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Comme chaque année, le mois de juin est particulièrement chargé. En conséquence, en plus des jours prévus dans nos conditions d'utilisation, ce forum sera accessible uniquement en lecture
les 20 après 11h, 21, 25, 26 & 28 juin 2018.

Florence77

Communication de 1 (mu ?)

Messages recommandés

Florence77

Bonjour à tous,

Voici un message collectif reçu récemment de la part de mon N+1 dont je supposais déjà depuis longue date qu'il était 1 (avec de l'humour, oui oui!).
Vous aurez un aperçu de sa communication en lisant les deux mails que je copie ci-dessous. Le discours va crescendo, allez jusqu'au bout, donc, même si c'est un peu long (mais un sermon, n'est-ce pas… il faut ce qu'il faut) ! :laugh:

Ça commence ici :

Chers collègues,

J'ai appris ce matin que nos locaux étaient restés ouverts hier soir. C'est le gardien qui s'en est aperçu en faisant sa ronde, vers 20h ! Je pense que si nous ne renforçons pas tous notre vigilance, nous allons avoir de très mauvaises surprises, et dans très peu de temps. Je vous demande donc de vérifier systématiquement que vous n'êtes pas le dernier à partir. C'est aussi facile qu'élémentaire.

Dans le même ordre d'idée, nous sommes un certain nombre à faire le tour des salles le soir pour fermer les portes et éteindre les lumières. Je sais que parfois les étudiants restent dans les salles après les cours, mais pas toujours. Merci de vous assurer que les portes qui donnent sur le préau sont bien fermées (en allant vérifier pour de bon, parce qu'elles peuvent rester à peine entrouvertes), et d'éteindre quand vous partez.

Par ailleurs, C. a dû laver la vaisselle et vider l'égouttoir pour pouvoir remplir le seau dont elle a besoin pour nettoyer les locaux. À plusieurs reprises. Je trouve ça choquant. C. fait son travail, et ce travail ne consiste pas à faire la vaisselle et à vider l'évier. Merci de faire en sorte que l'évier soit vidé et propre chaque soir, pour qu'elle puissent débuter sa journée sereinement.
Il est fréquent que de la vaisselle sale stagne dans l'évier, et que l'égouttoir déborde. Astuce : quand vous réchauffez votre plat, vous pouvez en profiter pour vider l'égouttoir. Ça marche !

Toujours en matière de "cuisine interne", et même si j'entends bien que le mot "propreté" ne signifie pas la même chose pour tout le monde, je me dois de préciser que "laver la vaisselle" signifie "rendre la vaisselle propre". L'usage du liquide vaisselle et de l'éponge peut s'avérer très utile pour atteindre cet objectif ambitieux. Il n'y a pas une fois où je ne relave pas quelque chose quand je vide l'égouttoir (traces de café ou de thé dans les tasses, traces de doigts et de lèvres sur les verres, reliefs de nourriture sur les couverts ou les assiettes). C'est un peu cracra en vérité…

Dans un autre registre, les tableaux sont loin d'être toujours effacés à la fin des cours. C'est pourtant pas très compliqué…

Câbles des vidéo-projecteurs entortillés, enrouleur totalement emmêlé, agrafeuse et ciseaux à côté du photocopieur qui disparaissent, découpes de feuilles qui restent sur la table alors que la corbeille est à quelques centimètres, colle sur la vitre du photocopieur, bac d'alimentation du photocopieur trouvé vide (j'ai un truc imparable pour être sûr que le bac est toujours plein : je remets des feuilles APRÈS avoir sorti mes photocopies, quand je viens les chercher. Ça prend moins de 10 secondes. Si tout le monde fait ça, on peut lancer ses impressions sans jamais allez vérifier que le bac contient assez de feuilles. Étonnant, non ?).

Que des choses pas bien graves, mais "enquiquinantes" au quotidien.

Je me rends bien compte de la trivialité de ce que je viens d'écrire, et j'ai quelques scrupules à vous rappeler que ces petits gestes témoignent du respect que nous avons pour les personnes qui nous entourent, et qu'ils contribuent au "bien vivre ensemble".

Merci d'y être attentif.

Je vais de ce pas quitter nos locaux, en vérifiant que l'évier est bien vide. Je sais que l'égouttoir déborde. Je vais donc ranger la vaisselle. Une fois au rez-de-chaussée, je ferai le tour des salles, puis fermerai à clé. Je préviendrai enfin le gardien que l'IUT est vide pour qu'il mette l'alarme. Je rentrerai alors à la maison boire une bonne bière bien fraîche avec des cacahuètes et la satisfaction du devoir accompli.

Bon week-end.
À bientôt.
L


Et ça continue, avec un autre message, à l'intitulé éloquent : "Un bon exemple vaut mieux qu'un long discours"…

Voici :

Avant :
post-2736-0-74502400-1389796275_thumb.jpg

Vaisselle propre mais sale :
post-2736-0-76642300-1389796276_thumb.jpg

 

Après :
post-2736-0-87270400-1389796278_thumb.jpg

Un dernier petit exemple : j'ai proposé un café à un intervenant ce matin. J'ai dû relaver la seule tasse à café disponible. Les autres sont revenues dans le courant de la journée, comme par magie.

Promis, cette fois j'arrête d'être lourd.

Re-bon week-end.
L


À titre personnel, en tant que 9 aile 1, j'apprécie le sérieux de mon chef et collègue (qui a une grosse aile 2 dont j'ai largement bénéficié dans mon travail). Mais je suis souvent énervée par sa procrastination sur des points que je juge essentiels (pour prendre en compte le confort de ses collaborateurs ou tout simplement leurs attentes et ainsi éviter les conflits…). Je suis également stupéfaite du temps qu'il arrive à dégager pour peaufiner des messages comme celui-ci, sur des sujets que j'estime très secondaires (même si j'adore boire dans des tasses propres moi aussi !).

C'est bien pour cela d'ailleurs que j'ai moyennement apprécié de faire partie des destinataires du message dont j'étais par ailleurs certaine qu'il serait sans effet positif sur les intéressés.

RIEN ne s'est en effet amélioré dans les jours et les semaines qui ont suivi… :sarcastic:
Et je cherche encore, à titre personnel, comment il faudrait communiquer pour obtenir de la part de certains collègues les efforts que mon N+1 appelait de ses vœux (car je ne remets pas en cause son intention, que j'estime louable) ! :perplexe:

Bonne suite de semaine à tous !
Florence77

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Florence77. Voilà un très beau sermon effectivement. Quant à l'humour, j'y vois une tentative de masquer la passion de colère, une expression du mécanisme de défense de formation réactionnelle, effectivement plus probable chez un 1 mu.

 

Très amicalement,

Fabien

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Kayla

Bonjour tout le monde,

Mon amie 1 mu aurait pu écrire ce même mail avec sans doute davantage de reproches. L'humour dans ces cas-là, si elle en use, fait partie intégrante de son sermon. Je dis alors qu'il s'agit de son humour "dragon".

Sans doute que ces détails que tu trouves secondaires sont pour lui essentiels, et que si chacun mettait de l'énergie à les résoudre, il pourrait redistribuer son énergie dans les autres tâches (plutôt que taches :tongue:).

Je dois être en phase d'intégration parce que je me rends compte que j'aurais pu écrire ce genre de mails moi aussi (smiley avec panneau humour !)

À bientôt !

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Demilune

Bonjour Florence, bonjour à tous,

Je profite de ce message pour vous souhaiter une bonne (non, une excellente !) année 2014. Profitez bien de chaque jour qui passe, avec de l'auto-observation et pas (trop…) de transes hypnotiques !

