Institut Français de

l’ennéagramme

À quoi sert tout le reste...

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Amalgame

 

Moi, je me savais pas

j'ai grandi toute en noeuds, sans rubans

j'ai roulé en boule dans ma gorge, sans dire

j'ai pas poussé, promis, juré

pas dru comme un garçon

et j'ai pleuré.

 

J'ai pleuré comme moi-je,

pas comme Madeleine.

D'abord, j'la connais pas, celle-là.

Mais moi-je savait pas.

 

Moi-je, aimer, sait pas,

embrassé tout à l'heure, veut plus. Déjà.

Moi-je grandi trop vite

ficelle toute en pelote qui s'use dedans, au bord.

Faut pas.

Faut pas se faire remarquer. Moi je sais pas.

Faut pas parler fort.

On a coupé mes tresses à cause des cheveux.

Faut plier sa gorge pour rire, seulement quand c'est le moment

parce que des fois c'est fou, et ça : faut pas.

C'est du sérieux. Ca crampe un peu.

 

Moi-je ma bouche, elle a plein de mots

qui disent des choses et des questions. Faut pas.

 

J'voulais regarder plus haut et j'ai tombé, plus bas

Ca fait un choc et puis un froid, comme un silence.

Forcément, ça jette.

 

Dans le sable, il y a des étoiles

ça, j'le sais, j'en trouve beaucoup.

Forcément… J'les vois.

Et puis, ça console les chandelles qui coulent

et celles qu'on voit.

Même que quand on les voit Y'en a beaucoup.

 

Je serre fort mes yeux et j'en vois plein qui bougent.

Alors je compte mon nez. Y'en a beaucoup aussi.

Et puis, ça change.

 

C'est pas moi le je de l'autre

Mais y faut pas.

C'est pas ma faute. Moi je sais tout.

C'est tout. Mais je sais pas quoi.

C'est rien. Moi-je.

D'abord, faut pas que j'aie l'air de rien.

Alors, moi-je.

 

 

Plurielle

Viviane

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Les Convers de Grandfontaine

 

Au plus loin qu'on puisse remonter, il a suffi de quelques minutes consacrées à l'amour ou dévolues à l'habitude, désir et achèvement, pulsion ou ignorance, de quelques instants d'illusion volés au quotidien, entre grange et étable, de labour en semailles, de moissons en vendanges, d'une saison aux autres. Une attente paisible ou inquiète, quelques cris suivis de l'ultime, le premier, qui annonce. Nul ne sait ce que deviendra ce petit d'homme et de femme, inéluctablement venu, désormais. Encore moins ce qui viendra et ceux qui le suivront, s'il en sera. Vertige de devenir, pour après. Vertige d'advenir, pour avant.

 

Il est venu. Au monde. Sans rien savoir d'avant, ou si peu ; sans rien savoir d'après, sinon les rêves qu'il ose à peine dire, et qui se réalisent ou pas. Microcosme. Il verra le visage de sa mère, son berceau ou le bois de la caisse qui abrite ses premiers sommeils, les murs de la maison, la clôture du jardin, il ira jusqu'aux limites du village puis, un jour, jusqu'à celles des champs de son père. Sans doute ira-t-il au village voisin un jour de foire ou de fête et peut-être même au bourg, en une grande occasion. Plus tard, il se souviendra des anciens, ceux qu'il a connus déjà bien usés et qui sont devenus tellement vieux qu'ils en sont morts.

 

Recommencement.

 

Son père, son grand-père aussi, et peut-être même celui qu'on appelait "l'aïeul", qui réchauffait à longueur de jour sa misère au coin du feu, marmonnant de temps à autre quelque antique vérité et qui hochait la tête, appuyé sur sa canne, lui semblaient être là depuis toujours. Leur enfance ou leur jeunesse ne semblait être que la légende qu'ils racontaient, à la veillée, sans autre existence que celle d'un conte… Les années passant, l'ancien devenait mythe, et sa voix dispersée depuis longtemps, restait comme présente devant les cendres, le banc avait gardé sa trace, signal muet que rien ne s'achève vraiment et que tout continue. Le grand-père à son tour venait là reposer ses douleurs, recommençant l'histoire. Autre mythe. Père à son tour, il ne sait pas encore qu'il sera le mythe des autres, qu'il lui faudra s'user, lui aussi, sur des traces vieillies. Il croit qu'il fera mieux que son père, sur le même sillon ou sur d'autres chemins, sans comprendre qu'il ne s'agit que de son tour, précédant celui de ses fils, et succédant à tant d'autres avant lui. Combien d'autres pour qu'il devienne, ou simplement pour qu'il soit. Combien de voix perdues dans les débris de l'âtre, combien de jeunesses fanées au delà de l'espoir, combien de siècles de labeur avant l'ultime inventaire, combien de guenilles, misérables reliques, ont été vendues pour les messes basses du dernier repos…

 

Depuis si longtemps déjà les fleurs se sont flétries, et leur tombe même n'est plus. Nul ne se souvient d'eux, au village, fut-ce de leur nom.

