Institut Français de

l’ennéagramme

À quoi sert tout le reste...

Aller au contenu

Conformément à nos conditions d'utilisation, ce forum est accessible uniquement en lecture jusqu’au 14 novembre 2018 inclus.
Il vous sera à nouveau possible de poster des messages après cette date.
D’ici là, vous pouvez consulter également nos 150 articles et nos 90 analyses de film.

Johnybegood

Les types et cuisiner

Messages recommandés

Johnybegood

Bonjour à tous,

 

Je commence une autre discussion que celle des types et de l'alimentation, car je trouve que l'acte de cuisiner est très différent.

 

Pour moi, je peux utiliser mon envie de cuisiner comme une sorte de baromètre de mon état physique et mental quand je cuisine "bien" et surtout que j'y prends plaisir, c'est que je suis bien. Même faire des oeufs brouillés peut être un vrai plaisir !!! Je pense qu'il y a plein de motivations pour moi :

  • Il y a être en pleine forme pour être capable de faire tout ce que je veux (on ne peut pas bien vivre le ventre vide, on risque d'être fatigué).
  • Je veux me faire plaisir et profiter de quelque chose que je maîtrise complètement. Je cuisine, je sais ce qu'il y a dedans !!! Je maîtrise la situation !!!
  • Je veux faire plaisir aux autres, que le plat soit parfait (je suis très critique, je dis toujours : c'est bon mais il manque ça ou ça… et s'ils oublient de me complimenter c'est que je ne suis pas capable de leur donner du plaisir… peut-être mon sous type sexuel qui parle…).
J'ai l'impression que quand je cuisine j'ai la pleine responsabilité de tout mes ingrédients et que de moi dépend la création de quelque chose qui ne m'appartiendra plus, qui aura sa propre vie et dont "on" (les autres ou moi) profiterons et dont ils ont besoin… Un vrai moment d'intégration !!! :proud::confused::blush::peur::happy::laugh:

 

Pour finir une citation de Bernard Loiseau. Un de mes rêves aurait été de manger dans son restaurant… Il me semblait tellement impliqué par le fait de rendre heureux les autres et de mettre son côté médiatique au service de son œuvre… Je me souviens du respect et de la joie quand il parlait de ses clients préférés : des gens de conditions moyenne qui économisaient pendant des mois pour s'offrir un repas chez lui ; c'est pour eux qu'il cuisinait et il tenait à leur être loyal ! (Hypothèse de typage 6 aile 7 sexuel…)

 

"La cuisine, c'est l'envers du décor, là où s'activent les hommes et femmes pour le plaisir des autres…" (Bernard Loiseau)

 

Bien à vous tous et bon appétit !!!! (C'est moi qui ai cuisiné pour ce midi, mais ça manquait un peu de crème…!!! :proud::laugh::happy::rofl:)

 

Phil

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fabien Chabreuil

Bonjour,

Voilà un sujet pour lequel le lien avec mon type est simple !

Je suis un 7…
Pourquoi passer du temps à cuisiner, alors qu'on peut le passer à manger ou à des activités mentales agréables ?
Pourquoi manger une cuisine d'amateur (la mienne), alors que des professionnels font des choses bien meilleures ?

de variante mu, c'est-à-dire réprimant le centre instinctif…
Pourquoi faire l'effort de cuisiner soi-même alors que d'autres peuvent le faire à ma place ?
L'idéal étant bien sûr de manger dans un grand restaurant où il n'y a rien à faire et où c'est bon.

et ayant l'émotionnel en centre de support.
L'exception aux règles ci-dessus est donc que je peux cuisiner avec quelqu'un que j'aime. Cependant, c'est pour lui faire plaisir, et non par goût personnel.

Très cordialement,
Fabien

P.-S. : Bernard Loiseau était presque certainement de type 3. Il y a un petit article ici.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Harper

Bonjour à tous,

 

Ma position sur la question est très proche de celle de Fabien, à quelques nuances près…

 

Mon premier mouvement est d'écrire : je suis nulle en cuisine.

Le deuxième est de corriger : je n'en sais rien, car je ne pratique pas suffisamment.

 

Cuisiner ne m'intéresse pas. Cela demanderait du temps (que je préfère consacrer à des choses plus intéressantes) et de l'énergie (de mon centre instinctif réprimé).

Je ne sais pas cuisiner. Pour un tas de raisons, dont quelques unes sont familiales, mais la principale est l'absence d'intérêt ci-dessus.

Cela interfère avec des éléments de type, en particulier l'instinct social. "Mon devoir" serait de faire de la bonne cuisine quand je reçois des gens. Ce que je contourne en ne les recevant PAS chez moi, mais en les emmenant au restaurant. Si les personnes en question semblent (il y a de la projection dans l'air) vouloir que je les reçoive chez eux… il y a de fortes chances que la relation tourne court.

 

Cela dit, j'aime manger de bonnes choses, en particulier depuis quelques années (probable début de manifestation de deuxième aile)… et je rejoins à fond les propos de Fabien sur le plaisir de manger la cuisine des autres en n'ayant rien à faire…

 

Je suppose que si l'occasion se présentait de faire de la cuisine (euh… il serait plus prudent de me laisser les tâches mineures… éplucher, couper, rincer, touiller…) AVEC quelqu'un, si possible quelqu'un d'acceptant et tolérant, je pourrais aussi m'associer aux propos de Fabien concernant l'émotionnel en support.

