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l’ennéagramme

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Bonjour Fabien,

 

Voilà un texte que j'ai écris alors que j'étais très bien (eh oui, ça peut arriver à une 4). Cela fait longtemps que je voulais vous le transmettre. Depuis, je me fais à nouveau des bonnes "descentes" dans l'ego et suis à la recherche de la clef vers le paradis.

 

"Après avoir fait preuve de foi, de ténacité et de persévérance, de luttes et de batailles rendues, c'est bien à cette conclusion que j'étais arrivée : il fallait que je passe par ces turbulences dans lesquelles il me fallait tenir ferme la barre, savoir être debout et trancher dans tout et avec tout ce qui ne me convenait pas (et tant pis pour mon ego !) ; il fallait que je passe à travers tous ces vortex et que j'accepte de devoir en passer encore et encore tout en sachant que lorsque je suis dedans, ce n'est que pour un temps et que derrière, c'est à nouveau le calme, la sérénité, l'équanimité dans lesquelles je me sens forte et libre. Je sais quand ces grands moments de bonheur sont là car je me sens comme un oiseau planant très haut, comme un aigle au vol puissant et majestueux. Plus rien n'a momentanément de prise sur moi. Mon attention n'est plus portée sur ce qui me manque ou sur ce qui ne me manque pas. Je ne me compare plus aux autres et je ne compare pas les états d'être des autres au mien.

Je ne suis plus dans l'envie. Je suis tout simplement bien dans mon corps, dans ma tête et dans mes émotions momentanément apaisées. Je suis bien là où je suis au moment où j'y suis. Le moment présent devient totalement, intensément, présent, dans ce qu'il a de beau et de sacré, et il n'y a plus que lui qui compte. Là, je sais que je suis dans le bonheur, mon bonheur intérieur et extérieur. Mais c'est parce que j'ai goûté à ces moments de parfaite intégration, certes très courts au début mais qui, avec le temps, sont devenus de plus en plus longs, que je sais que lorsque les turbulences sont à nouveau là, il ne me faut pas que je m'y arrête trop mais plutôt que je me fasse confiance, que je fasse confiance à la vie pour trouver, à nouveau, la clé qui ouvrira la porte de ces cieux radieux et délicieux.

Bises à toi.

Bridget (4 mu, aile 3, C +/- S --/+ X +/-)

Fabien Chabreuil
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Bonjour Bridget,

 

Quoi qu'on fasse l'ego est toujours là et connaît ses crises ! Même pendant ce temps-là, l'essence aussi est toujours là !

 

Imagine que tu écoutes chez toi un morceau de musique que tu aimes. Soudains, dans la rue, se déclenche un marteau-piqueur. Tu n'entends plus que lui et te plains du bruit. Pourtant, la musique est toujours présente, mais simplement tu ne sais plus lui porter attention tant la gêne est forte. Ego et essence, c'est un peu la même chose. Il s'agit d'apprendre à écouter la musique de l'essence, même quand l'ego fait du bruit.

 

L'ego est accro à l'attention de ton observateur intérieur. Si nous lui donnons toute notre attention, il voudra cette dose en permanence. Un de ses pièges est de nous faire croire que c'est ego ou essence, alors que c'est ego et essence. Si nous croyons que c'est ego ou essence, alors l'ego gagne systématiquement. Quand notre attention est sur lui, il est content ; mais quand l'attention a été sur l'essence, dès qu'elle sera à nouveau sur lui, il va générer regrets et objectifs qui lui permettront de se renforcer et de garder la main.

 

Le paradis n'a pas de clé. La porte est toujours ouverte, alors bien sûr, on entend les bruits extérieurs et on voit ce qui se passe à l'extérieur : c'est une occasion d'amour et de service. Même à l'égard de soi.

 

Très amicalement,

Fabien

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Bonjour Fabien,

 

Merci pour tes encouragements.

 

Je vais tenter de t'expliquer pourquoi j'ai dit que j'étais dans une "descente égotique actuellement".

 

Effectivement, même si je sais que l'ego et l'essence ne sont pas dissociés ou si j'ai perçu une partie du phénomène, je dois dire qu'il est quand même plus confortable et plus facile d'être en connexion avec son essence lorsque l'on est dans un état de bien être physique et intérieur que losque l'on souffre et de surcroît physiquement. En ce qui me concerne je sais que lorsque je suis mal (et là je parle physiquement), j'oublie beaucoup plus facilement que même là, dans la souffrance se trouve l'essence et j'ai l'impression d'être "descendue" dans je ne sais quel trou d'où je ne sais pas quand j'en sortirais.

 

Je parle de cela car c'est vraiment ce qui est en train de m'arriver actuellement.

