petites choses que j'ai de la difficulté. Je suis retombée dans le bas de la pyramide de Maslow, dans les besoins primaires. Etant de sous-type conservation, j'ai le sentiment que c'est encore plus difficile pour moi de lâcher prise en ce qui concerne de tels besoins, de faire CONFIANCE. Je ne sais pas si je fais un bon lien avec mon sous-type, mes besoins primaires. Qu'en pensez-vous ?

 

Merci à tous de vos contributions.

Très cordialement,

Pierrette (8)

Pierrette – E8

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Je ne sais plus quel grand yogi a dit : "La moitié de ce que j'ai dit, je ne l'ai pas dit." A méditer en ce dimanche… :happy:

 

Donc, je retire le mot "parfaitement" de la phrase "D'autres types ont une parfaite confiance en eux et/ou dans les autres et dans la vie (et ont des problématiques autour de l'amour ou de l'espoir) et ne savent pourtant pas lâcher prise." Encore un excès d'enthousiasme à but pédagogique absolument inadapté. :sad:

 

Si on prend les trois grandes vertus théologales que sont la confiance, l'amour et l'espoir, chacune est liée à la répression d'un centre respectivement le mental, l'émotionnel et l'instinctif (et à l'orientation vers l'intérieur ou l'extérieur de la personnalité). Une d'entre elles est donc plus problématique pour nous que les deux autres et doit être acquise en premier.

A propos de la métaphore de Dominique, je voulais dire que pour les types pour lesquels la confiance est la mieux développée des trois vertus, ce n'est pas en l'améliorant qu'ils apprendront vraiment à lâcher prise, mais plutôt en développant amour ou espérance.

 

Pierrette, je ne te demande pas de l'abnégation. A propos de lâcher prise, il faut faire la différence entre le monde intérieur et le monde extérieur, le monde matériel et le monde spirituel (même si, en fait, ils ne sont bien évidemment pas séparés). Je lâche prise face à mon ego, mais quand un livre commandé n'arrive pas dans un délai raisonnable, je contacte le service des réclamations (Je vous la joue soft là. Je ne crois pas que la réaction d'un 5 puisse être pire que la mienne. Me priver d'un livre attendu et savouré par avance, ne serait-ce pas la pire chose qu'on puisse me faire ? :happy: ).

 

Et puis, la plus belle feuille est en toi (Je veux dire en chacun de nous ; les autres, n'allez pas étriper, Pierrette, pour récupérer la feuille, s'il vous plait. :happy: ). Elle est toi.

Et si nous sommes la feuille et le cadeau, que nous le voulions ou non, le vent nous portera. Alors, lâchons prise.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Bonjour à tous,

 

J'ai beaucoup apprécié le ton de ton message, Fabien. Il est plein d'humilité, de sagesse et d'humour. C'est fort agréable.

 

Je retiens que mon manque de confiance est lié à la répression du centre mental. Cela me donne une piste fort intéressante. Quel outil fascinant et EFFICACE que l'ennéagramme. Que de réponses il m'apporte ! Je l'apprécie chaque jour davantage.

 

Qui donc aurait la témérité de vouloir étriper une 8… Au surplus, je n'ai pas la prétention d'avoir la plus belle feuille, juste la mienne.

 

Pour ce qui est de "Si nous sommes la feuille et le cadeau, que nous le voulions ou non, le vent nous portera", J'ADOPTE avec un enthousiasme délirant. Cela me donne envie de m'abandonner et de me laisser porter par le vent.

 

Très cordialement,

Pierrette (8)

Pierrette – E8

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Bonjour à tous,

 

Exemple de lâcher-prise chez une 8. J'ai eu des chats toute ma vie. J'ai eu énormément de peine lorsque mes deux chats sont morts l'année dernière. Je ne savais plus si j'en aurais d'autres.

 

Je me sens seule. En même temps, je développe une plus grande conscience sociale. Je sais que j'aimerais voyager beaucoup et fréquemment. Je me demandais donc s'il était intègre d'aller me chercher un autre chat et de devoir m'en défaire au bout de six mois, si mes rêves se réalisent. Un chat n'est pas une marionnette.

 

La semaine dernière, j'ai pris la décision que j'aimerais avoir un chat et, pour le reste, nous aviserons en temps et lieu. J'ai un ami vétérinaire à qui j'en ai parlé. Il regarde pour moi. J'ai également téléphoné dans un refuge ; ils doivent me rappeler (je vous passe les détails). L'amoureux de ma meilleure amie m'a mentionné il y a quelques jours que la mère de son fils a un chat qu'elle adore, mais elle est de plus en plus allergique. Il lui a donc donné mes coordonnées.

