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l’ennéagramme

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Le 9 et la motivation


Nyarlathotep

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Nyarlathotep

Salut à tous,

 

Bon ça faisait longtemps que je voulais ouvrir une discussion sur un sujet de taille : moi.

 

N'allez pas croire que je suis un grand narcissique, mais plaisanterie mise à part j'en ressentais le besoin depuis longtemps. Je commence par une remarque sur cette série de discussions : l'utilité de discussions à sujet unique est certes évidente et me parait nécessaire en tant que tel pour que les discussions ne partent pas dans tous les sens, mais j'ai souvent envie de réagir sur ce qui se dit et je me dis invariablement : bof, et si ce que je dis est complètement hors sujet ? Bref, la plupart du temps, je n'ose pas intervenir, sauf si ce qui se dit résonne vraiment en moi.

 

Voilà, voilà, j'ai enfin décidé d'ouvrir une discussion pour parler de moi et de mes difficultés de 9 et je ne sais toujours pas vraiment par quoi commencer. Première difficulté identifiée, donc : comment faire la part des choses, comment m'orienter dans ma vie sachant que j'ai énormément de mal à me situer et à découvrir par exemple un métier que j'aimerais faire et qui me permettrait en même temps de m'en sortir financièrement et de pouvoir continuer à assouvir un besoin, que dis-je, une nécessité : écrire.

 

Voilà environ deux ans que je ne travaille plus et que je me retrouve donc au chômage longue-durée. J'ai travaillé durant environ cinq ans dans le milieu socio-culturel, en tant qu'animateur auprès d'enfants de 4 à 12 ans. Ce fut une expérience difficile et qui m'a assez largement détruit, je le crois. Bien que je sois à peu près en mesure de faire le tri de mes mérites et de mes erreurs dans cette profession, j'ai désormais l'impression que je ne suis pas tout à fait à la hauteur et que ce métier ne me convient pas du tout. Je veux dire par là que les exigences de ce métier, à savoir la mise en place de projets structurés et une certaine rigueur dans la gestion des groupes me semblent complètement incompatibles avec mes capacités de 9 qui seraient un certain esprit de synthèse visant à unifier les systèmes et les comportements, et aussi une plus grande attention à l'individu qu'au groupe, car il m'est impossible de fusionner avec un groupe dans lequel je me sens perdu.

 

J'ai donc vécu une expérience difficile durant laquelle je me suis nié et ai nié mes difficultés et mon incompatibilité avec ce métier afin de conserver une illusion de sécurité : celle que je pourrais gagner encore longtemps ma vie dans ce métier, alors qu'en fait il me détruisait.

 

Mon expérience s'est surtout mal terminée. Le centre social dans lequel je travaillais en est en effet arrivé à une période de crise et je me suis trouvé pris dans un tourbillon terrible, moi et les quelques amis que je comptais dans la structure, d'où il ne surgissait que conflits et luttes d'influences entre mon responsable de secteur (un 8 aile 7, ou peut-être un 7 avec une très grosse aile 8) et le directeur (qui devait être un 9 et laissait traîner les problèmes sans leur trouver de solution). Voyant bien que je finirais par me trouver moi-même tôt ou tard au coeur d'un conflit, je me suis de plus en plus désintégré en 6 et j'ai commencé à me ranger du côté de certains de mes collègues, ceux qui étaient exactement dans le même bateau que moi en l'occurrence. Au moins deux d'entre eux se sont avérés être de types mentaux (une 6 et une autre personne dont je recherche le type sur un autre panneau et que je pensais jusqu'alors être un 5). Bref nous nous sommes tous retrouvés dans une sorte de mécanisme de repli phobique sur nous, afin de nous serrer les coudes et de maintenir notre barque hors de l'eau.

 

Pour ma part, la situation s'est terminée par une colère dantesque, l'une des deux que je pense avoir expérimenté dans ma vie. Elle fut dirigée contre mon responsable 8 qui, me semblait-il alors, nous manipulait tous pour nous utiliser dans son conflit contre le directeur. Il faut préciser que cette colère est survenue dans une période où j'avais presque terminé mon contrat de travail et qu'elle m'a largement empêché de poursuivre mon projet professionnel dans l'animation, en tout cas dans cette structure qui reste la seule dans laquelle j'ai jamais travaillé. Cette colère partait d'une volonté de justice et visait à protéger l'ensemble de mes collègues qui subissaient tout comme moi les manipulations de notre chef de secteur, mais auxquels, bien entendu, je m'identifiais (fusionnais). D'abord, en réaction à cette colère mémorable (mais purement verbale), le responsable, que je nommerais M, tenta de me contrôler (toujours verbalement bien sûr) en s'opposant à moi et en recourant aux menaces. Ne m'en laissant pas compter, j'ai fini par le faire taire et lui faire admettre ses torts qu'il ne voulait pas reconnaître, sans doute obnubilé par l'idée qu'il était en train de laisser fuir du pouvoir au vu et au su de tout ses subordonnés. Je reste aujourd'hui convaincu que cette colère fut nécessaire et qu'elle a eu plus d'effets positifs que d'effets négatifs, mais qu'elle aurait pu être évitée par un comportement responsable en amont, c'est-à-dire par une communication saine entre lui et moi. Il faut savoir en effet que j'étais en quelque sorte à ce moment le second de mon responsable et qu'il me confiait ses "sentiments" (comme il les nommait) par rapport au comportement de mes collègues qui étaient aussi ses subordonnés. Il souhaitait, en clair, que je les manipule à sa place, ce qui était sans doute plus facile pour lui que de les affronter de face (je rappelle que mon responsable, M, est un 8 aile 7, ou, possiblement, un 7 aile 8). Seulement il ignorait que j'avais progressivement pris leur partie contre ses manipulations qui me touchaient tout autant qu'eux. J'avais pris soin de lui cacher soigneusement ce fait afin d'éviter tout conflit avec lui ainsi qu'avec mes collègues. C'est ce souci de manipulation venant de lui qui avait rendu pour moi la communication difficile avec lui, car je sentais qu'en m'opposant ouvertement à ses projets, je risquais peut-être le conflit avec lui. J'en avais donc déduit qu'il me fallait jouer sur les deux tableaux, de la manière la plus hypocrite qui soit avec lui, puisque je divulguais chacune de ses paroles à mes collègues-amis. Ils étaient donc avertis de ses tentatives de manipulation insidieuse sans que M le sache.

