Institut Français de

l’ennéagramme

À quoi sert tout le reste...

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La passion de paresse


Dom

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Bonjour à tous,

 

Fabien, je reprends un passage d'un de vos messages où vous dites de la paresse du 9 qu'elle est plus une "paresse à se connaître" qu'une "paresse à faire".

 

J'avoue que j'ai vraiment du mal avec cette notion. En effet, en tant que 9, j'ai l'impression que ma vie entière est consacrée à essayer de savoir qui je suis, ce que je fais là, ce à quoi j'aspire réellement, est-ce qu'il faut essayer ou pas de laisser une trace (aussi modeste soit-elle) de son passage ici-bas, et si oui laquelle ? Etc.

Si tout cela ne revient pas à essayer de se connaître…

 

Bien sûr, cela ne signifie pas que j'y arrive… Peut-être d'ailleurs n'ai-je pas trouver les clés pour y arriver, mais par contre je peux dire que je suis littéralement obsédé par cette question. De près ou de loin, elle me taraude quotidiennement à tel point que je me trouve souvent égoiste, voire égocentrique et pas assez ouvert aux autres tant je suis centré sur moi-même et mes petits états d'âmes d'adolescent attardé en perpétuelle recherche d'une vraie raison de vivre…

 

C'est pourquoi, si je me retrouve généralement complètement dans les descriptions de 9, cette idée de "paresse à se connaître" m'est assez assez étrangère. Autant le type 2 me paraît être celui qui illustre parfaitement cette notion, autant pour le type 9 je suis extrêmement sceptique…

 

Qu'en pensez-vous ? Et qu'en disent les autres 9 ?

 

Cordialement,

Dominique

Dominique – E9

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Fabien Chabreuil

Bonjour Dominique,

 

"Je reprends un passage d'un de vos messages où vous dites de la paresse du 9 qu'elle est plus une paresse à se connaitre qu'une paresse à faire."

Absolument. La passion du 9 est la paresse à se connaître et c'est un trait tellement caractéristique que le 9 est le seul type pour lequel la fixation, l'oubli de soi, exprime quasiment la même idée.

 

La paresse à faire n'est qu'un comportement et en tant que tel peut être manifesté par quasiment tous les types de l'Ennéagramme.

 

"Si je me retrouve généralement complètement dans les descriptions de 9, cette idée de paresse à se connaître m'est assez assez étrangère."

Qu'appelles-tu les "descriptions de 9" ? La seule chose qui décrit un type, c'est le centre préféré, son sens d'utilisation intérieur ou extérieur, l'orientation, le couple passion-vertu, le couple fixation-idée supérieur, la compulsion et le mécanisme de défense principal. Tout le reste n'est qu'exemples représentant les façons les plus courantes de vivre les mécanismes ci-dessus. Quand ces mécanismes gouvernent notre vie, nous appartenons au type, même si aucune autre phrase ne fait sens dans le reste de ce qui est dit sur le type ; quand ces mécanismes ne font pas sens dans notre vie, nous n'appartenont pas à ce type, même si tout le reste de ce qui est dit sur le type colle à notre vie.

 

La paresse à se connaître fait partie de la définition du 9 et on peut pas être 9 sans la vivre.

 

Rassure-toi, je connais plusieurs 9 qui pourraient écrire comme toi : "J'ai l'impression que ma vie entière est consacrée à essayer de savoir qui je suis." Comme tu le fais remarquer toi-même, la quête n'est pas incompatible avec la passion du type. Ce phénomène est même assez fréquent pour avoir été abordé dans un article que Patricia et moi avons publié dans Enneagram Monthly en octobre 2002.

 

"Autant le type 2 me paraît être celui qui illustre parfaitement cette notion…"

La compulsion du 2 est : éviter de reconnaître ses besoins. Reconnaître et non pas connaître. Le 2 sait très bien quels sont ses besoins et mêm s'il ne les communique pas directement, il fait tout pour qu'ils soient satisfaits, parfois avec force : ce n'est pas pour rien que les sous-types du 2 sont appelés "Privilège", "Ambition" et "Séduction agressive". Or exiger la satisfaction de ses besoins nécessite un minimum de connaissance de soi. C'est le 9 qui ne connaît pas ses besoins parce qu'il ne se connaît pas lui-même afin d'éviter les conflits.

 

Très cordialement,

Fabien

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Bonjour Dominique et Fabien,

 

Mon mari est 9 et je peux affirmer que la paresse de se connaître est au centre de sa personnalité.

