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l’ennéagramme

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Comme chaque année, les mois de mai et juin sont particulièrement chargés. En conséquence, en plus des jours prévus dans nos conditions d'utilisation, ce forum sera accessible uniquement en lecture
les 22, 23, 24 & 29 mai et les 5, 11, 12, 25, 26 & 28 juin 2018.

Xave

En groupe, lorsqu'un 7 se tient à l'écart

Messages recommandés

Xave

Bonjour à tous !

 

Ce qui va suivre est mon premier témoignage et ma première contribution écrite. (Je ressens une stimulation cardiaque, surprenante mais marrante, au moment même de taper ces lignes.)

 

Ennéatype 7, je noue facilement des contacts avec les autres (lorsque je le veux) au travail et dans la vie personnelle. Vif d'esprit, j'aime blaguer, me moquer, mais aussi distraire les autres qui m'entourent et que j'apprécie (c'est une de mes manières de faire plaisir).

 

Mon entourage habituel (travail, relations amicales) connaît et reconnaît chez moi ce type de comportements et je joue ma partition de joyeux luron dès que les occasions se présentent (soirées, dîners, caméra café, séminaires…)Que se passe-t-il, lors de ces occasions,

 

lorsque mes proches (collègues, relations amicales) constatent de ma part de la distance (physique), du recul (non intervention dans les conversations), de la tristesse (visage impassible), bref une absence de démonstrativité ?

 

ILS S’INQUIÈTENT, ILS ME QUESTIONNENT SUR MA FORME DU MOMENT, ILS SE PRÉOCCUPENT DE MOI.

 

Et là, deux scenarii quasi systématiques se produisent :

  1. Je suis en retrait parce que je souffre réellement, en silence, discrètement selon moi, mais…
    "Ça va Xave, ce soir ?" "Qu'as-tu ce matin ? Tu fais la tronche !" "Viens avec nous, ça ne te ressemble pas de rester seul, sans avoir quelque chose à dire."
    Leur intervention me gêne, alors je souris avec crispation, je sors un bon mot et remets le masque social du joyeux compagnon qui participe aux joutes oratoires et qu'on attend.
  2. Je suis en retrait parce que je suis serein, contemplatif ou heureux d'observer mes proches, contents de se réunir, mais…
    "même questionnement qu'en 1"
    Leur intervention m'agace, je soupire, et sors une vanne plus ou moins appréciée, mais reconnue par tous (ouf !).

Voilà le genre de situation banale et fréquente que je rencontre en tant que 7 on the road again.

 

Amis 7, et observateurs de 7, vivez-vous des situations analogues ?

Fabien, peux-tu me décortiquer les processus mis en œuvre. J'ai des trous de mémoire ?

 

Merci.

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Fabien Chabreuil

Bonjour Xave,

 

Bienvenue sur ce forum. Cela fait plaisir de t'y lire.

 

Merci de ton témoignage. Ce type de message est très utile, nombre de gens ne percevant pas la face sombre du 7. Disons-le haut et fort, il n'y a pas d'ego qui soit réellement confortable. Le 7 va bien… ou fait semblant d'aller bien puisqu'il a la croyance qu'on ne peut pas être dans la souffrance et être aimé.

 

"ILS S’INQUIÈTENT, ILS ME QUESTIONNENT SUR MA FORME DU MOMENT, ILS SE PRÉOCCUPENT DE MOI."

Je crois que tous les 7 peuvent se reconnaître ici. Il y a quelques types comme cela dont les gens attendent à ce qu'ils jouent leur rôle parce que ce rôle les arrange : le 7 doit rester le pitre de service, le 2 doit rester la bonne poire qui ne sait pas refuser un coup de main, le 9 le brave type qui ne se fâche jamais. La liste n'est pas limitative.

