Institut Français de

l’ennéagramme

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Gilou

Ennéagramme et cognitivisme

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Gilou

Coucou,

Je ne sais pas trop où placer mon long petit texte… Je ne sais non plus s'il intéressera quelqu'un ! Mais, bon, il ne peut faire de mal à personne… Je préviens que j'ai écrit cela en deux temps, trois mouvements, juste pour lancer un éventuel débat. :confused:

Je me suis plongé avec intérêt et plaisir dans la lecture du livre "Le principe d'humanité", de Jean-Claude Guillebaud (Seuil - 2001). Dans cet ouvrage, l'auteur s'attache à analyser ce qu'il considère comme la plus grande révolution humaine depuis le néolithique. Aujourd'hui, c'est le rapport de l'homme à lui-même qui est remis en question, sous la pression d'une triple révolution économique, informatique et génétique. Je me contenterai de citer le Frankfurter Allgemeine Zeitung : "Copernic a chassé l'homme du coeur de l'univers, Darwin du sein de la nature, la procréatique s'apprête à expulser l'homme de lui-même." Pour le reste, je renvoie à la lecture du livre. :tongue:
Ce qu'il importe de retenir ici, c'est que tout nous conduit à la définition de l'humanité : qu'est-ce qu'un homme ? Évidemment, l'Ennéagramme me semble concerné par ce débat !

Je suis particulièrement intéressé par le chapitre traitant du cognitivisme. Je suis désolé, mais je vais devoir citer des passages qui sembleront peut-être un peu longs. Ils auront le mérite d'être beaucoup plus clairs que je ne pourrais l'être ! Je tiens d'ailleurs à signaler que je ne suis spécialiste, ni des sciences cognitives, ni de l'Ennéagramme.
Il s'agit seulement d'ouvrir une réflexion. Cette réflexion s'avèrera-t-elle utile à l'Ennéagramme ou bien sans intérêt, c'est le débat qui nous le dira !

Attaquons !
Pour définir très sommairement le cognitivisme, je vais citer Guillebaud (pages 75 et 76).
"Le premier postulat tient à la nouvelle définition du fonctionnement du cerveau, directement inspiré de la métaphore informatique. Pour les cognitivistes, on distingue deux niveaux bien distincts : celui du cerveau entendu comme réalité matérielle, physique, relevant des neurosciences ; celui du même cerveau entendu comme un "processus" informationnel, c'est-à-dire comme une fonction que la logique informatique permet d'analyser. Ces deux niveaux entretiennent entre eux des relations comparables à celles qui unissent un ordinateur en tant que machine (hardware) et un ordinateur en tant que système de traitement de l'information (software). (…) Pour ce qui est de cette organisation, le système cognitif de l'homme est analogue, dit-on, à celui des mammifères supérieurs. Il se caractérise (deuxième postulat) par une série d'états représentationnels successifs ; le passage de l'un à l'autre étant gouverné par des processus analysables. Troisième postulat : ces états internes successifs se ramènent à des formules sémantiques, un "langage" comparable aux langages formels de la logique. Quant aux processus qui les régissent, ils sont réductibles à un petit nombre d'opérations originelles dont "l'exécution par une machine va de soi". Ils sont en quelque sorte décomposables en une suite de purs réflexes n'exigeant aucune interprétation subjective. Ils sont analogues à ceux qui régissent le "dossier système" d'un ordinateur."
Pour dire les choses autrement, les cognitivistes soutiennent que ce qu'on appelait jusqu'à présent la conscience est réductible à un processus, tributaire de la seule organisation cérébrale. Cette organisation est dotée par ailleurs de propriétés auto-organisatrices, comparables en tout point à ce que l'on peut observer dans un réseau d'automates. A leurs yeux, cela signifie que la pensée humaine équivaut à une forme de calcul et relève du "mécanique". Ils récusent toute idée d'intentionnalité, de sens, de finalité. Ces concepts humanistes ou idéalistes d'avant-hier désigneraient, à leurs yeux, des phénomènes cérébraux auto-organisés, purement physiques. Ces processus, il est désormais possible de les décomposer et donc de les reproduire artificiellement.