 

À l'écouter comme ça, tout le monde est berné, mais moi, je vois bien qu'il ne se connaît pas et qu'il ne veut surtout pas se connaître… "À quoi ça sert ?", me dit-il.

 

La chose qui m'agace en ce moment, c'est qu'il dit toujours "NOUS", comme si je faisais partie inhérente de sa personnalité. La fusion lui évite certainement des conflits éventuels. Il a le don de percevoir mes défauts, mais les siens s'en occupent-il ? Sa fierté est d'être calme et paisible, mais vivant avec lui, je peux dire que ce n'est pas tout à fait vrai ! Je le saoule avec mes bavardages incessants concernant l'Ennéagramme, la connaissance de soi… la vie… et l'autre jour, il m'a carrément dit que tout cela n'était pas compatible avec la vie de tous les jours, que ce serait bon si j'étais "moine" et/ou "en retraite". Il me dit que de toute façon, l'on ne saura jamais tout, alors à quoi bon… Je le trouve très fataliste et il n'a aucun espoir quant à l'amélioration de l'humanité. Il pense que tout est en statu quo, que rien ne changera jamais et il en a pris son parti. Il a un côté très terre à terre, dont il ne veut absolument pas démordre ! Il ne se rend pas bien compte qu'il fait partie de la société qu'il incrimine. Je pense qu'il évite comme cela de se remettre en question et peut-être ainsi éviter un conflit intérieur ?

 

Tout cela m'agace, car lui dit se connaître et je ne sais pas trop quoi faire… Être patiente… Me dire que ce n'est pas à moi de le changer de toute façon… La paresse est tellement forte dans ce domaine que par moment, je suis découragée !

 

Chris (4)

 

PS : je voudrais juste rajouter que mon mari est 9 alpha de sous-type conservation à aile 8. Ainsi, à la paresse de se connaître s'ajoute le fait d'éviter la faiblesse, à la narcotisation s'ajoute la dénégation, etc.

Chris – E4

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Bonjour à tous,

 

Un de mes collègues et amis est, je pense, 9 mu conservation. Il m'a dit il y a quelques jours que, au moins, quand il faisait de petites choses, quelles qu'elles soient, il avait l'impression de s'occuper de lui.

 

Très cordialement,

Bénédicte

Bénédicte (6 alpha, aile 5, C++ S+/- X--)
Dubito, ergo sum (Je doute, donc je suis)

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Bonjour Fabien and others,

Dans votre article d'Enneagram Monthly (octobre 2002) auquel vous faites allusion dans votre dernier message, j'ai retrouvé le passage en question sur "les 9 et la paresse à se connaître" : "Une forme particulière de contrepassion, encore plus subtile, est une hyperactivité dans le domaine du développement personnel : ces 9 dévorent livres, stages, thérapeutes et gurus, clament haut et fort leur soif de connaissance de soi et d'évolution et se débrouillent pourtant inconsciemment pour peu se connaître et ne rien changer."

Je dois avouer — sans jeu de mots — qu'il me semble en effet, me reconnaître… dans cette description…

Je suis donc globalement d'accord sur ce constat et je me l'applique.

Par contre j'ai besoin d'une clarification sur la phrase suivante qui figure dans votre message : "C'est le 9 qui ne connaît pas ses besoins parce qu'il ne se connaît pas lui-même afin d'éviter les conflits."

À quel type de conflits faites-vous allusion ? Conflits avec autrui et le monde extérieur ?
Ou conflits intérieurs ?

S'il s'agit de conflits intérieurs, j'avoue que je n'arrive pas à saisir le sens de cette phrase. En effet, je ne comprends pas en quoi le fait de ne pas se connaître permettrait d'éviter les conflits. Chez moi j'ai plutôt l'impression que mes conflits (intérieurs) viennent précisément du fait que je n'arrive pas à me connaître, à identifier mes besoins essentiels, mes aspirations profondes, à faire le tri et à renoncer parmi le champ de tous les possibles, à définir des objectifs clairs et à m'y tenir.

Les conflits et la souffrance que j'en éprouve viennent précisément — me semble-t-il — de cette méconnaissance de soi. Alors que vous semblez affirmer — au contraire — que "la méconnaissance de soi permet au 9 d'éviter les conflits".

À moins que j'ai trahi ou mal interprété vos propos.

Cordialement,
Dominique

Dominique – E9

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Fabien Chabreuil

Bonjour Dominique,

"À quel type de conflits faites-vous allusion ? Conflits avec autrui et le monde extérieur ? Ou conflits intérieurs ?"
Les deux bien sûr. Éviter les conflits est la compulsion du 9. Tous les conflits. Comme je le disais dans mon message précédent, cela fait partie de la définition du 9. Si la compulsion n'est pas présente (à moins que la personne soit sacrément intégrée), il n'y a pas de 9.

