Institut Français de

l’ennéagramme

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Nyarlathotep

Bonjour,

Bon, je me lance sur ce sujet qui me titille depuis un bout de temps. Il est d'autant plus délicat d'en parler avec l'actualité que l'on sait. Mais je souhaiterais quand même être éclairé sur le type possible de cette religion que je connais en définitive bien mal.

Je me demande s'il faut éviter la question de l'intégrisme islamiste actuel et la considérer comme un parasite à la compréhension de son type, ou s'il faut la prendre en compte. Après tout l'intégrisme islamiste ne serait-il pas un islam en désintégration, en terme d'ennéagramme ?

D'après ce que j'en sais, le Coran incite à la connaissance, à la recherche du savoir. Il contient des interdits, tout comme la Bible, ainsi que ce qu'on peut assimiler à des commandements. Jusqu'aux croisades, les peuples musulmans étaient plutôt pacifiques et civilisés, puis les croisades les ont forcés à prendre les armes et se défendre. La civilisation arabo-musulmane est à l'origine de beaucoup de découvertes fondamentales dans le domaine des sciences, en particulier les mathématiques.

Proposition : l'islam serait-il de type 5, prônant la recherche du savoir, s'intégrerait-il en 8, lorsque les peuples musulmans résistent aux croisades, et se désintègrerait-il en 7 en cachant les corps des femmes sous des voiles, et en se méfiant à l'excès des sources de tentation ?

Nicolas

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nicolas,

Je voudrais d'abord faire une remarque sur la méthode. J'ai l'impression que tu extrais un détail et l'utilise pour déterminer un type. Tu écris : "Le Coran incite à la connaissance, à la recherche du savoir. Il contient des interdits, tout comme la Bible, ainsi que ce qu'on peut assimiler à des commandements." Puis tu utilises la première partie de cette affirmation pour faire l'hypothèse d'un type 5. Pourquoi pas la seconde et l'hypothèse par exemple d'un type 6 ? Surtout que le 5 n'aime pas beaucoup les interdits et les commandements, béquilles qui ne sauraient selon lui remplacer la raison, alors que le 6 apprécie le savoir et que cette deuxième hypothèse serait plus cohérente avec l'ensemble de ta présentation du Coran.
Enfin, la désintégration en 7 du 5 consiste à vivre la passion de gloutonnerie et non à s'en protéger.

Pour arriver à une opinion, il faut se faire une vision globale du système, d'autant plus nécessaire que, comme pour la plupart des religions, il y a eu division en plusieurs variantes, les plus connues étant le chiisme et le sunnisme. Coup de chance, l'islam nous fournit cette définition globale dans les "cinq piliers". Suivre ces cinq piliers est suffisant pour être musulman, en dehors même de tous les autres préceptes du Coran (même si ceux-ci sont chaudement recommandés). Ces cinq piliers sont :

  1. La profession de foi : "J'atteste qu'il n'y a pas d'autre dieu que Dieu et que Mohammed est Son Envoyé."
  2. La pratique des cinq prières quotidiennes (précédées des ablutions physiques rituelles).
  3. L'aumône légale.
  4. Le jeûne du Ramadan.
  5. Le pélerinage à la Mecque (dans la limite des moyens et de la santé du croyant).

Je rajouterai deux éléments qui me semblent importants. Il n'y a pas de structure centralisée en Islam. L'islam se présente clairement dans la continuité des religions juive et chrétienne dont il reconnaît et vénère les prophètes.

