Institut Français de

l’ennéagramme

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L'avarice


Claire5

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Bonjour,

J'aimerais aborder le cœur du problème des 5, l'avarice. Je vous donne ce que j'ai trouvé chez moi.

Avarice d'informations importantes
J'ai déjà évoqué la peur que j'avais à écrire sur ce forum. Cela me fait penser que de toute ma scolarité, je n'ai jamais participé en classe. Je rationalisais en me disant que ce n'était pas la peine de me fatiguer puisqu'il y avait d'autres personnes pour répondre. Le problème, c'est quand la maîtresse ou le prof posait une question dont j'étais la seule à connaître la réponse. Mon excuse ne tenait plus. Et là, j'étais prise d'une peur que je ne pouvais pas éviter puisqu'elle se manifestait pas une accélération cardiaque très forte. Du coup je ne répondais pas.

Avarice d'informations futiles
Je me rends compte depuis peu que même dans une conversation "futile", je suis avare. Car il y a beaucoup de choses qui me passe par la tête et que je ne dis pas. Je rationalise en me disant : "À quoi bon ? C'est sans intérêt."
L'autre jour, j'ai essayé de dire toutes ces choses. C'était un effort, et ça m'a fait un peu peur car pendant un instant, je montrais qui j'étais vraiment. Mais après c'était beaucoup mieux car j'étais plus impliquée dans la conversation.

Hostilité face à ceux qui essaye de me prendre une information de force

  • L'autre jour, un prof a commencé son cours en disant : "Je ne veux pas faire un cours magistral, je veux que ce soit interactif, je veux que vous participiez." Je me suis automatiquement braquée. Je déteste quand un prof dit ça. Le pire, c'est que comme j'avais un comportement un peu hostile, il a fait exprès de me poser une question ! J'avais envie de lui dire : "Punaise, mais si je connaissais la réponse, je ne viendrais pas à ton cours de mer**."
  • On est parfois obligé de rendre une feuille avec des questions que je juge débiles sur le travail en groupe. Bizarrement, je perds toujours cette feuille. Du coup je prends un vieux papier et je gribouille des réponses. Je leur rends un truc dégueulasse, mais ils ne peuvent pas me reprocher de ne pas avoir répondu.
  • Mon père a toujours eu un comportement envahissant, et j'ai tout fait pour me venger. J'avais essayé de tenir un maximum de jours sans lui adresser la parole.
  • Mon frère a toujours essayé de rentrer dans ma chambre quand on était petit. Je n'ai jamais été aussi violente physiquement avec une personne qu'avec lui.

Patricia m'a dit que les 5 progressaient vraiment le jour où ils prenaient conscience de la peur du vide intérieur. Je commence tout juste à percevoir la peur qui se cache derrière ces comportements. Mais Fabien, tu pourras dire à Patricia que j'y travaille:sarcastic:

E5 alpha, C= S-/+ X-/+

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Fabien Chabreuil

Bonjour Claire,

 

Merci pour ce témoignage.

 

"J'aimerais aborder le cœur du problème des 5, l'avarice. Je vous donne ce que j'ai trouvé chez moi."

Je ne devrais peut-être pas répondre pour que cela reste un don gratuit !

 

Dans une autre conversation, tu parles de la difficulté à pratiquer les techniques du stage Éveil. Ton message décrit plusieurs transes facilement identifiables.

 

"Fabien, tu pourras dire à Patricia que j'y travaille."

Quoi, tu veux m'obliger à prononcer le mot travail ! :sarcastic: Bon, je vais faire l'effort, mais c'est vraiment parce que c'est toi.

 

Très amicalement,

Fabien

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  • 3 months later...

Bonjour à tous,

 

Je profite de ce message de Claire5 pour apporter mes propres témoignages sur l'avarice.

 

Jusqu'à présent, je m'étais toujours dit que cela n'était pas nécessaire, puisqu'il s'agissait des bases et que cela devait être évident pour tout le monde. Bel exemple d'avarice, non ? Des questions qu'on m'a posées récemment m'ont montré que j'avais tort.

 

Je peux ramener les manifestations d'avarice à quatre catégories, que je classerai par ordre d'importance (chez moi en tout cas). Je n'invente pas grand-chose, chacune de ces formes a été évoquée lors des stages, ou sur le site.

  1. L'avarice au sens restreint du terme, c'est à dire purement financière. On peut toujours trouver quelques actes manqués, mais dans l'ensemble ça ne m'a jamais posé problème. Au contraire, j'ai tendance à ne pas faire assez attention. Je connais d'autres 5 qui se moquent de l'argent autant que moi : c'est pour nous une valeur très relative. En revanche, plus jeune, j'ai côtoyé un 5 d'une avarice légendaire : le genre de gars qui, lors d'une sortie, sachant que vous n'aviez pas de monnaie sur vous, pouvait s'attabler pour commander un repas et vous laisser le regarder, sans penser un instant à partager (alors qu'il nous devait de l'argent, le bougre). J'ose espérer que c'est assez rare.
  2. En un sens un peu plus large, l'avarice qui concerne divers biens matériels. Je me suis bien amélioré, mais ça n'a pas toujours été rose, surtout pendant mon enfance et mon adolescence. J'ai longtemps été soucieux de ne pas terminer certains aliments jusqu'aux prochaines courses hebdomadaires. Non seulement il m'était impossible de finir un pot de Nutella, une tablette de chocolat ou un paquet de céréales, mais j'engueulais celui qui le faisait. J'aurais souhaité que le pot en question m'appartienne, pour pouvoir en disposer à ma guise. Je ne compte pas le nombre de fois où cette parcimonie, cette obsession de l'économie, ont abouti à un simple gâchis, la date de péremption étant finalement dépassée. Sans parler des conflits que cela pouvait engendrer avec mon entourage.
  3. L'avarice d'informations. Là aussi, ça va quand même mieux. D'ailleurs je n'ai que rarement été conscient de cette forme d'avarice. Il n'empêche que je me souviens bien du moment où, adolescent, j'ai décidé de ne plus parler de moi, de ne plus dire « je » (pour reprendre le thème d'un autre sujet). Ce n'est que très récemment que je me suis rendu compte que répondre quand on me demandait à quelle heure je comptais rentrer n'était pas une intrusion dans mon intimité, mais une simple forme de politesse.
    De même, j'ai toujours eu une écriture illisible. J'ai fait de la rééducation en écriture il y a quelques années, et j'en ai maintenant deux : celle qui me sert pour communiquer, et celle que j'utilise pour mes brouillons, notes, etc., que je continue à rendre la plus indéchiffrable possible. Pendant longtemps, j'avais le réflexe de mettre ma main devant mes notes en cours, comme pour les cacher.
    Comme beaucoup de gens, j'utilise les post-it pour me souvenir de choses à faire. Sauf que je ne voudrais pas que quelqu'un puisse les lire, j'emploie donc des codes indéchiffrables (jusqu'à supprimer les voyelles comme on le fait en hébreu).
    En revanche, puisque quelqu'un s'en étonnait récemment, j'aime beaucoup prêter des livres. Je suis bien content de trouver quelqu'un qui en partage le goût.
  4. L'avarice de soi, autrement dit de son temps, de son énergie, de sa présence. C'est le point qui demeure le plus éreintant. La répression du centre instinctif n'arrange pas les choses. Il m'est encore difficile de sortir de chez moi sans avoir l'impression de perdre mon temps (alors que j'en perdrais encore plus chez moi). Il me faut une motivation (aller acheter un livre, aller à un stage). Je ne sais pas si le temps, c'est de l'argent, mais, en tout cas, c'est de l'info. Un déplacement, surtout s'il me met en présence des autres, est toujours vécu comme une source de fatigue, d'ennui potentiel (alors que je ne m'ennuie pas quand je suis tout seul), une perte de temps.

Bonne journée.

Théo 5 alpha, aile en 4, C= S+/-- X++

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Bonjour,

"Jusqu'à présent, je m'étais toujours dit que cela n'était pas nécessaire, puisqu'il s'agissait des bases et que cela devait être évident pour tout le monde. Bel exemple d'avarice, non ? Des questions qu'on m'a posées récemment m'ont montré que j'avais tort."
Je pense aussi que c'est la base et que c'est justement le plus important. Ce n'est pas du tout évident pour moi de trouver l'avarice dans mes comportements, alors que je sais théoriquement qu'elle doit être là tous les jours.

Ton message va me permettre de faire quelques ajouts. Au passage, moi aussi je fais parfois des listes de choses que je dois faire, et je les rends volontairement incompréhensibles dans l'hypothèse où quelqu'un tomberait dessus.

Je prête aussi pas mal de livres, mais je pense que j'arrive là aussi à faire de l'avarice. En fait, je compartimente. Je prête les livres sur un sujet à une personne en particulier que ça intéresse. J'ai mes grands domaines d'intérêt (ennéagramme, écologie, alpinisme…) et des personnes différentes avec qui je peux en parler. Mais je n'aime pas que ça se recoupe. Par exemple j'ai remarqué qu'il y avait beaucoup de livres dans ma bibliothèque qui étaient mal positionnés, et de la sorte on ne pouvait pas voir le titre. L'autre jour, une amie a commencé à regarder les livres que j'avais dans ma bibliothèque, et j'ai senti un petite pointe d'inquiétude.

D'ailleurs depuis que je suis en train d'écrire ce message, il y a quatre personnes (je suis dans mon école) qui sont passés voir ce que je faisais. J'ai l'onglet "Facebook" ouvert et je bascule dessus dès qu'ils approchent. Il y en a même un qui s'est approché un peu trop près pour regarder, j'ai pris l'écran et je l'ai fait tourner pour qu'il ne regarde pas. Je ne vais pas me mettre à expliquer ce que je fais, et ce qu'est l'ennéagramme à n'importe qui.

Sur l'avarice matérielle, j'ai une petite anecdote qui m'a fait prendre conscience que j'en faisais aussi. J'habite dans une résidence où tous les studios sont strictement identiques. Un jour, je me suis rendu dans celui d'une fille de ma promo qui est sûrement de type 8 et/ou de sous-type conservation. Ca n'avait rien à voir avec le mien.  :surprised: Elle avait une quantité d'affaires que je n'avais pas : un four, un micro-ondes, une imprimante, une immense commode, etc. Et ses murs étaient tapissés de photos. Quand je suis revenu dans le mien, quasiment vide, avec les murs tout blancs et le strict nécessaire, j'ai compris mon avarice. (Et depuis j'ai mis des photos au mur et j'ai acheté deux ou trois trucs supplémentaires.)

