Institut Français de

l’ennéagramme

À quoi sert tout le reste...

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4 ? 5 ? Dur, dur


Koum Koum

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Bonjour à toutes et à tous,

 

Mon ennéatype ? Euhhhh… justement j'ai un peu de mal à le définir.

Plutôt que de vous faire part d'entrée de mes suppositions, je vais raconter une petite anecdote qui peut-être reflète assez bien certains aspects typiques de mon ennéatype.

 

L'année dernière, je m'étais inscrit à un cours de dessin pour débutants, de croquis plus précisément. Le professeur nous donnait très peu de temps pour dessiner un modèle, cinq minutes en moyenne, parfois dix, jamais plus.

 

Dès le premier cours et le premier dessin, je me suis retrouvé sous le feu des projecteurs. J'étais le seul qui avait pris le temps de le regarder longuement, une bonne minute, avant de le croquer. Le dessin était de bonne qualité aussi. Jusque là, ça fait plaisir, mais plus on avançait dans les cours, plus le professeur me faisait part de sa surprise quant à mes "oeuvres", et me demanda si je n'avais pas déjà pris des cours. A chaque fois, j'étais mis sur un piédestal qui s'élevait chaque fois un peu plus haut. Le clou a été quand il a déclaré devant tout la classe : "Vous ne dessinez pas comme les autres, vous percevez différemment, vous voyez l'architecture des choses. Il y a VOUS et la classe."

 

Fin de l'histoire et… j'ai laissé tomber le cours…

Je pense en même temps que j'écris que j'ai toujours agi ainsi : fuir quand j'attire trop le regard.

 

Bon réflexion faites, ce qui m'a plu :

- Les compliments du prof au tout début. Ma réaction = la surprise, et ne pas savoir que répondre.

- Le sentiment d'avoir peut-être un petit quelque chose de plus ou de différent des autres… au début seulement.

 

Ce qui m'a gêné :

- Les compliments du prof d'un cours à l'autre. Ca faisait trop, je ne savais pas comment les recevoir, j'étais désemparé émotionnellement.

- Les yeux qui se braquaient sur moi pendant les compliments. Je me serais presque excusé. Pareil je ne savais pas comment réagir à ces regards, ni envieux, ni méchants, juste amusés ou interrogatifs je pense.

- Je me suis rendu compte que je dessinais avec mes yeux et mon cerveau, et pas avec le coeur. Je crois que c'est pour cela que j'étais frustré en grande partie, car je me rendais bien compte que c'était cela qui me manquait, et que pourtant j'aurais voulu restituer sur la feuille. Je trouvais mes dessins conformes, mais sans densité émotionnelle. Pas la moindre, alors que ceux des autres, moins réussis techniquement transmettaient du sentiment.

- Le prof faisait poser les élèves comme modèles (habillés bien sur) et je vivais dans la hantise d'être sollicité. J'étais bien là, caché parmi le groupe, et je ne souhaitais pas être mis sous le regard des autres. Peur de quoi ? Des dessins qu'ils auraient faits de moi ? De l'émotion que j'aurais dû refléter ? Des deux, je crois. Je n'ai rien d'un Quasimodo, mais à l'époque, je somatisais au niveau de la peau = petite acné. Cela suffit-il à justifier ma peur ?

 

Donc :

 

Actuellement je pense en premier à la sphère mentale mise en avant, 5, 6 ou 7, mais au départ, je me suis d'entrée vu comme un 4 avec cette envie de vouloir être différent mais pas catalogué (une différence reconnue en est elle encore une ?), et aussi une tendance à rechercher d'autres manières de faire ou de vivre. De plus par le passé, il m'est souvent arrivé d'aider les autres pour fuir mes propres soucis (grosse désintégration en 2 ?). Ce n'est plus le cas maintenant, cela dit.

 

Dans la vie, je prend souvent (trop) mon temps pour agir, je pèse indéfiniment le pour et le contre. En même temps, je manque de sociabilité également, et j'ai souvent fui les contextes qui me demandent de m'exprimer à l'oral. Peur de quoi ? Des gens ? De ne pas être compris ?

 

J'ai également une tendance à la boulimie d'acquisition d'informations, et ressens un grand vide par moment lorsque je ne suis pas en train de lire ou de surfer sur le net. C'est mon état d'esprit actuel, ce vide, que j'ai trouvé angoissant au début, mais qui me semble avoir un sens, cela dit.

 

Dans mon idée, je suis peut-être un 5, mais n'étant pas complètement sûr, je vous demande votre avis pour confirmer.

J'espère ne pas avoir été trop long. Merci d'avance.

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Bonjour Koum Koum,

 

Il semble que tu te perçoives d'abord comme un mental. Qu'en est-il des autres centres ?

