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Comme une image
Analyse

Comme une image : Étienne CassardÉtienne Cassard (Jean-Pierre Bacri) : 8

Dès sa première apparition, dans le taxi avec Lolita, Étienne donne le ton.

Il n'est hors de question qu'on lui marche sur les pieds :

  Lolita : J'arrête pas de me faire engueuler, moi.
  Étienne : Par qui ?
  Chauffeur : La porte !
  Étienne : [Il cesse de sourire et son visage se fige] C'est à moi que vous parlez là ?
  Chauffeur : La porte ! Elle est mal fermée.
  Étienne : Non, non, mais moi je vous demande : "C'est à moi que vous parlez là ?" Parce que vous allez pas prendre ce ton avec moi, monsieur.
  Chauffeur : Hé ! oh oh, je prends le ton que je veux.
  Étienne : Non, non, non, mais moi je vous le dis. Je vous le dis. Je vous laisse pas le choix. Je vous dis que vous allez pas prendre ce ton avec moi, ni avec personne d'autre d'ailleurs. On parle aux gens poliment. Je ne sais pas si vous êtes au courant.
  Chauffeur : [Il se retourne vers son volant sans un mot.]
  Étienne : [Il referme la porte.] On va rue de Pavois.
  Chauffeur : Oui, je sais…
  Étienne : Et bien je vous le répète.
  Chauffeur : [Il démarre.]
  Étienne : Passez à droite, parce que c'est toujours bouché par Sébasto.
  Chauffeur : [Maté.] Bien monsieur.
  Étienne : [Mimique satisfaite.]

Cette agressivité, on la retrouvera systématiquement avec les gens qui lui déplaisent ou qu'il méprise, par exemple avec l'éditeur rencontré au restaurant et qu'il considère comme un "marchand de soupe" :

  Éditeur : Ça va, Étienne ? Dis donc, c'est vrai ce qu'on raconte ? Que vous allez fusionner… que vous allez être racheté par… Tessier ? C'est ça ?
  Étienne : Des rumeurs. Ça s'appelle des rumeurs. [Se tournant vers Pierre.] Vous vous connaissez ?
  Pierre : [Il opine avec un sourire.]
  Éditeur : Oui. J'ai eu l'occasion de lui dire tout le bien que je pensais de son livre.
  Étienne : Ah ! Ben ça y est, tu sais lire.
  Éditeur : J'ai toujours apprécié la façon dont tu mets les gens à l'aise.
  Étienne : [Sarcastique] C'est quand j'ai beaucoup de sympathie pour eux.

La rumeur était vraie. Tessier rachète la maison d'édition, et ne sera pas mieux traité :

  Adjoint de Tessier : Excusez-moi. Monsieur Tessier aimerait beaucoup faire votre connaissance.
  Étienne : Ben… Oui. D'accord.
  Adjoint de Tessier : [Il s'éloigne persuadé qu'Étienne va le suivre, puis s'aperçoit au bout de deux pas que ce n'est pas le cas. Il revient.] Monsieur Tessier, il aimerait beaucoup faire votre connaissance.
  Étienne : [Sec.] Ben oui. Je suis là.
  Adjoint de Tessier : [Consterné, il va avertir Tessier de la fronde.]
  Étienne : Ah, j'aurais jamais dû venir. Ils m'emmerdent tous ces gens. J'ai pas envie d'être là. Regarde-les tous en train de minauder devant leur nouveau maître.
  Tessier : Je voulais vous dire que je suis très heureux de vous compter parmi nos collaborateurs. J'ai beaucoup d'estime pour vous.
  Étienne : C'est parce que vous ne me connaissez pas.
  Tessier : Oh ! Quand on a lu Musique de chambre et qu'on a ressenti toute cette humanité, et aussi cette rigueur, cette exigence morale, on peut se faire une petite idée de l'homme qui l'a écrit.
  Étienne : Ah oui, vous croyez ça, vous ?
  Tessier : En tout cas, je tiens à vous rassurer, si toutefois vous étiez inquiet. La liberté que vous aviez jusqu'à maintenant ne sera absolument pas remise en cause. Bien au contraire. C'est votre indépendance que j'achète.
  Étienne : [Sarcastique] Ça me rassure énormément. [Il interrompt la conversation en faisant semblant d'être appelé sur son téléphone portable.]

Étienne réprime le centre émotionnel, et est donc dur aussi avec les gens qui lui sont indifférents ou même qu'il apprécie. Il ne retient pas les prénoms, et n'écoute pas vraiment les autres qu'il interrompt fréquemment au milieu d'une phrase :

  Sylvia : Non, c'est une question de…
  Étienne : [Louna, sa fille, se met à pleurer au loin.] C'est reposant la campagne !

Quant à son vocabulaire, il est en permanence rude. Rentrant dans la maison de campagne, il trouve Sébastien, défait, seul dans la pénombre, assis tristement sur un canapé, et il lui propose : "Il y a du cyanure dans la pharmacie si vous voulez." "Karine, on peut baisser la petite ?", dit-il en entendant Louna pleurer et en faisant le geste de tourner un bouton de radio. Karine lui reproche cette manière de considérer les gens comme des objets : "Des fois, j'ai l'impression d'être une chaise."

Étienne garde auprès de lui Vincent, dont personne ne sait très bien ce qu'il fait : "C'est son assistant ? Je sais pas.", dit Pierre à quelqu'un qui lui demande la fonction de Vincent. En fait, celle-ci est "souffre-douleur". Homme à tout faire aussi qu'on manipule quand on ne l'engueule pas : "Non, non, Vincent. On boira le vin du coin qui rend aveugle. C'est pas grave."