Voilà mes infos pour aujourd'hui.
Bonne soirée.

E5 alpha, C= S-/+ X-/+

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Fabien Chabreuil

Bonjour Claire,

"Je pense aussi que c'est la base et que c'est justement le plus important."
Oui, ce sont les mécanismes fondamentaux de l'ego. La plupart des autres sont secondaires et ne sont que la conséquence de ceux-là. Travailler sur eux ne fait donc pas vraiment progresser, puisque la cause reste là. On est comme face à l'Hydre de Lerne dont les têtes repoussent dès que coupées. L'ego peut utiliser les mécanismes secondaires pour détourner l'attention des principaux…

"Et depuis j'ai mis des photos au mur et j'ai acheté deux ou trois trucs supplémentaires."
:thumb_up: Auto-observation au quotidien, puis action en douceur. Superbe !

Très amicalement,
Fabien

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Bonjour Claire, bonjour Théo,

 

Merci pour ces informations :perplexe: qui m'apportent un éclairage bienvenu sur mes propres mécanismes d'aile.

Je posterai peut-être à ce sujet quand j'aurai assez de temps pour écrire un long message, et dans le sous-panneau des 6 (je dois bien y avoir une conversation d'aile… au moins…)

 

:perplexe:

Bénédicte

Bénédicte (6 alpha, aile 5, C++ S+/- X--)
Dubito, ergo sum (Je doute, donc je suis)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Bénédicte,

 

Dans un même message un :perplexe: et un brin d'avarice ("Je posterai peut-être") ! Tu entraînes tes ailes ? :perplexe:

 

Dès que tu auras posté — ne donne pas un mauvaix exemple à nos amis 5 ! —, je rajouterai un lien dans ce message.

 

Très amicalement,

Fabien

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  • 1 year later...

Bonjour à tous,

 

Il y a deux semaines, j'ai vécu un épisode de désintégration important que j'aimerais analyser ici. Je ne me sens pas capable de vous expliquer « l'incident » qui a déclenché la désintégration, désolée. Mais le fait est que je me suis sentie subitement oubliée et rejetée.

 

Sur le coup, j'étais en public et j'ai fait une énorme rétention de l'émotion car je ne voulais absolument pas que ça se voit. Je me suis détachée et dès que j'ai pu, je suis partie. Je suis rentrée chez moi et je me suis enfermée dans ma chambre (j'ai envie de dire : comme au bon vieux temps).

 

Voici la liste des choses qui me caractérisaient à ce moment-là et qui je pense apparaissent lors de toutes mes désintégrations :

  • Je mentalisais au maximum. Ca carburait à 200 % dans ma tête. Surtout des réflexions et des analyses de « l'épisode » avec l'Ennéagramme.
  • Je n'avais plus envie de rien. Rien ne m'enthousiasmait. Aucun « projet » ne pouvait me remonter le moral (même des choses qui d'habitude me rendent joyeuse).
  • Je n'avais envie de voir personne. C'était vendredi soir, j'ai reçu deux textos d'invitations à sortir que j'ai refusées. De toutes façon je n'aurais rien eu à leur dire, en tout cas rien de drôle.
  • J'avais le sentiments que les autres ne m'aimaient pas, m'en voulaient et me fuyaient. J'avais le sentiment de faire beaucoup pour les autres et de ne rien avoir en retour. Je détestais tous le monde.
  • J'étais fatiguée, je suis restée des heures allongées dans mon lit. Je crois que j'avais dépensé énormément d'énergie à « bloquer » mon émotion négative lorsqu'elle s'était présentée en public. Je n'avais pas le courage de me faire à manger, ni de ranger tout ce qui trainait.

Mais surtout :

  • J'étais persuadé que l'état dans lequel j'étais était définitif. Comme si j'allais rester toute ma vie comme ça. La notion de desespérance liée à la répression de l'instinctif était très présente.
  • J'étais dans l'incapacité totale d'exprimer mon mal-être. Ce qui me renvoie à la notion d'avarice. J'avais de la haine contre les autres, et leur parler de mon ressenti m'aurait obligé à démolir ma fierté de « je sais, je comprends, j'en ai rien à faire de vous, je vous emm**** »

Cela a duré le vendredi soir de 16h à 22h et le lendemain matin où je n'avais pas envie de me lever. Puis j'ai finis par me dire : « Il faut que je sorte de cette m****. Je ne vais pas rester tout le week-end comme ça. » Et là, j'ai eu une sorte d'éclair de lucidité. J'ai su qu'il fallait que je parle à ma colocatrice (qui au départ est une très bonne amie) de ce que j'avais vécu le vendredi soir. J'ai tout de suite pensé que ça allait être impossible. Mais j'ai quand même essayé, et cela a été un vrai effort. Et ensuite il s'est passé un truc (je me doutais que ça allait faire ça, mais ca m'a quand même étonnée) : tout d'un coup, j'allais mieux. J'ai pu poursuivre un week-end normal (j'ai eu encore du ressentiment les jours suivant, mais le gros du problème était passé).

 

Bref tout ça pour dire que cet événement m'a permis de comprendre que l'avarice est bien une fausse solution. J'ai fait un gros exercice en parlant de ce que j'avais vécu et je pense que ce sera beaucoup plus facile les prochaines fois.

 

Au départ je voulais parler des autres manifestations de ma passion que j'avais repéré et des "tests de comportements différents" que j'avais réalisés, mais celle-ci est la plus récente et, je crois, la plus importante.

 

Très amicalement,

Claire

E5 alpha, C= S-/+ X-/+

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Fabien Chabreuil

Bonjour Claire,

 

Merci pour cette belle analyse. Comme tu le sais, je me désintègre en 5, c'est dire que je connais, je comprends et je compatis.

 

Très amicalement,

Fabien

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Bonjour,

 

Merci beaucoup pour ce témoignage. Je pourrais (hélas) le reprendre presque mot pour mot, notamment cette phrase qui me semble une phrase clé : "J'avais le sentiment de faire beaucoup pour les autres et de ne rien avoir en retour."

J'ai moi aussi constaté que le fait de trouver au moins une personne de confiance à qui se confier pouvait être essentiel, voire urgent dans ces moments de "désespérance". C'est quelque chose que nous répugnons à faire spontanément, mais il nous faut parfois nous y résoudre.

 

Bonne journée,

Théo

Théo 5 alpha, aile en 4, C= S+/-- X++

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Bonjour Claire,

 

Je suis 6 alpha aile 5, j'ai donc la même hiérarchie des centres et quelques mécanismes en commun avec toi, mais pas toujours le même ordre de priorités.

 

Voici les parallèles et différences entre ton témoignage et ce que je peux ressentir dans des circonstances semblables.

 

"Je mentalisais au maximum. Ca carburait à 200 % dans ma tête. Surtout, des réflexions et des analyses de « l'épisode » avec l'Ennéagramme."

Je pourrais écrire la même chose (même centre préféré), sauf si le stress s'avère suffisant chez moi pour déclencher la répression du mental.

 

"Je n'avais plus envie de rien. Rien ne m'enthousiasmait. Aucun « projet » ne pouvait me remonter le moral (même des choses qui,d'habitude me rendent joyeuse)."

Je pourrais écrire la même chose, et là pas de "sauf si" (même centre réprimé).

 

"Je n'avais envie de voir personne. C'était vendredi soir, j'ai reçu deux textos d'invitations à sortir que j'ai refusées. De toutes façon je n'aurais rien eu à leur dire, en tout cas rien de drôle."

C'est ce que je ressens si mon aile 5 est active (et avec les mêmes arguments). En d'autres circonstances, les aspects 6 pourraient l'emporter et me donner au contraire envie de voir des gens, à condition que cela ne demande pas beaucoup de travail à l'instinctif réprimé, et à condition aussi que je sois quasi-assurée du bon accueil de "mes proches".

 

"J'avais le sentiments que les autres ne m'aimaient pas, m'en voulaient et me fuyaient. J'avais le sentiment de faire beaucoup pour les autres et de ne rien avoir en retour. Je détestais tous le monde."

Oui pour la première phase. Pas toujours pour la seconde (je peux avoir le sentiment que je n'en ai pas assez fait ou que j'ai mal fait. Ici le 6 l'emporte sur le 5). La toute dernière phrase ne fait pas trop sens… mais peut-être ai-je amnésié ou projeté ce genre d'émotion peu acceptable. Mais dans ces circonstances c'est moi que je déteste le plus (cf. remarque plus loin sur la direction de l'émotionnel).

 

"J'étais fatiguée, je suis restée des heures allongées dans mon lit. Je crois que j'avais dépensé énormément d'énergie à « bloquer » mon émotion négative lorsqu'elle s'était présentée en public. Je n'avais pas le courage de me faire à manger, ni de ranger tout ce qui trainait."

Je pourrais dire texto la première et la dernière phrase (instinctif réprimé). La seconde fait moins sens car si je peux être amenée à bloquer l'expression d'une émotion (facteur de déviance par exemple) ou peut-être à retarder le "traitement interne" d'une émotion trop intense ou incompréhensible (j'éprouve dans ces cas le besoin de me trouver dans un milieu très protégé, du genre : mon appart-ma chambre-mon lit-sous la couette (4 couches !)), l'émotion elle-même est peu problématique (en soi).

 

"J'étais persuadé que l'état dans lequel j'étais était définitif. Comme si j'allais rester toute ma vie comme ça. La notion de desespérance liée à la répression de l'instinctif était très présente."

C'était probablement vrai quant j'étais plus jeune, mais je suis maintenant habituée à ces fluctuations émotionnelles. Je peux donc me baser sur l'expérience et dire que cela ne devrait pas durer.

 

"J'étais dans l'incapacité totale d'exprimer mon mal-être. Ce qui me renvoie à la notion d'avarice. J'avais de la haine contre les autres, et leur parler de mon ressenti m'aurait obligé à démolir ma fierté de « je sais, je comprends, j'en ai rien à faire de vous, je vous emm**** »"

Cette partie est le point de divergence le plus manifeste. Si les protections appropriées (mentionnées plus haut) sont assurées, trouver quelqu'un à qui exprimer son mal-être est une démarche naturelle pour un 6 alpha (et peut-être certains 6 mu d'ailleurs).

