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Auto-analyse d'un 5 mu


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Bonjour,

 

Voilà déjà trois semaines que j'ai suivi le stage Ennéagramme de base ! Je fais donc les premiers pas et me pose l'incontournable question : "être ou ne pas être 5 ?"

Les différents documents consultés sur ce site m'amènent aux commentaires suivants.

 

Selon Helen Palmer, "le 5 se désengage de ses émotions pour observer." C'est par réflexe que je prends du recul sur beaucoup d'événements. Mon processus interne fonctionne alors de la façon suivante : une information, une situation n'est jamais indépendante, elle est le résultat d'interactions avec ou sans relations apparentes avec l'information perçue.

Pour comprendre, je dois donc recoller les morceaux du puzzle. Ainsi, sur le plan comportemental je parle peu de sujets que je connais pas, là où certains sont des champions ! Cette position n'est pas toujours bien perçue par mes interlocuteurs qui y voient un manque de spontanéité, de chaleur ou d'intérêt.

Je suis parfaitement conscient que ce comportement se retourne contre moi. Je fais donc des efforts dans ce sens - Think global, act local.

 

Merci de vos commentaires.

Michel

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Fabien Chabreuil

Bonjour Michel,

 

J'ai eu la tentation de répondre simplement "Oui."

 

"Etre ou ne pas être 5 ?" Je ne sais pas si la question se pose vraiment. Ton message est un concentré de 5 sur le fond comme sur la forme : économie de mots, analyse, abstraction, absence de description d'autre chose que d'un fontionnement mental…

 

Effectivement, le discours du 5 est souvent perçu comme de la froideur là ou le 5 pense qu'il y a de l'honnêteté intellectuelle. Il peut être aidant à ce moment-là de dire ce qui se passe réellement : "Je ne peux rien dire (ou pas en dire plus) sur le sujet parce que je ne le connais pas assez." Cela aide l'interlocuteur du 5 à comprendre et avouer une non-connaissance d'un sujet est pour le 5 un pas vers l'intégration.

Encore faut-il que le 5 ne confonde pas la non-connaissance avec sa passion d'avarice…

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Bonjour Michel, Monique et Sandrine

 

Bienvenue Michel sur le panneau. J'espérais que tu viennes y faire un tour.

 

En tout cas, je trouve impressionnant le style de communication des 5 : quelle concision et précision dans ton message, Michel. A en faire mourir d'envie (!) un 4…

 

Gabriel - 4

Gabriel - Une vision multicolore de la vie - Type 4 alpha, aile 3, C=/- S-/+ X+

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Bonjour Fabien,

Dans un de tes messages du 27 octobre, tu écris que les 5 veulent toujours en savoir plus et plus que les autres.

J'aimerais apporter un éclairage personnel sur ce sujet. Mon enfance a été bien difficile et la cause d'un certain nombre d'errances, de doutes, de recherches de repères sûrs. A un âge où beaucoup d'enfants ne se posaient aucun problème quant à la continuité de leurs études, voire de leur profession, moi je connaissais mes premiers doutes existentiels. Pour me rassurer, mieux maitriser ma destinée, quoi de plus facile que de lire, apprendre, imiter ce que d'autres ont été déjà expérimenté et de rattraper ce que l'on estime avoir perdu en temps et en connaissances !

Pour moi cette boulimie de savoir a cependant ses limites. Je la ressens facilement : les idées se font confuses, je ne sais plus "ranger" mes connaissances nouvellement acquises, je commence à me mettre en "retrait".

Mon remède : je passe du "gavage" d'informations au "sevrage" en passant par l'action, expérimentant (lorsque c'est possible) le fruit de mes lectures. Dans ces périodes j'écoute souvent de la musique classique. Elle m'apporte alors les émotions étouffées (?) durant la période précédente. C'est une période que j'aime bien et qui vient fort heureusement appaiser ma soif de savoir.

Je ressens, je ne cherche plus à savoir.

J'insiste sur le fait que cet équilibre connaissance/émotion m'apparait comme primordial et je serais terriblement frustré si conscient de mes connaissances je ne pouvais plus ressentir quelque émotion.

