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Fabien Chabreuil

Donald J. Trump

Messages recommandés

Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

J'ai lu hier sur le site du Monde un article sur la personnalité de Donald Trump et le lien avec l'ennéagramme était tellement évident que je ne résiste pas à en partager ici des extraits.

 

Ce portrait de Donald Trump a été fait par Tony Schwartz qui fut son nègre en 1985 pour l'écriture de Trump, the Art of the Deal. Cet ouvrage a été un énorme succès d'édition qui a beaucoup contribué à forger une image positive de Donald Trump en tant qu'"incarnation d’une certaine idée du rêve américain : le businessman charismatique et manipulateur, le self-made-man capable de vendre de l’eau à un homme qui se noie, l’homme qui ne doit rien à personne."

 

Aujourd'hui, Tony Schwartz a des remords : "J’ai mis du rouge à lèvres sur un cochon." Et il nous décrit un ennéatype 3 très désintégré :

  • Personnalité et style de communication : "Le problème était sa personnalité, que Schwartz considérait comme pathologiquement impulsive, égocentrique et obsédée par la publicité.", "Il a réussi à augmenter la dose [de reconnaissance] pendant quarante ans. La seule chose qui lui manquait était d’être candidat à la présidence. S’il pouvait se présenter pour être empereur du monde, il le ferait."
  • Compulsion : "Tout ce qu’il veut, c’est de la reconnaissance extérieure, toujours plus."
  • Fixation : "Il est impossible de le faire se concentrer pendant plus de quelques minutes sur un sujet qui ne concerne pas son auto-glorification."
  • Passion : "Il a, plus que n’importe quelle autre personne que j’ai connue, cette capacité à se convaincre lui-même que tout ce qu’il dit est vrai, ou à moitié vrai, ou, au moins, devrait être vrai."

À confirmer, cela va sans dire.

 

Très amicalement,
Fabien
 
Source : Luc Vinogradoff, "Menteur, narcissique, sociopathe : Donald Trump vu par sa plume cachée", Le Monde, 18 juillet 2016.

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Jorune

Merci Fabien pour ce portrait.

 

On comprend mieux le succès du bonhomme au sein de son propre parti, alors qu'à l'étranger la grande majorité des États préféreraient voir son adversaire démocrate gouverner le pays et que les américains "moyens" ne seraient pas vraiment emballés à l'idée de voter cette fois-ci. À la question "quelle est l'odeur de la campagne présidentielle ?", 12 électeurs de différentes tendances du Wisconsin ont répondu qu'elle pue ! "Ordures, moufette, œufs pourris, fumier et poisson mort" au choix, selon le Huffington post. Bref, une campagne pas très écolo si la désintégration a des relents de décharge à ciel ouvert…

 

Amicalement,

Jorune

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Pocahontas

Bonjour à tous,

 

Je propose l'ajout de ces phrases sorties lors du débat que Donald Trump et Hillary Clinton viennent d'avoir dans le cadre de leur course à la Maison Blanche.

 

À propos de son tempérament, Trump s'exprime en ces mots : "J'ai un tempérament de gagnant, je sais comment gagner, elle ne sait pas." C'est très clair.

 

Puis, attaqué par Clinton sur sa fortune et notamment sur des opérations qualifiées "d'optimisation fiscale", il répond (résultat de la fixation de vanité) : "Cela fait de moi quelqu'un d'intelligent."

 

Bonne journée,

Pocahontas

 

Source : "Débat Clinton-Trump : Les cinq phrases que vous n’entendriez jamais en France", 20 minutes.fr, 29 septembre 2016.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,
 
Donald Trump est depuis quelques jours en fonction, et le site de la Maison Blanche a été profondément transformé pour l'occasion. Il contient notamment une courte biographie du nouvel impétrant. En voici le premier paragraphe :
 

Citation

Donald J. Trump incarne la définition même de la réussite à l'américaine. Tout au long de sa vie, il a continuellement établi les normes d'excellence en affaires et en entrepreneuriat, surtout avec ses intérêts dans l'immobilier, les sports et le divertissement. De même, son entrée en politique et dans la fonction publique a abouti miraculeusement à la victoire dès sa première candidature à la présidence.

 
Très amicalement,
Fabien
 
Source : « President Donald J. Trump », The White House. [Licence CC-BY 3.0]

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Pocahontas

Bonjour à tous,

 

J'ai concocté une sélection bien sentie d'extraits d'articles parus dans l'un des derniers numéros du magazine Le 1 (n° 138 du mercredi 18 janvier 2017) que nous recevons toutes les semaines à la bibliothèque. Ce numéro est entièrement consacré au nouveau président des USA, Donald J. Trump, pour lequel il y aurait une hésitation entre le type 3 et le type 8.

 

Plutôt que de simplement redonner les contenus sélectionnés comme cela avait été le cas pour François Hollande, j'ai essayé de pousser le truc un peu plus loin en relevant la récurrence des mécanismes/manifestations égotiques et en répartissant les informations collectées entre les hypothèses 3 et 8, laissant entre les deux certains éléments qui pouvaient fonctionner indifféremment dans les deux cas. Je connais assez mal ces deux types et je ne dispose d'aucun exemple fiable dans mon entourage, je me suis surtout reportée à mes notes de stage en réalité. C'est pourquoi c'est aussi un exercice pour moi de cibler précisément les différents mécanismes de ces types. Je suis donc preneuse d'éventuels commentaires, éclaircissements et autres précisions.

 

Type 8

 

"Je n'ai jamais constaté le moindre cas où, sous la pression, Trump choisit la modération [passion d'excès]. (…) Ainsi s'exprimait sur la chaîne CNN l'auteur Michael D'Antonio trois mois avant l'élection de Donald Trump, auquel il a consacré deux ouvrages biographiques. Selon lui, l'approche spontanée du magnat, en situation de conflit, est systématiquement celle de la "rétorsion disproportionnée". Dès qu'un antagonisme se fait jour, il revendique toujours la posture de l'agressé. Ensuite, sa réaction est volontairement sans proportion avec le coup supposément subi. En d'autres termes, il se conduit comme Don Corleone, le parrain du best-seller de Mario Puzo. Si l'interlocuteur ne se soumet pas, il tranche la tête de sa meilleure pouliche et la place encore sanguinolente dans son lit [fixation de vengeance]. Trump “part du principe que la disproportion est normale[passion d'excès]. (…) Lorsqu'on fera remarquer au candidat Trump qu'il entend expulser 11 millions et demi de sans-papiers alors qu'il en a utilisé à foison sur ses chantiers de construction, il commencera par nier les faits... (…) Deux plaintes en nom collectif sont déposées contre lui. Comme d'habitude, il nie, provoque, contre-attaque [mécanisme de défense de dénégation]." (Extraits de l'article Portrait d'un mégalo narcissique par Sylvain Cypel, journaliste spécialiste des États-Unis)

