Institut Français de

l’ennéagramme

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Conformément à nos conditions d'utilisation, ce forum sera accessible uniquement en lecture du 26 octobre au 12 novembre 2017 inclus.

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Pocahontas

Bonjour à tous !

 

Pendant plusieurs années, ce thème de l'identité a été pour moi la source de préoccupations mentales aussi désespérantes que récurrentes, un peu comme si ma molle adolescence s'était étirée douloureusement jusqu'à mes 25 ans bien tassés.

 

Avec l'Ennéagramme, j'ai appris que je suis identifiée à mon ego la plupart du temps. J'ai aussi appris que je ne suis pas que mon ego.

La découverte du modèle a considérablement rassuré et soulagé mon centre mental en me proposant une structure cohérente de moi-même et des autres. En décrivant en profondeur et avec précision la personnalité humaine, il me propose une identité à laquelle je peux adhérer parce qu'en m'observant avec honnêteté je reconnais mes fonctionnements. Je peux dire "Je suis comme ça", "Je fais ça", "Je ressens ça". Comme je l'ai mentionné dans ce post, j'ai fait un peu le tour du modèle avant de me fixer en 6 grâce au stage Bases que j'ai suivi l'année dernière. Pour moi cela a été à la fois une révélation et la fin des tergiversations à ce sujet. J'ai conservé de nombreuses notes des années pendant lesquelles je cherchais mon type sans vraiment m'investir ni comprendre ce que cela signifiait "être un type". Quand je les relis aujourd'hui, c'est tellement évident que je me demande comment j'ai fait pour passer à côté. Bien sûr, je dispose de la réponse "C'est égotique !" et alors je peux éprouver de la bienveillance envers moi-même.

 

Je trouve par ailleurs assez extraordinaire le fait de pouvoir se présenter en stage en disant "Salut, je suis 6 mu !" et encore plus extraordinaire d'avoir en face de moi quelqu'un qui puisse comprendre, au moins en partie, ce que cela signifie.

Je ne me résume pas à mon type, mais mon type en dit long sur moi.

 

Comme je réprime l'émotionnel, il a toujours été assez difficile pour moi de répondre à des questions telles que "Qu'est-ce que j'aime ?" ou "Est-ce que ça me plaît ?". J'étais tout autant incapable de me définir par défaut et de répondre aux questions inverses.

Par ailleurs, me désintégrant en 9, la paresse à me connaître et l'oubli de soi ont également joués dans la balance et à la question "Qu'est-ce que je veux ?" les suggestions étaient nombreuses mais toutes incertaines. De même, au "Qui suis-je ?", je ne savais pas quoi répondre si ce n'est "moi", ce qui équivalait dans mon esprit à "personne" (la femme invisible si vous préférez).

Ces questionnements identitaires étaient angoissant et les réponses restaient la plupart du temps inaccessibles, ce qui était pour le moins frustrant.

 

Bien après que mes 20 ans soient passés, j'estimais encore que je n'avais pas de personnalité, ou plutôt que j'avais une personnalité mais qu'elle était banale, conformiste. C'est la mauvaise image que le 6 a de lui-même. C'était pareil pour mes goûts, je les concevais comme étant dans la norme plus que moyenne des petites gens. Et puis je croyais inconsciemment que sortir de cette norme identitaire, être déviante donc, c'était s'attirer des problèmes.

J'ai assez tôt — avant d'avoir dix ans en fait — eu conscience qu'une grande partie de ce que j'étais "ne venait pas de moi" mais que "c'était ainsi qu'il fallait être".

C'est le mécanisme de projection et l'orientation de loyauté que je détectais sans pouvoir les comprendre, ni les expliquer.

Je m'efforçais donc d'être ce que je croyais qu'on voulait que je sois. Il m'est arrivé de me mépriser pour cela, et j'en ai beaucoup souffert. Cela m'arrive encore malheureusement, mais je me soigne.

Satisfaire les "exigences", réelles et beaucoup fantasmées aussi, de mon père était particulièrement important pour moi et, mon père étant de type 1, je n'étais tout simplement jamais suffisamment bien.

