Avant de lire ce que je dis ici, il est préférable de lire ce que j'ai écrit dans la discussion "ennéatype d'un système spirituel et ennéatype de son fondateur", et notamment sur la distinction entre le "Christ des élaborations théologiques" et le "Jésus historique". Le premier a été traité dans la conversation "Jésus Christ" et j'aborde le second ici.
Dans toute ma recherche de détermination de Jésus, je vais me référer essentiellement aux travaux du chercheur américain John Paul Meier, qui fait autorité en cette matière du "Jésus historique". Celui-ci a entrepris une somme sur le sujet, prévue en quatre tomes: Un certain Juif, Jésus – les données de l'histoire (titre original : Jesus, A Marginal Jew – Rethinking the Historical Jesus). Trois tomes sont parus :
- T. I : Les sources, les origines, les dates
- T. II : La parole et les gestes
- T. III : Attachements, affrontements, ruptures
Ce qui est paru fait déjà deux bons milliers et demi de pages en taille de caractères plutôt petite.
Je garderai cependant un oeil éventuellement sur d'autres auteurs. D'autre part, comme je l'ai dit, je mène cette étude en dialogue avec un formateur biblique, qui connaît mieux que moi le côté exégétique, et avec vous tous qui le voudrez bien, et qui connaissez peut-être mieux que moi le côté ennéagramme.
J'aborde cette détermination par la voie de la recherche de la hiérarchie des centres, qui me semble la plus sûre et la plus praticable. J'estime qu'il y a de bonnes raisons de penser que Jésus réprimait le centre mental. En toile de fond, je commence par citer un résumé suggestif de John P. Meier, significatif de ce que fut et fit Jésus :
Je pense qu'il faut garder à l'esprit le risque que notre analyse peut être biaisée par le fait que Jésus était, comme tous ses contemporains, un pré-rationnel, alors que nous, nous sommes des rationnels ou des post-rationnels.Aux environs de l'an 28 de notre ère, après son baptème, Jésus sortit du cercle du prophète Jean (ndlr : le Baptiste) et commença son propre ministère prophétique… proclamant… (que) le présent ordre des choses allait rapidement toucher à sa fin. Le seul vrai Dieu allait imposer sa souveraineté définitive sur Israël en rassemblant les douze tribus dispersées et en restaurant ainsi son peuple choisi dans son intégralité originale. C'est pour annoncer prophétiquement la venue de ce "royaume [= souveraineté et règne] de Dieu" et pour commencer son actualisation dans des signes et des guérisons symboliques que Jésus se mit à parcourir la Galilée et la Judée. Il assuma consciemment le rôle du prophète Elie, qui était attendu pour restaurer Israël et le préparer à la venue de son Dieu. En imitation d'Elie, Jésus entreprit un ministère itinérant, en grande partie (mais pas uniquement) dans l'Israël du nord. Reprenant un épisode célèbre du ministère d'Elie (ndlr : l'appel de son disciple Elisée), il adressa à des disciples un appel péremptoire à le suivre dans son ministère itinérant, en exigeant d'eux parfois de grands sacrifices. En écho à la mission présumée d'Elie de rassembler les douze tribus d'Israël, Jésus constitua un cercle intérieur de douze disciples et les envoya en mission en Israël. Comme pour Elie (et pour Elisée), on pensait, même au cours de la vie de Jésus, que celui-ci avait accompli toute une série de miracles, y compris des résurrections des morts.
Si le relevé historique n'avait contenu qu'un seul de ces éléments, on aurait pu mettre en cause l'intention de Jésus de se référer à l'image d'Elie. Mais la convergence de tant d'actions différentes, soigneusement choisies et à valeur programmatique, crée inéluctablement une Gestalt, une configuration complexe d'éléments en corrélation, qui témoigne clairement de l'intention de Jésus de se présenter à ses compatriotes juifs comme le prophète de la fin des temps à la manière d'Elie. Par "fin des temps" ou "eschatologie", il ne faut pas entendre quelque destruction fantasmagorique du ciel et de la terre ou la fin absolue de l'histoire humaine à la manière des apocalypses juives. Jésus annonçait plutôt la fin de l'état présent des choses, la fin de l'histoire sainte telle qu'Israël l'avait connue jusqu'alors et la mise en place définitive d'un nouvel ordre des choses. Dieu exercerait bientôt sa souveraineté royale directement sur Israël et il accomplirait sa sainte volonté par son peuple repentant et pardonné; celui-ci ferait alors l'expérience d'une plénitude de paix et de joie, selon le projet que Dieu avait fait pour lui depuis le commencement.