Est-ce l'aile 4 qui réagit ?

Au plaisir,

Michel

Michel

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Fabien Chabreuil

Bonjour Michel,

 

Merci pour cette belle analyse qui me semble être une description concise et précise de ce que peut être le fonctionnement d'un 5 mu.

 

Un 5 mu a pour hiérarchie des centres :

- Mental (extérieur)

- Instinctif

- Emotionnel

 

Or tu nous décris exactement cela.

 

D'abord la mise en oeuvre du centre mental avec une phase d'acquisition des connaissances que tu décris comme une "boulimie de savoir". Comment en entendant cette expression ne pas penser à la compulsion du 5 d'éviter le vide intérieur.

Tu dis que cette boulimie "a cependant ses limites". Cela me semble normal : la quantité d'informations sur n'importe quel sujet est aujourd'hui quasiment illimitée ; de plus tout le monde a des limites, même dans l'utilisation de son centre préféré et un jour ou l'autre, elles sont atteintes. (Mental moi aussi, je me rappelle encore ma stupeur et ma souffrance la première fois où cela m'est arrivé.)

 

Ensuite, tu sembles mettre en oeuvre le centre instinctif "en passant par l'action, expérimentant (lorsque c'est possible) le fruit de [tes] lectures".

 

Enfin, viennent les émotions. Une phrase me semble significative : "Dans ces périodes j'écoute souvent de la musique classique. Elle m'apporte alors les émotions étouffées (?) durant la période précédente." Le centre émotionnel étant réprimé, tu utilises un déclencheur extérieur, la musique, pour t'"apporter" des émotions.

 

Il n'est donc pas nécessaire dans ce cas d'avoir recours aux ailes. C'est le plus souvent le cas. Tu peux si cela t'intéresse lire les lettres que Paricia et moi avons échangées avec Judith Searle sur ce sujet dans Enneagram Monthly.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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  • 2 weeks later...

Bonjour Fabien,

 

Quelques réflexions sur l'omniscience.

 

Après quoi courons-nous ? L'information ultime, celle qui, en quelle que sorte nous permettrait de maîtriser un champ de connaissance particulier ou bien de passer à l'action, d'imaginer d'autres solutions.

Cultiverions-nous l'omniscience pour ne pas prendre de décisions ?

 

Le besoin d'informations élargies est chez moi l'outil qui me permet d'analyser une situation, de passer du général au particulier et vice et versa, de la recadrer dans son contexte, d'être dissocié pour imaginer des conséquences ou des prolongements éventuels. A ce stade, les praxis m'intéressent plus que les théories. Voulant maîtriser au mieux une activité donnée, le va et vient connaissances-expériences me paraît souvent la condition sine qua non pour passer à l'action en limitant les erreurs. Ce décalage expliquerait-il ma difficulté à exprimer spontanément mes émotions ?

 

Je perçois une autre raison à ma soif de savoir, les 5 voudraient-ils avoir le don d'ubiquité ?

Etre partout en même temps, se mouvoir dans le temps et dans l'espace pour mieux comprendre et observer, un rêve de 5 !!

Regarder, se regarder avec des yeux d'Indien ou d'Esquimau voilà une situation qui va de pair avec ma « quête du savoir » et mon sens de l'observation. Je veux aussi découvrir des sensations nouvelles. Changer de critères de références devient vite un réflexe, son bénéfice : cela permet de trouver des solutions originales souvent inattendues mais pragmatiques.

 

L'omniscience comme prétexte à la non-décision ? Ce n'est pas mon ressenti. J'aime prendre de grandes décisions, elles m'engagent et m'entraînent dans une dynamique consentie et je vis cette tension comme un véritable stimulant.

Deux choses me font prendre des décisions : l'information et l'instinct. L'objectif étant bien clair, je passe rapidement du ce que je sais à ce que je veux.

 

Quant à l'instinct, j'ai remarqué ceci : c'est en cherchant une chose que je trouve la solution d'une autre chose. C'est souvent dans un état d'esprit détaché que je perçois souvent sous forme de flash des réponses à ma préoccupation.

