Institut Français de

l’ennéagramme

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Suis-je vraiment 1 ?


Nathalie-Marie

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Nathalie-Marie

Bonjour à tous,

 

J'ai découvert depuis peu votre excellent forum… Quelle chance ! Malgré de nombreuses lectures, j'ai quelques soucis pour situer mon type, et je me permets de vous quémander vos lumières - en attendant l'éclairage d'un premier stage.

 

Je vais essayer de vous donner les quelques éléments phares de ma personnalité…

 

A la toute première approche, je me suis identifiée 4 à cause de ma sensibilité à fleur de peau et de mes dispositions artistiques. Je suis réceptive à la beauté, à l'originalité, en revanche je n'ai pas le sentiment d'être habitée par un besoin compulsif de me singulariser.

 

J'ai réussi mes études de stylisme, j'étais même considérée comme prometteuse par mes professeurs… et je n'ai jamais exercé mon métier, craignant de perdre mon âme dans un milieu ressenti par trop superficiel et préférant me consacrer à des missions sociales (accompagnement de personnes handicapées par exemple). J'ai également vécu une expérience de quelques semaines dans un monastère pour vérifier un éventuel appel à la vie consacrée.

 

Bref, de hauts idéaux, et une attirance particulière pour les personnes en souffrance que j'aime soutenir, rassurer, consoler. Selon les dires de mes collègues de travail et de mon entourage, je suis ressentie comme douce, calme et apaisante.

 

Un goût prononcé pour l'introspection, l'analyse… Et une capacité inouïe à somatiser (ce qui se traduit par des céphalées, des sciatiques, des affections ORL, et des douleurs abdominales). Sans doute ne suis-je pas capable d'assumer en temps voulu certaines émotions qui ré affleurent sous forme de maux (de punitions ?). Je ne me mets que très rarement en colère.

 

Depuis toute petite, je suis perfectionniste : le monde qui m'entoure et mon propre monde intérieur ne sont jamais assez beaux, assez purs, assez aimables. Enfant, j'avais même le sentiment de vivre entre parenthèses en attendant le jour où je serai enfin à la hauteur de mon idéal. Je me fixais ce jour, je le préparais longuement par un grand nettoyage de printemps (pour tout dire, j'arrachais même de mes cahiers les pages pleines de ratures qui me semblaient être une injure à cette perfection magnifique et irréprochable à laquelle j'aspirais), et quand le jour J arrivait, naturellement, tout mon château de carte s'écroulait, je me prenais les pieds dans le tapis, je tachais ma belle robe, je lâchais sans le faire exprès trois gros mots, et tout était à recommencer…

 

Aujourd'hui, je souffre toujours de ce perfectionnisme, mais je lutte (du moins j'essaie)… Douloureux pour moi de voir traîner des miettes sous la table, je me force à les accepter, dans l'espoir d'acquérir un peu d'humilité et de sagesse, mais cela suppose des efforts constants, et un déconditionnement par rapport à ce petit juge intérieur, sans pitié pour moi. J'ai longtemps balancé entre désordre infernal et manies d'impeccabilité. C'est l'ordre qui l'emporte aujourd'hui, et je combats les manies.

 

Sur le forum consacré à l'ennéatype 1, j'ai lu un témoignage de Fabien relatant le comportement de Patricia en train de faire la vaisselle, et j'ai largement souri… C'est exactement ça ! Et quand j'ai le malheur de laisser déborder du lait ou des pâtes, je me rue sur la gazinière pour essuyer instantanément les traces alors que le liquide est encore bouillant et que je suis à deux doigts de me brûler ou de cramer mon éponge ! :tongue:

 

Tout cela pourrait aisément s'apparenter au 1, mais en grattant encore un peu, les choses se compliquent… :tongue:

 

En société, j'ai deux visages. Face à un groupe inconnu (et déjà constitué), je me sens intimidée et souvent bien en deçà de moi-même. Adolescente, j'ai même connu des périodes de timidité maladive (le problème est résolu aujourd'hui, Dieu merci). A contrario, au sein d'un groupe en qui j'ai toute confiance, je suis joyeuse, rieuse et détendue. Quand je découvre un groupe, je repère instinctivement les personnes qui ont un tempérament doux, harmonieux, assez proche du mien. Une différence de caractères trop accusée me fait peur. Il me semble difficile de me lier d'amitié avec un(e) battant(e) par exemple ou une personne captatrice, vindicative, autoritaire.

Je suis plutôt solitaire, par goût mais sans doute aussi à cause des efforts que le contact des autres suppose pour moi (correspondre à l'image que je désire que l'on ait de moi, ne pas dévier de ce que j'imagine que l'on attend de moi)… tout cela commence à peine à s'assouplir.

 

En présence d'une personne très affirmée, ou belliqueuse ou encore très volubile, j'ai un sentiment pénible, comme si je n'avais pas le droit d'être moi-même, telle que je suis, délicate, réservée et fragile. Je me sens jugée (par ma propre projection ?), je crains que ma douceur ne soit associée à de la mollesse, à de la faiblesse. Je me sens donc "obligée" d'en faire plus, d'endosser un rôle pour me sentir acceptée, et comme cela me pèse un maximum, j'évite ce genre de situation.

 

Il me semble aussi être habitée par une anxiété, mais j'ignore si elle est relative à la compulsion du type 1, ou si elle se rattache à la peur du 6.

 

Ah oui, à propos de compulsion… stressée, je peux compenser avec la nourriture, en mangeant plus que de raison… mais attention, je ne mangerai pas non plus n'importe quoi, il s'agira d'une boulimie de fruits par exemple, ou d'un plat sensé être bon pour la santé (capable de me remplir à m'en faire mal au ventre). Je fais aussi ce que l'on appelle de l'orthorexie. Là encore, les choses ont l'air de s'améliorer, je lutte dur, j'essaie.

 

Autre chose : je prépare une exposition en ce moment, j'en suis arrivée au stade de proposer mon travail à des galeries, et je retarde indéfiniment cette épreuve, alors qu'objectivement, qu'il soit apprécié ou non, mon travail a une réelle valeur, j'ai mis beaucoup de soin, d'ingéniosité et d'amour à le faire. Peur de la critique et du rejet. Je réalise à quel point je suis sensible au regard des autres, à quel point j'en suis dépendante. Je n'ai pas confiance en moi. J'ai souvent besoin d'être rassurée, complimentée.

 

Petite, je détestais les sports d'équipe, j'avais peur que la balle ne vienne m'écraser la figure ! Par contre, j'ai un amour particulier pour la danse, la musique, tout ce qui touche à la grâce, et encore une fois, à la beauté. Sur ce point, les innovations contemporaines m'intéressent beaucoup.

 

1 ou 6 ? C'est là mon dilemme… Si je suis 6, d'où vient ce perfectionnisme tyrannique ?

Et si je suis 1, pourquoi un tel souci de m'adapter aux autres ?

 

En l'état actuel des choses, je me pressens comme une 1 mu (avec une aile 2 pour mon côté maternel et rassurant ? J'avoue ne pas avoir trop réfléchi à cela. Ma mère est une 2 typique, et je me suis peut-être appropriée certains de ses traits protecteurs…).

 

Je ne veux pas non plus en écrire des kilomètres. Mais j'espère que ces quelques clés vous permettront de m'aider à découvrir mon type. Je vous en remercie de tout coeur.

 

Bien à vous.

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Nathalie-Marie

Arrrggle ! A la relecture, je viens d'apercevoir une faute de français qui me gêne terriblement, au tout premier paragraphe en plus ! :tongue:

 

Remarque soulageante pour moi, indice utile pour vous…

 

:tongue:

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Bonjour Nathalie-Marie,

 

Bienvenue sur ce panneau.

 

Justement, en ce qui concerne la faute de français, qu'est-ce que tu as ressenti en premier ? Quel a été ton premier réflexe :

- imaginer un scénario de tout ce qu'on pourrait penser de toi, etc, etc,

- vouloir à tout prix la corriger, sans y mettre une quelconque mentalisation,

- une réaction émotionnelle interne bouclant sur sa propre intensité ?

 

As-tu une idée de ta hiérarchie des centres ?

 

Pas le temps d'écrire plus, j'ai cours.

A bientôt,

Bénédicte

Bénédicte (6 alpha, aile 5, C++ S+/- X--)
Dubito, ergo sum (Je doute, donc je suis)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nathalie-Marie et Bénédicte,

 

Bienvenue Nathalie-Marie, c'est un plaisir de t'accueillir ici. Ton message génère plein de questions.

 

"1 ou 6 ? C'est là mon dilemme… Si je suis 6, d'où vient ce perfectionnisme tyrannique ? Et si je suis 1, pourquoi un tel souci de m'adapter aux autres ?"

Un 6 peut parfaitement être perfectionniste, mais généralement il l'est surtout dans des sujets qui sont liés au respect des normes de son groupe, ou, comme tous les autres types, sur des sujets qui l'intéressent particulièrement. Un 1 est perfectionniste tout le temps, même quand ce n'est pas connu des autres. Il l'est au nom de ses propres valeurs, et il est donc perfectionniste même quand les autres trouvent cela inutile, voire gênant. Ce qui est bien doit être fait, et on ne lui fait pas croire le contraire.

Un 1 peut parfaitement vivre le type d'anxiété que tu as décrit. C'est une anxiété à propos de la qualité de ce qu'il fait et du désir d'être considéré comme quelqu'un de bien. (Tu peux lire à ce sujet l'échange récent : "Différence entre l'anxiété des 1 et la peur des mentaux ?") Il peut s'adapter aux autres, par le mécanisme de formation réactionnelle qui l'amène à gérer et masquer sa colère. Mais entre l'adaptation aux autres et ses idéaux, le 1 choisira toujours ces derniers.

 

"ma sensibilité à fleur de peau"

Ce n'est guère compatible avec l'hypothèse 1 mu émise plus bas. Sais-tu quel est le centre que tu réprimes ?

 

"Je suis réceptive à la beauté, à l'originalité, en revanche je n'ai pas le sentiment d'être habitée par un besoin compulsif de me singulariser."

C'est compatible tant avec le 1 (mouvement en 4) qu'avec le 6 (instinct sexuel).

 

"préférant me consacrer à des missions sociales (accompagnement de personnes handicapées par exemple)."

Pourquoi ?

 

"et une attirance particulière pour les personnes en souffrance que j'aime soutenir, rassurer, consoler."

Que penses-tu d'elles ? Pourquoi est-ce nécessaire de les "soutenir, rassurer et consoler" ?

 

"Selon les dires de mes collègues de travail et de mon entourage, je suis ressentie comme douce, calme et apaisante."

Ce n'est pas généralement le portrait que l'on fait d'un 1. Assez rarement d'un 6 aussi d'ailleurs. Te sens-tu conforme à cette image ?

 

"Je ne me mets que très rarement en colère."

