Institut Français de

l’ennéagramme

À quoi sert tout le reste...

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Bonjour,

 

Je suis pratiquement certaine d'être de type 4. Je me retrouve bien dans le besoin d'éviter la banalité, dans l'envie, dans le sens du "beau", dans le côté cyclothymique de l'euphorie à la dépression, etc. Mais certains traits de mon caractère ou de mon comportement m'amènent vers d'autres types (1-2-5), ce qui correspond en fait aux flèches ou aile du 4.

J'aimerais que vous m'aidiez à y voir plus clair.

 

Précisons qu'avant de connaître l'ennéagramme et ne connaissant pas les trois centres, je m'estimais une "cérébrale" constamment dans mon mental (le vélo qui tourne sans interruption dans la tête), ce qui est toujours exact, mais je suis également super-émotive, facilement aux bords des larmes et dramatisant.

 

J'ai toujours aimé le travail bien fait, tendre vers la perfection (type 1), j'aimerais être parfaite malgré qu'en prenant de l'âge, j'arrive à me contenter de l'à-peu-près. Mais, plus jeune, lorsque j'apprenais quelque chose de nouveau, si je n'y arrivais pas pour être dans les meilleures, j'avais tendance à abandonner.

J'ai commencé ma vie professionnelle en étant sténodactylo. Je me souviens qu'avec un certain supérieur, j'étais crispée sur mon crayon pour prendre le courrier en sténo et que le soir à la maison, je passais beaucoup de temps pour me relire afin d'être compétente.

J'ai toujours eu du mal à supporter avoir un patron sur le dos, si bien que je me suis perfectionnée en comptabilité pour avoir un travail plus indépendant.

J'ai un grand besoin d'isolement.

Je me sens mal à l'aise en groupe, mais bien en tête-à-tête. J'ai fait un stage il y a quatre ans où dès les cours terminés, j'étais ravie de rejoindre ma chambre au plus vite pour m'isoler.

Dans ce qui est marquant, c'est que lorsque je pratiquais le ski de piste, je m'interdisais de tomber, je faisais tous les redressements possibles et inimaginables pour ne pas tomber ! Si je me demande pourquoi, je réponds que je n'aime pas me retrouver dans la neige, en avoir partout, sur le visage, sur le corps !!!!!!?

En vrac : je suis très impatiente, je vois (ou crois voir) tout de suite ce qui ne va pas chez l'autre ; très impulsive et assez colérique mais je me retiens. Très heureuse seule si sur le plan affectif je sais que j'ai un ami. Quand je suis avec quelqu'un, j'aime partager des loisirs, j'aime être dans l'action, participer à des jeux intellectuels ou manuels ou autres ; je déteste les réunions familiales, les fêtes, les mariages où je me sens plutôt en retrait, où les conversations me semblent banales, et tout est superficiel, sans profondeur.

En ce qui concerne le type 2, je me suis retrouvée dans le livre d'Helen Palmer quand elle y décrit la vie affective des 2, mais pas pour le reste. Je ne me sens pas altruiste. :sick: Je suis plutôt personnelle et narcissique. :lame: Je ne valorise pas les besoins de l'autre. :happy: Je n'aime pas spécialement rendre service. :blush:

Je vous remercie des commentaires que vous pourriez me faire.

Très cordialement,

Diane

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Bonjour Diane,

 

Très heureux de te lire à nouveau sur ce forum. Tu sembles dégager une belle énergie !

Tu te demandes si tu es 4 ! Soit.

Tu demandes confirmation. Tout ce que tu écrit va dans le sens du 4, effectivement. Mais tu pourrais, pendant les quelques dernières heures ouvertes de ce forum, avant les vacances Chabreuilleuses (Chabreuillennes ? Chabreuillesques ?), tenter de préciser, par couches successives, quelques points.

Il faudrait indiquer, avec davantage de précision (avec le coeur ?) quels sont les éléments, motivations, anecdotes, pensées, qui te poussent à te sentir 4 concernant d'abord :

a- le besoin d'éviter la banalité,

b- l'envie.

 

Amicalement,

Christian

Christian (E4 alpha, Aile 5, C= S- X+)

Fabien Chabreuil
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Bonjour Diane et Christian,

 

Diane, quelques questions en supplément de celles de Christian.

