Institut Français de

l’ennéagramme

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Bonjour,

 

J'ai consulté votre site assez régulièrement il y a quelques années. J'ai cependant oublié presque tout ce que j'y avais appris. Je crois bien être un 4. Je ne voyais pas, avant il y a quelques temps, mon côté envieux, je ne crois toujours pas que ça soit ma "passion", mais aujourd'hui je dois admettre que je la ressens souvent. Ma question est : comment se fait-il que rien n'ait jamais marché avec moi ? Dix ans de thérapie, des lectures, des ateliers de croissance personnelle, etc. pour me sortir de mon grand manque de confiance, de ma timidité, de mon insatisfaction, de mon caractère exécrable avec les membres de ma famille, de ma honte profonde d'être moi-même.

 

Je vis présentement de grandes difficultés. Je me retrouve à 50 ans, sans emploi, presque ruinée, j'ai raté ma vie professionnelle, complètement gâché ma vie privée. Je crois avoir fait une grande erreur d'aller vivre avec ma mère, bien qu'elle soit très bonne avec moi. J'éprouve de grandes difficultés à ne serait-ce que rédiger mon c.v. Je ne vois pas de lumière au bout du tunnel. J'ai cherché de l'aide, mais rien ne marche…

 

P.S. : je trouve votre site très intéressant ; c'est le meilleur, le plus complet, le plus généreux sur le sujet. Merci beaucoup.

Fabien Chabreuil
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Bonjour Icare,

 

Bienvenue sur ce forum. Une des premières choses à faire est que tu acquières une certitude sur ton ennéatype. Je ne sais pas si Icare était un 4, mais quand même ce pseudo me fait bien penser à l'idéalisme et à l'intrépidité du type !

 

"Ma question est : comment se fait-il que rien n'ait jamais marché avec moi ?"

Ne te connaissant pas, je ne peux faire qu'une réponse un peu théorique.

 

La première possibilité est que tout simplement, le véritable problème n'a pas encore été identifié et evédemment tant que c'est le cas, rien ne peut vraiment marcher, ou alors de façon provisoire.

 

Une autre explication peut venir effectivement du type 4. Par exemple, le 4 peut facilement abandonner un projet quand il arrive à terme : au départ, l'envie est un moteur, puis plus il approche du but, plus il en perçoit les défauts potentiels. Certes, tu as fait dix ans de thérapie, et cela fait douter de cette explication. Etait-ce avec un seul thérapeute ?

 

Un travail thérapeutique peut aussi être perçu par un 4 comme une tentative de le faire rentrer dans une "normalité" que sa compulsion d'évitement de la banalité refuse.

 

Enfin, un problème quel qu'il soit peut avoir des bénéfices secondaires tellement forts que nous préférons garder le problème que de risquer de perdre les bénéfices. Par exemple, une personne peut être alcoolique, et ne savoir lier des relations sociales que dans cet état-là ; alors elle préfère continuer à boire plutôt que de prendre le risque de rester seule.

Un bon thérapeute explore longuement ces bénéfices secondaires et les traite avant de traiter le problème principal. Pour reprendre le même exemple, aider cette personne à arrêter de boire serait inutile ; il y aurait rechute dès qu'il y aurait solitude. Il faut d'abord traiter tout ce qui l'empêche de nouer des relations sociales correctes, puis l'aider à cesser de consommer de l'alcool.

 

"Je crois avoir fait une grande erreur d'aller vivre avec ma mère, bien qu'elle soit très bonne avec moi."

Vivre à 50 ans chez sa mère, c'est prendre le risque de se retrouver dans un état psychologique de pré-adulte et d'avoir du mal à s'assumer de manière autonome. Mais ce n'est évidemment pas si simple que cela, et je n'ai pas d'éléments.

 

Très cordialement,

Fabien

Posted

Bonjour,

 

Merci de nous répondre promptement et de manière si sensible et attentionnée. Je trouve aussi très intéressant de lire les témoignages des autres types, ça m'aide à mieux comprendre et aimer certains types que j'ai tendance à détester.

