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Kayla

Flagrant délit d'ergotage ?

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Kayla

Voici donc mon tout premier message sur le forum, depuis le temps que je vous lis ! Je ne savais pas par quoi commencer en fait et je me posais sans doute trop de questions !

Peut-être aussi que j'attendais "le" sujet qui me donnerait l'impression de ne pas écrire pour ne rien écrire d'intéressant.

Et donc, j'en viens à ce qui me préoccupe ici.

 

Ce week-end fut la découverte du stage Ailes enrichissant en tous points, certes, mais de plus l'occasion d'une mise en pratique "immédiate" du contenu…

 

Pendant que Patricia et Fabien nous expliquaient la notion de dichotomie, en étant venus à l'ennéatype 2, je suis restée bloquée sur le terme Libertin qui ne me semblait (semble) pas du tout adéquat. J'aurais pu me le dire et puis hop passer à autre chose, mais non ! Mon mental est resté braqué là-dessus pendant tout un temps (5 ? 10 minutes ? Je n'arrive pas à évaluer mais c'est déjà bien trop !). Je vous livre ici à peu près les élucubrations qui me sont passées par la tête : "Mais comment peut-on utiliser des termes aussi approximatifs ? Et qui a donc traduit ce terme le premier ? Et pourquoi n'a-t-on pas essayé d'en trouver un meilleur plutôt que d'attendre que l'usage en fasse LE terme usuel, etc." Je n'en voulais pas (enfin pas trop) à Fabien et Patricia de l'utiliser (oui, je sais, je suis trop gentille :rofl:), mais je me disais que la première utilisation aurait dû tout de suite faire "tiquer". Etais-je donc la seule que ce terme irrite, voire agace très clairement ? Etait-ce la connotation qui me gênait ? Et pourquoi me gênait-elle moi et pas les autres ? Etc. Je vous épargne la suite, ça n'a pas grand intérêt, et ça tournait en rond de toute façon !

Et, c'est ainsi qu'au bout d'un moment, je me suis aperçue que j'avais bien perdu 5-10 minutes de la suite de la formation... Moi qui ne supporte pas de perdre le moindre bout d'information concernant le sujet, c'était "ben malin" ! Tout ça pour être restée braquée sur un mot et je vous avoue que… je le suis encore… braquée sur ce mot… :blush:

Je me rends compte que vraiment les mots revêtent une (trop ?) grande importance pour moi, et que le fait de rester braquée dessus me fait sans doute perdre bien plus de choses que je ne l'aurais jamais pensé… (Fabien, Patricia, je vous vois sourire d'ici…)

 

Bref… Est-ce bien cela l'ergotage du 4 ? Hum… J'avoue que pourtant je suis assez fière de mon sens aigu du mot juste, et qu'en plus ça fait souvent partie des qualités que l'on m'accorde. Du coup, c'est cette situation que j'ai prise en exemple pour l'exercice sur la dichotomie. Et grâce à l'exercice, je me suis rendue compte que j'aurais pu, j'aurais dû même, mettre de côté ce mot "chatouilleux" — de toute façon je l'avais noté en gras sur mes notes — et y revenir plus tard, faire des recherches, etc. Plutôt que de perdre bêtement des minutes importantes de la formation.

 

De plus, j'ai depuis repensé à cette notion d'ergotage, je me suis remise en question et j'ai ainsi d'autres exemples.