 

Au plaisir,

Michel (5)

Michel

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Fabien Chabreuil

Bonjour Michel,

 

Merci encore une fois pour cette intéressante analyse. Les descriptions des types 5 penchent trop souvent du côté du 5 alpha et il est passionnant qu'une analyse comme la tienne aide à rétablir la balance vers 5 mu. Comme dans ton message du 24 octobre, la hiérarchie des centres est bien visible dans ce dernier texte et bien instructive.

 

Le mot "omniscience" fait partie des quelques termes de l'Ennéagramme qui peuvent prêter à confusion. (Nous préférons malgré tout l'utiliser plutôt que de choisir un mot peut-être plus approprié, mais n'aidant pas à la communication avec la communauté de l'Ennéagramme.)

Dans le champ lexical de l'Ennéagramme, l'omniscience est l'idée supérieure du type, l'expression du centre mental quand le 5 est dans son essence. Elle n'est pas le fantasme du 5 de tout savoir sur tout et d'être un moderne Pic de la Mirandole, qui est un des désirs illusoires de l'ego et dont nous parlons ici, si j'ai bien compris.

 

"Ce décalage expliquerait-il ma difficulté à exprimer spontanément mes émotions ?"

 

La difficulté à exprimer tes émotions vient de la répression du centre émotionnel. Dans l'état actuel de nos réflexions, nous pensons que la répression d'un centre (et donc la détermination de la variante alpha-mu) se fait au tout début de l'existence. Il faut en rechercher l'origine dans l'histoire de ta vie et dans les inévitables traumatismes (légers ou lourds) de la toute petite enfance (voire de la vie intra-utérine).

 

"L'omniscience comme prétexte à la non-décision ?"

 

Tu te réponds : "Ce n'est pas mon ressenti." On a là, je crois, une distinction importante entre 5 alpha et 5 mu. Le centre instinctif en second (et il semble bien développé chez toi) fait que le 5 mu décide plus vite et plus facilement puisque la décision est un préalable indispensable à l'action.

Plus généralement, beaucoup de 5 (qu'ils soient alpha ou mu) n'ont pas l'impression de prendre des décisions. Ils étudient un problème par la logique. Celle-ci dicte le seul choix possible et ce n'est pas une décision au sens habituel du terme qui implique une certaine dose de subjectivité.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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J'entends ci-dessus un découpage possible. Je préfère quand à moi prendre le problème à partir d'un autre angle. Je me réfère facilement à un outil tout à fait remarquable, les méta-programmes et à une conscience spirituelle toujours présente en arrière-toile même si je refuse toute identification à une quelconque religion ou école. C'est pour moi un besoin totalement universel et naturel qui rattache son petit bout de vie si insignifiant à l'échelle planétaire à quelque chose qui va lui donner du sens, et c'est très très personnel. J'en reviens donc à cette soif de connaître ou d'apprendre. Il y a dans ce mouvement un immense élan pour se relier à quelque chose, il y a un rapport presque sensuel au savoir, une joie profonde, cet aspect ne doit pas être occulté. Les anglo-saxons disent "se sentir connecté", j'aime cette expression, elle décrit bien comment le type 5 recherche son identité spirituelle à travers une quête de connaissance. Le côté névrotique n'est qu'un des aspects, je dirais une distorsion. Mais, paradoxalement, les deux aspects toujours cohabitent. La vraie réponse est pour moi dans la recherche d'un meilleur équilibre dans sa vie en général entre pensée/réflexion, affectif et action. Mais pourquoi renier son identité originelle ? Pourquoi jeter le bébé avec l'eau du bain ? Il y a des diamants dans l'amour de la recherche, et aussi une grande souplesse et ouverture d'esprit. Et les grandes blessures d'enfance ne s'effacent pas d'un revers de main. Vivre avec, les intégrer apporte une telle richesse et une telle profondeur qu'on peut presque parler de beauté (l'aile en 4 qui parle, mais pas que). Car le 5 voit une grande beauté dans l'intelligence du mouvement de la vie. J'aime tant l'incroyable sens de l'humour et de l'à-propos de la grande vie…

 

Laurence 5

Laurence Durand – 5 aile 4, Conservation – MBTI : INTP

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Fabien Chabreuil

Bonjour Laurence,

 

Les liens entre Ennéagramme et métaprogrammes PNL ont été abordés, avec une certaine vigueur, dans une autre discussion de ce panneau.