 

"Un Trump modéré, c'est un oxymore [passion d'excès]. La modération n'est pas dans sa nature et ce n'est pas cette qualité qui l'a fait élire président. (…) Monsieur Trump adore procéder par brutalités et jouir de l'effet de sidération obtenu. (…) Par intimidation, il peut donc obtenir quelques premiers résultats. (…) Ceux qui le connaissent disent qu'il ne fait confiance qu'à un noyau de proches sélectionnés en fonction de leur loyauté, qu'il ne lit pas les notes et que sa capacité d'attention se limite à trois minutes [répression du mental]." (Extraits de l'entretien avec le diplomate François Bujon de l'Estang)

 

8 ou 3

 

"Sylvain Cypel décrit le président comme “un briseur de codes fasciné par le culte de l'homme fort”. Formé par Roy Cohn, un avocat qui fit la chasse aux “communistes” aux côtés du sénateur d'extrême droite Joseph McCarthy, Trump avance tel un bulldozer [instinctif non réprimé]. Plus amoral qu'immoral. (…) Voilà pourquoi l'une de ses phrases préférées est tirée du Parrain : It's not personal, it's just business." (Extrait de l'encart présentant l'article Portrait d'un mégalo narcissique par Sylvain Cypel)

 

"Un homme brutal, menteur, amoral, (…). On dira qu'on force le trait. Pourtant, ces témoignages sont ceux de deux des très rares personnes indépendantes qui ont eu la possibilité d'approcher le magnat de très près sur de longues périodes. (…) Peu importe la connaissance, lui saisit le monde par instinct [instinctif non réprimé]. D'autant que, selon nombre de témoignages, il ne lit pas de livres. Et "il lui est impossible de garder son attention plus de quelques minutes sur quelque sujet que ce soit [répression du mental], hormis l'agrandissement de son propre ego. Et même ça n'est pas acquis", note Schwartz." (Extraits de l'article Portrait d'un mégalo narcissique par Sylvain Cypel)

 

Type 3

 

Quelques tweets sympathiques en introduction !

 

9 mai 2013 : "Désolé les losers, mon QI est l'un des plus élevés — et vous le savez bien ! S'il vous plaît, ne vous sentez pas si stupides, vous n'y êtes pour rien." [fixation de vanité]

8 décembre 2013 : "Montrez-moi quelqu'un sans ego, et je vous montrerai un loser — avoir un ego sain, ou une haute opinion de soi, est un réel avantage dans la vie !" [fixation de vanité]

 

"Comment réussir en Amérique ? s'interrogeait l’écrivain Mark Twain en son temps. Sa recette — “beaucoup d'ignorance et beaucoup de confiance en soi” —, Trump l'incarne jusqu'à la caricature [les États-Unis ont une culture de type 3]. Son ignorance du monde est abyssale et son narcissisme gargantuesque. (…) Quand en 1971, à l'âge de 25 ans, "le Donald", comme le surnomment les Américains, prend la tête de l'entreprise familiale, il est un héritier fortuné. (…) Son premier coup consistera à bâtir à New York un gratte-ciel de 58 étages pour lequel il a négocié avec le maire, Ed Koch, des conditions favorables hors normes. Qu'il le nomme Trump Tower n'est qu'un début [fixation de vanité]. Narcisse boulimique, Trump donnera toute sa vie son nom à ses réalisations pour en faire une marque [mécanisme d'identification]. Sous sa férule, l'entreprise paternelle devient “The Trump Organization”. Lorsqu'il acquiert une société de transport aérien, il l'appelle Trump Shuttle ; un yacht privé, c'est le Trump Princess. Bientôt, il dépose son nom comme marque commerciale. Ses revenus augmentent à mesure que se multiplient les lieux — hôtels, golfs, etc. — dont les propriétaires usent de son patronyme contre paiement. (…) Trump, écrit D'Antonio, est “le maître de l'autopromotion” [style de communication propagande]. Il incarne pour son biographe la Me Generation, la “génération Ma Pomme”. D'où sa fascination pour les médias et un indéniable talent pour s'y mouvoir et les soumettre [caméléon]. (…) Il démarre sa journée en lisant un rapport sur le nombre de fois où son nom a été cité dans les médias [type image]. (…) Finalement, une fois le scandale éloigné, il passera un accord avec la justice et promettra de modifier sa politique immobilière pour éviter un procès [négociations et compromis plutôt qu'un passage en force]. Des faillites, Trump en connaîtra six entre 1991 et 2009, toutes occasionnées par ses casinos. Chaque fois, il renégocie avec ses banquiers et ses investisseurs, qui préfèrent un arrangement à un effondrement [businessman]. (…) “Donald pisse de la glace”, dira son vieux mentor [répression de l'émotionnel]. (...) Businessman, son but est de gagner de l'argent. (…) Il joue à un jeu où le plus fort ou le plus malin l'emporte, et il est sûr d'être plus malin que les autres. La preuve ? Il gagne souvent [orientation de capacité à agir et à réussir]. (…) Il faudrait être idiot pour croire sur parole chaque mot que Trump prononce : ses propos n'engagent que ceux qui y croient [esbroufe]. (…) Quand à son rapport à la vérité, Trump lui-même l'a défini dans The Art of the Deal : “Je joue sur les fantasmes des gens. Eux-mêmes ne peuvent pas toujours penser en grand, mais ils peuvent être très attirés par ceux qui le font. C'est pourquoi une petite hyperbole ne peut pas faire de mal. Les gens veulent croire en ce qui est le plus gros, le plus grand, le plus spectaculaire qui soit. J'appelle cela l'hyperbole véridique [passion de mensonge]. C'est une forme très innocente d'exagération. Et très efficace de promotion." [style de communication propagande] Schwartz, le vrai rédacteur de l'ouvrage, dit aujourd'hui qu'il a écrit ce passage pour adoucir le thème du mensonge. Cette phrase, ajoute-t-il, est “une tromperie…”. Mais Trump, dit-il avait “adoré l'expression”. Car il est un personnage en constante représentation, dans une forme de tromperie réfléchie [passion de mensonge]." (Extraits de l'article Portrait d'un mégalo narcissique par Sylvain Cypel)

 

Mes conclusions

 

Premièrement, ce qui ressort particulièrement de la totalité de ma lecture, c'est que le personnage s'arrange toujours pour que son image ne soit pas ternie. C'est d'ailleurs à cette fin qu'il brasse du vent, crie au scandale, nie, provoque en face des médias, mais s'empresse de négocier tous ses litiges à l'amiable, en général cela se fait en contrepartie du versement d'une somme d'argent importante venant de sa poche. Dès lors qu'il peut sauver les apparences — peu importe la manière — c'est bon pour lui.