 

Il arrive assez fréquemment que le 4 se considère comme un "cérébral", parce qu'effectivement il est souvent dans l'analyse, mais bien sûr c'est une analyse de ses émotions, de son ressenti, plus que d'idées. Qu'en est-il pour toi ?

 

As-tu besoin, comme le 1, d'être parfaite dans tous les secteurs de ta vie, y compris ceux qui ne t'intéressent pas ou qui te sont difficiles et pénibles ? Sinon, quelle est la motivation derrière la perfection ?

 

Quand tu t'isoles que fais-tu ? A quoi sert l'isolation ?

 

Amicalement à tous deux,

Fabien

Posted

Bonsoir Christian et Fabien,

 

Merci pour vos réponses. Je n'ai pas toujours accès à l'ordinateur et ça me fait rager.

 

a) Le besoin d'éviter la banalité : la normalité, la routine, le classique, le conventionnel m'ennuient et sont inintéressants.

Je suis mariée, mais nous n'avons pas de vie de couple depuis 25 ans ; nous ne partageons pas grand chose, nous avons chacun nos vies. Je pense que mon mari est de type 5, et que ça l'arrange. Je trouve que ma situation n'est pas banale, mais je ne crois pas en une relation de couple traditionnelle.

Le matin je ne déjeune pas comme tout le monde (ni en général). Ma belle-soeur s'est moquée de moi en disant à mon fils : est-ce que ta mère mange toujours ses petites graines ? Le comble, c'est que ça m'a blessée à l'époque, maintenant j'ai pris du recul.

Lorsque je vais danser, j'essaie toujours d'avoir des tenues qui se remarquent.

Je suis bien sûr du genre à croquer une carotte ou du fenouil pendant que les autres mangent des biscuits !

 

B) L'envie : je suis partie en Egypte avec une amie ; lorsqu'elle se trouvait avec d'autres personnes à discuter et à rire, je l'enviais énormément.

A la danse, j'envie toutes celles qui dansent mieux que moi ou qui ont plus de succès.

J'ai un ami (type 7) que je vois dans le milieu de la danse. S'il y a 100 femmes dans la salle, il les connait toutes, les embrasse, les appelle par leur prénom, sait ce qu'elles font comme activité, etc. Cela me plonge dans un profond sentiment d'envie et de jalousie.

 

En ce qui conserne le besoin d'être parfaite, effectivement ce n'est pas pour les secteurs qui ne m'intéressent pas ; donc la motivation derrière la perfection serait d'être appréciée, d'être valorisée, d'exister pour l'autre, de me faire remarquer.

 

Quand je m'isole je fais quoi ?

J'ai mille activités qui me passionnent ; je peins (huile, aquarelle, acrylique), je fais du modelage, je dessine, je bricole, je crée des vêtements, je jardine, je joue du piano, je chante, je lis, je fais du Taï Chi.

Mais tout cela, c'est quand je vais bien. C'est pour cela que j'ai dit que si j'ai quelqu'un sur le plan affectif, je n'ai pas le besoin d'être toujours avec lui.

Lors du stage, c'est parce que je me sentais incomprise, pas intégrée que j'avais hâte d'être seule pour me sentir mieux, pour lire et me relaxer parce que ça me demandait un effort d'être avec les autres.

Quand je déprime, je suis incapable de faire quoi que ce soit, sinon de ruminer mes problèmes.

 

A la naissance de mon fils, j'ai arrêté mon emploi de secrétaire-comptable. Je n'avais pas envie de m'embêter dans un bureau, ou de devoir supporter certaines personnes.

J'ai commencé à faire des émaux et de la peinture sur soie. Je vendais dans les comités d'entreprises. Puis j'ai décidé de créer des vêtements en soie peinte. J'exposais dans les salons (Foire de Paris, Marjolaine, etc.).

J'ai fini par arrêter, car je travaillais énormément à la maison pour faire du stock, et les stands étant très chers, il fallait faire un chiffre d'affaires énorme pour que ce soit valable. J'ai tout de même tenu pendant 10 ans.

 

J'ai encore beaucoup de choses à raconter, mais je dois me déconnecter.

 

J'ai une question peut-être idiote à poser : est-ce que c'est le centre instinctif qui déclenche les actes impulsifs ?