Peux-tu préciser "très rarement" ? Quel rythme ? Quelle est alors l'intensité de ces colères ? A propos de quels sujets éclatent-elles ? Sais-tu quand tu t'es mis en colère pour la première fois ?

 

"Enfant, j'avais même le sentiment de vivre entre parenthèses en attendant le jour où je serai enfin à la hauteur de mon idéal."

Quelles qualités et quels défauts reconnaissaient-on à l'enfant que tu étais ?

 

"Face à un groupe inconnu (et déjà constitué), je me sens intimidée et souvent bien en deçà de moi-même."

Qu'est-ce qui t'intimide alors ? Que crains-tu qu'ils puissent penser de toi ? En quoi pourrais-tu ne pas être à la hauteur ?

 

"Quand je découvre un groupe, je repère instinctivement les personnes qui ont un tempérament doux, harmonieux, assez proche du mien."

Encore une fois, un portrait ni très 1, ni très 6.

 

"Une différence de caractères trop accusée me fait peur. Il me semble difficile de me lier d'amitié avec un(e) battant(e) par exemple ou une personne captatrice, vindicative, autoritaire."

Qu'est-ce qui te fait peur ? Qu'est-ce qui rend l'amitié avec "un(e) battant(e)" difficile ?

 

"Je n'ai pas confiance en moi. J'ai souvent besoin d'être rassurée, complimentée."

Sur quoi aimes-tu être complimentée ? Crois-tu ces compliments quand ils ont lieu ?

 

Très cordialement,

Fabien

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Nathalie-Marie

Bonjour Bénédicte et Fabien,

 

Tout d'abord un grand merci pour votre accueil et votre profonde attention.

 

Faute de temps aujourd’hui, je répondrai seulement à Bénédicte, et je prendrai le temps nécessaire pour développer toutes les questions de Fabien.

 

Qu'ai-je donc ressenti spontanément en découvrant ma faute de français ? C'est un peu comme si j'avais raté mon entrée en matière. Située à la fin de mon message, cette même faute m'aurait sans doute moins gênée (mais gênée quand même).

 

Et puis je pense à quelque chose : imaginons que je te rencontre pour la première fois, et que je te souris sans me rendre compte que j'ai du persil entre les dents. Après coup, je me dirai : "#$§ !!! Elle a dû voir mon persil, et penser que je ne me lavais pas les dents !" Et comme il est trop tard, et que je ne peux plus corriger mon image, la seule chose qui me rassure est de t'annoncer à la rencontre suivante : "Tu as vu comme c'était moche ? J'ai passé toute l'après-midi avec du persil." Ca me permet de me distancier de l'erreur, de faire savoir que je n’en suis pas dupe. Voilà pourquoi j'ai eu besoin de signaler la faute.

 

C’est donc le scénario qui prime.

 

Bien amicalement,

Nathalie

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nathalie-Marie,

 

L'anecdote est amusante, mais reste trop comportementale pour être discriminante. Se laver les dents est-il une obligation sociale ? Ou l'expression d'une valeur à la fois personnelle et universelle (l'hygiène) ?

 

Dans les deux cas, la gêne est-elle différente parce qu'il y a un témoin, ou au fond serait-elle en gros la même si tu étais la seule à savoir qu'il y a eu une faute ou un brin de persil ?

 

Le 1 peut être sensible au regard des autres, mais il est avant tout son propre juge. S'il se condamne lui-même, les autres ne peuvent pas l'absoudre.

 

Très cordialement,

Fabien

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Nathalie-Marie

Bonjour Fabien,

 

J'ai finalement trouvé le temps de te répondre tout en travaillant cet après midi. Je te livre tout ça, tel quel…

 

"ma sensibilité à fleur de peau"

Ce n'est guère compatible avec l'hypothèse 1 mu émise plus bas. Sais-tu quel est le centre que tu réprimes ?

Non, je ne sais pas quel centre je réprime. C'est drôle, quel que soient mes livres traitant d'ennéagramme, j'ai parcouru les chapitres concernant les centres sans réellement me concentrer. Et c'est toujours la même chose : en général je suis attentive à la lecture, mais au moment où l'ouvrage devient un peu plus technique et aborde un sujet que je ne maîtrise pas, ma concentration se disperse, j'imagine (à tort) que je comprendrai intuitivement ce dont il est question en lisant plus intensément les parties qui m'intéressent, tout en délaissant celles qui exigent un apprentissage. Je peux vérifier le même comportement avec les notices (je n'ai jamais lu la notice de mon four, ni celle de mon caméscope… juste deux trois trucs de base, histoire de comprendre le fonctionnement minimal). Je crois toujours pouvoir développer mes acquis grâce à l'expérience, l'exemple vivant.

En l'occurrence ici, j'imagine qu'il me sera possible de comprendre la théorie des centres à force de lire des exemples par ci par là, ou si quelqu'un prend le temps de me l'expliquer (d'où mon intérêt pour les stages pratiques).

L'apprentissage m'a toujours posé problème à cause de cette dispersion. En fait, l'écoute d'une cassette audio me convient très bien parce qu'elle me permet d'apprendre, tout me laissant faire autre chose en même temps.

 

Je dis ça mais je peux trouver dans ma vie des contre-exemples bien sûr. La première fois que j'ai fait un moulage en silicone, j'ai suivi scrupuleusement le mode d'emploi. Mais au prix du silicone, et sachant que la matière se perd si on ne respecte pas les doses, je n'avais pas trop le choix !

 

"préférant me consacrer à des missions sociales (accompagnement de personnes handicapées par exemple)."

Pourquoi ?

Il y a deux choses.

 

A la fin de mes études, j'ai effectué plusieurs stages professionnels au sein de bureaux de style et de tendances. Bien que l'ambiance ait été appréciable, bien que mon travail ait été estimé, et que j'y aie trouvé parfois un certain plaisir, je restais profondément insatisfaite. A côté de la création, le travail d'une styliste consiste essentiellement à feuilleter des magasines de mode… (Pardon pour les stylistes éventuelles, je l'ai perçu ainsi, et ce n'est que ma perception). Je me disais : "A l'heure de ma mort, qu'aurais-je fait de ma vie ? Il y a des gens qui souffrent, qui meurent de faim, de froid, de solitude, et moi, je suis là à feuilleter des journaux…"

 

Je précise que je n'avais pas encore la foi à cette époque. C'est venu quelques mois plus tard.

 

Bon, à partir de là bouleversement complet. J'anime un atelier dans un foyer accueillant des femmes sortant d'hôpitaux psychiatriques. Malgré le manque de gratifications (je ne suis pas formée pour cela, et donc rémunérée en conséquence), il y a comme une évidence naturelle, une facilité à remplir mon emploi. J'ai un contact heureux avec ces femmes. En les stimulant, en les faisant rire, je me découvre aussi moi-même, et j'ai enfin le sentiment d'être un peu utile aux autres.

 

Et je continue en parallèle mes activités artistiques, à titre de plasticienne, et non plus de styliste.

 

"et une attirance particulière pour les personnes en souffrance que j'aime soutenir, rassurer, consoler."

Que penses-tu d'elles ? Pourquoi est-ce nécessaire de les "soutenir, rassurer et consoler" ?

En l'occurrence, mon dernier emploi m'a conduit à travailler avec des femmes en grande souffrance psychique, et j'avais pour mission de les redynamiser. Mais sans même viser un tel objectif, j'ai une profonde empathie pour ces personnes, je suis touchée par leur vulnérabilité, leur solitude. J'éprouve le désir de communiquer avec elle, de m'intéresser à leur vie, leurs besoins. Leur naturel me fait du bien. Pas besoin de masque social, les choses sont simples avec elles. Et j'aime poser un regard positif sur ce qu'elles sont, ce qu'elles font. J'avoue ne pas avoir réfléchi au "pourquoi". C'est un peu de l'ordre de l'évidence.

Mais je vais y réfléchir…

 

"Selon les dires de mes collègues de travail et de mon entourage, je suis ressentie comme douce, calme et apaisante."

Ce n'est pas généralement le portrait que l'on fait d'un 1. Ni d'un 6 d'ailleurs. Te sens-tu conforme à cette image ?

Là c'est un mystère. En effet, lors de sessions de groupe (je pense aux formations d'entreprise par exemple), si l'animateur demande aux participants d'exprimer ce qu'ils éprouvent à mon sujet, c'est toujours "le calme, la douceur, la sérénité" qui reviennent. Et c'est toujours la même surprise pour moi parce que je ne me ressens pas du tout, mais alors pas du tout comme ça.

Douce oui, à cause de la voix, des attitudes. Mais calme, sereine, pas du tout. Avec ce perfectionnisme insupportable…

 

"Je ne me mets que très rarement en colère."

Peux-tu préciser "très rarement" ? Quel rythme ? Quelle est alors l'intensité de ces colères ? A propos de quels sujets éclatent-elles ? Sais-tu quand tu t'es mis en colère pour la première fois ?

C'est la question la plus difficile… Je ne parviens pas à saisir le rythme de mes colères. J'en ai eu une récemment, une parfaite colère rentrée : mon père en panne de PC a besoin d'utiliser le mien pour un mail urgent. Au lieu de me le demander tout de suite (il est 19h), il attend quasiment 23h en imaginant de toute bonne foi que l'heure me conviendra mieux. Or ce jour-là, je suis épuisée, et déjà couchée. Son appel me dérange, mais naturellement je réprime ma colère, je la ressens à peine. Ce n'est qu'après son départ, en me rendant compte que je ne parviens pas à m'endormir que je réalise que son appel tardif m'a irritée ("Il aurait pu me le dire plus tôt !"). En même temps j'aime mon père, il m'est douloureux d'éprouver une colère à son encontre, surtout pour si peu de chose, et surtout pour un service à lui rendre. La culpabilité est grande, à la fois vis-à-vis de lui, et vis-à-vis de moi-même.

En fait, des colères comme ça, j'en ai très souvent, mais tellement refoulées… Comment les repérer ?

 

"Enfant, j'avais même le sentiment de vivre entre parenthèses en attendant le jour où je serai enfin à la hauteur de mon idéal."

Quelles qualités et quels défauts reconnaissaient-on à l'enfant que tu étais ?

Il va falloir que j'interroge ma mère… je suis incapable de répondre spontanément à cette question.

 

Enfin si, pour les défauts :

A l'école : bavarde, manque de concentration, timide.

A la maison : coléreuse, susceptible.

 

Pour les qualités, c'est plus dur… je me souviens de mes dessins qui amusaient beaucoup mes parents et leurs amis. J'étais imaginative.

Et affectueuse avec mes proches.

 

"Face à un groupe inconnu (et déjà constitué), je me sens intimidée et souvent bien en deçà de moi-même."

Qu'est-ce qui t'intimide alors ? Que crains-tu qu'ils puissent penser de toi ? En quoi pourrais-tu ne pas être à la hauteur ?

