Institut Français de

l’ennéagramme

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Harper

Contre-fixation

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Harper

Bonjour à tous,

 

Ceci est le prolongement indirect de mes réflexions débutées dans la conversation "Type 6 : références et contre-références".

 

Mes réflexions m'avaient amenée à formuler pour le 6 un axe "passion/contrepassion" (peur-témérité) et un axe "référence/contre-référence" (nous/eux, en gros). Suite à la question de Fabien "le phénomène est-il propre aux 6 ou peut-il être généralisé aux autres types", j'ai été amenée à élargir la réflexion.

 

Selon moi, le deuxième axe est mental. Donc puisque le premier axe représente passion-contrepassion, c'est à dire le vécu émotionnel des automatismes du type, je pense que l'on peut avancer l'hypothèse qu'il existe un équivalent mental de la contrepassion, à savoir une contre-fixation.

 

Cette contrefixation serait donc :

a) un contre-pied excessif et inapproprié de la fixation du type,

B) de ce fait, une caricature de l'idée supérieure du type

 

Chez le 6 (moi), c'est probablement la crédulité vis à vis des croyances, idées, etc., du groupe ou de l'autorité de rattachement.

 

Pour les autres types, j'ai quelques hypothèses qui demandent à être affinées, validées, etc.

 

Pour le 1, je verrais quelque chose comme "Ils sont incorrigibles je ne veux rien avoir à faire avec eux". Je me demande si ce que vous (Fabien et Patricia) avez défini dans l'article comme la contre-passion de renoncement ne serait pas plutôt une contre-fixation.

 

Pour le 2, j'avais été frappée par les aspects contradictoires de "flatterie" et "dédain", et je me demande si l'aspect "dédain" ne serait pas une contre-fixation, en tant que caricature de l'idée supérieure de "liberté".

 

Pour le 3, ce n'est pas encore clair.

 

Pour le 4, en tant que caricature de l'originalité, ce serait la recherche de la bizarrerie (je ressens le terme comme inadéquat, nos participants 4 auront certainement un terme plus approprié).

 

Pour le 5, ce serait de la curiosité malsaine.

 

Pour le 7, en tant que caricature du travail-concentration, cela pourrait être la poursuite d'une idée fixe, d'un projet (agréable) particulier aux dépens de tout le reste.

 

Je ne suis pas (encore) arrivée à une hypothèse satisfaisante pour le 8 et le 9.

 

Merci d'avance pour les idées, hypothèses, antithèses, etc.

 

Très cordialement,

Bénédicte (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Bénédicte,

 

C'est une joie de te retrouver fidèle au poste après les vacances et toujours aussi créative.

 

Dans le stage Néti néti où nous enseignons, entre autres, les contrepassions, nous discutons aussi des contrefixations. Effectivement, le passage de l'une à l'autre est bien logique.

 

Alors que la distinction passion-contrepassion existe depuis toujours pour le 6, la distinction fixation-contrefixation n'a jamais été mentionné par les auteurs classiques de l'Ennéagramme.

 

Elle est plus délicate à définir parce que l'idée supérieure n'est pas toujours le contraire de la fixation, là ou la vertu est toujours l'opposé de la passion. Il y a donc souvent deux pistes de contrefixation, parfois bonnes toutes les deux : le faux contraire de la fixation et la caricature de l'idée supérieure. Peut-être faut-il commencer par choisir entre les deux ?

 

Dans l'état actuel de nos réflexions, nous n'avons pas entièrement tranché, comme le montre la liste des mots que nous utilisons aujourd'hui :

1 - "Inachèvement" ou "Laisser aller"

2 - "Indifférence"

3 - "Abaissement"

4 - "Platitude"

5 - "Indiscrétion" ou "Paternalisme"

6 - "Aveuglement"

7 - "Improvisation"

8 - "Velléité"

9 - "Individualisme" ou "Pharisaïsme"

 

Quelques remarques sur les termes que tu proposes :

- Flatterie et dédain ne me semblent pas contradictoires ; si je ne dédaigne pas quelqu'un, je n'ai pas besoin de le flatter puisque je suis conscient de ses vrais aspects positifs.

- La bizarrerie me semble être plus un excès de la compulsion du 4 qu'un contre-quelque chose.

