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l’ennéagramme

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Le 5 peut-il aussi agir comme un caméléon ?


Patrick

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Bonjour,

J'écris ce message à propos d'une possible manifestation d'ennéatype qui me trotte dans la tête depuis quelque temps.

 

L'orientation du 5 est la connaissance et la précision. Je pense avoir récemment compris quelque chose à ce sujet que je n'avais pas compris jusqu'ici. Je vous soumets cette analyse, telle que j'ai pu finir par l'écrire, et je suis preneur de vos retours.

Étant enfant, j'ai toujours eu l'impression que le monde autour était un peu bizarre, que j'étais en décalage, et que le comprendre était la bonne approche pour pouvoir y “être” sans trop me faire remarquer. Je ne sais pas exactement quand s'est développé ce qui suit, mais je sais que cela fait assez longtemps, cela remonte à au moins 16 ou 17 ans en arrière.

Une façon que j'ai intuitivement développée pour pouvoir sembler être fonctionnel c'est de “copier” le comportement de l'autre. J'ai développé des automatismes comme montrer de l'enthousiasme face à un 7 lorsqu'il est présent, montrer de l'intérêt pour telle ou telle chose lorsqu'une autre personne présente en manifeste, rire sur une mauvaise blague que je ne comprenais pas alors que cela faisait rire l'autre, etc. Il s'agit de jouer le jeu de l'autre personne afin de passer comme normal. Cela peut aussi être de l'ordre émotionnel (par copie “non authentique”), mais cela a rarement été de l'ordre instinctif (trop difficile d'accepter d'aller courir avec quelqu'un, ou quelque chose dans ce genre).

En ennéagramme, on dit que le type 3 est le transformiste ou caméléon. Si je ne me trompe pas, cela lui permet de s'ajuster à la hauteur de son interlocuteur et vivre un succès plutôt qu'un échec, la passion de mensonge lui faisant “croire” en son personnage sur l'instant, le tout étant basé sur une problématique d'image de soi.

Ce n'est pas cela que je constate. Bien avant de découvrir l'ennéagramme, j'avais constaté cet effet (celui décrit deux paragraphes ci-dessus et non celui décrit dans le paragraphe ci-dessus), et j'avais comparé ça à un effet “caméléon” (le même mot utilisé pour l'ennéatype 3). Il s'agit d'un petit ajustement, et non d'une transformation, je ne deviens clairement pas quelqu'un d'autre et je ne “crois” pas en ce jeu-là sur l'instant. Il s'agit plus d'une sorte d'approbation et qui n'est pas de l'ordre de la politesse (bien que cela arrive parfois).

 

Bien qu'il soit automatique, il n'y a pas identification, mais une forme de peur de fond d'être dysfonctionnel, à cause du fait de ne pas comprendre la situation : lorsque la copie apparaît, il y a bien la peur en dessous. Et quoi de mieux que, faute de comprendre, faire comme l'autre afin de sonner à peu près juste ? Et ce d'autant plus que l'avarice contribuant à stopper l'émission de ma propre opinion, cela semble du coup plus naturel d'émettre en miroir l'opinion ou le comportement de l'autre. La répression de l'Instinctif doit aider à entrer dans ce jeu-là en évitant des conflits potentiels d'une part, et en ayant la certitude de ne pas pouvoir avoir d'impact sur le monde d'autre part.
Même si cela peut sembler paradoxal, je l'ai observé récemment en action, et d'une part il s'agit bien d'un automatisme, et d'autre part il n'y a pas mensonge (je ne crois pas sur l'instant à ce que je vis) mais peur de ne pas comprendre comment je suis censé être. C'est difficile à décrire, mais il y a bien un “automatisme de comprendre”.

Conséquence directe : j'ai souvent eu une sorte d'inquiétude à ce que je ne puisse pas “ajuster” en présence de plusieurs personnes ou en présence de personnes provenant de différents “groupes” : j'y vois là une forme de compartimentalisation qui permet d'être fonctionnel en proposant l'ajustement de comportement adapté à telle ou telle personne, et ce d'autant plus que ce découpage de personnes en compartiments me semble aussi naturel même lorsque je n'ai pas à m'adapter. Quoi de plus anti-naturel chez moi que de faire rencontrer deux personnes que je connais et provenant d'horizons différents !