 

Quand nous appartenons à ces types, l'intégration connaît une difficulté supplémentaire (comme s'il en était besoin !). Elle est perçue par les autres non comme un progrès, mais comme une aggravation, et ils font souvent de leur mieux pour nous ramener dans le droit chemin égotique. Bien sûr, c'est de notre responsabilité. Nous avons tellement joué ces rôles que les autres ne peuvent pas nous imaginer autrement.

 

Très cordialement,

Fabien

 

P.-S. : je vous recommande l'étude sur le Ciné-agramme du film "Crossing Guard".

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Renard

Bonjour Xave et Fabien, bonjour à tous,

 

J'étais dans l'ennéatype 7, lisant "lorsqu'un 7 se tient à l'écart". J'ai trouvé que c'était une bonne entrée en matière pour donner mon premier témoignage.

 

Bien sûr, je vis exactement les mêmes situations. Mais lorsque c'est en groupe, on peut encore tricher. Comme tu dis "on the road again". On s'en sort avec une pirouette…

 

La difficulté arrive dans l'intimité, avec une personne qui a de l'importance pour moi. Cette personne m'aime pour mon peps. Dans l'intimité on ne peut plus tricher puisque c'est aussi mon intimité. Là, j'ai vraiment peur de ne plus plaire !

 

Donc comme dit si bien Fabien, l'intégration connait une difficulté supplémentaire… Et pourtant, tempérer mon intempérance me semble à moi un début de solution, ou alors ce détachement qui m'est parfois si nécessaire pour simplement me mettre dans "les chaussures de l'autre".

 

Je me surprends à surprendre d'une autre façon, à séduire sans tricher et c'est plus "vivifiant".

 

J'ai un gros EGO mais je me soigne… À bientôt,

Renard

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"La difficulté arrive dans l'intimité, avec une personne qui a de l'importance pour moi. Cette personne m'aime pour mon peps. Dans l'intimité on ne peut plus tricher puisque c'est aussi mon intimité. Là, j'ai vraiment peur de ne plus plaire !"

J'ai bien connu cette peur. Disons cependant que là ma hiérarchie des centres m'a aidé. J'ai l'émotionnel en second, et j'ai toujours été incapable de cacher ce que je ressentais. Dans une premier temps, j'ai essayé de nier ces moments de tristesse que les autres voyaient si bien. Mais j'ai fini par m'apercevoir que cela ne nuisait pas forcément à la relation (en tout cas moins que le déni), et je me suis plus facilement autorisé à les reconnaître face à des intimes.

 

Le faire spontanément, sans que l'autre prenne l'initiative ("ça ne va pas ?") a été beaucoup plus difficile.

 

Quant à parler de ça à des gens moins proche, cela a été encore plus long.

 

Très cordialement,

Fabien

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Kiki

Bonsoir Xave, Renard et Fabien,

 

Je vais reprendre la forme proposée par Fabien pour partager comment je gère mes moments de tristesse selon que la personne soit mon amoureux, un ou des amis, un ou des inconnus.

Je suis, moi aussi, une 7, une 7 mu, plus précisément.

 