 

Dans la pratique, je mange souvent à l'extérieur (à la cantine en semaine, au restaurant le week-end, chez mes parents parfois). Je mange peu le soir en général (prétexte pour ne pas cuisiner ?). Cela a deux effets positifs : d'abord je dors mieux, et d'autre part, la perspective d'un bon petit déjeuner est une bonne incitation à me lever plus tôt pour cause de petite faim…

 

Très cordialement,

Bénédicte

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Évelyne

Bonjour à tous,

Je me reconnais à 100 % dans la réponse de Bénédicte, sans doute parce que je suis du même type (6) avec la même aile (5) !
Comme elle, cuisiner ne m'intéresse pas !
Comme elle, je reçois les gens qui viennent me voir au restaurant !
Comme elle, j'aime ce qui est bon, et je pense aussi que c'est dû à l'apparition d'une aile 7 !
Comme elle, je mange souvent à l'extérieur, au self ou au restaurant, malheureusement plus chez mes parents car ma mère est décédée…
Comme elle, je mange peu le soir, je rajouterais un troisième effet positif aux deux déjà cités : c'est recommandé pour garder la ligne !

Très cordialement,
Évelyne

 

P.S. : d'où vient cette idée de mettre une phrase sous votre signature ?

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à toutes,

J'ai aussi tendance à inviter les gens au restaurant. Quand je vivais seul, c'était systématique ; depuis que je suis en couple, cela l'est moins, mais reste cependant ma solution préférée.

Le but toutefois n'est pas uniquement d'éviter de cuisiner. Il s'agit aussi d'être 100 % disponible pour mes hôtes. Je trouve toujours désagréable de s'absenter pour aller chercher un plat ou une bouteille, plus encore d'avoir à faire les finitions d'un mets pendant que mes invités restent dans la salle à manger. Je trouve que ça rompt l'ambiance.

Très cordialement,
Fabien

P.-S. : Évelyne, les phrases incluses dans la signature, comme les images (appelées avatars) apparaissant à gauche du texte servent à personnaliser sa présence, à transmettre quelque chose auquel on tient, à se définir par une devise, ou tout autre but de ton choix. Tu peux faire cela en cliquant sur ton pseudo tout en haut de la page à gauche, puis en utilisant la fonction "Mes paramètres".

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Harper

Bonjour à tous,

Évelyne, je pense qu'il n'y a pas que le profil qui intervienne dans le fait de cuisiner ou non, d'aimer ça ou non. Il existe certainement des 6 aile 5 qui ont développé la cuisine comme compétence, et aiment se relier aux "leurs" (famille, amis…) par ce moyen.

Ma mère, 6 alpha aile 7 (mais l'aile est très faible, et je tends à considérer ma mère comme un bon exemple de "6 de base"), n'aime pas particulièrement cuisiner, le fait par devoir, et avec beaucoup d'angoisse s'il y a beaucoup de monde (c'est rare, et dans les grandes réunions de familles elle se rabat, elle aussi, sur les tâches mineures… c'est qu'elle a peur de ne pas savoir gérer les proportions…) ou si les invités sont des gens difficiles (brrr).

Très cordialement,
Bénédicte

Hors-sujet sur les phrases sous les signatures : la première fois que j'en ai vu, c'était dans un autre forum ; j'ai trouvé ça marrant et sympa, un moyen d'individualiser ses messages (c'est pas parce que je réprime la déviance que je recherche l'uniformité). Je ne me rappelle plus, mais je crois que j'ai tout de même attendu que Fabien mette sa phrase pour mettre la mienne… :laugh::blush:

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Doris

Bonjour à tous,

Un témoignage de 9, cela faisait longtemps…

Cuisiner ? Cela dépend pour qui, quand…

 

J'aime bien cuisiner quand j'en ai le temps — parce que je suis gourmande peut-être ? Si je n'ai pas d'invités, ça me détend, ça me vide la tête, ce n'est pas comme lorsque je reçois des amis ou de la famille — là, je stresse à mort, surtout s'il y a des enjeux affectifs (comme si on allait m'aimer moins si ce que je fais n'est pas bon, ou en quantité suffisante, etc.). J'ai eu l'occasion d'en parler en psychothérapie. Je racontais que j'avais reçu quelques amis chers à mon cœur, que ça avait été très stressant. La thérapeute m'a dit : mais pourquoi tu n'as pas pris un bon dessert en surgelé ou à la boulangerie, plutôt que de faire toi-même ta tarte au citron meringuée ? Impensable ! Il FALLAIT que j'ai tout fait moi-même, mais pourquoi ?

 

J'ai pensé que peut-être c'est une une valeur familiale (ma grand-mère est une excellente cuisinière, qui a toujours très bien reçu ses amis, sa famille, les collègues de mon grand-père, etc.), mais cela ne vaut en fait que lorsqu'elle est là. Je tiens à lui montrer que je suis sa "digne petite-fille". Et finalement pour les amis, je crois plutôt qu'inconsciemment, ces plats devaient être la preuve de mon amitié, de mon souci de leur plaisir, d'autant que certains sont des gourmands avérés. Et ils avaient intérêt à trouver ça bon, avec le mal que je m'étais donné.