Je suis frappé par le premier pilier, la profession de foi, qu'en théorie il suffit de prononcer en conscience pour devenir musulman.
D'abord, il place l'islam dans les spiritualités nécessitant un acte de foi, ce qui n'est pas forcément le cas de toutes (Voir par exemple la discussion sur le bouddhisme).
Mais surtout, il accorde une place énorme et fondamentale au prophète Mohammed. Un musulmam ne prononce (quasiment) jamais le nom de Mohammed sans appeler sur lui la bénédiction d'Allah. À ma connaissance, aucune autre des grandes spiritualités n'accorde une telle place à un prophète, c'est-à-dire à un être humain, même s'il est chargé par Dieu d'une mission et d'un message.
Le Dieu reconnu par cette profession de foi est un Dieu transcendant et immatériel, un concept, d'où l'interdiction totale des images dans les mosquées. Ce Dieu, on obéit inconditionnellement à sa volonté ; c'est d'ailleurs l'étymologie du mot islam. (D'autres religions, comme par exemple le judaïsme, sont nettement moins soumises à la volonté divine, mais ce serait une autre discussion.)

D'expression très simple, le premier pilier contient donc des caractéristiques qui distinguent très nettement l'islam et qui me semblent évoquer en priorité le type 6.

Plusieurs éléments me semblent aller dans le sens de cette hypothèse. Par exemple le fait que le troisième pilier porte le nom d'aumône légale et soit un "impôt purificateur", expression d'une solidarité sociale. Ce souci de la communauté me semble aussi présent dans le pélerinage à la Mecque, dans les grandes fêtes de l'Islam, notamment celle de la fin du jeûne du Ramadan, dans le rôle du "clergé", dans le fait que la famille soit le fondement de la société islamique, etc.

Me semblent aussi aller dans ce sens le goût si mental pour les listes (les 5 piliers, les 99 noms de Dieu, etc.) et le fait que les musulmans s'accommodent fort bien des contradictions apparentes présentes dans le texte coranique et dans ses commentaires, ayant même établi des méthodes subtiles pour les résoudre tenant compte de l'ordre d'écriture des sourates (préférence et répression du centre mental).

Un chercheur musulman terminerait une telle tentative d'analyse par : "Et Allah est plus savant." Je suis bien et tristement conscient aussi des limites de mes connaissances sur ce sujet…

Très cordialement,
Fabien

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Wallace

Bonjour,

L'Express vient de publier un dossier très critique sur l'islam. J'y relève cette phrase attribuée à Amar Lasfar, présenté comme un religieux modéré : "Dans l'islam, la notion de citoyenneté n'existe pas, mais celle de communauté est très importante, car reconnaître une communauté, c'est reconnaître les lois qui la régissent." Je ne sais pas si tous les musulmans adhèreraient à cet énoncé, mais il va bien dans le sens de l'attribution par Fabien à l'islam du type 6.

Wallace

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Fabien Chabreuil

Bonjour,

Dans le numéro d'octobre 2002 de la revue Sciences Humaines, il y a une interview de Malk Chebel dont la biographie dit qu'il est, entre autres, un "spécialiste des mentalités dans le monde arabe et en islam". En voici un extrait qui semble une confirmation possible de l'hypothèse 6 : "L'islam doctrinaire se fige sur ce qui fait sa force et son succès, la Ummah, mais néglige la place de l'individu, qui est amené à se fondre en elle pour survivre", la Ummah étant définie comme "l'ensemble des croyants dans le monde, unis dans une même fraternité universelle".

Très cordialement,
Fabien

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Abdel

Bonjour Fabien,

 

Comme convenu, je reprends cette conversation un peu ancienne, afin de te soumettre ma tentative d’analyse.

 

Pour tenter de typer de l'Islam, je commencerai par me limiter volontairement aux deux sources historiques de cette religion, à savoir le Coran, et les paroles attribuées à Mahomet (les "hadiths").  Le reste étant des innombrables interprétations postérieures, formulées par d’autres personnes durant les siècles qui ont suivi…

Par ailleurs, j’essaierai de limiter mon analyse à ce qui compose la « structure » même de l’Islam, c’est-à-dire les enseignements fondamentaux, pour en dégager l’esprit.

