Institut Français de

l’ennéagramme

À quoi sert tout le reste...

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6 après un choc relationnel


Linda

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Bonjour,

 

Je viens juste de découvrir ce site. Si je m'insère pas dans la bonne section prière de m'informer. Voici, je suis un 6 mu qui doute de pouvoir tomber en amour. Je suis présentement en instance de divorce avec un 3 alpha. Je sentais une indifférence à mon sujet depuis un certain temps. Mes doutes se sont amplifiés à un point tel que j'ai craqué un soir et nous nous sommes séparés. Il m'a confirmé ses tendances homosexuelles. Malgré tout, je l'affectionne mais crois profondément mériter une relation beaucoup plus vraie. Depuis ce temps, j'ai des craintes à établir une nouvelle relation et une tendance à prendre mes distances. Je n'arrive plus à sentir quoi que ce soit vis-à-vis des gars. Je ne veux plus souffrir. J'ai peur, je doute et me demande si j'ai assez de valeur pour les autres. J'aimerais bien un petit conseil.

 

Linda

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Fabien Chabreuil

Bonjour Linda,

 

Je crois que ce que tu as vécu serait un traumatisme pour toute femme (et pour tout homme dans une situation symétrique) indépendamment de son type. Ton doute et ton envie de ne plus souffrir sont des réactions normales.

 

L'homosexualité est une préférence sexuelle personnelle dont l'origine est aujourd'hui inconnue et fait l'objet d'âpres controverses. Mais, on sait qu'elle n'est jamais causée par une réaction à un individu en particulier et qu'elle se met en place au plus tard dans la toute petite enfance, même si la prise de conscience de cette préférence n'intervient parfois que très tard dans la vie.

 

Les tendances homosexuelles de ton mari ne disent donc rien sur ta féminité, sur le fait que tu sois aimable et désirable et sur ta capacité à construire une "relation beaucoup plus vraie".

 

Tu as besoin d'effacer ce traumatisme et de clarifier ta position à propos de cette relation et de ce que tu souhaites pour l'avenir. Bien sûr le temps fait toujours son œuvre en ce domaine, mais l'aide d'un professionnel permet d'accélérer le processus et de donner des ressources pour repartir pleinement dans la vie.

 

Très cordialement,

Fabien

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Salut Fabien et vous tous,

 

Je te remercie pour tes réflexions et bons conseils. Je compte y faire suite sous peu. Mais en attendant, j'aimerais comprendre ma fermeture à certaines émotions ou plutôt à ma difficulté de partager certains vécus (faire confiance aux autres). Je suis capable de pleurer, souffrir… rire et vivre intérieurement un ensemble d'émotions. Il est indéniable que lorsque les émotions sont trop intenses, je me ferme comme une huître.

 

Voici donc un fait vécu pour expliquer ce phénomène : mon fils a dû être hospitalisé pour une coqueluche. Il a eu un soir trois arrêts cardio-respiratoires. J'ai assisté aux scènes. Il s'en est finalement sorti. A mon retour à domicile, j'étais incapable de réveiller mon conjoint pour lui faire part de mon vécu. Il m'a fallu quelques semaines avant de lui raconter cette soirée.

 

C'est un peu ce que je ressens présentement : un vide émotionnel, une fermeture. Je me demande si je vais arriver à ouvrir cette porte. Est-ce une caractéristique d'un type 6 ? Suis-je bien de ce type ? Quelle est cette dynamique ou plutôt ce mécanisme de défense ? Comment refaire confiance aux gens et ouvrir mon cœur ? Suis-je dans ma compulsion de la peur ? Quel exercice puis-je faire pour m'en sortir ?

 

Linda

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Fabien Chabreuil

Bonjour Linda,

 

Tu nous as dit dans ton premier message que tu étais une 6 mu. Ta hiérarchie des centres est donc : mental, instinctif, émotionnel, (mental). Cette hiérarchie des centres implique que l'émotionnel est réprimé et les réactions que tu décris sont donc totalement compatibles avec cette structure. Quel que soit notre type, l'utilisation du centre réprimé est associée, consciemment ou non, à l'idée de souffrance et de risque. En tant que 6 mu, c'est dans l'expression des émotions que ton ego doit voir le plus grand danger.

 

Au fur et à mesure que tu vas "digérer" la douloureuse découverte que tu as faite sur ton couple, tu vas revenir à ton fonctionnement habituel dans lequel la répression des émotions est vraisemblablement présente, mais moins forte.

 

Corriger cette répression est possible, mais je n'ai pas de solution miracle rapide. Le centre réprimé a été blessé dans notre toute petite enfance (et souvent en conséquence plus tard aussi dans la vie). Guérir cette blessure, consoler et faire grandir l'enfant intérieur blessé nécessite patience et amour.

 

Je vais toutefois te proposer un petit exercice qui devrait commencer à t'aider à traverser cette crise.

Chaque jour, identifie dans cet ordre un moment où tu as vécu quelque chose de négatif et un moment où tu as vécu quelque chose de positif. Formule à voix haute ce que tu as ressenti sur le moment et ce que tu ressens en y repensant.

Il serait encore plus profitable que tu trouves un(e) ami(e) à qui tu puisses expliquer cet exercice et que tu appellerais tous les jours pour partager ce vécu. Si cet(te) ami(e) connaît l'Ennéagramme, c'est encore mieux.

 

De toute façon, en écrivant sur ce panneau, tu as déjà commencé à exprimer et partager des émotions (bravo !) et il ne te reste donc qu'à continuer et amplifier ce mouvement.

 

Très cordialement,

Fabien

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Salut Fabien et vous tous,

 

J'ai bien apprécié ton message tout particulièrement l'origine du centre réprimé. Est-ce que tu crois qu'il est utile d'en connaître les origines à partir de la toute petite enfance ou plutôt de comprendre la dynamique qui y est associée ? Plus particulièrement pour moi, dans quelle circonstance la porte se ferme ?

 

Dans mon cas, il semble qu'elle se manifeste avec le besoin d'aimer et être aimée. Je sens que les ami(es) peuvent entrer chez moi sans trop de difficulté, mais je n'arrive pas à sentir l'amour d'un homme. Je manque de foi dans cette notion.

 

Si quelqu'un peut m'expliquer ce qu'est l'amour ? Je pourrais peut-être y voir plus clair et diminuer mes défenses pour me permettre de prendre à nouveau des risques. Je conçois que j'ai mis beaucoup d'antennes de protection vis-à-vis de cette émotion. En bref, je ne crois plus à Cendrillon.

 

Cordialement, Linda

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Fabien Chabreuil

Bonjour Linda,

 

"Connaître les origines à partir de la toute petite enfance ou comprendre la dynamique qui est associée" à la répression d'un centre sont effectivement deux pistes de travail possibles.