 

Cordialement,

Diane (E4, aile 5, sous-type sexuel)

Fabien Chabreuil
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Bonjour Diane,

 

"Le matin je ne déjeune pas comme tout le monde (ni en général). Ma belle-soeur s'est moquée de moi en disant à mon fils : est-ce que ta mère mange toujours ses petites graines ? Le comble, c'est que ça m'a blessée à l'époque."

Bel exemple en plus du mécanisme de défense d'introjection !

 

"En ce qui conserne le besoin d'être parfaite, effectivement ce n'est pas pour les secteurs qui ne m'intéressent pas."

Voilà qui exclut le 1.

 

"Quand je m'isole je fais quoi ? J'ai mille activités qui me passionnent ; je peins (huile, aquarelle, acrylique), je fais du modelage, je dessine, je bricole, je crée des vêtements, je jardine, je joue du piano, je chante, je lis, je fais du Taï Chi."

L'isolation est donc consacrée à des activités mettant plutôt en oeuvre l'orientation du 4, et non pas comme le ferait un 5 des activités mentales.

 

Bref, chère Diane, il n'y a vraiment actuellement aucun élément nous éloignant de l'hypothèse 4.

As-tu d'autres raisons d'envisager d'autres types ?

 

"Est-ce que c'est le centre instinctif qui déclenche les actes impulsifs ?"

Pas uniquement, même si c'est toujours lui qui les exécute et peut donc, en dernier ressort, les empêcher.

Une émotion, un désir peuvent aussi aboutir à une envie impulsive d'agir.

 

Très cordialement,

Fabien

Posted

Bonjour Fabien,

 

Je reprends une de mes phrases et ta réponse : "'Le matin je ne déjeune pas comme tout le monde (ni en général). Ma belle-soeur s'est moquée de moi en disant à mon fils : est-ce que ta mère mange toujours ses petites graines ? Le comble, c'est que ça m'a blessée à l'époque.'

Bel exemple en plus du mécanisme de défense d'introjection."

Je ne comprends pas bien le mécanisme d'introjection ; pour que cela soit bien clair pour moi, peux-tu m'expliquer quelle aurait été mon attitude sans introjection ? Je n'aurais pas été blessée ?

 

J'aimerais signaler que je ne mange pas différemment des autres pour me faire remarquer et pour rejeter la banalité, mais parce que je pense que c'est bon pour ma santé. J'ai un problème que la médecine traditionnelle ne sait pas soigner et j'ai passé beaucoup de temps dans ma vie à rechercher des solutions.

 

Une de tes questions à laquelle je n'avais pas répondu : "Il arrive assez fréquemment que le 4 se considère comme un 'cérébral', parce qu'effectivement il est souvent dans l'analyse, mais bien sûr c'est une analyse de ses émotions, de son ressenti, plus que d'idées. Qu'en est-il pour toi ?"

Oui, c'est bien une analyse de mes émotions en général, mais je peux penser aussi à des idées de projets de choses à faire.

Encore une fois, peux-tu me donner un exemple concret de la façon dont un 5 est dans son mental afin que ça m'éclaire mieux. Je n'ai pas toujours conscience d'être dans l'émotionnel.

 

Souvent, dès que je lis quelque chose concernant le 5, je me reconnais.

J'aime bien m'isoler pour réfléchir et j'aime bien être observateur. Je lis beaucoup, mais ce sont surtout des livres de développement personnel. J'ai toujours été très attiré par la psychanalyse, à chercher comment fonctionnent tous les êtres humains. J'aime bien aussi compartimenter ma vie. Besoin de beaucoup d'espace et de temps pour moi-même. Problème avec l'autorité, n'aime pas travailler avec d'autres. Critique et n'aime pas se confronter. Difficultés à faire et réaliser toute action concrète. Peu habile socialement. Sous stress, accès de colère. J'aime l'analyse et la logique.

Est-ce que cela pourrait signifier une aile 5 importante ?

 

Merci pour ta patience et tes informations.

 

Cordialement,

Diane (E 4- aile 5- sous-type sexuel)

Fabien Chabreuil
Posted

Bonjour Diane,

 

Introjection. "Je n'aurais pas été blessée ?" Ben, non ! Pourquoi être blessé par quelque chose qui n'était d'abord peut-être qu'une simple plaisanterie, ensuite qui n'est qu'une question de choix personnel ? Tu te nourris ainsi parce tu crois "que c'est bon pour ta santé". Ce n'est pas un défaut, que je sache, et cela ne porte de tort à personne. Tu dis d'ailleurs toi-même "Le comble, c'est que cela m'a blessée à l'époque.", le mot "comble" me paraissant montrer que tu considères ta réaction comme inappropriée ou au moins excessive. Mais c'est bien 4 de créer une émotion forte inutile, particulièrement face à une critque supposée.