Je pense aux religieuses qui m'ont accueillie. Ce n'était vraiment pas facile pour moi de prendre part à leurs conversations à table. En tout petit comité, oui, parce que l'intimité du dialogue est possible, mais dans les grandes tablées où je ne connais personne… Hou là !

 

Alors, qu'est ce qui m'intimide ? Donner mon avis sur un sujet en parlant bien fort afin d'être entendue par tout le monde. D'une part, je n'ai pas la sonorité de voix pour ça, les autres ne m'entendent pas toujours (surtout à table, avec le bruit), je dois donc forcer le ton, et j'ai le sentiment de manquer de naturel. Ensuite, je me dépassionne très vite de ce que je raconte, surtout quand je ne ressens pas vraiment d'intérêt pour mon sujet. Et au milieu d'un groupe inconnu, on ne parle pas toujours de ses sujets de prédilection… J'ai donc peur d'être ennuyeuse. Oui, c'est ça ma plus grande peur, susciter l'ennui, le désintérêt. Etre à la hauteur signifierait donc "passionner les gens". Et je ne m'en sens pas capable.

 

"Une différence de caractères trop accusée me fait peur. Il me semble difficile de me lier d'amitié avec un(e) battant(e) par exemple ou une personne captatrice, vindicative, autoritaire."

Qu'est-ce qui te fait peur ? Qu'est-ce qui rend l'amitié avec "un(e) battant(e)" difficile ?

Qu'est-ce qui me fait peur ? Je vais encore répondre par un exemple. Un jour, l'animatrice d'un groupe de prière m'a demandé de participer à un repas communautaire (j'y pense par association avec ce que j'ai dit plus haut), et comme je n'en avais pas envie, elle a insisté sur un ton virulent. Agacée par ses manières autoritaires et me sentant forcée, je suis arrivée très en retard, et comme les gens fumaient, j'ai carrément déporté ma chaise à trois mètres de la table. C'est elle qui est venue vers moi pour me témoigner son amitié, et me dire qu'elle était heureuse de ma présence. Je réagis très mal à un ton sec et tranché. Ca me met en colère, et bien souvent, je n'ose pas exprimer cette colère, je boude.

 

Je n'ai pas d'amis battants, encore qu'en y réfléchissant bien… j'ai parlé peut-être un peu vite. Si, j'ai un ami battant (que je vois peu souvent), et le contact est excellent. Le seul truc, c'est que j'ai le sentiment d'avoir sans cesse à lui faire des compliments. Un peu comme si je me sentais obligée de l'applaudir, c'est cela qui me pèse, qui rend l'amitié difficile.

En même temps je reconnais que nos rencontres sont à chaque fois enthousiasmantes. Mais c'est sur le moment que je m'en rends compte. Pas dans le souvenir.

 

"Je n'ai pas confiance en moi. J'ai souvent besoin d'être rassurée, complimentée."

Sur quoi aimes-tu être complimentée ? Crois-tu ces compliments quand ils ont lieu ?

Alors ça bravo ! Et maintenant, c'est moi qui réclame des compliments ! Je ris toute seule devant mon écran. Et ça me permettra de regarder cet ami différemment.

 

J'aime être complimentée sur mon travail (comme le battant !), sur tout ce qui a nécessité de ma part beaucoup d'implication et d'énergie. Ou sur mon apparence lorsque je mets une jolie robe. Mais en même temps, ce sont les compliments que je n'ai pas recherchés du tout, ceux qui viennent à un moment inattendu et dont je sens l'entière sincérité qui me font vraiment plaisir. Ceux que j'ai (implicitement ou explicitement) désirés, je me rends bien compte que je n'en ai pas tant besoin. Mon propre jugement est déjà un repère sûr.

 

Ah oui, il y a aussi cette dernière !

 

Dans les deux cas, la gêne est-elle différente parce qu'il y a un témoin, ou au fond serait-elle en gros la même si tu étais la seule à savoir qu'il y a eu une faute ou un brin de persil ?

Si je me découvre du persil et que je suis seule chez moi, je l'enlèverai, et je n'y penserai plus la seconde d'après.

C'est le témoin qui occasionne la gêne.

 

Un grand merci pour tes précieuses questions Fabien, j'ai l'impression d'avoir soulevé des couvercles sur des marmites inconnues.

 

Bien amicalement,

Nathalie

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Nathalie-Marie

Du coup, comme tu m'as posé la question Fabien, j'ai lu avec attention la hiérarchie des centres.

 

J'ai l'impression de réprimer le centre instinctif.

 

Très amicalement,

Nathalie

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Nathalie-Marie

Ce soir à cause de certaines de mes réponses, l'hypothèse du 7 commence à me tarauder… :kiss2:

 

Mais je ne sais pas, ça me paraît quand même incroyable.

 

Bien à vous.

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nathalie,

 

Connaître la théorie des centres est indispensable pour comprendre le fonctionnement de l'Ennéagramme. Si tu réprimes réellement l'instinctif, alors tu n'aurais pas perdu de temps sur l'hypothèse 1.

 

Soyons donc plus précis en ce domaine. Qu'est-ce qui te fait penser que tu réprimes l'instinctif ? As-tu une idée du centre que tu pourrais préférer ? Et pourquoi ?

 

En Ennéagramme, la question du pourquoi est toujours présente. L'Ennéagramme ne s'intéresse pas aux comportements, mais bien aux motivations plus ou moins inconscientes qui les ont générés.

 

Ainsi les anecdotes que tu nous donnes permettent d'avoir quelques hypothèses, mais pour aller vers une certitude, il faut rechercher le pourquoi, puis le pourquoi du pourquoi jusqu'à ce que nous soyons au bout de la chaîne des motivations.

 

Nous allons y aller doucement et y arriver. Commençons donc par cette analyse des centres.

 

Très amicalement,

Fabien

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Nathalie-Marie

Bonjour Fabien,

 

Merci beaucoup de m'aider à me structurer… En effet, j'ai perdu du temps en imaginant avoir tout compris de l'ennéagramme sans lire de bout en bout mes livres. Prenons le comme un indice de plus.

 

Toujours est-il que je me sens un peu perdue ce matin. Hier soir, j'ai noté que j'avais l'impression de réprimer le centre instinctif. C'est vrai, mais la répression du centre mental est peut-être présente chez moi, avec cette manie de m'attacher à des peccadilles, de bloquer sur un pâté, une tache, ou sur les réactions (imaginées ou réelles) de mes vis-à-vis.

 

Une chose est certaine, je ne réprime pas le centre émotionnel. Là, c'est clair.

 

Et donc, qu'est-ce qui te fait penser que tu réprimes l'instinctif ?

 

"C'est le centre de notre énergie vitale, de nos actes spontanés, de notre coordination physique, de notre créativité dans l'action."

 

Alors, concernant les actes spontanés, l'énergie vitale, la créativité dans l'action :

 

Mes actes spontanés, je les perçois généralement comme des brouillons. Quand je travaille à chaud, quand j'utilise mon énergie de manière libre, c'est bien souvent "en vue de", "en préparation de", mais je n'utilise jamais ce bouillonnement pour finaliser quelque chose (sauf en cas de gestes répétés, acquis et sûrs).

Pourquoi ?

J'ai le sentiment de ne pas pouvoir me fier à mon corps.

Mon corps m'apparaît fragile. Je n'ai pas conscience de l'énergie dont je dispose.

Je ne sais pas non plus ce qui peut sortir d'une improvisation personnelle. Après coup, j'ai besoin d'observer ce que j'ai fait pour garder le meilleur, jeter l'inutile ou le médiocre. S'il m'arrive de réussir du premier coup, c'est bien souvent involontaire.

 

L'implication dans un travail me demande un réel effort, surtout au commencement. Une fois lancée, ça va, je peux foncer. Mais avant de me mobiliser, j'ai l'impression de lutter contre une puissante inertie mêlée de crainte (peur de rater, sentiment d'avoir préjugé de mes capacités).

 

Pour la coordination physique :

 

Petite, je pouvais danser des heures dans ma chambre, je dansais librement et sans public. J'étais agile, je dansais bien. Mais un cours de danse classique mené à la baguette me faisait détaler. Je perdais instantanément toutes mes capacités de coordination. Toujours cette peur de mal faire dans l'instant présent, sous le jugement d'un professeur et d'une classe entière (le comble de l'horreur à l'époque).

 

Et puis j'ai un mal fou à vivre l'instant présent. Je rêve davantage ma vie que je ne la vis. J'en suis navrée de moi-même.

 

Pour toutes ces raisons, il me semble que je réprime le centre instinctif.

 

Maintenant, quel centre pourrais-je préférer, et pourquoi ?

 

En fait je n'arrive pas bien à comprendre le centre mental. Il me semble le réprimer par moments, et le privilégier à d'autres. C'est un peu flou.

Un exemple ? Pour déterminer mon type, je me suis fiée à mon intuition, à mon impression, sans chercher à comprendre au préalable tous les paramètres de recherche.

 

Bref pour le moment, seul le centre émotionnel m'apparaît comme une terre connue.

 

Pourquoi ?

 

D'une part, je n'ai aucune difficulté à exprimer mes émotions. Même s'il m'arrive d'en refouler beaucoup, bien sûr.

Je suis même capable de m'effondrer en larmes devant un navet (enfin si je suis seule, sinon j'ai honte).

Je compatis aux sentiments et à la souffrance des autres, je tiens compte de leurs désirs, de leur présence, et de leurs opinions. Agir pour moi-même sans me soucier de l'autre risque même me jeter dans une profonde culpabilité.

J'ai besoin d'aimer et de me sentir aimée.

Et il me semble que cette préoccupation commande l'essentiel de ma vie.

 

Par contre, il est dit que le centre émotionnel vit dans l'instant, et de mon côté, j'ai le sentiment de ne pas savoir vivre l'instant présent. Je dérape vers mes idéaux.

 

Enfin, maintenant que j'ai tenté de situer mon centre ça change tout ! Mais vraiment tout.

 

Ca élimine en effet le 1.

Mais ça élimine aussi le 6.

Et ma dernière supposition, le 7 (que je trouvais vraiment déroutante soit dit en passant).

 

Et ça déroule un tapis rouge aux 2, 3, 4.

 

C'est fou, ça.

Enfin, j'arrête là, tu as dit "doucement". Et tu as raison.

 

Très amicalement,

Nathalie

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Bonjour Nathalie-Marie,

 

Je suis d'ores et déjà d'accord avec toi sur la non-répression de ton centre émotionnel. Par contre tu sembles en conclure immédiatement que ce centre est préféré, ce dont je suis moins convaincue, bien que cela reste une possibilité.

 

De plus, les types du triangle (3, 6, 9) préfèrent et répriment le même centre.

 

Ce qui fait que

En fait je n’arrive pas bien à comprendre le centre mental. Il me semble le réprimer par moments et le privilégier à d’autres. C’est un peu flou.
me conduit à ne pas éliminer le 6.