 

Je pense qu'une partie des différences s'expliquent, en plus des priorités respectives des composantes 5 et 6 de l'ego (passion, fixation, compulsion), par le fait que le 5 est orienté vers l'extérieur et a plus de mal à se connecter aux aspects intérieurs de l'émotionnel en support, ce qui est un peu plus facile pour le 6 qui est bidirectionnel en ce domaine (sauf problème éventuel si l'émotion en question est un facteur de déviance).

 

Très cordialement,

Bénédicte

Bénédicte (6 alpha, aile 5, C++ S+/- X--)
Dubito, ergo sum (Je doute, donc je suis)

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Bonjour Théo,
 

Notamment cette phrase qui me semble une phrase clé : "J'avais le sentiment de faire beaucoup pour les autres et de ne rien avoir en retour."

Eh oui, ça peut paraître paradoxal étant donné la passion d'avarice. Mais comme l'explique l'article "Le type 5 et l'utilisation extérieure du centre mental, nous sommes orientés vers l'extérieur. Pour moi, ça veut dire que j'attache beaucoup d'importance aux demandes des autres et que mon mental essaye avant tout d'anticiper leurs réactions et de prévoir les risques qu'ils me rejettent.

Par exemple, l'autre jour, un gars du boulot rentre dans mon bureau et commence à me dire : "Claire, je ne voudrais pas me mêler de ce qui ne me regarde pas mais (…)." Là, je me suis mise à avoir peur et à me demander ce qu'il pouvait bien me reprocher : mon travail ? Mon attitude ? Le comportement que j'ai eu avec telle personne ? En fait, il voulait juste me dire qu'untel remontait en voiture le week-end vers chez moi, et il me suggérait de lui demander de n’emmener. Eh oui, il était plein de bonnes intentions en fait !

Et donc, comme il est impossible et assez fatigant d'essayer d'anticiper les réactions des autres, la solitude et l'isolation finissent par être une solution de confort (solution qui n'est pas complètement satisfaisante pour moi d'ailleurs, je n'aime pas spécialement la solitude, c'est une solution "par défaut").

Et donc finalement, je finis par être assez égoïste et avare de moi-même.

E5 alpha, C= S-/+ X-/+

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Bonjour Claire, bonjour Théo,

Je reviens avec un peu de retard et de réflexion sur votre témoignage qui m'a bien intéressé et que j'ai relu plusieurs fois.

 

Le 31/03/2011 à 11:58, Théo a dit :
Notamment cette phrase qui me semble une phrase clé : "J'avais le sentiment de faire beaucoup pour les autres et de ne rien avoir en retour."

Cette phrase sur laquelle vous êtes tous les deux revenus est celle qui m'a le plus questionné. À première vue, et probablement avec une dose certaine de préjugé caricatural sur les 5 dont je vous prie de m'excuser, je ne voyais pas ce type de sentiment important chez les 5, je l'aurais plutôt attribué à un 2 par exemple.

Dans l'exemple que tu cites, Claire, je crois comprendre que tu as utilisé beaucoup de ton énergie mentale pour anticiper les conséquences de ce que ton collègue te disais et pour vérifier si cela n'allait pas te remettre en cause, mais je ne perçois pas bien en quoi tu as fait beaucoup pour lui ?  :perplexe:

Ma question vous paraitra peut-être saugrenue, j'ai probablement encore pas mal à apprendre du fonctionnement fin de chaque ennéatype. Je saurai apprécier doublement tout éclairage complémentaire que vous sauriez m'apporter, au nez et à la barbe de l'avarice de votre ego.  :surprised:  :laugh:

Au passage merci beaucoup Bénédicte pour ton analyse très pédagogique et détaillée du témoignage de Claire sous l'angle du fonctionnement des centres, enrichie d'une comparaison avec ton expérience.

À très bientôt,
Jérôme

Jérôme E9 mu, aile 1, C =/- S -/+ X =/+

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Bonjour à tous,

D'abord, merci Bénédicte pour ton éclairage très intéressant.

Je vais essayer de répondre rapidement à Jérôme avant la fermeture du forum.

Déjà, Jérôme, je ne trouve pas du tout ta question saugrenue, je comprends le paradoxe entre l'avarice et le sentiment de faire beaucoup pour les autres, et j'ai du mal à l'expliquer.

J'ai un exemple très récent qui m'a encore fait beaucoup penser à "j'ai fait beaucoup pour les autres et je n'ai rien eu en retour"". Ça fait 3 mois que je travaille en temps que stagiaire dans un bureau d'études, sur une étude qui me passionne. Une réunion de copilotage était prévue mardi après-midi dernier. Et donc cette dernière semaine, c'était le rush. J'ai fait des heures sup' et j'ai mis à jour ma chef qui n'avait pas vraiment suivie l'étude depuis le début. Je précise qu'elle est de type 4 et qu'elle est très probablement très désintégrée. Elle est constamment en train de se plaindre et de mépriser ouvertement les autres. Il n'y a que ses problèmes qui comptent. Elle veut faire croire qu'elle a des compétences exceptionnelles alors qu'elle est dépassée. Le soir, quand tout le monde est parti, elle vient me voir pour me demander de la former à des logiciels (très simples). Elle me fait tellement de la peine que je passe des heures à lui expliquer comment compiler un PDF.
Bref, mardi midi, après avoir répondu à une n-ième questions au téléphone pour qu'elle soit bien prête à présenter l'étude et qu'elle ne se tape pas la honte, je lui demande car j'ai eu un doute : "Mais… cette réunion, je vais y assister ?" Eh non ! "Je suis désolée mais j'ai pas envie de montrer qu'on travaille avec des stagiaires. C'est dommage, ça aurait été très intéressant pour toi."  :surprised:  :surprised: Bon. Je connaissais l'étude trois fois plus qu'elle. J'ai quasi TOUT fait avec un encadrement quasi nul. Ça m'aurait trop intéressée d'aller à cette réunion. C'est quand même ZE réunion sur LE sujet qui va peut-être me permettre d'obtenir mon diplôme d'ingénieur !

Comment intervient l'avarice ?

À ce moment, au téléphone, je me coupe complétement de l'émotion qui arrive. Je réponds  "OK. Salut, À+" et je raccroche. C'était inapproprié. J'aurais dû ressentir que ça me faisait de la peine, lui dire et insister pour que j'y aille. Et j'aurais eu mes chances en insistant et négociant je crois.
Avarice également les jours suivant pour ne rien laisser transparaitre de mes émotions, comme si c'était normal et que j'en avais rien à foutre.

Conclusion :
L'impression d'avoir fait beaucoup pour elle, ce n'est pas tant le travail que j'ai fourni, c'est ma réaction de détachement, c'est la répression de mon émotion. Je ne lui ai pas montré que ça me faisait de la peine pour lui épargner quelque chose. Donc elle passe avant moi. Le collègue qui vient "se mêler de ce qui ne le regarde pas", son opinion passe avant la mienne. Si j'évite de montrer mes émotions, c'est pour eux. Sauf qu'ils ne s'en rendent surement pas compte.

Les mots et la réflexion me manque pour exprimer tout ça… Mais j'ai essayé !

Très amicalement,
Claire

E5 alpha, C= S-/+ X-/+

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Bonjour Claire,

 

Merci pour ta réponse qui m'éclaire bien sur le mécanisme et qui, du coup, m'amène à d'autres questions sur les motivations.

 

Si je comprends bien, tu « fais pour les autres » en retenant tes émotions et ce qu'elles te feraient exprimer qui ne serait pas dans leur intérêt. Cela me fait bigrement penser à l'oubli de soi que je connais bien en tant que 9. Il m'est souvent arrivé de vivre des situations proches de celles que tu décris, et j'ai retenu mes émotions ou mon avis pour ne pas créer de tension, pour éviter le fameux « conflit ». En apparence j'aurais pu dire que c'était pour le bien de mes interlocuteurs (et ça l'a parfois peut être été), mais dans le fond, c'est avant tout pour éviter le conflit, une motivation bien personnelle de mon ego.

 

Mais toi, pourquoi fais tu cela ? Au nom de quelle motivation ?

 

Tu dis : "Si j'évite de montrer mes émotions, c'est pour eux." Je peux facilement argumenter sur le fait que ta chef aurait eu beaucoup à gagner si tu ne t'étais pas retenue, et ton collègue également si tu avais donné ton avis (là, c'est facile pour moi de dire ça tellement je me le dis pour moi en tant que 9 :blush:) Alors est-ce vraiment "pour eux" ? Y a-t-il une motivation « racine » que je n'ai pas encore comprise dans le fonctionnement du 5 ?

 

(Bon, cette fois-ci il va t'être difficile de me répondre avant la fermeture du forum. :wink:)

 

À très bientôt.

Très amicalement,

Jérôme

Jérôme E9 mu, aile 1, C =/- S -/+ X =/+

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

"Alors est-ce vraiment "pour eux" ?"
C'est une litote de dire que je pose la même question ! :rofl:

Très amicalement,
Fabien

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Bonjour à tous,

 

Vous savez ce que j'ai envie de vous répondre ?

 

"Ok. Vous avez raison. C'est POUR MOI.

Salut. A+"

 

:laugh:

 

Mais toi, pourquoi fais tu cela ? Au nom de quelle motivation ?

Eh bien, je crois que j'évite d'accéder à mes émotions intérieures pour éviter de perdre le contrôle. Si j'accède à mes émotions, cela va se manifester d'une manière ou d'une autre, dans le ton de ma voix, ou sur mon visage. Et après, l'autre va réagir à ça mais je ne sais pas comment.

 

En fait pour les émotions positives, j'ai moins ce problème, mais si l'émotion est négative (tristesse), j'utilise beaucoup ce mécanisme de blocage. Parce que je crois au fond que tristesse = faiblesse (si je suis triste les autres, ne vont plus m'aimer), et aussi parce que si je suis triste vis-à-vis des paroles de quelqu'un, ça veut dire que je suis attachée à ce qu'il dit sur moi.

 

Ma réponse ne me satisfait pas totalement, mais je ne trouve rien d'autre.

 

Très amicalement,

Claire

E5 alpha, C= S-/+ X-/+

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Bonjour Claire,
 

Le 11/04/2011 à 11:28, Claire5 a dit :

Vous savez ce que j'ai envie de vous répondre ?
"Ok. Vous avez raison. C'est POUR MOI.
Salut. A+"

Ton ego aurait été trop content d'une telle preuve d'avarice !  :tongue:

En tout cas, au travers de tes multiples réponses, c'est tout le contraire de l'avarice dont tu fais preuve sur ce sujet qui porte ce titre. Il y a peut être encore des choses à creuser comme tu le dis, mais tu apportes quand même un témoignage sur les motivations du mécanisme d'isolation des 5.