Je ne sais pas si cela se retrouve chez les autres 9, d'autant qu'on dirait plutôt du 2.

Cordialement.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Enensis

Et bien moi, j'adore cuisiner ! :wink:

 

Bonjour tout le monde,

 

J'adore aller au restaurant, j'adore bien manger et j'adore aussi cuisiner.

La cuisine est un des moyens que j'ai trouvé pour être pleinement dans l'instant et pour mieux prendre conscience de mon environnement.

 

Cuisiner, c'est aller chercher ses ingrédients, faire des choix, discuter avec des gens (lors de courses dans un marché) pour savoir d'où viennent leurs produits, comment ils sont produits ou fabriqués, etc. Cuisiner, c'est aussi comprendre d'où vient ce qui se retrouve dans l'assiette.

 

Cuisiner, c'est apprendre quelque chose lorsque je prends une recette dans un livre ou sur un site web, c'est tenter une nouvelle expérience lorsque je sors des sentiers battus. Cuisiner, c'est aussi voyager et prendre des coutumes de pays lointains et les importer dans ma cuisine. :blush:

 

Cuisiner, c'est jouer avec le toucher, avec l'odorat puis avec le goût mais, plus subtilement aussi, jouer avec la vue pour arranger les aliments entre eux et voir les couleurs se mélanger… C'est aussi entendre la musique des ingrédients lorsqu'ils rissolent, cuisent, bouillent, etc.

 

Cuisiner, c'est prendre le temps de voir les ingrédients se transformer les uns après les autres, se mélanger les uns aux autres pour former de nouvelles "entités culinaires"…

 

Cuisiner, c'est aussi me servir des déchets et les composter afin de produire mes engrais naturels pour mes bonsaïs et mes autres plantes…

 

Et puis cuisiner, c'est partager un moment agréable avec d'autres personnes en cuisine, avant de passer un bon moment à table.

 

Bref, cuisiner, c'est un ensemble de petites choses simples qui peuvent revêtir une grande richesse émotionnelle, intinctive et mentale à chaque seconde !

 

Je vous invite ? :lame:

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Ouadjet

Bonsoir,

Tout comme Fabien, je suis d'ennéatype 7, mais contrairement à lui… j'aime bien cuisiner, comme quoi un même ennéatype peut bien conduire à des comportements différents !

Une exception : en ce qui concerne les desserts dont la confection m'intéresse d'autant moins que mon mari les fait très bien et qu'en ce qui concerne les gâteaux, on ne peut pas y goûter pendant la préparation (la pâte sablée crue, ce n'est pas terrible ; et dès qu'on utilise la levure hors de question d'ouvrir le four en pleine cuisson pour voir quel goût ça a, ce que je trouve abominablement frustrant !).

Contrairement à Fabien, je pense que cuisiner peut être une activité mentale et une activité agréable : quand je prépare un repas pour des amis, je planifie à tout va !
Selon moi, cuisiner débute avant de mettre les pieds dans la cuisine par la confection du menu et là… bonjour le perfectionnisme !
Il faut marier, les goûts des invités, les produits disponilbes selon la saison, penser au vin, et composer un ensemble savoureux et qui soit adapté aux horaires de mes hôtes car tout comme Fabien, une fois les invités dans la place, pas question de devoir passer mon temps devant les fourneaux. Aussi, je n'ai jamais pensé à réaliser un soufflet et je pense que le micro-onde et la fonction chauffe-plat de mon four classique sont une bénédiction de ce siècle !

Je ne mets pas un point d'honneur à tout faire moi-même (bien acheter fait aussi partie de mes habitudes et ne me gène nullement du moment que c'est savoureux), mais je préfère recevoir les gens chez moi quitte à faire venir les plats.

Un comportement récent : j'essaie que les repas soient à peu près équilibrés autant par souci d'hygiène personnelle, que pour tenir compte des ex-fumeurs de mon environnement qui essaient de maigrir ou du moins de ne pas trop grossir.

Bien cordialement.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Boss

J'apprécie la bonne cuisine, mais quand je cuisine j'aime bien faire simple et efficace. En gros, il s'agit d'avoir un truc bon dans un minimum de temps. Le mieux, c'est le steak au poivre… J'adore la viande, je pourrai en manger des centaines de grammes. Je n'ai pas besoin de quelque chose de trop complexe.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Demilune

Bonjour tout le monde,

 

Comme c'est souvent dans les choses les plus quotidiennes qu'on reconnait son ennéatype, j'exhume cette conversation qui me permettra de faire le point sur quelques auto-observations de ces derniers mois. Et puis comme je fais souvent la cuisine et que j'aime bien la faire, c'est plus motivant pour en parler !

 

Mon rapport à la cuisine et ses motivations

 

Pour moi, faire la cuisine n'était pas quelque chose qui allait de soi au départ. Dans ma famille, on n'avait pas la culture de la cuisine et je me souviens à quel point c'était pénible pour ma mère 1 mu de se mettre en cuisine pour recevoir des amis. Elle s'obligeait à bien faire, dévalorisait son résultat devant les invités (fixation de perfectionnisme sans doute mâtinée du sous-type conservation "Anxiété") et ne manquait pas de nous faire savoir (à nous, ses enfants) que c'était une corvée et qu'elle n'y prenait vraiment aucun plaisir. De plus, ma sœur et moi n'étions pas franchement faciles à nourrir car beaucoup d'aliments nous déplaisaient : en conséquence, les repas familiaux se réduisaient à quelques classiques, rapides à faire et assurés de recevoir notre approbation. Et je pense qu'au fond tout le monde y trouvait son compte.