Florence, ton message m'a fait sourire. Ma mère est 1 mu, et elle aurait tout à fait pu écrire (enfin dire, dans un contexte familial) ce message. Je crois que chez elle, ce genre de messages est une soupape qui correspond au moment où la compulsion d'éviter la colère doit faire appel au mécanisme de défense de formation réactionnelle pour justement, ne pas tomber dans la passion de colère. Il me semble qu'elle essaye de se convaincre que son message est destiné aux autres, afin qu'ils fassent mieux, mais au fond, c'est surtout pour elle qu'elle le formule. Rien d'étonnant à ce que le message que tu cites ait été inefficace, je crois que ce n'était pas son objectif véritable. En famille, lorsqu'on doit "subir" ce genre d'épisode, tout le monde fait le gros dos, attend que ça passe tout en maugréant intérieurement (et crois-moi, en tant que 9, je maugrée sec, même si ce n'est pas toujours totalement conscient). Mais nous avons vite compris que ça ne sert à rien de répondre ou d'avancer des arguments contradictoires, car nous savons, par expérience, que c'est la meilleur moyen de déclencher la colère, qu'on sent affleurer dans l'expression du visage, l'intonation de la voix, le débit de paroles qui s'accélère…

Je trouve aussi que ce message plaide en faveur de la variante mu que tu as retenue. Des phrases telles que "Je pense que si nous ne renforçons pas tous notre vigilance, nous allons avoir de très mauvaises surprises, et dans très peu de temps" ou encore "j'ai un truc imparable pour être sûr que le bac est toujours plein : je remets des feuilles APRÈS avoir sorti mes photocopies, quand je viens les chercher. Ça prend moins de 10 secondes. Si tout le monde fait ça, on peut lancer ses impressions sans jamais allez vérifier que le bac contient assez de feuilles" montrent un usage du centre mental, assorti dans le premier cas de la peur associée à ce centre. Les rares manifestations du centre émotionnel sont toujours masquées par les deux autres centres. Le dégoût ("c'est un peu cracra en vérité") est largement objectivé par les détails qu'il a observé ("traces de café ou de thé dans les tasses, traces de doigts et de lèvres sur les verres, reliefs de nourriture sur les couverts ou les assiettes"). Le plaisir associé à "une bière bien fraiche" n'est possible qu'après "la satisfaction du devoir accompli", ledit devoir consistant en une liste bien organisée de tâches à réaliser dans un ordre précis : "Je vais de ce pas quitter nos locaux, en vérifiant que l'évier est bien vide. Je sais que l'égouttoir déborde. Je vais donc ranger la vaisselle. Une fois au rez-de-chaussée, je ferai le tour des salles, puis fermerai à clé. Je préviendrai enfin le gardien que l'IUT est vide pour qu'il mette l'alarme."

Quant à trouver un moyen pour que tes collègues soient plus attentifs aux questions que ton N+1 évoque, j'ai envie de dire qu'il y a autant de possibilités que d'ennéatypes (à l'émission et à la réception) ! Si j'étais 8, je jetterais par la fenêtre toute tasse sale laissée dans l'évier. Radical mais efficace, à condition d'assurer derrière face aux récriminations des collègues ! :laugh: Mais au bout d'une après-midi, le message est passé. En tant que 9, et pour avoir été confronté à ce type de problèmes en tant que manager, la solution que je pratique est de mentionner le problème à l'occasion d'une réunion d'équipe, en posant clairement les choses, sans tourner autour du pot, expliquer pourquoi cela ME pose problème et pourquoi je pense que cela pose problème pour le collectif. J'essaye d'être le plus neutre possible afin que le message ne soit pas perçu comme un reproche et surtout, je ne m'appesantis pas (en une minute maxi, tout doit être dit). Je ne dirais pas que c'est efficace à 100 %, mais je constate souvent une évolution positive.

Bien amicalement,
Tristan

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

À 23h01, Tristan écrit sur ce forum. Moi je dors :happy: mais en réalité je dois en rêver. Ce matin, je me suis réveillé en me disant qu'il fallait que je vienne parler ici du billet du blog "Songe qu'un œil noir te regarde". Et donc j'ajoute aux judicieux conseils de Tristan la mise en place d'une pancarte réalisée en tenant compte de l'expérience mentionnée.

 

Très amicalement,

Fabien

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Kayla

Coucou tout le monde,

Décidément ton message, Florence, en a fait rêvé plus d'un ! Je me suis moi réveillée en pensant au jeu Harmony, la guerre du ménage n'aura pas lieu. Ça marche super en famille et dans les petites associations où je l'ai fait connaître. :happy:

Bonne journé !

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Florence77

Bonjour à tous,

Je rebondis, quelques jours après, sur vos réactions à mon message (je suis contente qu'il ait suscité des remarques, et même des rêves !).

Quant à trouver un moyen pour que tes collègues soient plus attentifs aux questions que ton N+1 évoque, j'ai envie de dire qu'il y a autant de possibilités que d'ennéatypes (à l'émission et à la réception) ! Si j'étais 8, je jetterais par la fenêtre toute tasse sale laissée dans l'évier. Radical mais efficace, à condition d'assurer derrière face aux récriminations des collègues ! :laugh: Mais au bout d'une après-midi, le message est passé.

Nous n'avons pas de fenêtres dans cette partie-là du bâtiment (mais ce n'est pas ce qui arrêterait un 8 !) !
Malheureusement, nous n'avons pas non plus de 8 dans l'équipe ! :rofl:

J'essaye d'être le plus neutre possible afin que le message ne soit pas perçu comme un reproche et surtout, je ne m'appesantis pas (en une minute maxi, tout doit être dit). Je ne dirais pas que c'est efficace à 100 %, mais je constate souvent une évolution positive.

Je vais retenir ta proposition pour trouver une solution au problème !

 

Je reviens aussi sur les deux références que vous m'avez données, Fabien et Kayla, merci ! Celle de Fabien m'a fait penser à un message que notre ancienne secrétaire, 2 à aile 1 très protectrice avec mon actuel N+1, avait faite pour inciter les collègues à faire la vaisselle : une pancarte au-dessus de l'évier, avec un texte en caractères 28 ou 30 (!) qui réclamait poliment mais sèchement que le bac soit laissé vide et propre.

Inutile de dire que cette pancarte, qui trône toujours fièrement à sa place, fait désormais partie du décor et que plus personne ne la voit (enfin, moi si !).
Une photographie — prise à la dérobée — du visage de notre N+1 lorsqu'il réprime sa colère devant les fourchettes et les cuillères mal lavées serait peut-être plus efficace, qui sait ? :laugh:

À méditer…

En tout cas, pour le diagnostic du 1 mu, je confirme. Il est extrêmement mal à l'aise avec les démonstrations émotionnelles. Mon amie et collègue 4 (que tu connais, Fabien !) a bien vu que l'attitude doloriste était contreproductive avec lui : en tant que 1, il a horreur de tout ce qui peut ressembler à un reproche, encore plus si c'est dramatique ! Et il m'a plusieurs fois fait part de ce qu'il concevait comme une "exagération des faits" de la part de mon amie, l'émotion manifestée semblant discréditer encore plus à ses yeux les arguments avancés…

Pour ma part, depuis plus de six mois, j'attends qu'il fasse le nécessaire pour influer sur la régularisation du paiement d'une prime correspondant à une charge administrative extrêmement lourde que j'ai dû assumer en 2012-2013, charge pour laquelle j'ai dû me réengager — sans contrat d'aucune sorte — pour deux ans encore (précisions : cette prime est d'un montant absolument indécent au regard du temps investi et de la responsabilité qu'elle engage et cette charge de travail se rajoute à mon service plein d'enseignant-chercheur).

Pendant les premiers mois, j'ai pleuré plusieurs fois (dont deux fois face à lui) parce qu'il n'avait pas entendu mes tentatives d'avoir des informations à ce sujet (j'ai peut-être bien l'émotionnel en deuxième position). Cela l'a carrément figé sur place et n'a pas fait un brin avancer le schmilblick. Ceci dit, c'était bien plus fort que moi. Je crois que j'étais terriblement en colère et que c'était ma seule manière de ne pas lui sauter à la gorge car j'estimais (et j'estime toujours !) qu'il n'a rien fait pour activer les choses, relayer les infos, anticiper les risques de retard, de blocage, etc. :angry:

Il ne semble pas comprendre à quel point, pour moi, il est important que la parole donnée soit tenue et qu'elle le soit dans un délai donné : c'est comme si 6 mois, un an ou un an et demi d'attente (tout en continuant de s'investir dans ce domaine sans être assurée de connaître un meilleur sort les années suivantes), c'était pareil ! Je crois qu'il trouve lui aussi la situation inadmissible, mais c'est comme s'il y avait un fond en lui tellement sacrificiel qu'il me reproche au fond de ne pas supporter plus stoïquement cette épreuve, et de faire des vagues (des vaguelettes !).

J'ai fini par me mettre "en grève" dix jours en décembre (à la façon des ouvriers japonais, car il est hors de question pour moi de pénaliser 120 étudiants et une bonne vingtaine de collègues sans parler des intervenants ponctuels !) et par expliquer les raisons de cet arrêt symbolique non seulement à mes collègues, mais encore aux étudiants (ce qui m'a quand même soulagée, d'autant que j'ai eu des retours très positifs, notamment sur mon acribie — parole d'un collègue 4 qui a cherché le mot juste, comme il se doit ! :happy:).

Eh bien, mon N+1 a mal pris la chose : il estimait m'avoir donné les éléments suffisants pour me tranquilliser et a visiblement mal vécu le fait que je verbalise ainsi publiquement (mais sobrement !) mon mal-être et ses causes (bien que j'aie pris soin de ne l'incriminer en aucune sorte dans mes messages !).