Un petit nombre d'opérations originelles, de purs réflexes, propriétés auto-organisatrices, relève du "mécanique" : je ne sais pas vous, mais moi, cela me renvoie à l'Ennéagramme, en ce qui concerne l'ego. Sous cet angle, l'ego ne serait-il pas la résultante de ce processus, la mécanique issue de notre organisation cérébrale ? En d'autres termes, chacun des neuf types de personnalités est-il autre chose qu'un programme installé dans notre cerveau ? Nous ne ferions alors que réaliser le programme de manière automatique. Cela serait d'autant plus vrai que serait confirmé le caractère inné des personnalités. Cela me semblerait différent si le type était acquis.

Je vous propose d'étudier maintenant les oppositions aux théories cognitivistes. Plusieurs auteurs ont porté des coups à ces théories. Les citations sont dans le livre de Guillebaud, pages 94 à 97.
"Searle rappelle que, si le cerveau humain est bien un mécanisme, c'est un mécanisme causal qui "a la propriété extraordinaire de produire de la conscience", alors que l'ordinateur "ne produit rien du tout, sinon l'état suivant de l'exécution du programme". Pour Hubert L. Dreyfus, " à la différence de l'ordinateur, l'homme n'est pas défini une fois pour toutes. Il est en devenir perpétuel. Sa nature est en mouvement permanent, tendue vers un but. (…) C'est le propre de l'homme, son humanité, que d'être capable de se construire au-delà de lui-même. Certes, il peut arriver qu'un homme rétrograde au point de se comporter aussi mécaniquement qu'un ordinateur, mais l'inverse est impossible." Dreyfus estime en réalité que la recherche scientifique n'autorise pas à faire n'importe quoi, parce que l'homme est doté de responsabilité. L'ordinateur, lui, est incapable de responsabilité et d'intentionnalité."
Enfin, certains "se demandent si le sentiment, les émotions humaines, ne jouent pas un rôle décisif dans la rationalité elle-même." Antonio Damasio pense que "contrairement à ce qu'on croit d'ordinaire, l'émotion ne joue pas un rôle perturbateur vis-à-vis de la raison, mais qu'elle en fait partie. Pour lui, elle est l'une des composantes de la rationalité humaine. Elle prouverait l'incroyable complexité des mécanismes cérébraux humains. "La perception des émotions, ajoute-t-il, est à la base de ce que les êtres humains appellent, depuis des millénaires, l'âme ou l'esprit."

La différence entre l'homme et la machine serait la subjectivité. Pour ma part, je ne veux m'aventurer dans les notions d'âme.
Qu'est-ce que ces critiques au cognitivisme m'inspirent vis-à-vis de l'Ennéagramme ? De prime abord, deux choses : si l'ego correspondait à l'application d'un programme pré-installé dans notre cerveau, l'essence correspondrait à ce qui fait de nous des hommes. Si le propre de l'homme, son humanité, était d'être capable de se construire au-delà de lui-même, ne serait-ce pas là la démarche de l'Ennéagramme, ce processus dans lequel nous entrons en conscience, qui nous pousse à nous libérer du programme de base ? Je parle ici de processus dans un sens différent de celui des cognitivistes : l'ego serait fait de procédés (des mécaniques), la libération de l'ego serait un processus (un mouvement). Ainsi, vu sous cet angle, l'Ennéagramme, nous fournirait le moyen d'accéder à la véritable humanité, avec responsabilité et intentionnalité.
Je retiens aussi la reconnaissance du rôle des émotions, ce qui ne surprend personne pratiquant l'Ennéagramme ! L'Ennéagramme, bien plus, ajoute la notion d'instincts comme troisième dimension constitutif de l'être humain. Une notion sur laquelle ces chercheurs devraient peut-être se pencher.

Ces réflexions sont faites à chaud. Sans doute sont-elles incomplètes, voire fausses, voire délirantes ! Peut-être, au contraire, viendront-elles nourrir notre connaissance théorique de l'Ennéagramme. De toute façon, en bon 5, je me dis que ça ne fait pas de mal d'y réfléchir ! J'espère que mon texte (encore une fois, mille excuses pour la longueur) saura intéresser certains d'entre vous.

Cordialement, :kiss:
Gilles

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Fabien Chabreuil

Bonjour,

Je n'ai pas le temps ce matin de répondre à ton message, Gilles. Peut-on d'ailleurs y répondre autrement que par une volée de points d'interrogation ?

Justement, pour ceux intéressés par ce type de sujets, je voudrais recommander l'extraordinaire ouvrage de Suzan Blackmore : "Consciousness, an introduction". Ce livre, hélas non traduit en français à ce jour, fait le point sur toutes les théories concernant la conscience, leurs points forts et les critiques qui en ont été faites. Le texte est particulièrement lisible pour un sujet aussi complexe. Bref, un must pour tous ceux qui s'intéressent à la personnalité humaine.

