Institut Français de

l’ennéagramme

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Bonjour à tous,

 

J’ai très souvent des pensées morbides, sombres ; la crainte que mes proches puissent disparaître, et en même temps en sorte de résignation face à la mort, inéluctable, liée au destin ; puisque cela doit arriver… d'où une souffrance douce-amère.

 

Ce qui peut me gêner, en ce moment, c'est une recherche presque permanente, non pas une recherche, mais un assaut de situations dans lesquelles je souffre. Une forme de punition.

 

Je me rends compte que je développe malgré moi, et ce depuis très longtemps, une image interne de martyr, de bouc émissaire, ou de victime, quelque chose du style : pour exister, il faut "souffrir" moralement (ne pas être beau, ou le meilleur…).

 

Tout cela n’est pas encore très clair.

 

Parvenez-vous à définir la souffrance des 4, cet automatisme douloureux ?

Comment faites-vous pour éviter ou supporter ou vivre avec une souffrance morale ? Souffrance qui peut être partagée par les neuf types.

 

Amicalement,

Christian

Christian (E4 alpha, Aile 5, C= S- X+)

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Bonjour Christian,

 

Parvenez-vous à définir la souffrance des 4, cet automatisme douloureux ?

 

Une tempête de critiques négatives dans le cerveau, parfois des brûlures d'estomac, parfois une envie de pleurer… qui ne se réalise pas car bloquée, un sentiment profond d'être seul, etc.

 

Comment faites-vous pour éviter ou supporter ou vivre avec une souffrance morale ? Souffrance qui peut être partagée par les neuf types.

 

Maintenant, j'ai décidé de pleinement la reconnaître et de refuser de sombre dedans ! Je me dis par exemple : ça y est je la rote à nouveau, mais c'est moins grave que je le ressens car j'intensifie mes émotions. Quelle est la réalité ? Est-elle si sombre que je le vis ? OK, je suis mal mais la vie est belle parce (suit des observations concrètes et vraies du moment). De plus je travaille sur mon filtre d'attention du manque : oui, je ressens ce manque (je reconnais ma souffrance), mais qu'est-ce que j'ai la chance d'avoir maintenant (je me connecte à la réalité) ? Etc. Ce travail est essentiellement une action sur le psychologique. Je mets également en place des outils appris aux stages Eveil et Néti Néti.

 

Je constate alors que la situation s'améliore souvent rapidement, et je retrouve la force d'avancer même si mes émotions sont encore remuées.

 

Avec toute mon amitié,

Gabriel, 4 alpha, aile 3

Gabriel - Une vision multicolore de la vie - Type 4 alpha, aile 3, C=/- S-/+ X+

  • 2 weeks later...
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Bonjour Gabriel,

 

La souffrance du 4 ne réside-t-elle pas dans la présence du centre de support (mental dans mon cas) ?

Mes émotions intérieures ne sont pas en adéquation avec le mental, et inversement.

- difficultés de se connecter à la réalité,

- difficultés pour faire la part des choses,

- difficultés pour éviter d'être dans une quête.

 

N'y a-t-il pas lutte continuelle entre le centre émotionel et le centre mental qui "agit" aussi pour restreindre les émotions ?

Sinon, si on réfléchit bien, il n'y a pas de souffrance !!!

 

Amicalement,

Christian

Christian (E4 alpha, Aile 5, C= S- X+)

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Bonjour Christian,

 

Intuitivement, je dirais que le centre mental "interprète" l'émotion en fonction de "sa vision", à savoir pour le 4, avec sa fixation de mélancolie qui va le pousser à interpréter l'émotion "côté" manque, dramatique, etc.

 

L'émotion en tant que telle peut être souffrance, le mental du 4 alpha (que je suis aussi) va naturellement augmenter cette souffrance.

 

Ceci n'est pas une réaction "réfléchie" et argumentée.