Je suis passionnée de jeux de société, je joue bien sûr (d'ailleurs, jouez, jouez, c'est bon pour le cerveau et les relations humaines ! Et en plus c'est un excellent terrain de jeux pour étudier les motivations et les comportements, j'en ferais d'ailleurs un sujet d'étude en parallèle avec l'Ennéagramme, j'y réfléchis depuis un bout de temps mais ne sais pas encore trop comment "rédiger" tout cela et puis j'attends d'avoir complété encore un peu — beaucoup — ma formation avant de commencer à rédiger vraiment) mais aussi je les collectionne depuis des années. J'en ai environ 450, j'adore prendre du temps pour lire les livrets de règles aussi. Et certains livrets ont parfois une dizaine de pages, voire plus encore, selon la complexité du jeu ! Et bien je râle… beaucoup ! Devant l'imprécision des termes qui rend le jeu injouable ou très difficile dans l'application et la mise en œuvre des règles, devant les fautes d'orthographe et de grammaire aussi parfois. Et puis devant les soucis de traductions n'en parlons pas ! Pourtant je dois bien me rendre à l'évidence que la plupart des gens s'en moquent, eux… Ils lisent les règles et jouent, point. Au pire, ils se disent que les règles sont mal fichues et jouent ! Alors que moi je me dis : "Mais enfin, c'est bête, certains vont passer à côté de ce jeu génial pour une mauvaise interprétation de telle action qui aurait pu être évitée si facilement." Je suis alors agacée, et irritée, voire carrément offusquée de ce manque de "sérieux" et de "travail". Moi, qui réprime l'instinctif et pour qui le moindre effort physique est une négociation, que dis-je un marchandage acharné avec mon émotionnel et mon mental !

Et donc, oui, j'avoue que je peux rester braquée sur des détails… Je rapprochais cela du perfectionnisme de l'ennéatype 1 parce que ça peut me parasiter jusqu'à ne plus pouvoir penser à autre chose pendant un temps donné — plus ou moins long, il faudra que je m'observe davantage pour savoir combien de temps exactement et savoir ce sur quoi je me braque le plus ! Mais comme je m'intègre en 1, ce n'était pas "explicable" : rigueur oui, perfectionnisme, non… C'est sans doute pour cela que j'appelais ça de la rigueur, et que donc je le voyais comme positif, impression renforcée par ce que me renvoient mes proches. Mais ce qui était déjà certain avant le stage Centres en avril et l'est encore plus depuis, c'est bien ma répression de l'instinctif… contre laquelle je me bats au quotidien (enfin quand j'en ai l'énergie… ou le courage !) Donc je suis bien 4 alpha, intégration en 1, désintégration en 2 !

 

Des exemples ainsi, je pourrais en trouver plein, je suppose… Toujours à la recherche du mot juste, pour exprimer au plus près l'émotion et la pensée, au plus près parce que ce n'est jamais parfait malheureusement, ou en tout cas jamais assez parfait pour moi… au risque de sacrifier alors toute spontanéité à l'autel de la justesse inaccessible !

 

Bon, c'est pas joli, joli, tout ça… Mais la prise de conscience est déjà une avancée en soi, n'est-ce pas ?

 

En espérant que ce partage "à chaud ou presque" soit un bon éclairage de ce que peut être l'ergotage pour un 4, et si je n'ai rien compris, et que ce n'est pas du tout ça, je veux bien des explications M. Fabien. :blush:

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Fabien Chabreuil

Bonjour Kayla,

 

Bienvenue sur ce forum et merci pour ce premier témoignage qui illustre bien le concept d'ergotage qui, si mes souvenirs sont bons, n'a jamais fait ici l'objet d'un exemple.

 

Je te signale qu'avant de faire de l'ergotage, tu as sans doute fait une transe hypnotique d'hallucination négative auditive car j'avais dit avant de présenter le modèle que les mots employés étaient d'Oscar Ichazo, pas vraiment poltiquement corrects et pas forcément idéaux ! :tongue: Même quand les termes définissant un concept de l'Ennéagramme ne m'enthousiasment pas — et c'est le cas ici —, je ne les modifie pas pour trois raisons :

  1. Je me dis que la personne qui a découvert le concept le connaît mieux que moi, que peut-être son choix est approprié et que peut-être je le comprendrai et le validerai quand je maîtriserai mieux l'idée ;
  2. Le terme parfait résumant une idée complexe n'existe pas, et quel que soit le terme de remplacement que je choisirais, il ne conviendrait pas à certains ;
  3. Si chaque enseignant choisit le terme qui lui plaît, la communication entre les praticiens de l'Ennéagramme risque de devenir très difficile, et notre crédibilité n'en serait pas grandie.

 

"Pourtant je dois bien me rendre à l'évidence que la plupart des gens s'en moquent, eux…"

Oui, ce type de constat est un indicateur du fait que nous sortons de la réalité objective pour entrer dans le monde des filtres égotiques.

