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Le 8 et le pardon


Sophie8

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Bonjour à tous,

 

J’aimerais vous parler de quelque chose qui m’est arrivé. Depuis 1 an et demi, je prenais une formation en massothérapie. Après m’être informée à plusieurs écoles de massothérapie, mon choix s’est arrêté sur une école en particulier, à cause de l’approche. La personne qui donnait ces cours était très douce, (je recherche la douceur), elle donnait vraiment l’impression d’être également compréhensive, sage, respectueuse de l’être humain, simple et humble (ce que je recherche particulièrement à ce stade-ci de ma vie). Par contre, après un certain temps, je me suis rendue compte que cette personne n’était pas tout à fait ce qu’elle véhiculait, j’ai eu beaucoup d’indices au cours de cette formation, mais je pense que je ne voulais pas vraiment voir ce qui se passait réellement (déni). Finalement, il est devenu très évident dernièrement que derrière ce beau «paraître», il y avait autre chose… Quelle déception… La supercherie, la manipulation, la ruse, la trahison, faisaient partie de son côté ombre. J’ai abandonné mes cours parce que je me sentais mal… de poursuivre avec cette personne et que je ne voulais pas lui dire tout ce que je pensais parce que j’avais peur de moi… parce que j’avais oser croire… que cela existait, j’avais peur de mes paroles qui l’auraient sans aucun doute blessée… soyez sans crainte, j’en suis capable ;o(( Alors, je me suis mise à écrire ma terrible déception, pour en faire un exutoire… Ce qui me sauva du pire !

 

Comme il n’y a jamais de hasard dans la vie, j’ai reçu un petit mot «banal» de cette personne cette semaine et quelque chose d'étrange s’est passé en moi. Toute l’agressivité que j’avais à l’intérieur de moi face à cette situation s’était dissipée. Sincèrement, je lui souhaite bonne route (ce n’est pas la mienne) et je m’en sens bien dégagée. Je me sens en paix maintenant.

 

Mais voilà que je me permets de douter… ce qui n’est pas rassurant pour un HUIT. La question que je me pose. Est-ce à nouveau du déni, du pardon ou autre chose ? Je me sens dans un tourbillon initiatique depuis quelque temps qui amène toutes sortes de situations qui me font me confronter et me questionner.

 

Il me semble que le HUIT a de la difficulté à pardonner !

 

Si vous avez un son de cloche, une piste à me faire découvrir, n'hésitez surtout pas, j’apprécierais vraiment beaucoup ;o))

 

Merci de m’avoir permis de m’exprimer.

 

Sophie

Montréal

Sophie

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Fabien Chabreuil

Bonjour Sophie,

 

Je me suis permis de recopier ton message dans une nouvelle discussion afin de faciliter la lecture et la compréhension de ce panneau.

 

Je réponds un peu rapidement à ton message car ce week-end j'anime un stage sur l'Ennéagramme… et le Pardon.

 

Tu poses une question très importante et très difficile : comment être certain d'avoir pardonné ?

 

Tout d'abord, il est vrai que "le HUIT a de la difficulté à pardonner !". Le deni, son mécanisme de défense, peut l'empêcher de reconnaître sa colère et sa souffrance et quand il les a reconnues, la vengeance, sa fixation, l'empêche de pardonner.

 

Dans notre cursus, le pardon fait partie d'un processus de développement psycho-spirituel, cartographié sur un ennéagramme des processus.

Pour simplifier, on passe par des phases de connaissance de soi, de connaissance des autres, de pardon, de compassion, etc.

 

On ne peut donc entrer dans un processus de pardon que si on a suffisamment d'expertise en connaissance de soi, c'est-à-dire de capacité à s'observer et à analyser ses comportements et ses motivations. (Rappelons que l'observation de soi n'est pas uniquement quelque chose qui se fait comme cela, mais un ensemble de techniques qui s'apprennent, chez nous dans le stage Essence.)

 

A partir de là, il est plus aisé de savoir si on a pardonné ou pas.

Si tu as un doute, tu peux tenter une des pistes suivantes, encore que là aussi il n'est pas difficile à notre ego de nous masquer une part de la vérité.

- Tu peux identifier dans ta vie quelque chose que tu es certaine d'avoir pardonné. Pense à cela, puis à cette formatrice. Le ressenti est-il semblable dans les deux cas ou non ?

- Imagine-toi avec le plus de précision possible en train de passer un long moment avec cette personne, un dîner par exemple. Comment te comportes-tu ? Y a-t-il de l'agressivité directe ou indirecte (ironie, sarcasme…) ?

- Si tu connais des techniques comme le focusing, pratique-les en pensant à cette personne. Que se passe-t-il ?