Sa communication a un double effet sur moi :

  • Un effet par certains aspects apaisant, parce qu'il n'y a pas une vraie fuite (comme chez un 7, par exemple) face au problème, et qu'il reste calme (du moins en apparence !) ;
  • Un effet irritant, car justement, il reste à distance, dans l'argumentation, sans manifester ce que j'attendrais, en plus de l'assurance d'un dénouement rapide du problème : de la chaleur, une forme de proximité par l'expression de ses affects, bref, un partage, une compréhension, ce qui pour moi serait la preuve qu'il a vraiment compris ce que je vis et qu'il va agir enfin ; j'interprète (peut-être à tort !) sa froideur apparente comme de l'indifférence, ce qui pour moi est l'une des choses les plus difficiles qui soient à endurer parce que c'est ce que, fondamentalement, je redoute dans quelque relation que ce soit.

Je crois qu'il a beaucoup de mal à exprimer ses sentiments, plus largement (comme si c'était de l'ordre d'une intimité vraiment très privée). Je me sens beaucoup plus libre de ce côté-là (ce que lui prend peut-être pour une forme d'impudeur). Il me semble même parfois déceler, en lieu et place de l'écoute et du soutien que j'attendrais, une sorte de mépris sur son visage lorsque je prends la parole pour lui demander où en sont les choses, sans doute activé aussi par le fait que j'ai beaucoup plus de mal que lui à rester dans ce registre mental, et que l'émotion me fait très vite perdre mes capacités de raisonnement. Mais ce que je prends pour du mépris est sûrement avant tout de la colère réprimée.

En espérant ne pas vous avoir trop fatigués (une expression très 9, que j'emploie souvent pour dire que je suis SUPER EN COLÈRE !!! :laugh:), je vous souhaite à tous un très bon début de semaine !
Florence

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,
 
"Celle de Fabien m'a fait penser à un message que notre ancienne secrétaire, 2 à aile 1 très protectrice avec mon actuel N+1, avait faite pour inciter les collègues à faire la vaisselle : une pancarte au-dessus de l'évier, avec un texte en caractères 28 ou 30 (!) qui réclamait poliment mais sèchement que le bac soit laissé vide et propre. Inutile de dire que cette pancarte, qui trône toujours fièrement à sa place, fait désormais partie du décor et que plus personne ne la voit (enfin, moi si !). Une photographie — prise à la dérobée — du visage de notre N+1 lorsqu'il réprime sa colère devant les fourchettes et les cuillères mal lavées serait peut-être plus efficace, qui sait ?"

Ce n'est pas tout à fait cela. L'affiche dont parle l'étude que je mentionnais ci-dessus ne comporte aucun message écrit et ne représente pas un visage connu. C'est cela qui fait son efficacité : elle active des mécanismes internes sans qu'il y ait acte d'autorité et donc éventuelle résistance à celle-ci.

 

"Et il m'a plusieurs fois fait part de ce qu'il concevait comme une 'exagération des faits' de la part de mon amie, l'émotion manifestée semblant discréditer encore plus à ses yeux les arguments avancés…"
Oui, cela le confronte directement au domaine de son ennéatype et le met donc en inconfort.

 

"J'ai pleuré plusieurs fois (dont deux fois face à lui) parce qu'il n'avait pas entendu mes tentatives d'avoir des informations à ce sujet (j'ai peut-être bien l'émotionnel en deuxième position)."

C'est quasiment certain, surtout quand tu rajoutes un peu plus loin que "l'émotion [te] fait très vite perdre [tes] capacités de raisonnement".

 

"J'ai eu des retours très positifs, notamment sur mon acribie — parole d'un collègue 4 qui a cherché le mot juste, comme il se doit !"

Impressionnant. Acribie n'est même pas dans le Trésor de la Langue Française, ni dans les dictionnaires habituels ! Heureusement l'Internet est là…

 

Très amicalement,

Fabien

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Florence77

Bonjour Fabien,

 

Tu as raison, je n'avais pas pris conscience du fait que pour que cela fonctionne, le visage devait être anonyme et le texte… absent ! Je crois que je vais faire le test sans en parler à personne ! Et je vous dirai !

 

Pour l'émotionnel en seconde position, bien que j'attende le stage Centres pour en être certaine, tout comme toi, je sais bien que, dans ma vie en général, je suis bien en peine d'argumenter quand on m'agresse de quelque façon que ce soit (à part quand je l'ai anticipé, là, ça va vraiment beaucoup mieux !). En revanche, si quelqu'un se confie à moi en manifestant de l'émotion, mais que l'émotion ou le discours n'est en rien tourné contre moi, alors là, je peux ne pas ressentir grand chose (c'est un peu affreux, non ?!) et je peux écouter et aider, argumenter avec beaucoup de clarté et d'acuité (d'après ce que me dit mon amie 4, mais d'autres, également). Toutefois, si je me sens impuissante face au malheur de l'autre, car son cas est vraiment désespéré, alors là, je peux me sentir très mal (une sorte d'empathie totale où je me sens aussi coincée que l'autre) : je fais diversion sur le coup, mais je me traîne ensuite son mal-être comme si c'était le mien…

 

Pour le mot acribie, il paraît qu'il se trouve dans le Timée de Platon ! J'ai moi aussi dû procéder à une rapide recherche sur Internet avant de répondre au docte collègue… :happy:

 

Acribie, nom féminin – Qualité d'une personne particulièrement méticuleuse, qui agit ou travaille dans le plus grand soin, scrupuleusement, avec la plus grande précaution et précision, dans le souci du détail et de la perfection [Littéraire].

 

Cette définition m'a paru assez bien coller à l'implication que je mets dans ma tâche et que j'étends à tous mes interlocuteurs, exigence un peu folle, motivée par le souci que "tout le monde soit content"… 9, quand tu nous tiens… :wink:

 

Mais cela nous éloigne un peu du sujet initial de ce message, la communication du 1 mu.

 

Bonne journée à tous et merci de votre lecture !

Florence

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Demilune

Bonjour Florence,

 

Je voudrais d'abord te dire que j'ai été touché par tes deux derniers messages. Je me reconnais dans beaucoup de choses que tu décris et je comprends tout à fait la souffrance que cela génère. Alors comme tu as choisi Le Baiser de Brancusi comme image de ton profil, je pense que tu ne seras pas trop choquée si mon ego te transmet ceci : :calin:

 

Sa communication a un double effet sur moi :

  • Un effet par certains aspects apaisant, parce qu'il n'y a pas une vraie fuite (comme chez un 7, par exemple) face au problème, et qu'il reste calme (du moins en apparence !) ;
  • Un effet irritant, car justement, il reste à distance, dans l'argumentation, sans manifester ce que j'attendrais, en plus de l'assurance d'un dénouement rapide du problème : de la chaleur, une forme de proximité par l'expression de ses affects, bref, un partage, une compréhension, ce qui pour moi serait la preuve qu'il a vraiment compris ce que je vis et qu'il va agir enfin ; j'interprète (peut-être à tort !) sa froideur apparente comme de l'indifférence, ce qui pour moi est l'une des choses les plus difficiles qui soient à endurer parce que c'est ce que, fondamentalement, je redoute dans quelque relation que ce soit.

Je crois qu'il a beaucoup de mal à exprimer ses sentiments, plus largement (comme si c'était de l'ordre d'une intimité vraiment très privée). Je me sens beaucoup plus libre de ce côté-là (ce que lui prend peut-être pour une forme d'impudeur). Il me semble même parfois déceler, en lieu et place de l'écoute et du soutien que j'attendrais, une sorte de mépris sur son visage lorsque je prends la parole pour lui demander où en sont les choses, sans doute activé aussi par le fait que j'ai beaucoup plus de mal que lui à rester dans ce registre mental, et que l'émotion me fait très vite perdre mes capacités de raisonnement. Mais ce que je prends pour du mépris est sûrement avant tout de la colère réprimée.

En tant que 9 mu, j'ai souvent la même impression face aux personnes qui répriment l'émotionnel. J'attends du ressenti, je tends des perches en exprimant le mien, et je ne perçois pas de l'indifférence mais plutôt de l'incompréhension, comme si je parlais une langue étrangère. J'ai peu à peu compris qu'il s'agit d'une manifestation très concrète de la différence de nos hiérarchies des centres. L'image de l'entonnoir qu'on voit dans le stage Centres est de ce point de vue très parlante. Lorsqu'une information arrive, c'est d'abord le centre préféré qui la reçoit, qui choisit (ou non) de la transmettre au centre de support, qui choisit (ou non) de la transmettre au centre réprimé. Pour nous autres 9, le basculement du centre préféré sous stress rend le centre de support particulièrement visible et lorsque c'est l'émotionnel, on a l'impression de tout se prendre en pleine figure. Ce qui a le don de nous mettre en colère et de nous désespérer… Mais j'imagine qu'inversement, quelqu'un qui reçoit notre message émotionnel en ayant le centre émotionnel en dernier doit se demander de quoi on cause, façon "il me fait chier avec ses jérémiades !" (version instinctif) ou "il doit y avoir dans ces paroles un sens qui m'échappe…" (version mental).

