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Les types et la résistance à l'autorité


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Bonjour à tous,

L'objectif de cette nouvelle discussion, c'est d'essayer de préciser les motivations qui pousse à s'opposer à l'autorité et de trouver des différences entre les types.

J'ai déjà abordé ce sujet dans la discussion "Détermination ou validation d'un type. Suis-je vraiment 5 ?", car je dois faire le constat que je m'oppose souvent, voire toujours à l'autorité et que cela me pose de réels problèmes. :sour:

Pour cadrer la discussion, je propose que l'on se limite au problème de la résistance passive ou active face à l'autorité dans le monde professionnel ou associatif (club de sport, associations de loisir, professionnel, voire politique ou autres) en excluant :

  • la période de l'adolescence, probablement un peu atypique,
  • les relations de couples, probablement trop complexes (et ce serait triste de parler de relations d'autorité dans ce cas),
  • les relations familiales directes parents-enfants, également très très complexes.

Si ce cadre vous parait vraiment trop rigide, on peut demander à élargir et dans ce cas je me permettrais de m'en référer à l'avis des modérateurs.

Un peu lâchement j'arrête déjà, car le week-end m'attend, et que d'autre part je ne connais pas mon type et risque donc de commencer par mettre de la confusion.

Merci d'avance à tous, :kiss:
Claude

Claude – E6 mu, aile 7/(5)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Claude,

Il faut bien donner l'exemple, donc je m'y colle.

Comme tu le dis le problème est complexe. Chez moi, il met en œuvre des éléments du type, de l'aile qui est forte et du centre réprimé. Sans compter que mon positionnement dans la Spirale Dynamique joue un rôle non négligeable.

Je ne pense pas qu'il y ait énormément de différence entre notre ressenti à l'autorité dans le milieu professionnel et dans les autres. Les réactions par contre sont différentes. Pour respecter donc ta demande, je vais me replonger dans les jours lointains de ma vie en entreprise. Pour faciliter la lecture, j'écrirai au présent, même si beaucoup de choses ont changé. J'étais certainement encore plus représentatif du 7 à l'époque qu'aujourd'hui.

Flashback

Je n'aime pas l'autorité, mais je ne la considère pas comme un problème en soi. Je suis conscient qu'elle est nécessaire dans certains contextes et avec certaines personnes. J'ai toutefois la croyance que plus il y a d'intelligence et d'amour, moins il y a besoin d'autorité. À partir de là, j'estime ne pas avoir souvent besoin qu'elle s'exerce vis-à-vis de moi.

Je suis allergique aux critiques, mais aussi aux compliments s'ils prennent justement la forme d'une supériorité, d'une autorité. Je ne veux pas être jugé et si vous me dites que je suis bien, vous vous mettez en position d'autorité.

La seule autorité que je respecte est celle de la compétence. Or mon responsable n'a pas à être compétent dans mon métier (on ne demande pas à un général d'être un bon tireur), mais dans le sien qui est différent. Donc s'il interfère trop dans mon travail, c'est sans doute parce qu'il n'est pas très compétent dans le sien. Moi, je suis compétent et responsable. Il doit donc me donner un projet et me laisser le maximum de responsabilités et d'autonomie. Plus j'en ai, plus je travaille et je suis efficace.

Je veux notamment être libre de mon organisation. Je travaille par à-coups intenses. Le reste du temps, je mûris ma réflexion et ce peut être les pieds sur la table et les yeux fermés. Cela ne signifie pas que je dors et cela ne regarde personne. La seule chose qui regarde mon responsable, c'est le résultat : le travail fourni est-il de qualité et dans des délais normaux impartis.

Cependant, je réprime le centre instinctif. Je ne m'oppose donc pas à l'autorité parce que :

  • je n'aime pas les conflits inutiles,
  • ce travail salarié, même fort intéressant, est quand même alimentaire, et je veux bien lui consacrer mon centre mental, parce que c'est facile, mais pas les autres,
  • il m'est très facile de trouver ailleurs un autre poste qui sera en plus certainement mieux payé que l'actuel.