J'ai mis quelque temps avant d'écrire ce message, je voulais être sûr de ce que je raconte, mais je pense qu'il y a bel et bien un comportement de type “caméléon” sur la manifestation de cet ennéatype 5, mais il n'est pas lié à une transformation en laquelle je crois, mais à une peur d'être dysfonctionnel dans un monde non compréhensible sur l'instant.

Je ne sais pas s'il s'agit d'un insight sur ce que signifie “connaissance” dans l'orientation du type. Mais si tel est le cas, alors il s'agit d'une orientation très automatisée et pas forcément corrélée à la connaissance comme on l'entend habituellement : l'automatisme fait aborder une situation banale sous l'effet très inconscient de “il faut comprendre” plutôt que sous un quelconque autre angle (vivre, être, ressentir, impacter).

Je ne sais pas si cela fait sens ou pas, peut-être que cela parle à d'autres ennéatypes aussi via d'autres motivations, mais je suis preneur de feed-back. :happy: Et ce d'autant plus si je fais fausse route dans la compréhension de l'orientation du type.

Amicalement,
Patrick

Patrick, 5 alpha, C+ S= X-/=

Aile principale : 4

Aile secondaire : 6

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Patrick pour ce témoignage et l'analyse que tu en fais. Le titre et le texte insistent à juste titre sur la différence entre ton expérience et celle d'un 3 : "agir comme un caméléon" est une chose, "être un caméléon" en est une autre.

 

Dans ce sens, nous agissons tous comme des caméléons. Le rôle de l'imitation dans l'apprentissage est crucial et est incroyablement développé chez l'être humain (alors qu'elle est très faible chez les grands singes malgré leur réputation). Même un nouveau-né commence à imiter des comportement simples : par exemple il tire la langue face à un adulte qui fait de même. À partir de l'âge de neuf mois, un bébé commence à utiliser l'imitation pour acquérir de nouvelles compétences. À un an, il commence à imiter de manière rationnelle, c'est-à-dire qu'il prend en compte la situation et décide ou non d'imiter. À dix-huit mois, l'imitation est une des principales activités d'un bébé et une source de jeu.

 

Ensuite, il se passe quelque chose d'intéressant. Inconsciemment l'enfant comprend le rôle social et de transmission culturelle de l'imitation. À deux ans, il se met à imiter des comportements non optimaux ce qu'il n'aurait pas fait un an auparavant. Imiter l'autre personne permet de créer un lien avec elle (cf. "Synchronisation" sur le blog), et c'est plus important que de réaliser une tâche de la façon la plus efficace possible.

 

Derrière tout cela se profilent les neurones miroirs qui s'activent à la fois quand nous observons une tâche et quand nous l'exécutons. Ainsi observer un comportement active des mécanismes cérébraux qui nous permettront de les reproduire. Les neurones miroirs jouent un rôle majeur dans l'apprentissage, mais aussi dans le développement de l'empathie et dans la construction par un individu de ce que les cognitivistes appellent une théorie de l'esprit.

 

Venons-en à l'ennéatype 5. Je croirais volontiers que si on cherchait des manifestations cérébrales des types, il y aurait parmi celles des 5 une problèmatique à l'utilisation des neurones miroirs (je l'avais évoqué dans ce message de la discussion "Les types et les fêtes (de fin d'année et autres)"), non pas pour l'apprentissage en général mais pour l'élaboration d'une théorie de l'esprit. Il est d'ailleurs significatif que tu décrives tes comportements de caméléon dans le domaine du 5 (cf. stage Ailes).

 

C'est dire que ton témoignage ne m'étonne pas vraiment. Il arrive souvent en coaching que des 5 demandent à Patricia comment se comporter dans tel ou tel contexte social, ce qui est une attitude assez proche de la tienne. La théorie de l'esprit qui n'a pas été suffisamment construite dans les premières années de la vie peut ainsi l'être un peu plus tard. Je ne serais donc pas non plus surpris si d'autres 5 avaient fait de même, la question étant de savoir s'ils en sont conscients ou non.