 

Dans mes auto-observations, je cherche à décoder mon processus personnel de manière plus fine. J'ai encore besoin de temps. Mais je suis en train de "toucher" le lien très subtil qu'il y a en moi entre émotion-introjection-fierté-compulsion et transes hypnotiques (stage éveil). Le temps dont j'ai besoin est celui pour passer du stade découverte de processus et de sa compréhension intellectuelle. Pour l'instant, j'en suis simplement au stade du "tilt, c'est donc comme cela que cela se passe…" sans que cela soit encore très clair à mon esprit. Si c'est possible de prendre assez de recul et de bien comprendre mon fonctionnement à ce sujet, je le partagerai sur ce panneau. A suivre…

 

A bientôt.

Gabriel, 4 alpha aile 3, qui se gratte la tête :tongue:

Gabriel - Une vision multicolore de la vie - Type 4 alpha, aile 3, C=/- S-/+ X+

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Bonjour Gabriel,

 

Dans ces conditions, c'est bien le centre instinctif qui permettra au centre mental de se modifier, et donc de ne plus être tributaire du centre émotionnel (pour un 4 alpha !).

Le centre instinctif est lié à la réalité, à l'opposé du centre émotionnel qui, pour un 4, génère un imaginaire très fort.

 

En somme, le fait d'agir, d'être dans le "ici-maintenant", c'est atténuer la souffrance.

 

Tout ceci est une interrogation !

 

Amicalement,

Christian

 

PS : Loin de moi l'idée de te gratter la tête !! :tongue:

Christian (E4 alpha, Aile 5, C= S- X+)

Fabien Chabreuil
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Bonjour Christian,

 

"Le centre instinctif est lié à la réalité."

Que nenni ! Le corps est lié à la réalité et à l'ici et maintenant (cf. stage Essence). Le centre instinctif, lui, peut tout autant dévier de la réalité que les autres centres (dommage pour les 8, 9 et 1).

 

Chez le 4 alpha, le centre instinctif est blessé. Il est fort loin de la réalité, de sa capacité réelle à agir sur le monde et à avoir l'espoir que cette action soit utile et positive.

Le mental est le plus proche de la réalité, mais esclave du centre émotionnel, il sert principalement à analyser les émotions et entretenir le processus de mélancolie et la souffrance.

 

Très amicalement,

Fabien

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Bonjour Christian,

 

Tu dis : "Pour exister, il faut 'souffrir' moralement (ne pas être beau, ou le meilleur)."

 

Il me semble que le type 4 aime "se complaire" dans la souffrance, et s'y noie avec ou sans connexion à la réalité, comme s'il y avait eu association ou confusion dans son inconscient entre souffrance et amour.

 

Un peu comme s'il y avait une croyance de l'enfance : si je souffre, c'est que je serai aimé.

 

Ceci a-t-il du sens pour toi ?

Je serais évidemment heureux aussi d'avoir l'avis de Fabien, et d'autres personnes du type 4. C'est le type que je comprends le moins dans l'ennéagramme, moi qui suis type 9 avec l'émotionnel réprimé… Une situation diamétralement opposée…

 

Cordialement.

Fabien Chabreuil
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Bonjour Superman,

 

Le 4 ne se complaît dans la souffrance qu'à des niveaux de désintégration élevés, sinon il la subit. Quand il est dans cette situation où la souffrance est recherchée et maintenue, voilà comment Claudio Naranjo (et je vous le livre sous réserve) décrit le phénomène dans The Enneagram of Society :

Cet attachement [à la souffrance] est explicable par une manipulation des fonctions de la souffrance. D'une part, ils manoeuvrent pour attirer l'amour au moyen d'une intensification de leurs besoins et de leurs frustrations ; ils disent : "Un bébé qui ne pleure pas n'est pas allaité." D'autre part, ils se placent dans le rôle de la victime pour obtenir la satisfaction de leurs demandes frustrées en rendant l'autre coupable ; quelque chose comme : "Regardez, je souffre à cause de vous et vous devez comprendre que vous me devez quelque chose au nom de l'humanité et de la décence."