D'autant que chez le 6 alpha, qui a le centre émotionnel en support, le centre émotionnel devient le plus manifesté en cas de répression du centre mental.

 

Cela dit, les types émotionnels demeurent une hypothèse à ne pas rejeter.

J'y joindrais aussi le 9 mu (instinctif préféré et réprimé, émotionnel en support, mental réprimé).

 

Personnellement, l'hypothèse 7 ne me parle pas trop, mais pas pour une question de hiérarchie des centres : c'est juste qu'un 7 qui se cite quatre ou cinq défauts et aucune qualité, je trouve ça bizarre…

 

Très cordialement,

Bénédicte

Bénédicte (6 alpha, aile 5, C++ S+/- X--)
Dubito, ergo sum (Je doute, donc je suis)

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Nathalie-Marie

Un grand merci Bénédicte, tu me permets de réfléchir plus avant.

 

Je précise aussi que lorsque j'ai écrit "tapis rouge au 2, 3, 4", dans mon esprit l'hypothèse 3 était déjà sur fauteuil éjectable. Ca allait de soi.

 

Mais c'est encore mieux en le disant. :kiss2:

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Nathalie-Marie, une petite précision : nous disons bien que les émotionnels vivent dans l'instant. Cela n'implique pas que ce soit l'instant présent.

 

Je suis d'accord avec Bénédicte, l'hypothèse 6 ne peut pas encore être éliminée. Il serait intéressant que tu nous parles de l'impact de la peur dans ta vie.

 

J'aimerais aussi revenir sur la colère. Tu nous as parlé de colères réprimées. Y en a-t-il d'exprimées ? Souvent ? Avec quelle intensité ? A quel propos ? Sur la bonne personne ?

 

"J'ai besoin d'aimer et de me sentir aimé."

Lequel des deux est le plus important ?

 

Très amicalement,

Fabien

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Nathalie-Marie

Bonjour Fabien,

 

Merci pour la précision, je comprends mieux.

 

Et maintenant que je saisis davantage la hiérarchie des centres et ses subtilités, je maintiens avec Bénédicte et toi l'hypothèse 6, d'autant que je l'avais envisagée au départ.

 

Il serait intéressant que tu nous parles de l'impact de la peur dans ta vie.

Je vais y réfléchir dans la journée, et te répondre un peu plus tard.

 

Sinon, tu as raison de me faire revenir sur mes colères. Je me suis aperçu que j'avais mal lu ta question l'autre jour. Tu m'avais demandé "Sais-tu quand tu t'es mis en colère pour la première fois ?" et j'avais lu "la dernière fois", va savoir.

La première colère accessible à ma mémoire, oui, je m'en souviens très bien. J'avais 3-4 ans par là, et je me revois dans la salle de bain, hystérique, en train d'hurler, de taper du pied et de jeter tous mes vêtements dans la baignoire… face à ma mère quelque peu impuissante. Elle a fini par me donner un sirop et me mettre dans l'eau.

Et cet épisode est très caractéristique de mes caprices d'enfant. Toujours ces pleurs, ces cris, ces démonstrations, à me rouler par terre. Ma mère manquait d'autorité, ça ne devait pas arranger les choses, mais mon petit frère ne piquait jamais de telles colères, alors que nous avons été élevés de la même façon.

 

Il est évident, avec tout ce que j'ai dit précédemment, qu'un tel mode colérique s'est effacé de ma vie. Mes colères restent puissantes sans doute, mais très souvent rentrée, à tel point que je ne m'en aperçois pas toujours (une somatisation me le signalera, comme une difficulté d'endormissement par exemple, c'est à partir de là que je réaliserai l'impact de ce que j'imaginais anodin).

En revanche, face à une injustice flagrante, une mauvaise foi bien discernable, un motif légitime (selon moi), là il m'est tout-à-fait possible d'éclater. Et sur la bonne personne.

 

A quel propos ? Bon, encore un exemple : un soir en vacances, je sors de chez le médecin, munie d'une ordonnance pour une angine gratinée. Le seul pharmacien du village est encore ouvert, mais le rideau de fer est à moitié fermé. Intérieur éclairé, le pharmacien range des trucs, je frappe en le priant d'ouvrir, en l'assurant que c'est une urgence. Il me répond : "Revenez demain, je ferme !" Sachant qu'il est déjà tard, et que je dois faire des kilomètres et des kilomètres dans la pampa du Var pour trouver une pharmacie de service, alors qu'il est là, dans sa boutique, mon sang ne fait qu'un tour. Et c'est d'autant plus fort que cet homme est toujours antipathique, jamais un sourire, une porte de prison… Ma mère me dit : "Viens c'est pas grave, on va prendre la voiture, on trouvera bien…" Et moi, soufflée par l'injustice, je commence à hurler de l'extérieur, il finit par m'ouvrir. Là, j'entre en furie, je lui vide tout mon sac, je le traite de monstre inhumain, et ma mère doit me retenir pour que je ne fasse pas voler en éclat tous les bonbons à l'eucalyptus qui traînent sur les tourniquets…

Apparemment si j'en crois mes souvenirs, quand la vie, la santé ou la souffrance sont en jeu, je ne me contrôle plus, qu'il s'agisse de moi ou d'une personne que j'aime. Mais c'est extrêmement rare. Je n'arrive pas à chiffrer, mais je sais que plusieurs longues années d'écart séparent de telles colères.

 

"J'ai besoin d'aimer et de me sentir aimée."

Lequel des deux est le plus important ?

L'un et l'autre bien sûr, mais "me sentir aimée" est l'élément moteur.

 

Ceci dit, il est bien évident que je peux aimer gratuitement une personne sans m'en sentir aimée. Mais c'est surtout par l'exercice conscient de la charité que cela devient possible, il y a une part de libre volonté.

 

Bien amicalement,

Nathalie

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Nathalie-Marie

Bonjour Bénédicte, rebonjour à tous,

 

Avant de répondre à Fabien, je souhaiterais revenir sur ton message qui a éveillé en moi deux réflexions.

 

A l'évidence, l'hypothèse 7 (hypothèse d'un soir) ne me convient pas. Et pourquoi l'ai-je retenue alors que je ne me retrouve pas dans les portraits ?

En fait, mon trouble perfectionniste est une grande souffrance, je n'ai pas le pouvoir de m'en défaire par ma seule volonté, et je le considère comme mon problème majeur.

Or comme le 7 se désintègre en se chargeant des défauts du 1, et que Fabien m'a permis d'écarter le 1 en m'amenant à comprendre la hiérarchie des centres. Le 7 m'est apparu tout d'un coup possible.

 

De là, je reprend l'un de mes bouquins, celui de Pascal Ide, je relis la description du 7 et je tombe sur cette phrase (pour moi terrible) : "Il ne se livre pas et ne sait pas se livrer. La relation à l'autre est superficielle puisqu'elle est livrée à l'agrément."

Quand je ressens quelque chose, je suis sûre de ce que je ressens, et là d'un coup (en me supposant 7), cette phrase me dit que mes sentiments pour les autres n'ont pas la profondeur que je crois. Grande angoisse d'un coup : mais alors, si c'est vrai, si je ne suis pas capable d'aimer en vérité, qu'est-ce que ressentir de l'amour, de la tendresse, de la compassion ? Et que me reste-t-il ? Rien ! Je ne sais rien faire d'autre d'intéressant !

Mes autres aptitudes me semblent beaucoup moins essentielles.

Bon, ça n'a pas duré longtemps. J'ai fini par me dire que ça clochait trop, j'ai prié (besoin de me souvenir que Dieu m'aime telle que je suis), et l'angoisse est partie.

 

Tu évoques aussi la possibilité du 9.

 

Et c'est vrai que j'en suis vraiment très proche de par mon tempérament. J'ai une amie 9 (une 9 brut de brut) avec laquelle l'entente est admirable. Nous nous ressemblons beaucoup, mais certains points fondamentaux nous séparent :

- Son manque d'organisation me coupe à chaque fois les bras.

- Comme elle ne se décide jamais, c'est toujours moi qui finis par choisir la date, le lieu de nos rendez-vous. Par contre, devinez, je suis toujours à l'heure et elle jamais.

- Je supporte l'affrontement (je n'aime pas ça, mais je peux entrer en conflit, surtout lorsque cela m'apparaît nécessaire et juste, chose qu'elle évitera systématiquement).

- J'ai une plus grande sûreté de jugement.

- Elle ne souffre pas de mécanismes compulsifs perfectionnistes.

- Elle respire l'équilibre, et cela se manifeste aussi physiquement (championne en rollers par exemple).

- Elle offre une grande ouverture tout en restant profondément secrète, mystérieuse. Malgré mes bonnes capacités d'écoute, et d'excellents échanges avec elle, je ne sais toujours quasiment rien d'elle. De son côté, elle doit tout savoir de moi, ou presque !

 

J'en reviens à la question de Fabien : "Il serait intéressant que tu nous parles de l'impact de la peur dans ta vie."

Je pourrais davantage réfléchir mais il y a deux choses prévalentes :

 

- J'appréhende le bruit (non pas que le bruit me fasse sursauter, mais au sens "Oh non, pas ça ! Ca m'épuise! Je ne vais pas supporter une foire pareille toute le journée"). Même chose avec un froid glaçant. En fait mon système sensoriel est hyper-sensible, donc tout prend des proportions énormes. Peur d'attraper froid. Peur des microbes. Mais cette peur est avant tout fondée sur ma fragilité physique. C'est parce que j'attrape facilement mal, que j'ai peur des éternuements.

- De même, j'ai peur d'être dérangée dans mon sommeil, donc je coupe le téléphone (sommeil coupé = insomnie = fatigue = pénibilité = souffrance).

 

- En miroir, au plan relationnel, j'ai souvent peur de blesser les autres, de les brusquer, de les déranger. Mais il m'arrive parfois de sauter par-dessus, quitte même à devenir un peu sans-gêne : "dites moi, vous qui avez l'air d'être un grand gaillard, vous ne pourriez pas me monter ce carton de 2 tonnes…" Dans ces moments-là, je m'étonne moi-même.

 

Voilà ce qui vient dans l'immédiat : peur de déranger et d'être dérangée.

 

Bien à vous tous,

Nathalie

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Nathalie-Marie

A ce point de la réflexion, je commence à réduire le champ des hypothèses.

Et à privilégier le 4 et le 6.

 

Dit comme ça, sans vouloir me précipiter… :kiss2:

 

Le grand mystère pour moi reste mon perfectionnisme. Je ne connais pas encore mes dates, mais j'espère avoir du temps pour un stage en novembre, et pour rencontrer un vrai 1, un vrai de vrai, en chair et en os, avec des manies comme moi. J'aimerais comprendre de visu la différence !

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Nathalie-Marie

Ah ça y est ! Un élément ! Un élément-clé !

