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6 et 3, comment les distinguer ?


Nadine

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Bonjour,

Ma question peut surprendre…

Comment distinguer un 6 et un 3 ? Ca devrait être assez facile…

Mais si le "groupe de loyauté" du 6 en question est son entreprise ou même son métier ? N'aurait-il pas des comportements proches du 3 ?

A quels signes peut-on les identifier sans erreur ?

Merci d'avance,

Nadine (?)

Nadine – E3 alpha X

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Bonjour Nadine,

 

Je n'ai pas l'ambition de répondre exhaustivement à ta question, mais d'apporter une (modeste) contribution à la distinction du 3 et du 6. Voici quelques éléments de réflexions issus d'une situation actuellement vécue.

 

Je suis un 3 mu et travaille depuis deux mois dans une nouvelle équipe, avec un "chef" que je ne connaissais pas auparavant. Après l'avoir considéré comme un 3 dans un premier temps, j'ai changé d'avis depuis lors et pense qu'il pourrait être 6 phobique, je pense 6 mu.

 

Je l'avais identifié comme un 3 dans un premier temps dans la mesure où il me semblait que nous avions un fonctionnement relativement similaire. L'entreprise semblait en effet être le "centre" de sa vie, un peu comme moi, même si je me "soigne". Cependant, après quelques jours, j'ai modifié mon point de vue dans la mesure où il apparaît manifestement que nous avons des modes de fonctionnement différents, particulièrement manifestes sous stress. Deux exemples :

 

- Je ne travaille "bien" que sous niveau de stress intense, quand il y a un document à remettre pour le lendemain que je suis incapable de produire plus tôt, ce qui le perturbe beaucoup, puisque lui, au contraire, a besoin de planifier les choses, d'avoir un avant-projet du document une semaine avant, etc.

 

- Devant un problème inattendu, il a un grand besoin d'analyse et excelle d'ailleurs dans cet exercice. Cette phase d'analyse est souvent chez lui inhibitrice de l'action. Il a besoin de se rassurer auprès de collègues, de supérieurs, d'intervenants extérieurs, etc. C'est une manifestation de la peur de mal faire, même si l'enjeu de la décision à prendre est anecdotique. Pour le 3 que je suis, ceci est frustrant, l'action étant systématiquement différée.

 

Pour schématiser, je le pense plus théoricien, je m'estime plus praticien. Une autre grande différence réside dans la capacité à sortir du cadre de pensée ou d'action établi : le 6 que je côtoie est évidemment loyaliste et répugne à chercher d'autres solutions que celles déjà éprouvées (manifestation de la peur sans doute). A contrario, en tant que 3, je tends plus facilement à "dribbler" l'obstacle, par opportunisme sans doute. Autre différence que je ressens au quotidien : pour le 6, la solution est collective ; pour le 3, elle est individuelle (le 3 lui-même, évidemment). Le 3 peut faire peur en entreprise, ce qui peut aviver des peurs chez le 6.

 

Ces quelques éléments de réflexions mériteraient d'être approfondis, mais m'ont en tout état de cause permis d'analyser plus "à froid" des relations parfois tumultueuses.

 

D'autres éléments de réflexion ou de vécu pourront nourrir la discussion que tu as entamée.

 

A bientôt

Phil (3)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nadine et Phil,

 

Nadine, ta question est bien pertinente.

Tout d'abord dès que deux types sont reliés par une ligne dans l'Ennéagramme, il y a des confusions possibles parce qu'une personne d'un type vit obligatoirement des aspects de l'autre type.

De plus, comme tu le soulignes, l'objet de la loyauté du 6 peut contribuer à bien masquer sa personnalité.

Cette hésitation 6-3 est donc possible et même relativement classique.

 

La réponse de Phil est, ma foi, une bien jolie observation suivie d'une bien belle analyse.

 

Ma mère était une 6, extrêmement active et une vision superficielle dans certains contextes pouvait faire croire qu'elle était 3.

Avec les membres de son groupe, une organisation politique très structurée, elle pouvait être très fortement directive et autoritaire, agressive même. Ceci ne se produisait toutefois qu'à un certain niveau de la structure, le fonctionnement étant loyal, coopératif et non-compétitif aux niveaux supérieurs. Le but de cette attitude était d'amener les gens des niveaux inférieurs à donner le maximum à l'organisation (et non pas à sa réussite personnelle). Le souci d'image n'était pas absent de ce fonctionnement, mais il s'agissait de paraître être le membre idéal de l'organisation au niveau qu'elle estimait être le sien.

En plus de ce que dit Phil, cela peut être un indice visible de l'extérieur. Un exemple intéressant en est donné par le personnage joué par Tom Hanks dans le film de Robert Zemeckis, Seul au monde.

