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l’ennéagramme

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Conformément à nos conditions d'utilisation, ce forum sera accessible uniquement en lecture du 16 au 24 octobre 2018,
  puis du 30 octobre au 14 novembre 2018 inclus.

Kiki

Quand chacun est le type d'intégration ou de désintégration de l'autre

Messages recommandés

Kiki

Coucou, :confused:

 

Voilà une petite question que je me pose depuis quelques jours.

 

Vivre un couple où chacun s'intègre dans le type de l'autre (ex: 7 mu & 1 alpha), cela favorise-t-il l'intégration ?

Inversément, vivre un couple où chacun se désintègre dans le type de l'autre (ex: 7 mu & 5 alpha), cela favorise-t-il la désintégration ?

 

Qu'en pensez-vous ?

Merci ! :thumb_up:

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Fabien Chabreuil

Bonjour Kiki,

 

Je n'ai pas de réponse certaine à ces questions.

 

"Vivre un couple où chacun s'intègre dans le type de l'autre (ex: 7 mu & 1 alpha), cela favorise-t-il l'intégration ?"

Je crois que j'en connais un. :thumb_up: Il me semble que oui. Dans un couple qui marche, chacun apprend de l'autre et là, justement, l'autre nous apprend ce dont nous avons besoin.

 

"Inversément, vivre un couple où chacun se désintègre dans le type de l'autre (ex: 7 mu & 5 alpha), cela favorise-t-il la désintégration ?"

Je ne pense pas en fonctionnement normal. Par contre, il est possible que dans les moments où il y a conflit ou stress, et donc désintégration, celle-ci soit un peu plus forte. Des témoignages seraient bienvenus.

 

Très cordialement,

Fabien

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Kiki

Coucou Fabien, :bye:

Merci pour ta réponse. :heart:

"Des témoignages seraient bienvenus."
Voilà par exemple le paroxysme d'un conflit important qui a eu lieu il y a quelques mois.

 

Je me tais, et cette fois contrairement à l'habitude, je me sens partir au-delà des émotions, au-delà du lien. Dans un endroit où je ne sens plus rien, je m'isole et plus rien ne m'atteint (désintégration en 5). Ce vide créé autour de moi, aspire mon silencieux mari qui soudain se met à parler, à me dire ce qu'il ressent vraiment. (Bon là, je peine à voir la désintégration en 7 alpha.) Ce partage a suffi à me faire revenir.

Mouais, bof ! Je ne suis pas sûre que cet exemple soit parlant.
Je vais réfléchir à d'autres exemples.

Bisous fleur. :kiss:

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Kiki

Bonjour,

Après un temps d'observation, je ne perçois toujours pas comment mon 5 alpha et moi favorisons nos désintégrations respectives.

Nos compulsions respectives partagent le même besoin de liberté et d'indépendance, de pouvoir agir et penser à notre guise. D'une manière générale, nous ne mettons donc très que rarement en question les choix, décisions et agissements de l'autre en ce qui concerne sa vie, la manière de l'envisager et de la vivre.

Ces parfois arrivent lorsque l'un exprime les comportements désintégrés propres au type de l'autre. Soudain nous mettons notre grain de sel sans y être invité. C'est comme une sonnette d'alarme qui nous ferait soudain abandonner notre tolérance et confiance mutuelles. On reconnaît très bien dans l'autre nos propres défauts, cela nous met mal à l'aise et nous fait réagir : "Eh ! Tu marches sur mes plates-bandes là ! C'est moi le maître incontesté de ce défaut, je suis donc à même de te prévenir que tu files un mauvais coton !"

Par exemple, je ne peux pas m'isoler bien longtemps sans que mon 5 ne m'impose une discussion ou pire une soirée entre amis ; de même lorsque je le vois planifier à tout vents et de manière gloutonne, je le questionne précisément sur les buts et la concrétisation des multiples projets qu'il échafaude. Ca n'arrête pas forcément le processus, mais ça le met au moins en lumière.