 

Bref, dans mon expérience professionnelle qui se termina sur cet imbroglio dont je suis en large partie responsable, j'ai appris à mes dépens comment le fait d'éviter à tout prix les conflits comme je le fis (plutôt que d'avouer ouvertement mes opinions et mes états d'âme qui auraient clarifié la situation) pouvait déboucher sur une situation d'une complexité insurmontable et qui précipita ma chute. Quelques semaines après ma colère, je me retrouvai donc au chômage et sans réelle perspective.

 

M'y voici toujours, environ deux ans après. Je ne sais pas si cette situation m'a poussé jusqu'à la désintégration, mais il est sûr que j'ai perdu énormément d'innocence et de confiance en moi et que j'ai gagné énormément d'anxiété, notamment vis-à-vis de l'avenir.

 

J'ai mis à profit cette période pour me remettre à écrire. Il faut noter que la nécessité d'écriture est apparue chez moi au tout début de l'adolescence où toute sorte de difficultés, notamment sur le plan affectif, m'ont poussé à me replier sur moi et à m'exprimer par l'écriture. C'est donc pour moi un véritable palliatif psychologique, m'empêchant souvent de sombrer encore plus bas dans l'inactivité, et je ne vois pas comment je pourrais me passer de ce moyen d'expression. J'ai d'ailleurs décidé de le sublimer et d'en faire ma profession, bien que je réalise parfaitement les difficultés et même les risques auxquels je m'expose par ce choix. Mais je réserve l'explication de ceci à un prochain message, car celui-ci est déjà bien assez long.

 

Nicolas (9 alpha aile 1)

E9 alpha, ailes 1/(8), Conservation

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nicolas,

 

Je sais que la structure de ce panneau n'est, hélas, pas parfaite. Mon but est qu'il soit à la fois un espace de discussion et une base d'informations de référence sur l'Ennéagramme. En ce dernier sens, il n'a d'ailleurs pas d'équivalent. C'est pour cette raison que je suis aussi casse-pieds sur sa structure et sa lisibilité et aussi intervenant sur la validité des informations publiées. Ceci dit, toute suggestion d'amélioration est bienvenue (par e-mail en cliquant sur mon nom ci-dessus).

 

Cependant, à ce propos tu écris : "J'ai souvent envie de réagir sur ce qui se dit et je me dis invariablement : bof, et si ce que je dis est complètement hors sujet ?"

Il s'agit là typiquement d'une problématique 9 : la passion de paresse (ne pas agir), la fixation d'oubli de soi (avoir envie, mais ne pas passer à l'acte), la confusion, mécanisme auto-hypnotique favori du 9 (ne pas savoir avec certitude si on est en ou hors sujet), et l'aquoibonisme, traité dans une autre discussion ("Bof").

Le côté positif est que cela t'empêche d'utiliser le panneau comme instrument de narcotisation. :happy:

 

Quant au sujet principal de ton message, merci de nous avoir donné un nouveau témoignage du fait que chaque type tombe dans le piège qu'il cherche à éviter, le conflit dans le cas du 9.

 

L'activité professionnelle d'écriture est un choix très difficile pour un 9 (et plus généralement pour toute personne réprimant le centre instinctif). Il s'agit de réussir à s'imposer une discipline de travail, de se mettre à la tâche sans qu'une impulsion extérieure y pousse, de produire sans date limite imposée, etc. As-tu résolu cette difficulté et, si oui, comment ?

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Nyarlathotep

Salut Fabien,

 

Pour commencer un rapide commentaire sur le panneau de message : il est effectivement très bien fait, je me devais quand même de le relever (ne serait-ce que pour lutter contre mon pessimisme naturel) et la perfection n'étant pas de ce monde, je me contenterai tout à fait des défauts qu'induisent ses qualités. Comme tu le relèves ma remarque s'adressait aussi en partie à moi-même et à l'attitude que je développe face à ce panneau et qui peut tout à fait être motivée par des raisons inconscientes que j'identifie encore mal.

 

Venons-en à ma situation actuelle. M'étant donc retrouvé dans une situation que je considère comme un échec dans le milieu de l'animation socio-culturelle, j'ai donc entamé un virage qui me fait revenir sur ce que je considère comme ma vocation : l'écriture. Comme je le soulignais, écrire est pour moi indispensable. Toutefois cela ne va pas sans difficultés.

 

Tout d'abord, c'est un choix difficile à assumer et ce pour deux raisons principales : il est récent et c'est un domaine professionnel (le scénario et le roman) dont on ne vit pas sans ramer un maximum. J'en suis donc pour le moment au stade de la recherche d'édition. Il va sans dire que l'écriture ne m'a pour le moment pas rapporté le moindre centime et pourtant j'essaye d'y croire dur comme fer, tant il est vrai qu'un 9 qui a découvert ce qu'il aimait vraiment ne se laissera pas facilement détourner de son but.

 

Cependant, pour répondre à ta question, il est vrai que pour moi cela ne va pas sans grosse difficultés de décision et de mise au travail. Je ne prétends pas avoir trouvé une solution à ce problème. Disons que j'enchaîne des périodes de travail relativement intense durant lesquelles je peux produire plusieurs chapitres d'affilée, et des périodes où je me détourne de mon objectif principal par la narcotisation dans mes domaines de prédilection : en particulier le jeu vidéo.

