Institut Français de

l’ennéagramme

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Virginie 6

Un 6 peut-il ne pas faire son devoir ?

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Virginie 6

Bonsoir,

 

J'ai découvert l'ennéagramme il y a peu, en faisant des recherches sur Internet sur "Comment mettre son ego de côté ?" et il se trouve que je suis tombée sur ce site et que ce que j'y ai lu m'a particulièrement interloqué. Je me suis immédiatement reconnue dans le type 6, sa compulsion, sa passion et j'ai reconnu dans la vertu ce qui à plusieurs reprises déjà m'avait aidé à me dépasser… Mais ce qui me pose question, c'est que je ne me retrouve pas dans l'orientation qui est "Je suis loyale, je fais mon devoir". Quand il est question de fidélité à toute épreuve ou de loyauté sans faille, j'ai peur de ne pas toujours avoir été irréprochable à ce sujet. Par contre c'est quelque chose que j'attends inconditionnellement des autres.

J'ai l'impression d'avoir un esprit qui se rebelle contre ça. Alors je pourrais l'expliquer par "le manque de courage" par rapport au fait de faire son devoir. Ou bien par le fait de tester jusqu'à quel point on m'acceptera… Enfin je ne sais pas. Il est arrivé quand même quelques fois que je fasse tout à fait le contraire de ce qu'on attend de moi, que mon esprit résiste de toute ses forces à faire quelque chose qui va dans ce sens-là.

 

Tout ceci paraît peut-être un peu tordu :heart:, mais je voudrais éclairer ce point qui me paraît beaucoup plus obscur que les autres par rapport à mon type.

 

Donc, si ceci parle à quelqu'un… n'hésitez surtout pas à partager vos impressions ! :wink:

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Harper

Bonjour Virginie et bienvenue sur ce panneau.

 

Je pense que les 6 se font souvent une trop haute idée du devoir et de la loyauté. La loyauté sans faille, être irréprochable dans son devoir, c'est impossible, nous sommes humains, finis et faillibles. (Ouf !)

 

Il me semble que finalement, l'orientation du 6, la loyauté, est plus le fait de tenir systématiquement compte (au moins mentalement) de l'intérêt collectif. Quand je pense "je", ce "je" s'inscrit le plus souvent à l'intérieur de "nous".

 

Faire son devoir est un aspect de la loyauté, mais là aussi ce n'est pas systématique.

Je distinguerais personnellement le fait de "ne pas faire son devoir" et le fait de "faire quelque chose qui va contre son devoir".

 

Les raisons de ne pas faire son devoir :

  • Pour les 6 alpha réprimant l'instinctif, la difficulté à mobiliser son énergie (un gros poil dans la main, quoi),
  • La peur de ne pas faire correctement ledit devoir, en conséquence d'être jugé voire sanctionné, et donc préférer que les choses soient faites par quelqu'un de (considéré comme) plus compétent,
  • La surestimation de son devoir (renforcé par la projection, "ce que j'aimerais voir fait" devenant facilement "ce qu'on attend de moi") qui place la barre trop haut et… à l'impossible nul n'est tenu
  • Chez les 6 aile 7 en particulier : une tendance à être loyal à plusieurs groupes ou causes (en tant que solutions de repli au cas où) fait qu'ils sont censés faire plusieurs choses en même temps et ils sont obligés de ne pas en faire une partie, donc d'être déloyaux quelque part…
  • Pour un 6 phobique (sous-type conservation en particulier) : le devoir en question présente des risques. Brr…

 

Les raisons d'aller contre son devoir :

  • Le devoir en question a été imposé de manière arbitraire ou injuste, or pour un 6, "Je veux bien être sympa mais Y'A DES LIMITES !"
  • Dans un registre voisin, si le 6 a l'impression (à raison ou à tort) qu'on abuse quelque peu de sa bonne volonté, ou qu'on le considère systématiquement comme un "bon toutou", il peut décider de poser quelques limites, histoire de montrer son existence en tant qu'individu et non comme exécutant/robot.
  • Un passage contrephobique personnel sans raison extérieure (apparente).