 

Une autre piste consiste à essayer d'aller à l'étape suivante du processus, la compassion. Là aussi, si tu connais des techniques de compassion comme Tong Len, essaye de les appliquer sur cette personne. Si tu en es capable, c'est que le pardon est fait.

 

Très cordialement,

Fabien

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Bonjour Fabien,

 

Merci de m’avoir éclairé un peu sur la question du pardon. Comme tu me l’as suggéré, j’ai fait une méditation et je me suis imaginée un long repas avec cette personne. Je n’ai pas ressenti d’agressivité directe ou indirecte, mais plutôt aucun intérêt d’être en sa compagnie, étant donné que cette personne n’est pas très crédible maintenant. Ce qui me venait surtout, c’était une certain pitié, de la voir se raconter tant d’histoires pour justifier sa grande bonté.

 

Quand l’agir ne correspond pas aux paroles, il y a de quoi douter. Quand l’agir est relié qu’à un intérêt financier, il y a de quoi se méfier. Quand on rencontre ce genre de personne, on a envie de poursuivre son chemin, car je ne parcours pas les mêmes sentiers.

 

Je ne prétends pas avoir terminé ma réflexion sur cet événement, mais je crois avoir certains indices maintenant. Une chose est sûre, c’est que je n’y pense pratiquement plus et quand cela arrive, je ne sens plus cette colère et je n'imagine plus le pire pour elle, je ne me réveille plus la nuit et je me sens en paix à l’intérieur de moi.

 

J’ai l’intention de suivre des ateliers en PNL ou en FOCUSING à l’automne prochain, mon choix ne s’est pas encore arrêté sur l’une ou l’autre de ses approches. Je réfléchis encore…

 

Fabien, est-ce dans vos projets futurs de venir au Québec pour donner des stages ?

 

Merci !

Sophie

Montréal

Sophie

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Fabien Chabreuil

Bonjour Sophie,

 

Effectivement quand le pardon est fait, le souvenir de ce qui s'est passé ne revient plus sans raison. C'est un des indices principaux : le passé reste passé et dans le présent, nous avons mieux à faire.

 

PNL et Focusing sont deux techniques bien passionantes, et je les perçois comme très complémentaires. Le champ de la PNL est beaucoup plus large et il y a dans le Focusing une qualité de lâcher prise (de la part du client comme de la part du thérapeute) qui en fait un outil unique.

 

Très cordialement,

Fabien

 

P.-S. : Patricia et moi sommes déjà allés au Québec à titre touristique et nous avons vraiment apprécié aussi bien le pays que les gens que nous avons pu y rencontrer. C'est dire que nous y donnerions volontiers des stages. Il faudrait qu'un institut québecois les organise…

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Marie-Hélène

Bonjour,

 

Une petite parenthèse pour dire que si vous donniez des stages dans la province… j'irais… c'est assuré !

Marie-Hélène, E6 alpha, aile 7, conservation

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Bonjour,

 

Je suis une troisième personne intéressée à assister aux stages de Fabien et de Patricia, s'ils venaient dans notre Province. Je suis assurée d'y trouver d'autres personnes intéressées dans mon entourage.

 

Donc, QUI organise ???

 

Mes meilleures salutations

Blanche

 

N.B. : Sophie, nos échanges m'ont amenée à cheminer sur le panneau des incertitudes !!! Je te salue et te remercie et souhaite te lire encore.

Blanche (E6 mu, sous-type force/beauté)

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  • 5 months later...

Bonjour à tous,

 

Je viens mettre mon grain de sel dans cette conversation.

 

Je ne dormais pas cette nuit et j'ai réouvert le livre de Jean Monbourquette, "Aimer, perdre et grandir", sur le deuil. Je repensais à ma mère qui est décédée en janvier 1999.

 

Et je vous cite ici un petit extrait sur le pardon :

 

"Malgré les tabous sociaux contre la colère… Il est bon de se rappeler que l'émotion de colère est tout autre chose que la haine ou le ressentiment. L'une de ces différences se trouve dans le fait qu'une fois exprimée la colère s'évanouit, tandis que le ressentiment n'en finit plus de ronger le coeur et de faire surface, surtout s'il est entretenu."

 

Je crois profondément qu'une saine colère exprimée au "Je", c'est-à-dire d'une façon responsable, est libératrice et permet de régler les choses.

 

Dis-moi, Fabien, dans une autre conversation avec Phil, je t'avais demandé quelle était la meilleure thérapie pour le 4. Eh bien, maintenant que je suis certaine d'être une 8, je te pose la même question au sujet du 8.

 

Merci !

 

Bonne journée à tous.

 

Pierrette

Pierrette – E8

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Fabien Chabreuil

Bonjour Pierrette,

 

Merci de ce très beau texte de Monbourquette que je ne connaissais pas alors que j'apprécie beaucoup cet auteur.