L'article auquel tu fais référence plus haut, "Le type 5 et l'utilisation extérieure du centre mental", dit par exemple :

Fabien & Patricia Chabreuil a dit :

"Les 5 considèrent que le monde "est trop exigeant" (Virginia Price et David Daniels, SEDIG 1997, page 14) et que "leur environnement est imprévisible et potentiellement menaçant" (Don Richard Riso et Russ Hudson, Personality Types, Première édition page 136 et Édition révisée page 175)."

Cependant il ne précise pas "pourquoi" les 5 trouvent le monde trop exigeant, imprévisible ou potentiellement menaçant. Ton témoignage est une première pierre utile qui, j'espère, en appellera d'autres.

Alors merci beaucoup.  :happy:
Très amicalement,
Jérôme

Jérôme E9 mu, aile 1, C =/- S -/+ X =/+

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  • 4 weeks later...

Bonjour à tous,

 

Après cette grosse interruption du forum, la reprise ! J'attaque avec LA question :

=> "Pourquoi" les 5 trouvent-ils le monde trop exigeant, imprévisible ou potentiellement menaçant ?

 

Dur dur comme question ! Je ne sais pas trop comment y répondre simplement. :perplexe: Je tente une interprétation mais ça n'engage que moi et je ne sais pas si d'autres type 5 répondraient pareil (?).

 

Le danger pour moi c'est que mon vide intérieur apparaisse lors d'une relation. En gros, que je ne sache plus quoi dire. Je ne sais pas dans quel ordre cela a commencé, si je me suis détachée par peur du vide ou si si c'est mon détachement qui a crée le vide, mais bref, à un moment donné, je me retrouve avec la pratique de l'avarice pendant des années derrière moi. Je crois qu'il est alors normal que les interactions avec les autres me fassent peur. Puisque je manque de « références », ou que, comme dit Fabien, j'ai une "défaillance d'utilisation des neurones miroirs":laugh: J'ai alors du mal à me « connecter » avec l'autre. Et ça fait flipper puisque si je n'arrive pas à établir cette « connexion », je me retrouverai encore plus face au vide ! J'ai donc un peu la pression… Le monde est potentiellement menaçant parce qu'il risque de dévoiler mon vide intérieur ou, dit autrement (selon moi), mon inexpérience des interactions humaines. Et cela me renvoie à ma peur de base : être incapable et inutile. Et ça, c'est horrible !

 

La peur du vide apparaît surtout :

  • au tout début d'un relation ou d'une conversation, quand je connais mal la personne et qu'il faut « briser la glace ». Le gros danger pour moi serait de dire quelque chose qui ne fait pas de sens chez la personne en face. Le monde est alors bien perçu comme exigeant, puisque qu'il y a tellement de différences entre les uns et les autres… Il faut savoir quoi répondre à tous… Peut-être que je n'ai absolument rien en commun avec la personne en face ! Ou pire : qu'elle méprise quelque chose d'important pour moi. Bref c'est bien là que c'est imprévisible. Le plus simple (pour l'ego), c'est peut-être de ne rien dire, de se faire une raison, et de s'y habituer.
  • au contraire quand une relation/conversation se met à durer, ou qu'elle devient intime. C'est comme si ce que j'avais à échanger était en quantité limitée et qu'il arrive un moment où je suis « au bout ». Ça ne fait pas ça aux autres types ? Là je peux me rendre compte au moins un bref instant que j'ai peur. En général, c'est le moment où je cherche à fuir. J'ai alors vraiment l'impression d'être vide. Et c'est le drame pour moi de montrer à l'autre que je ne suis plus rien.

Bon entre les deux il y aussi des moments, avec certaines personnes, où je n'ai aucune difficulté à communiquer et où je peux même être assez bavarde (et ces mêmes personnes, quand elle lisent la description du type 5 de l'Ennéagramme, elles ne me reconnaissent même pas du tout !).

 

Bon voilà, c'est un peu théorique comme réponse… mais j'ai fait au mieux !

 

A+.

Très amicalement,

Claire

E5 alpha, C= S-/+ X-/+

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Sixtrouille

Bonjour Claire, bonjour à tous,

 

Claire, pourrais-tu fermer les yeux de ton ego quelques secondes ? Merci pour ta générosité !

 

J'ai beaucoup apprécié cette discussion. Pour ma part, en tant que 6, je peux aussi être très embarrassée pour démarrer le dialogue avec une personne inconnue. Et je peux, comme toi, me sentir « au bout ». Plus rien à dire. C'est étrange, l'image qui me vient à l'instant est celle de la sècheresse, d'un sol aride sur lequel plus rien ne peut pousser. Et donc là, mon mental se met à tourner très vite pour trouver une porte de sortie : coup de fil, pipi, soif, etc. (l'instinct de conservation y serait-il pour quelque chose ?).

 

Et d'autres fois heureusement, tout comme toi, la communication est fluide et la sensation est très agréable. C'est peut-être par mon aile 5 qui fait que je peux aisément ressentir le malaise que tu décris pour l'avoir vécu.

 

Cela me fait penser aux modes de structuration du temps définis par l'analyse transactionnelle :

  1. Le retrait ;
  2. Le rituel ;
  3. Le passe-temps ;
  4. L'activité ;
  5. Le jeu psychologique ;
  6. L'intimité.

Selon Eric Berne, fondateur de l'AT, plus la personne s'engage dans le contact social, plus la satisfaction de reconnaissance et de stimulation s'intensifie. Cette grille me montre mes contradictions. Je prétends aimer les conversations où l'intimité est présente ; néanmoins, il m'arrive de les vivre comme trop impliquantes ou menaçantes. Donc retour au rituel ou au passe-temps (conversations sociales au sujet de la météo par exemple), pendant lesquels il m'arrive de m'ennuyer profondément et de me retirer. C'est dans ces moments que je ne suis plus capable d'articuler le moindre mot. Je trouve cette mécanique révélatrice du fait que l'égo aboutit à ce qu'il veut éviter.

 

Très bonne semaine à tous.

Sixtrouille - E6 mu

"Celui qui cherche un frère sans défaut reste sans frère", Rûmi

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,
 

Ça ne fait pas ça aux autres types ?

Claire, tu décris des phénomènes qui, effectivement, arrivent à tout le monde.

Par exemple, il m'arrive bien sûr de dire des choses qui ne font pas sens pour mon interlocuteur ou d'avoir des passions ou des valeurs qu'il n'apprécie pas, voire qu'il méprise. Et alors ? Je n'en déduis pas forcément quelque chose sur moi ! De même, tu parles de moment où tu n'as plus rien à dire et où tu es "au bout". Mais il faut être deux pour entretenir une conversation ! Si celle-ci s'arrête, ton interlocuteur est tout autant "au bout" que toi (resymétrisons le processus). Le silence dit alors quelque chose non pas uniquement sur toi, mais sur lui et toi, sur cette interaction particulière, ou sur la relation en général.

Il me semble donc qu'il y a là la réponse à ta question sur l'ordre des phénomènes. Au début est la peur du vide. C'est elle qui fait que tu désymétrises l'échange et l'interprète comme un problème chez toi. Qu'en penses-tu ?

Très amicalement,
Fabien

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Bonjour Claire, bonjour Fabien, bonjour à tous après ces vacances !

 

Merci Claire pour ton témoignage que je trouve très clair.

Pour répondre à ta question reprise par Fabien ci-dessus, je te confirme que je vis aussi régulièrement cela. Seulement, en tant que 9, même si ce n'est pas toujours très confortable, cela ne pose pas du tout les mêmes difficultés qu'a toi.

 

Je trouve que cela éclaire bien la puissance de nos filtres égotiques qui nous font interpréter de manière aussi différente une situation analogue. Ce constat n'est pas un scoop, et même un concept de base de l'Ennéagramme, mais je soupçonne mon ego de tenter de me le faire oublier inlassablement, alors des petits rappels illustrés comme celui là sont bien utiles.

 

À très bientôt,

Jérôme

Jérôme E9 mu, aile 1, C =/- S -/+ X =/+

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Bonjour à toutes et à tous,

 

D'abord, merci à toi, Fabien, de maintenir ce forum, en dépit de toutes les vicissitudes informatiques que tu affrontes, je suppose. Ce forum m'aide. :thumb_up:

Claire et Théo, je vous suis reconnaissant pour vos témoignages. J'y reconnais en gros mon fonctionnement de 5 alpha.

 

Jérôme, merci de me fournir, avec ta question pas piquée des hannetons, un motif de participer. :thumb_up: Je vais essayer de répondre à ta question : "Pourquoi les 5 trouvent-ils le monde trop exigeant, imprévisible ou potentiellement menaçant ?" Claire, merci d'avoir commencé à défricher ce sentier broussailleux. :thumb_up:

 

"Faut pas chercher à comprendre !" Combien de fois mon père, pour m'apaiser :kiss: (il est d'ennéatype 9 alpha), a-t-il prononcé cette phrase, en guise de réponse à mes interrogations sur le comportement de ma mère ? La réponse de mon père ne m'apaisait pas du tout. :mouais: Mon besoin de comprendre restait insatisfait.

Chaque être humain est une énigme.

 

"Mais moi, je ne veux pas comprendre !" s'est écriée un jour, une amie (d'ennéatype 2 alpha), agacée par mes raisonnements inopportuns : à ce moment-là, seul mon centre mental pédalait, les deux autres centres roupillaient :thumb_down: (alors que mon amie attendait exactement le contraire :angry:). Imaginez mon ébahissement et mon incompréhension lorsque j'entendis son exclamation : quelqu'un qui ne veut pas comprendre ! J'avais l'impression d'avoir en face de moi une extra-terrestre ! :surprised:

Je n'avais pas du tout prévu sa réaction, et je suppose qu'à ce moment-là, la croyance "mon environnement est imprévisible" s'est renforcée.

 

Mon centre mental cherche à tout comprendre. Avec ses constructions logiques, il n'y parvient pas, il ne parvient pas à modéliser, ni à prévoir ce qui va se passer, mon environnement est donc imprévisible !

 

Et maintenant, la deuxième croyance : "Le monde est trop exigeant."