 

Très amicalement,

Fabien

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Bonjour Fabien,

Passionnant ! Mais ta réponse est destinée à un 5… Pour un pauvre 6 moins doué pour l'abstraction, pourrais-tu expliciter la phrase "À deux ans, il se met à imiter des comportements non optimaux ce qu'il n'aurait pas fait un an auparavant" ?

 

Très amicalement,

Wallace

Wallace - 6 aile 7

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Fabien Chabreuil

Bonjour Fabien,

"Pourrais-tu expliciter la phrase 'À deux ans, il se met à imiter des comportements non optimaux ce qu'il n'aurait pas fait un an auparavant' ?"
Oui.

Très amicalement,
Fabien

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Fabien Chabreuil

Rebonjour,

 

Pardonne-moi, Wallace, cette blague sur la communication à la 5.

 

Prenons une boîte contenant une friandise et qui ne s'ouvre qu'en utilisant un accessoire. Mettons un bébé de un an puis un bébé de deux ans en situation de voir un adulte ouvrir la boîte avec l'accessoire. Les deux bébés imitent l'adulte et utilisent l'accessoire pour ouvrir la boîte.

 

Prenons maintenant une autre boîte qui s'ouvre facilement en utilisant ses mains et contenant aussi une friandise. Quel que soit son âge, un bébé seul l'ouvre… avec ses mains. Trop fort le gone ! Maintenant mettons-le en présence d'un adulte qu'il voit ouvrir la boîte en utilisant un accessoire inutile. Puis redonnons-lui la boîte en ayant remis une friandise à l'intérieur :

  • À un an, l'enfant ouvre la boîte avec ses mains.
  • À deux ans, l'enfant imite l'adulte utilise l'accessoire inutile pour ouvrir la boîte.

Très amicalement,

Fabien

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Bonjour Patrick, bonjour à tous,

 

Merci pour ton analyse qui me questionne, car j'avais en tête que l'imitation était un des mécanismes d'apprentissage commun à tous les êtres humains, aussi je n'aurais pas pensé à chercher un lien avec les caractéristiques de chaque ennéatype. Ton message ouvre donc de nouvelles perspectives !

 

En tant que 9 mu, je me retrouve dans bien des points de ton témoignage. Auprès des personnes que je fréquente régulièrement, je me surprends parfois à reprendre certains de leurs gestes, de leurs intonations de voix, et même de leurs tics de langage. J'ai enrichi au fur et à mesure ma bibliothèque d'expressions et d'attitudes de communication en imitant ces personnes. Pour certaines d'entre elles, je ne les utilise que face à la personne concernée, pour d'autres, je les adopte définitivement et je peux les réutiliser dans d'autres circonstances. Je crois que celles que je réutilise sont celles qui sont les plus compatibles avec mon ego, qui me permettent d'exprimer mon orientation ou de satisfaire ma compulsion. Par exemple, l'expression "Ça me va très bien" pour dire "D'accord" qu'employait dix fois par jour un de mes profs de physique est rentrée très vite dans mon vocabulaire car cela renforçait l'approbation que je donnais à une personne, et me semblait de nature à mieux fusionner avec elle. Par contre, l'expression "Ça flingue énormément" utilisée aussi fréquemment par le même prof pour décrire l'effet d'un exercice difficile sur un panel d'élèves, je lui ai laissé. Il m'arrive de la dire, uniquement auprès de personnes qui sont capables de comprendre la référence, et pour cela je joue le rôle de ce prof en imitant aussi la voix et l'attitude corporelle : de cette manière je mets cette expression à distance et je montre bien que je l'attribue toujours à son auteur.