 

Deuxièmement, je constate ici que les mécanismes et les manifestations du type 3 sont plus récurrents et plus nombreux que ceux du type 8. Voici ce qu'écrit le chroniqueur Tomasky résumant ainsi la pensée de Trump dans l'ouvrage intitulé Pourquoi nous avons besoin d'un chef, pas d'un politicien : "Je [c'est Trump qui s'exprime mais il est ici synthétisé] conclus sans arrêt de gros marchés avec les acteurs les plus coriaces de la haute finance. Ces gens sont d'abominables tueurs en col blanc, brutaux, le genre de personnes qui laissent du sang partout sur la table du conseil d’administration et se battent jusqu'au bout pour maximiser leurs gains. Et devinez-quoi ? Voilà exactement le genre de négociateurs dont les États-Unis ont besoin, à la place des mauviettes de diplomates qu'Obama envoie partout dans le monde faire mumuse avec les gouvernements étrangers." Trump s'identifie ici à la figure du "négociateur", fait une fois de plus son autopromotion et justifie ainsi à l'époque sa candidature à l'élection présidentielle. Alors, se pourrait-il que M. Trump soit un 3 jouant au gros dur, au mafioso de service ayant un goût prononcé pour les dorures ? C'est tout à fait possible quand on connaît l'admiration qu'il porte à des personnalités comme Poutine par exemple (un 8 alpha si je ne m'abuse), tout "fasciné par le culte de l'homme fort" qu'il est, pour reprendre les termes de Sylvain Cypel.

 

Enfin, il ne peut réprimer à la fois le centre émotionnel et le centre mental que s'il est 3, de variante alpha en l’occurrence.

 

Bien cordialement,

Pocahontas

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Un grand merci Pocahontas pour ce complément d'information qui nous fait avancer dans le typage de Donald Trump. Effectivement, il est probable que cela se joue entre le 8 et le 3, tous deux de variante alpha. Quoique, avec tant de narcissisme, il est étonnant que personne n'ait encore proposé l'hypothèse 7 !

 

À propos de narcissisme, Donald Trump semble avoir tout ce qu'il faut pour qu'on lui attribue ce trouble de personnalité au sens du DSM. Le diagnostic n'a jamais été formellement émis et il importe donc de rester prudent. Toutefois, l'analyse de son fonctionnement à l'aide de cette nosologie montre aussi d'assez nets traits histrioniques et me semble pencher plus vers le 3 que vers le 8, mais peut-être n'ai-je pas toutes les informations nécessaires.

 

Identifier le profil de Trump est compliquée aujourd'hui du fait des réactions tranchées qu'il déclenche — ce qui pourrait être un argument en faveur du 8 —, ce qui rend difficile de trouver des descriptions objectives. Heureusement, comme le manifestent les délicieux tweets cités, le personnage s'exprime impulsivement et abondamment ce qui pourrait compenser et nous permettre d'aller au-delà des comportements.

 

Il est aussi indispensable de tenir compte de son positionnement dans la spirale dynamique. Donald Trump a de toute évidence un ROUGE très fort et pas très sain que confirme une de tes citations ("plus amoral qu'immoral") et qui peut faire voir de l'ennéatype 8 là où il n'y en a peut-être pas.

 

Pour revenir à ta belle analyse, Pocahontas, j'ai juste deux petites remarques.

 

"Monsieur Trump adore procéder par brutalités et jouir de l'effet de sidération obtenu."

On peut trouver aussi cette attitude chez d'autres ennéatypes que le 8. Par exemple, ce week-end, au stage Sous-types, un ennéatype 6 nous expliquait que lorsqu'il menait un entretien d'embauche, il s'arrangeait pour déstabiliser le candidat dès sa première question : "Quand l'autre est déstabilisé, alors je n'ai plus peur et je peux être à l'aise dans la suite de l'entretien." Après il faudrait savoir si le mot "jouir" est utilisé dans le sens "utiliser, profiter" ou dans celui "prendre du plaisir"…

 

"Il ne peut réprimer à la fois le centre émotionnel et le centre mental que s'il est 3, de variante alpha en l’occurrence."

Cet argument subtil serait décisif si la répression du mental était avérée. Un des articles que tu cites à ce propos signale sa difficulté de concentration, mais sous une forme qui ne me semble être qu'une reformulation de la phrase de Tony Schwartz reproduite dans mon premier message. La difficulté de concentration peut être une marque d'un ROUGE peu sain, mais elle est aussi caractéristique de l'ennéatype 7, un mental. Comme c'est la seule fois où tu mentionnes la répression de l'émotionnel, cela ne me semble pas suffisant donc pour valider une répression du mental.

 

D'autre part, si Donald Trump est bien 3 alpha, la répression du mental doit être permanente, alors qu'il doit exister des moments où l'émotionnel est préféré et visible, sauf désintégration grave et durable.

 

Très amicalement,

Fabien

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Pocahontas

Bonjour Fabien !
 
Je suis contente de te lire ! :happy:
 
"Quoique, avec tant de narcissisme, il est étonnant que personne n'ait encore proposé l'hypothèse 7 !"
C'est amusant que tu dises cela ! Figure-toi qu'en lisant mon canard, je me suis faite la réflexion que les arguments en faveur d'un éventuel type 7 étaient loin d'être négligeables. Outre le narcissisme pathologique dont souffrirait peut-être Donald Trump, j'ai trouvé que les rationalisations étaient fort nombreuses de sa part. Un exemple parmi d'autres : "Quand il s'avère qu'Hillary Clinton a obtenu 2,8 millions de voix de plus que lui lors de l'élection présidentielle, il rétorque que c'est parce que “3 millions de personnes ont illégalement voté en sa faveur”. Il n'avance aucune preuve, il affirme et cela suffit. Finalement, Trump trouvera une autre parade. Il prétendra qu'il aurait parfaitement pu remporter le suffrage universel s'il l'avait seulement souhaité. Il n'aurait eu qu'“à mener sa campagne différemment”. (…) Le mensonge n'existe plus, puisque chacun construit “sa” vérité." (Extraits de l'article Portrait d'un mégalo narcissique par Sylvain Cypel).
 