- Pour le 7, l'idée fixe me semble aussi de la simple gloutonnerie ; j'ai beaucoup connu cela lors de moments de désintégration en 5.

 

Que dis-tu de tout cela ?

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Harper

Bonjour Fabien,

 

Je me disais bien que quelqu'un d'autre avait dû y penser…

 

J'ai pris bonne note des termes proposés. Il faut que je mûrisse tout cela.

 

Je pense comprendre pour les types 1, 3, 5, 6, 7 et l'aspect "individualisme" du 9.

Peux-tu décrire en quelques mots "platitude" et "velléité" ?

En quoi "pharisaïsme" peut-il être attribué au 9 ?

 

Très cordialement,

Bénédicte (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Bénédicte,

 

Pour le 4, l'idée supérieure d'originalité est l'acceptation du fait qu'il n'a rien à faire pour être original ; chaque être humain est une pièce unique et originale. La "Platitude" est une fausse acceptation de la banalité, du fait d'être comme les autres.

 

Pour le 8, la "Velléité" est une caricature du refus du contrôle. "Paternalisme" irait très bien aussi comme caricature de l'altérité ; cette contrefixation est positionnée actuellement en 5, parce que de nombreux 5 s'y reconnaisssent, mais n'est-ce pas de la désintégration en 8 ?

 

Pour le 9, le mot "Pharisaïsme" n'est peut-être pas idéal, car d'une certaine manière il s'applique à toutes les contrepassions et les contrefixations. Il faut l'entendre comme caricature de l'idée supérieure d'amour, mais un amour formel qui masque l'égotisme, l'individualisme et la colère.

 

Encore une fois, je suis conscient que cette liste est marqué par l'ambiguïté "faux contraire de la fixation" ou "caricature de l'idée supérieure". Peut-être faudrait-il définir deux contre-fixations pour chaque type. Qu'en penses-tu ?

 

Ensuite, il est difficile de trouver un mot résumant le concept. Cela avait déjà été dur pour les contrepassions, même en étant conscient qu'un mot ne peut qu'être imparfait.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Harper

Bonjour à tous,

 

J'ai du mal à l'exprimer clairement, mais je pense que l'idée supérieure ne s'oppose pas à la fixation parce qu'elle est à la fois un lâcher-prise et la conjonction harmonieuse de forces opposées (fixation-contrefixation).

 

On pourrait envisager un modèle avec :

- fixation ("action mentale" excessive et inappropriée)

- contre-fixation (excès opposé aussi peu approprié)

- coexistence sans harmonie des deux forces opposées (appellation à définir)

- idée supérieure : coexistence harmonieuse de ces forces, débarrassées de leurs excès, ou bien lâcher-prise par rapport à ces forces

 

On peut alors se demander si le modèle est transposable dans l'univers passion-contrepassion-vertu.

J'ai l'intuition que la vertu n'est pas l'opposé de la passion, mais justement cet état de lâcher-prise et d'équilibre par rapport aux forces opposées.

Par contre il ne semble pas y avoir coexistence sans harmonie de la passion et de la contrepassion, mais alternance rapide de ces états émotionnels.

Mais peut-être que le centre mental peut traiter simultanément les opposés et que le centre émotionnel ne le peut pas ?

 

Pour en revenir aux contre-fixations, il y aurait donc une contre-fixation proprement dite (contraire de la fixation) et une caricature de l'idée supérieure (nom à définir).

Le problème étant de savoir laquelle est laquelle…

Par exemple pour le 1, je verrais "laisser aller" comme contre-fixation et "incomplétude" comme (nom à définir).

Pour le 9, je verrais l'individualisme comme contre-fixation.

Pour le 5, je n'arrive pas à me décider.

 

A suivre, quand le boulot me le permettra (rentrée chargée).

 

Bénédicte (6)

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Cheeta

Bonjour !

 

Il me semble que l'ennéagramme, contenant d'après moi moult "loi de trois", se verrait bien enrichi par tout cela.

 

Pour ma part, la notion de passion-fixation me paraît opposée à celle de contrepassion-contrefixation, la vertu-idée supérieure représentant, comme tu le signales Bénédicte, une sorte de milieu dans le lâcher prise…

 

J'ai l'impression d'enfoncer une porte ouverte là.