 

J'ai donc pris la décision. Je suis passée à l'action. Je laisse maintenant aller les choses. En principe, le refuge aurait dû me rappeler en début de semaine ; nous sommes mardi en soirée. Je laisse aller. J'ai ouvert la main et je laisse s'envoler la feuille. :happy:

 

Anciennement, je faisais arriver les choses, coûte que coûte. Je tente de faire l'équilibre. Passer à l'action et, ensuite, laisser au temps (vent) le temps de faire son oeuvre. Je crois qu'il existe une grande Sagesse dans cet Univers. Je suis maintenant à l'écoute, présente et disponible.

 

Deuxième exemple de lâcher-prise pour une 8. Le livre que j'ai commandé est arrivé ; on m'a laissé un message à cet effet samedi. Je vais passer le prendre demain (MERCREDI) en allant à un rendez-vous. Anciennement, je serais partie en courant le samedi ; pire, je les aurais harcelés pour savoir pourquoi il n'arrivait pas plus rapidement. Je dois préciser qu'il a mis deux semaines à arriver, ce bouquin. Un bouquin sur l'ennéagramme. :happy: Je saisis de mieux en mieux l'impact d'un type qui privilégie le centre instinctif, la colère, l'impatience.

 

Très cordialement,

Pierrette (8)

Pierrette – E8

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Bonjour à tous,

 

Pierrette, merci pour tes exemples concrets de lâcher prise. Ils me parlent beaucoup. :wink:

 

Merci de vos compliments à propos de la métaphore des cadeaux du vent. Je suis heureuse qu'elle vous ait touchés.

 

Fabien, j'ai beaucoup apprécié ton retour :heart: et j'ai trouvé tes remarques sur ma métaphore très intéressantes. Elles rejoignaient des questions que je m'étais posées en l'écrivant.

Si j'ai tant tardé à te répondre, c'est que tes remarques ont soulevé beaucoup d'interrogations et de réflexions en moi. (Voilà qui serait certainement pour moi une belle marque de lâcher prise : accepter d'envoyer un message qui dise seulement "Merci." et "Je ne sais pas." :wink::laugh: ). Mais bref, j'ai pris le temps de réfléchir et de laisser mûrir…

 

J'ai cherché en quoi j'avais pu sous-estimer le rôle des vertus d'Amour et de d'Espérance dans le lâcher prise. J'ai eu du mal à trouver. :happy:

 

J'en étais même venu à me convaincre que le lâcher prise était bel et bien une capacité spécifique du centre mental. :laugh::happy::happy:

C'est en cherchant à démontrer cette ravissante théorie que j'ai enfin vu où était la faille. Encore merci à toi, Fabien ! :kiss::heart:

 

Voilà ce que je pense avoir compris. :proud: Je vois ainsi les fonctions des trois centres :

 

Centre instinctif : agir sur le monde ou sur soi dans l'objectif d'un résultat précis. (L'action peut être de l'ordre du prendre ou de lâcher, de l'avancer ou du reculer, du faire ou de l'attendre…)

 

Centre émotionnel : évaluer, choisir, orienter l'action (ou la non-action) vers un objectif considéré comme attirant, et évaluer à chaque étape le résultat de nos actes (ou non-actes).

 

Centre mental : chercher à comprendre, établir des liens, prendre de la distance, élargir son regard sur une situation et donc comprendre la nécessité de lâcher prise, c'est-à-dire de laisser l'espace et le temps suffisants pour permettre à d'autres éléments du système d'exister par eux-mêmes.

 

Est-ce que ça vous parle ?

 

Pour reprendre la métaphore du vent :

 

Amour me rend sensible à la beauté de la feuille et me fait souhaiter pouvoir toujours garder cette beauté près de moi. :happy:

Espérance me donne le geste de fermer la main pour retenir la feuille.

Amour me dit que la feuille ainsi enfermée n'est plus désirable.

Confiance m'assure que d'autres beautés me seront données en cadeau. :happy:

Alors Espérance peut rouvrir ma main et me laisser admirer la beauté de la feuille.