Tu sembles manifester une volonté de te connecter à l'émotionnel. Est-ce quelque chose que tu as du mal à faire en temps normal ? Ou pas du tout ? Ou bien, as-tu de la facilité avec le ressenti émotionnel mais de la difficulté à le manifester ?

Par exemple, quand tu écris :

"Je me suis rendu compte que je dessinais avec mes yeux et mon cerveau, et pas avec le coeur. Je crois que c'est pour cela que j'étais frustré en grande partie, car je me rendais bien compte que c'était cela qui me manquait, et que pourtant j'aurais voulu restituer sur la feuille. Je trouvais mes dessins conformes, mais sans densité émotionnelle. Pas la moindre, alors que ceux des autres, moins réussis techniquement transmettaient du sentiment."

est-ce que tu ressentais des émotions et étais frustré de ne pas arriver à les manifester, ou bien, étais-tu frustré de ne pas ressentir d'émotions ?

 

Et qu'en est-il du centre instinctif ? Te définirais-tu comme actif ? Comme paresseux ? Comme actif dans certaines circonstances et paresseux dans d'autres ?

 

Tu parles à deux reprises de peur. Est-ce quelque chose de fréquent chez toi ? La ressens-tu uniquement vis-à-vis du regard des autres, ou bien dans d'autres circonstances ?

Envisages-tu ce qui pourrait t'arriver par la suite, quand tu es mis sur un piédestal devant le regard des autres ? Si oui, quoi ?

 

Question hypothèses de type : tu envisages les trois types mentaux, ainsi que le 4. J'aurais tendance à ne pas éliminer non plus le 9 alpha.

- le 4 : vis-tu la passion d'envie et la fixation de mélancolie ?

- le 5 : ce qui me fait tiquer, c'est "De plus par le passé, il m'est souvent arrivé d'aider les autres pour fuir mes propres soucis (grosse désintégration en 2 ?).". Parce qu'un comportement aussi éloigné de la passion d'avarice dans un moment de soucis, donc propice aux manifestations egotiques, ce n'est pas très cohérent

- le 6 : pas impossible (mais toute personne fréquentant ce forum sait que je vois des 6 - presque - partout).

- le 7 : franchement, je ne vois pas grand chose qui aille dans ce sens, mais? vis-tu la passion d'intempérence et la fixation de planification ?

- le 9 : j'attends de savoir comment tu perçois ta hiérarchie des centres, mais c'est une hypothèse - marginalement - envisageable.

 

Petites questions subsidiaires :

- Ton prof t'a complimenté pour avoir vu l'architecture des choses. Est-ce courant et/ou naturel chez toi, de percevoir l'architecture ou la structure des choses ? Si oui, est-ce important pour toi ?

- Comment définis-tu "manquer de sociabilité" ? Est-ce qu'il manque quelque chose aux groupes ? Est-ce qu'il te manque quelque chose ? Est-ce qu'il y a un risque ? Est-ce que participer à des groupes implique de sacrifier, perdre ou dépenser quelque chose ?

- Quand tu parles de peur de ne pas être compris, est-ce que "ne pas être compris" désigne principalement ton état émotionnel ? L'information que tu apportes ? Les deux ?

 

Très cordialement,

Bénédicte

Bénédicte (6 alpha, aile 5, C++ S+/- X--)
Dubito, ergo sum (Je doute, donc je suis)

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Salut Bénédicte,

 

Je vais répondre à tes questions pour commencer.

 

Le centre que j'exclus de suite c'est l'instinctif. Ca c'est sûr. Au niveau de l'action, j'agis vite difficilement, ou seulement s'il y a urgence.

 

Le plus dur, c'est d'être certain du positionnement des centres émotionnel ou mental.

 

Après réflexion cela dit, je pense ressentir fortement les émotions. La difficulté réside dans leur manifestation. J'ai en effet beaucoup de mal à livrer mes états d'âme, je "prends" souvent sur moi. Il m'est déjà arrivé de simuler l'enthousiasme ou la bonne humeur pour éviter d'avoir à parler d'éventuels tracas.

 

A propos du dessin :

 

Je crois que quand je dessinais les modèles, je ressentais consciemment peu d'émotions, d'où deux théories :

1) Les modèles ne m'inspiraient pas, donc je ne ressentais rien ou presque pas, et du coup je dessinais avec le mental, c'est-à-dire de manière purement technique. (J'y crois peu.)

2) Mes émotions, quoique ressenties, étaient bloquées ou refoulées, et ma soi-disant technicité reflète ce refus ou la cette crainte d'extérioriser mon état émotionnel, une sorte de réflexe de protection. (J'opte plus pour cette idée.)

 

Je crois finalement que ma frustration provenait du fait que je me rendais compte de cet état de refoulement qui limitait à mes yeux mon travail (bien dessiné oui, mais émouvant certainement pas = :happy:).

