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Ouadjet

Comment peut-on concentrer ses efforts sur un sujet ?

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Ouadjet

Bonsoir,

 

J'ouvre une autre conversation pour répondre aux questions de Izz sur "comment un 7 peut-il suffisamment discipliner son mental pour rester concentrer sur un sujet qui ne l'intéresse pas vraiment ?"

 

Izz, tu m'arrêtes si je me trompe, mais je pense que la question est en relation directe avec ton fils et sans doute plus particulièrement avec la scolarité de ton fils !

 

Je vais essayer d'apporter un éclairage sur ce sujet.

Oui, un 7 peut fournir des efforts sur un sujet qui ne l'intéresse pas s'il comprend que les bénéfices qu'il pourra en tirer sont plus importants que la souffrance occasionnée par l'immense ennui du sujet et s'il arrête de fuir la souffrance - autrement dit s'il maîtrise sa compulsion.

 

En termes scolaires je te donnerais deux exemples :

- J'ai fait des maths pendant des années pour pouvoir faire de la biologie à un haut niveau : filière bac C et dieu sait que les sciences fondamentales ne sont pas ma tasse de thé.

- J'ai aussi accepté d'apprendre l'anglais pour la même raison.

 

En espérant que ces exemples te serviront,

Cordialement,

ouadjet 7

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Fabien Chabreuil

Bonjour,

 

D'accord avec Ouadjet, pour faire travailler un 7, il n'y a que deux types de solutions :

  1. Travailler à l'intérieur de l'ego en l'amenant à choisir la voie de souffrances minimales ;
  2. L'aider à s'intégrer.

 

Il va sans dire que la première solution est apparemment la plus simple. Elle présuppose toutefois, et les exemples cités par Ouadjet le montrent :

  • Que le 7 ait ce qu'on appelle un horizon temporel suffisant pour préférer une petite souffrance maintenant à une grande souffrance plus tard, ou une souffrance maintenant à une joie plus tard ; ce n'est pas si évident que cela, d'autant que le 7 est jeune ; de plus beaucoup de 7 ont les croyances que les choses finiront bien par s'arranger (orientation d'optimisme), qu'ils se débrouilleront pour avoir à la fois le plaisir immédiat et le plaisir différé et qu'en matière de plaisir, il vaut mieux tenir que courir ;
  • Que le 7 n'ait pas de facilités intellectuelles suffisantes pour obtenir un résultat bon ou acceptable sans fournir beaucoup d'efforts.

 

La priorité concrète me semble donc être d'abord d'aider un 7 à allonger son horizon temporel. Une autre chose est de le connecter à son instinct social qui implique la notion de "sacrifice".

 

Très cordialement,

Fabien

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Kamino

Rebonjour Fabien,

 

"Une autre chose est de le connecter à son instinct social qui implique la notion de “sacrifice”."

J'ai lu votre livre, à Patricia et toi sur l'ennéagramme en entreprise et les sous types sont décrits très succintement. Résultat : je ne suis pas sûr de bien comprendre en quoi consiste cet instinct de sacrifice du 7, et a fortiori la voie à suivre pour m'y connecter (moi qui suis de sous type conservation).

 

Amicalement.

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Fabien Chabreuil

Bonjour Kamino,

 

L'instinct social correspond à la partie de notre centre instinctif soucieuse d'appartenir à un ou plusieurs groupes. Le 7 de sous-type social peut se sacrifier pour les autres. Il sait que ce faisant, il abandonne une partie de sa liberté personnelle et limite ses possibilités de choix et d'aventures. Ce sacrifice est fait au nom d'un futur qu'il imagine et planifie. Il espère ainsi obtenir le sentiment d'appartenance, l'acceptation et la position sociale qui lui manquent.

 

Mais je rappelle qu'être de sous-type social pointe justement sur la part de notre centre instinctif qui ne fonctionne pas correctement. Je disais bien dans mon message précédent qu'il s'agissait d'utiliser l'ego pour atteindre un certain objectif. C'est une solution, peut-être la plus simple, ce n'est sans doute pas la meilleure.

 

Si tu es de sous-type conservation, cela signifie que la conservation est une partie de ton centre instinctif qui ne fonctionne pas correctement : excès de préoccupation, ou au contraire rejet excessif des thèmes correspondants. La priorité est de régler cette problématique, avant de s'intéresser à l'instinct social.

 

Ce thème a été abordé dans la discussion "Travail sur les instincts".

 

Très cordialement,

Fabien

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Kamino

Je crois que j'ai compris.

 

Donc la question devient : comment travailler sur mon instinct de conservation ?

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Fabien Chabreuil

Rebonjour Kamino,

 

Il n'y a pas de réponse simple à cette question, si ce n'est par un truisme. Il s'agit de trouver les causes et/ou mes manifestations du sentiment d'insécurité, qu'il soit conscient ou inconscient, et de les traiter pour rétablir une attitude plus mesurée en ce domaine.

 

Je n'ai pas de méthode générale communicable sur le forum en ce domaine qui relève du sur-mesure.

 

Très cordialement,

Fabien

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Tiramisu 27

Bonsoir à tous,

 

En partage avec vous un petit extrait d’un MOOC passionnant issu de la plate-forme Coursera, intitulé Apprendre à apprendre¹.