 

J'ai l'impression de lutter depuis toujours contre cette inertie à l'action. J'ai le sentiment d'avoir franchi les étapes d'observation et d'acceptation dans ce domaine et d'en être à travailler sur le changement, mais je crois que c'est le plus difficile. La seule solution qui semble fonctionner pour me pousser à l'action est de me fixer arbitrairement des échéances et de faire comme si elles venaient de l'extérieur. Bien sûr c'est encore plus efficace si cette motivation extérieure est bien réelle, car je me sens alors un devoir d'éxécuter ma tâche dans les temps (même si il m'arrive quand même de déborder). Je me fixe des échéances relativement raisonnables, du genre essayer d'écrire un chapitre dans les trois semaines à venir, et surtout j'essaye de planifier un tant soit peu ces semaines, par exemple en m'obligeant à commencer à l'écrire dès la première semaine, histoire de ne pas me retrouver au bout de deux semaines et demie au pied du mur avec 30 pages à produire en trois jours. Ce que j'essaye de faire, contrairement à ce que me dicte ma passion, c'est donc d'étaler le travail et de me ménager autant que possible, chaque jour, des périodes de repos me permettant de ne pas ressentir le travail que je m'impose comme une longue torture m'empêchant de m'amuser. Bon, il faut reconnaitre qu'il y a des dérapages, mais il faut admettre que lorsque je vais relativement bien moralement, ça fonctionne finalement assez bien. Toutefois je me dois d'être clair : je dépasse souvent mes échéances de plusieurs jours lorsque je me les fixe moi-même, mais je trouve cela assez satisfaisant quand même, en comparaison des périodes où je ne fais rien durant des mois.

 

La question est : comment alors ne pas sans arrêt replonger dans des périodes de léthargie qui peuvent me laisser inactif pendant parfois des mois entiers ? J'essaierais de développer un peu plus ce point la prochaine fois.

 

Nicolas (9 alpha aile 1)

E9 alpha, ailes 1/(8), Conservation

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Nyarlathotep

Salut,

 

Avant de reprendre ma réflexion, je voulais faire part d'une chose à laquelle je pensais tout à l'heure.

 

Fabien, au début de ce panneau tu me disais qu'une des problématiques du 9 était la confusion. J'ai tout à coup pensé à la structure du mot : con-fusion. Je me suis demandé si ce terme signifait donc à l'origine "se fondre avec l'autre" comme cette structure semblait l'indiquer. J'ai donc foncé sur mon dictionnaire d'étymologie qui donne deux origines différentes, dont l'une est bien celle-là : le latin "confusio" (il existe aussi "confusus" pour ceux que ce genre de considération intéresse, bien que je doute qu'il y en ait…). J'ai également découvert que le mot confusion avait originellement des sens extrêmement défavorables tels que : détruire, bouleverser, défaite…

Conclusion : la confusion serait une manière de se détruire en se confondant, se mêlant, à l'autre…

E9 alpha, ailes 1/(8), Conservation

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Nicolas !

 

Ton message du 8 mars à 5h00 m'a inspiré ceci. J'ai trouvé dans le mot confusion, l'association de deux mots (comme j'avais cru que tu allais le dire quand j'ai lu : con-fusion) : CON et FUSION

 

Définitions :

con : sexe de la femme

fusion :

- passage d'un corps solide à l'état liquide sous l'action de la chaleur,

- réunion, combinaison étroite de deux éléments,

- union de deux atomes légers en un atome plus lourd,

- ET SURTOUT, produite à très haute température (plusieurs millions de degrés), la fusion entraîne aussi un GRAND DEGAGEMENT d'ENERGIE !

 

C'est peut-être pour cela que le 9 passe tant de temps à chercher LA partenaire idéale : celle qui lui apporterait la possibilité d'une telle fusion…

 

Alors, voilà peut-être une recette idéale pour qu'un 9 se réalise : qu'il s'explose sexuellement avec une bombasse qu'il aime et qui l'aime d'un vrai bel amour !

 

Enfin, c'est ce que ça m'inspire… Ca vaut ce que ça vaut !

 

Esméralda (4 mu)

Esméralda – 4 mu aile 3

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Nyarlathotep

Bonjour Esméralda,

 

Ton inspiration ne me laisse certainement pas indifférent, mais c'est parce que tu touches là à un domaine extrêmement délicat me concernant. Non pas que je désire fuir le sujet à tout prix, bien au contraire.

 

Il est vraisemblable de dire que la sexualité doit être un élément non-négligeable de la fusion qui s'opère entre deux êtres. Cependant il m'est difficile d'en parler. Un aveugle peut-il parler de l'arc-en-ciel ?

 

Nicolas (9 alpha, aile 1)

E9 alpha, ailes 1/(8), Conservation

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Nyarlathotep

Salut,

 

Je reprends brièvement sur la question de mon anté-pénultième message, à savoir : comment ne pas sans arrêt replonger dans des périodes de léthargie qui peuvent me laisser inactif pendant parfois des mois entiers ?

 

C'est le constat que je fais ces derniers mois. Lorsque je me trouve dans des périodes où je parviens à me libérer de mes dépendances, je suis d'une remarquable efficacité. La chose qui me chagrine le plus, c'est que je peux - l'expérience me le prouve - à tout moment retomber dans mes travers.

 

Lorsque le besoin de me dissoudre dans des activités parallèles me submerge à nouveau, c'est aussi ma motivation qui s'y trouve dissolue. Je suis, dans une certaine mesure, dans ces moments, encore capable de discerner ce qui est plus important qu'autre chose, mais j'ai alors tendance à relativiser cette importance et à me dire qu'il faut bien me ménager du temps pour me détendre et m'accorder des plaisirs. L'inconvénient, c'est qu'il peut arriver que ces petits plaisirs durent des mois et occultent le reste. J'alterne les périodes d'activité intense durant lesquelles je peux aligner chapitre après chapitre de mes écrits, et des mois d'inactivité presque totale.