 

Mon corps m'a terriblement fait souffrir ces derniers temps. Et là, dans la souffrance (je parle bien de souffrance physique et non de la souffrance intérieure du 4 puisque je ne pouvais plus marcher à cause d'un problème à la hanche - alors avec les grèves, je ne te dis pas la galère. Pour dire, j'arrivais au bureau en larmes tellement j'avais mal !), je me suis rendue compte que l'orientation, la vertue et l'idée supérieure de mon type me semblait bien loin, et qu'il m'était très difficile de rester dans l'équanimité. De sale humeur, je me suis surprise à envier les gens qui pouvaient marcher sans problème. J'avais beau me dire que c'était mon ego qui parlait, je ne pouvais m'empêcher de penser que je n'étais pas comme les autres, que plus jamais je ne serais comme les autres, et les encouragements des unes et des autres n'y faisaient rien. Je me suis surprise à penser que décidément ils ne comprenaient rien !

 

Bon, depuis une semaine, je suis en traitement ce qui atténue bien la douleur même si je sens que ce n'est pas encore ça. Mais en souffrant moins, du coup, je sens que je peux à nouveau me laisser aller vers la recherche du beau, même dans ce qui vient de m'arriver afin de retrouver un l'équilibre intérieur indispensable à mon bien être moral. C'est un peu comme si la souffrance en déclenchant des tempêtes physiques avait redéclenché des tempêtes intérieures que je croyais très largement calmées.

 

Bon, je ne sais pas si tout cela est bien clair mais, en tant que 4, je me rends vraiment compte que j'ai besoin d'être réeellement complice avec mon corps pour que je sois bien dans ma tête, sinon c'est la catastrophe. Je vois alors les efforts pour maîtriser ma "quatritude" réduits à néant ce qui augmente les travers de ma quatritude. Je sais que je ne suis pas seule dans ce cas puisque dans vos stages (Essence et Eveil je crois), vous nous faites connecter, tous types confondus, au corps avant d'entreprendre des exercices liées à l'essence de nos types. Et je sais que pour moi, ça a été toute ma vie : tenter d'être bien dans mon corps pour être bien dans mon ego et retrouver le chemin vers la sérénité intérieure. Mais là, ces derniers temps, la souffrance physique a eu raison de mes efforts et j'avoue que ça m'a "foutu" un sacré coup à mon ego ! :sarcastic:

 

Bises à toi. :surprised:

Bridget (4 mu, aile 3, C +/- S --/+ X +/-)

Fabien Chabreuil
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Bonjour Bridget,

 

Ah oui, quand le corps souffre, les difficultés se multiplient. La douleur donne du grains à moudre à l'ego qui trouve des sujets à traiter. C'est normal, les problèmes physiques activent l'instinct de conservation et donnent un champ d'action à la compulsion. (Il y a eu une brève discussion sur les types et la douleur physique.)

 

Je crois qu'il faut être vraiement très intégré, mais alors très très, pour ne pas redescendre à ces moments-là. Simplement, comme d'habitude, tout le travail fait sur soi, s'il n'empêche pas totalement la descente, la rend moins profonde et moins durable.

 

Soigne-toi bien.

Grosses bises. Très amicalement,

Fabien

  • 2 months later...
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Bonjour Fabien,

 

J'ai tardé à te répondre mais enfin me revoilà. J'avais, pour beaucoup, écrit ce texte il y a quelques mois. Je suis obligée de le revoir aujourd'hui en changeant les temps des verbes car lorsque j'avais posé les mots, je les avais mis au présent alors qu'aujourd'hui je vais utiliser l'imparfait. Tout ça pour te dire que ça va beaucoup mieux.

 

Je vais donc tenter de t'expliquer pourquoi j'ai dit que j'étais dans une "descente egotique".

 

Effectivement, même si intellectuellement on sait (grâce à vous Fabien et Patricia) que l'ego et l'essence ne sont pas dissociés, je dois dire qu'il est quand même plus confortable et plus facile d'être en connexion avec son essence lorsque l'on est dans un état de bien être physique et intérieur que lorsque l'on souffre.

 

Bon, je suis une 4 et la souffrance intérieure je connais et j'ai développé, avec le temps, mes trucs pour me sortir de ces états tempétueux intérieurs. Quand le mal être pointe son nez, je me dis "fais gaffe, c'est ton ego qui parle, alors maîtrise (petite désintégration au passage en 1 !)" et sors toi de là vite fait.