 

En ce qui me concerne, j'ai expérimenté à peu près tout ça, sauf la dispersion d'aile 7 (mon aile 5 tend plutôt à me faire restreindre les activités et me retirer dans la solitude) et (à ma connaissance) le contrephobique gratuit.

De plus, mes manifestations de "limites" vont plus dans le sens du passif-agressif (mon père est un 9) éventuellement assorti de vives protestations verbales, que de la franche transgression.

 

Voilà.

J'ai fait mon devoir de membre actif de ce panneau. :wink::heart:

 

Bonne année à tous,

Bénédicte

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Fabien Chabreuil

Bonjour à toutes,

 

Bénédicte l'a déjà corrigé avec élégance, mais je préfère mettre les pieds dans le plat. En jargon Ennéagramme, l'orientation du 6 est la loyauté et "Je suis loyal, je fais mon devoir" est sa fierté.

 

J'aurai envie de rajouter quelque chose à l'analyse de Bénédicte. "Faire son devoir" est un comportement, donc quelque chose qui a lieu ou pas en fonction des mécanismes du type. Dans ce domaine, l'orientation de loyauté est prioritaire. Pour qu'un 6 fasse son devoir, il faut qu'il désire être loyal.

 

Ma mère était 6. Sa loyauté allait essentiellement à une organisation politique. Il existait bien sûr une loyauté vis-à-vis de sa famille, mais de degré et de priorité nettement inférieurs. À partir de là, elle ne faisait pas complètement son devoir vis-à-vis de sa famille, sans que cela lui pose problème. Sa loyauté essentielle méritait des sacrifices, énormes de sa part, mais qu'elle imposait aussi à ses proches (au moins indirectement par une faible disponibilité).

 

Il me semble donc qu'il peut y avoir (même sans aile 7) une hiérarchie de loyautés, ou bien une loyauté tellement forte qu'elle empêche de faire son devoir dans les autres circonstances.

 

Je voudrais souligner à quel point Bénédicte a raison quand elle écrit : "Je pense que les 6 se font souvent une trop haute idée du devoir et de la loyauté."

On peut généraliser à tous les types et il y a là parfois une bonne explication des difficultés à se retrouver dans un profil. Patricia, par exemple, a hésité à se reconnaître dans le 1, son perfectionnisme et ses idéaux élevés, avec toutes les erreurs qu'elle avait l'impression de commettre ; en tant que 7, je me suis demandé si je réussissais vraiment à éviter la souffrance ; nombre de 6 ne s'estiment pas assez loyaux ; etc.

 

Très cordialement,

Fabien

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Harper

Re-bonjour,

 

Je confirme pour la hiérarchie des loyautés. En ce qui me concerne cela va du "service minimum statutaire" pour éviter sanctions et engu… jusqu'au militantisme (rare, mais cela arrive) en passant par "faire son boulot correctement mais ne pas y passer trop d'heures supplémentaires".

 

De plus, la définition des frontières du groupe et de ce qu'implique la loyauté envers lui varie d'une personne à l'autre, y compris dans le même groupe.

Par exemple avec ma mère, également 6 alpha conservation, la définition de la loyauté familiale est différente. Celle de ma mère englobe les cousins au 2ème ou 3ème degré et implique pas mal de visites, coups de fil, etc. Mon comportement (et ma réputation semble-t-il) en-dehors de ma famille nucléaire est de celui qu'on prête au type 5.

À une certaine époque les activités de ma chorale étaient totalement prioritaires par rapport à mes loyautés familiales. Il y a même un temps où elles auraient pris le pas sur mes activités professionnelles (à cette époque, mon environnement de travail ne m'inspirait que la loyauté minimum statutaire destinée à éviter les sanctions et à assurer ma survie matérielle).