 

Chez moi, je ne sais pas si cette croyance est une prémisse ou bien plutôt une conséquence du mécanisme d'orientation du centre mental vers l'extérieur. En tout cas, voici ce que j'ai remarqué.

 

Parfois, quand une personne vient d'exprimer de la colère, de la peur, ou de la tristesse, je sens mes épaules se refermer, ma tête s'enfonce entre mes épaules comme celle d'un héron, mes muscles se contractent, je me rétracte, la température de mon corps monte. Mon centre mental se pose les questions suivantes : "Maintenant quelle est LA parole à prononcer ? Quelle est LE comportement à adopter ? Qu'est-ce que cette personne attend ? :perplexe:" Mon esprit rationnel cherche, cherche LA réaction adéquate. Mon centre mental, mon cher ange tutélaire, pédale, pédale dans la choucroute… Quelque part en moi, ça déraille, je suis submergé par la peur. :peur: Mais j'ai très rarement conscience de cette peur. Car mon attention est accaparée, et mon observateur intérieur ne fonctionne pas à ce moment-là. :thumb_down: Si la personne est un de mes proches ou bien mon chef, si elle est en colère et si sa colère est tournée contre moi, alors je perçois très bien mon affolement. Je me sens inadéquat ou incapable.

 

Maintenant voici une tentative d'analyse.

 

"Le monde est trop exigeant" : pour moi, il s'agit d'exigences d'adaptation. Pour vivre dans le monde (et non dans mes pensées) sans être à tout bout de champ submergé par des émotions négatives, il s'agit de m'adapter au monde. Hélas, pour m'adapter, je m'accroche exclusivement à mon ange tutélaire :help:, mon centre mental. Il essaie de me donner des modèles logiques, il voudrait donner un sens à chaque acte, chaque parole (je caricature un peu), mais ces modèles "dissonnent" avec la réalité du monde… Suis-je capable de m'adapter ? Difficile de m'adapter quand j'utilise le centre mental exclusivement, au lieu d'utiliser également le centre émotionnel (dans le cas des relations humaines) et le centre instinctif.

 

Pour m'aider moi-même, je me dis qu'en général, un arbre fruitier ne se demande pas : "Bon, cette année, quels fruits vais-je donner au jardinier qui me soigne, des cerises ou bien des nèfles ? :perplexe:"

 

Il y a aussi l'avarice de temps (prégnante chez moi), qui fait que le monde me semble trop exigeant, mais là, il s'agit d'une conséquence du mécanisme d'orientation du centre mental vers l'extérieur, et non d'une prémisse. Toujours est-il qu'à cause de cette avarice de temps, la croyance "Le monde est trop exigeant" est renforcée. Je suppose que le mécanisme est une sorte de cercle infernal.

 

Je suis très reconnaissant à Fabien et Patricia de nous avoir indiqué, dans leurs stages :wink:, à nous, les 5, comment sortir de ce cercle infernal.

 

Très cordialement,

Yves

Yves (E5 alpha, ailes 4 et 6, C- S= X-/+)
"Attendre d'en savoir assez pour agir en toute lumière, c'est se condamner à l'inaction." (Jean Rostand)

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Je n'ai rien à répondre à ta passionnante analyse qui contribue à approfondir ce thème de l'avarice de manière très intéressante. Ce message est donc pour te souhaiter la bienvenue sur ce forum à l'occasion de ta première contribution. Merci d'être allé au-delà des mécanismes de ton ennéatype pour nous enrichir de ton expérience et de tes réflexions.

 

Très amicalement,

Fabien

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Bonjour à chacune et chacun,

 

Le monde est trop exigeant parce qu'il est complexe, et qu'à vouloir toujours tout comprendre, tout analyser, tout modéliser, cela demande une énergie folle. Il est exigeant aussi parce qu'il me sollicite et, en ce faisant, me détourne de mes pensées du moment.

 

J'ai compris cela dans certains moments d'énervement ou de colère : les autres peuvent m'envahir et me perturber dans mon processus mental, dans mes réflexions, m'empêcher de continuer à penser et réfléchir à me livrant d'autres informations. Alors à un moment, je sature.

 

Et l'avarice survient : de moi-même, de mon temps. Un besoin de s'isoler pour comprendre et analyser.

J'ai l'image de l'ordinateur qui a besoin réguliérement de faire une pause, de "défragmenter" : ranger et structurer les informations accumulées.

 

Lionel

Lionel – E5 mu

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Bonjour à tous,

 

Tout d'abord bienvenue à vous, Yves et Lionel, et merci pour vos témoignages qui enrichissent la discussion. Je n'en espérais pas tant.

 

Je comprends effectivement bien mieux maintenant les situations qui peuvent déclencher les phénomènes de défense de l'ego chez un 5, et cela m'aidera certainement à avoir une attitude plus adaptée avec ceux que je côtoie.

 

Merci également Lionel d'amener un témoignage de 5 mu après plusieurs témoignages de 5 alpha. Il me semble y voir des différences intéressantes, à la fois sur la forme du message :happy:, mais également sur le fond :

  • Claire et Yves décrivent des perceptions différentes de ce qui leur semble complexe ou exigeant dans le monde, mais qui se rejoignent dans l'appréhension et la difficulté de gérer la relation aux autres, de gérer les émotions, de savoir adopter l'attitude adaptée à la situation.
  • Lionel cite plutôt une consommation d'énergie excessive, le déclenchement de la colère.

Je trouve que cela illustre bien la hiérarchie des centres différente, avec l'émotionnel en support pour 5 alpha et l'instinctif en support pour 5 mu.

 

Cette observation reste à confirmer car basée sur peu de témoignages, surtout de 5 mu. Cela fait-il sens pour vous ?

 

Bien amicalement,

Jérôme

Jérôme E9 mu, aile 1, C =/- S -/+ X =/+

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Bonjour à tous,

Merci Sixtrouille pour les références sur l'AT que je ne connaissais pas et qui m'ont fait réfléchir. Merci à Yves et Lionel pour vos témoignages et bienvenue sur le forum.

Je n'ai pas grand chose à rajouter et je vais faire un hors-sujet, mais la remarque de Jérôme me semble très bien. Elle me rappelle une fois où j'ai eu affaire à un 5 mu. C'était l'année dernière à la même époque. C'était le responsable du labo où je travaillais et mon encadrant. Au premier abord, on semblait vraiment très différent ! À côté de lui, je devais passer pour une grande émotionnelle.  :laugh: Je me souviens quand j'ai eu la certitude qu'il était 5, je ne pouvais pas m'empêcher de sourire quand je devais lui parler. Plus je souriais, plus il tirait la tronche et devenait impassible… et ça me faisait encore plus sourire !

Et puis un jour il a compris qu'on était pareil au fond, et on s'est merveilleusement bien entendu.

La différence que je note avec moi, c'est qu'il était beaucoup plus intimidant. Parfois il me mettait carrément la pression et faisait des sortes de « tests » de compétence. Mais on avait le même langage. Il me donnait un rapport de 150 pages à lire, qu'il connaissait parfaitement bien, puis revenait en me disant : "Vous l'avez lu ?" Et alors, ça parle de quoi ?" Et là, je lui répondais juste 2-3 phrases synthétiques, et c'est ce qu'il attendait.

On était également dans une sorte de compétition intellectuelle, où on se parlait complétement au second degré en prenant l'air le plus sérieux du monde. Et c'était à celui qui aurait la dernière réplique la plus cinglante !

Bref, excellent souvenir mais je m'éloigne… Tout ça pour dire qu'effectivement je trouve que la hiérarchie des centres a vraiment son importance et qu'elle explique beaucoup de choses. Reste à attendre d'autres témoignages pour en savoir plus .  :glouton:

Très amicalement,
Claire

E5 alpha, C= S-/+ X-/+

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  • 1 year later...

Bonjour à tous,

Cela fait un moment que je n'ai plus écrit ici pour témoigner de mes auto-observations sur mon ennéatype 5. C'est simplement parce que je n'en faisais plus. Et j'étais même parfois un peu déçue de ne plus avancer dans ma quête de connaissance de moi-même.

Heureusement, le week-end que je viens de passer m'a fait vivre un stress egotique qui m'a permis d'auto-observer les mécanismes de passion d'avarice et de fixation de détachement.

Le contexte : J'ai suivi un week-end de formation de 3 jours, en résidentiel (donc journée, repas + dodo en groupe avec les participants que je connaissais pour la plupart) sur les thèmes des outils collectifs comme la prise de décision par consentement ou les élections sans candidat.

J'ai été très déçue par le contenu du stage. Et au fil des jours, j'ai de moins en moins participé aux cercles, j'ai de moins en moins exprimé mon point de vue. À la fin j'en avais vraiment marre. J'étais de plus en plus dans le détachement et l'avarice. Plusieurs participants ont remarqué mon attitude car ils m'avaient vu avant dans d'autres contextes manifester beaucoup d'enthousiasme et de passion pour les outils qu'on utilisait.

Comment j'explique mon attitude ?
J'ai d'une part été vraiment déçue par le contenu pédagogique de la formation. Je trouvais que ce n'était pas assez professionnel, très largement en dessous du niveau des stages sur la sociocratie que j'ai pu suivre avec Fabien et Patricia.

Il y avait aussi deux personnes qui monopolisaient un peu les temps de paroles et je m'agaçais à propos d'eux. D'autant plus que ces deux hommes étaient par ailleurs thérapeutes et qu'ils tenaient des discours sur l'ego que je trouvais un peu mal venu quand j'observais en même temps des manifestations égotiques assez visibles chez eux (dont un en lien avec son ennéatype que j'avais identifié, l'autre était l'un des cinq formateurs du weekend).

Même s'il y a eu des moments de restitution où j'aurais pu exprimer mon ressenti, je n'ai pas réussi à le faire. D'une part parce que les autres participants étaient unanimement extrêmement heureux de la formation et exprimaient à tour de rôle leur gratitude aux formateurs. Difficile de poser un "je suis déçu par cette formation, etc." en plein milieu ! Aussi parce qu'il y avait dans les formateurs deux personnes que j'apprécie beaucoup et que je ne voulais pas les blesser.

Je suis consciente de ne pas avoir rendu service en ne partageant pas mon point de vue sur ce séminaire. J'aurais pu nourrir le groupe de mon point de vue et de mes feedbacks. J'aurais pu éviter des inquiétudes à certains qui s'interrogeaient sur mon attitude inhabituelle. Et surtout, j'aurais pu me libérer au lieu de ruminer seule mon ressentiment.