"Il est aussi indispensable de tenir compte de son positionnement dans la spirale dynamique."
Merci beaucoup de le rappeler, je n'y avais pas du tout pensé !
 

"Monsieur Trump adore procéder par brutalités et jouir de l'effet de sidération obtenu."
Après il faudrait savoir si le mot "jouir" est utilisé dans le sens "utiliser, profiter" ou dans celui de "prendre du plaisir"...

Je replace strictement cette phrase dans le contexte évoqué dans l'article de Sylvain Cypel qui donne à la suite de la citation ci-dessus l'exemple suivant : "Le 20 février 2016, après avoir remporté l'élection primaire en Caroline du Sud, il s'écrie : "C'est dur, c'est sale, c'est méchant, c'est vicieux. C'est magnifique !" Ici, il est clair que Donald Trump se réjouit de la défaite de ses concurrents et prend un malin plaisir à retourner le couteau dans la plaie selon l'expression consacrée.
 
"Comme c'est la seule fois où tu mentionnes la répression de l'émotionnel, cela ne me semble pas suffisant donc pour valider une répression du mental."
Totalement d'accord avec toi. Je dois dire que j'ai — très :sarcastic: — longuement hésité à placer un "?" à la suite des mentions "répression du mental" et "répression de l'émotionnel" ayant conscience que les éléments cités étaient insuffisants pour pouvoir valider ces répressions. La hiérarchie des centres de Donald Trump reste encore à démontrer.
 
La bise ! :kiss2:
Pocahontas

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,
 

"Quoique, avec tant de narcissisme, il est étonnant que personne n'ait encore proposé l'hypothèse 7 !"
C'est amusant que tu dises cela !

Aurais-tu oublié que je suis un pratiquant de la boutade sérieuse ?
 
"Je me suis faite la réflexion que les arguments en faveur d'un éventuel type 7 étaient loin d'être négligeables."
À ce stage, un ennéatype 7 pour Donald J. Trump semble peu probable mais pas du tout impossible. En tout cas la présence d'éléments du 7 pourrait a minima être un argument en faveur du 8.
 

"Il est aussi indispensable de tenir compte de son positionnement dans la spirale dynamique."
Merci beaucoup de le rappeler, je n'y avais pas du tout pensé !

C'est toujours utile. Ici cela me semble indispensable. Il semble que l'enfance de Donald Trump a été assez problématique et rend probable une structure sur la spirale dynamique assez peu conventionnelle.
 
J'ai acquis hier une biographie non autorisée de Trump écrite avant qu'il fasse de la politique. Je viens de la commencer et, comme elle fait 463 pages en anglais, il me faudra un certain temps avant d'en faire un compte-rendu — ceci dit, j'ai 4 ans pour y arriver sauf si Trump est assassiné ou destitué avant. Le peu que j'en ai déjà lu révèle quelques éléments intéressants. Fred C. Trump, le père de Donald, passait son temps à lui répéter : "Tu es un tueur, tu es un roi. Tu es un tueur, tu es un roi." En conséquence, "Donald est persuadé qu'il ne peut pas être l'un sans être l'autre." Cette éducation était telle que Fred Trump Jr. a sombré dans l'alcoolisme et en est mort tellement il a été "crucifié émotionnellement pour n'avoir pas fait des affaires immobilières de la famille son métier".
 
"La hiérarchie des centres de Donald Trump reste encore à démontrer."

Il me semble qu'il y a deux certitudes :

  • L'instinctif ne peut pas être réprimé, comme tu l'as dit précédemment.
  • L'émotionnel ne peut pas être préféré, sauf dans l'hypothèse de bascule du 3.

"La bise !"

Une seule ! À un 7 !

 

Très amicalement,

Fabien

 

P.-S. : je me suis lancé dans une étude un peu approfondie de l'ennéatype de Donald Trump mais j'espère que vous allez continuer à alimenter cette conversation. D'une part, je ne sais pas si elle aboutira et d'autre part, plus il y a de sources diverses, plus le résultat final est crédible.

 

Source : Hary Hurt III, Lost Tycoon : The Many Lives of Donald J. Trump. Brattleboro (Vermont), Echo Point Books & Media, 1993, 2016. [Version Kindle]

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Pocahontas

Bonjour à tous, bonjour Fabien !
 

Le 02/02/2017 à 06:16, Fabien Chabreuil a dit :

C'est amusant que tu dises cela !
Aurais-tu oublié que je suis un pratiquant de la boutade sérieuse ?

Que nenni, j'ai fait exprès d'écrire ça pour voir si tu allais réagir et si oui comment ! :proud::mouais::blush:
 

Le 02/02/2017 à 06:16, Fabien Chabreuil a dit :

"La bise !"
Une seule ! À un 7 !

Pareil… => Je retourne à ma mallette du petit chimiste.
 

Le 01/02/2017 à 20:13, Pocahontas a dit :

Merci beaucoup de le rappeler, je n'y avais pas du tout pensé !

Et là je dois avouer qu'en écrivant cela je t'ai imaginé en parrain, cigare fumant à la main, voix enrouée avec un fort accent italien, me dire quelque chose du genre : "Hey ! C'est mon travail, bébé !" :sorry::laugh:
 

Le 02/02/2017 à 06:16, Fabien Chabreuil a dit :

Le peu que j'en ai déjà lu révèle quelques éléments intéressants. Fred C. Trump, le père de Donald, passait son temps à lui répéter : "Tu es un tueur, tu es un roi. Tu es un tueur, tu es un roi."

J'attends ton analyse avec impatience et si je trouve quelque chose qui fait avancer le schmilblick, je ne manquerais pas de le partager. Dans mon canard, ils citaient aussi le mentor de Trump au début de sa vie active, Roy Cohn, apparemment un sacré bonhomme ne serait-ce que d'après sa fiche Wikipédia. Ils le décrivent notamment comme "le maître de la politique de la destruction personnelle de l’adversaire". Prometteur…
 
Le bonjour chez vous et mille baisers à Fabien (même si je sais que ça ne suffira pas) ! :calin:
Pocahontas

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Sixtrouille

Bonjour Fabien, bonjour à toutes et tous,

 

Merci Fabien d’avoir lancé ce typage. Tes analyses de Spirale Dynamique sur ton blog me manquent beaucoup.