 

Depuis que je me suis rendu compte de ça (c'est-à-dire il y a très peu de temps), j'essaye de m'astreindre à prendre conscience de l'émotion générée par le message de mon interlocuteur. Une fois que je me suis dit "ok, ce qu'il m'a dit me fait peur, ou me frustre, ou me met en colère, ou me rend triste…", je laisse le message accéder à mon centre mental. L'émotion est toujours là, parfois intense, mais comme j'ai parlé avec bienveillance à mon centre émotionnel en lui disant "j'ai entendu ce que tu me fais ressentir, je sais que c'est là dans mon cœur, dans mon corps, j'accepte cette émotion", cela suffit à ce que le mental prenne le relais et me dise "maintenant, regardons les choses posément et voyons comment ce message peut être analysé et quelle réponse nous pouvons lui apporter". Malgré tout, je suis encore souvent en colère de voir que c'est toujours l'émotion qui vient avant l'analyse, et que je n'y peux vraiment rien. Mon ego se met à envier tous ceux qui reçoivent le message de manière rationnelle, qui ont l'air d'être moins troublés par leurs émotions, et qui du coup font preuve d'une plus grande faculté de jugement.

 

Toutefois, si je me sens impuissante face au malheur de l'autre, car son cas est vraiment désespéré, alors là, je peux me sentir très mal (une sorte d'empathie totale où je me sens aussi coincée que l'autre) : je fais diversion sur le coup, mais je me traîne ensuite son mal-être comme si c'était le mien…

Eh oui, les 9 sont des instinctifs ! Le fait de se sentir impuissant me met moi aussi dans un mélange de colère et de rage, car je voudrais absolument aider l'autre, je voudrais agir mais je n'ai pas de contrôle sur la situation. :angry: Il me semble qu'il s'agit là d'une belle manifestation de notre instinct sexuel "Union".

 

Bien amicalement,

Tristan

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Yves

Bonjour à tous,

Passionnants, vos témoignages, Florence, Tristan, Fabien et Kayla !

Comme vous, Florence et Tristan, je souffre dans mes relations avec des personnes qui répriment fortement le centre émotionnel. Je pense à mon père, 9 alpha à aile 1, et à d'autres personnes, qui pourtant, préfèrent le centre mental, comme moi ! À tous deux, Florence et Tristan,  :calin:.

De plus, autre beau cadeau que vous me faites : vos témoignages m'aident à connaître un peu mieux certains 1 mu, que je connais très mal, et éclairent des comportements incompréhensibles de certains 9 mu.

Concernant les 1 mu, je comprends mieux la réplique d'une collaboratrice 1 mu, lorsqu'un jour, au travail, paniqué, je lui exprimai ma peur de base (je ne savais plus comment faire mon travail). Elle m'avait répondu, d'un ton calme et sec "On va rester positif !", puis s'était mise en mouvement pour partir. J'avais alors ressenti de la honte de ne pas m'être maîtrisé, moi qui suis si fier de mon image (trompeuse) de maître de ses émotions. En même temps, bizarrement, je ne me sentais pas incompris (ce qui aurait provoqué un trop plein d'émotions et l'enclenchement de ma compulsion d'évitement), probablement parce que ma pratique de l'Ennéagramme m'avait rendu inconsciemment attentif aux messages non verbaux. En effet, son calme sec était contredit par son visage très crispé. Je perçus vaguement son conflit intérieur. Si je reprends l'image de l'entonnoir (merci Tristan pour ce rappel), l'information n'avait pas franchi la barrière dressée par son centre réprimé. Elle avait vécu, en un éclair, la dichotomie du 1 et son centre réprimé avait déterminé son choix d'un des deux pôles. Son centre mental m'avait répondu verbalement, tel un 7 désintégré (son type de désintégration), tandis que son centre réprimé déterminait sa réponse non verbale et que son centre préféré la mettait en mouvement.

Par ailleurs, Florence, concernant ton premier témoignage, ton 1 mu aime-t-il photographier ? Vois-tu de l'intempérance dans son comportement ?
 

 

Toutefois, si je me sens impuissante face au malheur de l'autre, car son cas est vraiment désespéré, alors là, je peux me sentir très mal (une sorte d'empathie totale où je me sens aussi coincée que l'autre) : je fais diversion sur le coup, mais je me traîne ensuite son mal-être comme si c'était le mien…

Eh oui, les 9 sont des instinctifs ! Le fait de se sentir impuissant me met moi aussi dans un mélange de colère et de rage, car je voudrais absolument aider l'autre, je voudrais agir mais je n'ai pas de contrôle sur la situation.  :angry: Il me semble qu'il s'agit là d'une belle manifestation de notre instinct sexuel "Union".

 

Florence et Tristan, vos deux témoignages éclairent un comportement d'une 9 mu, comportement qui m'a complètement dérouté et abattu, et qu'elle-même n'a pas éclairé.

Amicalement,
Yves

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Florence77

Bonsoir Yves,

 

Je réponds tard à ton message, après, il est vrai, l'interruption habituelle du week-end. Merci de ton éclairage avec le 1 mu avec qui tu travailles, c'est effectivement parlant. J'ai hâte de faire ce stage Centres, décidément, je crois que c'est très révélateur !

 

Pour ce qui est de mon N+1 1 mu, pas de photographie (que je sache, du moins…), mais de la course, semi-marathon (l'énergie de l'instinctif à dépenser, sans doute ?).

 

Quant à l'intempérance en ce moment, elle est terrible : il est sur tous les fronts (deux directions de département, des heures de cours en plus, en raison d'une collègue absente pour recherche) et il veut par-dessus tout cela que nous le suivions dans son idée d'ouvrir (à la rentrée prochaine) une nouvelle option de notre formation, cette fois dans une filière différente (mais très vaste : à définir, c'est un peu comme si on ne savait pas encore si les étudiants vont se destiner à être guides de montagne, de musée ou spécialistes de la gastronomie française…), le tout à 80 km de chez nous : il faudrait déjà que nous fassions de la pub pour cette formation qui n'est encore qu'un fantasme… Sans compter, encore et toujours, la non-prise en compte des répercussions humaines que cela ne manquera pas d'avoir (collègues à cheval sur les deux sites, tout à imaginer sur le plan des contenus, intervenants à recruter au plus vite alors que nous avons des priorités avec des intervenants pro qui nous lâchent pour la filière que nous avons déjà et dont j'assure la direction d'études) : même s'il dit ne pas minimiser ces questions, on voit bien qu'elles sont secondaires : on agit d'abord, on verra ensuite… soyons volontaristes et créatifs, telle est la conclusion du mail de 4 pages qu'il nous a envoyés il y a une semaine, pour nous annoncer le projet, sorti d'un chapeau dont tout le monde ignorait l'existence…

 

Réunion demain soir, les collègues sont atterrés, épuisés. Un peu comme moi. :surprised:

 

Bonne soirée,

Florence

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Yves

Bonjour Florence,

 

Suggère à ton 1 mu d'apprendre le tango ! Mon ancien collègue 1 mu s'est complètement transformé quand il s'est mis au tango et y a rencontré sa partenaire de danse. J'étais touché par sa patience au travail, son contentement et les gâteaux qu'il nous mitonnait le dimanche.

 

Amicalement,

Yves

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Florence77

Merci du conseil, Yves ! Je crois malheureusement qu'en ce moment, il est difficile de lui suggérer quoi que ce soit. On va attendre que l'orage passe.

 

Je ne nie toutefois pas les qualités de cet homme (une puissance de travail hors du commun alliée à beaucoup de volonté et un esprit du collectif, certes personnel, mais que je crois très sincère). Et encore moins les bienfaits du tango (que j'ai moi-même pratiqué deux ans et qui est une danse aux nombreuses vertus, notamment thérapeutiques). J'ai aussi eu la chance que l'ambiance du groupe y soit très conviviale : apparemment, cette pratique des gâteaux est répandue dans ce type de cours !

 

Bonne semaine à toi,

Florence

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Thierry

Bonjour à tous,

Toutefois, si je me sens impuissante face au malheur de l'autre, car son cas est vraiment désespéré, alors là, je peux me sentir très mal (une sorte d'empathie totale où je me sens aussi coincée que l'autre) : je fais diversion sur le coup, mais je me traîne ensuite son mal-être comme si c'était le mien.