 

Cependant, l'origine dans la toute petite enfance a lieu certainement avant l'âge de deux ans, voire bien avant: par un hasard de la vie, j'ai eu connaissance d'un événement qui s'est produit quand j'avais moins de quinze jours et dont je pense qu'il a été à l'origine de ma répression du centre instinctif. Cette origine est tellement ancienne que, bien entendu, personne n'en a de souvenir conscient. La retrouver et la traiter nécessite donc un travail extrêmement long et difficile sans certitude d'aboutir.

 

Par contre, la répression du centre a lieu aujourd'hui, ici et maintenant, et en observer les mécanismes et les démonter est beaucoup plus aisé.

 

"Expliquer" est un terme mental. Il est donc quasiment impossible de t'"expliquer ce qu'est l'amour". Du moins entièrement. Pour moi, l'amour n'est pas qu'une émotion, il est quelque chose qui se vit dans tous les centres et à tous les niveaux. Pour chacun d'entre nous, l'amour est l'accès à ce qu'il y a de plus beau, de plus noble et de plus agréable en nous et dans les autres. C'est un joyau dont la valeur est telle qu'aucun échec, ni aucune souffrance n'est une raison valable pour se détourner de sa quête et qu'échecs et souffrances paraissent bien dérisoires dès que nous l'avons trouvé.

 

Bref, je crois qu'il faut croire à Cendrillon parce que :

  • y croire nous donne foi en nous et en la vie,
  • y croire augmente nos chances que cela se produise,
  • ça existe !

 

Au fond de moi, je crois aussi qu'on ne peut pas ne pas y croire. Dire "je n'y crois pas" est une défense derrière laquelle risquent de se développer amertume et regrets. Il n'y a donc qu'une chose à faire : respirer un grand coup et se jeter à l'eau.

 

Très cordialement,

Fabien

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Patricia Chabreuil

Bonjour Linda,

Pour moi, l'Amour, c'est s'émerveiller de l'autre, c'est avoir du bonheur à être avec lui, c'est sentir sa douceur, sa tendresse, son affection, c'est être en confiance et se sentir unique à ses yeux, c'est chercher ce qui lui ferait plaisir, c'est lui dire qu'il est merveilleux et que tous les jours on remercie la Vie de l'avoir rencontré, c'est vivre passionnément un sentiment qui est trop grand pour ne rester que dans son cœur, c'est vouloir être à ses côtés, c'est un engagement agréable à prendre qui rend la vie stable, sûre et plus légère, et qu'il est magique de vivre chaque jour. Et c'est encore plus et mieux que tout cela. OSE !

Très amicalement
Patricia

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Salut Patricia et Fabien,

 

Merci pour ces beaux messages d'espoir et d'amour. Vous pouvez être sûr que je me suis laissée imprégner de ces sentiments par de multiples lectures répétées.

 

Vous avez sans doute raison (parole de 6), il faut semer la graine dans l'espoir d'avoir un fleur au printemps et prendre le risque de sortir de son germe pour revoir le soleil.

 

Je me demande si la désintégration du 6 n'est pas quand il perd confiance en lui et les autres (plus de valeur). Il semble ne plus avoir de point de repère. Son cadre ne répond plus. Il est donc dans le vide.

 

Est-ce plus profitable pour un type 6 de se rebâtir un nouveau cadre ou réaliser qu'il peut très bien être heureux dans cet état de solitude et de cahot ? La nature est pourtant bien remplie d'inconstance et on y rencontre la paix et sérénité. Est-ce le message que le 6 doit comprendre ? Qu'il n'a besoin de personne et que tout est en lui ?

 

Je crois qu'un de mes plus grandes peurs est l'abandon (dans le sens intérieur et extérieur). C'est-à-dire s'abandonner à l'autre et être abandonnée par l'autre. Existe-t-il d'autres types qui vivent cet état ?

 

Cordialement, Linda (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Linda,

 

L'absence de confiance est une des fonctions liées à la répression ou à la mauvaise utilisation du centre mental. La perte de confiance en soi et dans les autres est donc bien un signe de désintégration chez le 6.

Il existe deux types de désintégration : l'une est durable et relève d'un long travail sur les mécanismes de son type, l'autre est temporaire sous l'effet des stress de la vie et s'efface généralement avec le temps ou, plus vite, à l'aide d'outils psychologiques. Comme tu as subi assez récemment un stress fort, la priorité est donc de le régler pour revenir à ton fonctionnement habituel. Cela ne devrait être ni trop long, ni trop difficile et il existe de nombreuses techniques pouvant t'aider à cela.

 

Je ne crois pas que l'être humain puisse vivre confortablement dans un état durable de solitude. Cependant, nous ne pouvons pas éviter que de telles périodes puissent se produire au cours de notre vie. Il s'agit donc de vivre ces moments-là sans souffrance excessive et sans en tirer un jugement négatif sur nous ou sur les autres. En résumé, je pense qu'il ne faut pas vouloir vivre seul, mais néanmoins pouvoir vivre seul, qu'il faut rechercher les autres, mais néanmoins ne pas être dépendant des autres, qu'il faut être autonome et se suffire à soi-même, mais néanmoins rechercher l'échange et le partage. Un équilibre pas si facile à atteindre.

 

La peur de l'abandon peut exister chez tout être humain, mais elle est plus vive chez les types 4 et 6.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Bonjour à tous,

 

Fabien, lorsque tu dis "Il s'agit donc de vivre ces moments-là sans souffrance excessive.", je me questionne. Pourrais-tu être plus précis ? Crois-tu pouvoir "contrôler" le niveau de souffrance afin qu'elle ne devienne pas "excessive" ? Et, si oui, comment ? Cela semble impliquer qu'il y a toujours une solution, que nous avons toujours du pouvoir à ce niveau. Cela ne correspond pas à mon expérience. Serait-ce à cause de mon type, parce que j'aurais tendance à tomber dans l'excès ? Cela varie-t-il selon les types ?

 

Cordialement,

Pierrette (8)

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Salut à vous tous,

 

Pour ma part, je peux par mon mental amplifier les événements et donc souffrir davantage. Je crois que je me désintègre totalement en laissant libre cours à ce mental. Ce dernier ma amenée dans certain excès. Par exemple : je suis restée quelques semaines dans l'isolement avec mes pensés négatives (cette attitude m'éloignait de la vérité et l'espoir). Il m'a fallu retourner au travail pour retomber sur terre et reprendre confiance en mes capacités. J'ai alors senti que j'avais de la valeur pour mes clients et cela a été le début pour reprendre mon chemin. A cette époque, j'étais paralysée.