Amour et Confiance regardent avec bonheur la feuille s'envoler de ma main. :happy:

Espérance me garde les yeux ouverts, présente et attentive aux autres cadeaux du vent… :happy:

 

Si donc je ne sais pas évaluer ce que j'aime, je peux écraser la feuille dans ma main serrée, sans me rendre compte que le plaisir recherché était d'un tout autre ordre.

 

Si je ne comprends pas ce qu'est le vent, et de quel ordre sont les cadeaux qu'il offre, je n'aurais pas la confiance nécessaire pour ouvrir la main.

 

Et si je n'ai jamais appris à ouvrir la main, seulement à fermer le poing et à resserrer de plus en plus mon étreinte, je ne vais pas pouvoir agir dans le lâcher prise.

 

Autrement dit : c'est bien le centre mental qui permet de comprendre qu'on peut agir, penser ou aimer autrement (donc lâcher prise). Mais c'est le centre émotionnel qui me dit que j'ai besoin d'agir, de penser ou d'aimer autrement. Et le c'est le centre instinctif qui me donne les moyens de le faire.

 

Je suis curieuse de connaître vos réactions… :happy:

 

Bien cordialement à vous,

Dominique (6)

Dominique – E6 mu

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Fabien Chabreuil

Bonjour Dominique,

 

Tu as choisi la voie difficile en essayant de placer l'amour, la confiance et l'espérance dans la métaphore, plutôt que d'enlever la référence à la confiance et laisser le lecteur-auditeur chercher la ressource dont il a besoin.

J'aurais préféré cette dernière solution, car je crois qu'une métaphore est d'autant plus utile qu'elle fait travailler celui qui la reçoit. Pour cela, elle doit comporter une part de mystère, occuper notre esprit (Pourquoi m'a-t-on raconté cela ? Qu'est-ce que cela veut dire ?) jusqu'à ce qu'une solution surgisse, petite ou grande illumination.

 

Mais bien entendu, c'est une question de choix personnel. Etant donné le tien, j'aurais plusieurs remarques à faire.

 

D'abord, je suis frappé par la dissymétrie de ta description des centres. Tu fait référence à l'action (ou à la non action) pour les centres instinctif et émotionnel, mais pas pour le centre mental. Je crois que cela vient du fait que "évaluer, choisir, orienter l'action", que tu attribues au centre émotionnel, sont tout autant des fonctions du centre mental.

 

Ensuite, quand tu explicites les rôles des trois vertus dans la métaphore du vent, on retrouve une autre dissymétrie. Espérance intervient trois fois (d'abord contre, puis pour le lâcher prise) et le texte me donne l'impression qu'Espérance joue un rôle d'exécutant, changeant d'avis en fonction de l'attitude de Confiance et d'Amour. Je sais que ce deuxième point est subjectif, mais j'ai ce ressenti à la lecture du texte.

 

Enfin, je refais une objection que j'avais déjà faite précédemment (messages des 20 et 23 novembre ci-dessus) et qui me paraît la plus importante. Deux phrases expriment très clairement une attente : "Confiance m'assure que d'autres beautés me seront données en cadeau." et "Espérance me garde les yeux ouverts, présente et attentive aux autres cadeaux du vent…"

Si je laisse partir la feuille parce qu'il y aura d'autres cadeaux du vent, alors où est le lâcher prise ? Quel ego ne va pas considérer l'arrivée d'un autre cadeau comme un dû ? Combien de temps lui faudra-t-il pour s'impatienter ("Alors, ça vient cette deuxième feuille.") ?

De plus, parler des autres cadeaux à venir oriente l'ego vers le futur et je pense qu'il ne peut y avoir de lâcher prise que dans l'ici et maintenant.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Bonjour à tous,

 

J'apprécie énormément tous ces échanges, toutes vos contributions.

 

Dominique, j'aurais tendance à être d'accord avec Fabien. J'ai énormément ri en lisant "("Alors, ça vient cette deuxième feuille ?") Je me suis beaucoup reconnue. Je suis d'accord qu'il ne peut y avoir de lâcher prise que dans l'ici et maintenant. Mon ego était d'ailleurs très orienté vers le futur, ces derniers temps.

 

Parlant de lâcher prise… J'ai assisté à un mini-atelier, vendredi matin, avec un exercice de "survie en situation dangereuse". Tempête de neige - prévisions : 75 à 100 centimètres, pendant 4 à 5 jours. Hélicoptère qui s'écrase en pleine tempête, après une demi-heure de vol. Le pilote est mort. Températures prévues -30°.