 

Alors que je me rapproche du pied du mur, je parviens toujours à trouver des prétextes pour retarder ce qui est important. Je me dis que lorsque j'ai commencé une activité, même sans importance, je ne peux l'arréter avant de l'avoir terminée. On pourra trouver cela ridicule, cependant j'ai trouvé une explication à ce mécanisme que je trouve presque incontournable : il me semble que cela est du domaine de l'obsession. En clair, lorsqu'une activité reste inachevée, elle occupe une place indistincte, mais bien présente, dans un coin de ma conscience, et qui me perturbe, comme une tâche dans mon champ de vision ou un petit bruit parasite. Cette chose inachevée agit alors littéralement comme un parasite mental qui m'empêche d'avoir l'esprit libéré lorsque je veux passer à l'action. Si je dois agir en présence de ce parasite, je cours le risque d'être distrait par des pensées qui surviennent lors de ma période d'activité. Un exemple simple : si j'ai commencé une partie d'un jeu vidéo et que je décide de me remettre tout de même à l'écriture, ma pensée va faire des allées et venues entre l'écriture et l'activité secondaire laissée en suspens, de sorte que mon mental n'est pas totalement libre pour manoeuvrer et que ma capacité de travail s'en trouve donc réduite.

 

Il s'ensuit logiquement que j'enchaîne normalement les taches les unes après les autres, sinon j'en effectue une en pensant à celles que je n'ai pas terminées. En vérité ce mécanisme est assez frustrant, étant donné que j'ai beaucoup d'imagination pour trouver des choses à faire, ce qui induit que dès que j'ai un moment, surviennent de nouvelles idées. Parmi toutes ces idées, il m'est parfois difficile de faire un choix, alors j'essaye de faire un tri aussi drastique que possible afin d'éliminer tout ce qui n'est pas raisonnable et prendra par exemple trop de temps à terminer, me paralysant donc pour un temps trop long. Mais ce n'est pas toujours possible, et je me suis en fait rendu compte que j'ai effectivement de grosses difficultés à trouver une motivation suffisante pour que les choses importantes passent avant les choses moins importantes mais plus faciles à réaliser. Il est, par exemple, nettement plus facile de s'asseoir devant un ordinateur et d'entamer une partie du premier jeu auquel j'ai envie de jouer, que de me remettre à l'écriture d'un chapitre en cours de mon roman (quoiqu'en général le problème se pose surtout à chaque fois qu'il faut que j'en commence un nouveau, car j'ai évidemment horreur de laisser un chapitre en cours pour les raisons que j'ai expliquées). Je ne trouve pas qu'écrire est déplaisant, bien au contraire, mais la raison qui m'empêche de trouver une motivation suffisante réside en fait dans la facilité. Plus une chose est facile, moins elle me décourage et plus je me dis que je vais arriver au bout sans rencontrer trop de problème. C'est le classique problème de la routine qui conduit à refaire sans cesse ce qu'on sait bien faire, plutôt que de s'exercer à des choses qu'on connait moins bien et où le risque d'échec et de frustration est donc plus grand.

 

Je m'en arrête là pour ce soir et je reste dans l'expectative. Dans quelle direction aller maintenant ?

 

Nicolas (9 alpha aile 1)

E9 alpha, ailes 1/(8), Conservation

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nicolas,

 

Il est intéressant de noter que le mécanisme obsessionnel que tu décris est aussi vécu par la plupart des 1. Chez eux toutefois, c'est le travail non-achevé qui les obsède et les empêche de se détendre et de profiter d'une activité de loisir.

Je pense que le mécanisme de la fixation des 8, la vengeance, est très proche. Là aussi, il s'agit de quelque chose d'inachevé qui trotte dans la tête.

Les trois membres du centre instinctif utiliseraient-ils le même "programme" dans des contextes différents ?

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Nicolas,

 

Je m'excuse d'avoir su mettre les pieds dans le plat… Ne connaissant pas grand monde sur ce site à part Fabien, c'est toujours délicat de répondre sans pouvoir tenir compte du chemin de vie de chacun, mais seulement du type ennéagramme. Je t'ai formulé une idée que je trouvais rigolote et le style n'était peut-être pas approprié.

 

Cela dit je m'intéresse tout particulièrement aux voies d'évolution qui seraient appropriées aux différents types de l'ennéagramme.

 

Et en te répondant (sur un ton de plaisanterie, certes), je me demandais en fait, si le tantrisme ne pouvait pas justement correspondre à une voie intéressante pour le 9… Alors voici mon interprétation (ce n'est pas pour enfoncer le clou).

 

Le tantrisme établit en règle d'or la transmutation des énergies. [Le 9 en a tellement lorsqu'il sort de la PARESSE et il ne trouve pas nécessairement un moyen de la canaliser intérieurement afin de la préserver à long terme, puisqu'il la canalise sur une action extérieure, ou par son immobilisme, ou encore l'expulse brutalement en une colère violente. Le tantrisme propose donc de donner à cette énergie un flux, un courant intérieur, en la transformant radicalement : on passe de la colère enfouie et localisée dans le centre instinctif (ventre) à de l'amour diffusé (passant par les trois centres ou les sept chakras.)]

 

Le tantrisme explications :

Partant du culte de l'énergie divine et d'une vision ou connaissance de la corporéité subtile de l'homme [ce qui devrait aider le 9 à combattre son anesthésie liée au sous-type conservation] - constituée des chakras (ou centres d'énergies) et des nadis (ou canaux des courants vitaux), le Tantrisme indien propose à ses adeptes une ascèse de type yoguique (le yoga de la kundalini) qui utilise les feux ou énergies [ce qui devrait permettre au 9 d'entrer en conscience de son être propre et éviter la fusion et l'oubli de ses besoins propres] issus des expériences sexuelles, érotiques et sensuelles afin d'amener l'adepte à l'éveil, à la prise de conscience de l'énergie salvatrice au centre de sa corporéité et finalement à sa libération [là encore, le 9 se connecte à sa propre énergie au lieu de faire le liant ; il est donc là en pleine conscience de soi et en tant que partie intégrante].