Eh oui, les 9 sont des instinctifs ! Le fait de se sentir impuissant me met moi aussi dans un mélange de colère et de rage, car je voudrais absolument aider l'autre, je voudrais agir mais je n'ai pas de contrôle sur la situation. :angry: Il me semble qu'il s'agit là d'une belle manifestation de notre instinct sexuel "Union".
Florence et Tristan, vos deux témoignages éclairent un comportement d'une 9 mu, comportement qui m'a complètement dérouté et abattu, et qu'elle-même n'a pas éclairé.

Le fait de me sentir impuissant m'est également très pénible, malgré la faculté de détachement que j'ai, en tant que 9 alpha, par la répression mon centre émotionnel et l'usage de mon centre mental pour prendre du recul.

Amicalement,
Thierry

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Yves

Bonjour à tous,

 

Je crois malheureusement qu'en ce moment, il est difficile de lui suggérer quoi que ce soit. On va attendre que l'orage passe.

Florence, le mot orage me laisse perplexe. :perplexe: Un orage est circonstanciel ; la désintégration que subit ton 1 mu pourrait durer. D'autre part, le "On va attendre" me rappelle ma propre passivité passée, et je ressens une pointe d'amertume. :sour: Ma passivité passée était motivée inconsciemment par les mécanismes égotiques du 5 : un blocage de l'accès à mon centre intuitif, et je vivais alors de façon durable les passions et fixations de mon ennéatype et de mon type de désintégration : 7 — le même type de désintégration que ton 1 mu. Je regrette de ne pas avoir essayé, à ces époques-là, d'exprimer mes ressentis. :sad:

 

Amicalement,

Yves

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Florence77

Bonjour Yves,

 

Tu as tout à fait raison au sujet des expressions typiquement 9 présentes dans mon dernier message. Et apprendre à faire part à l'intéressé de mon ressenti négatif est une étape très difficile (que je préfère souvent éviter en anesthésiant mon mal-être, jusqu'à ce que cela ne soit plus supportable : l'étape intermédiaire étant les plaintes auprès de tiers, parfois assez virulentes, selon le degré de confiance et d'intimité que je peux avoir avec la personne, mais que je regrette ensuite en me sentant excessive, voire injuste, et je suis dans l'hésitation, et l'indécision, ce qui est d'une certaine manière inconfortable aussi, arf !!! :beurk:).

 

Centre instinctif oblige (effectivement, il n'est pas tout le temps réprimé !), le "on va attendre" s'est cependant transformé mercredi dernier en "engueulade" brève mais intense : j'ai répliqué immédiatement à ce que j'estimais être une agression (qui plus est injuste) de sa part, et j'ai lâché, en criant, le corps parcouru d'une colère irrépressible, que j'en avais plus qu'assez des critiques, que je travaillais, que je ne pouvais pas le dépanner au moment voulu en raison de priorités plus grandes, etc. Le tout clos par un départ flash éclair et un claquement de porte rageur. Lui était très en colère aussi, mais d'une froideur qui prouve une nouvelle fois que l'émotionnel est en troisième position, bien derrière le mental.

 

Évidemment, cela a activé ma peur des conflits, et je suis revenue vers lui une heure plus tard pour atténuer l'effet produit en renouant le contact. Mais je suis restée sur ma position quand même, et il n'a plus été aussi agressif que précédemment avec moi.

 

Le plus dur pour moi reste que la situation globale n'est quand même pas améliorée : le problème de fond est toujours là. Avec l'équipe, nous sommes en train de réfléchir à organiser une réunion spéciale pour dire à notreáN+1 que nous avons tous un problème de communication avec lui et que nous ne pouvons pas en l'état imaginer continuer sur ces bases trois années de plus (durée du mandat qu'il risque de briguer encore lors de la réunion-élection du mois d'avril : encore faudrait-il qu'il y ait un autre candidat !).

 

Dans l'idée, au quotidien, pour l'heure, il s'agit pour moi (et pour mes collègues) de réussir à donner son ressenti sans trop d'affect (ce que j'avais eu du mal à faire jusque-là : plusieurs épisodes brefs de larmes et déjà des mouvements d'humeur intempestifs…) et en le mettant face à ses propres difficultés (conseils de Patricia donnés ce week-end).

 

Il faut aussi, si j'ai bien compris, lui poser les bonnes questions, quand il nous semble déraper : crois-tu qu'il soit plus urgent de rendre tes notes à temps pour que l'attribution de semestre (sorte de conseil de classe qui engage l'avenir de 60 étudiants et suppose la présence de 15 collègues) puisse avoir lieu à la date annoncée depuis des mois, ou est-il préférable de passer deux heures à harmoniser les fiches modules (police, taille du texte, majuscules, etc.) et à les relier au cordeau en vue d'une réunion préparatoire de chefs de département à l'IUT ?

 

Bonne journée ! À bientôt,

Florence

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Yves

Bonjour à tous,

 

"[…] anesthésiant mon mal-être […] je suis dans l'hésitation, et l'indécision, ce qui est d'une certaine manière inconfortable aussi, arf !!!"

Florence, une 9 mu m'a un jour violemment reproché mes hésitations et mon indécision. Je comprends maintenant qu'elle y voyait un reflet d'un mal-être qu'elle avait vécu dans son passé, un conflit intérieur dont elle craignait le retour (le centre instinctif compare le présent au passé). Dommage qu'elle ne l'ait pas exprimé ! :sad: Si elle avait cru en ma capacité d'accepter ce qu'elle vivait, peut-être l'aurait-elle exprimé ?

 

"Avec l'équipe, nous sommes en train de réfléchir à organiser une réunion spéciale pour dire à notre N+1 que nous avons tous un problème de communication avec lui et que nous ne pouvons pas en l'état imaginer continuer sur ces bases trois années de plus."

Triste que ça se trame dans son dos. Il devient urgent d'appliquer les conseils de Patricia.

 

"Dans l'idée, au quotidien, pour l'heure, il s'agit pour moi (et pour mes collègues) de réussir à donner son ressenti sans trop d'affect (ce que j'avais eu du mal à faire jusque-là : plusieurs épisodes brefs de larmes et déjà des mouvements d'humeur intempestifs…) et en le mettant face à ses propres difficultés (conseils de Patricia donnés ce week-end)."

"Il faut aussi, si j'ai bien compris, lui poser les bonnes questions, quand il nous semble déraper."

Florence, je trouve les conseils de Patricia pertinents. :thumb_up: Je regrette de ne pas les avoir appliqués jadis avec mon collègue 1 mu. Je me souviens d'une manifestation de sa fixation. Il proposait une amélioration de notre logiciel. Cette amélioration, je la jugeais mineure, accessoire, très longue et lourde et fastidieuse. Lui dire "Si on la fait, c'est une amélioration certes, mais pendant ce temps on ne fait pas autre chose : c'est un choix." l'aurait aidé à prendre conscience que vivre sa fixation est un choix et que ce choix a des conséquences.

 

Lui dire aussi "Le côté fastidieux de ton amélioration va peser à la personne qui l'implémentera ; tout le monde n'a pas ton abnégation" l'aurait aidé à prendre conscience du côté humain de l'amélioration technique qu'il proposait. Cela aurait activé son centre émotionnel extérieur, réprimé.

 

Évidemment, j'ai agi conformément à ma croyance — une croyance 5 alpha, je crois — que ça ne vaut pas la peine et que je ne suis pas capable de négocier : je n'ai rien dit.

 

Amicalement, :bye:

Yves

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Je voudrais préciser le message de Patricia car, à vous lire, je crains que les exemples aient été pris pour la méthode.

 

Effectivement, pour amener un 1 à changer d'attitude, il faut le connecter à une valeur plus élevée que celle qu'il est en train d'activer. Attention cependant, chaque 1 a ses propres valeurs. Plutôt que de lui suggérer ce qui est plus important, il vaut peut-être mieux l'amener à en prendre conscience par un questionnement. Au lieu de lui dire "B est plus important que A", on peut lui demander ce qui est le plus important dans la situation. Quand on a la réponse qui n'est peut-être pas B comme on l'avait imaginé mais C, on peut alors l'interroger sur la pertinence de continuer A au détriment de C.

 

Très amicalement,

Fabien

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Isa63

Bonjour à tous,

 

Je suis cette conversation depuis le début et je prends le temps de participer aujourd'hui. J'apporte là mon ressenti de 1.