Ma question est : comment j'aurais pu faire, à partir du moment où j'ai senti que j'étais piégée dans le retrait, pour reprendre le contrôle ? Est-il possible, quand on a suivi le stage Pardon, de faire des pardons discrètement en direct ?
Cette expérience me fait remarquer aussi que j'ai souvent du mal à exprimer mon désaccord avec les personnes que j'apprécie. Est-ce dû à mon ennéatype ou autre chose (par exemple du ROUGE pas assez affirmé) ? Comment travailler là-dessus ?

Très amicalement,
Claire

E5 alpha, C= S-/+ X-/+

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Fabien Chabreuil

Bonjour la compagnie,

"Cela fait un moment que je n'ai plus écrit ici pour témoigner de mes auto-observations sur mon ennéatype 5. C'est simplement parce que je n'en faisais plus."
Aurais-tu atteint la sainteté ou y a-t-il une faille dans ton système d'auto-observation ? L'ego sait très bien se protéger du regard de l'observateur intérieur. C'est pourquoi nous enseignons au stage Essence l'auto-observation à déclencheur aléatoire. La pratiques-tu ?

Dans Le Grand livre de l'ennéagramme, nous donnons aussi une méthode consistant à observer ce qui se passe en changeant des comportements habituels.

"J'ai d'une part été vraiment déçue par le contenu pédagogique de la formation. Je trouvais que ce n'était pas assez professionnel, très largement en dessous du niveau des stages sur la sociocratie que j'ai pu suivre avec Fabien et Patricia."
Merci du compliment. Ceci dit, sociocratie, Ennéagramme ou Spirale Dynamique, c'est assez désespérant de voir comment des gens en parlent, enseignent ou pratiquent en ayant un niveau de connaissance et d'expérience très largement insuffisant. Pour les lecteurs de cette discussion qui ne le connaissent pas, je renvoie à un billet de mon blog intitulé "Pour une écologie de la culture". Comme disait Antigonos II Gonatas, "que les dieux me gardent de mes amis, je me charge de mes ennemis."

"Comment j'aurais pu faire, à partir du moment où j'ai senti que j'étais piégée dans le retrait, pour reprendre le contrôle ?
Ce n'est pas le contrôle qu'il faut reprendre. Le contrôle est égotique.

Ceci dit, tu avais pris conscience des mécanismes égotiques, et donc fait la partie la plus difficile du travail. Tu avais alors tous les outils pour t'accompagner dans cette situation : d'abord, pratiquer le rappel de soi vu au stage Essence, ensuite déconstruire les transes comme vu au stage Éveil.

"Est-il possible, quand on a suivi le stage Pardon, de faire des pardons discrètement en direct ?"
Cela dépend de deux facteurs :

  • As-tu pratiqué suffisamment la méthode pour l'appliquer seule avec fluidité ?
  • Est que "l'offense" à pardonner est de ton point de vue suffisamment bénigne pour que le travail de pardon soit rapide et pas trop perturbant ?

Si tu as deux oui, tu peux y aller ! Personnellement, je fais très souvent des micro-pardons.

"Cette expérience me fait remarquer aussi que j'ai souvent du mal à exprimer mon désaccord avec les personnes que j'apprécie. Est-ce dû à mon ennéatype ou autre chose (par exemple du ROUGE pas assez affirmé) ?"
Il m'est difficile de répondre avec ces seuls éléments. Les deux hypothèses que tu évoques sont possibles séparément ou conjointement. Il faudrait que tu observes ce qui se passe dans ces cas-là et que tu ouvres une discussion sur le sujet.

Très amicalement,
Fabien

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Bonjour tout le monde,

 

"Aurais-tu atteint la sainteté ou y a-t-il une faille dans ton système d'auto-observation ?"

Je cherche le smiley avec l'auréole… Mince il n'existe pas !

 

Je ne pratique pas l'auto-observation avec déclencheur aléatoire. Je me souviens qu'on avait donné l'exemple de la sonnerie du téléphone. Je trouve que dans mon cas, ce n'est pas assez aléatoire parce que c'est quasiment toujours en soirée. Je vais essayer de trouver un mot qui sera mon déclencheur.

 

Pour la méthode consistant à observer ce qui se passe en changeant mes comportement habituels, je la pratique, pas très souvent mais régulièrement (enfin quand je me trouve un comportement habituel).

 

Toujours est-il que je suis quand même démotivée dans ma pratique d'auto-observation. Peut-être que ça reviendra en faisant de prochains stages Ennéagramme…

 

Sinon je suis bien contente d'apprendre qu'il est possible de faire des micro-pardons.

 

Et je vais tâcher d'ouvrir un sujet spécifique sur l'expression du désaccord comme tu le suggères.

 

Amicalement,

Claire

E5 alpha, C= S-/+ X-/+

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Fabien Chabreuil

Salut à tous,

 

"Toujours est-il que je suis quand même démotivée dans ma pratique d'auto-observation."

Il y a là un gros warning. Sans auto-observation, pas de lâcher prise vis-à-vis de l'ego. C'est la première étape du travail, et sans elle rien n'est possible. C'est donc forcément face à l'auto-observation que l'ego se défend le plus.

 

"Peut-être que ça reviendra en faisant de prochains stages Ennéagramme…"

Ça va, il te suffit de tenir jusqu'à vendredi !

 

"Je me souviens qu'on avait donné l'exemple de la sonnerie du téléphone."

J'avais aussi proposé d'envoyer, à ceux qui le réclameraient, un fichier mp3 à mettre sur son micro ou sur son lecteur. L'as-tu ou fais-tu partie de la cohorte de ceux qui ont amnésié cette possibilité ?

 

"Je vais essayer de trouver un mot qui sera mon déclencheur."

Tu ne commences pas par le plus facile. Un mot, cela implique qu'une autre personne soit là et, peut-être, que tu sois absorbée par une écoute ou une discussion. Dès lors, tu risques fort de ne jamais repérer le mot et donc de ne jamais faire l'exercice… Trop fort, cet ego ?

 

"Enfin quand je me trouve un comportement habituel."

:rofl:

 

Ceci dit, je ne faisais pas allusion à ce qui est enseigné dans le stage Intuition, mais à ce qui est proposé dans Le Grand livre de l'Ennéagramme. Là habituel veut juste dire courant.

 

Très amicalement,

Fabien

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"J'avais aussi proposé d'envoyer, à ceux qui le réclameraient, un fichier mp3 à mettre sur son micro ou sur son lecteur. L'as-tu ou fais-tu partie de la cohorte de ceux qui ont amnésié cette possibilité ?"
Allez, soyons fou ! Je veux bien que tu m'envoies le fichier mp3 à déclencheurs aléatoires que j'avais amnésié.

Mon ego-super-fort-qui-se-défend va te répondre que je risque de passer pour une dingo quand je vais expliquer à mes collègues le pourquoi du ding aléatoire… Peut-être qu'en m'appuyant sur la fierté de mon aile 4, ça peut le faire !
Ou en mentant et en le mettant sur mon téléphone portable, en faisant croire que c'est le signal que je reçoit un SMS… Ça va paraître suspect autant de communications pour une 5 !
J'aurais le droit de l'utiliser pour les quatres jours du stage Connexions la semaine prochaine ? Ça ne va pas déranger, et puis c'est toi qui le conseilles, alors il faut être congruent…

Bon allez, j'arrête de me défendre. :sorry:

Très amicalement,
Claire

E5 alpha, C= S-/+ X-/+

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Bonjour vous deux,

 

Désolée d'intervenir pour un hors sujet mais… cette idée de sonnerie aléatoire est géniale ! Est-ce que je l'ai amnésiée au point que ça ne me dise rien du tout ou est-ce que c'est pendant un stage auquel je n'ai pas encore participé ? Et est-il possible d'avoir ledit fichier quand même ?

 

À vendredi. :bye:

E4 α, ailes 5 et 3, C-/=, S-/=, X+/-

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Fabien Chabreuil

Bonjour Kayla,

 

Une lecture attentive de la conversation t'aurait permis de savoir qu'il s'agissait du stage Essence. Et ce fichier est réservé aux participants au stage, ne serait-ce que parce qu'il ont appris quoi en faire précisément…

 

Très amicalement,

Fabien

 

P.-S. : nous n'allons pas continuer le hors-sujet, mais tu peux te demander pour toi-même s'il n'y aurait pas eu un petit coup d'envie. Voire d'autres phénomènes égotiques…

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  • 1 year later...

Bonjour !

En lisant ce sujet il y a quelque temps, j'avais songé à y contribuer, mais j'ai repoussé, en me disant que, de toute façon, à quoi bon, je ne vais faire que répéter ce qui a déjà été dit, et que après tout ce n'est pas la peine. De plus, en lisant le forum souvent le week-end, je me dis : "Il faudra que j'y réponde." À la relecture de certaines des phrases de Claire, je me suis rendu compte que c'était surtout une bonne excuse pour manifester l'avarice. En effet, il suffirait de répondre dans un brouillon enregistré et poster quand le forum est ouvert (et si je suis honnête, j'y avais déjà pensé). Avarice plus répression de l'instinctif ont fait que je n'ai pas répondu jusque-là.

Bon, je me fais un peu mal, et je m'y mets. :happy: Ça va être long, désolé !

@Claire :

"Le problème, c'est quand la maîtresse ou le prof posait une question dont j'étais la seule à connaître la réponse. Mon excuse ne tenait plus. Et là, j'étais prise d'une peur que je ne pouvais pas éviter puisqu'elle se manifestait pas une accélération cardiaque très forte."
Tu as bien résumé des années de primaire-collège-lycée ! Une accélération cardiaque et une impression d'être maudit que quelqu'un d'autre ne puisse pas répondre à, bien sûr, quelque chose d'aussi simple, me laissant tout seul face à cette situation, donc ça pousse de l'intérieur pour crier "Je le sais" (fierté du 5) et ça pousse de l'intérieur pour dire "Surtout tais-toi, n'attire pas l'attention" (avarice du 5).

"Je rationalise en me disant : 'À quoi bon ? C'est sans intérêt.'"
Je pense que je me dis ça quasiment tous les jours. C'est difficile de distinguer si une part plus ou moins importante provient de l'avarice de l'ennéatype ou de la répression du centre instinctif. Ils doivent s'alimenter l'un l'autre pour produire cette impression omniprésente de "à quoi bon, de toute façon ça ne changera rien si je vous le dis".