Si donc l'autorité me gêne, je m'en vais, le plus souvent très rapidement. En effet, au minimum une fois par an, je mène une campagne de recherche d'emploi, même si je n'ai pas l'intention de quitter mon entreprise :

  • c'est un jeu amusant et sans pression puisque je suis en poste ;
  • cela me permet de savoir ce que je vaux sur le marché du travail ;
  • cela me met en position de force dans mon entreprise puisque je peux partir à tout instant si cela devient nécessaire.

Par ma compétence et ma planification, je m'arrange donc en fait pour ne jamais être dépendant de l'autorité. Je ne le dis pas ouvertement, mais je le fais bien sentir, ce qui bien évidemment n'est guère apprécié.

Les rares fois où j'ai eu un responsable vraiment intelligent et compétent, je me suis très bien entendu avec lui. C'est alors plus un collègue qu'une autorité au sens hiérarchique. Ce sont certainement les meilleurs moments de ma vie professionnelle, tant en terme de plaisir que d'implication et d'efficacité.

Il m'est aussi arrivé d'avoir des responsables incompétents, mais qui le savaient ou qui avaient la sagesse de me laisser en paix. Je réorganisais alors ma fonction et mon service pour en faire ce qu'il me plaisait et ce que j'estimais positif pour moi, mon équipe et l'entreprise. Ce n'étaient pas non plus des mauvais moments.

Retour vers le présent

Dure demande, Claude. J'avais presque oublié (ah ! l'amnésie du 7) que j'avais été désintégré à ce point.

Aujourd'hui, les choses ont un peu changé. Les mêmes thèmes sont présents, ennéatype oblige, mais sont heureusement beaucoup moins caricaturaux. L'incompétence par contre m'est toujours aussi insupportable.

Très cordialement,
Fabien

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Bonjour Fabien ! Bonjour Claude !

Le témoignage de Claude fait appel à quelque chose dans mon vécu (et effectivement j'y reconnais bien là mes propres tentations, sauf qu'étant toujours salariée, j'ai appris à mettre de l'eau dans mon vin). :proud:

Concrètement, mes comportements oscillent entre le 6 et le 8 avec des motivations de 7. Je perçois moins ces phases de balancier dans ma vie privée où je peux être d'avantage moi même.

Le 8 correspond à des périodes de forte implication : j'ai la volonté de concrétiser un projet qui me tiens à cœur et le centre instinctif travaille pour le centre mental. Quand je suis "chef", je suis mal à l'aise dans ce rôle, mais parfois j'en accepte les responsabilités pour mener à bien un projet. Je me montre alors capable de former mes collaborateurs, de surveiller leur travail, de déléguer sans oublier de contrôler. Paradoxalement, je trouve aussi l'énergie nécessaire pour faire taire mes fantasmes égalitaristes et libertaires, m'imposer une certaine discipline. Je suis aussi plus intransigeante, plus dure y compris avec ma propre hiérarchie qui se sent testée dans son rôle de chef.

Le 6 correspond à des périodes de doute, d'étude, d'analyse, où mes compétences techniques me semblent insuffisantes et où je recherche dans les routines de l'entreprise un solution sans la trouver. J'attends alors un peu trop de l'autorité et comme ça ne vient pas, celle-ci perd une partie de sa crédibilité. Les phases 6 sont aussi des périodes où je m'efforce de prendre en considération les aspects émotionnels de certains problèmes.

Et le 7 dans tout ça :
il n'entre qu'exceptionnellement en conflit ouvert avec sa hiérarchie, mais s'arrange toujours pour qu'elle comprenne qu'une bonne dose d'esprit rebelle subsiste sous les différents masques que je peux endosser !
En général, c'est insuffisant pour perturber le bon déroulement des opérations, et déclencher une sanction ou une remarque mais c'est tout de même remarquable… Tantôt, c'est une habitude qui n'est pas dans la culture de l'entreprise, tantôt c'est la volonté de développer une compétence particulière pour ne plus dépendre d'un autre service, tantôt c'est dans la tenue vestimentaire. Si on me fait une remarque, je trouve un prétexte bidon pour justifier le travers. Si je suis obligée de le corriger, c'est un autre travers qui surgit peu après. :wink:
Autre point de discorde : la compétence car un chef incompétent provoque chez moi la fuite. S'il cherche en plus à développer un esprit de compétition (un mal(saine) émulation), il perd rapidement son autorité et toute crédibilité.