 

Au niveau du centre instinctif, comme je l'ai dit plus haut, non seulement je suis lent à l'action, mais aussi à la décision. Pourquoi ? J'opte pour le manque de confiance qui est une réalité chez moi. La crainte de faire le mauvais choix fait que je met du temps à me décider, puis à agir (Hé ! Je vois se profiler le schéma émotion - réflexion - (in)action) ! Centre émotionnel en premier donc, on dirait.

 

Je suis rapide et efficace seulement dans l'urgence ou pour les autres, mais pour moi-même, je ne me bouscule pas, même quand je devrais. Je positionne de manière sûre, le centre instinctif en dernier.

 

La "peur" :

 

Ma bonne copine depuis longtemps malheureusement :

- au niveau social surtout, la crainte d'être vu comme quelqu'un de bizarre, pas comme les autres (le 4 pointe son nez encore), et du coup un tempérament solitaire plus ou moins voulu,

- au niveau professionnel, la peur de mal choisir une profession et de m'y trouver coincé, de m'y ennuyer sans espoir d'y changer quoi que ce soit. (Victime de mon émotion de peur, je me retranche dans la réflexion et agis peu.)

 

Ce que je redoute lorsque je suis mis sur un piédestal :

-que j'en sois (violemment ?) descendu et en ressente un profond sentiment d'échec (Cela m'est arrivé à l'école. Élève prometteur puis dégringolade subite difficilement explicable.),

-être marginalisé, fut-ce de manière positive.

 

Au niveau des passions :

 

Je penche encore pour le 4 finalement. Je connais cette crainte d'être quitté pour quelqu'un de plus "brillant" ou plus "unique" que moi, au niveau amoureux notamment. Je me compare souvent aux autres. Pas pour leur monter dessus, mais plutôt pour me rassurer sur ma propre valeur.

 

En parlant de désintégration : je disais que je m'étais déjà réfugié dans l'aide aux autres plutôt que de résoudre mes propres problèmes.

 

Je pense que lorsque j'ai fait référence à ma boulimie d'acquisition d'informations que j'attribuais au type 5, cela peut peut-être être vu comme une fuite de ses problèmes personnels du style : je suis angoissé par des questions non résolues, plutôt que d'y réfléchir, je vais réfléchir à plein d'autres choses, sauf celle qui me turlupine vraiment. Cela ressemble au 4, non ? Chercher à l'extérieur plutôt que de se pencher sur soi-même ?

 

Les questions subsidiaires.

 

Percevoir l'architecture des choses :

 

J'ai su que je faisais cela en allant à ce cours de dessin. Ca se faisait tout seul. En fait, je ne voyais pas d'autre manière de dessiner. C'est en m'observant que le prof s'est rendu compte que je percevais ainsi.

 

Au niveau du dessin, ça veut dire que je représentais les lignes principales les plus extérieures (selon moi), et j'affinais vers l'intérieur. Je pouvais "attaquer" par n'importe quel côté, ou même un peu par ci, un peu par là. Peu importait, le résultat était vraiment bon la plupart du temps. Je faisais ça comme ça, en suivant mon instinct, c'est le cas de le dire.

 

Cela dit j'ai fait un rapprochement avec ma manière d'apprendre qui ressemble à la manière dont je dessine selon moi : j'ai souvent besoin d'avoir une image globale des choses d'abord, et je précise ensuite. Un enseignement linéaire ou peu structuré me fait vite décrocher. Il me faut d'entrée le principe de base et les idées-clés, je crois que c'est comme ça que ça rentre mieux.

Je ne sais pas si je dois trouver cela important ou non, c'est ainsi apparemment.

 

La sociabilité :

 

Je manque de sociabilité dans la mesure où je me sens souvent en décalage avec les gens. J'ai du mal à entrer en contact surtout avec les groupes, avec l'impression de les regarder de l'extérieur sans en faire partie. Je suis souvent stressé en fait par les contextes de rencontres avec de nouvelles personnes. Cela relève plus du ressenti.

 

La compréhension :

 

Dans la communication avec les autres, je crains souvent d'être mal perçu ou compris. On m'a souvent dit que j'étais dans mon monde, et quand je fais l'effort de communiquer, je suis souvent maladroit, parce que ça me stresse de me dévoiler un peu en quelque sorte, afficher un visage "sympa et cool" de manière sincère, c'est pas toujours évident pour moi. Et quand je partage des idées, j'ai peur parfois que mes interlocuteurs ne me suivent pas dans mes raisonnements, ce qui arrive parfois quand je me laisse aller à parler vraiment, alors je préfère m'autocensurer et limiter ma réponse. Bon ça fait un peu bizarre de dire ça comme ça. Tu vas croire que je suis un peu frappé, mais bon peut-être que oui. :cry:

 

Voila, j'espère ne pas avoir été trop long.