 

Le contrôle des sens, une attitude sensuelle, une attention particulière, une connaissance approfondie du phénomène (tant physiologique que métaphysique) et une guidance adéquate [qui évite au 9 de se soustraire à l'essentiel en se perdant dans des activités subalternes] - notamment avec l'assistance d'un maître spirituel expérimenté - sont nécessaires, voire indispensables à l'adepte afin de réaliser, sans danger, la montée de la force, à travers les chakras (ou çakras), le long de la sushumna, jusqu'au sommet du crâne.

 

En effet, le kundalini-yoga consiste à manipuler des forces explosives [le 9 me semblait là concerné, on le symbolise par un volcan dont l'orifice est bouché] qui peuvent conduire à la libération définitive de l'être [le volcan se transformerait en courant d'énergie circulant au travers d'un tronc traversant tous les chakras et irriguant cette colère enfouie et la transcendant en énergie de vie] mais aussi à la destruction de l'adepte mal avisé ou par trop impréparé [l'équivalent à plus basse échelle : la NARCOTISATION du 9 est sa perdition qui le coupe de l'ACTION].

 

Les postures du hatha-yoga, le contrôle du souffle (ou pranayama-yoga) et les mantras s'intègrent à cette discipline à la fois psycho-émotionnelle, érotico-spirituelle et mentale de la kundalini-yoga [Tiens ! Les trois centres ?].

 

Le kundalini-yoga est aussi appelé Yoga de la dissolution (ou laya yoga). Une fois ces noces mystiques accomplies (avec succès), on dit que le monde extérieur cesse d'exister, disparaît, s'évanouit comme un mirage [le 9 peut alors profiter de son ACTION plus pleinement sans dépendance NARCOTIQUE] et l'adepte réalisé renaît à la conscience incréée qui existe de toute éternité [c.q.f.d.].

 

On trouve des éléments intéressants pour le 9 :

- il quitte la paresse en s'impliquant dans une guidance très stricte,

- lui qui a comme driver "ce n'est pas bien de t'affirmer" est ainsi connecté à ses sens, à son énergie et en pleine conscience de lui-même (et non fusionnant), il comprend sans doute alors que "sa présence est importante", puisqu'il est alors pleinement co-auteur avec son partenaire dans l'acte tantrique.

 

Cela dit, mon raisonnement ne tient pas debout lorsqu'on se penche sur l'idée du centre instinctif supérieur, amour-charité, pour laquelle je ne trouve pas de corrélation…

Enfin amour, oui. Définition du Larousse : 1. attachement entre deux personnes englobant tendresse et attirance 2. Mouvement (c'est bien pour un 9) de dévouement porté vers une divinité, un idéal.

Mais charité [Vertu qui porte à vouloir et à faire du bien aux autres…] ? Quoique le partenaire pourrait bien le recevoir comme cela… Bof !

 

Enfin si quelq'un peut apporter des critiques pour faire avancer mon schmilblick…

 

Esméralda (4 mu)

Esméralda – 4 mu aile 3

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Il semble à la relecture que si je cherche à faire avancer mon schmilblick, je n'ai pas fait avancer celui de Nicolas… Je me reprends donc.

 

J'ai un fils de 6 ans qui semble appartenir au 9. Il est victime de la narcotisation dans des activités subalternes, comme le jeu vidéo lui aussi. A tel point que lorsqu'il est devant ses devoirs, je sens une impatience à retourner à ses jeux qui l'empêche de se concentrer sur ce qu'il fait et donc il ne retient rien de ses dictées de mots.

 

J'ai trouvé dernièrement différentes solutions :

 

- Désamorcer sa préoccupation en créant un choc en gueulant un bon coup à propos de tout et de rien(mais pas de lui), puis le regarder en face et d'un air tranquille et confiant, lui dire qu'il est d'une intelligence aussi forte que celle de son frêre et qu'il a le potentiel à avoir d'aussi bonne notes que lui. Il se sent d'un coup vachement bien et son attention est est alors focalisée sur la réussite de son apprentissage et de son résultat : mémoriser. Je rajoute une récompense et le tour est joué.

 

- Supprimer la TV et les jeux vidéo (mais ça ne marche pas longtemps : il a fondamentalement besoin de ces moments-là, grâce auxquels il retrouve son calme, son monde intérieur).

 

- Mais surtout (ce qui marche vachement bien, même si ça m'a pris plus de temps car ça lui demande de l'habitude), le connecter aux SENSATIONS DES MOTS !

 

Je m'explique. Je crois que pour que ce 9 de fils retienne quelque chose il faut qu'il l'ai vu, entendu, mais surtout, qu'il puisse se faire une représentation kinesthésique de l'image ou du son.

En l'occurence pour qu'il mémorise les mots, il doit se connecter à la sensation que ceux-ci, bien orthographiés, lui procurent.

Et lorsque je lui montre le mot mal orthographié, une sensation "négative" lui indique que c'est faux. Ainsi lorsque je lui montre à nouveau le mot juste, il peut me dire (et les mimiques de son visage réjoui le confirment) : "Oui c'est ça. Ca c'est juste." Et là quand je lui demande "Comment tu le sais ? Que te dit ton corps ?", il peut répondre "Je le sens. Il dit que c'est juste."

 

Et là le truc lui paraît sans doute plus vivant et pénètre volontiers dans son monde pour qui, en bon 9 peut-être, les sensations, en tant que système de représentation, sont sans doute importantes.

 

Et comme tu le dis si bien, Nicolas, il est plus facile de se mettre devant un ordinateur que de se mettre à entamer un chapitre : cela me fait penser à mon fils.

 

La suggestion que je pourrait t'apporter serait la suivante (sachant qu'elle vaut ce qu'elle vaut) : te faire une représentation de l'état intérieur agréable ou positif que l'écriture d'un chapitre te permet de vivre avec toutes les sensations vécues comme un monde à toi, t'appartenant et pouvant changer, évoluer au gré de tes besoins, de t'installer dans cet état en te projetant donc dans les sensations que te procurent habituellement ces moments d'écriture, en créant des ambiances de mouvement intérieur. (Mon fils retient mieux un mot si le papier que je lui montre avec le mot inscrit est en léger mouvement plutôt que s'il est fixe.)