Une autre période, difficile, est celle des entretiens d'évaluation : j'ai horreur de ça ! :sour: J'ai l'impression que l'on me cherche des poux dans la tête…
Avec le temps j'ai réussi à transformer cette véritable épreuve en une critique constructive de ma place dans l'entreprise (quand je le subis) ou de l'avenir de mes collaborateurs (quand je la fais subir). Mais au fond de moi, je rêve toujours d'une entreprise parfaite où chacun fait bien son travail de façon autonome. Un monde peuplé d'experts salariés indépendants. :crazy:

En fait, la période de ma vie où je me suis le plus éclaté était ma période d'intérim… Formateur sur le plan humain, sauf que pour un 7 développer sa versatilité n'est pas forcément une bonne chose !

Cordialement,
ouadjet -7-

ouadjet -7-

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Bonjour à tous,

 

J'ai consacré quelque temps le week-end dernier à réfléchir sur le fonctionnement théorique du 6 face à l'autorité, en fonction des instincts manifestés. Cela donne :

 

Nota : ce qui suit est ma vision personnelle, présentée sous forme rapide. La réalité est certainement plus nuancée.

 

- conservation : tendance à ne pas affronter directement l'autorité. Au cas où l'autorité lui déplait, se retire, retire son soutien, ou fait du "travail de sape" (dénigrement, ragots…)

- social : soutient ou collabore avec une autorité loyale, s'oppose à une autorité déloyale. Préfère se battre en groupe (association, piquet de grève…)

- sexuel : tend à s'opposer à l'autorité pour montrer sa force. Variante possible : "jouer à 'battez-vous'" (dresser les gens les uns contre les autres pour montrer un pouvoir indirect). Préfère se faire remarquer personnellement.

 

Dans le cas où deux instincts se manifestent en même temps cela donne :

- conservation + social : s'opposera à une autorité déloyale, mais en évitant de se mettre en avant. Se ralliera probablement à un groupe existant. Plus conservation prédomine, plus il se rapproche de l'arrière de la manif…

- social + sexuel : ralliera un groupe autour de lui pour lutter contre une autorité déloyale. Sera probablement en tête de cortège. Plus sexuel prédomine, plus il cherchera de "torts à redresser"…

- conservation + sexuel : comportement paradoxal envers l'autorité. Alternera peut-être opposition et suivisme, ou bien son opposition sera cachée, codée, voire sournoise…

 

Voilà pour la théorie.

 

En ce qui me concerne, comme je manifeste actuellement conservation (prédominant) et social, je tends à ne pas m'opposer à l'autorité. Soit je collabore, soit je me désinvestis, bien que parfois je peux faire du travail de sape, du dénigrement, voire utiliser une information préjudiciable (peu de gens n'ont rien à se reprocher, et c'est pas parce que je n'ai rien dit que je n'ai rien vu…). Je ne suis pas particulièrement fière de ce dernier aspect.

 

J'ai à peu près les mêmes raisons que Fabien de ne pas rechercher le conflit (sauf la dernière : chercher ailleurs n'est pas mon option privilégiée, un peu de développement d'aile 7 ne me ferait pas de mal). De plus :

- je doute souvent de mon niveau de compétences

- je crois et crains que la responsabilité ou l'autorité ne s'accompagne de responsabilités, devoirs et ennuis potentiels importants, ce qui fait que j'y regarde à deux fois avant de vouloir être calife à la place du calife, et quelque part je me dis qu'attaquer le chef sans pouvoir en faire autant est d'assez mauvais goût.

Peut-être aussi le fait que mon père est de type 9 et que le conflit, à moins d'être la seule manière d'avancer vers la justice et le bien, n'est pas encouragé.

 

Qu'est-ce qu'une "autorité déloyale" pour moi ?

- Une autorité qui ne tient pas ses promesses, bien qu'on puisse avoir des raisons valables pour ne pas les tenir auquel cas c'est OK… sauf si cela se reproduit trop souvent… A ce moment-là je trouve qu'on me prend non seulement pour une poire, mais pour une imbécile…

- Une autorité qui se dit égalitariste, neutre, objective… mais qui favorise les uns plus que les autres.