Jésus n'a pas dit ce que cela pouvait signifier dans le détail. Il n'était pas un leader politique dans le sens de quelqu'un qui propose un programme politique et social détaillé à mettre en application dans des mesures concrètes précises. La transformation d'Israël à la fin des temps devait plutôt être l'oeuvre de Dieu venant comme roi. La tâche de Jésus en tant que prophète de ce royaume, était de prophétiser cet avènement qui allait changer le monde et de commencer à y préparer Israël, en l'appelant au repentir, au baptême et à un renouveau de vie morale, dans une société aimante et compatissante. Par des actions publiques qui attiraient l'attention, comme les miracles, le fait de partager ses repas avec des Juifs à la réputation sociale et religieuse douteuse et celui d'envoyer les douze disciples vers leurs compatriotes israélites, Jésus entendait à la fois anticiper et mettre en route ce que Dieu seul accomplirait totalement lors de sa venue. Jésus comprenait tous ces actes prophétiques symboliques comme des déclencheurs des puissances du royaume qu'ils annonçaient.
Mais en même temps, ces actes étaient seulement symboliques et prophétiques. Ils ne constituaient pas des programmes pratiques visant à mettre en place un nouveau régime… Jésus parlait en paraboles, en discours allusifs en forme d'énigmes, qui visaient à provoquer les gens et à changer les perceptions qu'ils avaient d'eux-mêmes, de leurs proches et de leur Dieu et non à décrire la manière dont ils devaient restructurer le système de la collecte des impôts ou celui de la répartition des terres. Il est vrai que, de façon audacieuse, voire hyperbolique, Jésus parlait de pardon magnanime (y compris de la remise des dettes), d'aumône désintéressée et de générosité dans l'assistance à apporter aux personnes dans le besoin. Cependant rien de tout cela, ni tout cela pris ensemble, ne constitue un programme clair et précis.(ndlr : le terme souligné l'est par l'auteur lui-même)
Néanmoins, je pense que Jésus avait une vision confuse du futur réel, de l'avenir concret. Il avait une idéologie du règne de Dieu devant venir "bientôt", mais quand ? A la fois, ce royaume était pour le futur, mais il était censé avoir une réalité dans le présent de Jésus à travers ce qu'il accomplissait, et entre les deux, au quotidien ?
Jésus itinère. Les évangiles, notamment celui de Marc, donnent l'impression d'un Jésus assez imprévisible. Par exemple, dans Marc 6, 45, Jésus, qui est quelque part au bord du lac de Galilée, demande à ses disciples de monter en barque en direction de Bethsaïde (nord du lac). Quelques versets plus loin, le débarquement se fait à Gennésareth (nord-ouest) sans explication. L'épisode qui est raconté entre les deux n'a rien d'historique, mais les notations géographiques sont peut-être une réminiscence des changements d'itinéraire auxquels Jésus avait peut-être habitué ses disciples. On peut avoir l'impression qu'il erre plus qu'il n'itinère. Certains déplacements posent de véritables énigmes. Alors qu'il affirme n'être "venu que pour les brebis perdues de la maison d'Israël" (parole historique) et qu'il interdit aux disciples qu'il envoie en mission d'entrer chez les païens et les samaritains, il fait avec eux au moins une ou deux excursions en pays païen : une qui semble bien attestée historiquement à Gérasa en Décapole, à l'est de la Galilée ; une autre qui pose un peu plus problème historiquement, un bizarre grand tour à travers une partie du Liban et de la Syrie actuelle, en passant par Tyr, Sidon (Saïda) et retour vers la mer de Galilée en passant par le territoire de la Décapole, on ne saisit pas bien pourquoi ; une autre encore où il s'en va avec ses disciples "vers les villages voisins de Césarée de Philippe", mais ce qui s'y passe pourrait aussi bien se passer en Galilée, ce que semble supposer Luc, qui toutefois ne précise pas le lieu.