 

"C'est sans doute pour cela que j'appelais ça de la rigueur, et que donc je le voyais comme positif."

Notre ego est un maître du recadrage de sens : ce n'est pas de la colère, c'est de l'implication ; ce n'est pas de la superficialité, ce sont de la curiosité et de l'ouverture d'esprit ; etc.

 

Très amicalement,

Fabien

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Kayla

Merci de ta réponse, Fabien ! Non, non, pas d'hallucination auditive négative, je me souviens parfaitement de cette phrase avant le début de la présentation, et dans le chemin de ma réflexion, je me suis effectivement dit qu'à présent il valait mieux que tout le monde emploie les mêmes termes, tel un "code-langage" commun, mais rien à faire, je restais braquée dessus.

 

Bon, je vais désormais faire plus attention à ces manifestations égotiques pour les désamorcer petit à petit.

 

Bonne journée à toi, et à vous tous ici,

Kayla

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Christine

Bonjour à tous,

Je lisais un commentaire ce matin dans un groupe de l'Association Espagnole d'Ennéagramme. L'auteur est 4 et en le lisant, j'ai pensé à la notion d'ergotage vue dans le stage Ailes de ce week-end. Je traduis :

 

Citation

L'Ennéagramme est une réalité. Mais ce qui est vrai pour un "homme" (et une femme, bien entendu) n'est pas forcément vrai pour un autre. Il peut exister neuf points de vue différents. Seule la conscience de tous ces points de vue rendra possible le progrès de la société, avec sens commun.
J'ai reçu un commentaire dans mon blog questionnant si l'Ennéagramme est scientifique ou pas ; moi, j'ai répondu que Jésus serait un super-héros dans n'importe quel comics habituel avec sa multiplication des pains et des poissons, si la Bible n'était pas un livre de littérature et de métaphores en général.
L'Ennéagramme est beaucoup plus scientifique que n'importe quelle religion ; sa connaissance et sa promotion peuvent apporter beaucoup plus de réalité et d'éclaircissement existentiel.

Est-ce que c'est bien un exemple d'ergotage ? Je trouve que le fait de partager sa réponse avec ses pairs illustre bien la fierté pour un raisonnement (euh… qui ne casse pas la baraque).

Très amicalement,
Christine

P.S. : en fait, celui qui lui posait la question devait être un 9 sceptique car il témoignait dans la zone 9 et il a bien aimé la réponse autour de la religion !

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Oui Christine, voilà un bel exemple de 4 explorant le domaine du type dans sa dichotomie ergotage. Il a même failli me faire vivre une transe de confusion, le bougre, moi qui ne la pratique quasiment jamais ! :rofl:

 

Très amicalement,

Fabien

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Thierry

Bonjour Christine, bonjour à tous,

Cette citation m'a bien fait rire cinq secondes, peut-être en tant que 9, mais pas plus. C'est effectivement garanti 100 % ergotage :

  • Quand on essaie d'avoir une vision globale contextuelle à partir de cette citation, on constate qu'il n'y a pas de contexte, même au sens le plus large ;
  • Quand on prend cette citation à partir des notions utilisées, on se rend compte qu'elles sont vidées de leurs sens. Par exemple, ce qui est scientifique suppose un ou des critères d'invalidation (cf. travaux du philosophe des sciences Karl Popper) dont on n'a pas l'ombre ici.

Bref, ma propre dichotomie n'a pas été — comment dire ? — remuée par cette envolée lyrique. :happy:

Amicalement,
Thierry

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Christine

Bonjour à tous,

 

Merci pour la confirmation. J'avais lu des messages de ce 4 à plusieurs reprises et j'étais perplexe à chaque fois. Comme je me désintègre en 4, son domaine de préocupation m'est particulièrement familier. Je suis assez souvent attirée par les sujets qu'il aborde, mais son raisonnement me troublait. Et puis, si on rajoute des commentaires d'autres 4 et du modérateur 4, les discussions prennent toujours une tournure abracadabrante. Maintenant, je comprends mieux leur fonctionnement et ressent aussi moins la nécessité de vouloir m'engager dans de vaines discussions.