 

Je suis bien évidemment d'accord quand tu dis : "La vraie réponse est pour moi dans la recherche d'un meilleur équilibre dans sa vie en général entre pensée/réflexion, affectif et action."

Le rééquilibrage entre les trois centres est l'objectif de travail pour tous les types depuis les premières descriptions de l'Ennéagramme et aussi dans beaucoup d'autres approches.

 

Je ne comprends pas par contre ce qui t'amène à écrire : "Mais pourquoi renier son identité originelle ? Pourquoi jeter le bébé avec l'eau du bain ?"

Tout d'abord, je n'ai pas l'impression qu'une telle idée ait pu être suggérée quelque part dans cette discussion, ni même ailleurs dans ce panneau.

Ensuite, une telle attitude serait totalement incompatible avec l'Ennéagramme. L'Ennéagramme suggère de chercher à s'intégrer dans son essence. Mais il n'a pas une description unique de ce qu'est l'essence ; il en a une par type, donc dans le respect des particularités et des points positifs de chaque type. Par exemple, un 5 intégré reste un 5 avec son orientation vers la connaissance et la précision et ses capacités particulières liées au centre mental.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Ah ! Je participe à plusieurs forums anglo-saxons, de nombreux auteurs ou enseignants américains se réfèrent encore à la lignée créée par O. Ichazo. Selon cette approche, le type est le reflet de notre "fixation" et l'idéal spirituel à atteindre est un état peu différencié où les caractéristiques des types disparaissent. Je discute souvent avec un californien qui faisait partie du groupe originel à Palo-Alto. D'après lui, Ichazo est de type 9, ce qui expliquerait ce désir de transparence.

Cette idée est aussi forte chez les jésuites…

Laurence Durand – 5 aile 4, Conservation – MBTI : INTP

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Fabien Chabreuil

Bonjour Laurence,

 

Oscar Ichazo est bien de type 9. Son idéal est effectivement assez indifférencié, mais nécessite d'abord de s'intégrer dans son essence, puis de faire le tour des lignes de l'Ennéagramme en remontant les flèches.

C'est plus une utopie qu'un objectif… comme le montre le fait qu'il est le plus souvent relativement aisé d'identifier le type de tel ou tel maître spirituel.

 

Je crois que c'est par contre inexact de prêter aux jésuites le même idéal indifférencié. Pour eux, comme tous les spécialistes de l'Ennéagramme de la tradition catholique, seul Jésus a su cumuler les aspects positifs des neuf types. Des êtres humains ordinaires ne peuvent espérer que s'intégrer dans leur type. (Voir les ouvrages de Rohr et Beesing-Nogosek-O'Leary cité en bibliographie.)

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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  • 2 weeks later...

Quelques mots…

 

Pluies d'automne sur Paris, la nuit est déjà là. Le métro et les bus aspirent, happent les citadins trempés, énervés pour mieux les presser jusqu'à échanger leurs haleines jusqu'à destination. L'ouverture des portes est un signe libératoire accompagné de râlements pour qui descendra le premier. « Les hommes sont comme les pommes, quand on les entasse ça pourrit » Cette phrase d'Auguste Conte s'impose brutalement à moi. Pourquoi les effets d'un groupe sur l'individu peuvent être si bénéfiques mais aussi tellement dévastateurs ? Alors oui, je préfère le retrait à cette vaine confrontation journalière, me dis-je, en vérifiant du bout des doigts la présence de mes tickets de métro dans ma poche.

Je n'ai jamais connu de lieux plus propices à l'échange, aux plaisirs des mots que dans les endroits isolés, là où la nature règne en maître, s'impose à l'homme. Ici, le retrait est pour moi vécu comme cette chance unique de partager, d'échanger ses idées, expériences, émotions sur la vie avec cette recherche inextinguible de fidélité et de véracité. Je préfère l'homme aux hommes.