Changements de programme aussi. En Marc 6, 30-34, les disciples envoyés en mission reviennent faire leur compte-rendu à Jésus. Ils sont fatigués, Jésus aussi, de plus des foules ne cessent d'arriver et de repartir, et ils n'ont même pas le temps de manger. Jésus propose donc de prendre une barque pour partir se reposer dans un lieu à l'écart. Mais au lieu de débarquement, une foule imprévue se trouve là à les attendre. Aussitôt Jésus, oubliant le besoin de repos pour ses disciples et pour lui-même, se met à les instruire longuement. D'une manière générale, il a des exigences fortes envers ses disciples, des exigences de fidélité, d'attachement et d'engagement fort, mais il a beaucoup plus de sollicitude envers les autres personnes ou les foules.
En fait ce qui arrive toujours c'est qu'il est tributaire des situations et surtout des gens et de leurs réactions. Par exemple, il va à Nazareth, son village natal, pour prêcher sa conception du règne de Dieu, mais il subit un échec parce qu'ils le connaissent trop bien, ils savent qu'il est le charpentier et ils connaissent tous ses proches. Selon Marc 6, 5-6, "il ne pouvait faire là aucun miracle… et il s'étonnait de ce qu'ils ne croyaient pas." Toujours selon Marc, au verset suivant, c'est aussitôt après cet échec qu'il rebondit en envoyant ses disciples du groupe des douze en mission dans d'autres villages à sa place pour une durée déterminée. Le seul problème de cet épisode de Nazareth est qu'il contient au verset 4 une phrase de Jésus, devenue un adage populaire, qui a des chances d'être historique, mais qui a toutes les apparences d'une rationalisation pour justifier l'échec, ce qui met à mal mon argumentation : "Un prophète n'est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents et dans sa maison."
Jésus se montre tributaire aussi de la détresse des gens et de leurs sollicitations, notamment des personnes malades ou dites "possédées". Il est un fait que Jésus avait un don, ou des dons, de guérison. Rien d'extraordinaire en soi : il y a toujours eu dans nos campagnes, voire dans nos villes, des gens qui avaient "le don" de soulager de telle ou telle chose. Il a accompli de ces guérisons, aussitôt qualifiées par les gens, et sans doute par lui-même, de miracles, c'est-à-dire choses venant de Dieu et accomplies par Dieu, même si cela trouble nos représentations rationnelles. Meier pense même que "la tradition des miracles de Jésus est soutenue plus fermement par les critères d'historicité que ne le sont beaucoup d'autres traditions bien connues et acceptées sans problème concernant sa vie…" (T. II, p. 474). Jésus n'a pourtant pas fait profession de guérisseur, ni d'exercice légal ou illégal de la médecine. A ses yeux, ses guérisons ne devaient être que symboliques du règne de Dieu, et n'ont donc pas dû être si massives que certains passages des évangiles le laissent supposer. Pourtant, il y a un certain nombre de cas où il semble qu'il soit intervenu parce qu'il a été "pris de pitié", ou que la demande a été suffisamment insistante pour qu'il change d'avis.
Il y a un épisode curieux dans Marc 5, 25-34, qui est repris de manières différentes par Matthieu et Luc. Il s'agit d'une femme souffrant d'hémorragies depuis douze ans, dont l'état s'empire malgré de nombreuses consultations et de nombreux traitements qui l'ont ruinée. Elle se dit que si elle parvient à toucher seulement le vêtement de Jésus, elle pourrait être guérie. Or Jésus est entouré par une foule qui le presse de toute part. La femme parvient pourtant à ses fins, et elle ressent aussitôt dans son corps qu'elle est guérie. Jésus a aussi ressenti "qu'une force était sortie de lui". Il se retourne et demande qui l'a touché. Ses disciples lui font remarquer que beaucoup de gens dans la foule étaient en contact avec lui, mais lui insiste et s'obstine jusqu'à ce que la femme lui dise tout. On est gêné par le côté magique. Les historiens considèrent, en tout cas Meier considère, ne pas avoir assez d'éléments pour dire si cette histoire a un fond d'historicité ou pas. Néanmoins je considère que cette histoire devait être embarassante pour un évangéliste comme Marc et qu'on ne voit pas pourquoi il l'aurait mise dans son évangile s'il ne l'avait pas reçu d'une tradition orale ou d'une source écrite qu'il utilisait. Il y a un double embarras : pour les disciples en tant que juifs, cette femme, dont le problème semble être d'ordre gynécologique, est impure selon la Loi du fait de son hémorragie chronique, et elle n'aurait pas dû risquer de toucher qui que ce soit, surtout pas le saint homme ; pour les disciples en tant que disciples, le "manque d'intelligence" et l'obstination de Jésus fait problème. La preuve en est que Matthieu a considérablement raccourci l'histoire et a supprimé complètement tout le passage de l'enquête de Jésus : il a deviné tout seul qui l'avait touché ! Luc modifie également un peu le récit de façon à rendre les choses plus acceptables. Je ne me sens pas capable de me prononcer avec certitude sur l'ensemble de l'épisode, mais je pense qu'il y a là quand même un écho de certaines manières de réagir historiques de Jésus.