À bientôt,
Très cordialement,
Fabien

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Izz

Bonjour Gilou, bonjour Fabien,

Il faut vraiment être un 5 pour dire qu'un long texte a été écrit en deux temps, trois mouvements !
J'avoue que j'y ai vu un bel exposé de mental, intéressant, mais mental.

Ce que j'en ai compris est que notre fonctionnement y est ramené à celui d'une machine, d'un ordinateur.
S'il est vrai que l'ennéagramme type neuf sortes de mécanismes, ces mécanismes ne sont pas auto-régulés. Une volonté peut les sous-tendre et les amener à vivre un mécanisme ou un autre. Par ailleurs, il est possible à chacun de ces 9 types de modifier "son programme", pour reprendre ton langage, quand il le souhaite.

Ces "intentions" ne peuvent être portées à des machines qui ne font que ce qu'on leur commande de faire. Si elles s'auto-régulent, c'est parce qu'on leur a intégré un programme pour le faire. Le propre de l'homme est de pouvoir agir en spirale ascendante ou descendante, comme bon lui semble, si bon lui semble.
Si on peut parler de responsabilité, je parlerais plus de volonté, d'intentionnalité.

C'est vrai que ça ne fait pas de mal de réfléchir, mais peut-être que certains types devraient plus s'attacher à un peu moins réfléchir, un peu plus ressentir et un peu plus agir ? Cela ne fait pas de mal de réfléchir : tout dépend pour qui. J'en connais pour qui réfléchir les déconnecte complètement de la réalité !

Cordialement.

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Gilou

Bonjour Fabien, bonjour Isabelle,

Merci d'avoir répondu à mes questionnements !

Fabien, je crains bien que tu n'aies raison et que ces questions n'ouvrent que sur d'autres questions. Hélas, je ne parle pas l'anglais suffisamment bien pour lire Susan Blackmore… :peur:

Isabelle, il paraît qu'Emmanuel Kant, un 5 semble-t-il typique, avait mis un mot sur la porte de son cours : "Ne peux pas venir aujourd'hui, ne suis pas arrivé au bout de ma pensée." Pour ma part, j'ai lancé ce débat sans avoir une pensée, juste des interrogations : ce n'est pas mal pour un 5, non ? Aussi suis-je surpris de voir le sujet que j'avais proposé pour étude transformé en critique envers le centre mental…
Il paraît aussi que ce qui se conçoit bien s'exprime clairement. Comme, sur ce sujet, je ne conçois pas clairement, je ne me suis sans doute pas exprimé clairement. :blush: Je ne dis absolument pas que nous sommes des machines, mais que le cognitivisme donne à le penser. Je me rends compte que ce qui me pose problème est la notion du caractère inné de nos types. Comment écarter l'idée que ce caractère inné puisse être d'ordre génétique ? De ce point de vue, nous naîtrions avec un programme, et notre type en ferait partie. Quand tu dis, Izz, que "S'il est vrai que l'ennéagramme type neuf sortes de mécanismes, ces mécanismes ne sont pas auto-régulés. Une volonté peut les sous-tendre et les amener à vivre un mécanisme ou un autre", je suis bien d'accord, mais beaucoup de choses tiennent dans le "peut"… Que sommes-nous quand nous ne pouvons pas ?
Pour être clair, le caractère inné de nos types m'inquiète dans la mesure où il me semble introduire un déterminisme qu'on pourrait attribuer à la génétique aussi bien qu'à n'importe quoi. Sous cet angle, on ne pourra pas faire longtemps l'économie de se demander ce qu'implique une origine innée ou acquise.
"Le propre de l'homme est de pouvoir agir en spirale ascendante ou descendante" est une affirmation à laquelle j'adhère absolument. :happy: Comme bon lui semble, quand il le souhaite me semble par contre optimiste. Comme si la volonté était suffisante, hélas…
Il me semble que nous disons tous deux à peu près la même chose, sur le fond. :cool: Aussi, même si réfléchir procure des plaisirs incompréhensibles, je vais aller courir dans le froid glacial, ressentir quelques sensations ! :proud:

À plus tard, sur ce panneau ou un autre !

Très cordialement,
Gilles

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Gilou, en termes d'Ennéagramme, on ne peut donner tort à Isabelle quand elle écrit : "Cela ne fait pas de mal de réfléchir : tout dépend pour qui. J'en connais pour qui réfléchir les déconnecte complètement de la réalité !" Et cela doit être vrai parfois pour un 5, non ?