Peut-être Christian t'en dira-t-il plus et mieux que moi là-dessus.

 

Isolation. Un 5 s'isole principalement pour faire deux choses. La première consiste à acquérir des informations, ou à les structurer, ou à réfléchir à leur propos. La seconde est de vivre des émotions à retardement : l'émotion a été amorcée dans un certaine situation, immédiatement mise de côté parce que, comme me l'a dit un 5 "l'émotion noit l'information", et donc vécu, seul, a posteriori.

 

Aile. Une bonne partie de ce que tu expliques comme une aile 5 peut s'expliquer simplement dans le 4, et une autre par une certaine introversion. Je n'ai donc pas d'élément pour confirmer la force d'une éventuelle aile 5.

 

Très cordialement,

Fabien

Posted

Bonjour Fabien,

 

Merci pour tes explications bienvenues.

 

J'ai été contente que Christian me réponde parce qu'il me semble que je suis aussi E4 alpha, aile 5, sous-type sexuel, et j'ai lu pas mal de ses interventions sur le panneau pour lesquelles j'ai ressenti la même chose.

Je pourrais penser que s'il ne m'a plus répondu c'est parce qu'il est en vacances, ou qu'il n'éprouve pas le besoin d'intervenir, ou qu'il a d'autres priorités, mais non bien sûr, je dramatise en pensant que j'ai dû tenir des propos qui l'ont gêné ou choqué, et qu'il préfère garder le silence !!!!!!!!!!

Fabien, s'il te plait, est-ce que c'est encore de l'introjection dans toute sa splendeur ??

 

J'ai une anecdote qui me reste dans le mental. Je voudrais que tu me dises si c'est toujours du "4" parce que je vois plutôt cela pour le type 8 ("je ne me laisse pas faire") ou 6 contrephobique bravant le danger ?

 

Un jour j'ai eu besoin de faire le plein d'essence. Il y avait quelqu'un qui se servai,t et ensuite un grand espace était laissé par le véhicule suivant, et moi j'étais derrière (en troisième position). J'étais assez agacée par le fait qu'il laissait cet espace et n'avançait pas, et je craignais que quelqu'un ne s'y faufile… et ça n'a pas manqué, une voiture s'est glissée juste derrière celui qui se servait. J'étais folle de rage (il faut dire que je suis toujours pressée et pas très cool) ; heureusement celui de devant a ouvert sa portière et est intervenu ; je suis tout de suite descendu pour l'écouter et l'entendre dire qu'il n'était pas question qu'il lui passe devant, et qu'il comptait sur lui pour ne pas se servir avant. J'en ai immédiatement profité pour lui dire la même chose et son "ouais ouais" m'a laissé perplexe, ma colère et contrariété n'ont cessé de monter.

Celui devant moi, s'est servi et c'était mon tour, mais le resquilleur a profité du temps que l'autre mettait à démarer pour prendre la pompe et l'engager dans son réservoir. Dès cet instant, mon comportement a été terrible, je l'ai invectivé sans succès, donc je lui ai "rentré dedans" :sick:

je l'ai bousculé, j'ai essayé de lui arracher la pompe des mains ; sa femme a ouvert la portière pour ajouter son grain de sel, je lui ai claqué la porte au nez ; je me suis transformée en vraie furie, il a compris que c'était perdu d'avance, il est remonté dans son véhicule et est parti sans essence. Il y avait une longue file derrière moi. J'avais le coeur qui battait, j'étais assez mal à l'aise parce que j'imaginais plutôt le monde entier contre moi, et je devais faire une méchante tête, mais la personne qui se servait de l'autre côté m'a fait un grand sourire en me disant "souriez, c'est passé, et je vous donne raison". Cela m'a vraiment réconfortée.

 

Arrivée à la maison, j'ai tout raconté à mon fils qui m'a dit que j'étais folle, que j'aurais pû tomber sur quelqu'un qui aurait tapé plus fort que moi, et que je m'étais mise en danger.

C'est exact que je trouve cet acte particulièrement impulsif, mais je suppose que si j'avais vu quatre malabars vêtus de cuir clouté, je me serais écrasée !