Il y a un autre épisode étonnant : un jour, il voit un figuier, et, ayant faim, il s'approche pour voir s'il y a des figues. Il n'en trouve pas pour une bonne raison: ce n'est pas le temps des figues. Cela ne l'empêche pas de maudire le figuier.
Bref, Jésus semble en général ne pas réagir de manière logique et rationnelle.
On peut faire quelques objections à cette hypothèse du centre mental réprimé. La première est que Jésus est tout de même un enseignant. Les évangiles disent souvent que Jésus enseignait la foule ou parfois, de façon plus restreinte, ses disciples. Mais dans de nombreux cas, c'est comme un refrain : il ne nous est rien dit du contenu de ces discours. Dans d'autres cas, on a effectivement des enseignements plus ou moins longs, et plus ou moins remodelés par les évangélistes, à partir de leurs sources, qui peuvent n'être qu'une compilation de paroles attribuées à Jésus, mais qui sont loin d'être toutes historiquement de lui. En fait, on a vu quel est le contenu global de l'enseignement : l'annonce du règne ou du royaume de Dieu. Cet enseignement est fait d'une part d'un enseignement effectif sous forme de paroles et de paraboles ; d'autre part d'un agir qui se veut aussi enseignement : l'appel et l'établissement du groupe de disciples comme préfiguration du royaume, et les signes ou symboles du royaume, tels que les "miracles". Au fond, il n'y a rien dans tout cela qui implique une préférence du mental, ni même qui s'oppose à une répression du mental.
La deuxième objection est justement qu'il s'exprimait en paraboles. Il racontait des histoires et aimait ça. On doit donc penser au type 7, et rapprocher ça du côté bon vivant de Jésus et de sa façon joyeuse et optimiste d'exercer son prophétisme. Il y a plusieurs raisons d'écarter cette objection. Tout d'abord, il y aurait tout un travail à faire pour savoir qu'est-ce qui est historiquement de Jésus dans les paraboles des évangiles. Il semble qu'il y ait au moins autant d'inventions ou de transformations de l'Eglise primitive que de choses authentiques de Jésus. D'autre part, pour celles qu'il a effectivement dites, il ne s'agit pas d'histoires racontées pour le plaisir ou pour charmer l'entourage, mais d'une stratégie de communication ou d'une méthode pédagogique, appelons ça comme on voudra : dans la mesure où il ne parvient pas forcément à se faire comprendre par des discours, Jésus essaie par des histoires ; il n'est pas sûr que cela ait mieux réussi. Il faut aussi tenir compte d'une certaine violence de certaines paraboles : elles choquent, elles interpellent, parfois elles piègent l'interlocuteur et le mettent dans une situation inconfortable, tout le contraire de ce que ferait un 7. Enfin certaines de ces histoires dérangent et interrogent parce qu'elles défient trop la logique. Je sais qu'en tant que 7, j'ai souvent beaucoup de mal avec certaines paraboles.