 

Il s’agit de la retranscription d’une interview du Dr Robert Bilder qui dirige le Consortium for Neuropsychiatric Phenomics, à l'Université de Californie à Los Angeles (études des phénotypes neuropsychologiques) et le Tennenbaum Center for the Biology of Creativity, un des programmes les plus importants aux États-Unis sur l'étude de la créativité. (Bon, ça, c’était pour impressionner la galerie : dans un monde ORANGE, le message qui suit aura d’autant plus de poids ! :wink:)

 

Voici donc ce que cet éminent scientifique écrit à propos de la plasticité cérébrale :

 

"You know, some people would say that it's only when you experience some discomfort that you're actually accomplishing some kind of change. So, to the extent that one wants to make progress, it's necessarily going to involve some degree of discomfort.

That's the nature of change. Physical change in the brain has to involve some work and that work has to involve some, some discomfort.”

 

 "On peut dire que c'est uniquement lorsqu’on fait l’expérience d’un certain inconfort qu’on peut accomplir un certain changement. Ainsi, dans la mesure où on souhaite vraiment progresser, il nous faut forcément passer par une certaine dose d'inconfort.

C'est la nature même du changement. La plasticité cérébrale nécessite du travail et des efforts, et ce travail implique forcément de l’inconfort."

 

Les efforts et l’inconfort mentionnés, inhérents semble-t-il aux mécanismes de plasticité cérébrale, m’ont fait penser à tous les exercices souvent contraignants et pourtant nécessaires que nous ont enseignent Fabien et Patricia tout au long de nos stages (en particulier Essence, Éveil et Libération). J’ai eu beau chercher (et oui, je le confesse) : pas de stratégie d’évitement ou de contournement possible. Déjouer les pièges de l’ego, prendre conscience de nos mécanismes égotiques pour devenir un jour capables de s’en libérer de temps en temps, provoquent de l’inconfort et exigent des efforts, beaucoup d’efforts, toujours recommencés en plus. Dans cette quête de liberté que promeut l’Ennéagramme, je ressens que le chemin et l’objectif ne font qu’un.

 

Cela me fait aussi penser à certaines idéologies qui ont sévi dans le domaine de l’éducation et de l’enseignement à une époque : je me rappelle cet acharnement à bannir — de façon caricaturale parfois — toute idée d’effort, de contrainte, de frustration ou d’inconfort dans les pratiques éducatives et les apprentissages (je sais de quoi je parle, j’en étais une grande fan dans ma folle jeunesse).

 

Cependant, il ne faudrait pas "jeter le bébé avec l’eau du bain" (ego de 7 oblige !) : les efforts et l’inconfort mentionnés précédemment, ne sont pas imposés autoritairement par une force ou volonté extérieures à l’individu, comme c’est si souvent le cas dans le système d’éducation traditionnel et beaucoup d’entreprises dominées par ORANGE — pas toujours bien sûr, je parle du système, pas des personnes. Les efforts qui nous sont bénéfiques, sont ceux que nous choisissons, décidons, acceptons et contrôlons nous-même en toute liberté : soit de façon autotélique (pour le plaisir en soi), soit au nom d’un gain projeté, supérieur à la souffrance passagèrement ressentie (une quête de liberté ou le désir de se développer, par exemple).

 

Il a de plus été prouvé²⁻³ que la plasticité cérébrale liée à des apprentissages quels qu’ils soient, était favorisée par un environnement valorisant, convivial et bienveillant (à l’opposé des systèmes coercitifs). Plus l’apprentissage est difficile, plus la qualité de l’environnement est importante. Le stress étant pour la plupart des individus un fort inhibiteur de l’apprentissage.

 

Pour finir, je vais vous confier à quel point cette interview résonne de façon singulière en moi : c’est en écoutant il y a quelques jours cette vidéo que j’ai réalisé à quel point j’avais évolué au fil de tous nos week-ends de stage avec Patricia et Fabien. Il y a encore quelques mois, j’aurais sans doute insulté (mentalement, je n’ai qu’une aile 8 :wink:) "ce manipulateur sadique qui ose ainsi se planquer derrière des arguments scientifiques pour nous faire gober que la souffrance, c’est bon pour nous"

 

Croyant travailler, j’évitais systématiquement toutes les contraintes inhérentes à un véritable travail de fond : la dispersion, le bavardage intérieur et le vagabondage mental étaient devenus mes stratégies inconscientes favorites pour éviter toute sensation d’efforts et d’inconfort.

 

Aujourd’hui, je perçois différemment cette thématique de l’effort et je crois que je commence seulement enfin à comprendre l’idée supérieure du 7, "travail, concentration". Je suis toujours capable de travailler avec plaisir, sur des sujets qui m’intéressent (et il y en a toujours beaucoup :wink:). Mais je m'efforce en même temps de faire preuve de rigueur et d’exigence, pour un travail authentique, en profondeur, le vrai travail, celui que l’on incorpore au sens littéral, jusqu’à en modifier notre plasticité cérébrale. Peu à peu, notre regard sur nous-mêmes, les autres et le monde change alors, comme notre façon de vivre et d’aimer.

 

Sources :

  1. Université McMaster & Université de Californie, San Diego. "Learning How To Learn : Powerful mental tools to help you master tough subjects", Coursera.
  2. Catherine Gueguen, Heureux d'apprendre à l'école. Paris (France), Les Arènes, 2018. [Version Kindle]
  3. Stanislas Dehaene. Cours de psychologie cognitive expérimentale donné au Collège de France en 2014.

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