Institut Français de

l’ennéagramme

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Gracie

Ennéagramme et Freud

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Gracie

Bonsoir Fabien et tous les autres…

 

Une curiosité : y a-t-il des relations entre les notions de "Id, Ego et Superego" de Freud et les notions de base de l'analyse de l'ennéagramme (type, ego, essence).

 

Puisque l'ennéatype est considéré comme inné, serait-il equivalent au "id" freudien ? Mais qu'en est-il de la relation entre "ego" freudien et "ego" de l'ennéagramme ? Et le "Superego" de Freud, comment l'observe-t-on dans le système de l'ennéagramme ?

 

J'attends vos idées…

Merci. :angry:

Gracie, Type 1

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Fabien Chabreuil

Bonjour Gracie,

 

Je n'ai pas personnellement d'expertise dans ce domaine, et je ne peux donc que répéter des informations lues ici ou là en espérant ne pas trop les déformer. Je crois que le seul auteur à avoir vraiment traité le sujet est Don Richard Riso dans Personality Types.

 

En résumé, il pense que chaque centre est dominé par une des trois catégories freudienne : l'ego pour le centre émotionnel, le superego pour le centre mental et l'id pour le centre instinctif.

 

Ensuite, il attribue une problématique en fonction du centre réprimé (pour les variantes alpha) à l'une des trois catégories : la répression du centre émotionnel provoque une problématique de l'ego ; la répression du centre mental provoque une problématique du superego ; la répression du centre instinctif provoque une problématique de l'id.

 

Chaque type se définit alors par la combinaison des deux facteurs ci-dessus.

 

Très cordialement,

Fabien

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Nicolas

Bonjour à tous,

 

Pour ma part, je pense qu'il n'y a pas vraiment de relation entre l'Ennéagramme, qui décrit une partie de la structure de la personnalité, et la (seconde) topique de Freud, qui sert à expliquer les névroses (je simplifie, mais Freud s'intéressait surtout à expliquer comment les névroses apparaissaient) par les conflits entre id (ça) et superego (surmoi), conflits gérés par l'ego. Il ne s'intéressait d'ailleurs pas vraiment à l'ego (qui fut exploré par Anna Freud et les psychologues de l'ego). Son dada, c'était l'id.

 

Pour Freud, l'id représentait le lieux des pulsions et instincts, toutes ces énergies "souterraines" animales (n'oublions pas que Freud et ses contemporains étaient très marqués par la théorie de l'évolution de Darwin).

Le superego, quant à lui, était plutôt le siège de nos règles sociales et morales, on pourrait dire nos introjections en général (parentales et culturelles), et servait à inhiber nos pulsions animales. Pour Freud, c'est grâce à notre superego que nous étions civilisés.

On le voit, id et superego sont des instances opposées. Le rôle de l'ego était alors de négocier l'expression des pulsions tout en respectant les règles du superego.

J'ai beaucoup simplifié mais je pense (encore, ah ces 5) que l'essence est là. :laugh:

 

Pour revenir à l'Ennéagramme, quel que soit le type, id, ego et superego sont à l'œuvre.

On voit aussi que l'ego de Freud et celui de l'Ennéagramme ne sont pas les mêmes : "facilitateur" pour l'un, personnalité formée par divers mécanismes structurels pour l'autre.

L'essence pourrait correspondre à un état libre de névroses et présent, mais même une personne névrosée, voire psychotique, peut être dans son essence à certains moments (Assagioli, dans sa psychosynthèse, soutient que certaines pathologies sont des crises du développement personnel/transpersonnel, donc entre autres des tentatives de gérer des contacts avec l'essence, mais c'est un autre sujet).

 

Quant aux théories de Riso concernant ce sujet, je les trouve plutôt bizarres (mais je ne me base que sur le message de Fabien) :

  1. Comme on l'a vu, l'ego (ainsi que l'id et le surmoi) sont des instances présentes dans tous les types, donc il me semble faux de dire que les types émotionnels sont plus dominés que les autres par l'ego, les types du centre mental par le superego et ceux du centre instinctif par l'id (certains type du centre émotionnel peuvent être dominés par le superego, par exemple).
  2. Il est aussi plutôt hasardeux de relier le centre réprimé à une problématique liée à l'id/ego/superego ; les problématiques vont plutôt apparaître au cours de la petite enfance en fonction des accidents de vie (et en partie aussi, il est vrai, par la façon dont l'enfant va interpréter ces événements).
  3. Il me semble que si une personne devait être dominée par l'id, c'est plus une problématique liée à l'id qui devrait apparaître, et que donc le fait qu'un type soit la combinaison d'une domination-problématique telle qu'elle est présentée par Riso fait peu sens. De plus, cela impliquerait que le type disparaît lorsque la problématique en question (issue de la névrose) disparaît.

Et il peut être utile de rappeler que Freud, qui contrôlait le courant psychanalytique d'une main de fer, est mort en 1939, laissant alors à ses successeurs la voie libre pour de développer, modifier, disqualifier, abandonner ses théories. Une formule que j'ai lue et qui m'a beaucoup plu dit que cantonner la psychanalyse à Freud est comme cantonner la physique à Newton.

 

Amicalement,

Nicolas

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nicolas,

Merci d'avoir réactivé ce sujet. Malheuresement, je ne suis pas plus compétent en psychanalyse qu'il y a sept ans, et ce n'est vraisemblablement pas près de changer !

"Pour ma part, je pense qu'il n'y a pas vraiment de relation entre l'Ennéagramme, qui décrit une partie de la structure de la personnalité, et la (seconde) topique de Freud. […] Quant aux théories de Riso concernant ce sujet, je les trouve plutôt bizarres."
Je pense que, plus généralement, cette problématique des "Relations entre l'Ennéagramme et d'autres systèmes" fait intervenir massivement la Spirale Dynamique. Certaines personnes, vraisemblablement dominées par le vMème BLEU, ressentent un inconfort face à la complexité et l'incertitude. Dès qu'elles sont en possession de plusieurs modèles, elles rêvent de les réduire à un seul, avec de confortables équivalences strictes — mais dans ce cas, à quoi cela sert-il d'avoir plusieurs modèles ?

Droit issu des Jésuites et donc d'un milieu à BLEU dominant, Don Riso est tombé dans ce travers pour les liens avec le MBTI, comme nous l'avons vu au stage Connexions, et donc sans doute pour son rapprochement avec les travaux de Freud. Cela n'empêche pas une majeure partie de son travail d'être absolument remarquable et de me remplir d'admiration. Son décès, le 30 août dernier, m'a beaucoup peiné.

Très amicalement,
Fabien

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