 

Je déteste le froid. Je suis de sous-type conservation : manger est très important pour moi. Il fallait choisir individuellement (premières 10 minutes) par ordre d'importance les 10 items les plus importants. Ensuite, on faisait le même travail en équipe.

 

En individuel, j'ai choisi comme premier item les skis de fond (plus rapides) et comme deuxième item les raquettes. Je voulais m'enfuir. Je suis confortable dans l'action, j'ai confiance en mes capacités. Pas réfléchi que les skis de fond n'étaient pas utiles avec la quantité de neige (je ne suis pas pragmatique et pas si plein air que je le croyais). J'ai laissé également les fusées de signalisation pour la fin, au cas où personne ne passerait. :happy:

 

En équipe, les gens ont dit "4 ou 5 jours, pas de problème, on reste ensemble, on s'installe et on survit jusqu'à l'arrivée des secours". Je suis tellement habituée à ne me fier que sur moi. J'ai de la difficulté à faire confiance que des secours vont arriver. J'ai envie de fuir la souffrance. Ne pas manger pendant 4 ou 5 jours, cela me semble HORRIBLE.

 

Et j'ai fait un parallèle avec ma vie. Je suis en survie en ce moment. Très dur. Je ne crois pas à l'arrivée des secours. Je voudrais sortir de ma situation actuelle, sortir de la souffrance à tout prix (skis de fond). Je reste seule. Bien sûr, éviter la faiblesse à tout prix, avoir besoin des autres, me montrer vulnérable (faible). Je faisais des projets pour ne pas ressentir ma tristesse actuelle, ma souffrance actuelle.

 

La métaphore de la feuille, pour moi, c'est faire confiance que ce qui est là est ce qui doit être là. Prendre ce qui vient, sans penser plus loin. J'ai envie de m'installer le plus confortablement possible afin de survivre, malgré les inconforts et de faire confiance que c'est temporaire, de le vivre le mieux possible, mais en restant dans le présent, ne pas me demander si d'autres feuilles viendront. C'est vrai, c'est l'ego qui me faisait regarder vers le futur, faire toutes sortes de projets (ce qui n'est pas mal en soi).

 

Les gens de mon équipe ont accepté la situation rapidement en disant "Nous allons survivre". Cela semblait aller de soi. J'ai de la difficulté à penser que je peux survivre sans intervention directe ENERGIQUE de ma part.

 

Intéressant, non ?

 

J'ai vraiment envie d'ouvrir la main et de laisser aller la feuille, juste faire confiance que je suis au bon endroit, au bon moment. Le mot magique pour moi : FAIRE CONFIANCE. Tout est bien, ici, maintenant.

 

Très cordialement,

Pierrette (8)

 

P.S. : Je tiens à vous dire que vous faites partie de mon équipe de survie en ce moment. Vous êtes très importants pour moi. Merci de vos contributions à tous. :happy:

Pierrette – E8

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Bonjour à tous,

 

Oui, comme vous l'avez remarqué, en écrivant mon dernier message, je n'étais pas vraiment dans le lâcher prise. :happy: Mais pas de regrets : la réponse de Fabien me donne de très utiles pistes de travail sur moi, sur ma façon d'appréhender les trois centres. Merci.

 

Oui, l'attente d'un nouveau cadeau peut être un piège. Surtout si j'ai déjà choisi le cadeau que je veux recevoir, sa date de livraison, et même la couleur du papier d'emballage. :happy:

 

C'est pourquoi je ne voulais pas parler d'attente, mais de réceptivité : Espérance me garde les yeux ouverts, présente et attentive aux autres cadeaux du vent….

 

Pas besoin d'attendre de nouveau cadeau. Pour la main ouverte, le départ de la feuille est déjà un cadeau, le vent lui-même est un cadeau. Pour la main ouverte, tout est cadeau.

 

A plus,

Dominique (6)

Dominique – E6 mu

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  • 1 month later...

Bonjour à tous et plus spécialement à toi Pierrette,

Lors d'un des stages sur l'ennéagramme où nous abordions la question du lâcher prise et où je ne comprenais pas très bien ce que cela voulait dire, Fabien m'a dit en rigolant : "Toi, tu ne lâcherais même pas un kleenex." J'ai beau avoir un bon sens de l'humour (8 alpha, aile 7), j'étais vexée comme un pou ! Bien sûr, j'ai gardé ça dans un coin de ma tête et j'y ai réfléchi. Je ne comprenais toujours pas complètement ce qu'il avait vraiment voulu dire, car je croyais être quelqu'un qui lâchait prise !