 

La stratégie du caméléon est aussi un vecteur d'intégration sociale. Oui, moi aussi, il m'arrive de rire à une blague que je n'ai pas comprise, m'intéresser à des sujets qui ne m'intéressent pas vraiment, juste pour m'adapter à l'autre ou aux autres. Ce processus est sur le coup totalement automatique, il m'arrive malgré tout d'en prendre conscience quand cela m'engage trop loin. Une connaissance qui s'intéressait beaucoup aux musiques "alternatives" avec un esprit très "underground" m'avait proposé de venir à un concert de ce type ; j'ai été obligé, très mal à l'aise, de lui dire non, car je n'avais vraiment aucune envie de perdre une soirée à une chose qui m'ennuyait au plus haut point. De plus, je sentais confusément qu'en acceptant, je risquais de m'enferrer de plus en plus dans ce mensonge, et on finirait bien par voir que je ne suis pas à ma place. Dans ce cas, l'envie de fusionner avec l'autre, de partager quelque chose avec lui, m'avait mis face à un conflit interne qui risquait de se voir. Et le processus d'identification trouve alors sa limite.

 

Je souligne quand même que dans mon cas, la différence entre "agir comme un caméléon" et "être un caméléon" est moins nette (peut-être un effet de ma désintégration externe en 3). Je n'ai pas immédiatement cette prise de conscience d'imiter l'autre, et je remarque que j'agis de cette manière le plus souvent quand mon ego est très présent. J'éprouve de la paresse à savoir vraiment ce que je veux, et donc le plus simple me semble de faire comme l'autre : je suis en roue libre, je ne réfléchis quasiment pas à ce que je dis, mais je trouve toujours la réponse qui saura convenir à mon interlocuteur. Le problème, c'est que ça ne mène pas très loin car l'autre parle tout seul. À un moment, la conversation s'arrête car je ne donne rien de moi, je n'exprime pas d'avis personnel. Je trouve ça très frustrant mais je dois bien reconnaître que j'en suis largement responsable… :sarcastic:

 

Un mot enfin sur ce que je perçois du comportement des 5 que je connais. J'ai dans mon entourage proche un 5 alpha et un 5 mu, et de l'extérieur, j'ai bien du mal à voir cet effet caméléon. Il se peut fort bien que, comme j'ai moi-même cette tendance, ce soit moi qui m'adapte à eux (la discussion devient très mentale en moins de 5 minutes) mais je pense aussi que les efforts d'adaptation, certainement importants du point de vue du 5, paraissent inaperçus de l'extérieur. Mon 5 alpha me demandait il y a quelques mois, alors qu'il arrivait pour me rendre visite pour un week-end : "Et toi, alors, ça va ?" Déjà, j'ai senti tout le malaise et l'effort que cela représentait pour lui de prononcer cette phrase, mais il n'a pas tenu longtemps. Trente secondes plus tard, il embrayait sur un de ses sujets de prédilection, bien mental, qui l'a fait parler pendant un bon quart d'heure.

 

Bien amicalement,

Tristan

Tristan (91 mu, C=/-, S++/-, X-/+)

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Bonjour,

@Fabien :

Merci pour tes précisions, je ne connaissais pas la théorie de l'esprit. Il y a donc des études plus poussées sur le sujet de l'imitation qui est universelle chez l'Homme. Je note donc à bien faire attention à ne pas trop l'assimiler à l'ennéatype.

Il arrive souvent en coaching que des 5 demandent à Patricia comment se comporter dans tel ou tel contexte social.

Et c'est exactement ce qui se passe chez moi et que j'ai dû décrire une fois ou deux dans certains de mes messages précédents. Je ne compte pas le nombre de fois où je me pose cette question dans des situations banales.

Un exemple récent : je suis à un repas de famille. Comme d'habitude, je suis assis, je ne parle pas, j'écoute une discussion puis j'en écoute une autre selon l'intérêt et la lassitude du moment, ou alors je pars dans ma tête (mais ce dernier cas est hors du propos actuel). Et j'ai presque toujours du mal à "y être" comme les autres savent si bien le faire. Et là, bien souvent, je me dis des choses qui pourraient ressembler à ça : "Tiens, ma tante vient de rigoler et a enchaîné avec telle banalité conviviale. Mais qu'est-ce qui a bien pu se passer chez elle pour pouvoir réagir comme ça ? Comment elle a choisi de réagir ainsi plutôt que d'une autre façon ? Et si elle avait dit ceci directement à moi, j'aurais dû réagir comment moi ? En enchaînant avec une autre ? etc." Je dois avouer que le mode "observateur détaché" est bien présent dans ces moments-là, avec donc la fixation de détachement.