 

Il me reste donc à voir en quoi, je peux avoir de la valeur pour un homme (valeur extérieure). Je crois qu'il faut pour tous les types du triangle trouver cette équilibre entre l'extérieur et l'intérieur pour bien se sentir. Qu'en pensez-vous ?

 

En résumé, si j'ai bien compris : je m'intègre dans les qualités du 3 mu, c'est-à-dire l'ESPOIR et la VERITE, et je me désintégre dans le 9 mu en narcotisant, perte d'activité, isolement, état léthargique et désespoir psychologique. En bref tout ce que j'ai fait pendant un certain temps. Est-ce que j'ai bien compris la notion ?

 

Fabien, tu as parlé de techniques pour revenir à son fonctionnement habituel. Que veux-tu dire par cela ? Peut-on contrôler la souffance ? Le mot contrôle pour moi fait référence au centre mental ? Ce dernier chez le type 6 n'est pas toujours juste. Qu'en penses-tu ?

 

Cordialement, Linda (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Linda et Pierrette,

 

Linda, ton résumé de l'intégration et de la désintégration du 6 mu est parfait et il est exact que les membres du triangle doivent trouver un équilibre entre intérieur et extérieur.

 

Dans le cas de la valeur, il est effectivement fondamental d'être convaincu d'avoir de la valeur et bien agréable que cette valeur soit reconnue par d'autres. Un point important est que si telle ou telle personne ne nous reconnait pas de valeur, cela ne doit pas remettre en cause notre conviction d'en avoir. Un autre est que nous avons de la valeur pour ce que nous sommes et non pas par ce que nous faisons et avons.

 

Or dans ton message, Linda, je n'ai pas vu de réelle conviction venant de l'intérieur, puisque, même dans le domaine professionnelle, tu écris : "J'ai alors senti que j'avais de la valeur pour mes clients." Ce qui est bien une référence extérieure à soi.

 

Pour "vivre ces moments-là sans souffrance excessive", une bonne part du travail est préventif et consiste à construire une solide estime de soi qui résiste aux aléas extérieurs.

 

Oui, il existe de nombreuses techniques permettant de diminuer la souffrance liée à un traumatisme tel que celui que tu as subi. Personnellement, j'utilise beaucoup de PNL et surtout de Quantum Psychology<sup>®</sup> (cf. stage Eveil) et, de façon plus accessoire, plusieurs autres méthodes. Franchement, avec de telles approches, il faut vraisemblablement entre trois et cinq heures de travail pour "revenir à ton fonctionnement habituel".

 

Linda et Pierrette, il ne s'agit pas de "contrôler" ses émotions : je n'emploie jamais cette expression.

Mais, il n'est pas sain non plus que ce soit nos émotions qui nous contrôlent.

 

Un être humain est constitué de trois centres. Aucun d'entre eux ne doit prendre le contrôle de la personnalité. C'est pourtant ce qui se passe pour chacun d'entre nous au sein de notre ego-type. La différence principale entre être dans son essence et être dans son ego est la faculté d'observation intérieure. Une personne dans son essence a développé son observateur intérieur et ne s'identifie plus à ses pensées, à ses émotions et/ou à ses actions.

 

Quand nous ne nous identifions plus à notre souffrance, nous percevons son intensité réelle qui est toujours inférieure à ce que nous croyions auparavant. Il ne s'agit donc pas de contrôler ou de réprimer les émotions, il s'agit de vivre les vraies émotions et c'est infiniment plus rare qu'on ne le croit.

 

L'observation intérieure n'est ni dissociation, ni répression des émotions. Comme je l'ai dit dans une autre discussion, une personne qui aurait passé sa vie à réprimer ses émotions ou à s'en dissocier doit d'abord s'y reconnecter. C'est l'indispensable stabilisation de l'ego. et aussi un progrès dont il est légitime d'être satisfait et fier. Mais pourtant, ce n'est pas une fin en soi, il importe ensuite (ou parallèlement) de développer notre observateur intérieur pour arriver à l'état essentiel où les émotions sont à la fois (ce qui peut sembler paradoxal tant qu'on ne l'a pas expérimenté) pleinement vécues au niveau du centre émotionnel et observées au niveau de l'observateur intérieur.

 

Bien entendu, on peut transposer les deux paragraphes précédents dans les centres mental et instinctif.

 

Le développement de l'observateur intérieur fait l'objet de nos stages Essence et Eveil et aussi de bien d'autres techniques, comme le yoga ou la médiation.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Bonjour Fabien et vous tous,

 

J'aimerais savoir s'il y a rapprochement possible entre l'observation intérieure et l'histoire de la diligence. Je vais vous expliquer ; les trois instances de l'ennéagramme seraient représentées par :

1) les chevaux = le centre émotionnel,

2) la carriole = le centre instinctif (le corps),

3) le cocher = le centre mental.

 

Les trois centres sont essentiels et doivent se coordonner pour bien se déplacer. C'est alors qu'entre en jeu le personnage principal qui est le voyageur. Ce dernier est le seul à connaître la destination, la mission, la quête spirituelle de ce grand périple. Il ne s'impose jamais aux différents centres. Nous ne pouvons le consulter que consciemment. Il est notre guide pour atteindre notre quête. Sans lui on ne fait que tourner en rond.

 

Que pensez-vous de cette histoire ? Comment pouvons-nous entrer en contact avec ce voyageur ? Est-ce que nos trois centres doivent diminuer leur importance pour s'ouvrir à ce dernier ? La coordination des trois centres est-elle essentielle pour rentrer en contact ?

 

Cordialement, Linda (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Linda et Pierrette,

 

À ma connaissance, la métaphore de la diligence est utilisée habituellement pour décrire de manière imagée la théorie des trois cerveaux de Mac Lean. Patricia et moi avions mentionné le parallèle possible entre Ennéagramme et Mac Lean dans nos divers ouvrages, sans toutefois utiliser cette belle métaphore.

Le rapprochement entre les deux approches est certes intéressant et néanmoins comporte un risque. Dans la théorie de Mac Lean, le complexe R est un cerveau plus primitif que le système limbique, qui à son tour est plus primitif que le néo-cortex. Il serait aisé d'en déduire que tel centre est plus primitif que tel autre, attitude que l'Ennéagramme refuse absolument.

De la même manière, dans la métaphore, il est possible de penser, consciemment ou inconsciemment, que si la carriole perd une roue, le voyageur peut éviter l'ennui en conversant avec le cocher ou poursuivre son voyage en prenant les chevaux. Mais si on réussit à considérer sincèrement, comme tu le dis Linda, que les trois éléments, carriole, chevaux et cocher, sont également indispensables au voyage, alors tout va bien.

 

Une petite précision : le centre instinctif et le corps sont deux choses bien distinctes.