Ici l'isolation, et non l'isolement, nourrit, facilite la confrontation de ses convictions intimes remodelant une nouvelle fois sa vision du monde.

 

L'idée de retrait implique l'idée de s'éloigner de… mais alors s'éloigner d'un point c'est s'en rapprocher d'un autre. Y aurait-il plus belle invitation au voyage !

 

Plus traître est ce retrait émotionnel, que l'on croit invisible pour les autres, mais qui quelquefois me contraint qu'à ne goûter mes propres émotions qu'avec pudeur par crainte de les trahir pour mieux les savourer ultérieurement. La dissociation est parfois difficile à vivre (même pour un 5 mu !) mais les instants de bonheur resurgissent inaltérés, troublants.

Amitiés

Michel

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Fabien Chabreuil

Oh ! Michel !

Quelle belle phrase que ce "Je préfère l'homme aux hommes." Plutôt l'archétype que la manifestation ! Voilà bien une belle sentence de digne représentant du centre mental !

Très amicalement,
Fabien

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  • 1 month later...

Jardin secret

 

Il y a quelques années à la même époque j'étais en mission aux Terres Australes.

L'heure du repas nous avait rassemblé. Loin de tout, les moments consacrés aux repas avaient un petit côté sacré. La chaleur des lieux et des mets nous faisait oublier le vent, ainsi les visages et les esprits se détendaient. Les expériences personnelles et les dialogues intérieurs étaient alors partagés sans pudeur, ils faisaient d'ailleurs quotidiennement l'objet de commentaires, voire de railleries, de rires et de questions sans réponses.

Chacun avait très vite appris et ressenti qu'ici la solitude est la chose la plus difficile à supporter, elle nous contraint à faire ce que nombre d'entre nous détestons : être en tête-à-tête avec nous-mêmes et qui plus est, au sein d'un milieu restreint. [20 personnes pendant 4 mois sur une île, il s'agit de l'île Crozet pour les connaisseurs !]

Au bout de quelques mois, seuls dans nos chambres, chacun de nous avait essayé de fuir au moins une fois ce « moi » sans en avoir les moyens.

 

En type 5 qui s'ignorait, je peux dire que même si ce type est réputé aimer la solitude, la solitude forcée m'a paradoxalement relié profondément à autrui, du moins son étude des comportements humains.

 

Ainsi attablés à trois, l'un de mes collègues nous conta pour la énième fois un épisode de sa vie. Il s'arrêta brusquement sans raison apparente et comme pour rompre ce silence inattendu et surprenant, son voisin d'en face continua dans le menu détail de narrer ce fragment de vie qui ne lui appartenait pas.

Un deuxième silence se fît, long, très long. Prendre conscience que sa vie intime pouvait être dévoilée et partagée par d'autres lui était devenu subitement insupportable, frustrant. Durant les jours qui suivirent mon camarade apparut tourmenté et taiseux.

 

Les jours passèrent. Les maux de l'âme disparurent.

 

Cette anecdote m'a beaucoup appris : les jardins secrets ont besoin de lumière et certains secrets que l'on y cultivent ont souvent bien moins de valeur que l'on croit.

Accepter le regard de l'autre sur une partie de son intimité a l'immense mérite de remettre en cause ses croyances les plus tenaces même si cela fait mal !

 

Un point reste cependant difficile à déterminer : les limites de son jardin. J'ai maintenant l'impression qu'avec l'expérience le jardin devient un jardinet, ce que je donne a plus d'importance que ce que je garde.

 

Cordialement.

Michel

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  • 3 weeks later...

Fabien,

J'ai récemment visualisé le film Un cœur en hiver avec en main une analyse par l'Ennéagramme des acteurs. Bien que le 5 concerné soit désintégré, j'ai relevé la difficulté que rencontre un 5 dans certaines situations pour répondre à la question : qu'en penses tu ? ou que penses tu de… ? et du silence qui suit, silence souvent incompréhensible de la part des interlocuteurs.