 

Pour commencer donc, je me permettrai de rappeler le contexte historique entourant l'apparition de l'Islam. En effet, à cette époque (VIIe siècle) différentes tribus composent la péninsule arabique ; chacune divisée en clans. Mahomet, bien qu'orphelin, faisait partie d'une des tribus les plus puissantes. Ainsi, sans chercher à typer ces tribus, il est en tous cas très probable que leur mode de fonctionnement se basait sur les caractéristiques types d’une tribu : liens du sang, et besoin d’un chef fort et respecté, qui décide pour tous.

C’est pourquoi il me semble qu’il ne faudrait pas confondre l'ennéatype de l'Islam et les caractéristiques sociales du peuple l'ayant « reçu », et diffusé en Europe et en Asie. Tout comme par exemple, le Christianisme est globalement de type 2, alors que rien n’indique qu’il s’agissait par exemple de l’ennéatype du peuple de Nazareth, en Galilée, lieu de naissance du Christ, et que ce n’est d’ailleurs pas non plus l’ennéatype de tous les pays de religion chrétienne.

 

Par ailleurs, il me semble, mais aussi aux yeux commentateurs plus qualifiés que moi (cf. dictionnaire du Coran, éditions Robert Laffont, page 876), que Mahomet et l’Islam ont justement tenté de détruire et dépasser ce cadre tribal, pour envisager celui d’une communauté entière et universelle de musulmans, la Oumma. L’Islam vise ainsi potentiellement l’humanité entière, et non plus seulement la tribu ou le clan. C’est ce qui explique l’accueil favorable de l’Islam aux convertis venant d’autres peuples et cultures ; à la différence par exemple, du judaïsme, dont la religion se transmet en principe uniquement par filiation, affirmant ainsi le lien indissociable entre peuple juif et religion de Moïse. Ce point me semble d’ailleurs suggérer un ennéatype tourné vers l’extérieur.

 

Ainsi, pour résumé, j’irai dans ton sens Fabien : les interprétations tentant de concilier les contradictions, réelles ou non, du texte coranique, manifestent très sûrement la préférence et la répression du centre mental, mais à mes yeux, il s’agirait là de caractéristiques des interprètes du Coran (ou de leur culture). Ces interprètes et leurs commentaires, datant de générations après la mort de Mahomet, ne reflètent pas nécessairement l’ennéatype de l’Islam mais davantage il me semble, leurs caractéristiques propres.

 

Également, en ce qui concerne l'adoration — réelle — des musulmans pour leur prophète ; au-delà donc de pouvoir s'expliquer par la culture des Arabes et des Berbères, cette affirmation — bien que parfaitement vraie — est tout de même à mettre en perspective avec, par exemple, la relation des chrétiens avec le Christ, puisque pour ces derniers, l’adoration va bien au-delà, allant jusqu'à considérer le Christ comme fils de Dieu, composante de la Divinité, à qui l'on adresse ses prières, aussi souvent qu'à Dieu lui-même. L'adoration des musulmans pour Mahomet — musulmans pour qui il n'y a de Dieu que Dieu — peut paraitre finalement assez relative.

 

Ainsi donc, et comme mentionné, il faudrait, me semble-t-il, ne pas se fier au comportement et discours des musulmans, relevant pour beaucoup du socio-culturel, mais plutôt donc, si l’on souhaite typer l’Islam, se référer au texte coranique, et aux paroles attribuées à Mahomet.

Et à cet égard, pour en revenir aux cinq piliers de l'Islam, j’ai plutôt spontanément relevé que sur ces cinq piliers, quatre relèvent du centre instinctif, et sont en rapport avec l’action, le mouvement, le corps. En effet, hormis le premier (l'attestation de foi), tous les autres (réaliser les cinq prières, pratiquer le jeûne, aller à la Mecque faire le pèlerinage, et aller donner de l'argent aux pauvres) sont en lien avec l’agir, l’action, le centre instinctif ; qui me semble être le centre préféré de l’Islam.