 

Patricia et moi utilisons, dans notre stage Intuition, une autre métaphore. On peut imaginer notre cerveau comme un poste de radio qui capte en même temps six stations : les trois centres de l'ego et les trois centres supérieurs de l'essence. C'est une cacophonie invraisemblable. L'observateur intérieur nous apprend à reconnaître dans ce brouhaha qui dit quoi et, peu à peu, les six stations en deviennent une seule.

Tout cela pour dire, que je ne suis pas certain que le voyageur préexiste au travail de développement psycho-spirituel. Peut-être, considère-t-il que c'est une folie de monter dans une diligence bringuebalante et attend-il qu'elle soit à peu près réparée pour monter…

 

Mais au fond ceci ne change rien aux principes opératoires. Tu as totalement raison, il faut commencer par la "coordination des centres". Cela nécessite simplement de leur donner voix égale, notamment en cessant de s'identifier à notre centre préféré et en consolant et rassurant notre centre réprimé.

 

Très cordialement,

Fabien

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Bonjour Linda et Fabien,

 

Un brin d'humour, Linda. Je relis le titre de cette conversation et il me fait sourire. Je me disais que ce doit être un peu comme après avoir eu un accident de voiture ; il est, semble-t-il, préférable de reprendre le volant le plus tôt possible. :happy:

 

Je ne l'ai pas mis en pratique dans le passé, mais c'est ce que je préconiserais maintenant.

 

Fabien, cet extrait de ton message me rejoint : "L'observation intérieure n'est ni dissociation, ni répression des émotions. Comme je l'ai dit dans une autre discussion, une personne qui aurait passé sa vie à réprimer ses émotions ou à s'en dissocier doit d'abord s'y reconnecter. C'est l'indispensable stabilisation de l'ego. et aussi un progrès dont il est légitime d'être satisfait et fier. Mais pourtant, ce n'est pas une fin en soi, il importe ensuite (ou parallèlement) de développer notre observateur intérieur pour arriver à l'état essentiel où les émotions sont à la fois (ce qui peut sembler paradoxal tant qu'on ne l'a pas expérimenté) pleinement vécues au niveau du centre émotionnel et observées au niveau de l'observateur intérieur."

 

Pierrette

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Salut Pierrette et Fabien,

 

Je trouve vos commentaires très justes. Faut-il par contre une certaine intégration des émotions avant de s'embarquer dans une nouvelle aventure amoureuse ?

 

Si je m'identifie à mon centre préféré, nous parlons du centre mental. Je crois que j'ai besoin de comprendre concrètement les événements et actions précises à entreprendre dans mon quotidien pour rassurer mon centre réprimé. Voici donc quelques éléments que j'ai identifiés pour consolider ce centre émotif, quand pensez-vous ?

 

1) Apprendre à s'aimer soi-même (on ne peut aimer quelqu'un d'autre si on ne s'aime pas. Trouver sa valeur en soi). Aimer = valeur ?

 

2) Faire ses choix en fonction de ce que l'on ressent (intuition, émotion, sentiment, quête profonde).

 

3) Ne plus chercher la reconnaissance des autres.

 

4) Bien identifier ses besoins et rêves.

 

5) Faire valoir ses besoins de manière harmonieuse (non autoritaire ou imposante, ceci par peur de ne pas être écoutée).

 

6) Apprendre à exprimer à soi-même et aux autres ses émotions.

 

Il y a beaucoup d'éléments. Si je développais au départ une seule valeur profonde dans l'ensemble de mon quotidien, cela devrait avoir un impact sur le centre en général. Quand pensez-vous ? L'action à entreprendre serait beaucoup plus facile à opérationnaliser.

 

Pour terminer, j'aimerais vos commentaires sur un écrit d'Arnaud Desjardins : "Tant qu'il y a émotion, la pensée est le produit de cette émotion. C'est donc une pensée coupée du réel. Si nous étions absolument dans la vérité, l'émotion disparaîtrait."

 

Cordialement, Linda (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Linda,

 

L'intégration émotionnelle aide à avoir des relations plus agréables, plus stables et plus durables, surtout si le partenaire est lui-aussi intégré en ce domaine. Mais, je ne pense pas que ce soit une bonne raison pour attendre ! Je crois profondément qu'un amour sincère est une démarche d'intégration en soi, en plus de tous les autres côtés plaisants. Bref, j'adore la métaphore de Pierrette sur l'accident de voiture !

 

Je trouve ton plan en six points remarquable. Et ambitieux. Tu as raison, le plus long chemin n'est qu'une succession de petits pas. Commencer par développer "une seule valeur profonde dans l'ensemble de [ton] quotidien" est donc une excellente idée et sa mise en œuvre aura en fait un impact sur tous les autres points.

Pense aussi à faire l'exercice que nous donnons au 6 et au 4 dans notre stage Centres® : dresse une liste de tes qualités, lis-la régulièrement et complète-la tout aussi régulièrement.

 

Quand à la phrase d'Arnaud Desjardins, je ne sais pas de quel contexte elle est extraite. Telle quelle, isolée, elle est plutôt dangereuse puisqu'elle pourrait pousser à la répression des émotions. Connaissant la qualité d'Arnaud Desjardins, ce n'est sûrement pas ce qu'il veut dire. Je vais hasarder mon interprétation.

 

Un être humain fonctionne sur plusieurs niveaux : vide, corps, ego, essence, Je suis. Ces niveaux constituent une holarchie, c'est-à-dire que chacun d'eux englobe et transcende les précédents. Pour plus de détails, tu peux voir la conversation "Comment savoir si quelqu'un est dans son essence ?" et notamment mon message du 10 septembre 2001.

 

Quand une personne est intégrée (voire éveillée),

- l'ego ressent, dans le centre émotionnel, des émotions, mais ces émotions sont vécues pour ce qu'elles sont et ne sont ni amplifiées, ni réprimées, ni détournées, ni prolongées,

- l'essence ressent, dans le centre émotionnel supérieur, des émotions qui sont de l'ordre de la compassion, l'empathie, la tolérance, l'intérêt désintéressé pour les autres, l'amour du beau,

- les niveaux "Je suis" et "vide" sont, par définition, sans émotion, comme ils sont sans pensée et sans acte.

Son attention est présente à la fois sur le corps et sur ces quatre autres niveaux.

 

L'absence totale d'émotions, à mon avis, n'existe pas : par exemple, une personne éveillée est triste quand ses parents ou son maître meurt. Heureusement ! Simplement, cette émotion n'est pas vécue exactement comme nous la vivons.

 

Voilà ! Arnaud Desjardins faisait-il référence à l'un des niveaux ou à un contexte particulier ?