La passion de paresse fait que le 9 ne cherche pas à se connaître. Ainsi, il évite les conflits intérieurs. Ne se connaissant pas et pratiquant la fixation d'oubli de soi, il n'affirme guère ses besoins à l'extérieur et évite donc les conflits extérieurs. Quand ses besoins risqueraient de provoquer des conflits, ils sont remplacés par le mécanisme de défense de narcotisation.

Bien sûr, ceci est la structure égotique du 9 qui prend plus ou moins de place dans la vie de la personne selon le niveau d'intégration.

Ceci dit, je reviens à mon concept de définition. On reconnait son type dans l'Ennéagramme à la présence de quelques mécanismes de bases. Cette découverte permet de chercher en soi et de prendre conscience des autres mécanismes du type. Ensuite, on cherche à se libérer du tout.

J'ai l'impression que vous n'avez pas une définition très claire de ces mécanismes de bases. Puis-je me permettre de vous demander comment vous avez découvert l'Ennéagramme et comment vous avez opté pour le type 9. Parfois certaines personnes ont été en contact avec des présentations des types trop axées sur les comportements et il leur manque cette distinction fondamentale entre les mécanismes du type et leurs manifestations. Si c'était le cas, je vous donnerai quelques pistes pour compléter votre connaissance de l'Ennéagramme. Sinon, c'est juste un peu de confusion et la confusion est un des phénomènes auto-hypnotiques préférés du 9. :happy:

Très cordialement,
Fabien

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Bonjour à tous,

Je sais que ce n'est pas ma conversation, mais je ne peux m'empêcher de revenir à la charge avec de nouvelles questions. :happy:

L'oubli de soi n'est-il pas un moyen pour le 9 d'éviter le conflit intérieur et de reconnaître sa propre colère, ce qui serait alors en parfaite opposition avec sa fierté d'être calme et paisible ?

D'un autre coté, s'il se rend compte de sa colère, la paresse ne serait-il pas un moyen de ne pas faire un travail d'introspection pour connaître l'origine de cette colère et par là même éviter des conflits extérieurs ?

J'ai remarqué une similitude chez les 9 que je connais. Ils ont très peu de souvenirs d'enfance. Tous disent qu'ils ont eu une enfance plutôt agréable sans événements marquants et pour soutenir cette idée, ils n'ont que des exemples de conforts matériels. Mon mari, par exemple, est très peu enclin à reconnaître qu'il a ressenti un gros manque affectif de la part de ses parents.

Je le répète, mon but n'est surtout pas d'embrouiller Dominique, mais de cerner un peu mieux cette fameuse paresse.

Très cordialement,
Chris

Chris – E4

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Fabien Chabreuil

Bonjour Christelle,

Tes questions sont totalement pertinentes et font avancer cette discussion où tu es bien sûr totalement bienvenue.

Tes deux remarques sont exactes et tu as bien raison de mentionner la colère. Parce qu'il préfère le centre instinctif, le 9 a autant de colère que le 8 ou le 1, mais lui la réprime au lieu de l'exprimer ou de la refouler. La paresse et l'oubli de soi sont bien liés à cette répression de la colère. Le 9 a d'ailleurs bien souvent peur de sa colère, inconsciemment s'il n'a jamais eu de crise de fureur, consciemment si cela a été le cas.

Ton observation sur la manière dont les 9 rapportent leur enfance est aussi correcte. On ne va pas entrer en conflit avec papa ou maman… Il y a bien sûr des exceptions, mais assez rares. Cela n'empêche pas le manque affectif qui lui aussi est presque toujours présent quand on creuse un petit peu.

Très cordialement,
Fabien

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Pierre2Grenoble

Bonjour à tous,

Il est possible que j'ai une aile en 9, et le fait que j'ai peu de souvenirs d'enfance avant 7 ans m'interpelle. (Merci Christelle de tes remarques.)

Ma question porte sur la différence de motivation et de comportement entre la répression (9) et le refoulement (1) de la colère. Est-ce le type 1 aurait plus "conscience" de sa colère que le 9 ?