 

Très cordialement,

Bénédicte

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Virginie 6

Bonjour à Fabien et à Bénédicte,

 

… et déjà mille mercis pour ce complément d'informations. Je comprends mieux ma réaction par rapport à cela mais une question me vient encore.

Est-ce possible que, par projection, j'attende des autres cette même loyauté (je dirais même encore plus) et qu'une de mes plus grandes craintes résident justement dans ce manque de loyauté. En tout cas du sens que je me fais de la loyauté… C'est-à-dire comme vous venez de me le démontrer, quelque chose d'idéal et de sur-pesé… pour mon type !

 

Même si je peux me retrouver partiellement dans d'autres types (le 2 et le 7 principalement), je suis à présent convaincue à 100% d'être du type 6. Je pense avoir comme aile le 7 et être alpha.

 

Pour revenir à mon sujet principal, je pense que j'attribue mon comportement contraire (à mon orientation) à, d'une part, une rébellion et d'autre part, à un manque de courage face à cette idée de perfection.

 

Il me semble que c'est une "spécialité" du 6 de se sentir tiraillé de tous les côtés continuellement. Peut-être que j'ai l'impression dans certaines circonstance que faire son devoir, c'est se soumettre à une autorité (qui peut être personnifiée mais qui peut tout aussi bien être un principe, un "c'est comme que ça se fait"). Cela rejoint sans doute le rapport ambivalent que le 6 a avec l'autorité. Est-ce que ceci s'appelle être contre-phobique ?

 

Voilà, en vous écrivant je viens presque de répondre à ma question. :happy:

Enfin pas encore à tout…

 

Au fait, je viens de Bruxelles (Belgique), j'ai 24 ans, je travaille dans les ressources humaines et je suis enchantée de faire votre connaissance !

 

À bientôt, j'espère !

J'ai hâte de découvrir pas à pas le monde fascinant de l'Ennéagramme ! :bye:

 

PS : quand je dis ma plus grande crainte, c'est par rapport à ce que les autres pourraient avoir comme attitude (manquer de loyauté principalement) envers moi…

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Harper

Bonjour Virginie,

 

Le 6 craint beaucoup de choses. Il recherche la sécurité.

Il ne peut pas obtenir cette sécurité s'il est entouré de gens en qui il n'a pas confiance.

Mais peut-il faire confiance à des gens déloyaux, susceptibles de le laisser tomber au mauvais moment, voire de se retourner contre lui sans préavis ?

 

Je pense aussi que le 6 n'aime pas trop l'imprévu. Ou alors seulement sur les petites choses. Or être entouré de gens loyaux assure une certaine prévisibilité des choses importantes. Et fait qu'il n'y a pas besoin de tout vérifier derrière eux, surtout dans un moment de stress ou de fatigue où le centre mental fonctionne mal.

 

Être contrephobique, c'est surtout, face à la peur, se jeter tête en avant dans le danger plutôt que de le fuir.

Il me semble que chez le contrephobique, la peur est pire que le danger lui-même et qu'il préfère affronter le danger que la peur.

Bref, c'est un phobophobique : il a peur de la peur.

 

L'ambivalence envers l'autorité, c'est être à la fois phobique (rechercher des alliés puissants pour être protégé) et contrephobique (doutant de l'autorité, on envisage de l'affronter).

 

Le 6 a cette capacité spéciale d'envisager simultanément comme vraies une chose et son contraire. Tout en se disant que ce n'est pas possible.

 

Très cordialement,

Bénédicte

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Enensis

Bonjour à tous,

 

Je profite d'une relecture de ce sujet pour faire part d'une réflexion que j'ai depuis quelques temps et que l'Ennéagramme me permet de formaliser par des mots. :heart:

 

Je pense qu'intuitivement, je sais en permanence et en toute circonstance ce que signifie "être Loyal", ou ce que signifie "faire mon devoir" : je n'ai pas besoin d'y réfléchir ou qu'on me le dise, je le sais.