 

Je me souviens du jour où je lui ai demandé pour la première fois de ma vie s'il était fier de moi. Je devais avoir une vingtaine d'années et je venais de vivre une première année universitaire difficile à l’École du Louvre, passionnante sur le plan des connaissances, mais extrêmement angoissantes, faite d’élitisme et de solitude sur le plan humain. Je m'étais avec succès redirigée vers la bibliothéconomie et j'avais besoin d'un encouragement pour pouvoir "tenir".

À ma question, mon père, visiblement gêné, m'a répondu "Mais voui !" en riant à moitié, puis est vite passé à autre chose. Je l'ai très mal vécu.

Il m'en a coûté une partie de ma santé physique (sur-responsabilisation notamment parce que je suis l'aînée de la fratrie, surmenage pour être la plus satisfaisante/vertueuse en tout et somatisation) et psychique (j'avais l'impression d'avoir une case en moins et d'être schizophrène).

 

Les choses ont heureusement évoluées depuis. Aujourd'hui, je dirais que l'Enneagramme m'ôte un poids d'ordre existentiel en "légitimant" d'une certaine manière mon ego. Je trouve qu'en avoir conscience le plus souvent possible est aidant parce que cela permet de remettre les choses en perspective dans un second temps, de se mettre à distance pour être plus (son corps, son essence). J'ai d'ailleurs plutôt tendance à considérer cet état de fait comme un acquis : depuis que je connais mon type je n'ai eu aucune crise de doute à ce sujet. À en croire certains, ce n'est qu'une question de temps. :wink:

 

Dans les moments de crise, je suis plus facilement et rapidement apaisée parce que je sais comment je fonctionne, si mon émotionnel reste introuvable, je me laisse du temps et/ou j'explique qu'il m'en faut si nécessaire parce que je sais que je réprime ce centre., etc. Je me découvre des goûts propres, des désirs identifiables, j'ai des élans de création parfois, je fais un peu plus facilement la part des choses entre ce qui est vraiment important pour moi dans le fond et ce qui ne l'est pas. Ce discernement me permet aussi quand j'ai du courage et confiance en moi et/ou dans les autres de laisser tomber ce que je croyais "être vraiment important pour moi dans le fond" (pour mon ego en fait) en conscience et d'étendre ainsi un peu plus les limites de mon "identité".

 

Le revers de la médaille c'est bien sûr que l'ego récupère tant qu'il peut et se justifie de tout et de rien : "C'est normal que je sois comme ça, je suis 6 mu" => "Acceptez-moi sinon cassez-vous !". Et de tempérer à qui mieux mieux : "Savoir tout ça c'est déjà génial et bien suffisant ! Pas besoin de s’emmerder avec les exercices du stage Éveil !". Grrr…

 

Bien cordialement,

Pocahontas

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Yves

Bonjour à tous,

 

Je me sens très touché par ton honnêteté avec toi-même et ton courage, Pocahontas. Et aussi par la confiance que tu nous donnes.

 

Comme toi, je cultive le jardin de la compréhension et de l’indulgence active (Je reprends une expression de Fabien et Patricia.). Souvent, il m’arrive d’être négligent ou pas assez actif. Ou alors d’être trop tyrannique avec moi-même et je me trouve alors immangeable. Mais c’est un beau jardin quand même.

 

Amicalement,

Yves

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Moi aussi, j'ai beaucoup apprécié et été ému par ton témoignage. Puisque tu l'as publié dans le secteur de ce forum intitulé “Exploration comparée d'un thème chez tous les ennéatypes”, cela implique un appel à témoignage… et je suis bien embêté.

 

Sauf transe d'amnésie, je n'ai, me semble-t-il jamais vécu de crise identitaire. Même si je n'aurai certainement pas su la définir clairement, j'avais un sens de mon identité établi et assez simpliste. La dichotomie de mon type faisait que j'en étais plutôt satisfait. :blush: Je percevais le problème comme étant plutôt chez les autres. L'ennéagramme, et avant lui des outils moins fins, m'ont heureusement amené à plus d'humilité et de tolérance. Mon sens actuel de l'identité est beaucoup plus détaché : quel que soit l'attribut que je lui donne, je ne suis pas ça, ou au moins pas uniquement ça.