Alors, pour le moment je dirais que lorsque chacun est le type de désintégration de l'autre, au cas où cela favoriserait la désintégration, ça lui met en tout cas des batons dans les roues, et ça c'est une bonne nouvelle !

Ce je ressens comme le plus gros handicap de notre couple, est que nous réprimons tous deux le même centre, le centre instinctif. (Ça me fait un peu de souci pour ma fille, d'ailleurs…) Et c'est à ce niveau-là que je perçois une mauvaise influence mutuelle, un frein à l'intégration.

Par contre, le fait que nous partagions la même préférence pour le centre mental et que nous ayons tous deux le centre émotionnel en soutien, est un atout majeur dont nous profitons allègrement, et dont nous tirons aussi profit lors des crises du couple ou des déboires de l'un d'entre nous. La communication et l'échange des pensées et des ressentis s'en trouve facilités, et je perçois cela comme un frein à la désintégration.

Bisous chasse-neige. :calin:

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Demilune

Bonjour à tous,

 

Je viens de découvrir, à l'issue du stage Centres, que ma compagne et moi rentrons dans la catégorie des couples qui s'intègrent dans l'ennéatype de l'autre. Je suis 9 mu, et elle est 6 alpha. Je peux dire comme Fabien que, au vu de notre expérience de plus de 7 ans de vie commune, cela a très probablement contribué à nous transformer l'un et l'autre dans le bon sens.

 

Sans avoir eu à l'époque la moindre connaissance de l'Ennéagramme, nous avions intuitivement senti l'intérêt, lors de notre rencontre, d'unir nos deux hiérarchies des centres. Ma compagne m'a dit qu'elle était séduite par mon dynamisme et mon charisme (j'étais engagé dans beaucoup d'associations étudiantes pour lesquelles j'exerçais un rôle moteur… et visible :proud:) tandis que j'étais attiré par son côté réfléchi et posé que je trouvais rassurant. Mais c'est l'émotionnel en support pour elle comme pour moi qui a permis le rapprochement. J'avais besoin d'un cadre sécurisant pour exprimer mes sentiments amoureux, qu'elle a construit patiemment pendant de longs mois afin de me suggérer avec finesse qu'elle était capable de les recevoir. Je crois qu'elle avait compris qu'une séduction trop directe me ferait fuir (toujours ce besoin de prendre le temps chez le 9) mais que si elle ne manifestait pas régulièrement des signes d'intérêt à mon égard, je n'oserais jamais venir à elle. Bref, elle a fait usage avec justesse de son mental et de son émotionnel pour que mon propre émotionnel libère mon centre instinctif (car c'est quand même moi qui me suis déclaré à elle). Dans les premiers mois où nous étions ensemble, nos amis nous surnommaient "les bisounours"… Il faut croire que l'émotionnel se voyait plus chez nous que la moyenne…

 

Au quotidien, il est clair que nous profitons beaucoup du fait que le centre réprimé de l'un est le centre préféré de l'autre. Je suis presque toujours celui qui prend l'initiative de faire quelque chose de nouveau, d'inédit. Décider de changer de ville, aller sur un lieu de vacances que nous ne connaissons pas, décider de prendre des cours de danse… Mon centre instinctif est porté par l'inconnu, par la dose d'inattendu et donc de créativité que cela va impliquer. Ma philosophie dans ce cas est : "Allons-y, on verra bien !" Ma compagne, qui est paralysée par la peur du 6 et qui imagine toujours tous les problèmes qui pourraient nous tomber dessus, a besoin que je franchisse le pas pour elle et que, dans les premiers temps, je lui assure une protection. En ayant confiance en moi, cela lui donne la possibilité de dépasser ses peurs et d'avoir le courage d'affronter la nouvelle situation. Mais inversement, j'apprécie que ma compagne mobilise son mental pour m'aider — parfois pour m'obliger — à me projeter dans le futur et à faire face à la réalité des situations. À l'époque où nous débutions tous les deux dans notre vie professionnelle, de nombreuses questions importantes se posaient : quelle localisation pour nos lieux de travail respectifs ? quel(s) logement(s) ? avoir des enfants, quand est-ce que ce sera possible ? Je rechignais à considérer que toutes ces questions me concernaient. Tout ça, c'était plus tard… On verrait bien… Elle ne m'a pas laissé dans la paresse (même si c'était quand même la peur qui la motivait à me secouer), et je suis admiratif de toute la capacité d'organisation dont elle a fait preuve pour que tous ces problèmes puissent trouver une solution les uns avec les autres. Bref, il y a un va-et-vient mental instinctif où chacun joue son rôle : agir, puis réfléchir, puis agir, puis réfléchir, puis agir…