J'appartiens à un groupe de yoga et j'avais programmé un voyage en Inde en 1996. Mon séjour, très spartiate (nous couchions à même le sol de terre battue), se déroulait agréablement et touchait à sa fin. J'avais fait un énorme plein de cadeaux et je m'étais attachée à ranger méthodiquement toutes mes affaires en vue du départ tout proche (nous devions partir le surlendemain).

Chaque soir, des musiciens de haut niveau venaient au camp et jouaient jusque tard dans la nuit, nous faisant découvrir la beauté de la musique indienne. J'appréciais tellement que cette nuit-là, j'avais décidé de dormir sur place dans mon duvet après le concert, dans toutes ces bonnes vibrations musicales.

Quand je dors, je dors ! Il devait être environ 7 heures du matin quand quelqu'un me secoua violemment en me disant "Wake up, wake up !"

J'ai toujours le réveil immédiat et agréable, sauf si on m'emmerde ! Et là, c'était le cas. Je me retrouvais debout comme mue par un ressort, l'air mauvais… pour m'apercevoir que tout le chapiteau était en feu. D'où j'étais, je pouvais apercevoir mon bungalow qui lui aussi était en feu et c'était le seul ! Comme l'incendie se propageait à toute vitesse, il était urgent d'évacuer et des nuées de yogis, sortaient précipitement des bungalows, hébétés, certains complètement paniqués et fuyant vers la sortie, des affaires pleins les bras(nous étions plus de mille). Il n'y avait que deux malheureuses citernes d'eau en réserve, et l'incendie faisait rage.

Mon premier réflexe fut de me précipiter à contre-courant afin d'arriver au bungalow pour sauver mes chères affaires !

Pour atteindre le bungalow, je devais aller à contre-courant, en tentant de me frayer un passage dans cette foule en mouvement. En temps normal, cela ne m'aurait pas fait peur. Mais j'étais en Inde et ce qui comptait, c'était mon évolution spirituelle, pas les biens matériels. Je n'avais pas fait dix pas que j'entendis une voix intérieure me dire sur un ton impérieux : "Lâche prise !" Je m'arrêtais net. Instantanément mon mental prit la relève, je fis l'inventaire à toutes vitesses de ce que j'avais sur moi : papiers, billet, argent, robe, chaussures, duvet… J'avais l'essentiel. Je fis un deuil INSTANTANE de tout ce qui était dans le bungalow et que j'allais perdre. La sensation était saisissante ! Inconnue ! Une paix totale, complète !

Je m'acheminai alors tranquillement vers la sortie en admirant la beauté purificatrice du feu. J'étais dans un état de tranquillité, de calme et de détachement, qui tranchait avec les autres, qui avaient peur, qui pleuraient, et s'agitaient en tous sens… Et là j'ai compris que le lâcher prise n'est pas un concept, mais une EXPERIENCE, et que tant que je n'avais pas expérimenté la sensation interne, physique, viscérale et identifié cette sensation, je ne pouvais pas comprendre ce que "lâcher prise" voulait dire !

En fin d'après midi, j'eus la curiosité d'aller voir l'ampleur des dégâts. Partout, maculées de terre rouge, gisaient des affaires que les fuyards du matin avaient perdues dans leur course. Il ne restait rien du grand chapiteau si magnifiquement décoré. Par contre, mon bungalow, que du chapiteau j'avais vu en train de prendre feu, n'avait finalement que peu souffert ! A l'intérieur, quelques dérisoires seaux d'eau avaient été jetés sur des affaires qui avaient brûlé… Rien de méchant. Mais il y régnait une pagaille indescriptible. Les valises avaient été jetées pêle mêle à l'extérieur, tout ce qui restait dans le bungalow avait été piétiné et était perdu. Et là, à l'endroit où je les avais laissées la veille, trônaient, comme une sorte de provocation, TOUTES mes affaires, intactes, bien rangées, telles que je les avais laissées la veille. Il ne manquait rien, pas le plus petit objet ! Je n'en croyais pas mes yeux ! Personne n'y avait touché ! Même les seaux d'eau les avait épargnées et l'eau qui avait été jetée sur les affaires voisines, formait une flaque qui arrivait à quelques centimètres de tout ce que j'avais empilé sur le sol.

Qu'elle magnifique leçon, pensai-je ! Et si mon voyage n'avait eu pour seul but de recevoir cet enseignement j'aurais été déjà très contente !