 

Comme je réprime le centre mental, je me rends compte comment l'ergotage me satisfaisait, pas besoin d'approfondir pour avoir l'air sérieux et puis en tant que 1, je reste dans les détails au lieu d'acquérir une vision d'ensemble. C'est extrêmement instructif pour moi pour être vigilante à ce niveau.

 

Par ailleurs, je crois que j'ai pratiqué moi-même beaucoup d'ergotage dans mes premiers messages sur ce panneau. Désolée, Fabien.

 

Très amicalement,

Christine

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Fabien Chabreuil

Bonjour la compagnie,

"Par ailleurs, je crois que j'ai pratiqué moi-même beaucoup d'ergotage dans mes premiers messages sur ce panneau. Désolée, Fabien."
Il n'y a pas de quoi. D'abord je ne m'en souviens pas, et ensuite c'est parce nous montrons tous notre ego ici que ce forum est enrichissant.

 

"C'est extrêmement instructif pour moi pour être vigilante à ce niveau."

J'ai trouvé très intéressant ce lien que tu fais entre ton type de base et le domaine de type de désintégration. Merci.

 

Très amicalement,
Fabien

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Mdo

Bonsoir à tous !!!

 

Je ne pensais pas spécialement que la passion du mot juste et de la phrase juste concernait particulièrement les 4 ! (ergotage ????)

 

Mais, pour rejoindre Kayla :

 

J'ai énormément de mal avec les textes bourrés de fautes d'orthographe ou de grammaire. Je les trouve ordinaires et médiocres. Élitisme du 4 ?

Et je ne parle pas des modes d'emploi écrits en japonais, traduits en espagnol, puis en anglais, puis en français. Le résultat ne veut généralement plus dire grand chose, et c'est un casse-tête lamentable !!!

 

Avez vous déjà remarqué la beauté d'un texte utilisant les mots appropriés, le rythme harmonieux ? Le plus bel exemple est le haïku, cette forme de poésie japonaise très codifiée, qui impose l'utilisation du mot juste dans une simplicité et une sobriété extrêmes…

 

Le pire, pour moi, c'est l'écriture. Avant l'informatique, la moindre demi-page était précédée d'une quantité impressionnante de feuilles de brouillon, raturées, soulignées, réécrites… Et le résultat définitif était une somme de copies plus ou moins laborieuses…

Maintenant, avec l'ordinateur, c'est pire ! On peut modifier indéfiniment un texte… Je ne parle pas du temps passé pour un mail de quelques lignes, à la recherche du mot juste, de l'idée juste.

Perfectionnisme ? Pas du tout ! Recherche incessante de traduire au mieux l'émotion ressentie sur l'instant, d'être la plus authentique possible, de m'exprimer au plus près de mes sentiments. Mots et phrases souvent trop pauvres pour traduire exactement. Émotions fluctuantes… Et ça peut durer des heures !

 

Arghhhhh, difficiles, les manifestations de l'ego.

Mais parfois, il en sort de si belles phrases. :wink:

Nombre de re-lectures et de corrections de ce petit texte… Hummm !!!

 

Amitiés à tous,

Mdo

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Thierry

Bonjour à tous,

L'éclairage que donne Mdo est très intéressant : la manière de focaliser sur le mot juste n'est-elle pas une clé de la question d'ergotage ? En effet, lorsque cette attention se fait au détriment des autres mots, de la phrase, du paragraphe, n'a-t-on pas un effet du style "l'arbre qui cache la forêt" ? L'écureuil qui va d'arbre en arbre peut-il décrire la forêt ? :wink: Et l'on peut aller d'arbre en arbre longtemps…

Amicalement,
Thierry

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Yves

Bonjour à tous,

Mdo, je partage tout à fait ton goût pour la poésie concise des haïkus (en français seulement, car je ne connais pas le japonais).

Tu as écrit : "J'ai énormément de mal avec les textes bourrés de fautes d'orthographe ou de grammaire. Je les trouve ordinaires et médiocres. Élitisme du 4 ?"
J'en souffre aussi. Quand je tombe sur un de ces textes, je pense souvent : "Quel massacre ! Qu'ont-ils fait à ma langue maternelle ?!" Par contre, je ne prête pas attention à l'aspect ordinaire ou médiocre de ces textes.