En ce sens, et de manière constante, il est enseigné en Islam que l’inaction est inacceptable pour celui qui a justement les moyens d’agir. La tradition religieuse rapporte de nombreux enseignements et paroles de Mahomet allant dans ce sens. Ainsi, Mahomet répétait chaque matin en se levant, et chaque soir en se couchant : " Oh Allah protège-moi de l’impuissance et de la paresse !". Et une autre de ses paroles est ainsi rapportée : « Celui qui s’endort le soir, fatigué à cause de l’effort qu’il a fourni durant sa journée, celui-là s’endort purifié de ses pêchés ». L’action, l’activité, le travail, élevé par l’Islam en moyen de purification des pêchés religieux.

C’est ainsi qu’en Islam, demander l’aumône alors que l’on pourrait travailler et être autosuffisant est tout simplement interdit. Cela n’empêche nullement toutefois, l’Islam de recommander la générosité envers les nécessiteux, ce qui fait parti d’un des piliers de l’Islam. Et à cet égard, s'agissant de la générosité faite aux pauvres, des paroles de Mahomet sont ainsi rapportées :

  • "La main supérieure est meilleure que la main inférieure. La main supérieure est celle qui donne, et la main inférieure est celle qui demande".
  • "Quand l'un de vous rapporte sur son dos un fagot de bois, cela lui est bien plus préférable que de tendre la main aux gens, dont certains lui donnent quelqu'aumône, et d'autres ne lui donnent rien".

Il s’agit là encore, d’injonctions claires à l'activité, la productivité et l'autosuffisance, malgré une incitation à la compassion envers ceux qui sont en situation de faiblesse.

 

Également, l’Islam et Mahomet ont interdit le monachisme en réprouvant le fait de rester enfermé dans un lieu de culte pour prier et méditer, a fortiori, en vivant de l'aumône d'autrui. Ce qui est, soit dit en passant, une grande différence entre l'Islam (sunnisme, chiismes), et le bouddhisme, qui au contraire, recommande la méditation et le monachisme pour élever son âme, en vivant de l'aumône des autres. Ces derniers en donnant de la nourriture et/ou de l'argent aux moines, purifient ainsi leurs karmas.

À cet égard, une histoire symbolique est très souvent contée pour enseigner l’Islam aux débutants (histoire dont les détails changent selon qu'elle est récitée par des soufis ou par des sunnites, mais qui garde principalement le même enseignement de base) : deux frères étaient musulmans, l'un marié, père de famille, travaillait chaque jour durement. L'autre, dont la foi était intense, restait en méditation et prières à la mosquée, jour et nuit, et vivait de la générosité de son frère, qui venait lui apporter tous les soirs à manger. L'Islam enseigne que le meilleur musulman est de loin, celui qui travaille, qui est actif et s'assume socialement, s'occupe de sa famille, et va tous les soirs nourrir son frère. Quant à ce dernier, il est certes musulman, mais sa passivité fait qu'il n'a pas compris les obligations que l'Islam lui impose. C'est une histoire que l'on m'a racontée lorsque j'étais petit, et que j'entends encore souvent, et qui aujourd'hui, m'apparait comme révélant la primauté du centre instinctif en Islam.

 

Toujours dans cette idée, il faut noter que lorsque Mahomet montra aux musulmans comment réaliser le pèlerinage religieux selon l’Islam, il leur montra qu'il fallait se rendre à La Mecque, tourner sept fois en marchant autour de la Ka'aba (monument cubique, considéré comme sacré en Islam), et ensuite réaliser sept fois un périple de 400 mètres environ, à proximité de la mosquée sacrée de La Mecque. Les jours suivants, les pèlerins doivent se rendre en différents lieux, situés à 4 kilomètres de là. Il est ainsi frappant de constater que même dans ce moment de spiritualité intense pour le musulman, le mouvement et l’effort physique, sont centraux. On est ici loin de la méditation statique d’autres religions (qui a par ailleurs ses vertus).