Voilà ce que je voulais vous partager sur le lâcher prise d'un type 8.

Amicalement à tous,

Jackie (8)

Jacqueline (8 alpha social, aile 7)

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Bonjour à tous,

Cette discussion m'a amenée à réfléchir sur les trois vertus théologales. Pour le 8 que je suis, il ne fait aucun doute que ce qui était le moins présent dans ma vie (j'en parle au passé) était l'amour. Ce qui me coupait de cette vertu était la colère, car DONNER TORT était un de mes sports favoris.

Apès cette fabuleuse expérience indienne de lâcher prise, j'ai compris que l'accès pour moi au lâcher prise était d'arrêter de donner tort. Je me suis donc exercée à repérer de plus en plus finement chaque fois que j'étais dans ce type de conversation avec moi-même, car si je donnais tort aux autres, ultimement c'était aussi à moi que j'en voulais. J'ai mis au point un petit geste qui m'aide à lâcher. Je claque des doigts avec ma main gauche, près du visage, et je me dis "Tu as 10 secondes pour lâcher prise". Quand la sensation kinesthésique apparaît, je sais que c'est OK.

J'ai de moins en moins besoin d'utiliser ce geste. L'amour est maintenant présent dans ma vie à tous les niveaux. Amour de moi d'abord, j'ai fini par accepter d'être qui je suis. Mon coach m'a dit une fois : "Jackie, tu es une boule d'amour et tu ne t'en rends pas compte." J'ai pleuré ce jour là et je pleure en l'écrivant. J'ai cessé de me percevoir comme une monstruosité de la nature, comme un prédateur nuisible… Maintenant les gens me disent spontanément qu'ils m'aiment, qu'ils m'apprécient, et là encore je pleure sans vergogne… de bonheur, car je les aime aussi et ils le sentent. On dit que le centre réprimé est celui qui a le plus souffert et qui gouverne la personnalité à son insu (reprends-moi Fabien, si je fais une erreur). Chez moi, cela se vérifie…

Ces échanges m'enrichissent vraiment beaucoup et je suis reconnaissante à tous ceux qui y participent pour tout ce qu'ils m'apportent. J'espère contribuer moi aussi à vous faire avancer comme vous me faites avancer…

Merci à tous du fond du coeur. :happy:

Jackie (8)

Jacqueline (8 alpha social, aile 7)

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Bonjour à tous,

 

Jackie, ma mère était 8 et s'appelait Jacqueline. :happy:

 

Je te remercie pour tes beaux messages. Ton expérience en Inde a été très forte. Je trouve ça très beau.

 

Les paroles de ton coach me rejoignent. Je pleure également en écrivant ces mots. Suprenantes, ces 8, non ? J'ai eu tellement peur de me laisser aimer. Abaisser les armes et accepter de se laisser aimer, c'est également lâcher prise pour une 8, selon moi. En tout cas, ces mots me montent spontanément. Ensuite, j'ai pu donner de l'amour. J'ai découvert à ma plus grande stupéfaction que j'en avais à revendre.

 

Depuis un certain temps, j'ai également dû lâcher prise face aux finances et, fait étrange, bien que l'état de mes finances ne se soit pas modifié, c'est une transformation intérieure qui s'opère tout doucement. La confiance s'installe peu à peu en moi. Je me rends compte que l'Univers me supporte, doucement, de façon parfois détournée, jamais comme je l'aurais "escompté" ou imaginé. C'est subtil.

 

Je commence à apprécier le fait d'avoir manqué d'argent. Cela m'a enseigné à apprécier les petites choses de la vie, surtout la nature, vu que c'est gratuit, le fait d'aller m'entraîner, que mon corps réponde bien, qu'il accepte de se transformer, les relations d'amitié, le support des gens (encore fallait-il que je me montre vulnérable), la valeur des choses (je lançais l'argent par les fenêtres, je gaspillais, je manquais de respect envers les choses), la joie de jouer avec ma petite Sissi (châton, elle me mord en ce moment-même, elle veut que j'arrête d'écrire), la joie d'être vivante, de respirer, d'exister, d'ETRE.

 

Je me joins à toi, Jackie, pour dire merci, merci de votre support. Je suis très touchée d'entendre qu'une autre 8 peut pleurer sans vergogne devant les gens qui l'entourent. Moi, tu contribues à m'enrichir par tes partages.

 

Amicalement,

Pierrette (8)

Pierrette – E8

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