 

Quelle ne fut pas ma surprise lorsque je découvris vers 20 ans des personnes parlant avec passion de sauces, de petits lardons pour assaisonner, de tradition culinaire (variable selon la région d'origine), et puis surtout de convivialité autour d'un repas ! En un mot de plaisir, et de plaisir partagé à l'idée de cuisiner et de manger ensemble. J'ai découvert à cette époque un monde tout à la fois séduisant et lointain. J'ai commencé à aller de temps en temps au restaurant avec des amis, j'ai découvert avec eux le vin et des plats inconnus. Comme si l'émotion associée à ce moment avait d'un coup fait disparaître mes réticences alimentaires. Je pouvais accepter de goûter un plat complexe et y trouver du plaisir sans pour autant identifier tous ses ingrédients. Car auparavant ma conception d'un plat était : une viande ou un poisson, nature, des légumes à la vapeur, nature, et c'est TOUT ! Lorsque j'avais l'effroi de constater qu'il y avait ne serait-ce qu'un peu de thym sur les légumes, je passais des heures à l'extraire pour retrouver l'aspect d'origine. Et je ne parle pas du sadisme de ma mère qui osait — sous prétexte d'origines normandes — mélanger une cuillère de crème à une escalope à la poêle ! :laugh: Je grattais chaque repli de l'escalope pour en enlever l'horrible liquide !

 

Bref, tout ça pour dire que dans mon cas, ce n'était pas gagné. Mes premières expériences en cuisine furent à la hauteur de mon ignorance. Ma compagne, que je venais juste de rencontrer à l'époque, se souvient encore de mes pâtes nature que je lui avais préparées lors de notre premier dîner ensemble. Elle ne manque pas de me rappeler, encore aujourd'hui, qu'il avait vraiment fallu qu'elle m'aime beaucoup pour ne pas se vexer d'un tel traitement. :kiss2: Puis peu après, l'occasion s'est présentée de cuisiner régulièrement avec un ami 9 qui en savait un peu plus que moi sur le sujet. J'ai senti chez lui le plaisir de faire, et la mobilisation de l'instinctif qu'impliquait la présence aux fourneaux. J'ai senti aussi la fierté de préparer un bon plat, la fierté d'avoir une connaissance technique pour s'adapter à l'imprévu (si tu n'as pas d'échalote, remplace par un oignon…), autant de choses qui impliquaient de l'action, de la découverte, et qui excitaient ma curiosité. J'ai aussi eu la chance que cette cuisine soit destinée à un petit groupe d'amis, et donc à la sollicitation de l'instinctif se rajoutait la mobilisation du centre émotionnel (mon centre de support), qui se délectait des compliments de nos convives. Je pense que les conditions étaient totalement réunies pour que le 9 mu que je suis trouve une forte motivation à investir le terrain de la cuisine.

 

Par la suite, j'ai toujours associé l'idée de faire la cuisine à trois idées : faire plaisir, tester et passer un bon moment. Faire plaisir, c'est surtout à ma compagne 6 que je pense, qui apprécie que je lui fasse à manger et qui sait toujours avoir un mot gentil à mon égard pour me récompenser de mes efforts. J'ai conscience qu'il y a dans cette motivation une forte présence de mon instinct sexuel "Union". Par exemple, lorsque je fais de la pâtisserie, je lui laisse toujours finir le fond des plats en lui disant "Vas-y, j'en ai déjà pris" (ce qui est souvent faux), rien que pour voir son visage s'éclairer et qu'elle me dise "Mmmmm ! C'est bon, tu fais vraiment des bonnes choses !". La reconnaissance qu'obtient le centre émotionnel donne envie à mon centre instinctif de recommencer. Mais autant j'aime bien cuisiner pour elle ou pour des amis, autant je n'ai aucune envie de m'y mettre quand c'est pour moi tout seul. Dans ce cas, je fais le minimum, sauf si je sais qu'elle pourra goûter plus tard un peu du plat que je prépare. Tester, c'est le centre instinctif dans toute sa splendeur. Ce que j'aime avant tout, c'est trouver une recette que je n'ai jamais faite et voir ce que ça va donner. La transformation des produits est une source constante d'émerveillement. On ne sait jamais très bien ce que ça va donner, d'un point de vue visuel puis gustatif, et cela demande d'être attentif à l'évolution du plat (notamment lors d'une cuisson) pour intervenir au bon moment. Dans le meilleur des cas, je pense que cela fait appel au centre intuitif car face à la nouveauté, il faut faire appel à ses expériences passées en dehors de l'analyse pour savoir comment réagir. Et plus c'est compliqué, mieux c'est ! Je conjugue alors le plaisir du défi au plaisir de la découverte. Avec un risque limité car si c'est raté, je peux dire que c'est normal car les techniques étaient de haut niveau et si par hasard c'est réussi, c'est la consécration ! :proud: De ce point de vue, la réalisation d'un caramel est une de mes plus grandes joies, même si j'en rate un sur deux ! Je goûte chaque moment d'attente, à regarder le sucre immobile tout en sachant qu'en dessous c'est en train de fondre, avec l'envie de remuer mais en me retenant car je risque de tout faire cristalliser d'un coup. Le bonheur, je vous dis ! :pt1cable:Passer un bon moment, c'est surtout associé au fait de m'activer sans avoir besoin de trop réfléchir, de laisser — au moins en partie — mes ruminations au profit de la pesée d'ingrédients, du touillage d'une sauce ou du malaxage d'une pâte. Je sais que c'est aussi une occasion de partager un temps avec ma compagne qui joue le rôle du marmiton (découper, éplucher). En tant que 6 alpha, elle réprime l'instinctif et je pense que cela lui donne une occasion de rééquilibrer ses centres, d'autant plus qu'ils travaillent en harmonie (le centre mental voit déjà le résultat et le centre émotionnel trouve que ça va être drôlement bon).