 

On pensait qu’après Bush fils, le pire était passé. Eh bien non !

 

Ces derniers temps, je me suis intéressée à la communication via Twitter de POTUS. Je suis frappée par la pauvreté du vocabulaire, le manichéisme systématique, et l’emploi outrancier de superlatifs.

 

J’avais lu une étude que je ne parviens pas à retrouver sur Internet (peut-être était-ce toi Fabien ?) qui précisait que l’usage de mots avait drastiquement chuté. 4000 pour De Gaulle et Mitterrand, et 250 pour Royal et Sarkozy. À moins que cela ne soit 2500 et 400, ce qui ne change pas fondamentalement l'appauvrissement sémantique.

 

Et pour Trump alors ? 50 ? 100 ? Voici quelques uns des mots qu’il emploie le plus fréquemment : world-class, incredible, honor, great, right, wrong, lies, fake, negative, positive, amazing, win, defeat, security, safety, evil,  bad, good, dangerous, so-called, over-rated, historic, Get Smart US, NOW, ridiculous, kind, nice, hard, love, brave, brilliant, respect, ashamed, create, back, jobs, strong, weak, mess, order, always, must.

 

S'il y a des spécialistes parmi nous, je suis curieuse de savoir à quel âge un enfant atteint le niveau linguistique de Trump.

 

MAKE VOCABULARY GREAT AGAIN !

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Cela fait plaisir, Sixtrouille, de te revoir sur ce forum après un long silence. Une partie, en croissance lente, de l'ancien blog se retrouve ici.

 

Je ne suis pas sûr que la pauvreté du vocabulaire utilisé par Donald Trump puisse être un élément à prendre en compte dans le typage pour plusieurs raisons :

  • L'appauvrissement du vocabulaire est une tendance lourde de notre époque, et un medium comme Twitter avec ses messages de 140 signes y contribue fortement. Les Américains sont réputés pour avoir un des vocabulaires les plus limités des pays développés.
  • Certains hommes politiques — et nous avons eu des exemples en France — méprisent suffisamment le peuple pour s'adresser à lui avec un vocabulaire restreint, le seul langage que, croient-ils, il peut comprendre.
  • Il y a des gens incultes dans tous les ennéatypes (et le contraire aussi).

Très amicalement,

Fabien

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Pocahontas

Bonjour à tous !
 

À propos de narcissisme, Donald Trump semble avoir tout ce qu'il faut pour qu'on lui attribue ce trouble de personnalité au sens du DSM.

Il y a peu j'ai lu pour la première fois un article (en anglais à l'origine) qui abonderait dans le sens de ton hypothèse, Fabien. L'auteur évoque en fin d'article un trouble psychologique que je ne connaissais pas, le narcissisme malfaisant qui est apparemment différent de la perversion narcissique. Depuis, certains médias se sont visiblement emparé de l'hypothèse et désormais, si vous tapez "narcissisme malfaisant" dans votre navigateur de recherche, vous tombez sur un certain nombre d'articles consacrés à la personnalité de Donald Trump, comme celui-ci. L'idée, c'est que la preuve apportée qu'une telle pathologie existe bien chez Trump pourrait constituer un motif de destitution. Je n'y crois pas trop, mais c'est une chose de plus contre lui.
 
Par ailleurs, n'y connaissant absolument rien au DSM et n'ayant pas non plus lu le livre de Claudio Naranjo sur le sujet, j'ai poussé la curiosité un peu plus loin et j'ai trouvé cet article qui décrit précisément ce qu'est le trouble de la personnalité narcissique au sens du DSM et fait la différence d'une part entre ce trouble et la perversion narcissique, et d'autre part entre le narcissique et le manipulateur. Par contre, nulle trace de narcissisme malfaisant…
 
Connais-tu cette pathologie Fabien ? J'espère que ta lecture de la biographie de Trump pourra apporter des éléments permettant de démêler tout ça.
 
Bien amicalement,
Pocahontas

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Le narcissisme malfaisant. […] Connais-tu cette pathologie Fabien ?"

Commençons par le commencement ! Le DSM (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux) est une nosologie psychiatrique dont seule une toute petite partie est consacrée aux troubles de personnalité. Un trouble de personnalité est un écart durable et significatif entre d'une part les comportements (notamment les relations sociales et le contrôle de l'impulsivité) et la psychologie (cognition, émotions) d'un individu et d'autre part la norme sociale. Les troubles de personnalité sont distincts des autres affections psychiatriques qui n'ont pas de caractère chronique mais qui peuvent coexister avec eux. Il est important de ne pas les confondre. Par exemple, il existe un trouble de la personnalité obsessionnelle-compulsive qui est différent du trouble obsessionnel-compulsif !

 

En termes d'ennéagramme, seuls les troubles de la personnalité nous intéressent comme expression d'une désintégration très forte. Le rapprochement initial entre ennéagramme et DSM a effectivement été fait par Claudio Naranjo à l'époque de la troisième version du manuel.

 

La nosologie du DSM est insatisfaisante pour diverses raisons que nous expliquons au stage Connexions. De nombreux psychiatres ont donc voulu rajouter des troubles de personnalité. David Owen et Jonathan Davidson avaient notamment formulé en 2006 le syndrome d'hubris combinant des caractéristiques des personnalités narcissique, histrionique et anti-sociale dans un orgueil excessif, l'arrogance, le mensonge, un sentiment de toute puissance, etc. Le narcissisme malfaisant, proposé par Otto Kernberg en 1984 en s'appuyant sur des travaux plus anciens, avait déjà proposé un mélange semblable. Malgré cette concordance, qui illustre le besoin flagrant de cette définition, aucun de ces troubles n'a été retenu ni dans le DSM, ni dans les autres nosologies psychiatriques comme le CIM (Classification internationale des maladies).

 

"J'espère que ta lecture de la biographie de Trump pourra apporter des éléments permettant de démêler tout ça."

Cette lecture fait effectivement envisager pour Donald J. Trump l'un des deux diagnostics d'hubris ou de narcissisme malfaisant, comme je l'avais d'ailleurs, ne voulant pas entrer trop dans les détails, sous-entendu dans mon message du 1er février.

 

Je ne sais pas quand je pourrai tirer le bilan de cette biographie, d'abord parce que je la lis lentement en parallèle avec d'autres ouvrages — que la vie de ce type est ennuyeuse ! —,  ensuite parce qu'à un tel niveau de désintégration faire le tri devient difficile.