Il faudrait aussi se demander à qui ce message était adressé. Les maîtres soufis étaient souvent accusés de se contredire, simplement parce qu'ils donnaient à chacun des consignes qui n'étaient destinées qu'à lui. Par exemple, à un 4, on peut dire que les émotions sont sans aucun intérêt et qu'il faut réfléchir, alors qu'on dira à un 5 que la pensée est totalement inutile et que l'émotion est infiniment plus importante. Il n'y a pas contradiction, uniquement du sur-mesure. Si l'enseignement dure longtemps, le maître rétablit l'équilibre ultérieurement. Peut-être sommes-nous, avec cette phrase d'Arnaud Desjardins, dans un tel cas ?

 

Très cordialement,

Fabien

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Bonjour Linda, Fabien,

 

Très intéressant ton outil, Fabien, cette liste de nos qualités. Je vais commencer ma propre liste.

 

Linda, je n'ai pas lu beaucoup au sujet des 6 jusqu'à maintenant, mais ce qui ressort pour moi de plusieurs témoignages et échanges est que ce sont des personnes très déterminées, terre à terre. Cela me donne confiance. Je trouve que c'est un bien beau programme que tu as élaboré.

 

Parlant de liste, j'ai récemment préparé une liste des qualités dont serait doté l'homme de ma vie, dans les grandes lignes, quelque chose qui correspond à mes valeurs, quelque chose de réaliste. Je me suis donné le droit d'être complètement honnête. Je n'ai pas précisé la couleur des yeux et des cheveux, mais l'essence de…

 

Je me rends compte avec du recul que depuis, chaque fois qu'un prétendant au titre s'est manifesté, je suis retournée voir ma liste afin de vérifier s'il correspondait. Je sais que lorsque je suis en manque, il m'arrive de déformer la réalité. :happy: Cette liste est pour moi un point de repère. Fort utile.

 

En écrivant ces mots, je fais spontanément un parallèle avec ta liste, Fabien. J'aurais tendance à croire que les "mauvais jours", je pourrai également aller consulter la liste de "mes" qualités et qu'elle pourrait constituer pour moi un point de repère.

 

Quand j'ai lu le titre de ta discussion, Linda, "6 après un choc relationnel", j'ai souri parce que je me suis dit que jusqu'à maintenant, je crois bien n'avoir vécu que cela, des "chocs relationnels". J'ai envie d'autre chose, moi aussi.

 

Je nous souhaite le meilleur. Tiens-nous au courant de tes progrès !

 

Amicalement,

Pierrette (8)

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Salut Pierrette et Fabien,

 

J'ai adoré vos commentaires et compte mettre mes deux listes en opération. Fabien, je suis en train de lire sur les 5 niveaux. Je vais te commenter à ce sujet sous peu. Pour l'instant, il est trop tard pour avoir les idées claires. Alors à demain !

 

Amicalement, Linda (6)

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Salut Pierrette et Fabien,

 

Je n'ai pas encore pris le temps de faire la liste de ce que je désire chez un homme et de mes qualités personnelles, mais j'y compte bien et en ressens une grand besoin. Je vais vous parler des résultats plus tard.

 

Fabien tu a parlé d'holarchie. J'ai voulu en connaître plus en cherchant dans le dictionnaire. Je n'ai rien trouvé à ce mot. Est-ce qu'on peut comparer cette transcendance à un de mes rêves que j'ai fait ultérieurement ?

 

Voici le contexte. Avant de m'endormir depuis un certain temps, je me demandais continuellement ce qu'était Dieu. En dormant, un soir, j'ai eu la visite de mon père que j'affectionne tout particulièrement et qui est mort depuis plusieurs années. Il m'a pris par la main et nous avons tourné dans un tourbillon vers une lumière de plus en plus intense. La réponse devenait claire. Dieu était ce mouvement et cette énergie. Pour l'atteindre, il fallait vivre chacune de ces spirales qui consistait à une répétition d'évènements déjà vécu mais avec un regard totalement différent (autre point de vue). Que pensez-vous de ce rêve ?

 

Amicalement, Linda (6)

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Bonjour Linda, Fabien,

 

Je viens de chercher le mot "holarchie" dans le dictionnaire. Eh bien, le mien non plus ne contient pas ce mot !

 

Mais d'après ce qu'a dit Fabien, je crois que ce mot signifie que tous les niveaux de l'être humain fonctionnent en même temps, une sorte d'autonomie et d'harmonie. C'est l'impression que j'en ai en relisant ton message, Fabien.

 

Fabien, lorsque tu parles de l'observateur en nous, cela m'a rappelé mes années "drug et rock & roll"… Je me souviens qu'un jour, j'avais absorbé du MDA (un hallucinogène très puissant) et je suis devenue un peu anxieuse d'halluciner à ce point… A un certain moment, une partie de moi (l'observateur… Incroyable !) a pris le relais. Une partie de moi disait aux autres : "Ça va, c'est temporaire, ce n'est pas grave, l'effet va s'atténuer…"

 

J'ai réalisé cela il y a quelques années seulement en étudiant en relation d'aide. Cela m'a réconfortée.

 

Linda, ton rêve est très intéressant. Je crois qu'il t'a donné la réponse "par anticipation" à cette question que tu poses à Fabien. J'ai l'impression que tout se superpose, que sur un autre plan de conscience, tout existe en même temps.

 

Alors, Fabien… Je suis pendue à tes lèvres… Dis vite !!!!!!

 

Amicalement,

Pierrette (8)

 

P.S. : Linda, tu sembles vraiment branchée… :happy: Je suis très touchée par ce rêve, on dirait que ton père te guide.

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Fabien Chabreuil

Bonjour Linda et Pierrette,

 

Vos définitions me paraissent excellentes, à la fois simples et opérationnelles. Je vais toutefois essayer d'être un peu plus précis pour ceux que le sujet intéresse.

 

Le concept d'holarchie a été formulé par Arthur Koestler qui l'a exposé notamment dans son ouvrage "Le cheval dans la locomotive". Plus récemment, il a été précisé par le philosophe américain Ken Wilber, notamment dans "Sex, Ecology, Spirituality : The Spirit of Evolution".

 

Le mot a été créé par opposition au mot hiérarchie.

 

Une hiérarchie est composée de niveaux. Les éléments d'un niveau ont une valeur supérieure à ceux des niveaux situés en-dessous et un rôle dominant par rapport à eux.

 

Une holarchie est composée de holons organisés en niveaux. Un holon est quelque chose qui est un tout à un certain niveau et une partie au niveau situé au-dessus.

 

Chaque niveau d'une holarchie transcende et inclut le(s) niveau(x) précédent(s), c'est-à-dire qu'un holon situé à un niveau préserve les holons des niveaux inférieurs et leur fonction, mais nie le fait qu'ils soient séparés ou isolés.