 

A+, koum koum

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Bonjour Koum Koum,

 

OK pour l'instinctif réprimé, c'était d'ailleurs l'impression que je retirais du premier message.

Il nous reste donc les possibilités suivantes :

- Emotionnel > Mental > Instinctif, et le seul type envisageable dans ce profil est 4 alpha, car je ne vois pas dans ce que tu écris les mécanismes du 2 mu ou du 3 mu.

- Mental > Emotionnel > Instinctif, et dans ce profil le 6 alpha est ce qui correspond le mieux. Je ne vois aucun mécanisme 7, et ceux du 5 sont à mon avis trop partiels pour constituer plus qu'une aile potentielle.

- Le 9 alpha, que je retenais dans mon précédent message, me semble assez peu probable si les émotions sont fortement présentes chez toi.

 

Cela va donc se jouer entre le 4 alpha et le 6 alpha, ce qui était mon impression de départ.

Rien dans ce que tu écris n'est incompatible avec le 6. J'aurais pu dire moi-même tout ce que tu as dit, sauf que l'anecdote "dessin" serait plus probablement chez moi une "anecdote musique", et que mon histoire personnelle et familiale fait que j'ai peu de problème à prendre la parole (voire chanter) en public, ce qui ne m'empêche pas d'avoir peur si l'assistance est un "eux" plutôt qu'un "nous". Simplement, j'ai assez de technique vocale pour que ma peur ne m'empêche pas de parler ou chanter. Et en général si je me suis laissée mettre en situation de me produire en public, c'est que je maîtrise raisonnablement le sujet.

 

"Il m'est déjà arrivé de simuler l'enthousiasme ou la bonne humeur pour éviter d'avoir à parler d'éventuels tracas."

Que risquait-il de se passer si tu en avais parlé ?

 

"Mes émotions, quoique ressenties, étaient bloquées ou refoulées, et ma soi-disant technicité reflète ce refus ou la cette crainte d'extérioriser mon état émotionnel, une sorte de réflexe de protection."

Même genre de question. En quoi extérioriser ton état émotionnel peut-il être un objet de crainte ?

Question subsidiaire : as-tu des formes ou techniques d'art ou autres te permettant d'extérioriser ou au moins d'exprimer tes émotions sans craindre le regard des autres ? Si non, pourquoi pas ?

 

"J'opte pour le manque de confiance qui est une réalité chez moi. La crainte de faire le mauvais choix fait que je met du temps à me décider, puis à agir (Hé ! Je vois se profiler le schéma émotion - réflexion - (in)action) ! Centre émotionnel en premier donc, on dirait."

Pas nécessairement. Chez le 6, la peur de la déviance déclenche la répression du mental, et la prédominance du centre de support (l'émotionnel chez le 6 alpha).

Retour au "fil rouge" (= "et si?"): quelles auraient été les conséquences d'un mauvais (?) choix ? Est-ce qu'un choix en accord avec ton état émotionnel pourrait être un mauvais choix ? Si oui, pourquoi ?

 

"Je suis rapide et efficace seulement dans l'urgence ou pour les autres, mais pour moi-même, je ne me bouscule pas, même quand je devrais."

Là, franchement, c'est nettement plus 6 que 4?

 

"Au niveau social surtout, la crainte d'être vu comme quelqu'un de bizarre, pas comme les autres (le 4 pointe son nez encore)."

Euh? en fait plus 6 que 4 là aussi. Contrairement à certaines idées reçues, un 6 peut préférer être (au moins physiquement) seul qu'être dans des groupes où il se sent déviant. Peur d'être rejeté, critiqué, etc. Au moins, seul, on sait où on en est, il n'y a pas cette incertitude permanente, cette crainte de ce qui va arriver au cas où?

 

"Crainte d'être marginalisé"

Comment définis-tu "marginalisé" ? Par rapport à qui ou quoi ? Que risques ou risquais-tu en étant marginalisé ? A l'inverse, qu'est-ce que ça t'aurait apporté de spécial d'être marginalisé ?

 

"Je penche encore pour le 4 finalement. Je connais cette crainte d'être quitté pour quelqu'un de plus 'brillant' ou plus 'unique' que moi, au niveau amoureux notamment."

Que ce soit arrivé ou non, qu'as-tu ressenti envers ceux pour qui on t'a quitté, ou pour qui on pourrait ou aurait pu te quitter ? Arrives-tu à te faire, à te résigner à cette idée ? Si oui, à ce moment-là que ressens-tu envers les personnes concernées : celle qui t'a quitté ou pourrait le faire ? Celle pour qui on t'a quitté ou pourrait le faire ?

 

"Cela ressemble au 4, non ? Chercher à l'extérieur plutôt que de se pencher sur soi-même ?"