 

Je viens de regarder "intégration et désintégration" dans votre module d'auto-formation.

Le 4 mu se désintègre en 1 !!!

 

Il est vrai que la plupart des manuels ne font pas cette précieuse distinction entre alpha et mu, et j'ai tendance à me disperser dans toutes mes lectures.

 

Mais gardons quand même le 6 sous le coude.

 

Bien à vous,

Nathalie

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Nathalie-Marie

Mais il y a un truc qui ne colle pas. Le 4 mu réprime le centre mental. Je n'ai pourtant pas l'impression de le réprimer complètement.

 

Tout ça m'embrouille, j'arrête pour aujourd'hui. :kiss2:

 

Bonne soirée à tous. :peur:

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Bonsoir Nathalie-Marie,

 

Ne nous énervons pas.

 

Comme l'a dit Fabien, tout type peut avoir un comportement perfectionniste, il n'y a pas besoin d'y chercher une quelconque connexion au 1.

Par exemple, un 6 (pour rester dans un territoire que je connais) pourrait être perfectionniste de peur d'être sanctionné, ou parce que sa sécurité est en jeu.

 

Et comme le redit régulièrement Fabien, les mécanismes du type de base expliquent suffisamment de choses pour ne pas avoir besoin de recourir aux types de désintégration, intégration, et ailes.

 

Recadrons les choses.

Considérons que ton hypothèse de base est correcte :

1 - Le centre émotionnel n'est pas réprimé. Très apparent chez toi, il a de bonnes chances d'être préféré, ou bien d'être le centre de support d'un type du triangle.

2 - Le centre instinctif est réprimé.

3 - Incertitude sur le centre mental, je vais donc le laisser provisoirement de côté.

 

Il nous reste les hypothèses suivantes :

2 mu, 3 mu, 4 alpha, 6 alpha, 9 mu.

et personnellement l'hypothèse 3 ne me parle pas trop.

L'anecdote du pharmacien rend moins probable le 9. A moins que cela ait été l'unique colère depuis plusieurs années, il y a là engagement dans un conflit potentiel qui aurait pu être évité.

 

Je pense que pour l'instant on ne peut pas aller plus loin dans la hiérarchie des centres. Regardons les hypothèses 2, 4 et 6 et cherchons si tu manifestes la passion et la fixation du type.

Je te conseille, pour le moment, de NE PAS chercher trop de compléments d'informations dans tous les documents que tu possèdes. Beaucoup d'entre eux sont relatifs aux comportements et pourraient entraîner chez toi de la confusion.

 

Qu'en est-il chez toi de

- l'orgueil (i.e. "je suis indispensable"), de la flatterie (dire systématiquement ce que les autres voudraient entendre) et du dédain ?

- l'envie et la mélancolie ?

- la peur et le doute ?

 

Très cordialement,

Bénédicte

Bénédicte (6 alpha, aile 5, C++ S+/- X--)
Dubito, ergo sum (Je doute, donc je suis)

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Nathalie-Marie

Bonjour à tous,

 

Merci Bénédicte.

 

Alors, qu'en est-il chez moi de l'orgueil, de la flatterie et du dédain ?

 

Il m'arrive bien sûr de ressentir de l'orgueil, voire même de le laisser transparaître à propos de telle ou telle réussite, mais après coup je me sens mal à l'aise, comme envahie d'une sorte de honte par rapport à moi-même. Cette honte, je la ressens toujours, que je sois seule (pensées orgueilleuses) ou en groupe (paroles orgueilleuses).

Si j'ai parlé avec vanité en présence d'autres personnes, j'aurai tendance à revenir sur ce que j'ai dit, et à édulcorer mon propos vaniteux, ou même carrément à le pointer et à me moquer de ma propre vanité (quand le contexte me le permet). Si je n'ai pas eu le temps de corriger, il m'arrivera d'y repenser, d'en être gênée (surtout si j'ai eu le sentiment d'écraser une personne), et je me promettrai de ne plus recommencer, d'en tirer une leçon.

Pour le dédain, j'ai beau chercher dans mes souvenirs récents, je n'ai pas l'impression d'en ressentir beaucoup. J'ai pu faire preuve de mépris à un âge où on se cherche (adolescence, jeune adulte), mais depuis que je suis en recherche de vérité, de transparence, c'est une attitude qui m'a été plutôt facile d'écarter.

 

La flatterie maintenant. Là, elle exige un vrai travail sur moi-même parce que j'ai une propension à la flatterie. Mais attention, ma flatterie sera motivée par la peur, et non par l'appât d'un gain ou par la ruse. On peut flatter en vue d'obtenir un bien matériel (comme le renard flatte le corbeau en visant le camembert). Dans mon cas, je flatte pour apprivoiser une personne que je connais mal, qui m'intimide ou qui m'effraie. Je peux aussi flatter pour combler un vide dans une conversation, ce vide me mettant mal à l'aise. Je peux encore flatter parce que je pressens le besoin implicite de mon vis-à-vis ou parce qu'il me flatte lui-même, et que j'ai du mal à accueillir ses compliments sans lui faire un retour.

Dans tous les cas, je me détesterai ensuite de cette flatterie. Soucieuse de l'authenticité, de la pureté des relations, j'en tirerai un sentiment absolument navré de moi-même.

 

Allons-y pour l'envie et la mélancolie.

 

Je n'ai pas l'impression d'être très envieuse de nature. Face à certains biens de consommation que d'autres possèdent et moi non (bel appart, belle voiture, vacances à Honolulu, tout ça), je reste quasiment toujours indifférente.

Mais il y a une différence entre envie et jalousie.

Je peux connaître les affres de la jalousie si une personne vient me faire de l'ombre et accapare l'amour de ceux que j'aime et qui m'aiment. La beauté, l'intelligence ou le talent de cette personne me seront alors douloureux, éprouvants parce que je me sentirai amoindrie et ternie par son éclat. Je ressentirai aussi de la tristesse. Mais pour ressentir cette jalousie, il me faut vraiment un contexte très précis de rivalité. Je ne peux pas jalouser comme ça dans le vide. Sans ce contexte de rivalité, la beauté ou l'éclat de cette personne suscitera chez moi l'admiration, l'intérêt, voire même l'inspiration.

 

La mélancolie ? Une petite propension quand même… C'est un peu difficile à évaluer parce qu'aujourd'hui je ne me sens pas précisément triste. Et si je l'avais été, aurais-je accentué le trait ?

Disons qu'en situation de confiance, en présence de personnes aimées, je suis souvent très rieuse. Mais seule, surtout lorsque ma solitude n'est pas habitée par un projet exaltant, je peux tourner en roue libre et me sentir vraiment angoissée et triste.

 

Et pour finir, la peur et le doute.

 

La peur.

 

Je ne reviens pas sur la peur d'être dérangée, et de déranger puisque j'en ai parlé.

 

Revenons alors sur cette peur liée au manque de confiance en moi.

Elle est à la fois physique : mon corps n'est pas fiable, je ne sais jamais dans quel état je vais me lever le matin.

Et aussi mentale : je suis traqueuse, j'ai peur de parler en public, et en même temps, lorsque le trac est levé, je m'aperçois que ça peut être un plaisir.

 

Le doute. Est-ce que je doute ? Et si je doute, doute-je de moi ou des autres ?

Je n'ai pas l'impression d'être souvent saisie par le doute. Je sais que certaines personnes ne peuvent pas acheter une chemise sans demander conseil. Cela ne m'est jamais arrivé.

Etant enfant, si ma mère m'imposait de mettre une robe bleue alors que je désirais en mettre une rouge, je me roulais par terre jusqu'à ce qu'elle cède. J'avais des idées très arrêtées quant à mes goûts.

En fait, je suis en train de douter du fait que je doute. Doute ou pas doute ? C'est un paradoxe qui prouve peut-être ma tendance au doute !

Quoi qu'il en soit, la dernière fois que j'ai vraiment douté (c'était il y a deux ans, il s'agissait de dire oui ou non à une formation assez coûteuse, et j'avais peu de temps pour me décider), j'ai fini par dire oui pour en finir, et je l'ai regretté. Je me souviens avoir pensé : "quand je doute comme ça, c'est mauvais signe."

 

Quand je me lance dans une nouvelle entreprise artistique, je doute finalement davantage des autres que de moi-même : "comment vont-ils m'accueillir ?" Ou "comment vont-ils accueillir cette proposition ?" Ce doute est toujours un emballement de l'imaginaire. Et je parviens à en sortir en revenant à la valeur objective de mon travail.

 

Bien à vous tous,

Nathalie

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Nathalie, Bénédicte a raison. Ferme tes bouquins pour le moment et essayons de réfléchir tranquillement ensemble.

 

Cinq messages hier sans attendre de réponse n'est pas forcément aidant… mais est forcément révélateur ! Que ressentais-tu à ce moment-là ? Enthousiasme, impatience ou quoi ? Cette émotion, quelle qu'elle soit, est-elle fréquente chez toi ? Pourquoi ?

 

Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?

Pour chaque anecdote que tu nous donnes, il faudrait que tu fasses cette recherche des motivations. Même si ce n'est pas d'une fiabilité absolue, cela nous aiderait. (As-tu lu les conseils d'utilisation de ce secteur du forum ? Tu y trouveras un mini-exemple.)

 

Les gens qui préfèrent le centre émotionnel ont bien souvent du mal à se reconnaître dans la passion de leur type, trop douloureuse à admettre parce qu'incompatible avec l'image qu'ils ont d'eux-mêmes. Pourrais-tu donc nous parler de ce que tu penses des compulsions des types envisageables.

 

Une note pour Bénédicte : le sous-type conservation est certain (orthorexie signalée dans le premier message).

 

Très cordialement,

Fabien

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Nathalie-Marie

Bonjour Fabien, bonjour à tous,

 

C'est vrai que je ne suis pas très pondérée dans cette histoire. Comme je vous en ai fait part dans un autre message, vous imaginez bien ma surprise lorsque l'on me prête un tempérament calme et serein ! Il faudra que je comprenne pourquoi je projette une telle image aux autres à mon insu !

 

Que ressentais-tu à ce moment-là ? Enthousiasme, impatience ou quoi ? Cette émotion, quelle qu'elle soit, est-elle fréquente chez toi ? Pourquoi ?

Je ressens de la fébrilité et de l'impatience. J'ai l'impression d'avoir découvert mon type, mais je sais qu'il me manque encore des éléments pour en être sûre. Je voudrais tout savoir, tout, tout de suite.

 

Pourquoi ? Déjà d'une part pour retrouver une certaine paix. Je néglige mon travail depuis trois jours, il n'y a plus que la découverte de mon type qui compte. J'espère en cette découverte, je veux croire qu'elle puisse m'aider à comprendre l'origine de mon trouble perfectionniste. Pourquoi ? Parce que je souffre de cette compulsion et que je n'ai jamais réussi à la contrer par moi-même, ni par le soutien de la psychanalyse (j'ai fini cette analyse). L'association d'idées ou la volonté pure ne suffisent pas. Je veux comprendre le pourquoi du pourquoi du pourquoi, connaître la racine de ce mal qui m'échappe. Il y a le désir d'une délivrance et le désir d'une connaissance plus intime. Désir de savoir qui je suis, de connaître ce que je ne connais pas de moi.

