Institut Français de

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Bonjour à tous,

En lisant la conversation "Les types et la précocité intellectuelle", j'ai eu envie de réagir. En effet, je suis actuellement une psychothérapie, et le praticien m'a posé cette question : pourquoi doutez vous d'être intelligent ?

Question tout à fait surprenante, en fait. Écartons tout de suite la technique, je n'ai jamais mesuré mon QI, et je n'ai pas envie de le faire pour les mêmes raisons exposéees par Bénédicte dans des messages de cette conversation (j'ai horreur de répéter ce qui a déjà été dit, surtout quand cela a été bien fait).
Je ne peux donc pas vous dire si j'ai été précoce ou pas intellectuellement. J'ai juste des lignes de convergence. Et encore, c'est peut-être de la prétention.
Mes parents ont toujours été à l'écoute de nos idées, à ma soeur et à moi, quels que soient les sujets, et ceci très tôt. Ils ont toujours laissé libre court à nos raisonnements y prêtant une oreille attentive. Mon père a passé son temps durant mon enfance, à me répéter que le verbe était tout et que celui qui maîtrisait le verbe, était maître de sa vie. Mon père est un parfait autodidacte (ennéatype 1 sans aucun doute) qui a commencé ouvrier et fini directeur technique d'une entreprise de 1200 salariés.
Ceci était juste pour dire que mes parents ont tout fait pour que nous nous épanouissions.

J'ai eu un cursus un peu difficile au début de ma scolarité, car un peu dyslexique avec des notes en orthographe catastrophique. Ma moyenne générale était de fait moyenne, cet écueil cachant quelques brillances par ailleurs. Cependant, j'ai une scolarité normale dans le premier quart de ma classe.
J'étais distrait, très grand bavard. D'ailleurs, au collège, j'allais régulièrement au coin (car je dérangeais mes voisins et voisines). Ceci était d'ailleurs très profitable pour moi, car de toute façon j'apprenais le cours en l'écoutant. Mes devoirs étaient toujours fait à la dernière minute, de toute façon je n'avais pas besoin de trop de temps pour résoudre mes probèmes… Au pire une bonne nuit et la solution était là le matin.

Donc au final mention bien au bac sans trop forcer, je crois… Une scolarité correcte, mais pas exceptionnelle, dans le haut du peloton (comme beaucoup d'autres). Et puis la fac… (J'ai refusé d'aller en prépa pour de multiples raisons.)
Et là, l'explosion… J'ai enfin existé… Je faisais ce qu'il me plaisait en travaillant comme je voulais. En 1ère année de DEUG, j'avais déjà fait la plupart des programmes de licences… J'ai fini major du DEUG au DEA dans différentes universités… J'ai pris mon pied total, je comprenais tout, mes amis me demandaient de réviser avec eux pour les aider à comprendre les cours, j'avais l'impression d'avoir réponse à tout. Les profs me demandaient de venir dans leurs labos en DEA. On me faisait la cour dans un sens, un vrai plaisir pour un 4…

Je n'ai jamais vraiment compris ce qui s'était passé. Tout d'abord, j'ai beaucoup travaillé à la fac, mais pourquoi me suis je révélé à ce moment, je ne sais pas trop…
Au final, j'ai intégré l'INSERM, concours ô combien sélectif, et je suis à 33 ans responsable d'une équipe de recherche de huit personnes, ce qui est jeune dans notre domaine pour ce type de responsabilité (d'ailleurs, je paye souvent le fait d'être jeune). Et surtout, je suis considéré comme une personne particulièrement créative, réalisant un travail un peu en dehors des sentiers battus (on se refait pas… ça m'embêterait foncièrement de ne pas faire quelque chose de beau et d'original dans mon travail :laugh:).

Alors pourquoi avoir écrit ce mot… Ben parce que je ne me suis jamais senti en confiance, et que je suis en train de me questionner sur la façon dont je me vois… D'où la question posée par mon psychothérapeute… Je crois que mon enfance et mon adolescence ont été marquées par mon envie de sortir de la norme (surtout par le verbe :happy:), tout en ayant honte de l'image que je pouvais donner (4 social), probablement accentuée par une aile 3 mal placée et inhibante dans un sens. La honte de l'échec dans mon cas, peut-être !!!!
J'ai commencé à être réellement bon quand j'ai été indépendant.

En tant que 4 social, je peux vous assurer que j'ai en partie honte de ce message que j'ai l'impression rempli de vanité et de suffisance. Cependant, je crois que c'est aussi nécessaire pour moi d'accepter mes compétences sans systématiquement me rabaisser aussitôt (ce que je fais à longueur de journée).

Alors, je n'ai en fait aucune idée si j'ai été précoce… Une chose est sur dans mon cas, c'est plutôt l'inverse, j'ai été tardif. :confused:

Amitiés,
Jean-Charles
4 alpha, sous-type social (une aile 3 c'est sûr, et quand même une aile 5 souvent)

Jean-Charles – E4 alpha

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Bonjour Jean-Charles,

 

Je ne sais pas si l'ensemble de ma réponse va te convenir, mais je pourrais te dire que c'est peut-être la question posée qui fait, en premier, défaut.

En effet, "Pourquoi doutez-vous d'être intelligent" entraîne inévitablement pour un 4 la réponse : les autres sont plus intelligents que moi.