 

La présence du centre émotionnel en support nous permet de faire le liant entre nos deux personnalités. Nous exprimons beaucoup de tendresse l'un pour l'autre et nous savons vite quand quelque chose ne va pas, uniquement par l'émotion que nous ressentons chez l'autre. L'émotionnel est aussi un garde-fou qui nous permet de ne pas devenir agressif lorsque notre centre préféré est trop présent. Par exemple, lorsque je suis convaincu que telle action ou manière de faire est bonne, mon centre instinctif a envie d'exercer son pouvoir, et je veux convaincre ma compagne de faire pareil, parfois de manière insistante. Lorsqu'elle n'est pas d'accord, elle le montre en extériorisant son émotion (expression du visage, changement de l'intonation de la voix, larmes…), et je prends alors conscience que je suis dans l'excès d'instinctif. De son côté, elle sait aussi mettre en veilleuse son mental quand elle se rend compte que je ne parviens pas à être réceptif à ses sollicitations visant tout à la fois à planifier le prochain week-end, faire la liste des courses, prendre rendez-vous chez le garagiste, et vider le lave-vaisselle. Chez moi, l'émotionnel est plus discret, mais elle voit généralement bien quand je décroche et que je me mets dans un état de narcotisation.

 

Il semble qu'il y ait quelque chose de profond dans cette notion d'intégration et de désintégration externe : ma compagne m'a dit tout récemment qu'elle était attirée, avant de me connaître, par plusieurs garçons qu'elle identifie aujourd'hui en 3, son type de désintégration. Et elle m'a avoué qu'elle sentait au fond d'elle qu'il y avait quelque chose de dangereux pour elle à sortir avec eux. Elle voyait bien la réussite facile et la visibilité que lui donnerait le fait d'être avec eux, et pourtant elle n'était pas persuadée que cela aurait de l'avenir. Cela n'est rien de plus que le témoignage d'une seule personne et je me garderai bien d'en tirer des généralités. Je vous le livre donc juste pour ce qu'il est : une intuition qu'il est possible a posteriori de comprendre à la lumière de l'Ennéagramme.

 

Je me rends compte que j'ai surtout décrit le fonctionnement d'un couple dont la hiérarchie est inversée (I-E-M pour l'un et M-E-I pour l'autre) mais pas spécifiquement un couple dont les types sont mutuellement l'intégration de l'autre. Je n'ai encore assez de recul pour voir ce qui est spécifique au fait que nous sommes 9 mu et 6 alpha, et pas une autre combinaison respectant cette hiérarchie (8 mu et 6 alpha, ou 9 mu et 5 alpha…). J'y reviendrai peut-être plus tard sur ce forum si j'observe des éléments qui s'y rapportent.

 

Bien amicalement,

Tristan

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Fabien Chabreuil

Bonjour Tristan et bonjour tous les autres,

 

Merci pour ton témoignage et son analyse, Tristan.

 

"Je me rends compte que j'ai surtout décrit le fonctionnement d'un couple dont la hiérarchie est inversée (I-E-M pour l'un et M-I-E pour l'autre) mais pas spécifiquement un couple dont les types sont mutuellement l'intégration de l'autre."