Et pour l'anecdote, non, je ne m'ennuie pas, j'apprécie beaucoup ces moments de famille ! Je suis même déçu quand je dois en rater. Je sais que je perds du temps, mais j'apprécie quand même. Je pense tout de même avoir eu un VIOLET bien installé étant plus jeune, cela doit aider.

@Tristan :

À noter aussi qu'on doit partager une certaine forme d'automatisme avec la répression de l'instinctif (9 et 5 alpha). Je pense notamment à l'effet roue libre que tu décris et que je reconnais lorsque l'instinctif "disparaît", encore que certaines formes de fort détachement pourraient peut-être le justifier aussi.

J'ai dans mon entourage proche un 5 alpha et un 5 mu, et de l'extérieur, j'ai bien du mal à voir cet effet caméléon.

Là, je ne peux parler que pour moi, mais lorsque je suis dans ce genre de situation caméléon, je sais que je suis conscient des petites réactions de l'autre à mesure que la situation progresse, et de manière automatique j'"adapte" plus finement. Je ne sais pas si cela se voit de l'extérieur par contre. De l'intérieur, c'est comme si je suis sur mes gardes, la situation doit être "comprise" pour pouvoir fournir la bonne réaction, la plus précise possible, pour pouvoir fonctionner au mieux. Là, il n'y a pas d'effet roue libre mais plutôt un état où le mental tourne fort pour fournir la bonne dose de réaction à la situation. Je ne sais pas si le besoin d'isolation survient souvent après ça (besoin d'une situation maîtrisée, c'est-à-dire seul !), je sais que c'est déjà arrivé, mais je n'ai pas assez observé pour en être sûr.

Mon 5 alpha me demandait il y a quelques mois, alors qu'il arrivait pour me rendre visite pour un week-end : "Et toi, alors, ça va ?" Déjà, j'ai senti tout le malaise et l'effort que cela représentait pour lui de prononcer cette phrase.

Et ceci résume bien tout ce que j'ai écrit jusque-là, je me vois presque dans la même situation, où je me dirais que "ça va" doit bien être la bonne chose à demander !

Il n'a pas tenu longtemps. Trente secondes plus tard, il embrayait sur un de ses sujets de prédilection, bien mental, qui l'a fait parler pendant un bon quart d'heure.

Oui, ça c'est un vrai problème dont je suis conscient. Cela demande un réel effort de ne pas embrayer.

Pour reprendre l'exemple du repas de famille ci-dessus, à un moment après le repas un cousin est venu à côté de moi pour prendre des nouvelles. Il m'a demandé ce que j'apprenais en ce moment (maintenant que je suis sensibilisé à l'ennéagramme, je me rends mieux compte de l'image donnée par un 5 dans cette approche alors que je ne l'aurais pas remarqué avant). J'ai embrayé sur le fait que j'avais fait un stage chez Fabien et Patricia. Et il a eu le "malheur" de me demander ce que c'était. :winl: Et là, la seule façon que j'ai trouvé pour communiquer, c'est de faire un "traité" sur l'ennéagramme alors qu'il venait prendre des nouvelles. Je pense que j'ai dû lui parler en quasi monologue pendant au moins trois quarts d'heure (et à la fin il me dit qu'il est un 1 au passage !).

Le pire, c'est que je sais bien que ce n'est pas la bonne solution, y compris sur le moment où je m'en rends compte par bribes, mais y a que ça qui peut sortir. En quelque sorte, j'ai quand même pu lui faire une discussion adaptée, mais après, dans ma tête, alors qu'il était parti, pas sur le coup (et donc il n'a jamais eu cette discussion adaptée que j'ai en plus appréciée). J'y vois là la forme d'avarice de soi.

PS : à la relecture, ce message semble assez sombre, mais je dois préciser que j'y ai décrit des situations où la compulsion est forte. Ce n'est pas tout le temps ainsi heureusement.