- Une autorité qui m'incite à donner mon opinion, à me lancer dans l'improvisation (musicale par ex.), à proposer des morceaux de musique à travailler en groupe… et dénigre le résultat en me laissant entendre que je n'aurais jamais dû faire ou proposer cela, c'est n'importe quoi (remarque : la fin de la phrase est probablement une projection).

- Une autorité qui demande plus que ce qui était prévu au départ, en ne me laissant pas la possibilité de refuser, ou alors je risque d'être mal vue (projection ?). Que je sache, la participation au gala de l'école n'est pas obligatoire…

- Une autorité qui se mêle de quelque chose qui n'est pas de son domaine. Qu'une prof de chant souhaite avoir un droit de regard sur les vêtements que je porte au concert est acceptable (de justesse), qu'une autre veuille m'imposer un style de coiffure et de vêtements dans ma vie quotidienne (formulé en "on va te faire changer cela" :laugh:) ne l'est pas.

 

Bien entendu, les exemples ci-dessus correspondent à des niveaux différents (et décroissants) de "déloyauté". D'ailleurs, les deux premières (les "vraies" déloyautés) vont peut-être m'inciter à l'opposition directe ou indirecte. Les deux dernières (les "intrusions", qui d'ailleurs me font :laugh: même si elles ne viennent pas d'une autorité) vont plutôt me porter au retrait. Celle du milieu dépendra de l'ampleur de l'humiliation éventuellement subie (ou se dissipera d'elle-même si ce n'était finalement qu'une projection).

 

Au vu de la théorie plus haut, un témoignage de 6 sexuel serait intéressant en complément. Et probablement celui d'un 6 mu, il est possible que cela donne quelques différences.

 

Très cordialement,

Bénédicte

Bénédicte (6 alpha, aile 5, C++ S+/- X--)
Dubito, ergo sum (Je doute, donc je suis)

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Bonjour à tous,

 

Et merci de vous y être collés. :laugh: Je prends tout à la maison ce soir et j'étudie.

 

Amicalement,

Claude

Claude – E6 mu, aile 7/(5)

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Bonjour,

Pour les 7, tout est clair, pour moi en tout cas. Cela correspond exactement à ce que j'ai pu observer (donc j'identifie correctement les 7, ce qui est rassurant). Et cela m'a rappellé que le seul chef que j'aie jamais apprécié et dont je garde un bon souvenir était un 7, il me laissait une laisse très très longue, était rapide, curieux et avait de l'humour. :laugh:

Pour les 6, tout est beaucoup plus complexe. J'aurais deux questions pour Bénédicte :

  • Les 6 de sous-type conservation sont-il aussi susceptibles de s'attaquer, seuls, à l'autorité ?
  • Tu dis "Mon père est de type 9 et le conflit, à moins d'être la seule manière d'avancer vers la justice et le bien, n'est pas encouragé." Pourrais-tu développer un peu, cela me parle assez.

Cela serait également super si un ou des 9 pouvaient s'exprimer sur ce point. :wink:

Amicalement,
Claude

Claude – E6 mu, aile 7/(5)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Claude,

 

Attention, ce ne sont que deux témoignages de 7 et d'autres 7 peuvent fonctionner différemment. On est encore là dans les comportements et une grande variabilité est possible. C'est le couple comportements-motivations qui est ici significatif.

 

J'ai personnellement vu des 6 de sous-type conservation "s'attaquer, seuls, à l'autorité", mas comme le dit Bénédicte par un "travail de sape".

 

Enfin, en attendant les témoignages des 9, et de tous les autres types si possible, je recopie ici un extrait du message d'un 9 dans une autre conversation :

Je me soumets, mais à l'intérieur… parfois je bouillonne - extrait : ce chef… est nulle - enfin non pas nulle mais bon quand même… à sa place je ferais comme ci, comme ça, et ce serait beaucoup mieux… Mais en même temps, si ça se trouve, si j'avais un poste comme ça, je n'y arriverais pas… parce que bon, je ne vois pas tout de cette fonction, je suis sûre qu'il y a des trucs dedans pour lesquelles je ne serais pas à la hauteur, etc.
Dans mon expérience, c'est assez représentatif.