  1. Depuis toujours, comme dans les contes de fées, j'ai fait passer à (presque) tous mes amoureux, l'épreuve du dragon. Je ne sais pas si cela provient d'un pragmatisme, de ma fixation de planification, d'une stratégie de ma compulsion, ou encore du cumul des trois ; toujours est-il que j'ai (presque) toujours, spontanément et sans même vraiment en être consciente, entamé mes relations par une période où je faisais étalage de tous mes défauts. Si le preux supportait la première étape, après un certain temps, et selon l'évolution de la relation, je le soumettais à ce qui pour moi représentait (et représente sûrement encore) l'épreuve ultime, ma souffrance.
    Le preux avec qui je partage ma vie depuis presque vingt ans, a survécu au dragon avec aisance et brio.
    Pratiquement, ça ne veut pas dire que je fais part de toutes mes souffrances à mon partenaire de vie ; ça veut dire que si j'en ressens l'envie où le besoin, j'ai l'assurance que je peux le faire en toute confiance.
  2. Mes amis et mes proches sont très clairement les personnes avec lesquelles j'ai le plus de mal à partager mes souffrances. Ce n'est pas par manque de confiance de ma part, c'est que (presque toujours et assez vite) leur ardeur à vouloir m'aider et me conseiller, finit par m'ennuyer, m'agacer, me fatiguer, m'irriter, voire m'effrayer.
    Alors si en plus d'être spontanément difficile et douloureux, montrer ma souffrance ne m'amène qu'agacement, fatigue et peur, je dis non ! Non ! Non ! Non merci !
    J'ai besoin d'optimisme, et que l'on fasse confiance aussi bien en la vie qu'en mes capacités et chances de résoudre mes problèmes. Par conséquent je déteste que l'on se fasse du souci pour moi.
    Pratiquement, soit je me cache derrière un nez rouge, soit je dis clairement (et dans un soupir de lassitude) que je n'ai pas envie d'en parler, soit j'en parle un peu et très vite je regrette.
  3. En parler à des inconnus est récent et s'avère (assez) aisé.
    Pratiquement, cela ce fait au cours de séances individuelles, ou d'échanges en groupe de personnes réunies autour d'un thème spécifique.

 

Faire la pitre pour me cacher ou pour rassurer mes proches, cela m'arrive encore (le plus souvent en famille) mais c'est de plus en plus rare, car au final, ça me fatigue et ça me frustre terriblement.

 

Bisous do ré mi fa sol la six sept :heart:

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Seven

Bonsoir à tous,

 

Je pensais avoir à entamer un nouveau thème sur les étapes importantes de la vie d'un 7 et l'apparition d'un certain auto-contrôle au cours de son existence, mais cela a beaucoup de liens communs avec la discussion commencée ici, alors je la poursuis.

 

Bien avant d'entrer en contact avec les lueurs de l'ennéagramme, chaque individu a probablement côtoyé d'assez prêt d'autres lueurs de lucidité qui lui font découvrir, à l'occasion d'un échange, d'une anecdote, ce qui se cache profondément en lui. Voici comment, en tant que 7 j'ai ressenti ces phases importantes de ma vie.

 

Tout d'abord, sans que je puisse situer précisément à quel moment cela a commencé, je me souviens avoir pris conscience dans mon enfance de l'attrait que je pouvais exercer sur autrui lorsque mon orientation de joie et d'optimisme s'exprimait spontanément. Il s'agissait de moments où, non seulement je me sentais en accord avec moi-même — orientation oblige— mais encore où je pouvais percevoir que quelqu'un d'autre y prenait plaisir à mes côtés, ou me regardait avec un air admiratif. C'est la première étape du processus : découvrir que j'avais un atout, qui me donnait un avantage dans certaines situations. Un atout qui me correspondait et que j'aimais, donc que je n'hésitais pas à utiliser, quitte à en user et en abuser. Être joyeux, raconter ou faire des blagues, inventer de belles histoires, devint mon passe temps favori, et me permettait de me faire accepter facilement et rapidement par les autres. Voilà une belle découverte !

 

La seconde étape, plus douloureuse, fut de constater que cet atout connaissait des limites. Car à vouloir trop en faire, il m'arrivait de me casser le nez. C'est-à-dire de foncer dans mon ego sans ressentir que les bons mots brillants que j'étais en train de servir aux uns et autres, pouvaient en blesser certains, et d'un seul coup se retourner contre moi en créant un malaise ou une froideur qui rompait le charme, et la belle complicité que je pensais avoir créée. Il me fallu donc apprendre à moduler mes ardeurs et à comprendre les "limites à ne pas dépasser".

Bon c'est juste une sorte de feed-back, comme il en existe pour la plupart des réactions biologiques, pour empêcher qu'un système ne s'emballe au détriment d'une harmonie d'ensemble.