J'ai vécu cet épisode comme une injustice et un manque de respect ce qui m'était intolérable.

Les 4 sont coupés de leur centre instinctif, c'est pourquoi je t'avais posé la question si c'est l'instinctif qui amène ce genre de comportement ?

Et si j'ai bien compris ce sont les émotions que j'ai ressenties qui m'ont amené à agir impulsivement.

J'ai une sorte de fierté d'avoir fait cela, et en même temps je sais bien que ma réaction a été disproportionnée :lame: (mais que, parce que j'étais une femme il en a profité, c'est dur à passer).

 

Très cordialement,

Diane (E4 aile 5 sous-type sexuel)

Posted

Bonjour Diane, Bonjour Fabien,

 

Ma première intervention avait juste pour but de recadrer la discussion (le 4 sous le coup des émotions à tendance à s'éparpiller !) et non pas de tenter de donner des explications ; je n'en suis pas encore capable. Je laisse bien évidemment à Fabien le soin d'expliquer.

 

Mais on a besoin de mes services, hop j'arrive !

Je vais montrer l'exemple !! :sick:

 

Je vais tenter d'expliquer l'introjection, même si j'ai encore quelques difficultés avec cette notion.

 

L'introjection est un mécanisme de défense (le mal nommé !!! c'est un leurre) qui consiste à placer le monde "émotionnel" extérieur à l'intérieur de soi : alors débute des discussions, des "films", des conflits, des fantasmes qui paraissent très réels. Cette introjection a pour but de nous mettre en relation avec le monde, nous rassurer. Mais il génère en fait un décalage avec la réalité.

Divers exemples ont été donnés sur le forum.

 

En voici d'autres :

L'introjection est en ce moment flagrante pour moi à propos des crimes (les sordides affaires dans le nord de la France) : J'imagine intérieurement ce que vivent l'agresseur et l'agressé. Je me fais des films. Je subis des chocs émotionnels très forts. Uniquement de la souffrance. Je parviens maintenant à m'en rendre compte et à les stopper.

On peut voir ces manifestations introspectives dans des séries télévisées telles que Millennium, sur Fance2, le jeudi à 1 heure 15. Le héros, Franck Black, "revit" émotionnellement des scènes de crimes sans les comprendre. Il n'en subit que la violence émotionnelle.

 

Dans la vie quotidienne, lorsque je suis attaché à une personne que j'aime (lié à l'envie, la passion du 4 : je veux être comme cette personne car elle est mieux que moi !), je suis en possible introjection lorsque je la quitte. En effet, le manque est ainsi créé. Je suis incapable de vivre seul ; c'est à travers l'autre que je trouve ma place dans le monde, et c'est à cause de lui que je ne peux demeurer dans ce monde. Grâce à lui car il est mieux que moi et à cause de lui car… il est mieux que moi et donc je serais toujours imparfait, puis différent, puis incompris, alors les autres ne me méritent pas, je souffre = émotion qui est mon existence.

Donc, je continue de faire vivre cette personne en moi : un dialogue irréel s'engage entre nous ; je ressens des émotions très fortes ; j'ai mes propres émotions et celles de la personne. De plus, je rêve que cette situation devienne réelle par la suite, car elle est tellement merveilleuse et belle (je maîtrise la situation !) ; d'où une attente fébrile avant de revoir la personne.

Comme c'est évidemment impossible, d'où une réelle déception. La personne n'est pas conforme à mes attentes : je lui en veux.

 

C'est ainsi qu'il existe un décalage entre la vie réelle et le monde introjecté : le monde réel devient moins beau, moins parfait que ses propres émotions intérieures.

D'où la mélancolie (fixation du 4) ; on ne pourra jamais atteindre ce monde rêvé. Le passé était toujours mieux que le futur. Puis rejet de la personne réelle qui ne correspond pas à ce qu'elle est dans notre introjection.

L'introjection ne sert donc pas à comprendre le monde.

Simplement à s'en écarter.

C'est la raison pour laquelle ce mécanisme de défense est un leurre.

 

C'est ce que tu mentionnais en ajoutant, lors de la scène de la station service : "J'avais le coeur qui battait, j'étais assez mal à l'aise parce que j'imaginais plutôt le monde entier contre moi."