 

"L'idée, c'est que la preuve apportée qu'une telle pathologie existe bien chez Trump pourrait constituer un motif de destitution. Je n'y crois pas trop, mais c'est une chose de plus contre lui."

Il me semble difficile d'y croire. Il n'est pas déontologique de porter un diagnostic psychiatrique autre qu'hypothétique sans échanges entre un médecin psychiatre et la personne concernée, et il est peu probable que Donald Trump consente à un tel entretien…

 

D'un point de vue social, il me semble que ces événements confirment l'épuisement du système de la démocratie représentative, à la fois par la personne élue et par le rejet du résultat de cet élection.

 

Très amicalement,

Fabien

 

P.-S. :  noyauté par l'industrie pharmaceutique cherchant à vendre des psychotropes peu efficaces mais aux effets indésirables nombreux, ignorant certains troubles, en créant d'autres notoirement inutiles mais permettant de vendre des médicaments à des personnes n'en n'ayant pas réellement besoin, élaboré hors de toute réflexion scientifique sérieuse, le DSM devient de moins en moins utilisable au fil des versions. La dernière, la V, est un véritable désastre.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,
 
J'ai déjà regretté d'avoir ouvert une conversation mais rarement autant ! J'ai donc terminé, péniblement, la lecture de la biographie mentionnée dans un message précédent. J'y ai vécu deux ressentis, un tourné vers l'intérieur, l'autre vers l'extérieur. D'une part, je ne voudrais en aucun cas vivre la vie de ce type qui me semble être le comble de la vacuité et de l'ennui. D'autre part, même si l'ouvrage n'a pas été écrit par une personne estimant Donald Trump, il me semble que sa souffrance égotique est perceptible et il est difficile de ne pas éprouver une certaine compassion pour lui, même si ses comportements sont si souvent inadmissibles, voire carrément ignobles.
 
Cet ouvrage décrit la vie de Donald Trump jusqu'à la chute de son empire économique à la fin des années 1980 et au début des années 1990. C'est loin d'être la totalité de son existence, mais c'est largement suffisant du point de vue de l'ennéagramme. La difficulté a été que l'ouvrage, écrit sans le consentement de Donald, décrit plus de comportements que de motivations et que l'auteur n'est peut-être pas un fin psychologue. Ne termine-t-il pas son texte en rappelant une phrase de F. Scott Fitzgerald : "Il n'y a pas de deuxième acte dans la vie d'un Américain." Grossière erreur, The Donald, comme l'appelait Ivana sa première épouse, a au moins autant de vies qu'un chat !
 
Je ne pourrais donc pas dire avoir une certitude absolue à propos du type de Donald Trump, mais l'hypothèse 3 alpha avec les deux ailes perceptibles me semble fiable au moins à 85,71284 %.
 
Papa Trump
 
J'ai déjà parlé de ce triste sire dans mon message du 2 février dernier.
 
Fred C. Trump, le père de Donald, passait son temps à lui répéter : "Tu es un tueur, tu es un roi. Tu es un tueur, tu es un roi." En conséquence, "Donald est persuadé qu'il ne peut pas être l'un sans être l'autre." Trump père était très probablement un ennéatype 8 et, lui aussi, avait fait fortune dans l'immobilier. Il avait élevé ses enfants avec une telle dureté et une telle obligation d'être des tueurs et des rois que Fred Trump Jr., un frère de Donald qui ne rêvait que d'être pilote, a sombré dans l'alcoolisme et en est mort tellement il a été "crucifié émotionnellement pour n'avoir pas fait des affaires immobilières de la famille son métier".
 
Une anecdote pour décrire le bonhomme. Comme Donald Trump se rend, certes pour de bien mauvaises raisons, en Tchécoslovaquie pour assister à l'enterrement du père d'Ivana en octobre 1990, Fred Trump déclare à son assistante Amy Luersson : "J'espère que son avion va s'écraser. Cela résoudrait tous mes problèmes."
 
The Donald
 
Même si, contrairement à son frère, Donald Trump a survécu à cette enfance douloureuse, il en est profondément marqué — il a sur la spirale dynamique un niveau VIOLET instable marqué entre autres par une forte superstition. Il me semble que Donald Trump s'identifie à son père et que cela explique les aspects de lui qui font penser à l'ennéatype 8 : "La personne qui a eu le plus d'influence sur moi pour grandir a été mon père, Fred Trump. J'ai beaucoup appris de lui sur la nécessité d'être dur dans un business dur”, a écrit Donald dans son premier livre, Trump : L'Art de la négociation. Il confie à un interviewer : "Je passe mon temps à me défendre. […] Mon père me respecte parce que je me suis opposé à lui." Donald Trump fait le même métier que son père et comme lui, il ne fume ni ne boit. Marla Maples, sa future deuxième épouse, est bien consciente du problème : "'Tu veux savoir ce qui ne va pas avec toi ?', lui crie-t-elle un jour. 'Tu veux savoir pourquoi tu es aussi perturbé ?' Elle se dirige vers une table basse, prend une photographie de Fred Trump et la brandit devant Donald. 'Voilà pourquoi !'"

 

De plus, 3 et 8 partagent une belle énergie. Enfin Donald Trump est sous stress perpétuel et donc la bascule du centre émotionnel est sans doute suffisante pour expliquer son agressivité.

 

Rien ne laisse à penser que la motivation de Donald Trump est le pouvoir. Ce qui l'intéresse, c'est d'être riche ce qui est la définition du succès aux États-Unis et d'être connu. Son principal talent est de "s'inventer et de se réinventer" sans cesse. Dès que cela peut améliorer son image, il ment avec aplomb. Par exemple, il écrit dans son premier livre qu'il a rencontré Ivana aux Jeux Olympiques de Montréal et qu'elle skiait pour l'équipe olympique tchèque, deux informations totalement erronées et pourtant facilement vérifiables.
 
Le bluff, un des quatre aspects de la dichotomie du 3 est présent en permanence : "Donald aime donner en permanence l'impression qu'il contrôle tout. C'est une fausse impression." Il se lance dans une multitude d'opérations immobilières mais il n'y connaît pas grand-chose ; un membre de son organisation se plaint : "Donald démarre un projet après l'autre, mais il n'a aucune idée de la manière de les mener et de les faire aboutir." Trump n'hésite pas à mentir sur le montant de sa fortune, sur ses affaires en cours, sur les accords qu'il a conclus : il n'a pas hésité à présenter à la municipalité de New York qui lui demandait de justifier une option d'achat un contrat que l'autre partie n'avait pas signé ! John Moore décrit The Donald comme "un menteur trompeur et vicieux qui ne sait pas distinguer la réalité de la fiction".