 

Après avoir relu rapidement le contenu de votre site, je crois bien être une 4 alpha avec une aile 5. Je me reconnais aussi beaucoup dans plusieurs témoignages de 4.

 

J'ai choisi le pseudo "Icare" sans trop chercher. Je suis assez idéaliste, mais pas vraiment intrépide. J'ai cherché l'intensité dans mes relations amoureuses. Comme Icare peut-être, je voulais toucher le soleil de la passion, de l'absolu. J'avais une vision totalement irréaliste de l'amour, ce qui m'a fait m'accrocher à des relations sans avenir (hommes mariés ou étrangers), très douloureuses, très tourmentées. Je regrette énormément aujourd'hui d'être passée à côté d'amours plus vrais, plus doux avec des hommes qui m'auraient peut-être vraiment aimée, et qui étaient un peu plus comme moi, insécure, manquant d'assurance. Je me demande si je n'ai pas toujours eu très peur d'être aimée. Je me souviens que vers l'âge de 7 ou 8 ans, sentant que ma soeur était plus appréciée, plus affectionnée que moi, je m'étais dit que moi je n'avais pas besoin de ça, de l'affection, et que je n'étais pas comme elle, faible et méprisable.

 

J'ai travaillé 20 ans comme ingénieur dans la même compagnie, je ne m'y sentais pas du tout à l'aise doutant constamment de ma compétence et de mes capacités, et rêvant du jour où je partirais, où je ferais enfin ce que j'aime. J'y ai été très malheureuse. J'y suis restée aussi longtemps par peur de quitter pour l'inconnu, j'ai bien essayé une fois de faire autre chose (à 35 ans m'en aller étudier en architecture, mais ça n'a pas marché). J'avais un patron très paternaliste qui me protégeait tout le temps, m'accordait des faveurs (malgré mon vif désaccord). Je l'ai beaucoup méprisé et même haï. Je ne crois pas que j'ai été très appréciée de mes collègues en général. Quand j'ai été mise à pied, mon patron m'a déniché un emploi très intéressant, mais j'ai refusé, ne me sentant pas à la hauteur et je me disais aussi que si j'acceptais, je l'aurais toujours dans ma vie, ce fatiguant. J'ai vu une chance de pouvoir enfin trouver ce que je voulais faire dans la vie. Je me suis toujours demandé si je ne reconnaissais pas trop mon père en ce patron tant détesté. J'aimais beaucoup mon père, mais je détestais qu'il fût timoré, geignard et pessimiste.

 

Je n'ai jamais ressenti d'amour ou d'affection envers ma mère. Je lui en veux de m'avoir fait vendre ma maison pour aller vivre avec elle, je me trouve à avoir perdu beaucoup d'argent. Bien sûr, ce fut ma décision, mais je lui en veux quand même de ne pas s'être tue. Sans trop me l'avouer clairement, j'y ai vu comme une chance pour me rapprocher d'elle, mais y a rien qui a changé, je suis toujours aussi renfermée et maussade. Je me doute bien que ma colère envers elle doit avoir de racines plus profondes que ça, je suis incapable d'être gentille avec elle. Et c'est comme ça depuis longtemps. Même le mot "mère" fait remonter en moi comme un sensation ou une idée de dégoût.

 

Je continue de lire votre site.

Merci,

Ginette

Fabien Chabreuil
Posted

Bonjour Ginette,

 

Je crois que la première chose que tu pourrais faire est de trier ce qui dans la douloureuse expérience de vie que tu nous racontes est l'effet de ton ennéatype et celui de circonstances qui sont propres à ton histoire personnelle. En quoi la compulsion, la passion et la fixation du 4 expliquent certains de tes ressentis enver tes parents ou ton patron ?

 

Comme tu reviens sur le forum après une longue absence, il pourrait peut-être être utile que tu relises le livre en téléchargement gratuit.

 

Très cordialement,

Fabien

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