 

Effectivement, tout émotion est légitime et donc la colère l'est aussi. Elle est une énergie qui pousse à l'action et il n'est pas étonnant de la retrouver au coeur du centre instinctif.

Quand l'émotion, quelle qu'elle soit, est artificiellement prolongée et/ou amplifié, alors elle cesse d'être légitime.

 

Cette distinction entre colère et haine-ressentiment me semble donc bien pertinente.

 

Très cordialement,

Fabien

 

P.-S. : même réponse qu'à Phil, il n'y a pas de thérapie idéale pour les 8. On ne peut que répondre au cas par cas en fonction de la personne et de son niveau d'intégration.

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Bonjour Fabien,

 

Tes paroles me font un bien IMMENSE. Serais-je la seule à avoir de la difficulté à être accueillie lorsque j'exprime mes émotions ? Surtout lorsqu'il s'agit de peine ou de colère. Même une colère saine, responsable, exprimée au "JE", comme je l'ai appris (j'ai consacré beaucoup de temps à cet apprentissage).

 

Et il m'arrive encore de faire une colère défensive - j'aime moins, mais c'est beaucoup plus rare.

 

J'aime lire "Toute émotion est légitime" et cela me rassure quant à votre approche, Fabien. Vous accordez à l'émotion la place qui lui revient - légitime. J'avais peur que ce soit très très très rationnel.

 

Mais dis-moi, comment peut-on "artificiellement amplifier ou prolonger une émotion" ? Tu pourrais me donner un exemple ?

 

Personnellement, à compter du moment où j'ai commencé à exprimer ma peine, on dirait que je suis tombée dedans, pendant un certain temps. Et je suis devenue "un peu" victime. :) Cela me semble faire partie du processus, mais… y aurait-il eu moyen d'éviter cela ?

 

Et peut-être que lorsqu'on a contenu toutes ses émotions pendant tellement d'années, il y a un trop-plein à déverser pendant un certain temps, comme une rivière au moment de la crue des eaux ???

 

Aujourd'hui, lorsque j'exprime une émotion, il n'y a plus toute cette charge émotive derrière qui rendait la chose démesurée. C'est plus paisible, c'est plus au quotidien. Le gros ménage du printemps est fait.

 

Moi aussi, j'aime la distinction qu'apporte Monbourquette entre colère et haine-ressentiment. Cela m'apporte un éclairage que je trouve intéressant. Je sais que vous faites faire un travail sur le pardon dans vos stages.

 

D'ailleurs, j'aurai des questions - un autre jour, Fabien ! - sur ce que vous dites sur le pardon.

 

J'ai des tonnes de questions ! Tu n'es pas surpris, j'imagine ? :)

 

Bonne journée à tous !

 

Pierrette

Pierrette – E8

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Fabien Chabreuil

Bonjour Pierrette,

 

"Comment peut-on 'artificiellement amplifier ou prolonger une émotion' ? Tu pourrais me donner un exemple ?"

Je suis certain que tu as de nombreux exemples dans ta vie ! Je crois me souvenir que tu as parlé de dramatisation dans un de tes messages. Quand un 8 manifeste une colère excessive, quand il la prolonge dans sa fixation de vengeance, il est dans ce mécanisme.

Bien entendu, préférant le centre émotionnel et l'utilisant vers l'intérieur, les 4 font cela plus que les autres types, notamment sur leur souffrance, leur tristesse et leur mélancolie, mais aussi sur leurs accès de gaieté souvent excessifs. Cependant, tous les autres types peuvent pratiquer cet exercice : en tant que 7, il m'est arrivé d'amplifier des émotions de joie et des rires pour être en contact avec les autres et les entraîner dans une certaine direction…

 

Je suis d'accord avec toi sur cette notion de trop plein. Les larmes accumulées doivent sortir. J'ai vu des gens pleurer plusieurs fois par jour pendant des semaines suite à une découverte thérapeutique.

C'est d'ailleurs une des grandes difficultés du travail avec les gens réprimant les émotions. S'ils l'ont fait, c'est parce qu'ils y avaient des émotions douloureuses qu'ils ne voulaient pas vivre et ce sont bien sûr les premières qui ressortent ! Je me souviens d'une 8 alpha en stage qui ne comprenait pas très bien ce qu'étaient les émotions et qui n'en ressentait guère. Un jour, toujours en stage, le contact se fait et bien entendu, ce qui surgit en premier, c'est une ancienne souffrance qu'elle avait soigneusement enterrée. Elle se retrouve en larmes devant le groupe (une faiblesse, selon elle) et se précipite vers moi, absolument furieuse et hurle : "Si c'est cela que tu appelles être en contact avec les émotions, je ne veux pas ! PLUS JAMAIS ! TU ENTENDS ! PLUS JAMAIS !" Depuis elle a courageusement (un pléonasme pour une 8) continué sa recherche et sait aussi vivre des émotions douces. Happy end !