Si si, vous êtes bien en intégration mutuelle puisque l'intégration concerne les mécanismes de vertu et d'idée supérieure qui sont communs aux deux variantes d'un même ennéatype.

 

Il m'intéresserait que tu précises un point. Ta compagne et toi avez des hiérarchies des centres inversées (comme Patricia et moi, et les mêmes d'ailleurs). Mais comme vous êtes sur le triangle, cela cesse quand le centre préféré de l'un des deux ou des deux bascule. Comment cela se passe-t-il alors ? La bascule de l'un a-t-elle tendance à provoquer la basule de l'autre ?

 

Ton cas est comme celui de mon couple : intégration de chacun dans le type de l'autre et hiérarchies des centres inversées avec donc en commun le centre de support. Pour Patricia et moi aussi, ce centre émotionnel partagé est un point de rencontre fondamental. C'est lui sans doute qui a fait tenir le système au début quand la répression par l'un des deux du centre préféré de l'autre était difficile à vivre.

 

Vivez-vous une problématique à propos de la répression du centre préféré par l'autre ou est-ce que cela ne vous pose aucun problème puisqu'il vous arrive à tous les deux de réprimer votre centre préféré ?

 

Très amicalement,

Fabien

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Kayla

Bonjour Tristan et Fabien (par ordre d'apparition !),

Mon amie et moi nous intégrons aussi l'une dans le type de l'autre : 4 alpha et 1 mu.

 

Notre centre commun dans la hiérarchie est par contre le centre mental. Lors de nos échanges les plus difficiles, mes émotions à l'idée d'une rupture étaient trop fortes pour elle, et son inflexibilité ne faisait que les renforcer. C'est alors le centre mental qui nous aidait à prendre un peu de recul, à analyser la situation. Depuis que nous connaissons l'Ennéagramme, l'analyse permise par le centre mental de support s'appuie surtout sur le modèle.

 

D'autre part, j'apprends à prendre plaisir à l'utilisation de mon centre instinctif, et cette relation est toujours source de motivation à l'utiliser. Et elle apprend à contacter son centre émotionnel et à accueillir ses émotions, positives et négatives.

 

Nous grandissons l'une et l'autre dans la relation, dans la connaissance de soi et dans l'acceptation de l'autre.

Voilà pour un apport supplémentaire. :happy:

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Demilune

Bonjour Fabien et bonjour aux autres lecteurs,

Il m'intéresserait que tu précises un point. Ta compagne et toi avez des hiérarchies des centres inversées (comme Patricia et moi, et les mêmes d'ailleurs). Mais comme vous êtes sur le triangle, cela cesse quand le centre préféré de l'un des deux ou des deux bascule. Comment cela se passe-t-il alors ? La bascule de l'un a-t-elle tendance à provoquer la basule de l'autre ?

Voilà une question bien intéressante, sur laquelle je ne m'étais pas penchée. J'ai l'impression, peut-être à tort, que le basculement de mon centre instinctif est plus fréquent que le basculement de son centre mental. J'ai du mal à identifier en direct des moments de confusion chez elle, et plus généralement j'ai le sentiment depuis que je m'intéresse à l'Ennéagramme que le basculement des types du triangle est plus ou moins marqué selon les types : il me parait consubstantiel à la description de base du 3, assez régulier chez le 9 et beaucoup moins fréquent chez le 6 qui apparaît nettement comme un mental. C'est une parenthèse à la marge du sujet mais puisque l'occasion se présente, j'en profite pour soumettre cette impression sur laquelle je ne demande qu'à être contredit ! :happy:

Donc pour revenir à la question initiale, lorsque mon centre instinctif bascule, je crois que ma compagne sent le danger. Elle est alors très présente pour m'aider, d'abord pour identifier mes sentiments et me faire parler. Quand je ne suis pas bien, elle peut me parler patiemment pendant une ou deux heures, me poser des questions pour me faire exprimer mon malaise intérieur. Dans ces moments, elle peut parler seule ou quasiment car je me replie sur moi-même et je suis incapable de sortir un mot. Je crois qu'elle fait preuve d'une intense utilisation de son centre mental pour envisager toutes les hypothèses qui peuvent expliquer mon état, chaque hypothèse faisant l'objet d'une question. Il faut un sacré courage car poser des questions à quelqu'un qui ne répond jamais rien, ça peut être décourageant. Mais en fait, ce qu'elle me dit est très utile car je l'écoute attentivement et intérieurement, cela m'aide à comprendre peu à peu mon état intérieur. D'une certaine manière, elle me "prête" son mental pour me faire sortir de la paresse du 9. En général, au bout d'un moment, je finis par être capable de répondre et faire sortir les émotions contenues. Il y souvent de la colère, presque toujours de la tristesse, mais là encore son centre émotionnel en support sait accueillir ces émotions, et elle évite de se vexer quand j'ai des mots durs pour elle. C'est notre maïeutique à nous qui finit souvent par un gros câlin. :calin:

Lorsque la répression de mon centre instinctif est plus durable, elle ressent encore plus intensément le danger et je pense que cela active son instinct sexuel X++, peut-être même son instinct de conservation. Elle a alors tendance à vouloir me protéger à tout prix, car elle a en tête que si je flanche, c'est à terme la protection que je lui apporte qui est compromise. Un peu de la même manière que dans le cas d'un stress "positif", la menace décuple ses capacités. Son mental est donc en alerte et je remarque même qu'elle fait fonctionner son instinctif en s'occupant de tâches que j'assure en temps normal (faire les courses ou la cuisine notamment). Je vois bien qu'elle se force à le faire mais je suppose que le message qu'envoie son centre mental à son instinctif ("Panique à bord, Tristan vacille, ma sécurité affective et face au monde sont menacées !") est suffisamment fort pour la faire bouger. Il ne faut quand même pas que ça dure trop longtemps car elle peut finir elle-même par perdre espoir et là, il ne reste que deux boules d'émotion désespérées. :cry: :cry:

Lorsque c'est elle qui réprime son mental, je crois qu'au bout du compte, la situation est assez symétrique. Je commence par booster l'instinctif en m'occupant des contingences quotidiennes dans le but de la rassurer et la soulager de cette préoccupation qui ne fait qu'emballer encore plus son mental. Ce qui est important est de lui dire que je vais le faire, car le mental est rassuré. Le faire est finalement secondaire, et il arrive même qu'entre le moment où je dis que je vais faire quelque chose et le moment où il faut le faire effectivement, son mental est rétabli et elle le fait à ma place… :cool: L'émotionnel joue toujours un rôle important et j'essaye de la questionner sur ce qu'elle ressent. Comme mon mental a plus de mal à faire des hypothèses, j'ai mis en pratique quelques techniques de Communication non violente (CNV), ce qui m'a aidé à construire le questionnement. Heureusement que contrairement à moi, elle s'exprime davantage et plus rapidement !

Donc je crois que dans notre cas, hors crises majeures, le basculement du centre préféré de l'un a tendance à renforcer le centre préféré de l'autre et même donner un coup de pouce au centre réprimé pour pallier l'absence temporaire de la qualité principale du partenaire. Et là encore, le centre émotionnel est notre terrain d'entente et de communication privilégié. En pratique, ça marche donc pas trop mal mais je pense que ça a aussi tendance à renforcer nos instincts sexuels qui sont complémentaires. Le sous-type du 6 "Force-Beauté" entretient le besoin de protéger et d'être protégé, le sous-type du 9 "Union" trouve une occasion formidable de fusionner avec le partenaire et de s'oublier. Tout ça, c'est encore de l'ego…

Vivez-vous une problématique à propos de la répression du centre préféré par l'autre ou est-ce que cela ne vous pose aucun problème puisqu'il vous arrive à tous les deux de réprimer votre centre préféré ?