Merci d'avance pour un éclaircissement.
Très cordialement,
Pierre

Pierre de Grenoble – E1

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Salut,

 

Alors là, je fais "tilt" à chaque nouveau message…

 

Au sujet de la paresse à se connaître, j'étais justement hier chez mon assistante sociale qui tentait de comprendre avec moi pour quelle raison j'ai cessé de voir mon psy au bout de 4 séances. Je n'ai été capable de répondre à aucune de ses questions au sujet de mes éventuelles motivations inconscientes… Je pense que c'est assez révélateur.

 

Au sujet du manque affectif, justement. C'est peut-être une des choses que je ne voulais pas vraiment évoquer avec le dit psychiatre… Je connais aujourd'hui beaucoup de difficultés au niveau sentimental qui se répercutent certainement sur l'ensemble de mes expériences et me gênent pour progresser. Et lorsqu'il s'agit d'aborder la question avec un psy… je fais marche arrière après seulement 4 séances…

 

Quant aux crises de fureur dont parlait Fabien… j'en ai fait une. Et effectivement, depuis ce jour je me méfie grandement de cette colère. Elle reste donc intérieure, le plus souvent.

 

Au jour d'aujourd'hui, je me sens blessé par la vie. Et je me rend compte que mes mécanismes égotiques de 9 sont largement responsables de ces blessures. Et qu'en eux-mêmes ils se protègent de toute tentative d'approche psychologique. Je me sens assez désemparé… Pour ne pas dire plus.

 

Nicolas

E9 alpha, ailes 1/(8), Conservation

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Fabien Chabreuil

Bonjour Pierre,

 

Indubitablement. Le 1 a la colère pour passion. Il a beau, par compulsion, vouloir l'éviter, cela lui est impossible et dans la pratique, il est en permanence en colère. La plupart des 1 sont conscients de vivre cette émotion (sinon qu'ils demandent à leur entourage qui sait !) : la colère arrive (passion) et est refoulée (compulsion) ; cela arrive quotidiennement.

Le cas du 9 est bien différent. La colère est réprimée. Elle ne monte que difficilement et rarement à la conscience et alors, c'est le plus souvent sous forme d'explosions très fortes. Le reste du temps, le 9 ne sent pas sa colère et très souvent son entourage ne sait pas non plus que la colère est là.

 

Très cordialement,

Fabien

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nicolas,

Merci de ton témoignage. Tous les ego savent se défendre de l'introspection et du changement qu'elle pourrait entraîner, mais celui du 9 est champion en la matière. Toute la force du centre instinctif mise au service de la paresse et de l'oubli de soi, c'est malheureusement efficace.

Si malgré tout, tu veux parler de la manière dont tes "mécanismes égotiques de 9 sont largement responsables de [tes] blessures", ouvre une nouvelle conversation (ou si c'est plus pertinent, reprends celle sur Le 9 et la motivation) et j'essaierai de t'aider dans la mesure de mes moyens et de ce qui est faisable à distance. Que cela ne t'empêche pas de retourner voir ton psy…

Très amicalement,
Fabien

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  • 6 months later...
Marie-Hélène

Bonjour Fabien,

Il s'agit de demander simplement ici une précision concernant la différence entre la répression et le refoulement. Peut-être en donnant un autre exemple que celui qui concerne la colère chez le 9 et le 1, car ici c'est plus facile…

Marie-Hélène

Marie-Hélène, E6 alpha, aile 7, conservation

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Fabien Chabreuil

Bonjour Marie-Hélène,

Dans le cas de la répression, la chose réprimée reste complètement inconsciente.
Dans le cas du refoulement, elle monte à la conscience et est retenue, repoussée ou rejetée.
Le passage de la répression au refoulement peut être considéré comme un progrès, comme une étape vers l'acceptation consciente de la réalité.

Exemple : face à un violent chagrin, certaines personnes ne pleurent pas (répression) et d'autres contiennent leurs larmes (refoulement).

La frontière entre les deux concepts n'est pas d'une étanchéité absolue, et il arrive que nous réprimions quelque chose dans certains contextes et le refoulions dans d'autres.

Très cordialement,
Fabien

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Marie-Hélène

Bonjour Fabien,

 

Merci beaucoup pour l'éclaircissement. J'en ferai bon usage.

 

Marie-Hélène

Marie-Hélène, E6 alpha, aile 7, conservation

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  • 7 years later...

Bonjour Fabien,

 

J'aurai besoin d'une précision au sujet de cette discussion.