 

A bientôt,

Esméralda (4 mu)

Esméralda – 4 mu aile 3

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  • 2 weeks later...
Nyarlathotep

Bonjour Esméralda ainsi que tous les autres qui pourraient lire ces lignes,

 

J'ai mis énormément de temps à répondre. Pourquoi ? Il y a plusieurs raisons. Bonnes et mauvaises.

 

Avant de répondre, en particulier au dernier message proprement dit, je me propose d'expliquer mon cheminement de ces dix derniers jours, car, à ma grande surprise, j'y ai découvert des vérités étonnantes. En dépit du sentiment que j'avais d'avoir bien analysé mon fonctionnement, en particulier comment je cherche à éviter les conflits, j'ai découvert encore bien des choses enfouies les unes sous les autres.

 

Pourquoi je n'ai pas répondu à ce dernier message tout de suite, donc, alors que je l'avais lu seulement quelques heures après qu'il fut écrit ?

 

J'en étais au dernier chapitre de mon livre. Il ne me manquait pas grand chose pour le terminer, juste dix à vingt pages, moins de quinze heures de travail. C'est peu et beaucoup. Enorme pour un 9 ayant peur d'achever une oeuvre, très peu pour un 9 désireux de bien faire et en pleine période d'activité. Tout se passa pendant quelques jours comme si j'étais dans le premier cas. Terminer signifiait prendre ses responsabilités, mais surtout se confronter à la tâche suivante d'apparence insurmontable : chercher un éditeur, mettre en forme l'ouvrage, oser enfin le faire lire intégralement et oser s'opposer aux critiques (crainte qui vient de mon aile 1 je pense). Je me disais que ça allait être dur de terminer, que je ne pouvais pas me permettre de rater la fin, de la bâcler, de passer à côté de quelque chose de si important. J'ai passé plusieurs jours à trouver des prétextes pour repousser la fin de ce roman. Notamment je me plongeais encore dans un jeu vidéo. Je venais papillonner sur Internet, en évitant de trop m'impliquer dans des discussions, en évitant de trop réfléchir, en évitant soigneusement de poursuivre ce que j'avais commencé ici, comme le reste. Je n'osais plus relire un message.

 

Et puis un jour, un ami m'a rendu visite. J'ai rarement avec lui de profondes discussions, mais ce jour-là, comme si je n'attendais qu'une occasion pour exprimer mes difficultés, si. Et au fil de la discussion j'ai pris conscience que mon isolement presque total de ces deux dernières années n'était pas autre chose qu'une manière d'éviter les conflits. Elémentaire : quelle est la meilleure façon de ne plus connaître le conflit ? Ne plus voir personne. Chez soi, seul, calme, silencieux, les volets fermés même en plein jour, qui viendrait me chercher des poux dans la tête ? Surtout si je me débrouille pour que le monde ignore que je m'isole ainsi… Le téléphone sonne, je ne réponds pas. Lorsque je croise la personne qui a essayé de me joindre, il m'est facile de mentir et de raconter que je n'étais pas là, et même, pourquoi pas de m'inventer une vie trépidante et formidable comme mon imaginaire d'écrivain sait si bien les inventer. Mais je ne suis pas allé jusque là, me contentant d'éviter les gens, ne voyant que quelques amis dont je sais qu'ils ne me feront pas de problèmes.

 

Et donc au fil de cette discussion, j'ai eu cette sorte d'illumination. C'était évident. Je m'enfermais pour avoir la paix, le calme, la tranquillité. Le silence, bien que souvent brisé par la boîte de nuit de ma rue, comme si, il y a un peu plus d'un an, je n'avais même pas été capable de choisir un lieu calme, choisissant un appartement en plein centre ville… Ainsi, même mon déménagement répondait au besoin d'éviter le conflit puisque la raison en était un conflit avec mon administrateur d'immeuble qui me réclamait de l'argent.

 

Ce jour là - je crois que c'était lundi dernier - j'ai pris conscience de l'abîme vertigineux dans lequel je me suis peu à peu plongé, et de la manière incroyable dont une compulsion peut guider vos choix dans votre vie. Alors je me suis demandé si, inconsciemment, ma manière de retarder les choses, de fuir dans des activités secondaires, n'était pas encore plus étroitement liée à la fuite du conflit. Il ne faut pas mentir cette fois-ci : je n'ai pas encore pu vraiment touché ce lien, mais maintenant je ne puis en douter, il doit y en avoir un.

 

Je me suis dépêché de terminer le jeu vidéo dans lequel je m'étais lancé, conscient que si je ne le faisais pas, ce serait encore un prétexte pour divertir ma pensée et brouiller ma lucidité. A vrai dire, je l'ai terminé sans grand plaisir.

 

Le lendemain, je me suis accordé un moment pour réfléchir véritablement. Qu'est-ce qui m'empêchait de passer à l'action ? Qu'est-ce qui me le permettrait ? Je n'ai trouvé comme réponse que du vent. Comme si c'était mon instinct et non mon mental qui devait fournir la solution. J'oubliais momentanément cette question sans réponse.

 

Je n'avais, devant moi, que trois jours, du jeudi au samedi, sans rien de prévu. Aucune activité secondaire en cours. C'était l'évidence même. Je n'avais plus aucune excuse. Dans trois jours le roman serait terminé, quoi qu'il arrive.