 

Cette émotion est-elle fréquente chez toi ?

Oui !!!

 

Pourquoi ? Tant que je n'ai pas la solution, je suis comme suspendue à quelque chose, et cette suspension crée un état de souffrance. Mon corps participe à cet état de tension, je dors mal, me réveille, les idées bourdonnent. Je souffre. Je suis débordée. Et je n'ai pas les moyens de maîtriser tout ça. Question de nature je pense !

Et donc, vite en finir.

 

Pourrais-tu donc nous parler de ce que tu penses des compulsions des types envisageables.

 

On avait dit hypothèse 2, 3, 4, 6 et 9.

 

Hypothèse 2 : reconnaissance des besoins

Je ne reconnais pas toujours mes besoins devant les autres. Mais intérieurement, je les connais, et même très bien.

 

Pourquoi ne les reconnais-je pas toujours devant les autres ? Parce que cela supposerait de m'affirmer davantage, éventuellement de donner la primauté à mes besoins par rapport à ceux des autres, ou d'obliger les autres et cela m'effraie. Pourquoi ? J'ai peur de déranger, j'ai peur d'imposer, et je n'aime pas me mettre en avant. Pourquoi ? Je tiens à garder une liberté, un espace personnel dans tout ce que je fais, et le fait de m'imposer me lierait trop aux autres. Et pourquoi je tiens à garder cette liberté ? Par besoin, et à cause de certaines limites naturelles. Mon corps me lâche (céphalées épuisantes), ma tête éclate lorsque mes besoins dépendent trop de ceux des autres, j'ai besoin d'un espace privé rien qu'à moi.

 

Hypothèse 3 : Evitement de l'échec.

Pourquoi cherche-je à éviter l'échec ? Parce que ça fait souffrir bien sûr ! Pourquoi ? Un échec me donnera une mauvaise image de moi-même, et c'est encore pire si les autres en sont témoins. Pourquoi ? J'apparaîtrais alors (à mes yeux comme à ceux des autres) moins douée que ce que je croyais et que les autres pouvaient supposer. Pourquoi est-ce un drame d'apparaître moins douée ? J'aime susciter une certaine admiration, et je me plais à penser que je possède quand même quelques talents. L'échec remet tout cela en question. Je me sens alors sans intérêt (jusqu'à ce qu'un nouveau projet se forme et chasse ma peine). Pourquoi ? J'ai besoin de sentir que je suis quelqu'un, que je possède quelque chose, pas forcément de grand, ni d'imposant, mais d'unique et de rare. Et l'échec brise momentanément cette perception de moi-même.

 

Hypothèse 4 : évitement de la banalité.

Pourquoi cherche-je à éviter la banalité ? Je ne m'en rends pas bien compte ! Je le vois chez les autres, mais pas forcément chez moi ! J'ai connu un homme pour qui la banalité était si terrible qu'il refusait d'entrer dans un restaurant si les chaises étaient communes. Sincèrement, je trouvais ça idiot. Mais je suis en train de me dire que l'évitement est peut-être plus subtil chez moi (tiens, tiens plus subtil ! Comme par hasard !!!). Mais bel et bien existant.

Comme je viens d'écrire quelque chose de très révélateur, je pars là-dessus.

Pourquoi mon évitement serait-il plus subtil que celui de ce garçon ? Parce qu'en toute bonne foi, je ne me focalise pas sur l'apparence physique des êtres et des choses. J'admire les beaux vêtements, j'en possède, mais la plupart du temps je me contente d'un vieux jean et d'un pull tout simple. J'admire les belles lignes, les intérieurs design, mais une table Ikéa me va très bien. Je ne regarde pas comment les gens sont habillés lorsque je les rencontre, je ne fais pas attention à des tas de détails auxquels les 4 sont sensibles.

Alors serais-je une 4 encore plus "subtile", encore plus différente que les autres 4 ? Ma différence se révélant justement dans un paradoxe : c'est encore trop banal d'éviter la banalité, je peux l'accepter, et me différencier de ceux qui cherchent à l'éviter (tout cela était jusqu'ici inconscient, je ne suis pas encore sûre de ce que je dis, je cherche).

 

Mais ce qui est inacceptable, c'est d'accepter la réalité telle quelle est. Pourquoi ? Serait-elle trop banale, moche et sale ? Et comment accepter l'inacceptable ? Serait-ce en rêvant à une autre vie ? Une vie toute belle, toute pure, toute propre ? Et comment lui donner forme à cette vie toute belle ? En imaginant qu'elle sera un jour possible. En m'y projetant. En rêvant ma vie.

 

Et en attendant son avènement, il faut bien préparer quelque chose, alors je frotte, j'astique, je récure…

 

Ouf. Je commence à voir la lumière au bout du tunnel…

 

Mais n'allons pas trop vite.

 

Pour les autres évitements, je continuerai plus tard ou dans quelques jours, je n'ai plus du tout de temps.

 

Bon week-end à vous tous.

Et merci du fond du coeur.

Nathalie

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Nathalie-Marie

Bonjour Fabien et Bénédicte, bonjour à tous,

 

Je voulais continuer sur la déviance et le conflit… mais trop de choses me viennent en tête, je verrai bien si j'ai le temps.

 

L'hypothèse du 4 alpha commence à résonner en moi comme une évidence qui me soulage et fait sens. Sa cohérence me saute à la figure, appuie là où ça blesse sans m'agresser, comme si cela coulait de source. Oui c'est bien ça, je reconnais les motifs profonds, les justifications inconscientes de mes choix et de mes actes, ça colle, je n'arrive pas à le dire autrement.

 

Je n'ai pas vraiment étudié la question des sous-types, mais la note que Fabien a transmise à Bénédicte a suscité instantanément mon adhésion. Le mot ''Conservation'' recèle en lui-même quelque chose qui me correspond profondément.

 

Voilà, j'en suis là : 4 alpha, sous-type conservation. Les ailes (si aile il y a) sont une autre histoire que je me réserve pour plus tard.

 

Depuis cette découverte, le bouillonnement, la tension s'apaise. Si je ne me reconnaissais pas d'emblée dans les portraits du 4, c'est que je les trouvais trop sophistiqués et tragiques, ils ne s'ajustaient pas à ma recherche de simplicité, de naturel, de dépouillement. Cette recherche de pureté se rattache à mes convictions chrétiennes, mais les choses sont bien plus complexes.

Oui, j'ai un vrai désir de me détacher des biens de ce monde et des vanités, c'est mon but conscient. En même temps, je reste fondamentalement animée du désir d'être unique et rare, tant à mes yeux qu'à ceux des autres (désir refoulé). Et comment concilier mon désir de renoncement tout en restant exceptionnelle ? La solution est simple : je serai différente dans la simplicité. S'il le faut, je parviendrai même à être exceptionnelle dans l'insignifiance, mais je resterai exceptionnelle.

 

C'est certainement pour cela que l'envie est finalement bien camouflée chez moi : ma référence, mon modèle absolu de contemplation et d'émerveillement, c'est le Christ, c'est la pureté, l'innocence. Et dans notre société consumériste, superficielle et tapageuse, des Christs vivants, des saints, je n'en connais pas beaucoup. Les comparaisons avec mes pairs sont donc plutôt rares au quotidien… Mais ce qui n'empêche pas d'être envieuse au fond de moi, et même beaucoup sans le savoir.

 

J'envie la force d'une Soeur Emmanuelle - ou de toute autre fondatrice d'une œuvre humanitaire ou bienfaitrice. J'envie leur courage, leur esprit d'entreprise, leur puissance dans l'action, moi qui aie tant de mal à m'adapter aux exigences concrètes de la vie, et qui souffre souvent d'inertie. J'envie leur pouvoir de mobiliser leur énergie à de nobles fins. Dans une certaine mesure, les personnes de mon entourage capable d'un tel déploiement peuvent aussi réveiller mon envie, mais comme leurs aspirations sont souvent moins pures (jouir de la vie, s'enrichir, gagner du pouvoir), je ne peux qu'envier le potentiel, pas du tout l'effectif, ce qui atténue le sentiment.

Autre point apaisant : la prière. Quand je parviens à sentir le moment où mon âme est secouée par la jalousie, je l'offre à Dieu, et je dirige mon attention sur autre chose. Ce qui fait que l'envie n'a pas une place trop prégnante, même si elle est toujours prête à émerger.

 

J'ai laissé de côté mes lectures (heureusement que j'avais plein de trucs à faire, sinon c'était cuit !), mais j'ai lu attentivement l'une des réponses que Bénédicte a faite à Fred sur ce même forum. Elle dit : "Je suis "célèbre" sur mon lieu de travail pour voir arriver les ennuis potentiels… au point que certains me font vérifier les plannings et les listes de notes, et s'il y a un problème potentiel il me saute aux yeux."

 

Or, sur mon lieu de travail, on n'a jamais fait appel à moi pour repérer des erreurs. Par contre (mais je n'y pensais pas du tout), il est souvent arrivé que l'on me confie des documents d'entreprise pour les styliser et les rendre plus vivants à la lecture. Je râle à cause du surcroît de travail mais je suis super-contente au fond d'être ainsi reconnue.

 

Et puis j'ai également saisi pourquoi le fait d'être ressentie comme une personne ''calme et sereine'' me déçoit toujours, alors qu'en général les gens pensent peut-être me faire un compliment. Calme est associé dans ma tête à calme plat = platitude = banalité. Je réponds souvent "méfiez-vous de l'eau qui dort".

 

Voilà donc ce que j'ai compris. Je crois qu'un pas énorme est franchi. Mais sachant que l'emballement n'est jamais très bon, je garde une porte ouverte sur les autres hypothèses…

 

Et j'arrête pour aujourd'hui. Tant pis pour la déviance et le conflit.

 

Très amicalement,

Nathalie

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nathalie,

 

4, pourquoi pas ? (Pour le alpha, nous verrons plus tard ; j'ai quelques doutes.) Il nous faut donc valider cette hypothèse. Il semble que la compulsion d'évitement de la banalité et la passion d'envie puissent faire sens pour toi. Il doit en être de même alors des autres mécanismes du type.

 

Qu'en est-il de mélancolie ? Tu nous en avais déjà parlé, il y a six jours. Ta position a-t-elle évoluée depuis, comme a évolué ta perception de l'envie ?

 

Qu'en est-il des mécanismes de défense d'introjection et de sublimation. Tu nous as parlé déjà de tes activités artistiques qui constituent sans doute la part sublimation du phénomène. Que peux-tu dire alors de l'introjection ?

