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Géraldine

La peur de l'engagement

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Géraldine

Actuellement, je me pose beaucoup de questions par rapport à une personne de type 2 avec qui je vis une relation depuis quelque temps et qui est interrompue pour le moment de par sa volonté, au profit d'une relation d'amitié.

 

Et je me dis que s'il est vrai que le 2 sélectionne les personnes dont il veut être aimé, est-ce que le 2 est plus enclin que d'autre type à la peur de l'engagement ?

 

Je m'explique. Est-ce qu'un 2 qui ferait tout pour séduire une personne, et lui prouverait à quel point il l'aime, est plus enclin qu'un autre type, à mettre de côté cet amour parce qu'il a peur d'être abandonné, ou parce qu'il a peur d'une relation qui dans sa vision serait étouffante (les 2 ayant souvent eu un des deux parents ayant pu les étouffer en leur en demandant trop) ?

 

Est-ce que du fait que la passion d'un 2 est la liberté, il aurait peur que toute relation où l'on s'engage aboutissent d'une manière ou d'une autre à un emprisonnement ?

 

Comment expliquer qu'un 2 éprouve le besoin d'être aimé, qu'il fait tout pour que l'autre l'aime, mais qu'une fois que l'autre lui montre des sentiments et un amour inconditionnel, il puisse reculer et faire marche arrière ? Et par là même ne plus reconnaître ses besoins d'être aimé, ni même ceux d'aimer.

 

Est-ce que c'est typique du 2 qui ne veut pas perdre une relation, car le besoin d'être aimé est toujours là, le fait de préferer une relation d'amitié à une relation d'amour ou il estime qu'il ne craint rien, mais du coup refuse de se pencher sur ses sentiments, parce que c'est pour lui plus confortable ?

 

En gros est-ce que la peur d'engagement et de l'abandon (paradoxalement) chez un 2 peut faire qu'il renie ses sentiments pour une personne ? Et estime qu'il a une profonde amitié pour celle-ci mais pas de l'amour ?

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Fabien Chabreuil

Bonjour Géraldine,

 

Tout d'abord, je veux te dire que j'imagine ton chagrin et ta souffrance, et t'envoyer mon amitié.

 

En préliminaire, deux petites rectifications théoriques.

Tu dis : "les 2 ayant souvent eu un des deux parents ayant pu les étouffer en leur en demandant trop". Il n'y a pas de corrélation forte entre les ennéatypes et ce qui est réellement vécu pendant l'enfance. Le type joue par contre un rôle important dans la manière dont l'enfant interprète l'attitude de ses parents et les événements de sa vie.

La "liberté" n'est pas la passion du 2, mais son idée supérieure, donc une caractéristique de son essence qu'il doit développer. Elle est une qualité qui n'a rien à voir avec une éventuelle peur de l'engagement, qui, elle, est égotique.

 

Le nombre de 2 ayant des problèmes de couple est élevé, ce qui est un paradoxe pour la personne la plus aimante et la plus douée pour créer des relations de l'Ennéagramme. Mais créer des relations est une chose et les maintenir en est une autre.

 

Le 2 à des niveaux moyens d'intégration tire son image et son identité de l'amour qu'il donne aux autres et des relations qu'il bâtit. On peut notamment imaginer les conséquences suivantes :

  • Une seule relation est une limitation au niveau de son identité.
  • Une relation difficile lui donne plus de valeur qu'une relation facile.
  • Une relation intime et privée lui donne moins de valeur qu'une relation publique.
  • Créer une nouvelle relation valorise plus qu'en maintenir une ancienne.

Ajoutons qu'une relation intime implique de montrer ses propres besoins. Or pour un 2, "montrer ses besoins" veut dire "se faire rejeter". Il peut alors prendre les devants.

 

Mais arrêter une relation est très difficile pour un 2, car cela revient à perdre quelque chose au niveau de son identité. Essayer de la conserver par un artifice comme "passons de l'amour à l'amitié" est une attitude classique.

 

Je suppose que ta vraie demande est : que faire ? Ce n'est pas aisé de le dire sans connaître la personne et son niveau réel d'intégration. Je vais donc simplement donner un conseil général. Il importe de rassurer les 2 à chaque fois qu'ils manifestent un besoin ou simplement quand ils ont l'impression qu'on est en train d'en satisfaire un = quand on leur dit "je t'aime", quand on leur fait un cadeau, quand on fait quelque chose pour eux, quand on refuse quelque chose qu'ils veulent faire pour nous, etc.