 

Très cordialement,

Fabien

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Bonjour tout le monde,

 

Je viens donc apporter mon témoignage de 6 sexuel concernant l'autorité. Je pense que c'est un sujet que je dois creuser un peu, mes comportements face à l'autorité ayant évolué depuis quelques années, mais les motivations n'ayant pas nécessairement évolué : elles se sont peut-être plus affirmées avec l'âge et l'expérience, à voir.

 

Globalement et pour faire très simple : je ne reconnais pas d'autorité par des liens hiérarchiques et ne la respecte donc pas. L'autorité est pour moi un concept abstrait et tout comme Fabien, je pense qu'écoute, intelligence et amour peuvent la remplacer avantageusement.

 

Lorsque je dis cela, cela ne signifie pas que je n'écoute pas ce qu'on me dit ou que je n'obéirai pas à un ordre ou une injonction de faire, mais globalement, ce n'est pas l'autorité en question qui me fera agir, ce sera le respect que j'ai pour cette personne et notamment pour ses compétences et dans de rares cas, son ancienneté.

 

En tant que telle, l'autorité ne se suffit pas à elle-même et j'ai ainsi quitté trois entreprises, car ce qui faisait "autorité" allait à l'encontre de mes principes, ne faisait pas avancer la société dans le bon sens (à mes yeux bien sûr), etc.

 

En gros, mes responsables me disaient de faire ceci ou cela et je ne le faisais pas ou lorsque j'acceptais de faire, ils étaient toujours au courant que cela ne me convenait pas. Je le faisais car je recevais un salaire et que j'avais accepté la règle du jeu : ils étaient les boss et pas moi, je touchais un salaire pour faire ce qu'on me disait de faire - bien que j'ai toujours cherché des métiers avec suffisamment d'autonomie.

 

Lorsque cela ne me convenait vraiment plus, je démissionais et rentrais directement dans une autre société, car j'avais assuré mes arrières au préalable… Jusqu'au moment où je me suis dit que pour éviter de retomber systématiquement dans cette problématique, j'allais monter ma société et c'est ce que j'ai fait il y a bientôt trois ans, et plutôt avec réussite car je m'épanouis vraiment professionnellement depuis cette date, alors que je courais avant derrière des illusions.

 

Je pense que cela est aussi très vrai en ce qui me concerne en dehors de ma vie professionnelle et que je peux le généraliser à tous les domaines de ma vie. Je ne reconnais pas d'autorité, mais je vais reconnaitre des règles et les accepter, je vais reconnaître la compétence et l'accepter, je vais reconnaître l'ancienneté et la "lutte" possible d'une personne pour être là où elle est et accepter de respecter et faire ce qu'elle me dira de faire. Un titre, quel qu'il soit, ne m'a jamais fait respecter une personne : la qualité de son travail, de ses actions, de ses découvertes, de son discours, etc:, oui !

 

En revanche, je ne pense pas que je cherche à m'opposer à l'autorité en place, sauf si cela va vraiment à l'encontre de principes humains élémentaires (si l'autorité exploite d'autres personnes ou va manifestement à l'encontre de l'intérêt général pour son intérêt personnel par exemple).

 

Généralement, lorsque je m'oppose à l'autorité, ce n'est pas tant pour moi que pour le groupe sur lequel s'exerce cette autorité (je pense avoir changé sur ce point précis, car il m'est arrivé plus jeune de m'oppposer à l'autorité - comme un professeur par exemple pour lui montrer que je maîtrisai un sujet mieux que lui ou que j'en savais plus que lui - et je reviendrai témoigner sur ce point plus tard)…

 

Il est vrai aussi qu'en tant que 6, je vais toujours avoir tendance à me mettre du côté des faibles et cela peut aussi expliquer que je puisse me dresser face à une autorité… mais s'il y a des faibles d'un côté et des forts de l'autre, c'est que l'autorité à dépassé des limites puisqu'il n'y plus d'équité, voire de justice et que je peux éventuellement contribuer à rétablir un certain équilibre (dans "la limite de mes limites" justement).

 

En espérant avoir apporté un peu d'eau au joli moulin de cette discussion très intéressante.