 

De l'intérieur, quand la personne hésite sur son propre type, il faut encore revenir aux bases de l'Ennéagramme, et notamment à la passion et à la fixation. Quelle est la part de la peur ? Et celle du doute de soi et des autres ? En fonctionnement normal, un 3 n'est pas un habitué de ces deux mécanismes.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Bonsoir,

 

Merci pour vos interventions.

 

Les illustrations données par Phil montrent à quel point le 6 est dans le doute face au stress et c'est bien ce qui m'arrive dans ces moments là.

Sous stress "lourd", je commence à paniquer et je deviens incapable de discerner les priorités. Je deviens agressive face à tous ceux qui m'interrompent et m'empêchent d'avancer et je dis des choses désagréables que je regrette ensuite. J'ai parfois le sentiment que mon "mental" s'efface et je me retrouve engluée dans ma crainte de ne pas y arriver avec un mécanisme bizarre qui se met en place, comme une volonté de sabotage. Moi qui d'habitude sais assez bien prioriser, je me retrouve à commencer par le dossier le moins urgent ou à aller dans les détails, là où il faudrait foncer.

Est-ce dû à de la désintégration en 6 ?

 

Autre point qui revient sans cesse dans mes discours quand je n'arrive pas à tout gérer = j'ai l'impression de "trahir" ma parole et les engagements que j'ai pris vis-à-vis de mes collaborateurs en interne. Je ne tiens pas mes délais, donc je suis inefficace, donc je ne suis pas une bonne pro, donc je ne suis rien ; et en plus je mets les autres dans l'embarras.

 

Je perçois du 3 et du 6 dans ces réactions, mais la part du 6 me semble bien forte pour un 3…

 

Nadine

Nadine – E3 alpha X

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Fabien Chabreuil

Bonsoir,

 

Merci pour vos interventions.

 

Les illustrations données par Phil montrent à quel point le 6 est dans le doute face au stress et c'est bien ce qui m'arrive dans ces moments là.

Sous stress "lourd", je commence à paniquer et je deviens incapable de discerner les priorités. Je deviens agressive face à tous ceux qui m'interrompent et m'empêchent d'avancer et je dis des choses désagréables que je regrette ensuite. J'ai parfois le sentiment que mon "mental" s'efface et je me retrouve engluée dans ma crainte de ne pas y arriver avec un mécanisme bizarre qui se met en place, comme une volonté de sabotage. Moi qui d'habitude sais assez bien prioriser, je me retrouve à commencer par le dossier le moins urgent ou à aller dans les détails, là où il faudrait foncer.

Est-ce dû à de la désintégration en 6 ?

 

Autre point qui revient sans cesse dans mes discours quand je n'arrive pas à tout gérer = j'ai l'impression de "trahir" ma parole et les engagements que j'ai pris vis-à-vis de mes collaborateurs en interne. Je ne tiens pas mes délais, donc je suis inefficace, donc je ne suis pas une bonne pro, donc je ne suis rien ; et en plus je mets les autres dans l'embarras.

 

Je perçois du 3 et du 6 dans ces réactions, mais la part du 6 me semble bien forte pour un 3…

 

Nadine

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Bonjour,

 

J'ai eu besoin d'un peu de temps pour répondre. Quelques jours de réflexion et un stage ennéagramme ce week-end m'ont permis de clarifier les choses.

 

Voici mes réponses :

* La part de la peur et du doute de soi et des autres en situation "normale" = elle est normale ! Comme tout le monde j'ai des moments de doute, mais j'ai plutôt confiance en mes capacités à mener un projet à bien et je suis assez confiante envers les gens (je mets de côté le contexte professionnel en disant cela, car je me méfie de certains collègues de travail aux dents un peu trop longues…).

* Je ne cherche généralement pas ce qu'il y a derrière les propos des gens, sauf si la personne a déjà tenté de "m'avoir" et là, je suis sur mes gardes.

* Dans la vie il y a "moi avec les autres", "moi par rapport aux autres". J'existe en fonction d'eux, mais ce qui me pousse à avancer, c'est la volonté d'être moi-même, d'être "Ok" vis à vis de moi.

* Comme Phil, je travaille plutôt bien sous stress (je dirais même que ça me stimule), mais je panique quand il y a trop de choses qui s'empilent et que j'ai l'impression que je ne vais pas y arriver, quels que soient les efforts que je fournirai.

* Je pense aussi que la solution est individuelle avant tout. "On est dans le pétrin, c'est mon affaire, je me débrouille !"

 

En fait, même si le 6 a envahi ma vie en ce moment sous l'effet d'une grosse pression professionnelle, je reste vraiment du côté "émotionnel" du cercle.

 

Merci de votre aide.

 

Nadine (3)

Nadine – E3 alpha X

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