 

Le fonctionnement de mes centres lorsque je fais la cuisine

 

Au-delà de mes motivations générales à l'idée de faire la cuisine, je constate une activation de mes centres qui respecte bien ma hiérarchie de 9 mu : I-E-M-(I).

 

L'instinctif intervient d'abord dans la sélection des recettes, de préférence inédites, puis dans la réalisation des courses, qui me donnent d'ailleurs souvent de nouvelles idées. Quand je fais la cuisine, je sors plein de choses en même temps, ingrédients, saladiers, casseroles, de telle sorte que ça devient très vite la pagaille. Mais j'aime ça car c'est en accord avec mon besoin de faire, de faire tout de suite, de transformer la matière, d'avoir un impact sur mon environnement (instinctif extérieur). Par ailleurs, cela me permet d'extérioriser la colère de mon centre instinctif car s'énerver contre une préparation ou un batteur qui ne fonctionne pas, ça ne provoque pas de conflit. De son côté, l'instinctif intérieur veut faire parfaitement, et je m'impose une certaine exigence dans mes réalisations. Sans surprise, je me fais des reproches quand je n'ai pas réussi à faire comme "il aurait fallu" (i.e. comme ce que disait la recette, comme ce que j'imaginais dans ma tête, comme ce que la photo du bouquin montrait…). Je vois bien que c'est l'ego qui est en marche dans ce que je décris là, mais au moins, je trouve un équilibre intérieur/extérieur qui évite la répression de mon centre préféré.

 

L'émotionnel est sollicité de bien des manières. Déjà, tous les sens sont en éveil : la vue, l'odorat, l'ouïe et le goût bien entendu. Il y a une certaine beauté à voir des blancs monter en neige, à voir un gâteau cuire au four, à sentir une béchamel épaissir sous le fouet, à gratter les sucs au fond d'une cocotte en les déglaçant au vin blanc dans un grand nuage de vapeur… L'émotion guide aussi la réalisation de la recette, pour rectifier un assaisonnement par exemple, ou pour estimer quelle quantité ajouter d'un ingrédient en vue d'un résultat particulier (modifier la couleur ou la texture d'une sauce, adoucir un nappage de chocolat trop amer…). Voilà pour l'émotionnel intérieur. Je ne reviens pas sur l'émotionnel extérieur dont j'ai déjà parlé plus haut, notamment dans la perspective de faire plaisir à ma compagne et d'en tirer de la reconnaissance.

 

Quant au mental… :sarcastic: Il gagnerait à être un peu plus présent ! Je ne m'étendrai pas sur la difficulté que j'ai à établir une liste de tous les ingrédients nécessaires à mes recettes, c'est monnaie courante de constater qu'il manque un élément essentiel à l'une de mes recettes… quand tous les magasins sont fermés ! :angry: Ce que je constate presque tout le temps, c'est ma tendance à agir avant de réfléchir. Je porte au four un plat lourd et chaud qui mobilise mes deux mains… en ayant oublié d'ouvrir la porte du four ; je commence à étaler une pâte à tarte… sans penser que si je ne le fais pas sur du papier sulfurisé, je n'ai aucune chance de la transférer jusqu'au moule ; quand je commence à pétrir beurre et farine pour une pâte brisée, je me rends compte, alors que j'ai les doigts bien collants, que j'ai oublié de préparer le verre d'eau qui fera le liant. Etc., etc. L'envie de m'y mettre est toujours la plus forte, et j'entame l'action de bon cœur sans prévoir les étapes suivantes. Même aujourd'hui où j'ai conscience de ce mécanisme, je rechigne à faire l'effort de planifier les étapes au préalable, mon ego trouve cela beaucoup trop pénible.