Ben non, justement. Le 4 est dirigé vers l'intérieur, et va probablement consacrer du temps à ressentir, émotionner, dramatiser et/ou sublimer ses problèmes.

 

"Cela dit j'ai fait un rapprochement avec ma manière d'apprendre qui ressemble à la manière dont je dessine selon moi : j'ai souvent besoin d'avoir une image globale des choses d'abord, et je précise ensuite. Un enseignement linéaire ou peu structuré me fait vite décrocher. Il me faut d'entrée le principe de base et les idées-clés, je crois que c'est comme ça que ça rentre mieux."

Ceci me semble beaucoup plus mental qu'émotionnel. Rien d'incompatible avec le 6 qui, en raison de ses (plus ou moins) fréquentes répressions du mental, souhaite que les choses aient une structure (si possible explicite) pour avoir quelque chose à quoi se raccrocher dans ces moments-là.

 

"Je manque de sociabilité dans la mesure où je me sens souvent en décalage avec les gens. J'ai du mal à entrer en contact surtout avec les groupes, avec l'impression de les regarder de l'extérieur sans en faire partie. Je suis souvent stressé en fait par les contextes de rencontres avec de nouvelles personnes. Cela relève plus du ressenti."

Je pourrais en dire autant.

As-tu une idée de ce qui cause ce maintien à l'extérieur du groupe ? As-tu besoin de temps et d'informations pour te sentir en confiance et participer ? Quel genre de décalage ressens-tu ? Est-ce à propos des idées ? Des émotions ? Du mode de vie ?

 

"Bon ça fait un peu bizarre de dire ça comme ça. Tu vas croire que je suis un peu frappé, mais bon peut-être que oui."

Ben, dans la mesure où je ressens fréquemment la même chose, eh bien on est au moins deux frappés !

Au fait, que ressens-tu à la lecture de cette phrase ?

 

Très cordialement,

Bénédicte

Bénédicte (6 alpha, aile 5, C++ S+/- X--)
Dubito, ergo sum (Je doute, donc je suis)

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Bonjour Koum Koum, bonjour Bénédicte,

 

Pour apporter un peu de contradiction à Bénédicte, tout ce que tu as écrit peut parfaitement correspondre à un 4 alpha (ce que je suis).

 

Je vais tout d'abord reprendre les points de Bénédicte qui lui font pencher vers le 6.

 

"Je suis rapide et efficace seulement dans l'urgence ou pour les autres, mais pour moi-même, je ne me bouscule pas, même quand je devrais."

Je crois que c'est aussi 4 avec un instinctif très fortement réprimé. Personnellement, je ne m'implique à fond que lorsque cela doit etre fait pour cause d'urgence, particulièrement si cela m'intéresse peu. Je ne crois donc pas que ce soit distinctif du 6. Cependant, mon ami 6 fonctionne aussi de cette manière.

 

"Au niveau social surtout, la crainte d'être vu comme quelqu'un de bizarre, pas comme les autres (le 4 pointe son nez encore)."

Encore là, le 4 social pourrait bien être une option. En effet, je vois tout à fait le lien avec la déviance et donc la possibilité 6 (bien que si contrephobique?). Cependant, la peur de mon image extérieure et de la perception des autres me conduit souvent à l'effacement total, même si j'ai l'envie qu'on me remarque. C'est une dualité qui me semble marquée chez le 4 social, être remarqué tout en ne faisant rien pour l'être. Et de toute façon, si je le suis pour une compétence X ou Y, je remets en cause la spontanéité de cette reconnaissance? Est ce que cela évoque quelque chose pour toi Koum Koum ?

 

"J'opte pour le manque de confiance qui est une réalité chez moi. La crainte de faire le mauvais choix fait que je met du temps à me décider, puis à agir (Hé ! Je vois se profiler le schéma émotion - réflexion - (in)action) ! Centre émotionnel en premier donc, on dirait."

Tout le monde a probablement peur de faire le mauvais choix. Je ne sais pas si c'est plus 4 ou 6 à ce niveau? Je suppose que les ennéatypes ne vivent pas ce risque de la même façon cependant? mais c'est tout de même de la peur chez moi. (A cause du mental en deuxième ?)

 

"Cela dit j'ai fait un rapprochement avec ma manière d'apprendre qui ressemble à la manière dont je dessine selon moi : j'ai souvent besoin d'avoir une image globale des choses d'abord, et je précise ensuite. Un enseignement linéaire ou peu structuré me fait vite décrocher. Il me faut d'entrée le principe de base et les idées-clés, je crois que c'est comme ça que ça rentre mieux."