 

Enfin, je rappellerai également que des trois religions monothéistes, l’Islam est la seule à ne pas offrir de repos religieux. En effet, le Judaïsme impose le repos du Shabbat, et le Christianisme impose de ne pas travailler le jour du Seigneur ; dans les deux cas, il me semble, afin de prier, méditer, et passer du temps en famille. Ce qui est encore une différence avec l’Islam, où il n’existe pas de jour du repos. Le vendredi est le jour où il est recommandé aux musulmans d’aller faire la prière du midi à la mosquée, mais en aucun cas, c’est un jour qui doit être chômé par obligation religieuse. Cette conception de jour chômé n’existe pas en Islam. Le travail, l’effort, l’activité doivent primer avant tout. C’est la raison pour laquelle les musulmans, même très pratiquants, travaillent de manière normale le vendredi, prenant tout au plus une pause de midi un peu plus longue, afin de se rendre à la mosquée.

À ce niveau donc, j'opterai donc pour la préférence de l'Islam pour le centre instinctif. J’aurais encore d’autres exemples allant dans ce sens, mais je pense que cela surchargerait inutilement ce message.

 

Pour la suite, je m'orienterai vers un ennéatype 8. Et pour l'expliquer, je reprendrai dans un premier temps ton argument Fabien, s’agissant de l'étymologie même du mot Islam, mais en l’interprétant d’une autre façon : "soumission" (sous-entendu "soumission à Dieu") implique le rapport de domination qui caractérise la vision fondamentale qu'a le type 8 avec le reste du monde. Le terme « soumission » me parait en Islam, caractériser un Dieu dominateur, de type 8, à qui l’on doit être totalement soumis. Je vois ainsi l’Islam nous décrire un Dieu de type 8, dominant, fort et protecteur.

 

Toujours dans cette hypothèse 8, et comme mentionné plus haut, la volonté de Mahomet de viser l’humanité entière et d’ainsi remettre en cause la société tribale de son époque me semble aller dans le sens d’un centre instinctif tourné vers l’extérieur. Et dans la continuité, la tradition rapporte cette parole de Mahomet : « Dieu a fait de la Terre entière, un lieu de prière », signifiant ainsi aux musulmans que l’Islam, et symboliquement le rite de la prière, visent à être pratiqués partout, et par toute personne, et non seulement par les Arabes de la péninsule arabique. Une volonté de l’Islam de se tourner vers l’extérieur donc, et de se répandre auprès de tous les peuples, sur la « Terre entière ».

 

S’agissant de la compulsion du type 8, Mahomet recommandait à ses compagnons cette invocation divine, qui me paraît très révélatrice : « Oh Allah, je me réfugie auprès de Toi contre l’impuissance, la paresse et la lâcheté, la déchéance de la vieillesse et l’avarice […] ». Cette invocation, qui va dans le sens des paroles répétées chaque soir et chaque matin par Mahomet ("Oh Allah protège-moi de l’impuissance et de la paresse »), et qui abhorre ce qui apparaît principalement comme des signes de faiblesse, me semble confirmer le type  8.

 

Par ailleurs, d’autres éléments semblent indiquer un type 8 intégré.

 

À cet égard, la tradition religieuse rapporte également cette autre parole de Mahomet : un homme était venu le voir pour lui demander la chose qu’il devait faire pour être certain d’aller au paradis. Mahomet lui répondit : « Ne te mets pas en colère. Ne te mets pas en colère. Ne te mets pas en colère ». (Trois fois). La colère, tournée vers l’extérieur, étant la structure de base du type 8, recommander de l’éviter, en insistant trois fois, et en le citant même comme le moyen d’accès au paradis, indique il me semble, une religion de type 8 intégré.