 

Très amicalement,

Fabien

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Lighyli

Bonjour Pocahontas et merci !

 

Ton témoignage magnifique m'a beaucoup touché et parlé.

 

Je crois avoir entendu plusieurs fois en stage Patricia et Fabien expliquer que pour les 3-6-9 ce sujet est central : qui sommes nous ?

 

Mon ego de 9 est visiblement beaucoup plus indulgent pour lui-même que ce que tu décris de ton ego de 6. :kiss2:
Peut-être aussi le fruit d'un début d'adaptation horizontale depuis quelques années ?

 

Je me souviens que tout petit cette question de l'identité était très présente en moi. Le "qui suis-je" était une question très très présente. La recherche de réponse dans la foi (chrétienne) a été une recherche de cet ordre-là. Mon ego a découvert dans cette expérience humaine et spirituelle quelque chose de précieux : "Ne t'inquiète pas, tu es aimé." Ça ne répondait pas à la question, mais ça m'a beaucoup apaisé : qui que je sois, je ne suis pas "perdu et séparé" (peur de base du 9)

 

À partir de là, j'ai pu avancer tout doucement avec une perpétuelle impression de "petite souris". Quel que soit l'endroit où j'étais, je n'étais pas vraiment légitime à être là. Comme si j'avais toujours eu un coup de chance pour arriver là. L'impression de toujours me "faire tout petit" et "humble". Surtout ne pas déranger…

 

Note en passant: il y a quelques semaines, j'ai demandé à ma mère de me raconter son accouchement (de moi). Voilà ce qu'elle m'a raconté :

  • "Nuit de travail très très difficile" ;
  • "À 11h45, j'étais tellement épuisée que j'ai été anesthésiée" (Anesthésie générale ! Aujourd'hui, on ne ferait plus ça à part pour une césarienne !) ;
  • "Tu es né aux forceps à 12h30" ;
  • "Je me suis réveillée de mon anesthésie à 21h, c'est ma voisine de chambre qui t'a donné ton premier biberon."

Sans chercher à vouloir tout "sur-interpréter", je n'ai pas pu m’empêcher de penser qu'en ressentant le stress extérieur, j'ai préféré "attendre" que tout se calme histoire d'arriver dans un monde plus "calme"… Ni vu, ni connu, ni par ma mère (endormie), ni par mon père (qui n'a pas voulu assister à l'accouchement) !

 

Mon ego a été très content d'entendre la suite du récit de ma mère :

  • "Petit, tu étais un rayon de soleil" ;
  • "Parce que tu souriais toujours" ;
  • "Tu faisais des sourires à tous les commerçants."

J'étais déjà "bien, calme, facile à vivre" (chouette quoi ! :laugh:).

 

En "post-bac", alors que j'étais responsable étudiant dans une aumônerie, je me souviens encore ne jamais être content de moi : il fallait que je "fasse" toujours plus. Ou plus exactement : ce que je faisais n'était jamais assez. J'étais accompagné par un aumônier et à chaque échange, je n'étais pas content de moi : je ne "faisais" pas assez de choses. Pourtant, mon accompagnateur m'expliquait que tout allait bien, que je faisais assez de choses, que j'étais à ma place, etc.


Je comprend aujourd'hui que ce besoin de "faire" toujours plus (sans pour autant faire réellement ! c'est juste un besoin) est lié à mon centre instinctif et à la tension entre mes deux ailes…

 

J'ai fini par trouver la paix (ouf) sur ce sujet de l'identité après avoir créé ma boîte et beaucoup (beaucoup) travaillé. Un divorce (que j'ai déjà un peu raconté) qui m'a obligé à m'occuper de mes filles tout seul. "Faire" beaucoup et bien dans le long terme, m'a permis de m'identifier à cette réussite (un peu de désintégration en 3 au passage sans doute). Et surtout, j'ai fini par accepter d'entendre tous les gens autour de moi qui me disaient que j'étais quelqu'un de bien… (Calme et facile à vivre aussi bien sûr…)

 

Bref, mon ego est plutôt content de lui, ça va plutôt bien !