Bien entendu, à toi Isabelle qui ne préfère pas le centre mental et a tendance à agir avant de l'utiliser, on peut dire : "Cela ne fait pas de mal de réfléchir : tout dépend pour qui. J'en connais pour qui ne pas réfléchir les déconnecte complètement de la réalité !" Et cela doit être tout aussi vrai, non ?

 

On n'a pas encore de certitude absolue sur le caractère inné de l'ennéatype. On en a par contre sur le caractère inné de plusieurs autres traits de caractère, l'introversion ou l'extraversion par exemple. Il n'y a guère de différences entre les deux situations.

Que cela induise un certain déterminisme, c'est absolument évident. Mais, en quoi est-ce un problème ? Je suis (peut-être) prédéterminé pour être 7 ? Et alors ? Ce ne serait ni mieux, ni pire d'être autre chose. Personnellement, je ne suis pas plus ennuyé par cela que par le fait que je sois brun, et non pas blond.

 

Que l'homme ait (ou croit avoir) une volonté, qu'il puisse "agir en spirale ascendante ou descendante", je suis d'accord aussi. Rien ne prouve cependant que cela ne soit pas aussi l'effet des programmes de nos amis cognitivistes.

 

Très cordialement,

Fabien

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Gilou

Salut Fabien, salut tout le monde,

Je vais devoir répondre en deux parties !
Je voulais éviter d'alimenter la "querelle" autour du fait de réfléchir, dans la mesure où cela me paraît hors de propos. Mais bon… :sour: Evidemment que l'abus de l'utilisation d'un centre, quel qu'il soit, est mauvais pour la santé. :happy: Par rapport à la réalité, il peut favoriser une déconnexion, mais cela peut venir aussi bien d'une sur-utilisation ou d'une sous-utilisation de la pensée, de l'action ou des sentiments, par exemple. Nous sommes bien d'accord. Par contre… Ce que je vais dire n'a pas d'intention polémique, mais veut simplement pointer un problème qui se pose parfois, dans ce panneau comme ailleurs et auquel, Fabien, je sais que tu as déjà tenté de répondre. Je suis bien un 5. Mais je ne suis pas réductible à l'image du 5. Il faudrait me connaître avant de me renvoyer à cette image. J'agis et je ressens beaucoup tous les jours, même si ça ne m'était pas naturel et qu'il s'agit souvent encore d'un travail constant et renouvelé. Je découvre et je jouis du plaisir des sensations et des émotions (même si différemment d'un 8, qui est mon sens d'intégration, ou d'un 4, qui est mon aile). Mais je connais aussi le plaisir que peut procurer la réflexion mentale ! Et je trouve qu'il serait aberrant d'y renoncer justement parce que je suis 5… Non ? Donc, réfléchir ne fait pas de mal, au même titre que faire du sport ne fait pas de mal, ou que faire l'amour ne fait pas de mal : c'est l'abus qui n'est pas recommandé (encore que, dans l'un des cas… ! :blush:), ou comment on le fait.
Voilà, dit d'une autre manière, j'ai ressenti comme blessant et typiste (je ne pense pas inventer le mot) qu'on me renvoie l'image de mon type dès que j'essaie d'en utiliser le centre préféré. :sad:

Pfou ! J'ai déjà écrit tout cela, et je n'ai pas encore abordé mon problème avec l'inné et l'acquis…
Je vois le problème à deux niveaux :

  • Si nous naissons déjà typés, que devient l'argument "psychologiste" qui consistait à décrire la personnalité comme une construction en réponse à des pressions externes ? Par exemple, je m'étais parfaitement reconnu dans cette résistance à l'intrusion face à une mère trop possessive ; comme d'autres se reconnaissent en 4 en partie à cause de l'abandon réel dont ils ont souffert. Que devient l'argument que je deviens un 2 parce que mes parents m'ont orienté vers le service des autres (je caricature), ou un 8 parce qu'on m'a asséné "ne pleure pas, sois fort" (je caricature encore plus !) ? C'est justement ce qui m'avait attiré dans l'Ennéagramme : l'absence de déterminisme, l'idée que c'est la vie sociale qui nous modèle, et que nous construisions nous-mêmes nos défenses et réponses, rien de transcendant. Mon côté 5 y trouvait du sens, une explication rationnelle, et une prise stable pour évoluer. Dans cette optique, il s'agissait de me libérer de mécanismes dus à des causes psycho-sociales.
  • Mais si ce n'est pas la société (la famille principalement) qui me font m'orienter dans tel type de personnalité, je perds une explication qui me satisfaisait ! Je veux bien admettre que mon orgueil souffrirait de devoir me libérer de mes gènes plutôt que d'un conditionnement social : c'est moins noble ! Il n'est pas exactement la même chose que je me sois moi-même construit mon ego, ou bien qu'on me l'ai programmé… Mais, au-delà, l'origine génétique des types implique l'idée de programme, avec les questions qui vont avec : que devient ma participation à l'élaboration de ma personnalité (je parle de l'ego) dans l'enfance ? Pourquoi ce programme ? D'où vient-il ?