 

Par ailleurs, un autre élément historique et important, me semble devoir être mentionné : en l'an 628, Mahomet scelle un pacte avec les moines chrétiens du monastère de Sainte-Catherine (situé au pied du mont Sinaï, en Égypte). En résumant, cette année-là, une délégation de moines chrétiens a demandé à être reçue par Mahomet, et ce, afin de lui demander protection. Mahomet scella alors ce pacte avec eux. Par soucis de concision, je ne peux le retranscrire in extenso, mais en voici quelques extraits : " Ceci est un message de Muhammad Ibn Abdullah, constituant une alliance avec ceux dont la religion est le Christianisme. Que nous soyons (physiquement) proches ou éloignés, nous sommes avec eux. Moi-même, mes partisans et mes fidèles, nous nous portons à leur défense, car les chrétiens sont mes citoyens. Et par Dieu, je résisterai contre quoi que ce soit qui les contrarie. […] En vérité, les chrétiens sont mes alliés et sont assurés de mon soutien contre tout ce qui les indispose. […] Les musulmans doivent se battre pour eux si besoin est. […] Leurs églises sont sous la protection des musulmans. […] Nul musulman ne doit violer cette alliance jusqu'au Jour du Jugement Dernier".

 

Il me semble qu'une religion, en position de domination, et qui initie un tel pacte, manifeste les caractéristiques de l'intégration du type 8 : protection des autres, leader magnanime et visionnaire.

 

Et dans cette continuité de la protection envers les plus faibles, l’Islam insiste beaucoup, de manière constante, sur le fait d’aider et protéger les faibles et les nécessiteux, et particulièrement une catégorie de personnes faibles par excellence, les orphelins. En effet, au-delà de simplement recommander de leur témoigner de la générosité et de la compassion, comme envers les pauvres (les orphelins font partie, comme les pauvres, de la catégorie de personnes pouvant recevoir la zakât, l’aumône légale), le Coran énonce de manière claire : « Et ils t‘interrogent au sujet des orphelins. Dis : « Leur faire du bien est la meilleure action ». (2 : 220). L’expression « la meilleure des actions » en dit long sur l’importance de la protection à leur accorder. Ce n’est d’ailleurs qu’un verset parmi d’autres enjoignant à les protéger ; je ne les citerai pas tous, par soucis de concision.

Ce verset est de plus, confirmé par une parole forte de Mahomet : « Au paradis, le tuteur de l’orphelin et moi-même serons comme ces deux doigts (et il montre le V de son index et son majeur) ». La protection magnanime d’un orphelin, assure ainsi d’office non seulement l’accès au paradis, mais aussi la proximité avec Mahomet lui-même.

 

Par ailleurs, ces derniers éléments, enseignant un devoir de protection forte envers des personnes en situation de faiblesse (moines chrétiens, pauvres, orphelins, etc), sans contrepartie, semble caractériser un type 8 mu, dont l’intégration en 5 lui permet d’être « disponible aux autres, simplement parce qu’ils en ont besoin, et non pas pour créer un espace de sécurité autour de lui » (Le Grand livre de l’ennéagramme, Les variantes du 8). Par ailleurs, la feuille des variantes du type 8, distribuées lors du stage "Centres" décrit le type 8 mu comme « désireux d’avoir un impact sur les gens plus que sur le monde. Il est extrêmement protecteur vis-à-vis d’eux ». Tous les éléments décrits me semblent correspondre.

 

Il me semble donc bien que l’Islam peut être typé en 8 mu. Qu’en penses-tu ?

 

Merci de m’avoir lu.

Et bien sûr, Allah est le plus savant:happy:

Abdel

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Un grand merci Abdel pour cette contribution que j'ai lue avec le plus grand intérêt et qui m'a appris beaucoup de choses. Si Allah est plus savant qu'Abdel, Abdel, lui, est plus savant que Fabien ! :rofl: Je n'ai donc pas la compétence nécessaire pour approuver ou contester. J'espère que ta relance de cette conversation va attirer d'autres contributeurs compétents.

 

Très amicalement,

Fabien

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