"L'autre jour, j'ai essayé de dire toutes ces choses. […] Mais après c'était beaucoup mieux car j'étais plus impliquée dans la conversation."
Je vais essayer d'observer quand ça se reproduit chez moi, mais les quelques fois où j'ai essayé, ça ne m'a pas fait l'effet d'aller mieux, mais plutôt de m'être exposé, et ça fait du bien quand ça s'arrête.

@Théo :

"Jusqu'à présent, je m'étais toujours dit que cela n'était pas nécessaire, puisqu'il s'agissait des bases et que cela devait être évident pour tout le monde. Bel exemple d'avarice, non ?"
Et c'est ainsi que je réponds des mois après l'avoir envisagé. :cry:

"L'avarice au sens restreint du terme, c'est à dire purement financière."
Ni plus, ni moins chez moi. Je fais attention, mais sans faire dans l'excès. RAS sur ce point.

"En un sens un peu plus large, l'avarice qui concerne divers biens matériels."
Là, je m'y reconnais bien, mais est-ce qu'un sous-type C+ ne peut pas en être la cause plutôt que l'avarice ?

Dans mon cas, je conserve des aliments dans un placard de la cuisine. Ils sont triés par date de péremption qui est un critère plus discriminant que leur catégorie. Ainsi, un sachet de pâtes se situe derrière une boite de maïs si la date du sachet de pâtes est plus lointaine dans le futur que la boite de maïs, et une fois arrivé au fond du placard, l'aliment directement plus lointain arrive devant mais sur la colonne juste à gauche.
Quand j'ouvre le placard, j'ai le feed-back rapide de chaque date de péremption du premier aliment de chaque colonne, et je peux estimer si je dois accélérer, réduire la vitesse de consommation et/ou aller refaire des courses. Ce qui est devant à droite est urgent (ou au plus proche) et ce qui est au fond à gauche, je peux l'oublier quelque temps. L'objectif est que le placard soit toujours au moins à moitié rempli. Sous-type conservation ? À la relecture, ça me semble être peut-être aussi un excès de mentalisation (finalement, ça aide d'écrire parce que je trouvais ça normal jusqu'à l'écrire là).

En ce qui concerne les aliments congelés (je congèle beaucoup), les dates ne sont pas renseignées, donc à chaque course, ce que je congèle va au fond et ce qui est au fond monte ou avance, mais là, c'est trié par catégorie sinon les piles ne sont pas stables.

Et surtout, dans les deux cas, il doit toujours rester au moins un élément de chaque catégorie après consommation, sinon, il y a un manque et un trou jusqu'aux prochaines courses. Au moment où une catégorie est sur le point de s'épuiser, je la note dans le téléphone pour la prochaine course. Or, je concentre le fait de faire les courses pour y aller le moins possible (causes : ça demande de bouger et d'affronter trop de monde en faisant la queue, donc je préfère le soir en semaine, mais lorsque le soir arrive, j'ai pas forcément envie), donc je reste attentif à ne pas tomber "en panne".

"L'avarice d'informations."
Ceci a été le plus difficile à admettre, et l'un des points qui, au début, m'a le plus fait douter de pouvoir être un 5. J'ai toujours été convaincu que donner de l'information, objectivement, est ce qu'il y a de mieux à faire, que dans l'informatique, l'open source est ce qu'il y a de plus sain, et que la transparence neutre de l'information est primordiale. Mais ça, c'est intellectualisé, c'est comportemental. C'est quand j'ai osé demander à des proches comment ils me voyaient (après avoir découvert l'Ennéagramme), que l'avarice (depuis toujours) m'est revenue en pleine face. Je ne dis rien, je reste dans mon coin, je n'engage jamais de conversation, je réponds à l'économie de mots et ce, depuis toujours. Bien sûr, j'avais (j'ai) toujours une bonne raison, en rationalisant, de trouver une excuse de pourquoi "je ne dis pas".

À l'école, je cachais souvent ce que j'écrivais au cas où mon voisin (qui devait écrire la même chose !) venait à lire. Quand je prends des notes, j'écris très petit, le plus petit possible. Si quelqu'un veut l'information, il devra coller son nez contre la feuille. Pareil, je rationalise en disant que j'économise du papier et que c'est plus simple à relire, mais c'est pas la vraie cause. :happy: Mais c'est quand même pratique d'écrire petit pour pouvoir relire après.

"L'avarice de soi, autrement dit de son temps, de son énergie, de sa présence."
"Il m'est encore difficile de sortir de chez moi sans avoir l'impression de perdre mon temps ."
Là par contre, je suis plus mitigé. Fondamentalement, j'aime rester chez moi par dessus tout. Mais, dès qu'on me propose une sortie-activité (non sportive, faut pas abuser !), je décline rarement sauf à ce que le créneau soit déjà pris. Assez régulièrement, j'ai des semaines où je ne rentre chez moi quasiment que pour dormir, plusieurs jours dans la semaine. Bien sûr, si c'est pour aller à une conférence sur une technologie pointue que personne ne connaît, c'est encore mieux (même si elle ne me sert pas, et même si c'est trop complexe pour que j'en retienne quelque chose de significatif à moyen terme, mais ça repose), mais si c'est juste pour un restaurant je sais le faire sans vraiment résister. Là c'est peut-être un instinct S+ qui aide.

Mais par contre, je constate quasiment systématiquement le même procédé : on me propose, je dis oui (instinct S+ ?), et quand j'y suis, je me mets en retrait (avarice ?), mais c'est pas grave (instinctif réprimé ?). Dans ces conditions, je préfère qu'une sortie se fasse à plus de deux, parce que lorsqu'il n'y a qu'une seule personne en face, je dois me forcer à être présent, je peux moins facilement "disparaître". Mais en contrepartie, ça m'est autrement plus facile de discuter et de donner de l'information en tête à tête. S'il y a plus d'une personne en face, l'effort à fournir est bien plus élevé.

@Claire :

"[…] des personnes différentes avec qui je peux en parler. Mais je n'aime pas que ça se recoupe."
Je te suis entièrement sur cette observation. C'est stressant de voir des personnes que je connais, issues de "sources" différentes, se rencontrer. Et si je dois échanger des informations, j'échange avec telle personne X des informations sur les domaines A, B mais pas C. C est pour Y, mais pas pour X. Et si X et Y se retrouvent ensemble, inquiétude, avarice, et mise en retrait.

"J'ai remarqué qu'il y avait beaucoup de livres dans ma bibliothèque qui étaient mal positionnés, et de la sorte on ne pouvait pas voir le titre."
Même réflexe. :happy: Y a des livres qui sont avec la tranche lisible vers l'arrière, et d'autres qui sont plaqués au fond derrière les autres.

"Quand je suis revenu dans le mien, quasiment vide, avec les murs tout blancs et le strict nécessaire, j'ai compris mon avarice."
J'ai une anecdote un peu différente mais qui va dans le même sens. Quand j'ai aménagé dans mon appartement il y a quelques années, j'y ai mis peu de choses. Les murs sont blancs (non par choix, mais parce qu'ils étaient blancs avant), y a peu de meubles, peu de déco. Et plusieurs fois, on m'a glissé des remarques sans que je ne les comprenne sur le coup : "C'est spartiate", "C'est froid", "Tu mets pas des rideaux ?", "Pourquoi tu ne mets pas des choses devant ce très grand mur blanc dans le salon ?" Et à chaque fois, je me suis dis (parfois à moi-même, parfois en réponse ouverte) : pourquoi faire ? Ça ferait mieux ? Comment tu sais que c'est plus joli avec ça au lieu de ça ? Il est arrivé que leur réponse est que je me moquais d'eux, alors que non.

Difficile à dire si c'est plutôt de l'ordre de l'avarice ou du détachement, mais je constate que toi aussi en 5 alpha, tu as eu un comportement similaire !

Sur ce point, je fonctionne sur des extrêmes. Dans mon précédent miniature appartement, c'était le chaos et tout était rempli de cumul avec le temps.

En fait, dans les deux cas, cela permet de ne pas trop me focaliser sur l'environnement (trop de bordel présent dans la pièce fait que l'attention ne se porte pas sur un truc en particulier, c'est comme si c'est vide dans un certain sens).

Claire, ton épisode de désintégration n'a pas dû être facile à écrire. J'ai commencé cette phrase précédente pour donner un encouragement, sauf que je n'ai pas su quoi écrire, et j'ai effacé la phrase, puis j'y ai vu une manifestation égotique, et j'ai réécrit la phrase. Et là, je ne l'ai toujours pas dit. :happy: Mais ça date de 3 ans, donc ça ne fait peut-être plus de sens maintenant. Mais disons que je compatis, en espérant que ce soit adapté.

"J'avais le sentiment de faire beaucoup pour les autres et de ne rien avoir en retour."
Ceci me parle peu. Quand j'ai peu de retour en contrepartie de ce que je fais, bien sûr, ça peut parfois m'agacer, mais en général, ça ne me pose pas de problème. Souvent, le retour que je peux attendre, c'est que la personne s'intéresse à ce que je dis, afin de communiquer un peu.

"Je n'aime pas spécialement la solitude, c'est une solution 'par défaut'"
Je ne suis pas sûr de savoir dire si j'aime la solitude ou pas. J'aime être seul, mais j'ai du mal à accepter le fait que parfois, être seul n'est pas l'idéal. En fait, je pense que je réprime immédiatement si une telle idée arrive. Je pense que j'aurais trop peur de ressentir ne pas aimer être seul, mais j'en suis pas sûr.

"À ce moment, au téléphone, je me coupe complètement de l'émotion qui arrive. Je réponds "Ok. Salut, À+" et je raccroche. C'était inapproprié. J'aurais dû ressentir que ça me faisait de la peine, lui dire et insister pour que j'y aille. Et j'aurais eu mes chances en insistant et négociant je crois. Avarice également les jours suivant pour ne rien laisser transparaitre de mes émotions, comme si c'était normal et que j'en avais rien à foutre."
Je te confirme que là aussi, je m'y retrouve complètement. Je coupe l'émotion quand une décision contraire à ce que je voudrais est prise. J'y vois plus du détachement émotionnel que de l'avarice dans ce cas. Je relie ceci à ce que Tom Condon a écrit dans L'Ennéagramme dynamique : type 5 : "Les 5 désintégrés croient inconsciemment que le monde n'est socialement pas négociable et donc attendent
que les autres passent à l'action au lieu de prendre eux-mêmes l'initiative."