Je ne vois pas pourquoi ce serait plus 6 et que quelqu'un de 4 ne pourrait pas fonctionner de cette manière. Le sens du beau peut très bien s'exprimer à travers la compréhension d'une structure d'ensemble, d'une logique aboutie. Le sens du beau peut s'appuyer sur une construction mentale sans aucun problème. C'est mon cas à travers mon métier de chercheur. De même, un enseignement est intéressant car structuré et donc beau? Encore une fois, le support du mental? La question est plutôt de savoir si tu es ému par un cours, par le fait de dessiner ? Imagines-tu le résultat que tu vas obtenir et ce que tu espères ressentir en le voyant fini ? Et il est possible que le décalage entre ce que tu espérais et ce que tu obtiens provoque ta déception et cette impression de manque d'émotions? Si c'est ce cheminement, ça ressemblerait à du 4.

 

Maintenant je me permet de faire quelques commentaires sur ce que tu écris et qui me donne l'impression d'être complètement 4.

 

"Je penche encore pour le 4 finalement. Je connais cette crainte d'être quitté pour quelqu'un de plus 'brillant' ou plus 'unique' que moi, au niveau amoureux notamment."

Alors là? j'aurais pu écrire ceci sans aucun problème. C'est une grande problématique chez moi? la peur de l'abandon car je ne suis pas assez bien. Tout y est : le manque de confiance, l'envie, l'introjection, etc., et probablement la jalousie qui doit parfois s'extérioriser?

 

Dans un de tes messages précédents, tu dis : "Je pense que lorsque j'ai fait référence à ma boulimie d'acquisition d'informations que j'attribuais au type 5, cela peut peut-être être vu comme une fuite de ses problèmes personnels du style : je suis angoissé par des questions non résolues, plutôt que d'y réfléchir, je vais réfléchir à plein d'autres choses, sauf celle qui me turlupine vraiment. Cela ressemble au 4, non ? Chercher à l'extérieur plutôt que de se pencher sur soi-même ?"

Je trouve que cela ressemble très fortement à de la sublimation, l'autre mécanisme de défense du 4 avec l'introjection. Mais je crois que pour le 4, c'est assez difficile de se rendre compte de ce mécanisme. J'ai toujours beaucoup de mal à ce niveau, donc je vais avoir du mal à aller plus loin sur ce point. Remarque, il m'est arrivé de travailler comme un fou après un rupture pour fuir?

 

"Je manque de sociabilité dans la mesure où je me sens souvent en décalage avec les gens. J'ai du mal à entrer en contact surtout avec les groupes, avec l'impression de les regarder de l'extérieur sans en faire partie. Je suis souvent stressé en fait par les contextes de rencontres avec de nouvelles personnes. Cela relève plus du ressenti."

Encore une fois, cela entre très fort en résonance avec moi. Je trouve que l'hypothèse du 4 social est même assez vraisemblable. Je suis désolé de te dire ça, Koum Koum, mais tu ressembles beaucoup à mon profil en ennéatype (4 alpha social).

 

J'ai juste répondu aux points les plus flagrants pour moi? mais de nombreuses autres choses me font penser au 4 dans l'approche même du dessin. J'espère, Bénédicte, que tu ne m'en voudras pas de la contradiction? J'ai l'impression que les 4 ont parfois tendance à vouloir voir des 4 partout. :happy:

 

Amitiés,

Jean-Charles

4 alpha, sous-type social, (3,5)

Jean-Charles – E4 alpha

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Bonjour à tous,

 

Eh bien, Koum Koum, tu as les arguments pour chacun des deux types les plus envisageables.

Plus quelques questions pertinentes permettant, en affinant le ressenti, de réfléchir sur le mécanisme.

 

Merci Jean-Charles pour l'angle 4.

 

A mon avis, Koum Koum, les deux angles principaux permettant d'orienter ta réflexion, pourraient être :

- La hiérarchie des centres. L'émotionnel est-il, en permanence, ton centre dominant ? Comment fonctionne ton mental ? En support de l'émotionnel (4) ou alternant préféré et réprimé (6) ? Ceci va peut-être nécessiter une auto-observation de ta part sur une longue période.

- L'importance de l'envie chez toi. (Comme Jean-Charles l'a fait observer, la peur peut être très présente chez le 4 social.)

 

Très cordialement,

Bénédicte

Bénédicte (6 alpha, aile 5, C++ S+/- X--)
Dubito, ergo sum (Je doute, donc je suis)

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Bonjour Bénédicte et Jean-Charles,

 

Suite à vos commentaires et à vos questions, je pense également qu'un temps d'auto-observation s'impose.

 

Je remarque que bizarrement lorsque je m'évoque cette idée (m'auto-observer profondément), quelque chose en moi se crispe, comme si une résistance voulait m'en empêcher, comme si cela était superflu et qu'il y avait des choses bien plus importantes à faire que pratiquer l'introspection. C'est quoi ? Mon ego qui se sent en danger ? Cette personnalité un peu artificielle que je me suis fabriqué pour fonctionner ?