 

Lui dire "Si on la fait, c'est une amélioration certes, mais pendant ce temps on ne fait pas autre chose : c'est un choix." l'aurait aidé à prendre conscience que vivre sa fixation est un choix et que ce choix a des conséquences.
Il faut aussi, si j'ai bien compris, lui poser les bonnes questions, quand il nous semble déraper : crois-tu qu'il soit plus urgent de rendre tes notes à temps pour que l'attribution de semestre (sorte de conseil de classe qui engage l'avenir de 60 étudiants et suppose la présence de 15 collègues) puisse avoir lieu à la date annoncée depuis des mois, ou est-il préférable de passer deux heures à harmoniser les fiches modules (police, taille du texte, majuscules, etc.) et à les relier au cordeau en vue d'une réunion préparatoire de chefs de département à l'IUT ?

Pour ma part, je ne pense pas que ces phrases m'auraient aidée à prendre conscience de quelque chose, mais auraient plutôt provoqué chez moi soit la peur de l'erreur, soit la colère de voir que ce à quoi j'accorde de l'importance n'a pas de valeur pour les autres, et donc ne pas me sentir respectée et servir à rien.

 

Aujourd'hui, je sais que chacun voit les priorités différemment, et que le travail d'équipe est plus intéressant et riche quand chacun apporte son idée. Il m'aura fallu du temps pour changer de regard et accepter de prendre l'avis des uns et des autres sans me sentir coupable ou mal à l'aise.

 

Je confirme qu'il m'est plus facile de changer d'attitude lorsqu'il s'agit de me connecter à une valeur plus élevée en répondant à un questionnement ouvert. Dans ce cas, j'ai la sensation que je fais un choix en cherchant à obtenir le mieux possible.

 

Le fait de parler de son ressenti à un 1 est aussi une ouverture. C'est le mode de communication que nous utilisons avec une amie qui travaille avec moi ; j'avoue que c'est vraiment aidant pour moi parce que cela me permet de voir comment parfois mon mode de communication peut être mal perçu.

 

Depuis, cela m'a appris à parler aussi de mes propres ressentis et j'ai senti un changement relationnel positif avec l'équipe.

 

Un jour, un ami m'a dit : "J'ai peur de ne pas être à la hauteur de tes exigences." Ce jour-là, je n'ai pas compris de quoi il voulait parler. Sincèrement, je ne les voyais vraiment pas mes exigences.

 

J'espère que mon témoignage vous éclairera un peu.

 

Amicalement,

Isabelle

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Le fait de parler de son ressenti à un 1 est aussi une ouverture."

Oh la la, ce n'est pas si simple que cela, et parler de son ressenti est parfois utile et parfois contreproductif.

 

Il est d'abord souhaitable de faire la distinction entre un 1 alpha, ce que tu es Isabelle, et un 1 mu, ce qu'est la personne dont nous parlons ici. Ensuite, même pour un 1 alpha, il est mieux de prendre en compte le domaine (cf. stage Ailes) du 1 et donc son positionnement, général ou circonstanciel, sur sa dichotomie.

 

Très amicalement,

Fabien

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Florence77

Bonjour à tous,

Merci Fabien, pour ton éclairage et pour nous rappeler, en passant, la différence entre 1 alpha et 1 mu.

 

Une des mes collègues est probablement 1 alpha de sous-type sexuel, avec un émotionnel très perceptible dès qu'on est dans son cercle intime et qu'elle lâche sa raideur de façade (enfin, pas que de façade, hein, mais elle est aussi très chaleureuse, à fleur de peau, très aidante) : avec elle, il est beaucoup plus facile d'exprimer son ressenti, elle est même en attente de ça (le sous-type sexuel ?), même s'il est très difficile de l'amener à revoir son point de vue quand elle est convaincue d'avoir raison (ses moments d'hésitation, son manque de confiance, ses atermoiements sont quand même bien plus perceptibles qu'avec notre 1 mu, qui n'exprime quasiment jamais cela en public — et pas plus en tête à tête !). J'emploie alors tout mon tact pour lui dire ce qui ne va pas (quand les étudiants me font remonter des remarques à son sujet, notamment), mais je vois bien parfois que malgré cela, elle s'en affecte énormément. Je l'ai d'ailleurs longtemps prise pour une 4, parce qu'elle est pas mal désintégrée depuis quelques années. Je mettais son insatisfaction sur le compte de sa mélancolie, en fait, cela vient plutôt de son perfectionnisme.

Merci Isa, pour ton regard sur cette conversation. Pourrais-tu revenir sur ce passage qui, pour moi, dans la mesure où je suis 9, est totalement exotique ! :happy:

Aujourd'hui, je sais que chacun voit les priorités différemment, et que le travail d'équipe est plus intéressant et riche quand chacun apporte son idée. Il m'aura fallu du temps pour changer de regard et accepter de prendre l'avis des uns et des autres sans me sentir coupable ou mal à l'aise.

C'est surtout la fin, bien sûr, qui m'intéresse dans ton propos (sur la culpabilité), même si ce qui précède est précisément le contraire de ce que je fais (et j'envie par moment cette assurance d'avoir raison que semblent avoir les 1 : moi, je demande l'avis à tout le monde avant de me prononcer, sans quoi, justement, je suis mal à l'aise !).

À bientôt,
Florence

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Demilune

Bonjour à tous,

 

"Une des mes collègues est probablement 1 alpha de sous-type sexuel, avec un émotionnel très perceptible dès qu'on est dans son cercle intime et qu'elle lâche sa raideur de façade (enfin, pas que de façade, hein, mais elle est aussi très chaleureuse, à fleur de peau, très aidante)á: avec elle, il est beaucoup plus facile d'exprimer son ressenti, elle est même en attente de ça (le sous-type sexuel ?), même s'il est très difficile de l'amener à revoir son point de vue quand elle est convaincue d'avoir raison (ses moments d'hésitation, son manque de confiance, ses atermoiements sont quand même bien plus perceptibles qu'avec notre 1 mu, qui n'exprime quasiment jamais cela en public — et pas plus en tête à tête !). J'emploie alors tout mon tact pour lui dire ce qui ne va pas (quand les étudiants me font remonter des remarques à son sujet, notamment), mais je vois bien parfois que malgré cela, elle s'en affecte énormément."

1 alpha ou 1 mu, les 1 sont les premiers à se reprocher leurs propres erreurs (ou ce qu'ils considèrent comme étant des erreurs, incompatibles avec leur fixation de perfectionnisme) : un avis extérieur négatif ne fait souvent que confirmer leur propre jugement. Dans ces circonstances, faire une remarque à un 1 — je ne parle même pas de reproche — me paraît aussi relever du numéro d'équilibriste. Pour ma part, ce que je trouve le plus difficile est de traduire un message de ressenti global (ici celui qui remonte de tes étudiants) en un message plus factuel et plus objectif (celui que tu vas dire à ta collègue). Au vu de mes expériences en milieu professionnel, ce qui ressort lorsque j'entends un retour négatif au sujet d'un 1, c'est qu'il est rigide, inflexible, qu'il se permet de donner des leçons, et qu'il est incapable de prendre en compte la position de l'autre : ce dont on conclut abusivement que le 1 se met en position de supériorité par rapport aux autres. Les personnes qui subissent cela ont le sentiment d'être attaqué personnellement, ce qui, à mon sens, explique que les retours que j'entends sont plus sur le registre du personnel que du professionnel. Pour peu que j'aie moi-même un peu de colère réprimée contre le 1, j'ai du mal à ne pas céder à la tentation d'en faire un problème de personnes et de prendre à mon tour parti contre le 1. Pourtant, il n'y a rien de pire que de rentrer en conflit personnel avec lui, car il trouve cela totalement injustifié (le 1 ne supporte pas d'être rendu coupable d'une erreur qu'il n'a pas faite) et il n'a pas totalement tort au sens où l'origine du problème n'est pas là. Quand on est sur le registre du reproche personnel, même en y mettant tout le tact possible, je pense qu'on court à l'échec : on n'est pas à l'aise, on cherche des litotes, on fait des périphrases mais ça ne fait pas illusion auprès du 1. Le reproche est là et bien là, et il n'est pas recevable par le 1. C'est pour ça que je trouve important de revenir aux faits et de s'appuyer sur ceux-ci pour communiquer avec le 1 ; néanmoins, il y a un travail préalable à faire auprès de ceux qui ont des griefs contre le 1 pour revenir à ce qui posait problème au départ (dans les cas que j'ai eu à traiter, ce n'était jamais spontanément dit).

 

Bon, je théorise, mais je suis le premier à avoir du mal à mettre en application mes propres méthodes ! :wink:

 

"Moi, je demande l'avis à tout le monde avant de me prononcer, sans quoi, justement, je suis mal à l'aise !"

Et que se passerait-il si tu te prononçais sans avoir pris l'avis de tout le monde ?

 

Bien amicalement,

Tristan

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Florence77

Coucou Tristan !