 

En revanche, cela ne signifie pas que je suis loyal en permanence, ou que je fais mon devoir en toute circonstance. Mais quand je ne fais pas mon devoir, je sais que je ne fais pas mon devoir. Il est très rare qu'on vienne me faire remarquer plus tard que là, dans telle situation donnée, "Eric, tu n'as pas fait ton devoir" et que je le découvre à ce moment-là.

 

Comme pour toi Virginie, lorsque quelqu'un de mon entourage me manquait de Loyauté, je prenais cela comme une trahison, et je me sentais blessé au plus profond de moi, alors que moi-même il m'arrivait (et m'arrive encore d'ailleurs) de ne pas être loyal ou de ne pas faire mon devoir. Je pense que c'est le même mécanisme qui est à l’œuvre, car je sais intuitivement ce qu'est la Loyauté, que ce soit la mienne où celle des autres (celle que j'attends des autres serait probablement plus juste).

 

Je pense que lorsqu'on commence à se rendre compte de cela, on va nécessairement vers plus de tolérance lorsqu'on nous manque de loyauté (ou qu'on en a l'impression), car on apprend à accepter chez l'autre ce que l'on commence à accepter chez nous pour devenir meilleur…

 

À bientôt.

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Caroline

Bonjour à vous trois et tous les autres,

 

À mon tour j'ai envie d'ajouter mon petit grain de sel à la conversation en ce qui concerne ma vision de la loyauté.

 

Comme Éric, j'ai moi aussi une idée très précise de ce que j'attends de chacun des membres de mon entourage, et je me sens énormément blessée si quelqu'un me manque de loyauté, c'est-à-dire sort du cadre que je lui ai fixé, sans bien sûr qu'il soit au courant. :wink:

 

Par ailleurs en ce qui concerne ma loyauté vis-à-vis de l'extérieur, ce n'est pas toujours simple… En fait je me rends compte qu'il ne s'agit pas tant de loyauté à l'égard des autres, mais plutôt de loyauté à l'égard de ce que moi j'estime devoir aux personnes de mon entourage. Je ne sais pas si je suis claire, mais je trouve que c'est très important parce que la plupart du temps personne ne m'a rien demandé et moi je me sens tenue à des obligations parfois énormes… toute seule ! :thumb_up:

 

J'avais d'autres chose à ajouter, mais je ne peux pas rester sur Internet. Ça fera donc l'objet d'un prochain message…

 

À bientôt donc. Amicalement,

Caroline (6)

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Johnybegood

Bonjour à tous,

 

Je me débats dans beaucoup de choses en ce moment. L'une d'elle est : à quelle hauteur dois-je mettre la barre pour être accepté par les autres quand je "fais mon devoir", quand je fais ce qui m'importe à mes yeux…

 

Il y a des gens qui ont réussi, alors pourquoi pas moi !!! Ok, ils se sont entraînés pendant des années pour arriver là où ils ont acquis les connaissances nécessaires pour être capable de faire ce qu'ils font. C'est leur métier : et pour être accepté si je fais quelque chose, je dois être capable de faire aussi bien sinon mieux que ces gens-là : je suis un être humain moi aussi, et je ne suis pas plus stupide qu'eux !!!

 

Je dois être capable de faire ces choses-là… Avoir le prix Nobel pour chaque idée ou action : le Nobel de la Paix à chaque fois que je réconcilie des gens, le prix Nobel de Littérature pour chaque petite annonce que j'écris, le Prix Nobel de Chimie tous les matins et les après-midi aussi !!! Celui de médecine quand je soigne une coupure…

 

Je me mets la barre à des sommets vertigineux, non pas à des sommets : à 6,15 m (le record du monde actuel) à une taille humaine et je commence le concours à cette hauteur, et je ne m'autorise qu'un essai par compétition…

 

Je ne fais pas mon devoir… Même pas ce que je juge important… :laugh::sick: :sick: :sick: :sick: :sick: :sick: :sick: :sick: :sick::lame: :lame: :lame: :lame: :lame: :lame: :lame: :lame:

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Fabien Chabreuil

Bonjour Philippe,

 

"A quelle hauteur dois-je mettre la barre pour être accepté par les autres ?"