Subitement il me parait très important d'aller faire les courses, fixer mon étagère, alors que j'ai du temps pour tout cela. Dur dur de me pencher sur moi même.

 

Cela dit je vais remettre sur le tapis le type 9 que Bénédicte avait éloigné vu la teneur émotionnelle et/ou mentale de ma dernière réponse.

 

Après avoir relu le portrait du 9 caractérisé par un instinctif réprimé, je crois que je vais le garder comme hypothèse. J'avais aussi écarté cette idée en premier, mais le concept de répression de l'instinctif me paraît quand même valable dans mon cas. Le fait que les 3, 6 et 9 soient parmi ceux qui ont le plus de mal à s'identifier va dans ce sens. Il y a évidemment bien d'autres raisons.

 

Comme le 9 :

 

- J'ai du mal avec l'action. Pour agir il faut que je sois poussé souvent par une raison extérieure. Des fois je me dis qu'il a fallu un prof et un cours pour que je m'autorise à dessiner, alors que ne dessinais quasiment jamais chez moi. Dans ce cas, je me suis mis en condition d'être "poussé", incité à agir.

Ceci est valable pour énormément de choses : la plupart du temps je réagis au lieu d'agir.

 

- Prise de décision = très difficile = lenteur dans l'action (utilisation du centre émotionnel ou mental à la place de l'instinctif au moment d'agir).

 

- Recherche d'harmonie entre moi et mon environnement auquel j'attribue souvent mes difficultés si j'en ai.

(Exemple tout bête : en racontant à mon entourage ces faits, je reprochais au prof de dessin ses éloges gênantes qui me valaient les regards "angoissants" des autres élèves, au lieu de me dire que j'avais un problème avec la gestion de telles remarques ; en fait je souhaitais qu il n'y ait jamais de vagues - vision "bizarre" de l'harmonie ? - ce qui n'est pas une solution.)

 

- Evitement de l'introspection, à tel point que je somatise régulièrement au niveau de la peau. Mon corps exprime ce que mon esprit refoule, beaucoup d'émotions rentrées.

 

- Je ne me reconnais que peu de qualités (à part la médiation et l'organisation quand je fais un gros effort sur moi), et ce n'est pas de la modestie. Souvent d'ailleurs, je minimise les compliments qu'on me fait, ou je réagis par la fuite ou la gêne.

 

- Très fusionnel : dans une relation, l'autre est au centre ; c'est l'autre personne qui est importante ; je m'efface royalement et deviens son plus fidèle serviteur.

 

- Narcotisation : Je crois bien que c'est de cela qu'il s'agit lorsque je me mets à "bouffer" littéralement des informations sur tout et n'importe quoi, sur Internet le plus souvent. Ce petit manège me permet de fixer mon attention sur autre chose que mes besoins. A d'autres périodes, je testais des recettes de cuisine, quand ce n'était pas du bricolage. Des choses secondaires pourrait-on dire. D'ailleurs le 9 a du mal à détacher les choses importantes de celles qui le sont moins. Pour lui rien n'est important. J'ai l'habitude de relativiser les choses de cette manière. Alors, narcotisation du 9 ou sublimation du 4 ? Suis-je bien objectif ?

 

- J'évite les conflits, un vrai trait de caractère. Je sais faire face, mais seulement quand je n'ai plus le choix.

Autant que possible, j'essaie de faire en sorte que les situations relationnelles ne s'enveniment pas. En cas de colère ou de conflit ouvert venant d'un interlocuteur (notez qu'une fois de plus je suggère que s'il y a un problème, cela vient forcément de l'autre (extérieur)), je me rétracte, me refroidis dans un silence plus ou moins difficile à gérer (eh oui, je crois bien que je refoule ma colère, d'ailleurs je suis rarement en colère).

 

- La paresse et moi : dur d'avoir à le reconnaître, mais j'en fais la preuve à beaucoup de niveaux, et invoque souvent la peur ou l'hostilité extérieure pour justifier mon inaction. Je sais que peur et paresse sont liées, surtout si un 9 se désintègre en 6.

 

Voilà ma réflexion.

 

Si je "veux" me retrouver dans le 9, il y a pas mal de points qui me permettent de le faire. Après avoir écrit ces lignes, je suis encore un peu plus convaincu.

 

Sans revenir sur les arguments en faveur du 4 ou du 6, qui ont aussi une certaine validité, je constate que réfléchir de manière approfondie et juste sur moi-même, est loin d'être aisé, et que faire preuve d'une objectivité maximale me prendra du temps.

Je pense que je refoule beaucoup d'émotions (la colère en première position, très certainement), et que mon mental essaie souvent d'éviter les points-clefs. C'est peut-être pour cela que je me sens à côté de mes pompes assez régulièrement sans oser me l'avouer de vive voix.