Pfff… oui, c'est dur, cette communication avec le 1 mu et le 1 alpha, parce qu'en plus, pour tout arranger, les deux que je connais sont demandeurs d'informations sur ce qui n'irait pas, les concernant, avec tel ou tel. Et, comme tu le dis justement, c'est de l'équilibrisme, pour leur restituer l'information sans les blesser, sans les braquer (parce que parfois, j'ai une de ces envies de leur balancer cash les reproches de tiers dans la mesure où ils ne font qu'exprimer ce que moi aussi je réprouve à leur sujet !).

Comme je le disais, j'envie à la fois cette apparente assurance, qui permet sans doute aux 1 d'agir, et en même temps, je la considère comme une limitation, comme des œillères, comme une négation de la position de l'autre, qui, à mes yeux, mérite aussi d'être entendue et prise en compte… au risque, évidemment, de l'inertie (l'âne de Buridan !).

Pour revenir à ce que tu dis, j'ai du mal à comprendre cette phrase, ce qui est pourtant fondamental : "Le reproche est là et bien là, et il n'est pas recevable par le 1." Parce que ça le conforte dans le fait qu'il n'est pas parfait, c'est ça ?
Moi aussi, je supporte très très mal les reproches, parce qu'ils sont pour moi déjà la marque d'un conflit. J'en suis en général très affectée, sûrement parce que je fais tout mon possible pour que tout le monde soit à peu près satisfait : soit je m'énerve direct, soit je pleure.

Je note ton conseil, en me disant que si Fabien y trouve à redire, il s'exprimera peut-être : "C'est pour ça que je trouve important de revenir aux faits et de s'appuyer sur ceux-ci pour communiquer avec le 1 ; néanmoins, il y a un travail préalable à faire auprès de ceux qui ont des griefs contre le 1 pour revenir à ce qui posait problème au départ (dans les cas que j'ai eu à traiter, ce n'était jamais spontanément dit)."

Mais comme tu dis, Tristan, ce n'est pas évident…

Je réponds enfin à ta question : c'est difficile à dire. L'écoute de l'avis des autres me permet je crois plusieurs choses :

  • décanter l'information en lui laissant passer la barrière de mon émotion si c'est quelque chose qui m'affecte, et donc pouvoir vraiment réfléchir ;
  • ou, à l'inverse, me reconnecter un peu à mes affects, si je suis anesthésiée, en prenant conscience que je n'y ai pas assez prêté attention.

Le problème c'est que souvent dans ces cas-là je ne suis pas toujours certaine de choisir ce qui me correspond : en fait, je suis en train de faire une synthèse consensuelle des opinions d'autrui, et je crois que c'est ça qui est bon pour moi, qui est ce que je souhaite, alors que ce n'est pas forcément le cas.

 

Bien sûr, lorsque j'écoute les autres, il peut m'arriver d'entendre quelque chose qui ressemble beaucoup à ce que je ressens, et là tout s'éclaire pour moi : c'est ça que je pense, c'est ça que je souhaite.

Il y a aussi que je ne suis pas bonne pour argumenter : si j'ai le temps de le faire, alors oui, je peux "bétonner" ce que j'ai à dire et anticiper les éventuels contre-arguments (en situation de cours, par exemple, où je balise bien les choses) ; si je n'en ai pas le temps, que je suis sommée de me prononcer, j'ai toujours l'impression que je n'ai pas assez d'informations pour le faire et je me sens très faible par rapport aux personnes qui sont plus réactives sur le plan du mental. Tout est flou dans ma tête, je me sens stupide, et je préfère me taire, écouter, attendre que "ça" monte au cerveau (ou ailleurs) : c'est comme si je digérais l'information, qu'il fallait qu'elle parcoure tout mon corps, elle et l'opinion que je m'en fais, avant que je sache vraiment ce que j'en pense.

Ceci dit, dans bon nombre de situations de ma vie, je "sens" ou je ne "sens" pas les choses tout de suite, et ça aussi, c'est dur de le faire comprendre à quelqu'un qui est moins intuitif, peut-être, et plus logique.

Alors, puisque je n'ai pas répondu à la question, en fait, mais que je viens, à la place, de justifier mon comportement typiquement 9, je m'y colle : en ne prenant pas le pouls, j'ai peur d'avoir tort et surtout de figer mon avis alors que je ne sais pas exactement ce que je pense du sujet en question, j'ai peur de me heurter à des forces qui, elles, sauront retourner le reste du groupe avec un argumentaire bien plus étoffé que le mien, j'ai peur aussi de la mise au ban que cela pourrait me valoir et qui rendrait mon quotidien douloureux et inconfortable (je suis de plus de sous-type social marqué).

Bien sûr, cela a trait à des situations où le stress est extrême, où l'enjeu est important, où beaucoup de personnes sont impliquées (ex : les réunions professionnelles avec des collègues plus expérimentés que moi et aussi plus "mentaux")… sinon, je me pose beaucoup moins de questions et je sais mieux où j'en suis.

À bientôt ! Bon week-end à tous,
Florence

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Yves

Bonjour à tous,

 

Je partage tout à fait les points de vue de Fabien et de Tristan. D'après mon expérience avec les 1 mu (insuffisante, certes), plus je me montre objectif, plus c'est facile. :cool:

 

Quant aux griefs, si j'en avais contre des 1 mu, alors j'appliquerais les méthodes du stage Résilience.

 

Le stage Sous-types, notamment la description du sous-type social (appelé "Inadaptation sociale"), m'a aussi aidé à les comprendre.

 

Amicalement, :bye:

Yves

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

Je note ton conseil, en me disant que si Fabien y trouve à redire, il s'exprimera peut-être : "C'est pour ça que je trouve important de revenir aux faits et de s'appuyer sur ceux-ci pour communiquer avec le 1 ; néanmoins, il y a un travail préalable à faire auprès de ceux qui ont des griefs contre le 1 pour revenir à ce qui posait problème au départ (dans les cas que j'ai eu à traiter, ce n'était jamais spontanément dit)."

Quand j'y trouve à redire, je m'exprime toujours ! C'est bien à cela que je sers sur ce forum !

Je crois que quelle que soit la personne avec laquelle on communique, s'appuyer sur des faits ou revenir aux faits est indispensable.

Pour le 1, si le problème est uniquement factuel, il y a de bonnes chances qu'il l'est déjà vu et soit en train d'essayer de corriger la situation. Mais si ce n'est pas le cas, l'anxiété face à l'erreur est telle qu'effectivement il faut pouvoir s'appuyer sur des faits très précis — très très très précis même — pour éviter que le 1 se protège en niant le problème.

Le problème est, je crois, plus souvent un problème de hiérarchie de valeurs auquel il faut appliquer le conseil de Patricia ci-dessus.

Nous avons détaillé tout cela dans le stage Communication.

Très amicalement,
Fabien

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Claire5

Bonjour à tous,

 

Suite à l'achat d'un appartement, j'ai dû restituer celui que je louais à ma propriétaire que j'avais imaginé être une type 1

 

Mon conjoint et moi même avions passé 5 heures à nous deux à nettoyer et remettre l'appartement en état. Dans notre référentiel, l'appartement était "très propre".

 

Cela n'a pas été l'avis de notre propriétaire qui a détecté des dizaines de tâches de poussière et d'éraflures. L'état des lieux a duré près d'une heure et demie (pour un appartement de 50 m²), car elle trouvait une imperfection à quasiment tous les mètres carrés. Elle a fini par conclure… qu'elle nous retenait 1 heure de ménage pour finitions au prix de 30 € sur la caution.

 

Nous étions soulagés et étonnés de cette conclusion… Tout ce cinéma pour 30 €. :surprised: Nous avons accepté cet accord puisque nous concevons que tout le monde n'a pas la même définition de la propreté, et que si on plaçait le curseur à son niveau d'exigence, effectivement il fallait peut être 1 heure supplémentaire pour astiquer les poignées de porte et les prises électriques.

 

Le lendemain, la propriétaire change d'avis et nous envoie un mail intitulé "État des lieux, nettoyage incomplet, éraflures de peinture". Elle nous annonce que cet état des lieux l'a "déçu", que nous aurions "pu faire un effort" pour retoucher certaines éraflures. Qu'elle comprend que nous avons été très occupé par l'achat de notre nouvel appartement et par notre déménagement, mais qu'elle n'a "pas à l'assumer". Que le nettoyage incomplet, les éraflures de peinture "dégradent" l'appartement qui nous a été "confié", et qu'elle "redoute l'impossibilité de trouver un locataire avec un appartement dans cet état".

 

"En conséquence, je demande un devis à mon artisan pour la reprise de toutes ces éraflures. Cela aura un impact sur la somme à vous rendre. Je vous tiens au courant."