 

Mais le plus pénible restait à venir. La découverte de ces étiquettes égotiques qui nous collent à la peau, car elles sont si pratiques pour nos proches et nos connaissances. Je devenais peu à peu pour la plupart, le rigolo qu'il fallait avoir à ses côtés pour passer un bon moment. Au lieu de devenir moi même dans toute ma richesse, je devenais l'image que j'avais eu l'habitude d'offrir aux autres et me retrouvais enfermé dans l'archétype du bout-en-train prêt à tout pour passer un bon moment.

 

Lorsque j'ai pris connaissance de cela — et là encore j'ai du mal à retrouver le moment précis de cette prise de conscience — il est clair que j'ai cessé de prendre plaisir à tenir ce rôle qui m'enfermait dans ce qui n'était qu'une partie de moi-même, et que j'ai commencé à me tenir en retrait des autres. 

 

Me tenir à l'écart devenait une défense, contre moi-même d'abord, pour ne pas céder à mes excès, contre les autres ensuite, pour ne pas devenir prisonnier de leur regard qui m'enfermait dans un rôle dont je risquais de ne plus pouvoir sortir facilement.

 

Ensuite sont venus, avec l'expérience et un début de maturité, une réflexion et un regard plus lucide sur moi-même. Ce sont ces lueurs de lucidité qui m'ont fait comprendre qu'au delà de ma vraie nature, existaient des comportements qui ne m'apportaient pas de plaisir immédiat, mais me faisaient réfléchir sur moi-même et m'apportaient un certain bien-être , une certaine sérénité, sur le long terme.

 

Bien plus tard, des expériences et des apprentissages m'ont permis d'appréhender avec plus de justesse ces moments ressentis : la psychologie, la PNL, puis l'ennéagramme. C'est là que j'ai trouvé les phrases qui ont agit comme des formules, ou des codes, permettant d'éclairer ce que je j'entrevoyais sans pouvoir l'expliquer ou le nommer alors. 

Tout prenait sens : l'ego, l'essence, l'intégration, la désintégration. Et tout devient peu à peu cohérent aujourd'hui grâce à cet apport.

 

Et là, je ne peux m'empêcher de faire un parallèle avec des comiques français — qui ne sont pas obligatoirement 7, Pierre Palmade, Muriel Robin, Dany Boom, Gad El Maleh — que l'on voit briller un temps sous le feu des projecteurs avant de constater qu'ils vont se protéger plus ou moins rapidement vers une ombre qui les expose moins. Cette mise à l'écart, qui les expose moins,  les amène à réaliser, faire le metteur en scène d'un autre artiste, voire rester chez soi à l'écart de la vie publique, partir à l'étranger où la pression médiatique est moindre pour eux.

J'y vois là le même mécanisme qui m'a fait jouer, en tant que 7, un jeu grisant, qui a fini par m'enfermer et m'étouffer. Ce n'est qu'en me mettant à l'écart, que j'ai pu reprendre un peu de liberté et vivre des choses plus profondes que ce que mon ego m'autorisait alors.

 

D'ailleurs parfois lorsque j'imagine quel métier j'aurais pu faire à la place du mien, et que j'arrive dans la case "acteur", je pense immédiatement que j'aurais préféré jouer des rôles de "salauds" que de "gentils". Tout simplement parce que dans la vie de tous les jours, les gens nous assimilent à nos comportements visibles habituels, et je préfèrerais être regardé de travers comme un vrai "méchant" à qui on n'a pas envie de se frotter, plutôt que comme un "gentil" à qui l'on donne une grande claque dans le dos quand il sort au restaurant en famille pour avoir un autographe.

Oui je compatis avec tous ces comiques qui doivent se trouver confronter un jour ou l'autre, à jouer dans la vraie vie, le rôle du rigolo de service, alors qu'ils n'aspirent qu'à un peu de  détente.

Une telle vie doit vite devenir un enfer…

 

Seven

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