Éric - 6 alpha, aile 7, Force-beauté

-- "Celui qui regarde à l'extérieur rêve ; celui qui regarde à l'intérieur s'éveille." --

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Bonjour à tous,

 

Je lis très souvent les participations, à ce site mais il m'a été très rare d'y écrire jusqu'à présent. Cependant, une fois n'est pas coutume, je vais essayer de décrire la relation d'un 4 social alpha avec l'autorité.

 

Il s'agit dans ce cas d'un équilibre instable, s'organisant essentiellement entre indépendance, compétence et reconnaissance des différents parties.

Si une de ces variables ne semble pas respectée, mon rejet est souvent définitif, souvent proportionnel à l'affectivité associée à la personne. Cependant, il faut du temps pour arriver à un tel résultat. J'ai en effet tendance à rechercher des explications qui me rendent responsables des problèmes qui me sont posés et les variables extérieures peuvent parfois être intégrées très tardivement.

 

Pour exemple, il m'est actuellement impossible de travailler avec une personne hiérarchiquement supérieure à moi en raison de cette rupture d'équilibre. Elle a voulu interférer de façon trop grossière avec mon libre arbitre et la conception de mon travail (je suis chercheur, travail que je crois à la fois créatif et intellectuel et qui nécessite une réelle liberté). Au final, elle souhaitait de cette manière, imposer une autorité que je trouvais mal placée. Par ailleurs, petit à petit j'ai remis en doute ses compétences. Tout ce processus a mis près d'une année à arriver à maturité. Je ne parlerais pas des multiples introjections qui se sont succédées pour finalement systématiquement me culpabiliser pour mon impatience et mon incompréhension. La plupart du temps, je faisais des remarques détournées que je ressentais pertinentes, mais qui au final étaient surtout subliminales et compréhensibles de moi seul. Cela a bien évidemment fini par exploser et j'ai définitivement rejeté cette personne.

 

En fait, cette anecdote semblerait me montrer que de façon égoïste, l'autorité me dérange que si elle ne touche que certains aspects de ma vie. Je peux très facilement m'en accommoder, surtout si la personne qui l'incarne me paraît apte à le faire. Peut être parce que je suis un 4 social, je peux être soumis à celle-ci jusqu'à ce qu'elle touche ce que je considère comme étant ma force, ma particularité ou bien encore mes compétences. Un long travail de sape peut alors se mettre en place, souvent irréversible. D'ailleurs confortant ce que je décris, je viens de me rendre compte que j'avais situé ma relation à l'autorité à une personne et non pas à la société.

 

Jean-Charles (4 alpha)

Jean-Charles – E4 alpha

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Bonjour à tous,

Et merci à Jean-Charles et Éric de s'exprimer sur ce sujet.

Le témoignage d'Éric me confirme que le type 6 est d'une grande complexité dont je ne saisis que des bribes.

Un :happy: particulier à Jean-Charles que je ne me rappelle pas avoir rencontré depuis que je participe à ce panneau.

Amicalement,
Claude

Claude – E6 mu, aile 7/(5)

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Bonjour à tous,

Pour compléter mon témoignage cité par Fabien un peu plus haut, je dirais, mais je ne sais pas si c'est lié à mon type ou mon histoire personnelle, que je me méfie de l'autorité en tant que "détentrice du pouvoir". Je crains souvent qu'elle me demande de vendre mon âme au diable, qu'elle abuse de moi.
De même, je n'entre pas dans le jeu des staffs de direction qui se la jouent "on est tous des copains, on s'appelle tous par nos prénoms, ici c'est à la bonne franquette", alors que par derrière, tout le monde se tire dans les pattes.

À bientôt.

Doris – 9 alpha, aile 1, Conservation

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  • 4 years later...

Bonjour,

 

Je reprends ce billet très parlant, actuellement, en ce qui me concerne.

 

Je travaille depuis 13 ans dans un service dépendant d'une administration très administrative et où la hiérarchie est pesante.

 

Il se trouve que depuis 9 ans, j'ai recréé, à l'intérieur de cette administration, une section dont les missions particulières (nous sommes en partie à l'extérieur et en relation avec des organismes syndicaux et de formation du privé) m'ont amené à faire que cette section soit autonome vis à vis de la hiérarchie (elle a du mal avec cela) et que son fonctionnement soit fondé sur la confiance et les compétences de chacun, ce qui responsabilise tous les membres de l'équipe.