Patrick, 5 alpha, C+ S= X-/=

Aile principale : 4

Aile secondaire : 6

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Bonjour à tous,

 

Merci Patrick, Tristan et Fabien pour vos témoignages aidants. :thumb_up:

 

Une façon que j'ai intuitivement développée pour pouvoir sembler être fonctionnel, c'est de "copier" le comportement de l'autre.

Concernant mon cas personnel, je cherche aussi le bon comportement en interaction sociale. Je ne l'ai pas trouvé. Il m'arrive de "copier" le comportement de l'autre pour me synchroniser sur lui (cf. la définition de la synchronisation dans le message de Fabien). Mais cette copie ne répond pas à ma question : "Quel est le bon comportement, là, maintenant ?" Le bon comportement n'est pas forcément celui qui me donnera la reconnaissance sociale. Contrairement aux 5 sociables que je connais, la reconnaissance sociale n'est pas une préoccupation majeure pour moi. Une conséquence de mon interrogation sur le bon comportement — interrogation sans réponse — est un manque de spontanéité chez moi. :mouais: C'est un handicap. J'aimerais en savoir plus sur mon fonctionnement. :perplexe: Je vais mieux m'observer. Je vous tiendrai au courant du résultat de mes observations.

 

J'observe les 5 sociables que je connais. Ils rient très facilement en écho à une personne joviale. Chez trois d'entre eux — deux ont des responsabilités humaines —, leur rire a un côté automatique. Ainsi, un jour, mon chef 5 poursuivit son rire automatique alors que la personne, une 7 mu joviale, s'était mise brutalement à évoquer un événement affligeant, mais toujours avec son peps habituel. Il se trouve que mon chef ne l'avait pas écoutée. En effet, à ce moment-là, il était détaché : il vivait trop d'émotions avec cette 7, ça le dérangeait. Je côtoyais ce chef depuis quinze ans : il essayait de ne pas paraître détaché, tout en l'étant. En l'occurrence, il a cru — inconsciemment — qu'en présence de cette 7, passer en mode "rire automatique" lui permettrait de masquer son détachement, donc sa peur de ses émotions. Ce masque, il le portait probablement à cause de ses responsabilités humaines, tout comme l'autre chef, 5 mu. Pourquoi l'ai-je remarqué ? Parce que je suis, moi aussi, très préoccupé par la recherche du bon comportement en interaction sociale. C'est d'ailleurs conforme au domaine de préoccupation du 5 que Fabien a mentionnné ci-dessus. En tout cas, je constate un très large éventail de stratégies sociales chez les 5, allant de celle de mon oncle ermite 5 alpha, ayant rompu toute relation autre qu'épistolaire (il a refusé que quiconque lui rende visite, mais il écrit très souvent) à celle d'un chef 5 mu très sociable (très sociable par rapport à moi ! :laugh:). Serait-il intéressant de les recenser ?

 

Je ne sais pas s'il s'agit d'un insight sur ce que signifie "connaissance" dans l'orientation du type. Mais si tel est le cas, alors il s'agit d'une orientation très automatisée et pas forcément corrélée à la connaissance comme on l'entend habituellement : l'automatisme fait aborder une situation banale sous l'effet très inconscient de "il faut comprendre" plutôt que sous un quelconque autre angle (vivre, être, ressentir, impacter).

Oui, je suis d'accord avec ta deuxième phrase, Patrick. J'ai témoigné sur ce "il faut comprendre" dans ce message de la conversation "L'avarice". Dans la même conversation, il y a aussi ce message de Claire et la synthèse que Jérôme a fait des contributions des 5 : il y a résumé nos difficultés à "savoir adopter l'attitude adaptée à la situation".

 

Une interaction sociale… J'ai peur. Que va-t-il se passer ? Au lieu de reconnaître ma peur, je cherche LE bon comportement. :help: Pour le trouver, je filtre égotiquement mon attention. Je ne le trouve pas, ce bon comportement. J'ai peur. J'enclenche mes mécanismes égotiques. Détaché et avare, je ne trouve toujours pas ce bon comportement. La peur est toujours là. :sick: Je ne l'ai toujours pas reconnue. Comme je ne l'ai pas reconnue, lors de la prochaine interaction sociale, elle s'installera chez moi comme si elle était chez elle (ah, la peur des intrusions !) et continuera à y vivre sa vie sans moi. Au lieu de la reconnaître, je chercherai le bon comportement. Etc. Et ça tourne en rond comme une mécanique. Une mécanique familière.