Pourquoi cette réaction de souffrance ? J'ai besoin d'être compris. Ce n'est pas facile. Pour y parvenir, je fonde mon espérance sur ma langue maternelle. Elle me semble précieuse et j'ai mal quand on la massacre. Je crois que l'expression verbale (parlée ou chantée) de mes idées et de mes émotions, est pour moi, malgré ses limites, un schibboleth de ma relation au (sous-)monde humain. Cette croyance n'est-elle pas un effet de l'association des false cores 4 et 5, appliquée aux domaines de préoccupation 4 et 5 ? Pourtant mon problème n'est pas l'expression, mais la peur des émotions et l'avarice. Comme Mdo, j'émende et je rapetasse beaucoup mes textes, mais chez moi, c'est surtout dû à l'orientation de précision du 5. Sous l'effet de l'avarice, cette orientation peut me conduire au jargon, et donc à ne pas être compris. Alors foin d'ergotage égotico-jargonnesque, je vous dis :

Ma simple amitié,
Yves

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Aurolaf

Bonjour à tous,

Voilà fort longtemps, que je me dis (depuis septembre 2011) que je dois dire merci à Kayla pour cette conversation. Lors du stage Ailes, l'ergotage est la notion avec laquelle j'avais eu le plus de mal… parce que je ne trouvais pas d'exemples chez les 4 que je connaissais (et je ne comprends vraiment qu’en trouvant des exemples). Du coup, j'étais ravie de mieux comprendre et de voir illustrer cette notion.

Par chance, depuis septembre 2011, j'ai eu une formation accélérée en ergotage avec une 4 dont j'ai déjà parlé ici. J'avais exprimé un agacement léger à certains moments d'ergotage dans le portrait que j'avais dessiné. Depuis ce témoignage, l'agacement amusé s'est transformé en colère et en énervement.

Effectivement, chaque fois que je la vois, mon amie 4 chipote sur les mots, passe de longues minutes pour m'expliquer quelque chose qui pourrait être exposé en quelques secondes. Elle cherche le mot juste.
Une fois par semaine lorsqu'on va au marché ensemble (c'est un petit rituel que nous avons), elle passe un temps infini à choisir et chipoter les légumes les plus frais, les plus beaux, les meilleurs possibles. Elle demande au commerçant d'en sortir d'autre de la réserve. Il y a des matins de marché où je suis limite de péter les plombs et devenir très brutale verbalement. Parce qu'en gros, ça prend 60 minutes au lieu de 20 minutes, et j'ai pas que ça à faire dans la vie !

J'ai été très patiente pendant deux ans, supportant avec amusement des conversations interminables avec des raisonnements alambiqués, sans queue ni tête (parfois, je ne me suis même sentie stupide car je ne comprenais pas et je n'arrivais pas à repérer l'erreur de raisonnement. D'ailleurs, elle m'a souvent dit qu'elle était tellement intelligente que les gens avaient du mal à la suivre !!! [Au passage, je trouve que cette remarque renvoie bien au domaine du 4]). Mais j'avais toujours un sourire amusé et indulgent et un ressenti affectueux.

 

Depuis Juin dernier, je médite cette phrase que m'a écrite Fabien : "L'Ennéagramme n'est pas une école de résignation. Comprendre les mécanismes égotiques de l'autre ne signifie pas en accepter systématiquement les manifestations." Du coup, j'ai observé et j'ai effectivement noté que j'étais quand même devenue très résignée (sans doute en lien avec ma contrepassion). La prise de conscience aidant, la colère est revenue à grande vitesse (ce n'était pas le but, je sais :sarcastic:).