 

J'ai vécu pendant presque 10 ans avec une 2. J'ai aujourd'hui l'idée qu'une des problématiques de notre couple 9-2 était l'expression de nos besoins. :angry:

 

D'ailleurs pour aggraver… et écourter les choses, on a travaillé ensemble :rofl:, dans une structure commerciale, pendant 3 ans… Beaucoup de difficultés pour fixer et imposer ce qui étaient bon pour nous : :heart:

  • Égotiquement, en bon 9 je ne savais pas ce que je voulais, ce qui aurait été bon pour moi. Ma colère, réprimée, s'exprimait, alors, sous forme de bougonnements. [Je sais depuis que j'ai fait de l'Ennéagramme que c'est de la colère… Dans le passé mes proches me le faisaient souvent remarquer : « Tu es en colère. » « MAIS NON !!! :wink: JE ne suis pas en colère. »]
  • En 2, elle évita de reconnaître ses besoins, ne voulant rien pour elle. Phagocytée par les clients et très enfermée dans ses mécanismes égotiques, je pense probable l'expression de son mécanismes de défense : la répression. :happy:

Or tu écris : "Dans le cas de la répression, la chose réprimée reste complètement inconsciente."

 

Mais tu déclares : "La compulsion du 2 est : éviter de reconnaître ses besoins. Reconnaître et non pas connaître. Le 2 sait très bien quels sont ses besoins et même s'il ne les communique pas directement, il fait tout pour qu'ils soient satisfaits, parfois avec force : ce n'est pas pour rien que les sous-types du 2 sont appelés "Privilège", "Ambition" et "Séduction agressive."

 

De fait, il m'a semble constater, en vivant avec cette 2 qu'effectivement les besoins ne sont pas exprimés directement, mais doivent être satisfait sous peine de sanctions (bouderies en l'occurrence :kiss2:)…

 

Ma question pour un 2 : comment comprendre la différence entre refoulement et répression ?

 

Et si le 2 est conscient de ces besoins… que réprime-t-il alors ? Et de quoi n'est-il pas conscient ?

 

Merci d'avance de ta réponse.

Bien amicalement

Frédéric

Frédéric E9 mu; aile 8; C=, S+/-, X+

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Fabien Chabreuil

Bonjour Frédéric,

"J'ai aujourd'hui l'idée qu'une des problématiques de notre couple 9-2 était l'expression de nos besoins. :heart:"
Ça, c'est effectivement un scoop !  :wink:

Je pense que la difficulté vient du fait que le mot répression est dans ce cas employé dans deux sens différents : le mécanisme psychologique général consistant à maintenir quelque chose hors de la conscience, et son application particulière au 2 en tant que mécanisme de défense :

 

L'ego du 2 ne peut accepter de ressentir des émotions qui ne soient pas conformes à l'image qu'il veut donner de lui-même. Toute pensée ou toute émotion qui n’est pas aimante est perçue comme inacceptable et immédiatement repoussée hors du champ de la conscience par le mécanisme de défense de répression.


"Ma question pour un 2 : comment comprendre la différence entre refoulement et répression ? Et si le 2 est conscient de ces besoins… que réprime-t-il alors ? Et de quoi n'est-il pas conscient ?"
Le 2 réprime donc ce qui est dit dans la définition ci-dessus et n'est pas conscient de ce mécanisme : il est persuadé n'avoir jamais ressenti un seul instant ces émotions non-aimantes.

Il a tendance à refouler ses besoins. Souvent il n'est pas conscient de ne pas les avoir exprimés clairement et pense qu'ils étaient tellement évidents que l'autre aurait dû savoir… s'il l'aimait véritablement.

Très amicalement,
Fabien

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  • 10 months later...

Bonsoir Fabien,

 

Parce qu'il préfère le centre instinctif, le 9 a autant de colère que le 8 ou le 1, mais lui la réprime au lieu de l'exprimer ou de la refouler. La paresse et l'oubli de soi sont bien liés à cette répression de la colère. Le 9 a d'ailleurs bien souvent peur de sa colère, inconsciemment s'il n'a jamais eu de crise de fureur, consciemment si cela a été le cas.

 

Ton observation sur la manière dont les 9 rapportent leur enfance est aussi correcte. On ne va pas entrer en conflit avec papa ou maman… Il y a bien sûr des exceptions, mais assez rares. Cela n'empêche pas le manque affectif qui lui aussi est presque toujours présent quand on creuse un petit peu.

Ce message fait énormément sens pour moi.

 

Ma colère a été réprimée durant de nombreuses années durant lesquelles face à l'agression, verbale ou physique, j'étais incapable de réagir, je ressentais certes de la souffrance mais à vrai dire c'était plus de la stupeur, j'étais abasourdie, comme si la violence à mon encontre était pour moi une chose incompréhensible face à laquelle je ne savais pas quelle attitude adopter. Aucun ressenti de colère, d'irritation, juste une immense résistance passive contre laquelle je ne cherchais même pas à lutter.