 

Très chaleureusement,

Fabien

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Christine

Bonjour Géraldine,

 

Qu'en est-il de ta relation maintenant ?

Ton message m'a beaucoup émue, car je ressens la même souffrance.

 

Je vis une relation avec un 2 ; nous pensons nous marier, fonder une famille, nous connaissons nos belles familles respectives… et nous en sommes très heureux. Cependant par moments, je ne le comprends pas ; nous avons eu quelques différents et sa réaction a été de suite de chercher la fuite. Avant même d'essayer de résoudre ou du moins de comprendre nos différences, il avait décidé seul que c'était impossible d'arranger les choses (et impossible qu'il change de position) ; et que si je le souhaitais, je n'avais qu'à lui demander d'abandonner notre maison, il le ferait immédiatement.

Il fait des projets de futur avec moi et ensuite il me demande et il attend que je lui demande de partir !!! Quelle froideur après tant d'amour donné…

Je lui ai simplement répondu que s'il voulait partir, il partait et que personnellement je ne voulais pas qu'il parte. Il avait peut-être envie de partir à ce moment-là, mais il ne voulait pas le reconnaître. Si mon désir avait été de le voir partir, il l'aurait fait pour moi. Naturellement !

De toute façon, je l'ai prévenu que s'il partait, je ne voulais pas rester son amie. Cela lui aurait beaucoup plu par ailleurs.

 

Personnellement, je ne pense pas que ce soit un problème d'engagement ; comme le dit Fabien, cela dépend du niveau de désintégration du 2. Je ne sais pas si mon copain est désintégré. Même s'il l'était, je ne pourrais rien y faire, n'est-ce pas ? Lui offrir de l'aide serait inutile. Déjà quand je cherche à le rassurer de mon amour, ça le gêne et on s'énerve tous les deux.

 

Je vais réfléchir au thème de la liberté, car des fois il utilise ce mot.

 

A bientôt

Christine

 

P.S. : je vis en Espagne et je perds l'habitude d'écrire en français ; excusez les fautes.

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Fabien Chabreuil

Bonjour Christine,

 

Ce n'est pas de la froideur de la part de "ton" 2. Simplement, c'est un émotionnel et le centre émotionnel vit dans l'instant. Au moment où vous avez un différent, à cet instant-là, il n'y a plus (pour lui) ni amour, ni acceptation de ta part et comme la vérité est dans l'instant, cet absence d'amour devient la vérité absolue de votre relation. Normalement, cela ne dure pas trop.

 

Je pense qu'avec un émotionnel (mais cela ne fait pas de mal aux autres), il est utile d'apprendre à dire : "Je t'aime et je ne suis pas d'accord avec ceci ou cela." (Attention : dire "et" et non pas "mais".)

 

Très cordialement,

Fabien

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Christine

Bonjour Fabien,

 

J'aurais tendance à dire "Je t'aime mais…" Je ferai donc attention la prochaine fois ! "Mon" 2 me l'avait fait remarquer, il ne comprenait pas pourquoi je disais "mais". Ce qui me fait sourire dans tout ça, c'est que quand ça vient de lui, ça ne le dérange pas…

 

J'avais compris que ses émotions ne durent pas longtemps, mais les mots utilisés blessent.

 

Amities,

Christine

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Christine

Re-bonjour,

 

Finalement si le 2 vit dans le présent, il ne peut pas ou a peur de s'engager. Je comprends maintenant pourquoi les difficultés dans mon couple surgissent à l'heure de prendre des décisions (mini-engagements) en commun.

Je crois que le 2 aime prendre ses décisions seul, et en tire une satisfaction personnelle. Mon copain 2 est très fier que "personne ne décide pour lui", et me le répète souvent. Il est capable de prendre un engagement… un engagement à sa manière.

C'est vrai qu'on a le sentiment que le 2 ne nous prend pas en considération pour décider et qu'on se sent "renié" comme le dit Géraldine.

 

Gros bisous à tous,

Christine

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CaroB2

Bonjour à vous tous,

 

J'ai vu vos messages qui datent déjà de quelques années, mais je me suis dis que je pouvais donner un avis du fait que je suis 2 mu. Vos témoignages m'ont touchés, car j'ai étais à la place de vos conjoints, ainsi qu'à la vôtre.