Il y a deux semaines, mon amie 4 a tenté de me faire douter dans mes dernières décisions de vie (au passage, il y a beaucoup de manipulation dans cette tentative et c'est lié, à mon sens, à son sous-type sexuel car elle ne m'aura plus pour elle toute seule si je retourne bosser en entreprise). Elle a d'ailleurs entrepris ce travail de sape depuis septembre dernier. J'avais bien exprimé, avant d'aller prendre un thé avec elle que je ne souhaitais pas parler de mes projets professionnels. Elle a tenu 10 minutes et a ramené le sujet. Je l'ai regardé droit dans les yeux et j'ai dit : "Je n'ai pas envie d'avoir cette conversation. J'ai pris ma décision. Point. Je ne souhaite plus en parler."

 

Ben pendant près de 45 minutes, elle a tenté un retour sur la conversation en chipotant avec les mots et en ergotant et j'ai balancé brutalement :angry: : "Cette conversation me casse les couilles." Et elle continuait à chipoter et à essayer de me démontrer que si je ne voulais pas en parler, c'est que je doutais de ma décision. Etc. Et je suis partie parce que je trouvais que ça devenait malsain pour moi de continuer sur cette voie.

 

Je pense qu'elle s'est sentie abandonnée car elle m 'a ensuite bombardé de messages (sms et téléphone). Et, hélas, je n'ai pas répondu parce que je savais que j'en prenais pour une heure de conversation. Et je savais que mon niveau égotique à ce moment-là, mon impatience ne tiendraient pas le choc sans que je ne devienne brutale et méchante.

 

J'ai quand même pris sur moi de la rappeler, au bout de quelques jours, et elle m'a dit qu'elle avait voulu me joindre parce qu'elle "avait enfin trouvé les mots justes pour exprimer ce qu'elle voulait dire le vendredi précédent" (alors que j'avais dit que la conversation me cassait les couilles). Elle est repartie dans les ergotages sans fin, chipotant sur chaque mot… Et, au bout d'un temps raisonnable, je me suis excusée en disant que j'avais pas mal de choses à faire et que je devais hélas interrompre cette conversation.

Et j'ai décidé de ne pas aller au marché avec elle pendant quelques temps et éviter toute conversation car je sais que je vais exploser et scuder grave. C'est triste parce qu'elle a fini par provoquer le rejet… Et pourtant, c'est quelqu'un que j'aime beaucoup… Mais là, je ne peux tout simplement plus supporter cette perte de temps constante à chercher les mots, ses discussions sans fin qui ne servent absolument à rien.

 

J'ai décidé de laisser passer quelques temps parce que je n'ai pas l'énergie, en ce moment, de supporter cela. J'avais déjà dû couper les ponts pendant trois mois, la première année où nous nous étions rencontrées, car elle avait déjà provoqué chez moi un tel agacement. Je n'avais pas compris, à l'époque que l'ergotage me tapait autant sur les nerfs.

J'avoue que c'est la première fois qu'un 4 m'énerve autant. Généralement, je m'entends très bien avec les personnes de ce type. Le côté positif, c'est que j'ai maintenant compris le mécanisme qui est en jeu et je sais l'identifier (mais à quel prix ! :sad: Je crois que j'y ai perdu mon amie.)

Une suggestion pour faire sortir un 4 de son ergotage ?

Bien amicalement.

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Thierry

Bonjour à tous,

Je souffre aussi des textes "bourrés de fautes d'orthographe". Je vis leur lecture comme un manque de respect du lecteur et du sujet exposé (du fait de ma forte aile 1), sauf si le scripteur est manifestement de langue maternelle autre que le français. Dans ce cas, mon orientation de 9 prend le dessus.

Aurore écrit : "Elle passe un temps infini à choisir et chipoter les légumes les plus frais, les plus beaux, les meilleurs possibles. […] (au passage, il y a beaucoup de manipulation dans cette tentative et c'est lié, à mon sens, à son sous-type sexuel car elle ne m'aura plus pour elle toute seule si je retourne bosser en entreprise)."
Cette amie 4 a-t-elle des difficultés avec la nourriture ? A-t-elle une mère 8 ? Je n'irai pas jusqu'à te demander si tu es une mère pour elle. :wink: Je pense à l'article "Observation de cas d'anorexie mentale et hypothèse psychopathogénique". Je pense aussi à une ancienne amie, 4 mu sous-type sexuel qui avait une mère 8, à ses difficultés avec la nourriture (sans aller jusqu'à l'anorexie), et qui avait des comportements pervers dont elle était la première victime. Lorsque le thérapeute, qui lui prescrivait des médicaments pour réguler son humeur, lui parlait de perversion, elle ne comprenait sincèrement pas. Voir aussi la discussion "Type 4 et anorexie".