 

Enfin, comme je l'ai dit précédemment, le sous-type conservation est certain. Celui du 4 s'appelle "intrépidité". Cela signifie que sur le plan de la conservation, il arrive au 4 de se mettre en danger à la fois pour être différent et pour attirer l'attention. Cela peut aller de sports dangereux à l'anorexie, en passant par l'endettement ; ce ne sont là que des exemples et tout est imaginable. Ce phénomène existe-t-il chez toi ? Prends le temps de chercher, la plupart des 4 n'étant pas conscients de ce mécanisme.

 

Très amicalement,

Fabien

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Nathalie-Marie

Bonjour Fabien,

 

Toujours pressée par le temps, je garde en réserve tes deux premières questions, et passe directement à la troisième parce qu'elle m'inspire d'emblée quelque chose.

 

"Sur le plan de la conservation, il arrive au 4 de se mettre en danger à la fois pour être différent et pour attirer l'attention […] Ce phénomène existe-t-il chez toi ?"

 

Oui j'ai bien réfléchi, le phénomène existe chez moi. Il y a déjà le problème de l'orthorexie (en bonne voie de résolution, mais sans le secours d'un travail psycho-spirituel, je n'y serai jamais parvenu toute seule).

 

Toujours lié à la nourriture, je souffre de sortes de crises de "boulimie". Le mot boulimie est sans doute impropre parce que je ne me suis jamais fait vomir de ma vie. Je suis par ailleurs très mince, et ces excès ne m'ont jamais fait grossir. Ils tendent à s'atténuer de plus en plus aujourd'hui, d'une part à cause de mon estomac qui ne supporte plus une telle charge de nourriture (gastrites insupportables), et d'autre part parce que j'essaie de lutter consciemment contre cette sorte de folie. Du temps où cela m'arrivait tous les jours, je mangeais jusqu'à ressentir la douleur de la dilatation de mon estomac, et là, au lieu de m'arrêter, je continuais, comme si je voulais dépasser le seuil de tolérance de mon corps, comme si je cherchais à frôler l'éclatement. Je précise encore une fois que je n'étais pas freinée par la peur de grossir. Mon poids n'a quasiment jamais changé depuis mon adolescence. En y repensant, j'aurais vraiment pu vivre des malaises à force de manger de cette façon. C'est peut-être ça que je cherchais : tomber dans les pommes ! (C'est une supposition.)

 

Il est évident que je ne peux pas trop étaler mes excès alimentaires en public (pour une fille délicate, ça fait goinfre !), mais ma minceur naturelle me rend différente des autres, et surtout de la majorité des femmes qui s'embêtent à faire des régimes et du sport pour perdre quatre grammes. On me dit : "Tu as de la chance, c'est rare d'être comme ça. Je t'envie." Quand on me soupçonne d'être limite anorexique devant mes parents, ils répondent en riant : "Elle n'a pas l'air comme ça, mais elle a bon appétit. Mieux vaut la voir en photo…"

 

Merci de m'avoir posé cette question Fabien. Le fait d'en parler, de l'écrire, de cerner ce problème m'éclaire et me fait du bien. Ca va m'aider à en finir pour de bon.

 

Autre chose relative à l'intrépidité : je ne fais pas beaucoup de sport, mis à part un peu de danse (seule). Mais à une époque, je nageais énormément. J'étais capable de nager deux heures sans m'arrêter une seule fois ! Je sortais de la piscine épuisée, quasi flageolante, avec la satisfaction d'être capable de sculpter mon corps et de repousser mes limites physiques. Un jour un maître-nageur est venu vers moi, et m'a dit : "Faites des pauses, prenez le temps de souffler, ce n'est pas bon du tout ce que vous faites." Je n'ai jamais suivi son conseil, ça m'a même prodigieusement agacée ("De quoi se mêle-t-il, je me connais, je sais ce que je dois faire !").

 

Là, c'est fini, j'ai définitivement arrêté. La piscine me donne des sinusites. Ceci dit, si mon corps ne m'obligeait pas à observer une prudence et une sagesse, en serais-je encore là, à nager des heures et des heures pour exercer un pouvoir sur lui ?

Je n'en sais rien.

 

A cette même époque (environ 25 ans), j'ai eu pas mal d'amoureux. Toujours des relations passionnelles, et indice important : je tenais à garder ma virginité pour l'homme idéal que j'espérais. J'étais souvent mordue, mais jamais prête à m'engager pour de vrai. Je m'arrangeais toujours pour élever la relation à son point d'acmé, et au plus fort, je m'échappais, ou je rompais. Pour préserver ma virginité, j'annonçais d'emblée que je ne voulais pas de rapports sexuels, mais j'acceptais de dormir avec mes amoureux, ce qui les frustrait à un point mortel. Captifs de leurs sentiments pour moi, ils ne pouvaient pas s'arracher de la relation, et de mon côté, j'étais tout aussi piégée. Bref, ce qui devait arriver est un jour arrivé : un jour l'un d'entre eux ulcéré (on peut le comprendre) m'a menacée d'un couteau de boucher dans sa cuisine. Et c'est très curieux, à ce moment je me suis dit : "Je ne le laisserai pas me faire le moindre mal ou m'abîmer". Je comprenais qu'une chose grave était en train de se produire, mais je n'arrivais pas à croire que ce soit possible. Je me suis précipitée à toute vitesse dans l'escalier en sonnant à toutes les portes palières de l'immeuble. Un couple m'a recueillie, et c'est là que j'ai réalisé ma peur, et que j'ai pleuré comme une folle. :heart:

 

Tout est réuni : la mise en danger, le désir de me différencier (vierge et inaccessible), le déclenchement de l'obsession de ma personne chez l'autre jusqu'à la folie.

 

Le plus bizarre, c'est que je n'y pensais plus, et pourtant je n'en suis vraiment pas séparée de loin dans le temps. J'ai tiré un trait. Plus jamais ça.

 

Je crois aussi qu'à partir du moment où j'ai cru en Dieu (30 ans), il y a eu un progressif et véritable glissement d'intérêt. Je suis passée du "MOI, MOI, MOI" à "Moi pour l'Autre".

 

Mais les compulsions ne partent pas du jour au lendemain, aussi profonds et agissants soient le désir de changer et l'aide spirituelle. Ma conversion est assez récente, et la guérison intérieure suppose une longue croissance.

 

Enfin j'ai mille anecdotes de ma mère témoignant à quel point j'étais un bébé impossible dans la mesure où je touchais à tout, goûtais à tout, cassais tout, expérimentais tout ce qui me tombait sous la main, ce qui l'obligeait à penser incessamment à moi ! J'étais son souci constant ("C'est pas vrai ! Qu'a-t-elle encore trouvé… Que va-t-elle encore me faire !").

Donc oui, pour attirer l'attention, j'ai très tôt compris comment m'y prendre.

 

Je reviendrai plus tard sur la mélancolie et l'introjection. C'est assez pour ce lundi, j'essaie de ne pas trop faire mousser mon ego, il est tout content, je ne parle que de moi… :happy:

 

Bien à vous tous,

Nathalie

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nathalie,

 

Merci pour ce beau et courageux témoignage. Pour l'intrépidité, je suis convaincu. Aussi pointilleux que je puisse être, je reste coi.

 

Très amicalement,

Fabien

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Nathalie-Marie

Bonjour Fabien,

 

Déjà une bonne chose de validée, je suis contente, nous avançons. :happy: Je m'attaque aux questions laissées en suspens.

 

"Qu'en est-il de la mélancolie ? Ta position a-t-elle évoluée depuis… ?"

Oui.

 

En fait, j'ai beaucoup de mal à me reconnaître mélancolique parce qu'étant petite, mon père supportait difficilement que nous manifestions notre tristesse. Il travaillait très dur pour nous, et ma mère désirait que la maison soit remplie de joie pour lui.

 

Entre parenthèses :

 

Il y a plusieurs jours, j'ai eu une prise de conscience à propos du type de mon père, et ça m'a fait sourire parce que j'ai écrit il y a peu de temps : je voudrais voir un 1 de près !

 

Mon père est une bombe d'énergie, il est irréprochable, droit et travailleur, réprime d'énormes colères, mais jusqu'ici je n'avais jamais réussi à l'associer au type 1, parce que je ne lui reconnaissais aucun trouble perfectionniste. Aucun TOC, aucune manie, aucun rite de lavage, aucune compulsion perceptible. La poussière, les miettes, les taches semblent le laisser indifférent. Bref, son type restait un mystère. D'autant que je me croyais 1, et que je constatais une différence énorme entre lui et moi. A cause de son courage, je le pensais vaguement 8 (sans conviction et pour cause : mon père n'aime pas du tout faire preuve d'agressivité).

 

Je comprends à présent que ce fameux perfectionnisme ne se manifeste pas du tout de la même façon selon les personnes. Chez lui, c'est l'acharnement au travail, et là tout devient très clair : sa puissance de travail et son entêtement, ses exaspérations silencieuses, ses contractions musculaires, tout est noué et rentré chez mon papa, il est en permanence sous tension.

 

Quand j'ai compris cela, j'ai ressenti un abîme de tendresse pour lui, je comprends enfin ses prises de position parfois rigides, sa vision binaire, tout ce qui me heurte chez lui prend sens à la lumière de l'ennéagramme. Et combien pardonner devient tout à coup possible…

 

Enfin, voilà pourquoi j'admire tant sa capacité de travail. Je m'en inspire quand j'ai besoin de trouver un ressort en moi pour bouger.

 

Fin de la parenthèse.

 

Bref, la tristesse était une sorte de tabou à la maison. Je suis née à la suite d'un deuil familial, je suis née pour changer les larmes en allégresse (ma mère a perdu accidentellement sa jeune soeur. Je suis arrivée 11 mois après). :heart:

 

De mon enfance jusqu'à l'âge adulte, je me suis donc cachée dans ma chambre (souvent dans mon lit) pour rêvasser et développer mes scénarios mélancoliques. Petite, je me souviens avoir un jour pleuré un après-midi entier, tout ça parce que j'avais coincé la patte de ma tortue d'eau douce dans le clapet du lavabo et que j'avais vu sa petite bouche muette s'ouvrir de douleur. Voilà le genre de chose qui pouvait me mettre dans des états inimaginables. La tortue c'était moi, incomprise et souffrante dans ce monde de brutes… et de là, je sombrais dans une interminable passion doloriste. :sick:

 

Côté pile la tristesse, côté face le rire, la fête, la légèreté. Les deux coexistent à parts égales me semble-t-il, même si je tends à minimiser l'importance de la mélancolie (moi dépressive ? Quelle horreur !). Et quand je parviens à sortir de ma léthargie (carapace de tortue), quand j'arrive à assimiler certains évènements passés, cela déclenche une grande effervescence créative, je peux écrire une comédie musicale par exemple, ou dresser un projet d'art plastique, une féerie. Tout d'un coup le monde devient beau, lumineux, exaltant, passionnant.