 

Je me rappelle vers 6 ou 7 ans être allée chez le coiffeur et m'être laissée bruler par le séchoir, sans rien oser dire. J'avais une énorme plaque rouge sur la nuque. Évidemment mes parents m'ont traité d'imbécile et évidemment j'ai baissé la tête sans protester… :peur:

 

Je n'ai pas une image très positive de mon enfance. Je me rappelle que mon fantasme favori était d'imaginer que j'étais une enfant de l'assistance publique et que mes parents n'étaient en réalité pas mes géniteurs. Je me suis toujours senti éloignée d'eux, je ne me souviens pas avoir recherché leur affection, je me suis tout simplement déconnectée de ma famille en me réfugiant dans la narcotisation (études, rêveries).

Je passais mes week-ends à faire mes devoirs, enfermée dans mon bureau. Je n'apparaissais qu'au moment des repas, j'étais totalement déprimée lorsque les vacances arrivaient.

Je n'ai aucun souvenir de bienveillance, d'affection, de tendresse de leur part. Il me semble n'avoir pris réellement conscience de ce manque affectif qu'à l'adolescence.

 

J'ai un souvenir assez précis de ma première colère. Je devais avoir 10 ou 11 ans, j'étais harcelée depuis le début de l'année scolaire par un garçon car j'étais première de la classe, il m'insultait et commençait à s'en prendre physiquement à moi, coups de pied, claques, etc.

Un jour la professeur principale a dû s'absenter pour aller voir le proviseur, elle m'a confié la responsabilité de la classe.

Évidemment, une fois ses talons tournés, je me suis pris insultes, projectiles en tout genre… Tout à coup je suis devenue comme un animal, je lui ai attrapé la main et je l'ai mordue jusqu'à ce que ça craque, il me frappait, il hurlait, mais ma mâchoire était comme un étau, j'étais une boule de haine, j'aurais pu le tuer, j'en suis sûre.

 

Le contrecoup a été terrible, un sentiment d'immense solitude, d'abandon, comme si je ne pouvais plus jamais me sentir reliée à qui que ce soit parce que j'avais osé manifester ma rage, ma face cachée.

Aujourd'hui je suis consciente de cette violence, je sais qu'elle est en moi et que même si mon orientation est fondamentalement pacifique et bienveillante, elle fait partie de moi.

 

La fixation de paresse du 9 est peut-être liée à cette peur d'affronter le côté obscur de sa personnalité, il se réfugie dans la voie du milieu, le tiède, le fade parce qu'il a peur, plus que tout autre type, de ne pas savoir contrôler sa colère, il se déconnecte alors de lui même pour mieux s'oublier…

 

Amicalement,

Isabelle

Isabelle, E9 mu (ailes 1 et 8, C=/- S=/- X++)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Isabelle,

Ton message est très émouvant. Merci de la confiance que tu nous fait à tous en partageant cette expérience.

"Évidemment, une fois ses talons tournés, je me suis pris insultes, projectiles en tout genre… Tout à coup je suis devenue comme un animal, je lui ai attrapé la main et je l'ai mordue jusqu'à ce que ça craque, il me frappait, il hurlait, mais ma mâchoire était comme un étau, j'étais une boule de haine, j'aurais pu le tuer, j'en suis sûre."
Eh bien, tu as répondu à son niveau, le seul qu'il était capable de comprendre à ce moment-là peut-être…

"Le contrecoup a été terrible, un sentiment d'immense solitude, d'abandon, comme si je ne pouvais plus jamais me sentir reliée à qui que ce soit parce que j'avais osé manifester ma rage, ma face cachée."
Tous les 9 sont terrifiés d'avoir lâché cette violence, mais certains éprouvent en même temps un sentiment de soulagement.

"Aujourd'hui je suis consciente de cette violence, je sais qu'elle est en moi et que même si mon orientation est fondamentalement pacifique et bienveillante, elle fait partie de moi."
Cette violence instinctive et impulsive, nous l'avons tous en nous : c'est le niveau ROUGE de la Spirale Dynamique. Selon les contextes, c'est un danger ou une ressource. Après tout, je suppose que ce garçon a dû cesser de t'importuner après… D'autres ont dû faire de même… Peut-être ledit garçon a-t-il réfléchi à deux fois avant d'en harceler d'autres…

"La fixation de paresse du 9 est peut-être liée à cette peur d'affronter le côté obscur de sa personnalité, il se réfugie dans la voie du milieu, le tiède, le fade parce qu'il a peur, plus que tout autre type, de ne pas savoir contrôler sa colère, il se déconnecte alors de lui même pour mieux s'oublier…"
Dans le stage Ailes, nous voyons les ennéatypes comme résultat d'une tension entre leurs deux ailes. Pour le 9, il s'agit — entre autres — un immobilisme entre l'amoralité du 8 et la sur-moralité du 1.