Amicalement,
Thierry

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Aurolaf

Salut Thierry, bonjour à tous,

Merci pour les liens… Ceci dit, je lis ce site depuis plus de 10 ansá; tu te doutes bien que je connaissais ces articles ! :happy:

[Parenthèse]
"Cette amie 4 a-t-elle des difficultés avec la nourriture ?"
Oui, je crois en avoir parlé ailleurs sur ce forum : elle est et a été anorexique depuis au moins son adolescence. (Au passage, elle n'admet jamais qu'elle est anorexique, elle se contente de dire que manger et aller aux toilettes sont les deux limitations de l'être humain, et elle essaye de trouver des solutions pour ne plus avoir besoin de manger — elle fait plein de recherches dans ce sens.)
Et je ne connais pas le type de sa mère (manque d'informations objectives) qui m'a l'air plutôt d'une émotionnelle très manipulatrice.
[Fin de parenthèse hors ergotage et plutôt en lien avec le sous type conservation]

Ceci étant dit, son ergotage ne se limite pas à des sujets de nourritures. Toute discussion est bonne pour cela : je pourrais citer des exemples sur l'école, l'éducation, les résultats scolaires, etc.

L'une de mes bonnes amies 9 (pourtant d'une patience infinie) a pété un plomb en ce début d'année lors d'une réunion scolaire car la 4 ergotait à n'en plus finir sur le lancement d'un projet pédagogique. Elle critiquait chaque mot et voulait redéfinir tous les mots et les règles du projet… Et après 20 minutes de discussion improductive, la 9 a fini pas intervenir et par lui couper la parole… Et la 4 est venue aussi se plaindre que mon amie 9 n'était pas du tout gentille, contrairement à ce que je disais d'elle, et qu'elle était trop nerveuse.

Apparemment, je ne suis pas la seule que l'ergotage irrite… Parfois !

Bien amicalement.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

[Parenthèse]
[…] Elle se contente de dire que manger et aller aux toilettes sont les deux limitations de l'être humain, et elle essaye de trouver des solutions pour ne plus avoir besoin de manger — elle fait plein de recherches dans ce sens.
[Fin de parenthèse hors ergotage]

[Parenthèse]
Elle est belle ma false core, elle est belle !
[Fin de parenthèse hors ergotage]

 

Très amicalement,

Fabien

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Katz

Bonjour à tous,

 

Cette conversation m’a amenée à réaliser que l’ergotage est pour moi lié à la conviction profonde qu’il y a systématiquement une voie différente, c’est donc relié à ma compulsion.

Face à une explication,

  • Soit je suis convaincue que je vais comprendre autrement que le chemin de compréhension apparent, et je m’enlise dans ma façon de voir les choses donc j’insiste avec mes mots différents qui en fait, embarquent l’explication vers une autre direction
  • Soit je trouve que c’est incomplet, et je vais m’attacher à prouver que ce qui manque est important, donc il s'agit d'attaquer les mots employés, de les disséquer…

Les deux cas sont l’expression d’une même source, la différence, par laquelle il s’agit de se distinguer, afin d’exister.

 

J’ai de plus en plus de flashs que je suis dans ce mécanisme, et du coup, continuer en conscience devient de la mauvaise foi, ce qui ne convient pas avec mon désir d’authenticité, dans le sens intégré du terme (parce qu’au contraire, en phase désintégrée, j’ai tout intérêt à continuer pour montrer ma dramatique différence…).

 

Je retiens que plus on pointe ses faiblesses, plus elles s’affadissent, alors il y a de l’espoir… Merci Fabien, et tous !

 

Bien amicalement,

Katz

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Katz pour ce décorticage précis des motivations de l'ergotage en lien avec le domaine du 4 et sa compulsion. C'est améliore ma compréhension du mécanisme.

 

Très amicalement,

Fabien

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