Comme pour Patricia et toi, cette problématique était présente surtout au début de notre relation. Le mental en surchauffe de ma compagne voulait absolument "construire" la relation, se projetait énormément dans le futur, ce qui avait une tendance à déplaire à mon instinctif qui voulait vivre plein de choses au présent. Réciproquement, mon envie de faire toujours des tas de projets et d'aller au devant des personnes pouvait contrarier son besoin d'une relation exclusive avec moi. Je me souviens notamment que j'avais le projet de faire un semestre d'études en Allemagne (nous nous connaissions depuis un an), et elle a eu du mal à avaler le fait que je puisse préférer découvrir un autre pays plutôt que rester avec elle. Ça lui a valu de sacrées angoisses qu'elle a fini par résoudre en s'organisant pour faire son stage de recherche dans la même université allemande que moi, en même temps que je faisais mon semestre d'études (au passage, on remarquera que c'est bien une solution de mentale, quand je pense à toute la planification que ça lui a demandé pour contacter les labos, faire la convention de stage, etc.).

Il y a vraiment un domaine où cette problématique a été aigüe, dans la première année de notre relation : c'est celui de la sexualité. Ma compagne voulait absolument avoir le plus tôt possible des relations sexuelles pleines et épanouissantes, et comme ni elle ni moi n'avions d'expérience à l'époque, ça ne s'est pas fait du jour au lendemain. Elle a commencé à lire un tas de bouquins sur la sexualité, de préférence anciens et correspondant le mieux à ses conceptions (Wilhelm Reich, Masters et Johnson, Simone de Beauvoir…) et à m'en faire les commentaires détaillés. J'en ai vite eu ma dose mais pour éviter les conflits, je n'osais pas lui dire que cela ne m'aidait pas à avoir des relations plus satisfaisantes avec elle. Elle était de plus en plus frustrée et elle en rajoutait dans cette approche mentale (un jour, alors qu'elle était excédée qu'on y arrive pas, elle m'a mis de force un de ses bouquins dans les mains et m'a dit : "Maintenant tu lis !"). De mon côté, la tournure ultra-cérébrale que prenaient nos relations sexuelles devenait non seulement insatisfaisante mais angoissante. J'essayais de lui faire valoir les progrès que nous faisions malgré tout, elle s'évertuait à ne voir que le chemin qui restait encore à parcourir. Sur ce sujet, elle m'a poussé dans mes derniers retranchements (l'oubli de soi était très très fort), ce qui m'a conduit à lui dire un jour que si cela continuait, c'est notre relation toute entière qui était compromise et que je la quitterais. Au passage, je souligne que pour qu'un 9 sexuel en vienne à dire cela, il faut quand même aller très loin, car prendre le risque de rompre la fusion avec le partenaire est vraiment une solution de tout dernier recours !!! En tout cas, cette remarque lui a fait un électrochoc car elle a d'un seul coup changé de comportement : le centre émotionnel lui avait fait prendre conscience de l'excès de son mental. Nous avons par la suite progressé sur le terrain de la sexualité de manière plus sereine, d'une manière plus instinctive (on essaye, sans se poser trop de questions, et on se réjouit quand ça a bien marché) et quelques mois plus tard nous avions des relations que nous considérions l'un et l'autre comme satisfaisantes. Je peux dire avec le recul que cette période a été vraiment éprouvante pour nous deux, et que sans la possibilité de parler presque chaque jour de nos émotions (frustration, angoisse, colère…), nous aurions probablement été amenés à rompre.

Aujourd'hui, les choses sont beaucoup plus sereines sur cette cohabitation mental et instinctif. Comme je le disais dans mon précédent message, nos excès d'instinctif et de mental sont régulés par l'émotionnel, et c'est bien le centre support qui a toujours été la clé de notre adaptation l'un à l'autre.

Bien amicalement,
Tristan

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci à toi, Tristan, d'avoir répondu si précisément à mes deux questions. C'est très enrichissant.