 

En fait, la réalité est composée d'holarchies et le concept de hiérarchie est une création artificielle de l'esprit humain.

 

Ken Wilber a défini vingt principes régissant le fonctionnement des holons, les deux paragraphes ci-dessus ne décrivant que deux d'entre eux.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Salut Pierrette et Fabien,

 

Fabien, j'aimerai en connaître plus sur les vingt principes décrits par Koestler et Wilber et comment s'emboîtent les niveaux d'évolution que tu as décrit : corps, ego, essence, je suis et le vide.

 

D'autre part, j'ai lu un volume dernièrement sur la quête de sens à la transcendance de soi de Suzanne Hamel. Elle nous parle de quatre qualités essentielles pour atteindre la transcendance. Il s'agit de :

1) le discernement par la perception pénétrante,

2) la volonté créatrice par la présence en soi,

3) le détachement par la perception globale,

4) l'amour/compassion par le dépassement de soi.

 

Elle nous explique aussi deux niveaux de pensée, soient la conscience ordinaire et la conscience non-ordinaire qui est transcendance. Que penses-tu de cette approche ? Y a-t-il parallèle avec les 5 niveaux que tu as décrits antérieurement ?

 

Amicalement, Linda (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Linda et Pierrette,

 

Je ne peux malheureusement pas te lister ici les vingt principes de Ken Wilber. La liste et les explications nécessaires occupent plusieurs dizaines de pages de son livre "Sex, Ecology, Spirituality : The Spirit of Evolution". Je n'ai à la fois pas le temps de les recopier et traduire et, surtout, je n'en ai pas le droit, ce texte étant comme tout livre protégé par un copyright.

Tu peux donc te plonger dans cet ouvrage qui, pour moi, est un des dix livres les plus importants que j'aie jamais lus. Et pourtant, j'en ai lu une certaine quantité… Il vaut mieux savoir avant de s'y mettre qu'il s'agit d'un très gros pavé de lecture ardue. Heureusement, Ken Wilber en a conçu une version abrégée et beaucoup plus accessible sous le titre "A brief story of everything" ("Une brève histoire de tout", titre qui dit bien l'ambition du projet !). Je crois que ce texte a été traduit en langue française aux Éditions Mortagne.

 

Je connais de nom Suzanne Hamel, mais n'ai jamais étudié son travail et ne peux pas dire grand chose du parallélisme éventuel entre ses deux niveaux de pensée et les cinq que je décris. Deux niveaux me semble très peu pour décrire ce qui passe au-delà de la conscience ordinaire et il est probable que ce qu'elle appelle "conscience non-ordinaire" ou "transcendance" soit corresponde à un des niveaux au-delà de l'ego, soit regroupe plusieurs de ces niveaux.

 

J'aime beaucoup par contre cette liste de qualités (et de processus) nécessaires à la transcendance. Merci.

 

Très cordialement,

Fabien

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Salut Pierrette et Fabien,

 

Le titre du livre que tu m'as recommandé "Une brève histoire de tout" est le livre que mon frère m'a remis en cadeau dernièrement. Quelle coïncidence que tu me parles de ce volume ! Y a-t-il des coïncidences dans la vie ? A titre d'information, le livre est bien en français aux éditions de Mortagne. Il me reste juste à le lire.

 

D'un autre côté, si je reviens à ma recherche de l'homme de ma vie ou âme-soeur (voyez-vous l'ouverture, depuis le début), est-ce que je devrais pour faciliter l'intégration de mon centre réprimé aller vers le centre émotionnel ? Je crois qu'instinctivement parlant, on tente de combler nos lacunes et c'est pour cela que j'ai été dans le passé attiré par le 3 (je me sentais en sécurité). C'est sans doute ce dont j'avais besoin à cette période.

 

Maintenant, j'aimerais être avec une personne attentionnée, avoir de l'importance à ses yeux, ceci avec beaucoup de tendresse, d'affection et de douceur. Je me demande ici pourquoi, j'ai tant besoin d'être important (unique). L'amour ammène-t-il les gens à une forme d'unicité, de fusion ? Je suis convaincu de pouvoir trouver ce que je veux si je sais ce que je cherche ? Qu'en pensez-vous ?

 

Amicalement, Linda (6)

 

P.S. : je vous recommande fortement le livre de Suzanne Hamel, Ph. D. "Vivre le meilleur en soi : De la quête de sens à la transcendance de soi". Editons A. Stanké. Collection Partage.

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Fabien Chabreuil

Bonjour Linda,

 

De quel type est ton frère pour te faire des cadeaux aussi sérieux ? En tout cas, il a bien raison. Tu vas, j'espère, te régaler, et il va être obligé de t'offrir les autres bouquins de Wilber !

 

Revenons effectivement au thème de cette discussion. Le thème du type de notre partenaire a été évoqué régulièrement sur ce panneau de message. L'entente entre deux personnes dépend plus du niveau d'intégration des deux partenaires que de leurs types.

 

Ceci dit, tu as raison. Inconsciemment, il nous arrive de choisir un partenaire qui nous complète sur le plan psychologique. Mais ce ne peut pas être le résultat d'une sélection consciente. On ne devient pas amoureux sur commande.

 

Comme toujours, quand on imagine la rencontre de deux types, il y a à la fois des aspects positifs et négatifs. Si ton partenaire préfère le centre émotionnel alors que tu le réprimes, il va peu à peu t'apprendre à développer le contact avec tes émotions et, en même temps, il risque d'attendre de toi une expression émotionnelle que tu auras des difficultés à fournir.

Comme toujours aussi, tolérance, patience et communication sont les piliers de la solution.

 

Très cordialement,

Fabien

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Je crois qu'instinctivement parlant, on tente de combler nos lacunes et c'est pour cela que j'ai été dans le passé attiré par le 3 (je me sentais en sécurité).
Physiologiquement parlant, nous trouvons attirants les membres du sexe opposé qui montre des signes de fertilité, comme la symétrie du visage (qui est symbole de santé), la silhouette, l'odeur, etc, pour augmenter les chances de fécondation. Tout est dirigé, physiologiquement, pour que l'enfant soit fort et en santé.

Psychologiquement, il est fort probable que ce soit de même. Nous cherchons peut-être un partenaire qui sera à même, avec nous, d'offrir le plus à l'enfant, par exemple une représentation des trois centres.

Nous cherchons quelqu'un de physiquement apte à avoir des enfants et peut-être quelqu'un de psychologiquement apte au développement de cet enfant.

Il ne faut pas oublier que l'amour n'existe pas que pour unir deux individus, mais pour mener vers la procréation. C'est un outil de survie pour l'espèce.