 

Je dirais pour ma part que l’engagement et la liberté sont difficiles à gérer.

 

En effet, j’ai besoin de liberté, dans le sens que l’on m’accepte tel que je suis et également d’avoir des moments à moi, mais c’est peut-être aussi parce que je suis introvertie.

 

L’engagement, je le souhaite, mais il fait peur. Alors, oui, je pourrais affronter mes peurs et y aller tout simplement, mais il y a une part de moi qui a peur (encore une fois) de se tromper. Et les croyances sur ce qui est bien ou mal et ce qui se fait ou pas, n’aident pas à me sentir plus légère, bien au contraire.

 

Donc, oui je comprends vos conjoints qui veulent s’engager et se rétractent ensuite, Je suis sûre qu’ils sont sincères au moment de ces paroles, mais il y a aussi la peur de se sentir enfermé dans une situation dont ils auront du mal à sortir. Et tout cela bien sûr est dans la tête.

 

Je dirais que c’est le manque de confiance dans le fait que les choses vont durer toujours qui ne rassure pas et puis il y a aussi le fait de se dire "Mince je me suis précipitée et je vais faire souffrir l’autre en me rétractant", mais comme il y a aussi cette question de "sacrifice", c’est compliqué, car on a peur de faire les mauvais choix, de blesser l’autre et se sentir nulle, ou de se sentir prisonnier d’un état qui est dans notre tête et de devoir se sacrifier pour le bonheur de l’autre… Alors on fuit … c’est plus simple, pas d’engagement, de la liberté (partielle) et surtout pas de sacrifice qui fait qu’on se sent nulle ou à côté de la plaque. Mais le bonheur n’est pas au rendez-vous, du coup…

 

Pour la question de la "fierté" de prendre des décisions seul, dans mon cas, je dirais que c’est difficile de prendre des décisions seule, je demande souvent l’avis des gens qui, de ce fait, croient que je vais suivre leur avis. Mais pas toujours. C’est important de prendre du temps et de réfléchir pour être sûr que la décision est bien la mienne. Sinon, je le regrette et je fuis. Sur le coup la décision me semble super, mais avec le recul, pas toujours, donc il faut me laisser un peu de temps, si l’autre veut être certain que je suis OK à 100 %…

 

Et puis pour l’autre position, je vous comprends également, car quand l’autre veut arrêter alors qu’on veut tout faire pour lui, notre monde s’effondre, on est prêt à tout pour ne pas le perdre, que ce soit dans la répression de nos besoins au profit des siens ou dans le sacrifice de soit et de son être véritable.

 

Alors, dans les deux cas, pour diminuer la souffrance on veut garder le lien, rester ami plutôt qu’amant, parce qu’au moins la présence de l’autre sera encore là.

 

Et puis, pourquoi devoir couper complètement une relation ? On a vécu des choses ensemble, on a grandi et évolué ensemble, que ce soit pour une petite ou longue période, on a appris, ce serait si dommage de perdre tout ce qu’on a vécu ensemble, surtout qu’on connaît très bien l’autre, on sait qu’on est bien avec cette personne. Alors oui, on ne veut pas que tout s’arrête et tombe dans le néant, ce serait vraiment dommage de faire une croix sur tout ça. Alors oui, l’amitié est une belle option. Si elle est vraiment sincère, le lien durera, si elle ne l’ai pas, le lien s’étiolera. On garde un bénéfice dans tous les cas, on garde les bons moments passés, présents et à venir. Et en plus, chacun peut vivre sa vie "librement".

 

L’amitié qui est proposée c’est un nouvel amour qui se crée, de manière authentique, qui se veut inconditionnel. Pourquoi se déchirer et se détester alors qu’il est possible de créer quelque chose de nouveau ?

Caroline

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Je suis ravi de te lire pour la première fois sur ce forum, Caroline.

 

Les précédents messages ayant entre dix et onze ans, il est difficile pour moi de me réintroduire dans la discussion sans relire toute la conversation, ce que je n'ai pas le temps de faire aujourd'hui. Merci en tout cas de ce témoignage qui décrit bien la position du 2 sur ce thème et, pour ceux qui connaissent, montre l'émergence de la false core.

 

Très amicalement,

Fabien

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