 

Les manifestations de mon ego de 9 quand je cuisine

 

La cuisine est une de ces activités qui peut, selon les cas, être facteur d'intégration ou de désintégration. En particulier, la cuisine peut devenir de la narcotisation quand j'ai quelque chose de plus important à faire à côté et que cette chose me rebute (le plus souvent parce que c'est une source de conflit potentielle). C'est assez subtil, mais je peux distinguer lorsque c'est de la narcotisation ou non. C'est le moment où je ne suis plus présent à ce que je fais, où je me contente d'accomplir les différentes étapes de la recette sans même y réfléchir. Cela va au-delà de la simple répression du mental. Il y a vraiment un moyen d'oublier le problème non résolu en m'évadant de mon esprit (certainement une transe hypnotique que je comprendrai mieux au stage Éveil). Quand je fais de la cuisine sans que ce soit pour éviter autre chose, mon attention se porte davantage sur ce que je fais, et j'y trouve alors davantage de plaisir. Au passage, cela montre que le plaisir est ici lié à l'utilisation du centre instinctif, car lors de la narcotisation, il est réprimé. Extérieurement, il n'y a peut-être pas beaucoup de différence (le 9 semble faire la même activité) mais intérieurement, l'état d'esprit n'est pas le même.

 

Je pense également détecter une manifestation (légère) de mon instinct de conservation. Malgré son nom d'"Appétit", il ne s'agit pas dans ce cas de trop manger, mais de trop rechercher le confort dans le fait même de cuisiner. Cuisiner permet de s'isoler, de faire quelque chose de plaisant qui en plus, est utile, ce qui permet à l'ego de se justifier. Quand je tombe dans cette tendance, la cuisine devient une sorte de refuge, au même titre que pour d'autres un fauteuil ou des vêtements chauds.

 

Bien amicalement,

Tristan

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Merci Tristan pour ce beau et détaillé témoignage.

 

"L'instinctif intervient d'abord dans la sélection des recettes."

J'ai un petit doute ici. Il me semble que le choix des recettes implique une activité mentale prenant en compte la saison et ses produits, les goûts des convives, leur nombre, le temps disponible pour préparer la recette, la cohérence entre les différents plats du repas, etc. À moins que je fasse de la projection ?

 

Très amicalement,

Fabien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Marie-Noëlle

Bonjour à tous,

Voici un sujet qui m'inspire, alors j'en profite pour me lancer et vous livrer un témoignage de 4 :

  • Répression du centre instinctif : comme souvent :happy:, je me retrouve tout à fait dans ce que dit Fabien. Cuisiner = passer des heures sur un truc qui sera consommé en quelques minutes, par des gens qui parfois discutent en même temps, sans réaliser l'effort immense que ça m'aura demandé !? Et pour une recette dite simple, que dire de toute cette logistique à prévoir, traverser Paris ou se lever à l'aube un samedi pour acheter le(s) bon(s) produit(s), l'ustensile exotique ou l'ingrédient dit de saison…
    Alors en effet pour moi « cuisiner » et autres activités dérivées s'inscrivent dans ce magma de contraintes matérielles liées à la vie quotidienne, qui me demandent beaucoup d'énergie, et que je gère (mal) en réduisant ou en délégant. Vive le resto, donc.
  • Éducation reçue : j'ai toujours vu cette activité jouer un rôle central dans la vie de ma mère 6, dont le sous-type Cordialité est très marqué. Cuisiner, c'est se conformer aux normes sociales et au comportement attendu d'une femme dans le groupe. Mes parents étaient expatriés et recevaient beaucoup, inutile de dire que cuisiner ou donner les instructions au personnel pour la préparation du dîner représentait un marqueur social important dans ces communautés. Ma famille maternelle est d'origine méditerranéenne, avec une culture matriarcale assez forte : la cuisine comme la couture ou le repassage d'une chemise d'homme en 2 minutes chrono sont des apprentissages de base qui se transmettent aux filles, parce que ce sont des choses qui doivent être faites, point. Mais enfant ou adolescente, je n'ai jamais associé la cuisine à une activité de partage émotionnel en lien avec les autres, car je n'ai jamais ressenti chez ma mère, ma tante ou ma grand-mère de plaisir quelconque à cuisiner.
  • Éviter la banalité : j'ai eu pourtant des périodes de ma vie, entre 25 et 30 ans, où je cuisinais, disons au démarrage de ma vie de couple et avant l'arrivée des enfants. En bonne 4, il fallait que ce soit totalement inoubliable, alors je me lançais dans des recettes incroyables de grand chef, deux jours de boulot à temps plein, genre "fondant de bœuf et foie gras au Gevrey Chambertin, sa brunoise de petits légumes et ses tuiles parmesan/cumin" (sur réservation :happy:).
  • Influence du sous-type sexuel, plus aile 3 : l'homme avec qui je partageais ma vie à l'époque (6 aile 5) était un grand amateur de cuisine, et un cuisinier hors pair, c'était donc aussi sans doute ma façon de le séduire. Je réalise aujourd'hui à quel point je me mettais facilement dans le rôle attendu, capable de parler de cuisine et gastronomie comme si c'était la grande passion de ma vie.
    Sans surprise, mon mariage se dégradant, c'est devenu un sujet de conflit : mon émotionnel supportait de plus en plus mal qu'il se consacre à faire des courses et préparer des repas, au lieu de passer du temps avec nous, sa femme et ses enfants. Les repas devenaient des moments de tension extrême, tant il se focalisait sur le résultat et l'impact que cela devait avoir sur le groupe.
    Après notre séparation, j'ai réorganisé l'agencement de mon appartement : la cuisine n'a pas bougé, mais (surtout) pas de salle à manger pour recevoir qui que ce soit, au profit d'un salon plus grand, avec bureau, télé, bouquins, etc. Et la disparition de ces événements sociaux tels que dîners avec des amis, chez les uns ou chez les autres, représente un immense soulagement pour moi.