Je vous l'accorde, ce n'est pas très romantique comme vision, mais je crois que c'est réaliste.

Philippe
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Salut Philippe, Pierrette, Fabien et vous tous,

 

Pour répondre à ta question Fabien, je ne suis pas sûr du type de mon frère mais il est très profond, enjoué et parfois avec une vision sombre de la société (Tout dans un éternel recommencement. Bref, un peu comme dans le livre d'Asimov avec la psychohistoire. Nous aimons bien parler de ces sujets ensemble.).

 

Si je reviens au thème de la discussion, je crois que nos besoins changent avec les années et que l'attrait pour l'extérieur prend moi d'importance. J'ai déjà des enfants et la phase de fertilité n'est plus mon objectif, de même que l'épanouissement dans ma carrière.

 

Je recherche quelque chose de plus profond en moi. Un voyage dans ce que j'ai de plus beau. J'aimerais découvrir ma créativité dans l'amour, un forme de dépassement de soi. Attention ! Mon mental me rappelle à l'ordre. Je dois être parti dans les nuages. Danger ! Danger ! Que pensez-vous de ma lutte interne ? Comment est-ce que je peux harmoniser ma communication entre mon mental et mon émotionnel ?

 

Amicalement, Linda

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Il est exact, Philippe, que l'instinct de reproduction joue souvent un rôle inconscient dans le choix des partenaires, et ce rôle est plus important que nous aimons à le croire.

Cependant, on ne peut pas réduire l'âme humaine à ce seul aspect. Dans la pyramide des besoins de Maslow, on est là dans les besoins physiologiques, c'est-à-dire tout en bas de la pyramide. Quand ces besoins sont assurés, ils laissent la place à d'autres, comme le note fort bien Linda.

 

Linda, ton émotionnel a bien raison de rêver, et ton mental a bien raison de vouloir analyser les conséquences de la mise en pratique de tes rêves.

Tu peux négocier et discuter avec ton mental comme si c'était une petite personne en toi et lui proposer l'accord suivant :

 

Tu sais qu'il t'avertit des dangers pour te protéger et tu es consciente que c'est une fonction positive et utile dont tu le remercies et dont tu ne veux pas te passer. Tu as aussi besoin et envie de rêver. Donc, il te laisse rêver sans intervenir et en échange, tu t'engages à le consulter avant de passer à l'action et à tenir compte de ses objections.

 

Fais cela dans le calme, par exemple le soir au lit avant de t'endormir. Négocie réellement avec lui jusqu'à ce que tu obtiennes un véritable agrément de sa part. Cela marche ! Dans la suite, si à nouveau il t'interrompait, tu peux lui dire que tu es certaine qu'il n'a pas respecté l'accord pour une bonne raison et lui demander laquelle. Tu reprends alors la négociation sur cette base.

 

Amicalement,

Fabien

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Salut Fabien et vous tous,

 

Merci pour vos bons conseils. J'aimerais vous raconter un autre de mes rêves qui m'a apporté un très grand soulagement face au conflit interne de mon type et la relation entre les deux centres émotionnel et mental. Voici. J'étais sur le sommet d'une très haute montagne en train de prendre un café dans un restaurant. Un dame se présente à moi en me demandant si je peux faire visiter la région à sa fillette. Je ne comprends pas la demande croyant tout voir de là-haut. La dame m'indique qu'il y a de nombreux chemins vers la vallée. Je n'en étais aucunement consciente. Bref, nous partons dans ces sentiers remplis d'épreuves à la Fort Boyard. Rien d'irréalisable jusqu'à une épreuve qui consistait à passer une porte et décoder une message secret avant qu'une vague ne te tue. J'avais donc le choix entre cette épreuve ou l'auberge cinq étoiles à proximité (ambivalence du 6).

 

Après analyse, j'ai compris que mon moi émotionnel était représenté par la fillette qui s'est naturellement précipitée dans le tunnel et a réussi l'épreuve. Mon moi mental allait d'avantage vers l'auberge et a finalement décidé de rejoindre la fillette, car elle en était responsable (sacrifice du 6).

 

Ce qui m'a beaucoup soulagé dans ce rêve, c'est que si je réussissais à intégrer mes deux composantes, je pourrais retrouver le courage, la joie de vivre de l'aventureuse (la fillette) et la sagesse de l'autre qui représente le centre mental (évalue les risques). En guise de conclusion, j'ai compris que la force que je recherchais chez les autres a toujours été en moi. Je n'ai donc plus de besoin de l'autre pour avancer dans la vie. Je sens que le 6 est un peu déchiré entre ces deux centres ; ou cela le paralyse, ou il en réprime un en devenant soit trop aventureux, soit trop peureux. Que pensez-vous de cette analyse ?

 

Amicalement, Linda

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Fabien Chabreuil

Bonjour Linda,

 

Je n'ai pas d'expertise en analyse de rêves ; ce n'est pas mon chemin préféré d'accès à l'inconscient.

J'ai par contre la croyance que la seule personne réellement compétente pour analyser un rêve est celle qui l'a fait. En dehors de symboles universels, les rêves peuvent contenir des allusions symboliques à notre histoire de vie que nous sommes les seuls à pouvoir décoder.

En allant jusqu'au bout de cette logique, je trouve ton analyse excellente.

 

Je suis aussi d'accord avec la conclusion qu'on ne peut pas trouver sa force ailleurs qu'en soi. Si on ne l'a pas trouvé, cela aboutit en couple à des relations dominant-dominé ou de codépendance qui ne sont pas saines et généralement pas stables.

 

"Je sens que le 6 est un peu déchiré entre ces deux centres ; ou cela le paralyse, ou il en réprime un en devenant soit trop aventureux, soit trop peureux." En fonctionnement normal, le 6 préfère le centre mental et je pense qu'il s'appuie sur lui et sur son centre de support. Sous stress, il co-réprime deux centres et on peut imaginer le type de déchirement que tu décris, mental-instinctif pour le 6 alpha et mental-émotionnel pour le 6 mu. A vérifier et à creuser avec d'autres 6. Merci pour cette piste.

 

Très cordialement,

Fabien

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Salut Fabien et vous tous,

 

Plus j'y pense, plus je suis persuadée qu'une grande partie de l'ambivalence du 6 serait ce déchirement entre les deux centres réprimés. Ce serait dynamique d'avoir l'avis d'autres 6 à ce niveau.

 

Aussi, j'aimerais vous faire part d'un moment intense que j'ai vécu au niveau émotionnel aujourd'hui, lors d'une discussion avec une cliente qui me parlait de son vécu. J'ai été profondément touchée par son histoire, au départ qui était d'éduquer seule trois enfants et d'autre part la phrase suivante : "Je ne pensais jamais être capable de rire." À son départ, j'ai tout simplement fondu en sanglots. La porte émotionnelle venait de s'ouvrir. Je me demande si cela me faisait vivre la peur de ne plus jamais être capable d'aimer ou autre chose ?