Viviane

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Pères…

Mes pères !

Patriarches disparus, étiez-vous au moins tendres en vos coeurs ici-bas comme vous l’êtes pour le mien désormais ?

 

Tous ces enfants engendrés, ces petits depuis si longtemps grandis et qui, vieillards chenus, s’en sont allés, ont-ils senti vos mains puissantes entourant leurs épaules encore frêles ?

Ont-ils entendu vos voix confiantes leur disant « tu peux aller tranquille, nous t’attendons, ta place restera chaude à la maison » ?

 

Ces sillons si longuement tracés, dans la terre palpée, soupesée, au moment choisi pour chaque geste pleinement accompli, à l’écoute du vent et des orages, étaient-ils, quand la saison décline, la seule fierté de vos regards ?

 

Avez-vous au moins pris le temps de connaître et d’aimer les fruits de vos semences ? Avez-vous vraiment oeuvré pour la seule pérennité de vos entreprises, l’indispensable survie ? Les frugales nourritures du corps pour les gens et les bêtes laissaient-elles seulement un peu de temps et d’âme à la bienveillance et au bonheur ?

 

Quand les muscles trop souvent tendus se nouaient sous la peau, que le dos peu à peu courbé sous les charges et les soucis ne se redressait plus, était-il assez de paix ? Restait-il un peu de douceur à vos mains meurtries ?

 

Les prairies ne résonnent plus des rires de vos jeunesses oubliées et vos tombes disparues resteront à jamais muettes.

 

De vous j’ai pris racine, mes branches en sont issues et mes bourgeons peuvent éclore.

 

Ma tendresse fervente vous fait renaître au bout des âges. Vous êtes miens. J’inventerai vos songes et vos chagrins, à l’écoute de vos alliances et des échos lointains. Les loques désabusées d’antiques lessives feront jaillir les sources vives des fontaines abandonnées. Leur bruissement limpide chantera aux mains de vos compagnes et me dira vos secrets.

Viviane

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Eh bé les 4…

 

Attention : on va épuiser les autres avec nos émotions…(lol) Et je ne vous ai pas encore envoyé les miens…

Gabriel - Une vision multicolore de la vie - Type 4 alpha, aile 3, C=/- S-/+ X+

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Bien contente de te lire à nouveau Gabriel… et enchantée de ce que tu racontes de l'ouverture au dialogue, cet été.

 

J'trouve pas que ça épuise… les émotions quand elles sont dites, dépliées, aérées…

Ce qui tue, c'est de les squeezer… Enfin, c'est mon point de vue.

 

Alors au risque de terroriser notre amie Nicole, bienvenue à tes échantillons… Si tu veux…

En plus, elle a bien raison de souligner que quand le "danger" est circonscrit grâce à un chapitre bien séparé, on reste libre de l'approcher à notre heure… (Cool, Nicole, je taquine…)

 

A tout bientôt, donc…

Viviane

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Na !… Le coeur, ça se protège ! sinon, on ne sait plus où donner de la tête !

Nicole

Nicole – E6

Fabien Chabreuil
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Bonjour à tous,

 

Le but de l'Ennéagramme est de faire fonctionner les trois centres de manière équilibrée. Quand nous sur-utilisons un centre, nous ne pouvons le faire qu'au détriment des deux autres. Quand nous réprimons un centre, nous perdons une partie de ce qui fait un être humain complet.

 

Contrairement à ce qu'on pense souvent avant de connaître l'Ennéagramme ou quand on débute, notre centre préféré n'est pas un centre fonctionnant bien. Il est sur-utilisé, trop et de manière ou à des moments inappropriés.

 

Vous avez donc raison tous les deux, Viviane et Gabriel. Les émotions artificiellement retenues épuisent et les émotions artificiellement amplifiées épuisent aussi.

 

Très cordialement,

Fabien

  • 4 years later...
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Dans ce cas, ne devrait-on pas utiliser plutôt le terme 'Centre privilégié', ou 'favorisé', voire 'surexploité' plutôt que 'préféré' ?

"Quand tu te lèves le matin, remercie pour la lumière du jour, pour ta vie et ta force.

Remercie pour la nourriture et le bonheur de vivre.

Si tu ne vois pas de raison de remercier, la faute repose en toi-même."

Tecumseh - Chef shawnee

Fabien Chabreuil
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Bonjour Cafcas,

 

Aucun mot ne peut résumer parfaitement un concept ; il est juste un raccourci pour évoquer ce concept. Alors utilisons les mots couramment employés puisqu'il n'ont pour vocation que de faciliter les échanges. Un autre mot pourrait lui aussi être contesté. Tout le petit monde de l'Ennéagramme utilise l'expression "centre préféré", alors faisons de même.

 

Très cordialement,

Fabien

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