Et voilà que l'ennéagramme cherche à me désidentifier de mon ego : mince alors ! Mais qui suis-je vraiment alors ? :surprised:

 

J'exagère un peu. Aujourd'hui, je me sens relativement en paix sur ce sujet, mais il est tout de même toujours un peu présent au fond de moi. Comme un fond pastel doux et discret sur un tableau… La question revient surtout pendant les exercices des formations ennéagramme où je sens bien que j'ai beaucoup de mal à me connecter à moi-même et que cette question revient : mais si je n'arrive pas à sortir de l'oubli de moi, "qui suis-je" ?

 

Pour l'instant, je trouve la réponse (ou plutôt "la paix à cette question") dans un grand nombre de moments de ma vie où j'ai vécu des choses extraordinairement belles et fortes (même si parfois c'était des choses simples). Il suffit de me connecter à ces souvenirs pour avoir une image positive de moi rassurante. Un peu comme si je répondais : "je suis au moins les belles choses que j'ai faites et éprouvées." Je comprend là le résultat de mon ego de 9 mu (instinctif + émotionnel)…

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Cette conversation est réservée à des témoignages, donc je ne fais qu'une courte parenthèse suite à ton message, Lighyli, qui est un bel exposé de très nombreux concepts avancés de l'ennéagramme (domaine, dichotomie, false core, etc.).

 

"Je crois avoir entendu plusieurs fois en stage Patricia et Fabien expliquer que pour les 3-6-9 ce sujet est central : qui sommes nous ?"

Je ne sais pas trop à quoi tu fais allusion. La problématique de l'identité, qui peut toucher tout le monde, est au cœur du fonctionnement du centre émotionnel, plus ou moins conscient selon le profil. Les types du triangle sont déstabilisés par la bascule de leur centre préféré qui peut donner l'apparence, selon les moments, de deux personnalités différentes. Est-ce à cela que tu fais allusion ?

 

Très amicalement,

Fabien

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Lighyli
Il y a 15 heures, Fabien Chabreuil a dit :

"Je crois avoir entendu plusieurs fois en stage Patricia et Fabien expliquer que pour les 3-6-9 ce sujet est central : qui sommes nous ?"

Je ne sais pas trop à quoi tu fais allusion. La problématique de l'identité, qui peut toucher tout le monde, est au cœur du fonctionnement du centre émotionnel, plus ou moins conscient selon le profil. Les types du triangle sont déstabilisés par la bascule de leur centre préféré qui peut donner l'apparence, selon les moments, de deux personnalités différentes. Est-ce à cela que tu fais allusion ?

Je pensais surtout à ma difficulté lors de certains exercices du stage Essence, surtout celui sur la sortie de la dualité. J'ai du mal à sortir de l'oubli de moi et réfléchir au sujet… Sauf erreur de ma part Patricia nous avait dit que l'exercice était plus difficile pour les 3-6-9

C'est effectivement lié à la déstabilisation de la bascule du centre préféré.

 

Cela étant dit, la question du "qui suis-je" m'a toujours habitée. Comme je l'ai écrit, j'ai tendance à m'identifier à mes actions. Je met ça sur le dos de mon centre instinctif. Or, mon ego m'a amené à me passionner sur un grand nombre de sujet très très variés au cours de ma vie (sujets de narcotisation). Ça laisse une image de soi de "touche à tout", "inconstant", "qui change tout le temps d'avis", "jamais content", etc.

 

Bilan, je sens très proche de la conclusion de l'Auberge Espagnole où Romain Duris conclu par :

Citation

Je suis Français, Espagnol, Anglais, Danois. Je suis pas un, mais plusieurs. Je suis comme l'Europe, je suis tout ça. Je suis un vrai bordel.

 

Ensuite, mon centre émotionnel est mon centre support, il doit donc aider à ce questionnement ?