 

Or, il se trouve qu'actuellement nous devons mettre en application un certain nombre de réformes. Jusqu'ici tout va bien, mais là où ma colère monte (ben oui, le 9 alpha que je suis le reconnait), c'est que je m'aperçois que je suis en butte à une hiérarchie complétement incompétente (elle bouge tous les deux ou trois ans et sors de l'ENA ou d'autres écoles d'administration sans aucune formation de terrain).

 

Dans le service, je suis à la fois le plus ancien, le plus diplômé (diplôme n'ayant rien à voir avec mon administration), mais aussi celui qui, dans son domaine, connaît le mieux tous les rouages du boulot, ce qui a pour conséquence que lorsque j'explique à ma hierarchie les besoins (financiers, humains et matériels) pour que soient appliquées les réformes, elle me regarde comme si je descendais de Mars et me répond : "Oh, ce sont des problèmes secondaires, nous verrons plus tard" Et donc, je m'oppose dans certaines limites à mes supérieurs (sûrement le centre instinctif lorsque je ne le réprime pas ).

 

Dans le cadre de ma section, ma hierarchie me laisse, en général, "carte blanche" quant à l'organisation et la réalisation de mes missions. Je rends compte de mon activité, donne des explications et modifie parfois ma façon de faire si la demande se justifie en terme d'efficacité.

 

La dernière fois où mes supérieurs ont voulu mettre la section en "coupe réglée" sous leur autorité, toute la section s'est soudée et est montée au créneau afin de conserver son autonomie.

 

Actuellement, je cherche à partir, en premier lieu pour me rapprocher de ma compagne qui est en province, mais également pour sortir de cette administration qui me convient de moins en moins, tant son poids est lourd (réglement antidéluvien, protocole obsolète, mode de fonctionnement freinant les initiatives et le bon fonctionnement du système, etc.).

 

Je me relis et je pense que ce qui me met en "colère", c'est cette incompétence et cette "négation" de la réalité du terrain, comme si nos énarques étaient des "légumes hors sol".

 

Bien sûr, lorsque je m'oppose, je ne "rentre pas dans le lard", mais j'argumente d'une manière logique et cohérente afin d'être le plus persuasif possible ; là, ma colère m'aide à dynamiser mon discours sans pour autant me mettre à dos ma hiérarchie (tiens, aux dernières nouvelles, elle ne veut pas que je parte… :happy:

 

Bien amicalement,

Pascal

Pascal (9 alpha - aile 1 et 8)

"À force de sacrifier l'essentiel pour l'urgence, on finit par oublier l'urgence de l'essentiel" (Edgar Morin)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Pascal,

 

Merci pour ton témoignage ennéagrammique.

 

Je fais toutefois une petite parenthèse. Le "conflit" que tu vis est sans doute d'abord interprétable par la Spirale Dynamique. Il est fort probable que l'administration dans laquelle tu travailles soit centrée sur le vMème BLEU. Ce que tu écris ici et ce que je connais de toi me font penser que tu culmines sur la Spirale à un tout autre niveau, deux ou trois vMèmes au-dessus. Cela ne peut que rendre la situation très inconfortable.

 

"Il se trouve que depuis 9 ans, j'ai recréé, à l'intérieur de cette administration, une section dont les missions particulières (nous sommes en partie à l'extérieur et en relation avec des organismes syndicaux et de formation du privé) m'ont amené à faire que cette section soit autonome vis à vis de la hiérarchie (elle a du mal avec cela) et que son fonctionnement soit fondé sur la confiance et les compétences de chacun, ce qui responsabilise tous les membres de l'équipe."

Quand on est en décalage avec le groupe dans lequel on vit ou on travaille, une solution est efffectivement de trouver ou de créer une niche qui convient. Avoir réussir à le faire pendant neuf ans, ce n'est pas mal !

 

Ceci dit, ce n'est quand même pas la situation idéale, et si tu quittes effectivement cet emploi, il est peut-être souhaitable d'en profiter pour chercher une structure plus proche de ton niveau d'existence. Il en existe de plus en plus, et même si elles ne sont toujours faciles à trouver, cela en vaut la peine.

 

Très amicalement,

Fabien

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