 

Durant ces trois jours, au lieu de me laisser distraire, comme d'habitude par des pensées plaisantes me détournant de mon véritable objectif, je les regardais passer comme sans importance. Je prenais juste le temps de prendre conscience qu'elles existaient et qu'elles me suggéraient de prendre un petit moment pour faire une petite partie, regarder un film, feuilleter un magazine. "Allez rien qu'un moment !" me tentaient-elles en anti-muses diaboliques. Ne parvenant pas à me détourner de mon but, elles s'évanouissaient d'elles-mêmes. Chaque jour je parvenais à travailler plusieurs heures sur mon récit. Chaque jour cela avançait régulièrement. A ma grande surprise, je terminais les vingt pages. Dix mois de travail pour deux cents pages. Trois jours pour vingt pages. A ce rythme là, j'aurais pu écrire le roman en un mois ! Bon il faut tout de même relativiser. Le temps de non-écriture profite au temps d'écriture. Il met en forme, élabore les idées, trouve des liens qu'on ne trouve pas quand on est le "nez dans le guidon". Mais je pense que ce roman aurait pu voir le jour en moins de six mois sans problème, si mon indolence de 9 ne m'avait pas forcé à trouver de la complaisance dans les soi-disant périodes de non-inspiration. Certes, l'inspiration est un phénomène mental inégal, mais relativement fiable si l'on s'impose une certaine discipline.

 

Lorsque je mettais le point à ma dernière phrase, ce fut un grand bonheur pour moi.

 

Tout à l'heure, je me connecte sur Internet comme chaque soir. Et comme chaque soir je commence à divaguer, m'intéresser à ce que je lis sans m'y intéresser. Je me dis que je devrais peut-être faire un tour sur le "site de l'ennéagramme", comme chaque soir. Je vois qu'il n'y a pas de nouveau message dans les discussions que je suis et je me dis que je devrais peut-être me décider à répondre aux personnes qui m'ont fait le plaisir et je dirais même l'honneur de me répondre, à moi, petit 9 divagateur et papillonneur. Et puis je me dis : "Bof, ce sera pour une autre fois." Et aussitôt derrière : "Et pourquoi pour une autre fois ? Quelle autre fois ? La fois où j'aurais taillé le poil qui me pousse au milieu de la main ?" Je réfléchis et je me dis : "La semaine dernière tu t'es dis : 'Je finirais ce roman.' Et je l'ai fini. Réponds à ce message maintenant ! Les raisons du genre 'Je le sens pas maintenant.' ou 'C'est pas le moment.' ou encore 'T'auras plus de temps demain.', c'est du baratin que tu te fais !"

 

Résultat : je m'installe devant mon clavier, je fais les clics qu'il faut et je me retrouve tout naturellement, sans hésiter entre chaque phrase, à écrire mes dernières réflexions. Les raisons que je me donne tout le temps pour repousser l'action n'ont donc aucune raison d'être, ce ne sont que des prétextes. Lorsque je me mets à agir, tout s'enchaîne naturellement, avec plus ou moins de bonheur, mais cela se fait, et je n'ai même pas besoin de me forcer. Je me rappelle avoir tant de fois ressenti cette facilité à agir, une fois que je suis lancé. Et je crois enfin avoir découvert une manière de me lancer : au lieu de me dire qu'il y a des tas de raisons pour agir plutôt le lendemain, me dire qu'il y a encore beaucoup plus de raisons d'agir tout de suite, ici et maintenant, et pas demain quand je serais ailleurs et pas forcément plus inspiré.

 

Je ne crains qu'une chose : l'oublier. Et comme par hasard, le thème principal de mon roman est l'oubli…

 

Mon message est vraiment long. Merci et bravo à ceux qui auront eu le courage de le terminer, comme j'ai enfin eu le courage de terminer ce sacré roman. Quoi qu'il advienne de cette oeuvre, j'ai conscience d'avoir franchi une étape importante, aussi importante qu'elle peut paraître dérisoire. Je me sens comme un enfant qui vient de courir pour la première fois sans tomber.

 

Nicolas (9 aile 1)

E9 alpha, ailes 1/(8), Conservation

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Nyarlathotep

Esméralda, je vais donc enfin répondre à ton message.

 

Et pour commencer, je dois dire que ça m'a bien fait plaisir que tu t'intéresses à ce que je raconte. A chaque fois que quelqu'un fait attention à moi je suis aussi surpris et content.

 

En relisant ton message, je constate que tu places la problématique au niveau des sensations physiques. Dans mon dernier message j'explique comment j'utilise le raisonnement pour faire tomber mes mécanismes de fuite. Cette dernière méthode n'est probablement pas idéale, puisqu'elle me connecte à mon type de désintégration, le 6. J'ai souvent pensé que pour un 9, en équilibre instable en haut de l'ennéagramme, la solution devait résider dans la recherche d'un équilibre intérieur. Arriver à unifier en moi les émotions et les pensées afin de les ressentir. C'est pourquoi, bien que curieusement je n'arrive pas totalement à en être persuadé, je crois que ton message touche juste.

 

J'ai observé que pour intégrer une chose, je ne procède pas tant que ça par le mental. Dans un premier temps j'accepte les termes que je reçois et je les range dans ma boîte, dans mon corps. Et je les oublie. Mais l'oubli n'est pas total. Il n'y a oubli qu'au niveau mental superficiel, c'est à dire que la pensée n'est pas présente à ma conscience. Mais intérieurement je la digère, je lui laisse le temps de se mêler à ce qu'il y a en moi. Je la laisse parfois assez longtemps et elle ressort généralement quand je ne m'y attends pas, et alors, elle est reliée à d'autres pensées, d'autres systèmes, et à chaque fois cela me fait expérimenter intérieurement l'extrême complexité du monde.

 

Pour en revenir à ton conseil, je pense que tu as raison, et que c'est là où je pèche. Comme je l'explique dans mon message précédent, je suis capable de trouver la motivation en moi et j'ai tendance à penser que mon salut est, au moins en partie, là. Je dois donc découvrir le moyen de maîtriser mes humeurs paresseuses et réaliser encore et encore à quel point elles me nuisent avant de changer de manière notable. Il est certain aussi qu'il me faut apprendre à positiver et à voir d'abord ce que les choses peuvent m'apporter de bon au lieu de voir ce en quoi elles pourraient me faire souffrir.