 

Puisque nous partageons, au moins en fonctionnement normal, la même hiérarchie des centres que votre couple, il n'est pas étonnant que la sexualité a été aussi pour Patricia et moi une zone nécessitant au début une adaptation mutuelle des demandes. Dans notre couple comme dans le tien, c'est le mental des deux qui était dans une certaine urgence et une certaine exigence, ce qui peut sembler paradoxal, la sexualité relevant plutôt de l'instinctif… Mais je n'ai jamais forcé Patricia à lire sur le sujet ! Comme pour vous, c'est effectivement sur le centre émotionnel que se fait le lien.

 

Par ailleurs, faisons un petit tableau des combinaisons possibles d'intégration dans le type de l'autre et des hiérarchies des centres et directions d'utilisation de ceux-ci correspondantes :

  • 1 alpha et 7 mu : IEM-i et MEI-i
  • 2 alpha et 4 mu : EIM-e et EIM-i
  • 3 alpha et 6 mu : EIM-i/e et MIE-i/e
  • 4 alpha et 1 mu : EMI-i et IME-i
  • 5 alpha et 8 mu : MEI-e et IEM-e
  • 6 alpha et 9 mu : MEI-i/e et IEM-i/e
  • 7 alpha et 5 mu : MIE-i et MIE-e
  • 8 alpha et 2 mu : IME-e et EMI-e
  • 9 alpha et 3 mu : IME-i/e et EMI-i/e

On peut constater que tous ces paires de types partagent un centre de support commun et une même direction d'utilisation des centres, sauf les deux combinaisons en italique qui correspondent, sans surprise, aux exceptions de la loi circulaire, partagent la même hiérarchie des centres et ayant des directions d'utilisation de ceux-ci opposées.

 

Dès lors, on peut se demander si le centre de support partagé est la colle qui fait tenir la structure pour toutes les paires de la première catégorie et comment cette colle fonctionne quand le centre de support est le mental ou l'instinctif ; j'espère que nous aurons d'autres témoignages qui permettront ou non de généraliser ce point et l'affinerons. Quant à la deuxième catégorie, attendons là aussi des témoignages.

 

"Il me parait consubstantiel à la description de base du 3, assez régulier chez le 9 et beaucoup moins fréquent chez le 6 qui apparaît nettement comme un mental."

Je ne pense pas que ce soit exact. Peut-être sous-estimes-tu comme beaucoup de gens l'émotionnel du 3. Dans ce cas, tu peux (re)lire une discussion récente : "Je veux être aimé(e) !". Quant au 6, peut-être que ta répression du mental te rend leur bascule du centre préféré moins visible. Moi qui préfère le mental, je la vois chez eux aussi fréquente, ni plus ni moins, que celle des autres types du triangle.

 

Très amicalement,

Fabien

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Yves

Bonjour à tous,

 

Le 04/12/2013 à 09:02, Fabien Chabreuil a dit :

Dès lors, on peut se demander si le centre de support partagé est la colle qui fait tenir la structure pour toutes les paires de la première catégorie [...].

Longtemps j’ai renâclé à témoigner, entre autres par peur de manquer d’objectivité, peur de mes émotions et avarice. Aujourd’hui, je me risque.

 

Autrefois, pendant quatre lustres (un lustre = cinq ans), j’ai vécu une relation de couple avec une 8 mu. Cette relation entre dans la première catégorie. Notre centre de support était le centre émotionnel et notre direction préférée, l’extérieur.

 

Nous avons stabilisé notre relation grâce à un assortiment harmonieux de ressemblances et de différences.

 

Le centre instinctif extérieur

Il ne s’est pas avéré un facteur d’intégration de notre relation, mécanismes égotiques obligent.

 

Le centre instinctif intérieur

Là, oui, un facteur plutôt intégrateur de notre relation.

 

Également, le fait de partager une facette de nos drivers primaires (cf. stage Connexions) nous rapprochait.

 

Le centre mental extérieur

Chaque soir, nous conversions longtemps. Les nombreuses observations du monde extérieur qu’elle avait faites dans la journée, m’intéressaient. Et vice-versa. Au cours de nos conversations, j’appelais mon centre mental extérieur pour trouver des faits qui l’aidaient à nuancer ses jugements. Je m’exprimais.