Mais de ce qui est la souffrance physique, là c'est une autre histoire. La maîtrise n'y fait pas toujours grand chose, surtout lorsque la souffrance se voit et ne se maîtrise pas comme ça a été le cas pour moi ces derniers temps. En effet, je me suis retrouvée dans l'incapacité physique réelle de ne plus pouvoir monter les escaliers par exemple, tellement ma hanche me faisait mal. La souffrance était tellement visible que lorsque j'arrivais au bureau, on me laissait pleurer pendant une demi-heure dans mon coin avant de revenir me parler. Et moi, là, seule en face de moi-même, je ne savais pas ce qui se passait, je pleurais tout mon saoul et je me disais que personne ne pouvait comprendre ce qui m'arrivait. Je me sentais à nouveau seule comme jamais en face de tous mes démons qui remontaient avec violence à la surface. Pour couronner le tout, l'imagerie médicale à laquelle j'ai dû me plier, a permis de diagnostiquer un début de "remaniement dû à une dégénérescence" avec une suspicion de je ne sais plus quoi qui demandait une exploration plus poussée avec je ne sais quelle technique que je me suis refusé d'accepter car on m'a précisé qu'à l'issue de cet examen, s'il était positif, il n'y avait rien à faire à part se doper aux antiinflammatoires. Pour moi, donc, plus rien ne serait comme avant ! A la souffrance physique s'ajoutait la souffrance de l'ego (mais n'est-ce pas la même chose !) avec notamment sa nostalgie des temps passés, des temps heureux où je faisais de la montagne. Et puis tout tournait dans ma tête (mental en patinette !) et je me retrouvais à me dire que je ne pouvais pas penser cela puisque c'était plutôt des temps où j'avais tout pour être heureuse et qui pourtant avaient été emplis d'états intérieurs impétueux et que ça avait été pour cela que j'avais tenté de trouver un peu de sérénité et de beau à ma vie en faisant de la montagne. Donc résultat des courses, ma vie n'a été que souffrance. Du début à la fin, ma vie n'a été qu'une quête de bien-être intérieur et extérieur et tout ça pour arriver à "un début de remaniement dû à une dégénérescence" !). Pourquoi vivre alors !

 

Là, je peux te dire Fabien que même si je me répétais sans cesse que l'essence était quand même là, dans la souffrance, ça ne m'a pas empêché d'avoir le sentiment d'être "descendue" dans je ne sais quel trou d'où il m'était difficile, voire impossible, de sortir.

 

Je me suis rendue compte que l'orientation, la vertue et l'idée supérieure de mon type me semblaient bien loin et qu'il m'était très difficile de rester dans l'équanimité. De sale humeur, je me suis surprise à envier les gens qui pouvaient marcher sans problème. J'avais beau me dire que c'était mon ego qui parlait, je ne pouvais m'empêcher de penser que je n'étais décidément pas comme les autres, que plus jamais je ne serais comme les autres, et les encouragements des uns et des autres n'y faisaient rien. Je me suis surprise à penser que décidément ils ne comprenaient rien !

 

Bon, depuis, du chemin a été parcouru. Aujourd'hui, j'ai lâché beaucoup de choses. Ca va mieux ? Je prends des antiinflammatoires naturels, je me soigne autrement que par la médecine traditionnelle. J'ai pris un abonnement chez ma prof de massage, je fais des étirements tous les jours, et ça va vraiment beaucoup mieux. Du coup, en souffrant moins, je sens que je peux à nouveau me laisser aller vers la recherche du beau, et même dans ce qui vient de m'arriver, afin de retrouver un l'équilibre intérieur indispensable à mon bien-être moral. C'est un peu comme si la souffrance en déclenchant des tempêtes physiques avait re-déclenché des tempêtes intérieures que je croyais pourtant très largement calmées. Preuve qu'effectivement l'ego est toujours et bien là.

 

Bon, je ne sais pas si tout cela est bien clair mais en tant que 4, je me rends vraiment compte que j'ai besoin d'être réellement complice avec mon corps pour que je sois bien dans ma tête. Sinon c'est la catastrophe. Je vois alors les efforts pour maîtriser ma "quatritude" réduits à néant, ce qui augmente ses travers. Je sais que je ne suis pas seule dans ce cas et que ce n'est pas là une caractéristique typique aux 4 puisque dans vos stages (essence et éveil je crois), vous nous faites connecter, tous types confondus, au corps avant d'entreprendre des exercices liées à l'essence de nos types. Et je sais que pour moi ça a été toute ma vie : tenter d'être bien dans mon corps pour être bien dans mon ego et retrouver le chemin vers la sérénité intérieure. Je prends conscience qu'en travaillant sur un centre, on équilibre du coup les autres centres et on revient petit à petit à un état d'équilibre.

 

Mais là, ces derniers temps, la souffrance physique a eu raison de mes efforts et j'avoue que ça m'a "foutu" un sacré coup à mon ego !

 

Bises à toi. :hautetfort:

Bridget (4 mu, aile 3, C +/- S --/+ X +/-)

Fabien Chabreuil
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Bonjour Bridget,

 

Je suis désolé de tout ce que tu as pu souffrir ces derniers temps et je mé réjouis du mieux que tu décris. :hautetfort:

 

En tout cas, merci de ce témoignage. L'ego ne disparait jamais (heureusment d'ailleurs, il est bien utile dans certains contextes) et quand il crie bien fort, il est difficile de ne pas lui accorder toute notre attention. Alors, quand c'est le corps et l'ego qui se plaignent à l'unisson…

 

"Mais là, ces derniers temps, la souffrance physique a eu raison de mes efforts et j'avoue que ça m'a 'foutu' un sacré coup à mon ego !"

Il est fort cet ego. Il souhaite l'échec de nos efforts pour se détacher de lui, mais est capable de nous reprocher ledit échec !

 

Bises et amitiés,

Fabien

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