 

Ce mail m'a fortement agacée. Après digestion (j'ai dû ressortir mes notes de stage Résilience que je n'avais pas ouvertes depuis un bail), je crois que ce n'était pas tant le fond, mais la forme et le style de communication en sermon qui m'ont déplu. Ajouté à cela le manque total de discernement (l'appartement été reloué le lendemain même du mail… bah oui le commun des mortel a peut être des critères de choix d'appartement plus importants que celui du nombre de micro'éraflures sur les plinthes des murs, qui sont en crépis par ailleurs) mais surtout le fait de revenir sur un accord déjà conclu !

Mon conjoint aussi a été dégoûté par ce mail.

 

Je lui ai donc répondu par mail en lui rappelant tout ce que nous avions fait dans son appartement pendant la location et avant l'état des lieux, qu'il y avait déjà un accord conclu, et que ce serait bien de respecter cet engagement.

 

Suite à quoi, elle a pris le temps d'écrire un long mail de "défense" reprenant point par point tout ce que j'avais mentionné. Tout ça pour arriver encore à une conclusion ridicule, qu'elle avait trouvé une nouvelle locataire qui prenait l'appartement en l'état, et que finalement elle n'allait pas faire reprendre la peinture à notre charge…

 

Je dois dire Florence que relire ton post suite à cette épisode m'a calmé. Cela m'a fait relativiser cet épisode et rappelé que ce n'était finalement "que" un exemple de style de communication de 1 parmi d'autres.

 

Très amicalement

Claire

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Yves

Bonjour à tous,

 

Merci Claire de ce témoignage. Il fait écho en moi.

 

Dans les mêmes circonstances, je me serais senti mortifié, puis effrayé par cette mortification imprévue, par mon influençabilité, ma honte — la honte m’est encore plus pénible que la culpabilité, car elle résulte d’une intrusion —, ma tristesse, désarçonné par mon incompréhension, et enfin un peu écroulé par cette avalanche. J’aurais alors envie de m’isoler pour remettre un peu d’ordre dans ce fatras.

 

Ben justement, remettons un peu d'ordre…

 

Je partage avec certains 1 la fierté égotique de chercher à être méticuleux. Par contre, si j’étais propriétaire, alors les imperfections de mon logis ne me diraient rien de grave sur moi. Je partage aussi avec l’ennéatype 1 la création de contrats a priori non négociables avec autrui, car établis avec moi-même. Enfin d’une certaine façon, je partage son domaine (cf. le stage Ailes). Mais je vis sa dichotomie différemment : mon ego s’est persuadé que seule sa stratégie est correcte.

 

Amicalement,

Yves

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Lighyli

Merci Claire et Yves pour les témoignages.

 

Pendant un état des lieux (je l'ai encore vécu il y a 18 mois), mon ego est très à l'écoute : chaque petite égratignure éventuellement relevée serait risque de conflit ! Conflit extérieur avec la personne qui fait l'état des lieux (il me reproche un dégât) et conflit intérieur (je n'ai pas assez bien fait). S'il y a quelque chose : "Aie, un conflit arrive car tu as mal fait quelque chose…" J'ai horreur de ça…

 

Quand l'état des lieux est terminé, c'est un immense soulagement ! ("Ouf, le risque de conflit disparaît.") Je me souviens de ce stress, puis soulagement très exagéré vécu fin 2016…

 

En recevant le mail du propriétaire qui change d'avis, j'aurai senti une grosse colère monter dans le haut du corps… Et s'arrêter là… (Sauf en cas de dépassement rarissime bien sûr. :wink:) Je l'aurai probablement insulté en pensées avec moult suggestions et hallucinations positives (je vais lui dire que c'est trop tard, qu'elle n'a rien à redire, etc. <- je note ici la différence immense entre le niveau de la colère (élevé) et le niveau de la réponse éventuelle en suggestion qui n'exprime pas du tout le niveau de la colère).

 

Ce genre de problème touche profondément en moi le désir de "passer inaperçu", "d'être quelqu'un de bien", etc. (avec un peu de perfectionnisme de mon aile 1).

 

La colère est d'autant plus grande que mon ego avait baissé la garde après la fin de l'état des lieux !

 

Je ne sais pas trop comment j'aurai réagi ensuite. Aujourd'hui, probablement comme toi, Claire.

Mais je sais que j'aurai été capable d'une autre réaction il y a quelques années : ne rien dire (malgré ma profonde colère) et payer les réparations… Tout ça pour éviter le conflit !

 

Lighyli

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Yves

Bonjour à tous,

 

Merci Lighyli de ta participation pas périphérique.

 

En lisant le sermon inattendu de la propriétaire, j’aurais vécu de la consternation et, selon mon état d’âme du moment, aussi une colère plus ou moins forte et mêlée. Colère résonance de ma chère voix intérieure « Il faut ». J’aurais peut-être relu cette lettre dans l’espoir d’y déceler une trace d’humour (sur une plinthe ?). Cet humour m’aurait rendu mon souffle et soulagé. Puis au lieu d’agir, mon corps se serait affaissé devant la perspective dangereuse de perdre du temps et de l’énergie à chercher LA réponse juste à cette lettre — avarice de temps et d’énergie —, avec LES mots justes ; chercher LA réponse qui me protégerait d’un retour imprévu et trop émotigène de la propriétaire. J’aurais alors différé l’écriture de cette réponse pénible, j’aurais procrastiné, sans pour autant cesser de me tracasser à son propos.

 

"Ce genre de problème touche profondément en moi le désir de "passer inaperçu", "d'être quelqu'un de bien", etc. (avec un peu de perfectionnisme de mon aile 1)."

Pareil pour moi, Lighyli, pour éviter un conflit trop émotigène ; le perfectionnisme de l’aile 1 serait dans mon cas remplacé par une acribie (hmmm — cf. ce message-ci de Florence) liée à l’orientation de précision de l’ennéatype 5 se manifestant dans son domaine (cf. le stage Ailes).

 

Au final, dans le sillage de cette lasse mêlasse de sentiments, je me sentirais vaguement triste de ne pas être sur la longueur d’onde de la propriétaire et surtout de ma véritable personnalité.

 

Amicalement,

Yves

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Claire5

Bonjour Yves et Lighyli,

 

Ça me fait plaisir de voir comment vous vous êtes projetés dans mon cas et de lire vos témoignages. Je trouvais que c'était intéressant comme anecdote à partager sur le forum justement, dans le sens où ça peut arriver à tout le monde. Je ne parle pas d'être maniaque ou crados, mais je veux dire qu'on peut choisir les personnes avec qui on vit ou on travaille, et donc choisir en connaissance de cause du niveau d'intégration. Par contre si on commence à choisir l'appartement que l'on souhaite louer en prenant en compte le niveau de (dés)intégration de son propriétaire, ça commence à être compliqué.

 

Comme toi Yves, j'ai ressenti beaucoup de chose suite à cet épisode (dans mon témoignage je l'ai fait en raccourci et assez court), et il était indispensable pour moi d'écrire une lettre de colère et une lettre de tristesse (cf. stage Résilience) pour clarifier tout ça, et éviter que ça me travaille pendant cent sept ans. Ça m'énervait même d'être autant affectée par tout ce ressenti (ça m'a empêché de me concentrer au travail !) et de ne pas être naturellement (c'est à dire sans refaire la démarche du stage) résiliente.

 

Par contre dans tout les cas (démarche résilience ou pas), je n'aurais pas pu ne pas répondre à la propriétaire. C'était accepter qu'elle seule exprime son point de vue. En un sens, ça me renvoyait à ma false core. Le processus de résilience préalablement réalisé m'a permis d'éviter de lui répondre n'importe comment et sur le coup de l'émotion, et en ciblant davantage sur la règle transgressée que j'ai pu exprimer (en l’occurrence, = revenir de manière unilatérale sur un accord conclu en bonne et dû forme dans un cadre dédié). En supervision une fois, Patricia m'avait coaché pour faire un recadrage à un type que je manage, ça avait été radical et je crois que depuis j'ai davantage le réflexe de manifester à autrui quand il a transgressée une de mes règles.

 

Comme toi Yves, j'aurais pu avoir peur "d’un retour imprévu et trop émotigène" de ma propriétaire en lui écrivant (j'ai même dû ressentir brièvement cette peur). C'est dans le cas où je lui aurais écrit sans faire le processus de Résilience. Au contraire, quand j'exprime la règle transgressée, ça me soulage et ça me retire ce genre de peur. Peu importe ce qu'elle répond et combien c'est émotigène, je me suis exprimé et ça m'enlève un grand poids.

 

Bien amicalement,

Claire

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