Bien sûr, cela ne change rien à l'objectif de l'Ennéagramme, ni à ses méthodes. Mais la base n'est plus tout à fait la même. Et cela réactive fortement l'ego du 5 qui en est tout angoissé !
Merci beaucoup pour votre attention courageuse ! :happy:

Gilles

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Querelle" autour du mental

 

Gilou, je ne peux qu'être d'accord avec ce que tu dis, puisqu'il s'agit en fait de rappeler un des éléments du code d'éthique de l'International Enneagram Association : "Un type ne décrit pas entièrement un individu." En PNL, il y a un présupposé qui dit la même chose d'une manière qui me plait bien : "Un individu est toujours plus complexe que toute théorie qui le décrit."

 

Le même code d'éthique cité plus haut commence par : "L'ennéagramme est avant tout un outil destiné à la connaissance de soi et à la transformation personnelle."

 

C'est ce que j'avais essayé de rappeler, avec légéreté pour que cela ne devienne justement pas une querelle, dans mon message précédent (les mots de couleur brique reflète ma piètre tentative de faire passer le message) :

Gilou, en termes d'Ennéagramme, on ne peut donner tort à Isabelle quand elle écrit : "Cela ne fait pas de mal de réfléchir : tout dépend pour qui. J'en connais pour qui réfléchir les déconnecte complètement de la réalité !" Et cela doit être vrai parfois pour un 5, non ?

Bien entendu, à toi Isabelle qui ne préfère pas le centre mental et a tendance à agir avant de l'utiliser, on peut dire : "Cela ne fait pas de mal de réfléchir : tout dépend pour qui. J'en connais pour qui ne pas réfléchir les déconnecte complètement de la réalité !" Et cela doit être tout aussi vrai, non ?

Que ce genre de jugement échappe parfois à telle ou telle personne me semble inévitable sur un forum de discussion de ce genre, et le mieux est de n'en pas prendre ombrage. Les conditions générales d'utilisation du panneau suggèrent : "Acceptez que les autres expriment, volontairement ou involontairement, leur type, même si cela peut parfois vous choquer." Quand Isabelle s'exprime impétueusement sur l'utilisation du centre mental, elle parle en fait plus d'elle et de la qualité de sa relation à ce centre que de toi, Gilou.

 

J'aimerais à ce sujet rappeler un point important de théorie de l'Ennéagramme. Un 5 qui s'intègre continue à être un 5 et à avoir comme orientation la connaissance et la précision. Il ne cesse pas d'utiliser son centre mental (quel gâchis ce serait), il se met à utiliser tout autant les autres centres. La vue d'un texte comme celui de Gilou qui a inauguré cette conversation, sachant que Gilou est un 5, ne permet en rien d'émettre une hypothèse sur son niveau d'intégration, puisqu'il nous montre une utilisation du centre mental dans un contexte où il est approprié de l'utiliser, et ne nous dis rien de son utilisation des centres émotionnel et instinctif dans des contextes où ceux-ci seraient appropriés.

 

Ajoutons que ces remarques sont hors-sujet par rapport à l'objet de la convesation. Restons-en donc là.

 

Inné et acquis

 

Le thème a été abordé très souvent sur ce panneau : l'utilisation de la fonction de recherche en haut de page peut permettre de trouver toutes les références.

 

J'ai fait récemment un résumé de la situation dans un message accessible en cliquant ici. Gilou (et les autres), si tu veux continuer à discuter de ce thème, il vaudrait peut-être mieux que tu le fasses là-bas, car j'ai l'impression que nous sommes en train de nous éloigner du sujet des relations entre ennéagramme et constructivisme.

 

Très cordialement,

Fabien

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