 

Donald Trump a une énorme force de conviction : "Il ne prend jamais un non pour une réponse définitive. […] C'est un grand vendeur."

 

Trump a réussi à faire croire aux banques et aux journalistes qu'il était milliardaire alors qu'il disposait en réalité d'assez peu d'argent. Il empruntait pour monter une affaire, puis empruntait pour en monter une nouvelle et payer les emprunts de la première, et ainsi de suite : "Nous volions Pierre pour payer Paul", se rappelle un cadre. Une sorte de chaîne de Ponzi qui ne pouvait que s'effondrer.
 
Sans doute effet du centre émotionnel vivant dans l'instant, The Donald "a une capacité d'attention notoirement brève et qu'un de ses anciens employés estime à 26 secondes."
 
Donald Trump ne réprime pas toujours l'émotionnel. Au début de sa carrière, "j'aimais beaucoup Donald Trump […], se rappelle John Allen un ancien cadre de Harrah. J'étais impressionné par son humilité. Nous pouvions aller déjeuner dans une gargote à côté du bureau, et tout le monde le connaissait. Malgré son statut social, Donald souriait, était agréable et serrait les mains comme un type ordinaire. Et puis soudain, je l'ai vu changer." Il semble qu'une cause de cette évolution de Donald Trump soit l'abus de médicaments contre l'obésité. Un ancien vice-président raconte qu'en arrivant au travail le matin, il demandait à l'assistante de Trump si c'était un jour-Greenberg, Joseph Greenberg étant le nom de l'endocrinologue qui prescrivait son traitement à Donald. Si la réponse était oui, il veillait à ne pas croiser la route de Trump ce jour-là.

 

Au moins au début de leur mariage, Donald se montre "sensible" quand il est avec Ivana. Elle confirme : "Je ne comprends pas pourquoi les gens disent des choses si méchantes à propos de Donald. La plupart du temps quand il est avec moi, il se monte tellement timide, tellement vulnérable, tellement blessé, comme un gentil petit garçon."
 
En octobre 1989, trois des cadres de son groupe impliqués dans la gestion de ses casinos d'Atlantic City, Stephen Hyde, Jon Benenav et Mark Grossinger Etess meurent dans un accident d'hélicoptère de retour d'une réunion avec Donald Trump à New York. Etess était une des rares personnes que The Donald considérait et traitait comme un ami. Tous ses collaborateurs décrivent Trump comme étant "assommé" et "éperdu" en apprenant la nouvelle. "Je ne l'ai jamais vu aussi pâle et bouleversé", témoigne un de ses associés. Cependant, le naturel — en l'occurrence la désintégration — revient vite. Il dit à un de ses vice-présidents : "Vous allez me détester pour cela mais je ne peux pas résister. Je dois pouvoir en tirer quelque publicité." Il fait alors croire que lui aussi aurait dû être à bord de cet hélicoptère et que son intuition lui a fait échapper de justesse à la mort.

 

Marqué malgré tout par cette triple perte, The Donald qui avait déclaré peu avant à Playboy que "la vie, c'est ce que vous faites en attendant la mort" décide que désormais son existence serait consacrée à faire "uniquement ce qu'il veut, ni plus, ni moins". "Cela signifie, entre autres choses, créer un Donald J. Trump nouveau et amélioré." "Il s'agit de faire des choses intéressantes dans la vie, en attendant de mourir."

 

Son travail est son centre d'intérêt principal : "Donald ne parle pas souvent d'autre chose que de ses affaires. Le boulot apparaît toujours dans la conversation, même la nuit, et il parle du prochain contrat qu'il va négocier", se rappelle Neil Walsh un de ses anciens amis.

 

The Donald est convaincu que ses collaborateurs donnent le meilleur d'eux-mêmes quand ils sont sous stress et en compétition. Il a confié à Ivana la gestion de certains de ses hôtels et casinos et il a toujours attisé "avec délice" la rivalité qu'il pouvait y avoir entre elle et les équipes déjà en place. Il vérifiait en permanence que ses cadres "pouvaient supporter la pression".

 

Pourtant, Donald ne supporte pas si bien que cela la pression en dehors du contexte des affaires. Quand Ivana veut divorcer, "Donald déprime et devient fataliste. Il commence à faire des allusions au meurtre et au suicide. À un moment, il lui demande pourquoi elle ne se contente pas de le tuer." Il est amer et bien sûr cela tourne autour de l'image : "J'ai fait d'Ivana une femme très populaire. Avant elle n'était pas populaire. Elle était médiocre."

 

Trump donne son nom à toutes les affaires qu'il entreprend, ses tours, ses bateaux, ses avions, etc. Il est persuadé que la simple présence de son nom sur un projet en augmente la valeur, et donc il a fait de son patronyme une sorte de franchise. Vous pouvez acheter son nom pour vendre des parfums ou des steaks. Voir son nom partout est bien évidemment une jouissance égotique : "Par-dessus tout, il est incurablement accro à la publicité à sa propre gloire." À un moment de sa carrière, il s'est mis à parler de lui-même à la troisième personne. Un de ses publicitaires raconte cet échange : "– Qu'est-ce que vous pensez de cette histoire à propos de Trump à la télévision ? –  Hé, Donald, c'est vous Trump !"

 

Cette passion dévorante pour l'image devient un cercle vicieux qui obère sa capacité à faire des affaires : "Comme son image devenait de plus en plus présente dans la presse, il était distrait par l'idée de devenir une célébrité, un candidat à la présidence, une star de cinéma."

 

C'est quand son image est compromise que la violence de Trump devient la plus terrifiante. Ivana avait fait appel au docteur Steven Hoefflin pour de la chirurgie esthétique et elle l'avait recommandé à Donald qui y a eu recours pour une liposuccion et le traitement d'une calvitie naissante. Ces deux opérations nécessitent un certain temps pour que les tissus se raffermissent et que la couleur des cheveux s'homogénéise. Mais The Donald est pressé, et la douleur le gêne. Il tourne d'abord sa fureur vers Hoefflin : "Je vais vous tuer. Je vais vous poursuivre en justice. Ça va vous coûter un maximum de fric. Je vais ruiner votre pratique." Cela n'est pas suffisant pour l'apaiser, et il se précipite alors vers Ivana qui l'a entraîné dans ce traquenard. "Ton putain de docteur m'a détruit", hurle-t-il avant de la jeter sur le lit et de la traiter d'une manière qu'elle a décrite à l'époque comme un viol, avant de revenir sur ce terme suite à une négociation avec Trump.