 

Je suis désolé de te dire ça, Koum Koum, mais tu ressembles beaucoup à mon profil en ennéatype (4 alpha social).
Tu n'as pas à être désolé, ça ne doit pas être une si mauvaise affaire d'être un 4, si ? :wink:

 

"Bon ça fait un peu bizarre de dire ça comme ça. Tu vas croire que je suis un peu frappé, mais bon peut-être que oui."

Ben, dans la mesure où je ressens fréquemment la même chose, eh bien on est au moins deux frappés !

Au fait, que ressens-tu à la lecture de cette phrase ?

Réponse : j'ai ri. :heart:

 

Bon j'arrête là, c'est l'heure de déjeuner. Je réagis à mon estomac cette fois.

 

Amicalement, koum koum

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Bonjour Koum Koum,

 

Même si le 9 peut faire sens, ce que tu écris n'élimine pas les variantes du 4 réprimant l'instinctif. La plupart des mécanismes que tu décris s'expliquent directement par la répression de l'instinctif.

En plus (tu peux mettre ça sur le compte de ma fixation :heart:) un nouveau type qui arrive au moment où on regarde les choses en face, :wink:.

Mais comme le 9 est après tout possible (même si, quelque part, ça dérange mon sens de la hiérarchie des centres?), remettons-le en course.

 

Je laisse à Jean-Charles le soin de décrire la "version 4" :wink: et me concentre sur ce que je connais par expérience personnelle. :happy:

- Difficulté à passer à l'action, paresse : compatible avec tout type réprimant l'instinctif.

- Besoin d'une influence extérieure : en ce qui me concerne, c'est le cas pour les activités qui me font un peu peur, ce sur quoi je manque d'informations, ce qui est nouveau pour moi.

- Difficulté de la prise de décision : fréquente aussi chez le 6, à cause du doute. (Disons que c'est peut-être un peu moins difficile pour certains 6, mais à mon avis cela a à voir avec la dernière lettre du profil MBTI, ce qui est quelque peu hors sujet.) Alors si en plus de douter avant de prendre une décision, on n'est pas un enragé de l'action, ben?

- Recherche d'harmonie avec son environnement : (il faudrait d'ailleurs préciser ce que tu entends par harmonie) pourrait être lié à l'évitement de la déviance.

- Attribuer ses difficultés à quelqu'un d'autre : pourrait aussi bien être une projection.

- Evitement de l'introspection : absolument pas mon cas, plutôt l'excès inverse :laugh: mais ce n'est pas inenvisageable non plus si l'introspection amenait une conscience de la déviance.

- Se reconnait peu de qualités : également présent chez le 4 et le 6.

 

Nouvelles questions pertinentes (enfin j'espère).

- Fusion : es-tu fusionnel aussi dans la durée ? Quand la relation tourne mal, ou semble mal tourner, restes-tu fusionnel ?

- Narcotisation : est-ce qu'elle fonctionne bien ? Arrives-tu à oublier tes problèmes ? Quand tu arrêtes l'activité narcotisante, tes problèmes et/ou tes besoins reviennent-ils ou non en force ?

- Evitement des conflits : y arrives-tu ? De quand date ton dernier conflit ?

- Je repose la question sur l'envie : est-elle présente au point d'être une passion ? Si on te quitte ou si tu penses ou crains qu'on te quitte, que ressens-tu et penses-tu envers les personnes concernées ? Vois-tu facilement ce qui te manque ? Qui te manque pour être quoi ? Comment réagis-tu ?

- La structure : en quoi est-ce important ? Sert-elle de support au sens du beau ? Sert-elle à te rassurer ? Si oui pourquoi ? Ou autre chose ? Arrives-tu facilement à distinguer les aspects importants d'une situation, ou bien tout est-il sur le même plan ?

- Si tu es 9, alors soit le mental, soit l'émotionnel, est co-réprimé avec l'instinctif. Lequel à ton avis ?

 

"Je remarque que bizarrement lorsque je m'évoque cette idée (m'auto-observer profondément), quelque chose en moi se crispe, comme si une résistance voulait m'en empêcher, comme si cela était superflu et qu'il y avait des choses bien plus importantes à faire que pratiquer l'introspection. C'est quoi ? Mon ego qui se sent en danger ? Cette personnalité un peu artificielle que je me suis fabriqué pour fonctionner ?"

C'est probable. Mais nous (= personnes ayant fait cette démarche) avons tous vécu ça, à un moment ou à un autre. Beaucoup, sur ce panneau, ont parlé de "mise à nu".

:calin:

 

Très cordialement,

Bénédicte

Bénédicte (6 alpha, aile 5, C++ S+/- X--)
Dubito, ergo sum (Je doute, donc je suis)

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