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Bienvenue Marie-Noëlle pour ce premier message sur le forum.

 

Je n'avais pas pensé à aborder l'influence de l'éducation dans mon témoignage initial.

 

J'ai aussi eu une mère 6 qui cuisinait peu au quotidien. Elle n'avait pas appris à le faire durant sa jeunesse et se cantonnait donc à des plats simples. Elle faisait de gros efforts quand il y avait des invités ou pour les fêtes. Elle avait du plaisir à bien manger ou à contenter ceux qui se retrouvaient à sa table, mais l'acte de cuisiner ne lui procurait pas de satisfaction particulière.

 

Quant à mon père 9 alpha, il aimait beaucoup manger mais préférait avoir recours à restaurateurs et traiteurs plutôt que de cuisiner.

 

Mon éducation a donc conforté mon ego dans ses mécanismes. Mais il aurait tout aussi bien trouvé les moyens de s'exprimer dans un tout autre contexte ! :rofl:

 

Très amicalement,

Fabien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Irimi

Bonjour à tous,

 

C'est une très bonne idée, Tristan, d'avoir fait remonter ce sujet en haut de la liste ! J'adore manger et cuisiner, et suis capable de discuter sans fin sur le sujet. Alors je vais essayer d'analyser tout ça au regard de l'Ennéagramme.

 

Hiérarchie des centres : cuisiner est une activité au cours de laquelle mes 3 centres sont sollicités et en harmonie.

  • Le mental pour imaginer le menu en fonction des différentes contraintes : combien sommes-nous, de combien de temps est-ce que je dispose, ai-je le temps d'aller faire les courses, sinon qu'ai-je à disposition ? Que puis-je faire avec les restes d'hier ? Etc. J'aime feuilleter des livres de cuisine et y piocher des idées. Je rate rarement une occasion de m'informer sur les traditions culinaires des régions ou des pays où je séjourne ; j'aime goûter des plats nouveaux et essayer de garder les goûts et les ingrédients en mémoire. D'ailleurs je rapporte souvent comme souvenir des choses qui se mangent : huile d'olive de Corse, épices du Maroc, etc. Je fonctionne aussi beaucoup par association d'idées : par exemple, je vois une pomme alors que je viens de lire une recette de curry, je me dis que ça peut être sympa comme mélange, et je teste.
  • L'instinctif : pour aller chercher les ingrédients, accomplir les préparations nécessaires, et concrétiser ce que mon centre mental a imaginé. Puis pour nettoyer, ranger, préparer la table.
  • L'émotionnel pour goûter, sentir, rectifier l'assaisonnement, et ensuite savourer le partage des plats. Là où la répression de l'émotionnel se ressent c'est dans la présentation : préparer un plat mijoté pour 15 personnes, ok ; par contre faire d'une assiette une œuvre d'art, ça m'ennuie et je n'ai aucun don pour ça. J'apprécie d'avoir de belles assiettes lorsque je vais au restaurant, mais c'est au-dessus de mes forces d'en faire autant.
Mon sous-type conservation joue un grand rôle : j'ai des stocks en quantité suffisante pour être rarement obligée de ressortir acheter un ingrédient manquant. Et du fait de mon sous-type cordialité je connais en général assez bien les goûts de mes invités. C'est même souvent un challenge amusant pour moi d'être obligée de faire avec les contraintes des uns et des autres : par exemple si un des convives est végétarien, je lui prépare une version végétarienne du plat commun. Les laitages sont interdits, c'est l'occasion de tester le lait de soja ou de coco.

 

Mon aile 7 est bien présente : je suis gourmande et salive d'avance quand je cuisine (je ne cuisine d'ailleurs jamais quelque chose que je n'aime pas ; j'ai besoin de goûter et de m'assurer que c'est bon).

 

Les autres mécanismes de mon ego : en nourrissant ma famille de façon gourmande et équilibrée, je fais aussi "mon devoir". Et quand il s'agit de recevoir des amis, faire plaisir à tout le monde satisfait évidemment mon ego de 6 : être appréciée par le groupe.

 

En revanche, bizarrement, cuisiner est une activité dans laquelle ma fixation de douteet ma passion de peuront peu de place. Je n'ai aucun problème à tester une nouvelle recette avec des invités, voire à me lancer dans des préparations compliquées si j'ai assez de temps. Cela tient peut-être au fait que je reste en terrain familier : ma grand-mère habitait chez mes parents lorsque j'étais enfant, et j'ai passé des heures à lui tenir compagnie pendant qu'elle cuisinait, à goûter et à lécher les fonds de casseroles. :miam: Ma mère est une très bonne cuisinière, mes tantes l'étaient également, bref j'ai toujours vécu dans un environnement où la cuisine tenait une place importante. J'ai commencé à transmettre ça à mes filles et je suis ravie quand je les vois prendre l'initiative de préparer à manger et d'inventer des recettes, parfois à partir de pas grand-chose.

 

Bon appétit à tous !

 

Très amicalement,

Pascale

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Demilune

Bonjour à tous,

"L'instinctif intervient d'abord dans la sélection des recettes."
J'ai un petit doute ici. Il me semble que le choix des recettes implique une activité mentale prenant en compte la saison et ses produits, les goûts des convives, leur nombre, le temps disponible pour préparer la recette, la cohérence entre les différents plats du repas, etc. À moins que je fasse de la projection ?