Pourquoi ne pas le leur demander ? Quand on fait quelque chose pour les autres, le mieux est de connaître leurs critères. Sinon on risque effectivement de mettre la barre trop haut, ou de satisfaire des critères qui n'ont aucune importance pour eux.

 

De plus, il n'y a aucune équivalence entre "faire son devoir" et "être accepté".

T'es-t-il arrivé de faire ton devoir et de ne pas être accepté ? Ou connais-tu des gens à qui c'est arrivé ?

T'es-t-il arrivé de ne pas faire ton devoir et d'être accepté ? Ou connais-tu des gens à qui c'est arrivé ?

 

Qu'appelles-tu être accepté ? Peut-être l'es-tu déjà ?

 

Très cordialement,

Fabien

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Johnybegood

Bonjour Fabien,

 

Il m'est arrivé de faire mon devoir et de ne pas être accepté. C'est quand je ne comprends pas ce que l'on attend de moi, ou quand je veux faire quelque chose et qu'on le juge inutile…

 

Il m'est arrivé de ne pas faire mon devoir et pourtant d'être accepté : je ne suis pas assez efficace en ce moment, j'ai l'impression de ne pas mériter ma position actuelle, je ne suis pas assez utile… Je ne mérite pas les bonnes choses qui m'arrivent…

 

Je crois que c'est ça : je veux que l'on trouve ce que je fais utile… Je veux être utile…

 

Pour être certain d'être utile, je veux être utilisé, dirigé, pris en charge. Comme ça je ne décevrai pas, plus…

 

Très cordialement,

Philippe

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Harper

Bonjour Phil,

 

Mais cette situation engendre ses propres problèmes :

- Celui qui te dit ce que tu as à faire peut s'attribuer les bénéfices de ton travail et te faire porter quand même le chapeau des erreurs commises.

- Les autres membres de ton groupe reconnaîtront-ils ton utilité si le seul interlocuteur officiel est celui sur lequel tu as délégué-projeté-abdiqué ton pouvoir ?

- Qui te dit que ce que "ton chef" te dit de faire est réellement ce qui est le mieux ?

 

Je me retrouve (ou retrouve ce que j'ai été) dans plusieurs de tes problématiques :

 

- Être utile, et de plus être reconnu(e) comme tel(le). Le besoin de reconnaissance étant proportionnel à la désintégration : plus je doute, plus j'ai besoin de validation. Quand je vais bien, c'est agréable d'être reconnue et appréciée, ça rassure aussi lors de la prochaine crise de doute, mais cela n'est pas un besoin.

J'ai en ce moment la chance d'exercer vis à vis de pas mal de "mes groupes" une fonction utile et reconnue comme telle.

 

- L'impression de "ne pas mériter" certaines choses. Je me rappelle l'avoir vécue fortement jusqu'à il y a peu. J'ai pas mal travaillé là-dessus pour laisser aller cette notion de mérite.

L'idée est d'apprécier ce qui arrive de bien. Le mérite n'a rien à faire là-dedans. Si ce qui m'arrive de bien ne nuit pas à autrui et n'est pas moralement répréhensible, c'est OK.

 

- Pour les fois où tu n'avais pas compris ce qu'on attendait de toi : il est humainement OK de se tromper. Fais repréciser ce qui est attendu, présente (s'il y a lieu) des excuses pour tes erreurs, répare les torts causés si c'est approprié, tire les leçons de ton expérience et essaie de faire mieux à l'avenir.

Si ton interlocuteur fait véritablement dans le "tu aurais dû", alors il a des problèmes d'étroitesse d'esprit. Je dit bien "véritablement", je me rappelle avoir fait pas mal de projections inappropriées à ce sujet…

 

- Si tu veux faire quelque chose qui est jugé inutile : si tu estimes que cela DOIT être fait, alors fais-le pour toi, n'attends pas de reconnaissance et contente-toi de la satisfaction d'avoir fait une chose utile.