 

En société, je dévoile d'emblée mon côté joyeux. Si je me sens reconnue et aimée, le sourire, l'implication et l'enthousiasme demeurent toujours présents chez moi, quelles que soient les épreuves. Mais si je n'ai pas le sentiment d'être appréciée et estimée, c'est là que les tourments intérieurs apparaissent. Je sens un gouffre indéfinissable entre les autres et moi, ma spontanéité meurt en quelques secondes, c'est fini. Je n'ai plus rien à faire là, je deviens timide, fragile et silencieuse. Ou bien je garde bonne figure en déroulant dans ma tête tous les moyens de m'arracher au plus vite de là. Un immense besoin d'isolement se fait alors sentir… Oui, partir loin, loin de tous ces gens, tous ces étrangers qui m'ennuient à périr, pour qui je n'ai aucun prix, et dont je me sens si lointaine.

 

Ai-je parlé aussi de l'introjection en évoquant ma mélancolie ? Je ne suis pas sûre de savoir vraiment ce qu'elle est, j'ai dû lire des tas de fois la définition et l'oublier à la minute. Trop révélatrice sans doute.

 

Bien amicalement,

Nathalie

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nathalie,

 

Je ne lui reconnaissais aucun trouble perfectionniste. Aucun TOC, aucune manie, aucun rite de lavage, aucune compulsion perceptible. La poussière, les miettes, les taches semblent le laisser indifférent.
S'il y a un lien entre le 1 et la personnalité compulsive, il n'y a pas de corrélation forte entre le 1 et les troubles obsessionnels-compulsifs (TOC). Donc TOC, manie et autres chasses aux miettes n'ont pas grand chose à voir avec le 1.

 

Mon père est une bombe d'énergie, il est irréprochable, droit et travailleur, réprime d'énormes colères. […]Chez lui, c'est l'acharnement au travail, et là tout devient très clair : sa puissance de travail et son entêtement, ses exaspérations silencieuses, ses contractions musculaires, tout est noué et rentré chez mon papa, il est en permanence sous tension.
Ca oui, c'est du 1. Du typique !

 

Quand j'ai compris cela, j'ai ressenti un abîme de tendresse pour lui, je comprends enfin ses prises de position parfois rigides, sa vision binaire, tout ce qui me heurte chez lui prend sens à la lumière de l'ennéagramme. Et combien pardonner devient tout à coup possible…
Quel plaisir pour moi de lire ces lignes. C'est pour cela que j'enseigne l'Ennéagramme. :happy:

 

Côté pile la tristesse, côté face le rire, la fête, la légèreté.
Cette alternance, cet excès en haut comme en bas, c'est bien du 4.

 

Ai-je parlé aussi de l'introjection en évoquant ma mélancolie ? Je ne suis pas sûre de savoir vraiment ce qu'elle est, j'ai dû lire des tas de fois la définition et l'oublier à la minute. Trop révélatrice sans doute.
Tu devrais lire cette discussion sur l'introjection. Je ne serais plus surpris qu'elle fasse sens… même si tu n'es pas comme ces autres 4, bien sûr. :heart: Ce devrait être la dernière formalité.

 

Très amicalement,

Fabien

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Nathalie-Marie

Bonsoir à tous,

 

Fabien, je te remercie chaleureusement, merci aussi à Bénédicte, merci pour la délicatesse avec laquelle vous m'avez permis de découvrir mon type. C'est une grande joie. :sick:

 

Les témoignages sur l'introjection font sens, Christian parvient à pousser l'auto observation à un point qui m'est encore inconnu. J'ai besoin d'un peu de temps pour repérer le processus en moi, et le rattacher à cet idéal perfectionniste qui me gâche tant la vie. Mais oui, le mécanisme m'est familier.

 

Et puis au passage j'ai vu que je n'étais pas exempte de ce fameux dédain que je cherchais partout sans trouver. Je me cite : "… Oui, partir loin, loin de tous ces gens, tous ces étrangers qui m'ennuient à périr"… :happy:

 

Tu avais juste émis un doute : 4 alpha ou 4 mu ?

Je reste sur l'hypothèse de la répression du centre instinctif.

 

Avec toute ma gratitude et très amicalement, :heart:

Nathalie

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Nathalie-Marie

Oui, ça commence à venir !

 

J'ai ceci à propos de l'introjection : lorsque j'ai compris la compulsion de mon père, j'ai repensé à son enfance, à tout ce qu'il a enduré petit garçon pour faire plaisir à mes grands-parents très austères. Je n'ai pas pu m'empêcher de me mettre à sa place, de vivre émotionnellement ses attentes, ses espoirs, ses frustrations, et sa souffrance d'enfant. Et je me suis mise à pleurer.

 

Et puis d'un coup j'ai arrêté mon "materdolorosa", et j'ai décidé de l'aimer encore plus fort, et de le lui témoigner concrètement.

 

Fabien, je crois saisir ce que tu veux dire, l'émotion en soi n'est pas néfaste. La nuisance, c'est toute cette mousse égotique que l'on fait autour. Une juste émotion est source de communion, tant qu'on ne la tire pas à soi, tant qu'on ne la dilate pas pour s'y complaire.

 

Merci pour tout ! :happy:

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nathalie,

 

"Tu avais juste émis un doute : 4 alpha ou 4 mu ?"

 

Récapitulons la théorie.

Le 4 alpha réprime l'instinctif, s'intègre en 1 et se désintègre en 2.

Le 4 mu réprime le mental, s'intègre en 2 et se désintègre en 1.

Réprimer un centre n'empêche pas de l'avoir, ni même de bien s'en servir : par exemple, je connais une 2 qui réprime le mental et posède deux doctorats universitaires. La répression signifie simplement que nous avons tendance à éviter de nous servir de ce centre parce que, consciemment ou inconsciemment, nous associons son emploi à une souffrance ou un danger, ou que nous l'utilisons après avoir examiné la situation du point de vue des deux autres centres.

 

Récapitulons la pratique.

Nous connaissons bien mieux notre type de désintégration que notre type d'intégration.

 

A partir de là, les arguments en faveur du 4 mu me semblent nombreux et forts. Je ne relis pas la conversation, mais voici ce dont je me souviens.

 

Répression du mental :

  1. La recherche de ton type me semble avoir été abordée ainsi : impasse complète sur la théorie, peu de structuration de la recherche.
  2. Le centre mental n'est pas fondamentalement utile ou crédible : "Je crois toujours pouvoir développer mes acquis grâce à l'expérience, l'exemple vivant."
  3. L'épisode de l'intrépidité avec les garçons me semble aussi à placer ici.

Utilisation de l'instinctif en centre de support :

  1. Tu sembles plutôt active. Plusieurs fois, tu as interrompu un message en signalant que tu avais moult autres choses à faire.
  2. Quand l'action est entreprise, elle peut l'être de manière instinctive, sans être précédée d'une réflexion (alors que l'urgence de la situation ne justifie pas cet ordre de fonctionnement des centres) : "Et quand j'ai le malheur de laisser déborder du lait ou des pâtes, je me rue sur la gazinière pour essuyer instantanément les traces alors que le liquide est encore bouillant et que je suis à deux doigts de me brûler ou de cramer mon éponge !"
  3. Tu te reconnais impatiente, et a pu publier cinq messages en une journée sans attendre la moindre réponse (ce qui va aussi avec la répression du mental).
  4. Tu as écris : "Petite, je pouvais danser des heures dans ma chambre, je dansais librement et sans public. J'étais agile, je dansais bien." C'est le signe d'un instinctif fonctionnant bien, même s'il ne pouvait pas s'exprimer en public, à cause de l'instinct social du 4.
  5. Si j'ai bien compris, tu continues à danser seule.
  6. A une certaine époque, tu "étais capable de nager deux heures sans [t]'arrêter une seule fois !" Réprimer l'instinctif et faire cela me semble quand même difficile à envisager !
  7. Enfant, tes colères étaient instinctives : "Toujours ces pleurs, ces cris, ces démonstrations, à me rouler par terre." A titre de comparaison, je réprime l'instinctif et mes colères enfantines (nombreuses) étaient toujours verbales ; me rouler par terre, impossible, la terre est trop basse. :happy:

Désintégration en 1 :

Tu t'es d'abord reconnue dans ce type, dans le perfectionnisme, la colère réprimée, l'impatience.

 

Certes, le perfectionnisme pourrais aussi être perçu comme le résultat d'une empreinte paternelle. Ton père semble 1 et tu écris : "Voilà pourquoi j'admire tant sa capacité de travail. Je m'en inspire quand j'ai besoin de trouver un ressort en moi pour bouger." Mais le reste des éléments allant plutôt dans le sens du 4 mu?

 

Très cordialement,

Fabien

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Nathalie-Marie

Bonjour Fabien,

 

Ah voilà, tout s'éclaire enfin !

 

Et puis cette phrase qui a fait mouche : "Réprimer un centre n'empêche pas de l'avoir, ni même de bien s'en servir."

 

A tort, je voyais les instinctifs réprimés plus "cérébraux" et les mentaux réprimés plus "sauvageons". Belle illustration de ma préhension instinctive des choses, qui m'épargne de vérifier et de chercher un appui rationnel dans un manuel.

 

En plus, l'autre soir, je suis tombée sur le passage de "la petite laine de Patricia", et je me suis dit : "C'est bizarre pour moi qui réprime l'instinctif, je suis sûre que je l'aurais mise aussi !"

 

Tout fait sens.

 

Et les choses sont bien faites : ma mère est une 2 (pur jus) consciente de son type, et qui cherche à se libérer de ce qu'elle appelle sa "compulsion de don". Son esprit de service est un bel exemple pour moi.

Il semble très clair que mon père soit un 1 mu. En fait c'est surtout son énergie méthodique et efficace que j'admire, et j'ai tout intérêt à en prendre de la graine. :wink:

 

MERCI du fond du coeur. Je me pencherai sur mes ailes éventuelles à l'occasion d'un stage de base, très probablement en janvier.

 

Bien à vous tous, :kiss:

Nathalie

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Tout chaud sorti du four : 4 mu (sous-type conservation)

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Nathalie-Marie

PS : et pour la danse, effectivement, je continue toujours. Seule parce que j'ai horreur des cours (trop structurés, trop contraignants, trop dépersonnalisants ! :wink:).

Et je n'ai plus aucun problème en public. Au contraire.

 

Bon là, je crois que tout y est ! :kiss:

 

Très amicalement,

Nathalie

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4 mu, sous-type conservation

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nathalie,

 

Nous voilà effectivement au but. Bravo pour cette recherche courageuse et sincère.

 

Cet échange a rempli son office et est donc désormais clos. Si tu veux aborder d'autres points, tu peux ouvrir une discussion dans la zone appropriée du forum. Je me réjouis de t'y retrouver.

 

Très amicalement,

Fabien

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