La dernière objection que je vois est plus dérangeante. Jésus s'est montré en fait un remarquable organisateur, sinon le christianisme n'existerait pas. Le mouvement de Jean-Baptiste n'a pas subsisté longtemps après son exécution parce qu'il n'avait rien organisé. Mais celui de Jésus a subsisté parce qu'il avait mis en place des choses structurées, créant des conditions de durabilité. D'une part, Jésus a créé des marques d'identité qui distinguaient ses disciples des autres : l'interdiction du jeûne, la convivialité joyeuse et les repas partagés avec les personnes de mauvaise réputation, et surtout une prière particulière qui a si bien réussi qu'elle est toujours "la prière du Seigneur" pour tous les chrétiens. D'autre part, il a appelé et structuré ses disciples de manière à la fois forte et symbolique. De plus, il a su constituer autour de lui tout un réseau de sympathisants et d'ami(e)s qui constituaient le groupe de soutien et de logistique de son mouvement. Cela en deux ans, trois au maximum. Ce n'est pas parce qu'il pensait disparaître rapidement, au contaire je pense qu'il a dû plutôt être surpris de se trouver si tôt pris dans la nasse, mais c'est parce qu'il pensait qu'il y avait dans sa perspective un gros travail à faire, nécessitant beaucoup de collaborations, pour préparer la venue du royaume de Dieu. Quoi qu'il en soit, une répression du centre mental n'empêche pas nécessairement d'avoir quand même un assez bon mental.
Il faut voir aussi s'il y a des raisons de considérer qu'il réprime plutôt un autre centre que le mental.
Y a-t-il des raisons de penser qu'il peut réprimer l'émotionnel ? Je n'en vois qu'une possible, qui s'accorderait plutôt alors avec une préférence du mental : c'est un certain besoin de retrait qui se manifeste parfois chez lui. Il y a une première interprétation, qui est aussi primaire : Jésus se sent parfois oppressé par son succès, par la foule qui l'entoure, par les évènements qui se bousculent, alors se manifeste une sorte de ras-le-bol. Physiquement, ce retrait est parfois nécessaire : une fois, il se trouve sur le rivage avec une foule qui l'entoure et à qui il voudrait s'adresser. Il monte alors dans une barque et demande au propriétaire de s'éloigner de quelques mètres du rivage pour avoir le recul lui permettant d'enseigner cette foule.
La deuxième interprétation, c'est qu'il ressent le besoin de faire le point. Le ministère prophétique dans lequel il s'est engagé apporte peut-être des choses qui sont inattendues pour lui. Il peut avoir le sentiment qu'il est parti dans une aventure qu'il ne maîtrise pas complètement. Il a donc besoin de moments pour chercher à comprendre ce qui se passe. Lorsqu'il se retire avec ses disciples à Césarée de Philippe, selon Matthieu et Marc, ou dans un endroit à l'écart selon Luc, c'est pour les sonder sur ce que les gens, puis eux-mêmes pensent de lui (là ça sent plus la préférence émotionnelle).
La troisième interprétation est plus spirituelle: il se retire pour prier, pour entretenir une relation à Dieu, avec celui qu'il appelle son Père.
Les trois interprétations s'appliquent selon les cas.
Sinon, Jésus est quelqu'un d'actif et de réactif. Il prend l'initiative. Ses colères ne sont pas complètement occultées par les évangiles. Lorsqu'il se fait prier pour agir, notamment devant des demandes de "miracles", c'est parce qu'il ne veut pas accéder à la sollicitation.
Y a-t-il des raisons de penser qu'il peut réprimer l'instinctif ?
Encore moins. Parfois il manifeste une certaine brutalité ou de l'agressivité. Par exemple, en Marc 1, 40-44, après avoir guéri un lépreux parce qu'il avait été "pris de pitié", il s'irrite aussitôt contre lui et le renvoie. Il manifeste beaucoup de fermeté avec les "esprits mauvais" et les menace. Il enjoint régulièrement avec force menaces aux disciples ou aux guéris de ne pas parler de lui.
Mais les évangiles disent plus souvent que Jésus est pris de pitié ou qu'il aime ou se met à aimer telle ou telle personne.
Bon, répression du mental donc, le plus probablement, sans avoir d'absolue certitude. Cela signifierait pour l'instant qu'il pourrait être 6 alpha ou mu, 1 alpha, 2 alpha, 4 mu ou 8 mu, sans négliger 3 alpha ou 9 mu qui co-répriment le mental.
C'est ma réflexion pour l'instant. A plus,
Jean-Jacques
Connexion
Créer un compte

Retour en haut