 

La notion de "monde socialement non négociable" me parle beaucoup. Lorsque l'autre a décidé, alors puisqu'il l'a dit, logiquement, il ne va pas me dire le contraire deux secondes après. Donc à quoi bon chercher à négocier ? Je peux prendre l'initiative, mais si l'autre la prend avant et si elle est contraire à la mienne, ça demande un effort d'aller à l'encontre et d'accepter mon propre ressenti. Dans des moments plus désintégrés, je peux aussi pré-supposer que l'autre a pris une décision alors qu'il n'a rien dit, et donc je lui laisse l'initiative, et là ça rejoint les deux parties de la phrase de Tom Condon.

Je peux donner un autre exemple pour répondre à Jérôme sur ce sujet. Il y a régulièrement des cas comme celui-ci : je suis au travail, un collègue me demande un coup de main sur un problème technique. Je vais à son bureau, on y passe 1h environ, et à la fin il me remercie de l'avoir aidé. Et là, je bloque : je réponds quoi quand on me dit merci pour mon aide ? En général, j'ai constaté que je réponds "OK" ou je marmonne un truc à voix basse pour donner une réponse mais comme je ne sais pas quoi répondre, je me dis que ça peut passer. En fait, je bloque fortement sur un risque de réagir émotionnellement au merci, mais du coup, je bloque aussi la réponse orale. À ce moment-là, il n'y a "plus rien" qui peut sortir-ressentir-réagir, dans la tête ça tourne au maximum pour trouver une réponse, mais au final il sort "OK". Une fois le moment passé, ça ne loupe pas, je me dis que répondre ok n'était pas socialement le plus adapté, et que finalement ça aurait été plus simple s'il n'était pas venu me demander de l'aide.

@Jérôme :

"Les 5 trouvent le monde trop exigeant, imprévisible ou potentiellement menaçant."
Pour moi, un élément est ce que je décris dans le premier message de la discussion "Le 5 peut-il aussi agir comme un caméléon ?", dans le paragraphe où le mot "comprendre" apparaît le plus souvent. Le fait d'aborder chaque micro-situation avec un réflexe de "comprendre" plutôt que de "vivre", rend le monde un peu bizarre et en décalage avec l'impression donnée par les autres. Ceci renforce le fait qu'il soit trop exigeant et imprévisible, mais pas spécialement menaçant.

D'un point de vue social, c'est une évidence que le monde est trop exigeant ! Même si un probable sous-type S+ tend à équilibrer en apparence ceci du point de vue extérieur, c'est une autre histoire vue de l'intérieur. Il y a trop à comprendre et à rester sur le qui-vive pour tenter d'arriver difficilement à la cheville de l'aisance sociale que les gens semblent avoir en général. Ça demande une dépense d'énergie considérable alors qu'autour, ça semble être une évidence de savoir le faire naturellement. Le décalage est alors d'autant plus évident pour moi.

 

C'est le mental qui tente de tout gérer en fait, alors qu'il n'est pas le plus adapté. Mais si je laisse parler les autres centres, surtout l'émotionnel, il y a risque d'être exposé, et cette exposition exposerait, justement, "rien". Peut-être là est le vide intérieur.

Autre exemple : je déjeune avec un ami et ex-collègue que je ne vois pas souvent. Une fois à table, c'est parti, je me demande qu'est-ce que je peux bien lui dire (alors qu'à l'origine, une dose de S+ m'a fait accepter le repas sans hésiter). Soit j'ai des choses à dire, auquel cas j'ai donc en stock de quoi parler (en général de la "connaissance", rarement comment je vais ou des choses comme ça, sauf si j'y pense explicitement et que je l'introduis alors au mental), soit je le laisse faire, le cas général. S'il se met à parler, alors quoi qu'il arrive, je le laisse dire ce qu'il a à dire (si c'est intéressant tant mieux), et ceci permet de combler le temps avec au moins ça. Mais d'une façon ou d'une autre, je finis par arriver sur "mon terrain" avec le risque de partir en "traité".

 

Il m'arrive parfois quand j'y pense de faire à l'avance une liste de choses à dire, et j'essaie de les distiller régulièrement et d'éviter de tout griller d'emblée et de ne plus rien avoir à dire, avec le risque d'être "au bout" comme le dit Claire. Une fois arrivé là, au plus je force pour trouver quelque chose à dire, au moins je trouve quelque chose à dire.

 

Là, oui, je me dis que le monde est trop exigeant (au sens social). En fait, je suis trop occupé à chercher à produire un lien social au lieu que ce soit "naturel". Si je ne produis pas ce sur-effort, il y a une sorte de risque, comme un risque qu'il n'y ait "plus rien" et que ce soit dévoilé. C'est peut-être la peur du vide intérieur.

Amicalement,
Patrick

Patrick, 5 alpha, C+ S= X-/=

Aile principale : 4

Aile secondaire : 6

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Bonjour Patrick,

"Pour moi, un élément est ce que je décris dans le premier message de la discussion "Le 5 peut-il aussi agir comme un caméléon ?", dans le paragraphe où le mot "comprendre" apparaît le plus souvent."
J'ai fait Ctrl-F avec mon navigateur préféré et j'ai tapé comprendre pour comprendre… Magnifique ! :rofl:

Blague et avarice à part, merci pour la générosité et la précision de ton témoignage.
Je trouve très parlante la façon dont tu expliques que le centre mental n'arrive pas à faire confiance au centre émotionnel pour gérer le lien social.

Très amicalement,
Jérôme

Jérôme E9 mu, aile 1, C =/- S -/+ X =/+

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Et c'est ainsi que je réponds des mois après l'avoir envisagé."

Un des problèmes des voyages spatiaux de longue durée est la communication entre les vaisseaux et la Terre. Depuis Mars il faut huit minutes à un message pour nous parvenir. Donc un échange comme :

— Comment ça va ?

— Pas mal. Et toi ?

— Ça roule, d'autant qu'il fait beau. Et chez toi ?

— Tu sais, les nuages sur Mars…

aurait pris 24 minutes. Avec un équipage de 5, on ne perdait pas de temps avec des sujets pareils, et puis l'attente ne poserait pas de problème. J'attends donc une offre d'embauche de la NASA, de ROSCOMOS ou de la CNSA pour sélectionner les équipages.

 

Et puis quand un message est aussi clair, cela vaut le coup d'attendre. Merci, Patrick.

 

Tu t'interroges plusieurs fois pour savoir si une attitude manifeste le détachement ou l'avarice. Il est certes important de distinguer les manifestations de centre mental de celle du centre émotionnel, mais la réponse est probablement les deux. Quand l'ego est activé, chaque centre fait son travail égotique et même si une caractéristique est plus présente, les autres sont le plus souvent là sous-jacentes.

 

Très amicalement,

Fabien

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Bonjour à tous,

 

Quel temps fait-il chez vous ? lci il fait beau.

 

À très bientôt. :bye:

Yves

 

P.S. : Patrick, j'ai été agréablement surpris en lisant ton message. Je l'ai trouvé intéressant, clair et utile. J'ai trouvé des points communs entre nous : la procrastination liée à l'avarice d’information, le détachement-avarice à l'école (ou bien en présence de plus de deux personnes), compartimenter, cacher ce que j'écris, l'aspect austère de mon premier logement, mon état d'âme à la pensée de devoir faire les courses, trier les aliments, enclencher le filtre d'attention de l'ego en société. Je constate la difficulté d'accéder à nos propres ressentis en société. En te lisant, je me suis senti rassuré et solidaire.

Yves (E5 alpha, ailes 4 et 6, C- S= X-/+)
"Attendre d'en savoir assez pour agir en toute lumière, c'est se condamner à l'inaction." (Jean Rostand)

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@Jérôme :
Content de voir que j'ai pu décrire efficacement ce point de détail pour référencer une autre conversation. :happy:

@Fabien :
Je pense aussi que certains points vont s'éclaircir avec un stage Sous-types afin de mieux cerner les impacts que S+ peut avoir.

@Yves :
Content aussi de voir que tu peux t'y retrouver, c'est vrai que c'est rassurant de voir que finalement, on n'est pas le seul ainsi. Il y a un point de détail que je n'ai pas développé, c'est sur la façon de faire les courses. J'ai écrit ceci :

Je concentre le fait de faire les courses pour y aller le moins possible (causes : ça demande de bouger et d'affronter trop de monde en faisant la queue, donc je préfère le soir en semaine, mais lorsque le soir arrive, j'ai pas forcément envie), donc je reste attentif à ne pas tomber "en panne".

Plus précisément j'ai constaté que lorsque j'ai déménagé il y a quelques années, j'ai vécu un peu une sorte de renouveau. Passer d'un mini vieil appartement où on entend tous les voisins à un appartements presque trois fois plus grand et neuf avec vue sur de la nature, ça a eu les conséquences suivantes :

  • J'ai acheté deux plantes que j'ai mises sur mon balcon alors que j'ai toujours eu horreur d'avoir "des choses vivantes" chez moi. Ça peut paraître anodin, mais c'est beaucoup. Surtout qu'il a fallu les entretenir, les rempoter, etc. (instinctif).
  • J'ai fait un peu de bricolage pour aménager. Pas dans de la déco comme dit précédemment, mais plutôt sur comment ranger au maximum en utilisant le moins de place possible.
  • J'ai apprécié sortir faire des courses ou juste sortir au centre commercial, "juste comme ça".

En terme d'Ennéagramme, j'interprète ceci comme une période d'intégration (peut-être pas très grande à cause de l'avarice manifeste de l'appartement qui est resté spartiate ?), puisque j'ai été plus ouvert au travail, en famille et la pression sociale était moins forte que d'habitude.

En s'y habituant, je suis revenu à mon niveau "normal". Mais il m'arrive parfois de me sentir de nouveau un peu comme ça, mais plus ponctuellement, pas de façon aussi continue, et dans ce cas, je peux sortir juste pour sortir. Et dans ces cas-là précis, si c'est sortir pour faire des courses, alors c'est même agréable de sortir faire les courses. Je ne sais pas si ce sont des "mini-intégrations", parce que si j'apprécie grandement le faire, c'est tout de même tout seul que je l'apprécie, mais ce que je sais, c'est que globalement ce n'est pas ce schéma qui apparaît mais plutôt celui décrit dans mon message précédent.

Patrick

Patrick, 5 alpha, C+ S= X-/=

Aile principale : 4

Aile secondaire : 6

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