Très amicalement,
Fabien

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Isabelle P

Bonsoir Fabien,

"Après tout, je suppose que ce garçon a dû cesser de t'importuner après… D'autres ont dû faire de même… Peut-être ledit garçon a-t-il réfléchi à deux fois avant d'en harceler d'autres…"

Effectivement, ledit garçon est devenu doux comme un agneau le reste de l'année scolaire. Il n'a cessé de me proposer ses services, façon esclave domestique… Je n'en ai tiré aucun orgueil ni aucune gloire. J'étais plutôt triste de constater qu'il avait fallu que je l'envoie faire un séjour à l'hôpital pour qu'il me considère enfin avec respect.  :cry:

Bien amicalement,
Isabelle

Isabelle, E9 mu (ailes 1 et 8, C=/- S=/- X++)

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Bonjour Isabelle, bonjour Fabien, boujour à tous,

 

Cette violence instinctive et impulsive, nous l'avons tous en nous : c'est le niveau ROUGE de la Spirale Dynamique. Selon les contextes, c'est un danger ou une ressource.
En faisant le lien entre le niveau ROUGE et l'instinct sexuel, peut-on imaginer que cette violence soit plus présente ou moins enfouie chez les 9 qui ont un sous-type sexuel que chez les autres ?

 

J'ai pour l'instant du mal à prendre conscience de cette violence, et je suis X-.

Isabelle, je vois que tu es X++.

 

Par ailleurs, les quelques souvenirs de grande violence que je peux avoir ont été très brefs et tournés vers des objets. Est-ce courant ? Est-ce une façon canaliser cette violence pour en limiter les conséquences ?

 

Comment vivez vous cela vous autres 9 ?

 

Bien amicalement,

Jérôme

Jérôme E9 mu, aile 1, C =/- S -/+ X =/+

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Bonjour à tou·te·s,

 

Jérôme, pour moi aussi, mes rares explosions étaient soit tournées vers des objets soit juste des hurlements et larmes de rage. Je n'ai qu'un seul souvenir d'avoir giflé quelqu'un mais ce n'était pas une crise de rage.

Je pense que c'est un moyen de canaliser : je ne me vois pas lâcher cette énergie sur des personnes. Même dans ces moments, il n'y a pas que le centre instinctif, ni le niveau ROUGE uniquement qui sont présents.

 

Amicalement,

Sevan

Sevan (9α, aile 8, C-/+ S= X+)

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

En faisant le lien entre le niveau ROUGE et l'instinct sexuel, peut-on imaginer que cette violence soit plus présente ou moins enfouie chez les 9 qui ont un sous-type sexuel que chez les autres ?
Clairement, oui. Quel que soit l'ennéatype, le sous-type sexuel est toujours plus agressif que les deux autres. Nous le disons dans le stage Sous-types et cela a été évoqué ici sur ce forum.

 

J'ai pour l'instant du mal à prendre conscience de cette violence, et je suis X-.

Isabelle, je vois que tu es X++.

Si je me souviens de tes témoignages en stage, cela n'a pas toujours été le cas. Tu as connu une période fusionnelle X+ ou X++. N'y avait-il pas plus d'agressivité à ces moments-là de ta vie ?

 

Par ailleurs, les quelques souvenirs de grande violence que je peux avoir ont été très brefs et tournés vers des objets. Est-ce courant ?
Oui. La aussi, nous l'évoquons plusieurs fois au cours de la formation, et normalement dès le stage de Bases lors de notre grande séquence sur les volcans ! :proud:

 

Très amicalement,

Fabien

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Bonjour Fabien, bonjour à tous,

"Si je me souviens de tes témoignages en stage, cela n'a pas toujours été le cas. Tu as connu une période fusionnelle X+ ou X++. N'y avait-il pas plus d'agressivité à ces moments-là de ta vie ?"
Je suis impressionné par ton attention et ta mémoire ! C'est une bonne question qui répond en partie à ma première question sur le lien entre violence et instinct sexuel. J'ai effectivement vécu une période (17-25 ans) où le phénomène de fusion était beaucoup plus présent chez moi. Pour autant je ne me souviens pas avoir ressenti ou exprimé plus de violence, de colère, de révolte à cette période. J'étais probablement plus affirmé et égoïste qu'aujourd'hui, mais je ne fais pas directement le lien. Je reste prudent car je sens que dans ce domaine la paresse à me connaître est très développée : je tente depuis plusieurs jours de répertorier mes souvenirs de vécu de cette violence, qu'elle soit extériorisée ou non, et ça sort au compte-gouttes.
 