 

Amicalement, :bye:

Yves

Yves (E5 alpha, ailes 4 et 6, C- S= X-/+)
"Attendre d'en savoir assez pour agir en toute lumière, c'est se condamner à l'inaction." (Jean Rostand)

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Quelle intéressante conversation !

J'y reconnais ma fille aînée, 5, probablement mu, mais je ne peux évidemment observer ses interrogations intérieures. Elle sort très peu, et semble plus à l'aise dans les contextes sociaux, le lycée par exemple. Je sais par contre que ses grandes difficultés qui l'ont conduite plus jeune à une grave phobie sociale et scolaire venaient justement d'une incapacité à imiter et à adopter les comportements sociaux. Jamais à l'aise, toujours en décalage (ajoutez à cela un très haut QI), elle avait fini par s'isoler totalement. Je vais aborder le sujet avec elle à un moment où je la sentirai disponible.

Je ne suis pas 5, mais je partage avec vous tout de même cette difficulté et ces interrogations permanentes : "Quel est le bon comportement ? La bonne chose à dire ? Avec lui je dois m'exprimer comment ? Et dans ce contexte, est-ce que je peux ? Est-ce que je dois ?" J'y vois une combinaison de mon sous-type social en S-- à ce moment-là, de ma false core, et des mécanismes de mon aile 5. Avec pour conséquences une grande perte de spontanéité, un côté gauche et/ou apprêté. L'introjection fait que je prépare dans ma tête ces rencontres sociales avant, et que je les refais et/ou revis dans ma tête, après !

Quand l'envie est forte, c'est plutôt l'aile 3 qui est présente et le mécanisme de fusion de mon type de désintégration, le 2. Il y a alors mensonge et moins de conscience de jouer un rôle.

Un déficit des neurones miroir pourrait-il rentrer en compte également dans la false core du 4 ?

Merci à vous pour ces partages !

E4 α, ailes 5 et 3, C-/=, S-/=, X+/-

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  • 3 months later...

Bonjour à tous,

 

Je me retrouve très bien dans les descriptions que Yves fait des 5 "sociables" :

Contrairement aux 5 sociables que je connais, la reconnaissance sociale n'est pas une préoccupation majeure pour moi. […]

Ils rient très facilement en écho à une personne joviale. […] Leur rire a un côté automatique.

Peut-être des indicateurs d'un sous-type S+ chez moi ? C'est intéressant parce qu'à ce jour, j'ai plutôt identifié ceci avec des 5 alpha que je connais, alors que ce n'est pas présent chez les 5 mu que je connais. Ton témoignage semble donc plus aller dans le sens du S+ que de la variante alpha/mu (puisque tu es alpha), mais les deux peuvent peut-être se renforcer ou s'atténuer ?

Patrick, 5 alpha, C+ S= X-/=

Aile principale : 4

Aile secondaire : 6

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

La sociabilité est un comportement qui fait intervenir de nombreux paramètres en plus de l'ennéatype : extraversion sur l'échelle du MBTI, dominance de vMèmes froids, etc.

 

Pour en revenir à l'ennéagramme, les 5 "sociables" que j'ai rencontrés sont plus souvent de variante mu. C'est au fond assez logique. Avec l'émotionnel en second, le 5 alpha est plus émotif, donc plus sujet à être perturbé par les émotions lors d'interactions sociales et à se livrer alors à l'isolement et à son mécanisme de défense d'isolation.

 

Quant au sous-type social, il ne provoque pas forcément plus de sociabilité. On peut imaginer un 5 social appartenant à un seul groupe se consacrant à des activités intellectuelles pointues sans jamais explorer les autres dimensions d'une vie en groupe.

 

Très amicalement,

Fabien

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