Mon auto-analyse est une première approche où j'ai pris conscience de mon propre fonctionnement au fur et à mesure que j'ai écrit ces mots. Les différents éléments recueillis sont les suivants :

  • Je ne me sens pas obligé d'avoir une opinion sur tout. On ne peut pas tout savoir (c'est un 5 qui le dit !). Je n'aime pas trop répondre d'une façon générale, vague. Etre spécifique - oui - à condition de connaître le sujet. Dans ce dernier cas j'observe que je réponds en posant des questions ouvertes avec un intérêt d'autant plus affirmé que je ne connais pas le sujet. Je prends alors une position d'observateur faisant jouer principalement les submodalités visuelles et kinesthésiques.
  • J'aime bien apporter quelque chose de nouveau par rapport à ce qui a été dit précédemment. Donner un éclairage nouveau pour faire avancer les choses.
  • Mon savoir est rangé un peu comme dans une librairie, par rayons distinctifs. On pourrait ainsi trouver des thèmes tels que l'amitié, la famille, la spiritualité, l'expérience professionnelle, humaine, technique… avec toutes les arborescences voulues. La PNL m'a fait découvrir que j'avais un système d'accès kinesthésique et un système de représentation visuel. J'ai l'impression que ce processus kinesthésique fonctionne en tout ou rien (j'exagère volontairement pour la compréhension) d'où cette difficulté a posteriori de retrouver l'information et/ou l'émotion sous jacente pour répondre à la dite question.
  • Je réalise maintenant que la position dissociée est un frein pour le stockage de cette information.
  • Finalement à la question « Qu'en penses-tu ? », le silence qui suit serait dû pour moi à la mémorisation de la « charge » kinesthésique liée à l'information stockée. Le trop peu de charge expliquerait ainsi la recherche de cette dernière, à l'inverse, trop de charge nécessiterait de ma part un certain temps pour dire ce que je pense (séparer l'information des émotions) sans faire part de mes émotions, en bon 5 observateur.

Quelques secondes de silence pour penser à tout cela, c'est bien peu !

Je suis preneur de conseils pour gagner en spontanéité.

Très amicalement,
Michel (5 mu)

Michel

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Fabien Chabreuil

Bonjour Michel,

 

C'est toujours un plaisir pour moi de lire tes analyses si précises et pertinentes. Je voudrais ajouter quelques réflexions à la fois sur le constat et sur l'objectif.

 

Je crois ou plutôt je sais que notre discours, même anodin, influence notre interlocuteur, le force à penser d'une certaine manière. Quand on maîtrise l'Ennéagramme, on comprend mieux pourquoi, si souvent, des phrases apparemment banales déclenchent des réactions imprévues.

 

Une question toute simple comme "Qu'en penses-tu ?" est intéressante de ce point de vue.

Bien sûr, sa nature même est une demande d'information. Adressée à un 5, elle déclenche presque automatiquement la passion du type, l'avarice. Le silence du 5 qui suit est aussi un temps pris pour savoir s'il va ou non donner l'information.

Le mot "tu" est lui aussi important. Il force l'interlocuteur à se tourner vers l'intérieur de lui-même, à quitter sa position d'observateur du monde. Or on sait qu'un 5 utilise son centre mental vers l'extérieur et manifeste donc l'émotion de base qui lui est lié, la peur, à propos du monde intérieur. C'est exprimé par la compulsion d'évitement du vide intérieur. La question, en forçant un 5 à regarder à l'intérieur de lui-même, déclenche donc cette peur qui peut être encore une autre explication du silence qui suit.

 

Je présume qu'une formulation comme "Qu'existe-t-il comme informations sur tel sujet ?" provoquerait une réaction différente.

 

Quant à l'objectif de "gagner en spontanéité", il a quelque chose de paradoxal. La spontanéité est de l'ordre du lâcher-prise alors que la recherche d'un objectif est plus de l'ordre du contrôle.

En fonction de l'analyse précédente, toute technique qui t'aide à te libérer de la passion de ton type et de sa compulsion aura pour effet secondaire de te faire gagner en spontanéité. Surtout que le 5 mu s'intègre en 7 et la spontanéité, nous savons faire !

Un certain nombre de techniques PNL simples peuvent aussi être aidantes comme l'ancrage de ressources et le swish.

 

Très amicalement,

Fabien (7)

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