 

Je peux ajouter que je ne comprends pas très bien ton problème dans la mesure où ce que tu montres ici est un parcours personnel, comme il en existe tant d'autres. Il n'y a rien à redire. Tu ne voles la place de personne, les autres te font confiance ou pas. Et parce que tu es à l'aise dans ta profession, cela est un point totalement positif.

 

Enfin, tu ne peux pas mentir sur La réalité, sur ce qui est : ton lieu de vie, ton bureau, les gens qui t'entourent, les papiers et les projets, le temps qui passe.

Donc te rabaisser n'est qu'une manière d'écouter tes propres émotions. Regarde la réalité, les actions que tu mènes, les projets auxquels participent les gens autour de toi. Sans penser à l'intelligence. Juste le plaisir de te contenter de ce que tu as, de participer à un groupe.

 

Amicalement,

Christian

Christian (E4 alpha, Aile 5, C= S- X+)

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Bonjour Christian,

 

Je te remercie de ta réponse, et elle est très bien venue. Le but de ce post, je viens de m'en rendre compte, était en fait de me resituer de nouveau par rapport au contentement. Comme j'ai pu le décrire dans la discussion "Problème de 4 alpha ?", j'ai compris ce que voulait dire ce terme contentement et pourquoi cela était un pas essentiel vers un peu d'intégration.

 

En fait je me suis rendu compte que le fait de n'être jamais contenté m'a énormément limité dans beaucoup de domaines, d'où la notion d'inhibition. Par exemple, pourquoi participer à une chorale puisque tant de gens chantent mieux que moi ? Pourquoi prendre un risque puisque je vais montrer comme je suis inexistant ?

En fait, en résumé, l'envie n'a fait qu'accentuer la répression de mon centre instinctif.

Lorsque j'ai compris récemment ce qu'était le contentement, j'ai aussi compris l'importance de l'envie, raison principale de mon non-contentement.

 

Fabien a proposé que j'explique pourquoi j'ai eu cette révélation… Pourquoi pas maintenant…

En fait j'ai connu ces derniers mois une crise avec mon compagnon qui a bien failli briser notre relation. Je ne souhaite pas exposer ici les tenants et les aboutissants. J'avais juste des raisons objectives de me sentir blessé. Cependant, nous tenons si fortement l'un à l'autre que nous avons essayé et avons réussi à force de discussion et de compréhension à aller de l'avant. Néanmoins, cela n'a pas été facile et en grande partie de ma faute, car je ne voulais pas voir les efforts faits par lui pour continuer. Je n'avais de cesse de comparer ma situation à ce que j'aurais aimé ou ce que je pouvais observer dans d'autres couples. Tout était forcément mieux, plus fort, plus vrai. Je doutais donc de sa sincérité…

Cette situation était devenu si pénible pour moi que je pensais devoir le quitter. Je me faisais souffrir pour ressentir notre relation plus fortement, cherchant forcement des références négatives. Ce travail de sape, sans recul, sans chercher à voir les efforts de l'autre, enfermé dans ma douleur introspective, a duré plusieurs mois jusqu'à ce que mon ami me propose de faire une pause… Pas pour lui, mais pour moi car il voyait bien que je doutais de nous. J'ai alors vu la peur de ma réponse dans son regard…

Cela a été un choc, et cela m'a ouvert les yeux. En même temps en psychothérapie, nous en étions arrivé à la question dont je parle dans le premier post de cette discussion. Ces faisceaux de convergence se sont alors mis en place, et j'ai alors vraiment vu ce que faisait mon ami pour moi, pour nous. Je ne voulais rien voir, juste lui envoyer des messages contradictoires et agressifs. Je lui en voulais de n'avoir pas été comme je voulais qu'il soit, une envie par rapport à mes propres références rêvées. Une première leçon : l'envie n'est pas que par rapport aux autres mais aussi par rapport à nos propres rêves… Ceci est important pour un 4 vivant dans un imaginaire plutôt riche. Une deuxième leçon, l'envie conduit à être injuste et bornée soit avec soi, soit avec les autres. J'ai bien évidemment, dans ma vie, expérimenté ces deux versants.

 

Je m'aperçois que j'ai passé une grande partie de ma vie à avoir honte de moi par envie des autres. Voilà ce que j'ai compris en découvrant le contentement avec mon ami, en lui étant reconnaissant de ce qu'il était…

 

En fait ce post peut paraître peut-être naif mais avec le recul, tout semble si simple. Il suffit parfois de voir la sincérité de l'autre pour ne pas s'enfermer dans ses propres mensonges.

 

Amitiés,

Jean-Charles

4 alpha, sous-type social (une aile 3 c'est sûr, et quand même une aile 5 souvent)

Jean-Charles – E4 alpha

Fabien Chabreuil
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Bonjour Jean-Charles,

 

Bien sûr, c'est simple. C'est incroyable comme c'est simple, et comme nous pouvons élaborer des stratégies compliquées pour éviter ce pas si simple qui nous sauve.

Mais ce n'est pas de la naïveté, c'est de l'innocence au sens spirituel du terme, et c'est une vertu.

 

Merci de ce partage, il est beau.

Très amicalement,

Fabien

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