 

Nicolas (9 alpha aile 1)

E9 alpha, ailes 1/(8), Conservation

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nicolas,

 

Bravo pour avoir trouvé la force de finir ce roman. :happy: Je te souhaite bonne chance pour la recherche d'un éditeur et j'attends avec impatience de voir les piles de livres chez mon libraire avec ton nom sur la couverture. Prépare-toi à me dédicacer un exemplaire.

 

Bravo aussi pour cette découverte qui t'a permis de donner le coup de collier final et t'aidera, j'espère, pour la suite de ton oeuvre : "J'ai pris conscience […] de la manière incroyable dont une compulsion peut guider vos choix dans votre vie."

C'est l'erreur que nous commettons le plus fréquemment : sous-estimer l'impact de la compulsion. Il est tentant de croire qu'elle n'a gouverné que quelques moments de notre vie ; en fait, elle est là en permanence, ordonnatrice plus ou moins silencieuse de nos plus petites décisions, de nos choix et de nos non-choix. Je suis persuadé que ton témoignage aidera d'autres personnes à se livrer à une introspection plus fine et plus précise de leur vie et je t'en remercie.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Nyarlathotep

Salut,

 

Eh bien je suis le premier à rêver de voir mon roman chez les libraires, alors si jamais ce rêve se produit je me permettrais de l'annoncer ici.

 

Pour le reste, je vois bien que la prise de conscience n'est pas suffisante et qu'un travail sur moi va devoir suivre. Depuis le dernier week end, je suis retombé plusieurs fois dans mes pièges. L'essentiel est sûrement que j'en ai conscience.

 

Nicolas (9 alpha aile 1)

E9 alpha, ailes 1/(8), Conservation

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Bonne chance pour ton roman, Nicolas. Même si ce message ne rentre pas dans le cadre de l'ennéagramme pur… j'y tiens !

 

Esméralda 4 mu (3)

Esméralda – 4 mu aile 3

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Nyarlathotep

Bonjour,

 

Merci, Esméralda, pour tes encouragements. Pour dire la vérité, on dirait que j'en ai bien besoin. Dieu que c'est difficile pour un 9 de tenir une ligne de conduite sans se laisser décourager par le moindre obstacle ! Bon je dispose d'une arme qui est l'obstination et je sais que je n'abandonnerais pas facilement, mais je suis toujours aussi incapable de prédire quand je passerais à l'action ! A bien y réfléchir, maçon aurait été un bon métier pour moi, car j'aurais ainsi pu bâtir des murs dans mon dos qui m'auraient obligé sans cesse à aller de l'avant…

 

Nicolas (9 alpha aile 1)

E9 alpha, ailes 1/(8), Conservation

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  • 9 months later...
Nyarlathotep

Salut tout le monde,

 

Je ne me rappelais pas que ma dernière intervention sur cette partie du panneau remontait à si longtemps…

 

Nous sommes aujourd'hui le 9 janvier 2003… Comme le temps passe vite. Et comme les mois passent et se ressemblent.

 

Depuis quelques temps, je réfléchis au thème de l'ennui. Je ne sais pas m'ennuyer. Ou alors je ne sais pas reconnaitre quand je m'ennuie. Il s'ensuit qu'à aucun moment je n'ai envie de me lancer dans une activité intéressante, rien que pour tromper l'ennui. J'ai toujours quelque chose à faire… Pas forcément des choses passionnantes, mais des choses qui m'empêchent de m'ennuyer, font passer le temps : minutes, heures, jours, mois, années… Et bientôt décennies si je ne change rien. J'ai vraiment le sentiment que je passe à côté de l'essentiel à force de simplement "passer le temps". J'ai aussi l'impression de n'en avoir jamais assez, que chaque journée est trop courte pour faire tout ce que je voudrais faire. Aussi j'ai tendance à prolonger magiquement mes journées en les terminant tard, voire très tard dans la nuit…

 

Voilà, c'est à peu près tout ce qui me vient en tête à l'instant où j'écris.

 

Nicolas (9 alpha)

E9 alpha, ailes 1/(8), Conservation

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nicolas,

 

C'est un plaisir de te retrouver.

 

Malheureusement, je n'ai pas grand chose à répondre à ton message. Le phénomène que tu décris est classique chez le 9 qu'on l'explique par le mécanisme de défense de narcotisation ou par la contrepassion d'hyperactivié.

 

Un seul moyen : fixer des priorités et se mettre dans l'impossibilité de ne pas les tenir. Seul ou en se faisant aider.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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  • 2 years later...

Bonjour,

 

J'ai lu avec grand intérêt l'article : "Une conversation avec Michael Goldberg". C'est assez extraordinaire de trouver dans cette article cette dynamique que je soupçonnais dans le terme aile.

 

Je dois dire que ce qui est décrit sous les termes de "résolution des pressions des ailes" et explicité de la manière suivante pour le 9 me convient parfaitement : "Les 9 ont tendance à réprimer l'expression directe de la volonté, la volonté d'avoir un impact sur les événements. Tout cela réside dans leur ombre 8. Ce qui transforme un 9 est de hiérarchiser les priorités, de mettre en ordre, de travailler avec un effort régulier et concentré (l'attitude du 1)."

 

C'est comme ça que je fonctionne quand je vais bien, ou plutôt, je vais bien quand j'arrive à fonctionner comme ça. Lorsque j'arrive à hiérarchiser les évènements, à affecter des priorités à ces évènements, tout à coup, tout va bien, la machine est lancée et marche de mieux en mieux.

 

Alors pourquoi au bout d'un moment la machine dérape, déraille, s'enlise. Tout simplement parce que je suis 9 et que je suis paresseux ! Parce que je considère le monde comme statique ! Alors qu'il est dynamique, que tout bouge, tout change, qu'il faut constamment intégrer de nouveaux évènements, hiérarchiser à nouveau, réaffecter des priorités, gérer les conflits générés par ces nouvelles priorités, ne pas les éviter, etc.

 

Bien amicalement, Dan (9)

Dan (9 alpha)

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