Le monde entier ne peut être contre toi. Tu n'es pas le centre du monde. C'est encore une croyance de 4, penser qu'il est le seul à ressentir émotionnellement le monde, le temps qui passe, le passé qui s'enfuit, la souffrance…

 

Enfin, l'introjection n'est pas obligatoirement une dramatisation de la réalité. Au contraire.

 

J'aurais d'autres éléments à mentionner, mais le temps presse… Le forum ferme ce soir !

 

J'attends toutes corrections ou autres commentaires.

 

Amicalement,

Christian

Christian (E4 alpha, Aile 5, C= S- X+)

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Autres réflexions.

 

L'introjection reste toujours de l'émotion.

 

- L'enfant introjecte le monde qui l'entoure et en premier lieu ses parents.

N'étant pas encore autonome, il vit à l'intérieur de lui le rôle du père et de la mère. Mon fils a 4 ans ; il lui arrive de jouer seul en étant sa mère, ou moi, ou la maîtresse, ou Spiderman, ou un cow-boy ! Il peut lui-même se prendre ainsi en faute et ainsi se punir, accepter qu'il ait mal agi.

Cette dévalorisation constante et ce manque d'autonomie, nous la retrouvons chez le 4 adulte.

 

- L'introjection est aussi un mécanisme face à une défaillance du monde.

Nous tentons intérieurement de remettre les éléments en place selon notre propre vision unique, afin de nous soulager. Nous recentrons le monde à partir de nous, non pas seulement par égocentrisme, mais c'est le seul moyen que le 4 peut avoir pour ne pas se sentir perdu, abandonné, seul au monde. Il veut être au centre des regards tout en se cachant (le 4 aime les contradictions !). Dans cette perspective, je pense par exemple aux personnages de John Merrick dans Elephant man, film de David Lynch, ou Edward, dans Edward aux mains d'argent, de Tim Burton. Eux ont de réelles différences physiques : corps difforme, ou mains "amputées". Le 4 lui pensent avoir une ou des différences "invisibles" que seuls les autres voient mais pas lui.

Dans le monde défaillant, il est lui-même une défaillance, ou/et la cause de cette défaillance.

D'où souffrance et volonté (impossible) de vivre dans un monde meilleur pour lui seul (égoïsme de 4), d'où souffrance puisque l'équilibre ne se fait pas entre son monde intérieur et le monde réel, et d'où recherche d'autonomie et d'indépendance (sujet que j'ouvrirai fin août : qu'on se le dise !)

 

Voilà !

Diane, je t'invite maintenant à rechercher tes propres introjections (mélange savant d'introspection et d'identification).

 

Amicalement,

Christian

Christian (E4 alpha, Aile 5, C= S- X+)

Fabien Chabreuil
Posted

Bonjour à tous,

 

Christian, je savais bien que tu décrirais l'introjection beaucoup mieux que je ne pourrais le faire.

 

Diane, ta réaction dans la station-service pourrait être celle de beaucoup de types sur le plan comportemental. Mais Christian y a relevé une belle introjection, et j'ai noté que la valeur de respect t'avait fait bougé (as-tu lu la discussion "Respect de 4 ?" ?). Tout cela s'intègre bien donc dans un fonctionnement de 4.

 

Par contre, entre cet accès d'intrépidité et ce que tu nous as dit sur la nourriture, tu devrais examiner de plus près le sous-type conservation.

 

Très amicalement,

Fabien

  • 2 months later...
Posted

Bonjour Fabien et Christian,

 

Christian, je te remercie pour tes explications concernant l'introjection. Je me suis sentie un peu perdue parce qu'il y a certaines choses qui ne se rapportent pas du tout à mon comportement, mais par contre j'ai une façon de fonctionner très précise (et jusqu'à présent inconsciente dans le sens que je pensais - sans me poser la question - que tout le monde était comme cela).

Par exemple : quand j'ai un problème affectif, je pense énormément à la personne concernée en ressassant ce qui s'est passé, en ressentant d'intenses émotions, et en imaginant comment va se dérouler notre prochaine rencontre en décidant de mon comportement et du sien, de nos réactions… Ce sont effectivement des discussions, des films, des conflits, des fantasmes que j'organise en pensées et surtout comment j'aimerais que ça se passe et qui reflètent rarement la réalité !

Est-ce bien cela l'introjection ? Si oui, je le fais tout le temps, dans tous les domaines, et cette constatation m'effondre. :tongue: Comment faire autrement ?