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Or, mon ego m'a amené à me passionner sur un grand nombre de sujet très très variés au cours de ma vie (sujets de narcotisation). Ça laisse une image de soi de “touche à tout”, “inconstant”, “qui change tout le temps d'avis”, “jamais content”, etc."

Ta personnalité interprète ainsi ce comportement. La mienne considèrait la même attitude d'intérêts variés comme valorisante, elle faisait de moi un honnête homme au sens du XVIIe siècle, une exception heureuse dans ce monde de spécialistes à la vue étroite. Si si… :rofl:

 

Très amicalement,

Fabien

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Aurolaf

Bonjour à tous,

 

Voilà bien longtemps que je n'ai pas écrit sur ce forum.


Merci Pocahontas pour ce texte. Ton message m'a émue à plusieurs titres : il illustre les apports bénéfiques de l'ennéagramme, et les pièges et la difficulté de ce chemin semé d’embûches.

 

Le 12/09/2017 à 13:44, Pocahontas a dit :

J'ai assez tôt — avant d'avoir dix ans en fait — eu conscience qu'une grande partie de ce que j'étais "ne venait pas de moi" mais que "c'était ainsi qu'il fallait être".

J'ai été particulièrement touchée par cette partie de ton message parce que c'est un thème qui me tient à cœur et sur lequel je travaille presque tous les jours en tant que parent et accompagnant de parents : laisser la possibilité à l'enfant d'être ce qu'il est et ne pas l'enfermer dans nos attentes et nos projections, ne pas étiqueter (ce qui est sans doute une mission impossible…).

 

À titre personnel, la question identitaire m'interpelle également. Je suis, entre autres, un ATCK (Adult Third Culture Kid), c'est à dire un adulte de la troisième culture : une personne qui a été élevée, dans les moments clés de sa construction identitaire, au contact d'une culture différente de sa culture d'origine. J'ai passé mon enfance et mon adolescence en Asie et au Moyen Orient.


Lorsque je suis rentrée en France, à l'âge de 15 ans, j'ai vécu une crise identitaire qui a durée des années. Je ne me vivais pas comme française alors que les gens me renvoyaient que je l'étais ! Je clamais farouchement et avec agressivité que j'étais indonésienne. J'étais dans le déni (notamment de la souffrance émotionnelle mais aussi de ma nationalité — j'ai vécu presque 2 ans désintégrée en 5) et dans l'excès du 8 dans ce rejet que je faisais de la France : tout ce qui était Français était mauvais.

 

Ce rejet de la France et des Français m'a longtemps poursuivi et a orienté beaucoup de mes choix. Il m'a fallu repartir 12 ans hors de France pour enfin toucher du doigt la complexité de ma construction identitaire et comprendre que je ne pouvais pas être étiquetée et que j'étais plus que tous les mots qu'on pourrait me coller dessus, que "qui j'étais" était multiple et faisait mon unicité. Le chemin a été très long et chaotique. Ce forum en garde certaines traces.

Longtemps j'ai cherché qui j'étais, ce que j'étais… à l'extérieur de moi. La quête était vaine car la réponse était en moi, à l'intérieur. Cf. orientation du type 8 tourné vers l'extérieur (il m'a fallu presque 50 ans et 10 ans de yoga pour apprendre à me tourner vers l'intérieur et trouver les réponses en moi dans mes ressentis et mes émotions).

 

Au niveau de l'ennéagramme, la découverte de mon type 8 m'a beaucoup aidé à sortir de ce qu'on attendait de moi, notamment faire le "méchant de service".
Dans l'entreprise, j'ai été celle qui menait les missions impossibles. Il fallait quelqu'un pour gravir une montagne infranchissable ou décrocher la lune : j'étais choisie pour mon énergie et mon courage à prendre à bras le corps les missions.
Aujourd'hui, je suis souvent sollicitée par ma famille ou mes amis lorsqu'il s'agit de "faire la méchante". Avoir découvert mes mécanismes de 8 m'a permis de comprendre que je n'étais pas "méchante", j'avais juste une énergie et un style de communication qui pouvaient faire peur. Mes proches peuvent m'utiliser pour cela ; il faut dire que je fais bien le job. J'en ai très longtemps tiré fierté. Aujourd'hui, je réponds souvent  : "Pas aujourd'hui. Je n'ai pas envie de faire la méchante. Va trouver un autre méchant de service ou achète toi une paire de couilles (:wink:) ou fais le job toi-même".