Tu as raison de mentionner ce point, je n'ai pas été assez précis. Les tâches mentales que tu évoques font bien partie du processus de sélection des recettes, et ce n'est pas ce qui m'enchante le plus. Comme la plupart du temps, je cuisine pour ma compagne et moi, et qu'on fait en sorte qu'il en reste toujours pour la semaine (pendant la semaine, elle travaille dans une autre ville, ça lui permet d'avoir toujours à manger le soir sans faire trop d'efforts), la quantité importe peu. Même dans les dosages entre ingrédients, à l'exception de la pâtisserie, je suis très souple. Je me dis que de toute façon, la cuisine n'est pas un domaine scientifique et que ça ne sert à rien de chercher la petite bête. Par exemple, quand je vois dans une recette qu'on a besoin de "deux oignons", je me dis que c'est très très imprécis. Selon la taille de l'oignon, on a un grammage qui peut aller dans un rapport de un pour deux ! Intéressant de voir comment on peut utiliser son mental pour lui permettre d'en faire le moins possible !

En fait, quand je parlais de mobilisation de l'instinctif dans le choix des recettes, je pensais davantage à l'étape qui consiste à ouvrir les sites web de cuisine, les conseils de recette, et les bouquins que j'ai à la maison. J'associe à ce moment le plaisir de la découverte des nouvelles recettes, la création qui va s'ensuivre, les techniques culinaires que je vais pouvoir mettre en œuvre à cette occasion. Il y a certes une activation du centre mental puisqu'il y a projection dans le futur, mais c'est quand même le centre instinctif qui s'imagine déjà faire. Dans ce processus, il n'y a pas encore d'analyse ou de tentative de faire du tri, j'explore tous azimuts et je regarde ce qui sort. Fait révélateur, je me préoccupe si peu de ces questions que ce n'est qu'au moment de faire le bilan des recettes que je me rends compte de grosses incohérences : prévoir de faire trois gros desserts pour la semaine mais un seul plat, ou encore planifier les repas de la semaine sans penser qu'il faudra aussi se nourrir le week-end. J'arrive à rectifier le tir sans trop de mal mais si le mental était préféré, j'aurais pris en compte tous ces paramètres bien plus tôt.

Je rencontre une difficulté bien plus importante vis-à-vis du "temps disponible pour préparer la recette". Primo, ce paramètre ne rentre presque jamais en ligne de compte dans ma sélection des recettes ; secondo, j'ai écarté ce problème à ma manière en faisant la cuisine le week-end de telle sorte que la contrainte de temps n'est pas trop importante. En écrivant cela, je viens de me rendre compte que les soirs de cuisine, je me couche systématiquement très tard, justement parce que je ne calcule pas les temps. Ça ne m'est tout simplement jamais venu à l'idée de regarder le temps de réalisation avant de me lancer ! :perplexe: Toujours dans la même veine, lorsqu'un temps de préparation est indiqué sur une recette — et que mon regard tombe dessus à la fin de la réalisation — je remarque que j'ai mis au moins 50 % de temps en plus. Je pensais que c'était lié à un manque d'efficacité dans certaines tâches (épluchage, découpageà) mais peut-être est-ce dû à un problème d'organisation dans l'agencement des étapes ? Je vais essayer d'y prêter attention les prochaines fois.

Bien amicalement,
Tristan

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

"Je me dis que de toute façon, la cuisine n'est pas un domaine scientifique et que ça ne sert à rien de chercher la petite bête. Par exemple, quand je vois dans une recette qu'on a besoin de 'deux oignons', je me dis que c'est très très imprécis. Selon la taille de l'oignon, on a un grammage qui peut aller dans un rapport de un pour deux !"
Le mental préféré que je suis a longtemps trouvé cette imprécision agaçante. J'ai eu du mal à admettre qu'en pratique la précision était impossible car même si on donnait la taille des susdits oignons, il n'y en a pas deux identiques et ayant le même goût. Réaliser une recette, c'est donc toujours prendre un risque ! Ce n'est pas scientifique, c'est de l'art.

Je me souviens que Boris Vian rêvait aussi de recettes de cuisine et de cocktails d'une précision absolue. Avez-vous déjà pratique la recette de l'andouillon des îles au porto musqué qu'il donne dans L'Écume des jours :

 

Prenez un andouillon que vous écorcherez malgré ses cris.
Gardez soigneusement la peau.

Lardez l'andouillon de pattes de homard émincées et revenues à toute bride dans du beurre assez chaud.

Faites tomber sur glace dans une cocotte légère.

Poussez le feu, et sur l'espace ainsi gagné, disposez avec goût des rondelles de ris mitonné.

Lorsque l'andouillon émet un son grave, retirez prestement du feu et nappez de porto de qualité.

Touillez avec une spatule de platine.

Graissez un moule et rangez-le pour qu'il ne rouille pas.

Au moment de servir, faites un coulis avec un sachet de lithinés et un quart de lait frais.

Garnissez avec les ris, servez et allez-vous en.

 

Très amicalement,
Fabien

Partager ce message


Lien à poster
Partager sur d’autres sites

×