Étienne contrôle la vie des autres. Par exemple, au restaurant, il commande le dessert pour Pierre sans lui laisser le temps d'exprimer son avis. À la moindre contrariété, il explose, par exemple quand Sylvia lui reproche de n'avoir pas écouté le concert de sa fille :

  Sylvia : T'as pas écouté Lolita ?
  Étienne : Mais si ! Je l'ai entendue un peu au début. C'était très bien. Enfin, c'était comme c'était. [Il se met à crier.] Il fallait que je sorte. Il fallait que je trouve un stylo, et je voulais pas déranger tout le monde justement. Je vais pas me faire engueuler. De quoi je me mêle ? Elle me donne des leçons de savoir-vivre celle-là. C'est vrai qu'elle culpabilise tout le monde.

Ou encore à propos du régime de Louna :

  Louna : [Enthousiaste parce qu'on amène le fameux lapin à l'estragon.] Ouais ! De l'animal mort ! [Étienne est hilare] J'en veux moi.
  Étienne : Oui, oui, je vais t'en donner, je vais t'en donner.
  Karine : Elle a mangé, Étienne. Hein ?
  Étienne : Oui, mais ça va. Elle peut en goûter un peu. C'est pas grave.
  Karine : Je lui ai dit non. Je ne veux pas qu'elle grignote sans arrêt.
  Étienne : Oui, mais moi je lui dis oui. Elle va en manger un tout petit bout. [Il se tourne vers Louna] Hein ? Tu vas en manger un tout petit bout.
  Karine : Les problèmes de poids, ça commence comme ça, et puis…
  Étienne : [Il crie.] Ah ! Karine ! Ça va remettre en cause tout ton régime alimentaire, un petit bout de viande de quatre grammes, là, aujourd'hui à 13h45 ? Alors, tout d'un coup, on va s'emmerder pendant une heure avec ça !

En réalité, Étienne adore Karine et Lolita. Le départ de Karine le plonge dans la dépression, et il fait énormément de choses pour Lolita. Il veut l'aider et la protéger :

  Lolita : J'arrête pas de me faire engueuler, moi.
  Étienne : Par qui ?

Quand elle rentre de la soirée et monte directement se coucher, il réclame une marque de tendresse : "Et ben alors, tu me dis même pas bonne nuit ! [Il l'embrasse et l'attire contre lui.] Ma grande fille…"

Conscient de cet amour, il ne peut pas comprendre les reproches que lui fait Karine :

  Karine : Lolita, j'ai compris, elle m'aimera jamais. Avec toi, c'est pareil, je compte pas. Tu me dis tout le temps que tu m'aimes, je te crois, mais n'empêche que des fois, j'ai l'impression d'être une chaise.
  Étienne : [Stupéfait.] Une chaise ?
  Karine : Que tu me vois pas, que j'existe pas. Ce que je dis, c'est comme si je disais rien. Tu m'écoutes pas, ou alors tu te moques de moi devant tout le monde.
  Étienne : [Abasourdi.] Je me moque de toi !?
  Karine : Tout le temps, tu te moques de moi devant tout le monde, et tu t'en rends même pas compte. Et j'en ai marre de passer pour une idiote.
  Étienne : Mais je plaisante. Je… Je… Je fais des plaisanteries, et pas seulement avec toi. Et tu vois bien que tout le monde ne le prend pas aussi mal.
  Karine : Parce qu'ils sont lâches. Ils osent pas te le dire.
  Étienne : Parce que ça les fait rire. Ils s'en foutent.
  Karine : Parce qu'ils veulent te faire plaisir.

"Parce qu'ils sont lâches" dit Karine de ceux qui supportent Étienne. Comme tout 8 peu intégré, Étienne fait peur, même quand ce n'est pas son intention : "Je crie, mais c'est pas méchant. C'est dans le feu de l'action. Ça vient tout seul. Comme ma tête, ma tête, elle dit que je la terrorise, mais c'est ma tête, elle est comme ça au naturel. Je m'en rends pas compte." C'est là une expression classique du mécanisme de défense de dénégation du 8, qu'Étienne utilise à chaque occasion : "Non. Non. Elle m'a jamais aimé ta mère. De toute façon, je l'aimais pas non plus, alors…"

Compulsion oblige, même avec ceux qu'il aime, Étienne devient volontairement agressif dès qu'il se sent en position de faiblesse. Il perd une partie d'échecs contre Pierre, ce qui lui est extrêmement difficile : "C'est insupportable de perdre aux échecs." Quand Karine l'apprend, elle vient lui faire un câlin. Il a d'abord une mimique ravie, puis réalise soudain ce qui se passe et que les autres le regardent : "En plus, se faire consoler, c'est encore plus humiliant. Arrête."

Dans ces cas, la fixation de vengeance n'est jamais loin :

  Étienne : [Lolita rentre de la boum et monte dans sa chambre.] Et ben alors, tu me dis même pas bonne nuit. [Il l'embrasse et l'attire contre lui.] Ma grande fille…
  Lolita : Arrête. Tu me fais mal.
  Étienne : Si c'était du muscle, ça ferait pas mal.

Étienne est un 8 α de sous-type conservation ("Survie").

Comme une image : Lolita CassardLolita Cassard (Marilou Berry) : ?

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Comme une image : Sylvia MillerSylvia Miller (Agnès Jaoui) : ?

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Autres

D'autres personnages peuvent être étudiés à l'aide de l'Ennéagramme : Karine Cassard (jouée par Virginie Desarnauts), Vincent (jouée par Grégoire Ostermann), Sébastien (jouée par Keine Bouhiza), Édith (jouée par Michèle Moretti) et Louna Cassard (jouée par Emma Beziaud).

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