 

C'est souvent difficile de savoir si on vit une émotion sur sa "bonne" durée et à sa "bonne" intensité ou si on la prolonge (ou la raccourcit) et l'amplifie (ou l'atténue) artificiellement. Là aussi, tout commence par l'auto-observation. Je sais, je radote…

 

Très cordialement,

Fabien

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Bonjour Fabien,

 

Merci de ta réponse. C'est clair.

 

Lorsque tu avais parlé d'amplifier ou prolonger artificiellement une émotion, ce à quoi j'avais pensé, c'étaient les nombreuses thérapies d'un week-end ayant pour thème, par exemple, "Retrouver l'enfant en soi" et où, parfois, on provoque des décharges émotives.

 

J'ai parfois eu l'impression qu'on ouvrait les gens et qu'on les laissait repartir sans les refermer.

 

L'auto-observation… mais oui, bien sûr…

 

Il m'arrive encore d'amplifier ou de prolonger, je crois, surtout lorsqu'un événement me ramène à une blessure profonde.

 

Serais-ce que le pardon n'est pas complètement fait ? La majorité de mes blessures profondes sont reliées à ma mère. Ma mère est décédée l'année dernière, comme je l'ai mentionné précédemment.

 

Ce fut un choc immense - elle paraissait en pleine forme bien qu'elle ait 74 ans. Je ne m'y attendais pas du tout. Nous avons toujours eu des luttes de pouvoir. Du fait que nous avions une relation conflictuelle, je n'aurais jamais cru avoir autant de peine.

 

Lorsque je pense à elle maintenant, c'est en voyant la petite fille qu'elle a été, les manques qu'elle a vécus, et je vois qu'elle se cachait derrière une façade de femme forte qui n'a peur de rien… hum… une 8, peut-être, alors qu'elle était morte de peur.

 

Je ressens de la compassion, aujourd'hui, lorsque je pense à elle. Et j'ai le sentiment de lui avoir pardonné. Mais lorsque je touche à un manque que j'ai vécu dans mon enfance face à elle, j'ai encore de la peine, sans toutefois ressentir de colère.

 

serait-ce que le pardon n'est pas complété ? Ou bien est-ce normal de continuer à ressentir une certaine peine, de temps à autre, en touchant à un manque ? Je te donne un exemple.

 

Lorsque je vois une mère et sa fille qui ont une belle relation, une relation supportante et nourrissante pour la fille, je ressens de la peine de ne pas avoir eu une telle relation avec ma mère. Et j'ai les larmes aux yeux. Et ça dure peut-être deux minutes et je passe à autre chose.

 

Qu'en penses-tu ?

 

J'espère que tu ne vois pas d'inconvénient à répondre à toutes mes questions, Fabien.

 

En tout cas, personnellement, j'apprécie beaucoup tes réponses…

 

…même quand tu radotes… :)

 

Merci !

 

Pierrette

Pierrette – E8

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Fabien Chabreuil

Bonjour Pierrette,

 

Il est très difficile de répondre à ta question à plusieurs milliers de kilomètres de distance.

 

Le pardon n'est pas la disparition totale des émotions. Quand quelqu'un a subi une violence, il est normal que, quand il y repense, il puisse éprouver de la colère ou de la tristesse. S'il se disait que ce n'est rien, on serait dans le déni, qui n'est pas du pardon mais de l'auto-anesthésie.

 

Celui qui a pardonné n'y repense que quand la vie lui rappelle l'expérience.

Celui qui n'a pas pardonné y repense trop souvent, sans raisons particulières, simplement parce que cette expérience continue à l'obséder. Alors, il revit pour rien la scène dans sa tête et se réinflige à lui-même l'offense. Une fois suffit ! Il est inutile de devenir son propre bourreau.

Faire la distinction entre les deux n'est pas toujours simple.

 

Très cordialement,

Fabien

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Très cher Fabien,

 

Encore une fois dans le mille !

 

Mais non, pas difficile de répondre à ma question, même à des milliers de kilomètres !

 

"Celui qui a pardonné n'y repense que quand la vie lui rappelle l'expérience". C'est on ne peut plus clair, et aidant pour moi. J'ai maintenant un outil de mesure.

 

J'adore les outils !

 

Je te remercie d'avoir pris le temps, encore une fois. Merci de ta générosité.

 

À la prochaine ! :) Et bon week-end à Patricia et à toi.

 

Pierrette

Pierrette – E8

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