 

D'un point de vue identitaire, être "méchante" m'a collé à la peau bien longtemps, comme un masque difficile à enlever. Je me vivais intérieurement comme "méchante". Je ne m'autorisais pas à être douce ou gentille et je prenais mal tout compliment suggérant que je pouvais "être gentille". C'est sur ce point que l'ennéagramme m'a sans doute été le plus utile (et sur bien d'autres car ce modèle a changé ma vie).
Aujourd'hui, je ne me perçois plus comme "méchante" même si je peux "faire la méchante"; je fais d'ailleurs attention à ne pas exploser trop les personnes en face de moi : je différencie l'administration contre laquelle je râle et la personne qui reçoit ma remarque (je le verbalise).

D'ailleurs, cette question de "je suis méchante" me tracassait tellement que j'ai crée, il y a 9 ans, une conversation qui s'intitulait “Le 8 : un méchant dans sa tête”.

 

Amitiés.

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Yves

Bonjour à tous,

 

Qui suis-je ?

À la différence de vous, Pocahontas, Lighyli et Aurolaf, je ne me souviens pas avoir été un jour taraudé ou simplement interpellé par cette question. Pourtant, des questions existentielles, je m’en suis posées. Ah ça, oui.

 

Qui suis-je ?

Bouh… Quelle question casse-pieds.

 

Depuis mon enfance, un sentiment fort d’originalité et d’unicité s’enracine en moi. Et aussi un sentiment d’être en devenir, en transformation potentielle. S’y entremêlent des sentiments de curiosité et d’ouverture. De renouveau et d’harmonie. De liberté. Je me sens mû par eux.

 

Mais euh… Il paraît qu’il faudrait interagir dans le monde extérieur. Avec des gens. M’exprimer. Mgnmgnm. J’ai peur que mon sentiment de différence se noie dans l’indifférence. L’incompréhension. La non-signifiance. Le désarroi. La mélancolie.

 

Mes peurs, mon centre préféré les nourrit et cherche à m’en protéger : "Écoute-moi : je suis ton sauveur. Tes ressources, c’est moi qui les ai. Tiens, je t’ai confectionné un idéal de toi : sois la marionnette de cet idéal de toi et tu seras quelque chose. Ah la la, ce chaos d’émotions qui t’empêchent de connaître avec précision… Ce corps encombrant… Désincarne-toi donc un peu‚!.."

Hmmmpfff.

 

************

 

Du point de vue de l’Ennéagramme, je vois l’influence de :

  • La préférence du 5 pour le centre mental : le futur-devenir, la peur, le centre mental servant de centre de secours, mon identification automatique à ce centre — avant de connaître l’Ennéagramme — ;
  • La direction d’utilisation favorite du 5 (l’extérieur), la répression du centre instinctif (manque d’espérance) et le mécanisme de retrait du 5 alpha : mes questions existentielles liées à mon positionnement dans le monde extérieur, rendues aigües par ces trois mécanismes, ont pris le devant de la scène, et j’ai laissé la question "Qui suis-je ?" à l’arrière-scène ;
  • La compulsion d’évitement et la false core du 5 me poussent à fuir cette question relative à mon univers intérieur obscur et effrayant ;
  • La relation entre l’ego et l’orientation du 5 : cette question ne satisfait pas l’orientation de précision, indissociable pour l’ego de l’orientation de connaissance ;
  • Mon sous-type Conservation et la dichotomie du 5  : pour me protéger de l’influence trop forte de l’extérieur, j’évite trop d’interactions humaines et les questions identitaires induites par ces interactions.

 

Amicalement,
Yves

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