 

Nous aimions découvrir le monde extérieur, à pied ou dans des livres. Nous partagions nos découvertes.

 

Chez elle, ce centre fonctionnait en harmonie avec les deux autres centres, parfois de façon libre (cf. stage Centres). Sa façon d’utiliser ce centre tempérait la mienne. Pendant nos conversations, j’utilisais ce centre en harmonie avec mon centre émotionnel et le sien, et non isolé.

 

Le centre mental intérieur

Sauf pendant les deux premiers lustres, il ne s’est guère avéré intégrateur. Trop de différences entre nous. Entre parenthèses, trop de différences aussi au niveau du N/S du MBTI.

 

Le centre émotionnel extérieur

Nous éprouvions de l’empathie l’un pour l’autre. Nous connaissions bien nos désirs et besoins mutuels. Nous y étions attentifs.

 

En particulier notre besoin de partager nos observations et impressions de la journée, nos coups de cœur (rencontres, découvertes, lectures) et de colère. Tous deux très réservés et introvertis, c’est parce que chacun de nous s’intéressait à ce qui intéressait l’autre, que nous nous exprimions avec le sentiment d’être écoutés, compris et reflétés, ou du moins reconnus, malgré nos divergences de points de vue.

 

Et notre besoin de protection. Je restais conscient de sa fragilité — fragilité inavouée —, beaucoup plus que de ma propre fragilité ; elle restait consciente de mon besoin de partager — inavoué aussi. L’essence était là.

 

Au cours de nos randonnées ou voyages, j’emportais des guides. En randonnée dans la nature, des guides d’identification d’espèces animales et de fleurs : ah ben oui, il fallait bien nourrir mon centre préféré et mon orientation. Entre marcher, marcher, et s’arrêter pour écouter-sentir-observer, nous trouvions une tolérance mutuelle fondée sur le partage de nos émerveillements : notre centre émotionnel extérieur jouait un rôle de facteur de cohésion.

 

Le centre émotionnel intérieur

Au cours de nos conversations, je m’émerveillais souvent de nous trouver tous deux sur la même longueur d’onde, de (re)découvrir que nous partagions des valeurs profondes.

 

Son expression verbale m’aidait à reconnaître au fond de moi le même douloureux sentiment d’injustice qu’elle : injustice sociale et injustice vis-à-vis de la nature, surtout des animaux. J’accédais à mon centre intuitif. Et je finissais par l’exprimer, mon sentiment. Pas de la même façon qu’elle, certes : je continuais à manquer d’espérance, malgré tout.

 

Entre parenthèses, chez tous deux, notre F/T du MBTI s’équilibrait.

 

S’est offerte à nous une voie du milieu, autre que celles du détachement avare ou de la mini-conférence intello, et autre aussi que celle des compulsions de contrôle de notre environnement. Cette voie du milieu se construisait sur le partage de nos impressions et sur nos valeurs communes.

 

*************

 

En résumé, voici les facteurs de cohésion de notre relation :

 

Notre centre instinctif intérieur, nos drivers primaires et notre centre mental extérieur, lorsqu’ils étaient utilisés ensemble, en harmonie avec notre centre émotionnel : cf. nos randonnées et voyages.

 

Nos centres mental et émotionnel extérieurs — très proches l’un de l’autre chez chacun de nous —, nos centres instinctif et émotionnel intérieur, tous ces centres fonctionnant en harmonie : cf. nos conversations à deux.

 

Ce découpage est artificiel : en fait, c’est l’activation de nos centres en harmonie qui consolidait notre relation.

 

Dans cette harmonie, je n’ai pas trouvé de cas où le centre de support n’a pas joué un rôle de force de cohésion, mais peut-être n’ai-je pas assez cherché. Et puis comment trouver de l’objectivité dans des souvenirs ?

 

Amicalement,

Yves

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