 

Amicalement, Linda

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Salut,

 

Voici un petit mot pour les 6 : "Ce n'est pas du courage (vertu) s'il n'y a pas de la peur." Que pensez-vous de ce message ?

 

Cordialement, Linda

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Fabien Chabreuil

Bonjour Linda,

 

Ta phrase soulève un point très important en Ennéagramme, souvent peu ou mal expliqué et en conséquence mal compris. C'est un des dadas de Patricia et les idées ci-dessous sont ma retranscription de ses brillantes réflexions sur le couple passion-vertu.

 

La passion se vit dans le centre émotionnel de l'ego et la vertu dans le centre émotionnel supérieur de l'essence. Donc, tant qu'il y a passion, il y a ego.

 

Si un 6 a peur et qu'il surmonte cette peur, Il y a deux cas possibles :

  1. Le danger n'avait pas besoin d'être affronté et sa réaction est contre-phobique, donc égotique.
  2. Le danger avait besoin d'être affronté et à ce moment-là, le fait que le 6 surmonte sa peur est l'expression de son instinct de conservation, donc de son centre instinctif, donc de son ego.

 

J'ajouterai que la plupart des peurs du 6 ne sont pas justifiées et n'ont donc pas à être ressenties. C'est sans doute le principal travail que doit faire le 6 : trier les peurs irréalistes et réalistes. En fait, dans notre style de vie actuel, ces dernières sont très rares.

 

Bien entendu, ceci peut être transposé à tous les types et me semble parfois plus simple à comprendre chez d'autres types. Par exemple, il est facile d'admettre que pour un 1, la patience ne consiste pas à ressentir de la colère, puis à la réprimer et à se comporter patiemment. Ceci, c'est son mécanisme de défense, la formation réactionnelle. La vraie patience est immédiate, sans être précédée par la colère.

 

Très cordialement,

Fabien

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J'ai par contre la croyance que la seule personne réellement compétente pour analyser un rêve est celle qui l'a fait. En dehors de symboles universels, les rêves peuvent contenir des allusions symboliques à notre histoire de vie que nous sommes les seuls à pouvoir décoder.
Enfin quelqu'un qui pense comme moi ! :happy:

Philippe
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Bonjour à tous,

 

J'abonde également dans le sens de Fabien concernant l'interprétation des rêves.

 

Linda, je ne sais pas si tu as fait la liste des qualités de l'homme de ta vie. J'ai assisté à une conférence, récemment, à la fin de laquelle on nous a fait faire une méditation. Il s'agissait d'amener la personne que l'on aime ou que l'on désire aimer devant ses yeux (ou l'essence de la personne, si on n'a personne de précis en tête) et de penser à ce qu'on avait à offrir à cette personne.

 

J'ai apprécié cette façon d'envisager les choses. Voilà la situation retournée comme une crêpe ! Je ne suis plus dans l'attente, mais plutôt concentrée sur ce que j'ai à offrir. Intéressant, n'est-ce pas ? Je vais donc d'ici peu confectionner ma liste des choses que j'ai offrir à un être cher. Cela me donne une sensation de pouvoir.

 

Qu'en dites-vous ?

 

Amicalement.

Pierrette

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Bonjour à tous,

 

Je suis d'accord avec l'ensemble de vos commentaires. Fabien, j'aimerais plus de précision sur le couple passion-vertu. Est-ce que dans l'essence, il y disparition de la passion (peur), la vertu (courage), la fixation (suspicion-doute) et mécanisme de défense (projection) ? Il ne resterait que l'être avec sa confiance en soi qui accepte les événements selon son guide intérieur.

 

D'autre part, je me retrousse les manches et essaie de faire ton exercice, Pierrette. Qu'est-ce que je peux offrir à l'être cher ? Voici : compréhension, écoute… Je m'arrête ici car c'est toujours mon centre mental qui me parle en premier. Je sais maintenant davantage ce que je dois développer. Merci de cette prise de conscience !

 

Petite question en passant : pourquoi ai-je souvent besoin de justifier mes actions ?

 

Amicalement, Linda

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Fabien Chabreuil

Bonjour Linda,

 

Dans l'essence, les compulsion, passion, fixation et mécanisme de défense n'existent pas. Cependant, en vertu du principe de structure holarchique de l'être, essence et ego cohabitent.

Un 6 intégré peut donc dans certaines circonstances avoir peur, mais cette peur :

  • correspond à un danger réel,
  • est acceptée, mais n'est ni prolongée, ni amplifiée, ni étendue à d'autres circonstances, ni projetée,
  • n'est pas l'objet principal de l'attention.

L'ego ressent donc une peur, mais, au sens de l'Ennéagramme, ce n'est plus une passion. Simplement une émotion normale de la vie humaine.

 

Le besoin de justifier ses actions me semble très lié à ton type. Le 6 est un mental, donc pour lui tout peut s'expliquer et se justifier mentalement. De plus, justifier ses actions, c'est montrer qu'elles sont logiques et rationnelles ; dans ce cas, le 6 ne peut pas être accusé de déviance et satisfaire ainsi sa compulsion crée chez lui un sentiment relatif de sécurité.

 

Très amicalement,

Fabien

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Salut à vous tous,

 

Est-ce que ma souffrance vient davantage de ma résistance ? Si je ne sais pas de quoi se nourrit ma souffrance, elle va tout simplement continuer de grandir en moi et je vais devoir la revivre ou plutôt lui faire encore face, vu le monstre qu'elle sera devenue. Qu'est-ce qui nourrit ma souffrance présentement ?

 

Une souffrance antérieure (possiblement actuelle) = indifférence des autres, exclusion.

 

Amicalement, Linda (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Linda,

 

Oui, je crois que plus on résiste à une souffrance, plus elle se renforce et surtout plus son action devient souterraine, difficile à analyser et à corriger. (En tant que 7, je ne te dis pas le temps qu'il m'a fallu pour accepter cela !)

 

Ce n'est qu'en la vivant, en rentrant dans cette souffrance qu'on peut la comprendre et résoudre les problèmes sous-jacents.

 

Mais rentrer dans sa souffrance ne veut pas dire y rester. C'est donc, je crois, une bonne chose que de faire ce travail avec une personne qualifiée ou au minimum d'en avoir une à portée de main en cas de besoin.

 

La peur d'être seul et exclu est effectivement une des peurs fondamentales du 6, mais toi seule peut savoir si tes difficultés actuelles sont de cet ordre.

 

Très amicalement,

Fabien

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