 

Cela devrait suffire.

 
Très amicalement,
Fabien
 
Source : Hary Hurt III, Lost Tycoon : The Many Lives of Donald J. Trump. Brattleboro (Vermont), Echo Point Books & Media, 1993, 2016. [Version Kindle]

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On dirait le sud

Bonjour Fabien,

 

Merci pour ton travail de lecture et de synthèse, et de surcroît, pour le sacrifice que cela a représenté.

 

Bien amicalement,

Benoît

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Pocahontas

Bonjour à tous et merci beaucoup Fabien pour ce travail !
 

85,71284 %

Alors là, mon ego n'a fait qu'un tour !

Il manque la mention d'un 3, d'un 9 et SURTOUT celle d'un 6 dans cette liste de chiffres ! Je trouve scandaleux d'être ainsi exclue et je dis HALTE à la discrimination des types du triangle !! Non mais ! :rofl:
 
Pas cordialement, :proud:
Pocahontas

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Wallace

Bonjour à tous,

 

Tu es encore jeune sur forum, Pocahontas, 15 ans de moins que moi. Laisse donc un vieux sage te dire que l'ego doit s'incliner devant la vérité scientifique. Fabien ne va quand même pas truquer les chiffres simplement pour nous faire plaisir. Mieux, je pense qu'il les a publiés avec une telle précision uniquement pour nous donner une chance de vivre l'humilité qui va avec notre intégration. :rofl:

 

Amen !

Wallace

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Alice et le lapin

Bonjour à tous,

 

Et merci Wallace pour l'expression bienveillante de ta sagesse de vieux singe, euh pardon de vieux sage. Les petits scarabées de tout acabit te remercient ainsi que bien sûr notre grand maître Fabien. Puissent ses paroles être scrutées et méditées avec assiduité. :sorry:

 

Scarabesquement vôtre,

Alice et le lapin

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Yves

Bonjour à tous,

Même si Trump n'était pas d'ennéatype 3, ton analyse, Fabien, m'aide à comprendre un peu mieux certaines facettes possibles de l'ennéatype 3. Merci.

Amicalement,
Yves

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

The Donald fête ses cent premiers jours à la tête des États-Unis, et devinez ce qu'il déclare : « Les 100 premiers jours de mon administration ont tout simplement été les plus couronnés de succès de toute l’histoire¹. » Cela allait sans dire…

 

En même temps, il se plaint d'une manière qui me semble renforcer l'hypothèse 3 aux dépens de la 8 : « J'aimais la vie que je menais avant, je l'aimais. J'ai eu tellement de choses à faire. En réalité, il y a plus de travail que dans ma vie d'avant. Je pensais que ce serait plus facile. […] Ma vie d'avant me manque. J'aime travailler, mais il y a vraiment plus de travail. […] J'aimais conduire, je ne peux plus conduire². »

 

Très amicalement,

Fabien

 

Sources :

  1. « “Mes cent premiers jours ont été très palpitants et très productifs”, juge Donald Trump », Le Monde, 30 avril 2017.
  2. Dan Berman, « Trump : “I thought it would be easier” », CNN, 28 avril 2017.

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Pocahontas

Bonjour Fabien, bonjour à tous !
 
"Les 100 premiers jours de mon administration ont tout simplement été les plus couronnés de succès de toute l’histoire."
Et voici le spot publicitaire qui va avec cette citation et qui, je trouve, incarne très bien le mode de communication "Propagande" du 3 :

 

 

Des succès, du positif, de la réussite, de la réussite et encore de la réussite ! Eh oui, ça se passe comme ça chez (Mac)Donald Trump ! :proud:
 
Best Regards,
Pocahontas

 

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Comment ? Le dernier message dans cette conversation est daté du 2 mai ? Cela fait bientôt cinq mois que nous n'avons pas parler de Donald Trump. Imaginez la souffrance de ce pauvre homme en état de manque. Heureusement qu'il y en a un ici qui a un peu de compassion. :proud:

 

Pour fêter le 14 juillet, Emmanuel Macron avait invité Donald Trump à assister au martial défilé avec lequel la France croit bon de fêter la nation. D'abord les deux hommes se sont adorés. "C'est un grand honneur [d'être avec Emmanuel Macron], il a eu l'une des plus grandes victoires électorales de tous les temps. Je vous dis, quelle soirée excitante, j'en ai regardé chaque instant¹", a affirmé The Donald. Il faut dire qu'il a une excellente raison d'aimer le président français : "C'est un type super [...]. Il aime tenir ma main. […] Les gens ne se rendent pas compte combien il aime me tenir la main. Et c'est très bien ainsi, dans une certaine limite²." À honneur, honneur et demi : "Tous les Français étaient fiers de vous avoir à Paris avec votre femme le 14 juillet¹", a rétorqué L'Emmanuel.

 

En plus, Macron avait invité le président américain à dîner à la Tour Eiffel et si vous ne vous en étiez pas aperçu, les Parisiens sont venus en masse uniquement pour admirer Donald : "Nous avons dîné à la tour Eiffel. Et à regarder en bas de la tour Eiffel, on aurait dit qu'il n'y avait jamais eu plus grande fête jamais donnée dans l'histoire de la tour Eiffel. Je veux dire, il y avait des milliers et des milliers de personnes, qui avaient appris que nous étions en train d'y dîner²." Mais en fait, ce n'était que le triomphe habituel, comme en Pologne : "J'ai eu les meilleurs articles sur un territoire étranger. Donc, je vais en Pologne pour un discours. Mes ennemis dans les médias, même mes ennemis, disent que ce fut le plus grand discours jamais donné sur un sol étranger par un président. Vous avez vu les commentaires sur le discours que j'ai fait. La Pologne, c'était beau et merveilleux, et la réception était incroyable²."

 

Est-ce goût de la compétition du 3 combiné à l'envie de l'aile 4, ayant admiré le défilé français, "un des plus formidables¹" qu'il ait vu, "bien au-dessus du lot²", Donald Trump envisage sérieusement d'en organiser un à Washington pour le 4 juillet. Mais bien sûr, il va "faire encore mieux²".

 

Très amicalement,

Fabien

 

Sources :

  1. « Trump veut un défilé militaire à Washington, “mieux” que celui du 14-Juillet en France », NouvelObs, 19 septembre 2017.
  2. Pascal Riché, « Trump : “Macron est un type super, il aime tenir ma main” », NouvelObs, 20 juillet 2017.

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