"VIVRE LE MOMENT PRESENT", je sais, mais ça reste dans l'intellect.

J'ai bien compris aussi que je devais rester en "observation" de mes comportements, bonne façon de revenir dans le présent.

 

Fabien, j'ai lu la discussion "Respect du 4", et cela m'a tout de suite fait penser à mon épisode de la "station-service". Ma réaction a bien été déclenchée par un sentiment de manque de respect.

 

D'autre part, j'ai relu les sous-types, l'article de Clarence Thomson et celui d'Antonio Barbato ("Trois études de cas").

J'ai cette fâcheuse habitude de me retrouver un peu dans les trois sous-types. Je privilégie le "sexuel" parce qu'il est dit qu'il concerne les relations personnelles, une personne avec une SEULE autre (ce qui est flagrant chez moi), et également "qu'il exige d'être la personne la plus importante dans la vie de la personne aimée "(assez insconscient auparavant) et, au pire, "préfère la haine (j'aimerais mieux dire le conflit) à l'indifférence".

 

Dans le sous-type social : la honte, le recours au charme, "la complicité secrète et inconsciente avec le père" dans l'histoire de Rena.

"Rena se retrouva confrontée à un terrible conflit. D'un côté, il ne correspondait pas à son image de la beauté, et il ne provoquait pas l'embrasement éléctrique dont elle avait toujours rêvé, d'un autre côté, elle était séduite par son attention et sa gentillesse."

Pour cette dernière citation, ça me correspond, mais je ne pense pas que ce soit typiquement du sous-type social ?

 

Pour le sous-type conservation : je fais très attention à ma nourriture, je ne fume pas, je ne bois pas, je ne me drogue pas, et pour rien au monde je ne le ferais. Ce serait un manque d'estime de moi que de le faire, et le fait d'être aussi catégorique, dans le droit chemin et d'avoir raison me fait penser à nouveau au type 1.

Je me mets rarement en danger, malgré que je sois souvent en "réaction", une autre chose à améliorer : AGIR mais pas REAGIR.

 

Je me fais une joie de vous rencontrer tous les deux au stage "Essence".

 

Cordialement,

Diane (4 aile 5)

Fabien Chabreuil
Posted

Bonjour Loutra (et Christian bien sûr),

 

"Est-ce bien cela l'introjection ?"

Ce n'est pas de l'introjection au sens strict du terme, mais c'est en tout cas un des mécanismes habituels des 4, un de ceux qui font que malgré leur désir de naturel et d'authenticité, ils passent si souvent pour apprêtés aux yeux des autres.

 

"'VIVRE LE MOMENT PRESENT', je sais, mais ça reste dans l'intellect.

J'ai bien compris aussi que je devais rester en "observation" de mes comportements, bonne façon de revenir dans le présent."

Hélas, c'est une limitation inhérente au mode de communication utilisé sur ce panneau de discussion, mais puisque tu participes au stage Essence, tu repartiras avec des méthodes concrètes pour le faire.

 

"J'ai cette fâcheuse habitude de me retrouver un peu dans les trois sous-types."

C'est normal ! Puisque nous disposons tous des trois instincts, nous pouvons manifester (à des degrés divers) les caractéristiques des trois sous-types…

 

Mais (il y a décidément trop de 6 sur ce forum, ça déteint :tongue: :tongue:)…

 

"Pour le sous-type conservation : je fais très attention à ma nourriture, je ne fume pas, je ne bois pas, je ne me drogue pas, et pour rien au monde je ne le ferais."

Le sous-type conservation du 4 a tendance au contraire à être imprudent dans ce domaine ("Intrépidité"). Encore faut-il prendre conscience de quand et comment cette imprudence se manifeste.

 

"Ce serait un manque d'estime de moi que de le faire, et le fait d'être aussi catégorique, dans le droit chemin et d'avoir raison me fait penser à nouveau au type 1."

D'abord un 4 a, sur le symbole de l'Ennnéagramme, un lien avec le 1.

Ensuite, il n'est même pas besoin de ce lien. Quel que soit le type auquel on appartient, il existe des convictions, des certitudes, des domaines sur lesquels on n'est pas prêt à céder. Pour les autres types, c'est limité à un ou quelques contextes, pour le 1, c'est beaucoup plus général.

 

Très cordialement,

Fabien

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