A des niveaux moyens, le phénomène est en fait inversé. Le 4 pense être atteint d'une sorte de déficience personnelle, manquer de ce qu'il faut pour être aimable et il en souffre.

 

Très cordialement,

Fabien

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Bonjour Superman,

 

Spontanément, ce n'est pas cette souffrance liée à l'enfance, pour laquelle je n'ai aucun souvenir. Il ne me semble pas avoir souffert, consciemment, mais le manque fut très fort ; peut-être pas le manque d'amour, seulement, mais le manque d'une partie de moi qui n'a pas été mise en avant, qui fut enfouie, une atrophie, absence de développement d'une part de moi à force de m'avoir empêcher d'être ou de faire. (Suis-je clair ???? :kiss2:)

 

La souffrance est donc liée à cette envie d'être autrement ("Ah, si j'étais comme lui, ou lui, ou elle, ou eux, ad libitum !").

La souffrance est liée également à "l'impossibilité" de ne pouvoir faire, de ne pouvoir être dans l'action (mon centre réprimé = 4 alpha), comme si par habitude on (les parents !) ne m'avait pas laissé ce développement-là.

 

Par conséquent, il ne s'agit nullement d'une "croyance d'enfance" consciente, mais plutôt d'un état.

Lorsque le monde m'agresse, mon réflexe est de me réfugier dans la mélancolie, la tristesse : ceci n'est pas en soi une souffrance ; c'est un mon état "normal", mon ego !!

 

Depuis l'ennéagramme et le stage Essence, il s'avère qu'il existe une existence malléable, plus réelle et vraie, plus épanouissante et tournée vers le futur.

 

Sinon, ça va très bien ! :peur:

 

Amicalement,

Christian

Christian (E4 alpha, Aile 5, C= S- X+)

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Bonjour Fabien, bonjour Christian,

 

L'idée de Naranjo, citée par Fabien, me paraît OK. En complément, je souhaite repréciser mon idée.

 

Christian dit bien : "Lorsque le monde m'agresse, mon réflexe est de me réfugier dans la mélancolie, la tristesse."

Or le meilleur refuge que nous ayons eu, c'est bien le ventre maternel, puis, dans les bras de maman, n'est-ce-pas ? Si, cette maman a été, pour différentes raisons, anxieuse, triste, on aurait reçu en même temps que son amour, ses angoisses et tristesse. Il y eu confusion entre amour et tristesse… En tout cas, ceci est une hypothèse que j'exprime. Elle sera difficile à prouver.

 

D'où la recherche du 4 : je cherche à me réfugier dans la tristesse…

Le travail de développement personnel du 4 consisterait peut-être à se distancier de la tristesse.

 

Cordialement.

Posted

Bonjour Superman,

 

Pour te répondre, je voudrais signaler que le constat exprimé concernant la souffrance est nouveau pour moi.

 

En conséquence, ce n'est pas de m'éloigner de la tristesse qui m'importe. Elle est nécessaire lorsque je suis touché émotionnellement. Ce n'est pas le point central sur lequel il me faudrait "travailler".

Je ne cherche pas à me réfugier consciemment dans la tristesse, c'est un simple automatisme, c'est ce qui a toujours fonctionné inconsciemment, sans doute pour ne pas souffrir :kiss2: : m'éloigner du monde, me renfermer en moi-même, me couper de l'action, ignorer les autres !

 

En revanche, constater que, dans l'enfance, j'ai manqué d'attention et/ou d'amour et/ou de respect et que mon être en fut alors blessé au point de me dire que :

- je suis définitivement amputé (d'amour, de respect, d'attention),

- je ne suis pas ma vraie personnalité (j'aurais dû être quelqu'un d'autre !)