Si tu veux faire plus que nécessaire uniquement pour te rassurer sur ta place, pense qu'un pilier est déjà utile en soutenant le plafond, et qu'il n'a pas besoin de faire le ménage pour que son utilité soit reconnue…

 

Par rapport à qui ou à quoi n'es-tu pas assez efficace ? Est-ce qu'on t'a fait des reproches ?

Est-ce que tu préfères faire du chiffre et publier le même article (à peu de choses près) dans trois revues et quatre congrès, ou attendre d'avoir des éléments significatifs à communiquer ?

 

Très cordialement,

Bénédicte

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Johnybegood

Bonjour Bénédicte,

 

Je réponds pour l'aspect scientifique : j'ai envie que le plus de gens possibles utilisent les résultats que je juge importants : "Nature", sinon rien !!! Je ne toucherai plus jamais terre le jour où ça arrivera !!! Ok, c'est l'idée. En réalité, je préfère ne rien publier et ne pas "parler" plutôt que de présenter mes résultats dans un journal ou une conférence que je juge pas assez "importante"… Mais en même temps, j'ai besoin de savoir que je suis connu et que mon travail est reconnu… Après pour la valeur de mes résultats… Toute idée qui ne remet pas en cause les bases de la science est à mes yeux inutile. C'est l'idée aussi !!! Toute idée qui ne remet pas en cause une idée établie est inutile, mais j'ai tellement peur d'avoir oublié de faire attention à un détail et qu'en réalité soit je n'ose rien faire de peur de mal faire, soit je me rends compte que je n'ai rien apporté d'utile me tétanise…

Donc la plupart du temps, je suis tétanisé car je veux éblouir sans connaître l'échec… Et je n'ai pas le droit de me mentir… Je ne me donne pas le droit de me mentir…

 

"Publish or perish" !! Je pourrais avoir trois fois plus d'articles (au moins !!!) que je n'en ai au compteur en ce moment, mais les circonstances ont fait que cela n'a pas été possible… Face à cette situation, je suis partagé entre l'idée de voir mon nom dans plein de grands journaux et l'angoisse de voir mon nom associé à des choses qui pourraient être jugées triviales… Pas assez révolutionnaires… Mon indice de citation est trop bas !!!

 

C'est moi qui ne me juge pas assez efficace… On m'a jugé aussi pas assez efficace dans le sens où mes qualifications et mes désirs n'allaient pas dans le sens de mes supérieurs, et je n'ai pas réussi à leur faire comprendre l'intérêt de mon approche… Je n'ai réussi à les convaincre… CONVAINCRE !!!! J'ai échoué…

 

Merci Bénédicte !!! :laugh::sick:

 

Très amicalement,

Philippe

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Johnybegood

Bonjour Bénédicte,

 

Des mois plus tard, je peux répondre à la partie non scientifique…

 

Je suis seul… Pour lutter contre cette solitude j'ai choisi d'être pris en charge le plus souvent possible… Face à l'impossibilité d'être pris en charge (bizarrement cela arrive parfois… les gens sont pas sympa quand même avec les 6 en désintégration !!!! :peur::wink: :wink: :happy:), je développe une forte sensation que l'autre me trahit… Pour des détails, je peux faire des montagnes… Et inversement quand j'ai la charge de quelque chose ou quelqu'un, je cherche à ne le trahir sous aucun prétexte… Je cherche à satisfaire ses besoins le plus complètement possible, ce que j'estime être ses besoins…

 

Je n'arrive pas à travailler pour quelqu'un que je considère comme incapable… Pas incapable de faire ce que je fais, mais incapable de reconnaître la valeur de mon travail, l'utilité de mon travail. Même s'il l'utilise à son propre profit (cas qui ne m'est pas arrivé depuis très longtemps), cela ne me dérangerait pas, c'est une preuve que mon travail a de la valeur et donc que je ne l'ai pas trahi en faisant ce qu'il attendait de moi… Ok dans une deuxième étape, je me sentirais trahi, tout dépend après de qui je veux être le plus proche, le traitre ou l'autre groupe… J'ai de la chance que dans le monde où j'évolue actuellement (5 ou 7 pour la plupart, j'ai l'impression), la plupart des gens ont tous une aile 6 sur-développée !!!!

