Institut Français de

l’ennéagramme

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Je viens de faire un stage d'initiation à l'ennéagramme dans le cadre d'une formation de psychothérapeute. Je trouve cet outil fabuleux. Je suis en analyse depuis 2 ans et j'avance assez vite, mais ce stage m'aide encore plus.

 

J'ai 50 ans. J'ai eu une histoire assez lourde et ai fait une dépression. A l'issue du stage, je sais que je suis 9 mu, avec une aile 1 très développée et une aile 8 rognée. J'ai compris encore mieux mes compulsions et ai réussi à faire le pont avec ce que je connais de moi par l'analyse et avec la formation théorique que je suis.

 

Ma question est la suivante : puis-je développer mon aile 8 pour obtenir plus de confiance en moi ?

 

J'ai compris les intégrations et sais quelles compulsions je dois éliminer. J'ai le sentiment qu'en avançant avec cet outil, je pourrai bientôt me passer du tabac.

Je continue mon analyse bien sûr, en même temps que ce travail sur moi.

Ma psy ne connait pas cet outil. Pourtant, il fait des ponts super entre le vécu et les motivations et il permet de mettre vite le doigt sur les mécanismes de défense.

 

Merci pour cet outil fabuleux. La bibliographie donnait le livre des Chabreuil, mais le site est encore plus super.

 

En relisant les autres messages du forum, je me demande si je ne suis pas 9 alpha et pas 9 mu. C'est une question que j'ai mal débattue. Je suis sûre d'être 9, avec une grande aile 1 et pas d'aile 8. Comment savoir si je suis mu ou alpha ? Merci.

Fabien Chabreuil
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Bonjour Mounette et bienvenue sur ce panneau,

 

Tout le monde ne développe pas une deuxième aile. C'est le travail sur soi et/ou les circonstances de la vie qui provoquent ou non ce phénomène.

 

Tu dis vouloir développer ton aile 8 pour avoir plus de confiance en toi. Je crois que l'ordre des choses est inverse. Nous avons tous potentiellement les deux ailes de notre type. Je les imagines comme repliées et nous pouvons, ou non, les déployer. Je crois que c'est en développant la confiance en toi que tu vas acquérir la capacité à déployer une aile 8 déjà présente. Ensuite, tu pourras t'appuyer sur cette aile quand les circonstances l'imposeront.

 

De plus, quand nous avons une aile, elle est au même niveau d'intégration que le type de base. Acquérir une aile ne nous permet jamais de développer telle ou telle qualité. En effet, cette qualité est peut-être présente dans l'aile, mais il est peu probable qu'elle le soit à tous les niveaux d'intégration. C'est donc bien en soi, dans son type de base, qu'il faut chercher à acquérir la dite qualité.

 

Pour distinguer entre les variantes alpha et mu, la seule manière véritablement fiable est d'observer la hiérarchie des centres. Qu'est-ce qui se passe aux moments où tu réprimes le centre instinctif ? Es-tu alors plutôt dans la pensée (alpha) ou dans l'émotion (mu) ? En fonctionnement normal, lequel du centre émotionnel (alpha) ou mental (mu) utilises-tu le moins ?

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Merci de tes réponses.

 

Que penses-tu des ponts que je fais avec ma psychanalyse ?

 

D'autre part, j'ai réfléchi à quelque chose depuis mes messages.

Je crois que j'étais 9 alpha, puis je suis devenue 9 mu. En effet j'ai l'impression que quand j'ai fait ma dépression suite à un choc émotionnel, c'est parce quand il était tres réprimé que j'ai déprimé. Pour être plus claire, je dirais que j'avais un centre émotionnel trop réprimé quand j'ai subi ce gros choc émotionnel, puisqu'avant je fonctionnais sur le mental et l'action…

Et peut être peut-on lier centre réprimé et dépression ? Et maintenant, c'est clair que je suis trop dans les émotions, tout en ne sachant pas encore les gérer. Je ne m'explique peut-être pas bien, mais à 50 ans on a du vécu ++ et pas la même personnalité qu'à 20 ou 30 ans.

Que penses-tu de mon idée ? Mutation du centre suite à dépression dans le secteur du centre le plus réprimé ?

Fabien Chabreuil
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Bonjour Mounette,

 

Le problème du rapprochement entre Ennéagramme et psychanalyse est complexe. Certains, comme Claudio Naranjo ou Don Richard Riso, font un lien entre les stades de développement de la psychanalyse et les types de l'Ennéagramme ; d'autres rapprochent ces stades et les sous-types instinctifs. Je me situe plutôt, mais sans certitude ayant une connaissance trop superficielle de la psychanalyse, dans cette seconde mouvance. Nous étudions le sujet dans notre stage Connexions.

Même s'il n'y a pas de corrélation entre les deux théories, elle doivent pouvoir s'enrichir mutuellement.

 

Il y a bien un lien entre dépression et centre réprimé. La tendance à la dépression est nettement plus forte chez les types réprimant le centre instinctif. Soyons clair : tendance n'est pas fatalité.

 

Nous avons tous évolués entre 20 et 50 ans. Pourtant nous avons aussi l'impression d'être la même personne, qu'il y a quelque chose en nous qui est resté le même. C'est cette part constante de la personnalité qu'étudie l'Ennéagramme. Notre type reste le même, mais au fil des ans, nous développons des ailes, nous changeons notre niveau d'intégration, nous développons des nouveaux comportements au service de nos motivations, etc.

 

Il en est de même de la hiérarchie des centres. Quand nous réprimons le centre émotionnel et que quelque chose nous fait nous y connecter, c'est systématiquement la tempête ! Tout ce qui a été accumulé pendant des années ressort et nous avons l'impression qu'il n'y a plus que cela : des émotions, des émotions et encore des émotions !

 

Avec le temps toutefois, cela se stabilise et nous retrouvons notre hiérachie des centres comme avant. Le centre réprimé reste réprimé. Mais réprimé ne veut forcément dire pas ou très mal utilisé ; réprimé veut dire utilisé en troisième dans la hiérarchie des centres. Après un tel vécu, le centre émotionnel reste en troisième, mais il est plus accessible et plus développé. Un pas important vers l'intégration a été fait.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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