  • Je ne me souviens dans ma vie que de deux situations où elle s'est exprimée physiquement vers quelqu'un d'autre : la première fois à l'âge de 8 ans, en sortant de l'école, et la seconde fois quand j'avais 15 ans, où j'ai frappé mon frère au visage. Je l'ai regretté instantanément et en ai pleuré. Je me souviens aussi très clairement avoir retenu mon coup.
  • J'ai aussi quelques fois exprimé ma colère verbalement, en ne retenant pas du tout la force de ma voix, mais là également c'est assez rare, disons une fois tous les 2 à 4 ans, et j'en reste tout tremblant pendant au moins 1 heure ensuite.
  • Je me rappelle aussi, beaucoup plus récemment, des remarques de collègues ou de mes responsables qui m'ont parfois dit qu'ils ressentaient chez mois une attitude agressive, visible physiquement et dans mon regard noir, mais que je ne percevais pas moi-même. Je ressentais tout au plus de l'impatience, mais c'était effectivement des situations où je voulais affirmer mon point de vue, où je m'oubliais un peu moins. Cela me renvoie aussi à mon observation sur mes jambes qui s'agitent régulièrement sous la table, peut-être s'agit il de quelques fumerolles qui s'échappe du volcan sous lequel gronde le magma enfoui ?
  • Je prends enfin conscience, et c'est probablement le plus significatif, d'un très grand nombre de moments où je tourne en moi des contrariétés et difficultés de régulation avec certaines personnes. J'ai alors physiquement une sorte de boule entre l'estomac et les reins, et je suis clairement dans des transes de régression ou de progression en age, d'auto suggestions qui peuvent durer assez longtemps. C'est souvent la nuit, et quand c'est la journée, je suis à peu près étanche à ce qui se passe autour de moi. C'est toujours un soulagement quand j'arrive à m'en libérer par les techniques du stage Éveil et/ou de la respiration appropriée, mais la colère est souvent trop forte pour que je puisse stopper cela rapidement ; j'ai l'impression qu'il y a un temps de digestion incompressible.

Voilà où j'en suis de mon observation, et l'écrire me semble précieux pour ne pas l'oublier aussitôt. Cela me permet aussi de chercher d'autres indices après avoir consigné ceux-ci.

"Clairement, oui. Quel que soit l'ennéatype, le sous-type sexuel est toujours plus agressif que les deux autres. Nous le disons dans le stage Sous-types et cela a été évoqué ici sur ce forum."
Il me semble voir une différence entre la violence et l'agressivité. En particulier concernant le 9, l'agressivité du sous-type sexuel peut le pousser à agir un peu plus, mais peut on parler de colère, de violence ? Le mécanisme de fusion, s'il peut être considéré comme agressif dans le sens "aller-vers", me semble non violent. Est-ce la représentation que je m'en fais ?

Bien amicalement,
À bientôt,
Jérôme

Jérôme E9 mu, aile 1, C =/- S -/+ X =/+

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Fabien Chabreuil

Bonjour Jérôme,

 

"Il me semble voir une différence entre la violence et l'agressivité."

Oui, le langage courant emploie souvent ces mots comme étant presque synonymes. La différence entre eux est alors considérée comme une question de degré, la violence n'étant que l'apex de l'agressivité.

 

Pourtant de nombreux auteurs estiment que ces deux concepts sont fondamentalement différents :

  • L'agressivité serait une expression de la puissance, là où la violence serait manifestation de l'impuissance ou de la toute puissance : l'agressivité serait donc une pulsion de vie ayant de multiples expressions positives.
  • La violence transgresse les règles sociales, là où l'agressivité les respecte.
  • La violence cherche la rupture du lien avec l'autre, l'agressivité non.

Cela change plus de choses du côté de l'émetteur que de celui du récepteur : quand un lion mange une gazelle, c'est de l'agressivité ; mais quand Hannibal Lecter déguste une de ses victimes — "avec des fèves au beurre et un excellent chianti" —, c'est de la violence ! :rofl:

 

Très amicalement,

Fabien

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