 

Par contre même si je sais que tu pourrais avoir raison, je n'arrive pas à vivre cette phrase suivante comme toi :

L'idée est d'apprécier ce qui arrive de bien. Le mérite n'a rien à faire là-dedans. Si ce qui m'arrive de bien ne nuit pas à autrui et n'est pas moralement répréhensible, c'est OK.
Ce n'est pas vrai pour moi !!! Je prends la place de quelqu'un dans le bonheur, je suis un usurpateur…

 

Voilà pour mon état d'esprit très joyeux du moment !!!!

 

Take Care

Philippe

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Fabien Chabreuil

Bonjour Philippe,

 

Ce n'est pas vrai pour moi !!! Je prends la place de quelqu'un dans le bonheur, je suis un usurpateur…
Le bonheur est une ressource immatérielle… donc illimitée. Il est impossible de prendre la part de quelqu'un d'autre. Parce qu'il n'y a pas de part : x% de l'infini est infini. Tout le bonheur que tu peux prendre ne diminuera jamais le stock disponible.

 

Idem en remplaçant bonheur par compassion, tendresse, amour, etc.

 

Très amicalement,

Fabien

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Johnybegood

Bonjour Fabien,

 

Je sens bien qu'au fond de moi quelque chose a été touché par ce que tu as écrit… Que quelque chose a réalisé à quel point tu avais raison, que je le savais… Mais il y a de nombreuses couches entre cette petite chaleur au fond de moi et tout ce froid avant… Normalement c'est l'inverse… On entoure de nombreuses couches ce qui doit être réchauffé, pas ce qui réchauffe… Elle était là pourtant… Mais je n'osais pas la sentir au travers de toutes ces couches…

 

Ca fait presque encore plus mal de la sentir… que de la fuir… Non, ça fait réaliser que l'on a mal… Nuance…

 

C'est peut-être pour cela que j'ai tant de mal avec le passé… Ma femme (je la pense 2) a fait des études de photographe, je déteste les photos, je trouve ça une perte d'argent que d'avoir ses souvenirs qui nous assaillent à tout bout de champ, ces mines antipersonnel d'émotions qui peuvent apparaître au détour d'une page… Ça a été pas plus tard que cet après-midi une source de quasi-panique chez moi : elle prévoit (je n'arrive toujours pas à réaliser à temps que l'expression d'un projet est chez elle une hypothèse, l'expression d'une envie, d'une émotion de l'instant, pas l'information de quelque chose qui se fera sauf évènement particulier, comme je le fais, moi) un développement photo, alors que je n'ai pas pu l'inviter au resto hier soir… Je me suis senti coupable et trahi quelle préfère le raccrochement au passé à un présent (comme un restaurant), ou même un futur comme économiser pour partir en vacances (j'espère toujours pouvoir l'inviter au resto dans les prochains jours !!!)…

 

Le passé… Cette mine de frustration mal digérée, de moments de manque… C'est dingue comme je me focalise sur ce qui ne va pas… Jamais je ne parle ici, ou avec les autres de mes moments heureux, je commence tout juste à y arriver… J'arrive tout juste à exprimer mon bonheur ou mes joies sans me sentir coupable… C'est pour cela que ton message a tellement fait mouche : la culpabilité… Je me sens coupable de recevoir… Et je me sens frustré de n'avoir pas reçu… Je mets mes frustrations sur le compte du passé… Toujours… Comme ça, je ne peux rien y faire pour les changer !!!! Oui, facile à dire…

 

Enfin…

 

Je vais essayer de ne plus perdre cette petite chaleur…

 

Merci Fabien… Merci…

 

Take Care

Philippe

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