 

Cette constatation devient fausse dans la mesure où il m'est maintenant possible de vivre :

- soit ainsi,

- soit en tentant de me faire confiance pour :

- mettre un terme à cette amertume et

- faire en sorte de développer ce qui fait défaut.

 

De fait, je peux croire, vraiment, que faire des projets est possible, que je ne suis pas définitivement condamné, que je suis et non que j'ai l'impression d'être.

Je peux m'affirmer dans le monde, souffrir quand il faut souffrir (mais pas au-delà !), mettre mon corps, mon être dans l'action sans risquer de souffrir davantage.

 

La souffrance n'est pas l'exclusivité des 4, comme je le croyais jusqu'à ce week end, mais partagée par les neuf types.

 

Cette souffrance, décrite ici, est la mienne, et non celle de tous les 4 (tous les 4 n'ont pas eu cette enfance, être privé de père, et d'attention maternelle).

 

Ma souffrance est justement de chercher inexorablement l'Amour des autres, qui me donneront enfin TOUT ce qui m'a manqué = illusion et fausse pensée.

 

C'est cette souffrance qui consiste a être contraint de répéter invariablement le même geste, les mêmes pensées, la même recherche de soi et d'amour, sans aucun résultat positif, jamais. :cool::peur:

 

Et un jour, on me dit qu'il existe une autre voie !

 

Amicalement,

Christian

Christian (E4 alpha, Aile 5, C= S- X+)

Fabien Chabreuil
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Bonjour à tous,

 

Superman, la tristesse de la mère ne peut être considérée comme une cause de l'attitude du 4. Il y a des mères tristes ayant des enfants non-4, et des mères joyeuses ayant des enfants 4. Si l'enfant est 4, une tristesse de la mère peut, peut-être, renforcer les mécanismes égotiques. Mais c'est tout.

 

"Se distancier de la tristesse" n'est pas LA solution de développement personnel du 4. La tristesse est une conséquence, et non une cause. Ne traiter qu'elle ne pourrait donc que donner un résultat provisoire.

 

Très cordialement,

Fabien

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Bonjour à tous,

 

Je ressens comme Christian que "la tristesse est un véritable automatisme."

Elle me vient automatiquement si je contacte le manque.

 

Le sentiment de manque peut venir de ce que je considère comme un dû de la vie et qu'elle ne m'apporte pas (ex : un compagnon de vie), de mes failles, de relations insatisfaisantes…

 

La meilleure antidote à la tristesse, c'est quand je reconnais ma souffrance et me reconnecte tout de suite à la réalité de toutes les chances que j'ai dans la vie (je partage le point de vue de Gabriel). C'est aussi de faire ce que j'ai à faire.

 

En ce qui concerne la victimisation, je me reconnais dans les explications de Claudio Naranjo, rapportées par Fabien. J'ai toutefois un ajout à apporter.

 

Il me semble que la victimisation est aussi une manière pour moi de me donner de bonnes raisons de me mettre en colère.

Après le constat d'un manque et sa non-satisfaction, j'ai certainement pris très jeune le parti de retourner la colère contre moi-même (ma colère n'était pas écoutée, voire très mal jugée et même complètement bannie).

Toute colère rentrée s'accumule en rage d'où cette habitude à la tristesse, à la mélancolie.

 

Dans le livre de Fabien et Patricia sur l'ennégramme, dynamique de connaissance et d'évolution, il est écrit : "Sur le plan émotionnel, il est beaucoup plus simple et salutaire de pratiquer la vertu de notre type d'intégration , c'est-à-dire le plus proche en allant à contre-courant des flèches, soit pour le 4 alpha, le point 1."

Je comprends mieux le lien du 4 alpha avec le 1 dont la compulsion est d'éviter la colère et la vertu la patience.

 

Bien cordialement.

Nane

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E4 alpha, aile 3 (eh oui mon aile est 3 et pas 5), sous-type sexuel

Nane – E4 alpha, aile 5, sous-type social

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