 

Sinon, je suis extrêmement d'accord avec "improvisation" pour le 7 : refus de toute planification plus rationalisation du style "Faut vivre au présent, mon coco". J'ai quelques exemples sous le coude…

Et pour le 3, "abaissement" me paraît aussi assez pertinent. Je connais personnellement un 3 que je devine tirer une grande vanité de sa "retenue" et de sa discrétion. Je peux me tromper bien sûr…

Quand au 9, je crois, Fabien, que ma douce et tendre pourait t'apporter témoignage…

 

cheeta 7-6

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Fabien Chabreuil

Bonjour Bénédicte et Seb,

 

Bien sûr, il ne faut pas opposer passion et vertu, fixation et idée supérieure. Si on crée ce type de dualité, on ne peut pas échapper à l'identification à l'un ou l'autre des pôles et donc à un fonctionnement en mode automatique. Dans le stage Néti néti, nous travaillons, à l'aide de techniques appropriées, le lâcher prise à propos de ce qui dans l'Ennéagramme semble être des paires d'opposés (Passion-Vertu, False Core-Ego, Peur-Désir de base, etc.). Sur le plan mental, la "Loi des Trois" popularisée par Gurdjieff a le même but.

 

En Ennéagramme, la passion n'est pas une émotion qui doit disparaître ; c'est l'automatisme de l'émotion, l'attachement egotique à cette émotion, qui doit cesser. La vertu est plus une antidote à la passion qu'un opposé qui doit la remplacer. Il s'agit effectivement d'atteindre un état de lâcher prise dans lequel les deux émotions peuvent être vécues quand elles sont appropriées. Nommer cet état me semble dangereux, car l'esprit humain est tel qu'il aurait tendance à s'identifier à ce concept. La contrepassion pourrait ainsi être considérée comme un attachement excessif à la vertu, une identification à elle qui la ramène dans l'ego.

 

Une fois de plus, la situation me semble moins claire pour l'idée supérieure. De toute évidence, on peut considérer la perfection, idée supérieure du 1, comme une sorte de lâcher prise par rapport à la fixation de perfectionnisme. Mais le travail-concentration du 7, je peux certes le voir comme un lâcher prise face à la planification, mais je ne le vois pas que comme cela ; dans ce cas, il me semble qu'on est aussi dans une fonction d'antidote à la fixation, semblable à celle de la vertu pour la passion.

 

Plus généralement, il me semble que les concepts de fixation et d'idée supérieure sont moins bien définis que ceux de passion et de vertu. En conséquence, ils font moins unanimité. Patricia et moi sommes restés proches de la source en utilisant presque exclusivement pour les fixations les termes donnés par Claudio Naranjo. Mais on en trouvent d'autres. De même pour les idées supérieures. Par exemple, pour le 7, certains mettent le "charlatanisme" comme fixation et A.H. Almaas utilise comme idée supérieure non seulement "travail", mais aussi "sagesse " et "plan".

 

J'espère ces quelques éléments t'aideront dans ta réflexion, chère Bénédicte.

 

Plus prosaïquement, en fonction de ta définition de la contrefixation comme "excès opposé de la fixation", "Indiscrétion" me semble réellement approprié pour le 5 et je l'ai observé bien souvent…

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Christian

Bonjour Bénédicte, bonjour Fabien, bonjour Seb,

 

Je trouve cette discussion passionnante, mais écourtée.

 

Je tente une participation.

 

Bien sûr, il ne faut pas opposer passion et vertu, fixation et idée supérieure. Si on crée ce type de dualité, on ne peut pas échapper à l'identification à l'un ou l'autre des pôles et donc à un fonctionnement en mode automatique.
Ce commentaire est très éclairant sur la difficulté de trouver l'équilibre de l'essence. Il permet de rester humble face à sa volonté d'être.

J'avais remarqué, en effet, que même sur le cercle, aucune base n'est opposée à une autre (et je suis choqué lorsque je lis quelque fois : oh moi, je ne m'entends pas avec tel ou tel type !).

 

Je voudrais faire une remarque (loin de moi de voir un manque ou de vouloir contester les travaux de Fabien sur l'ennéagramme) :

 

L'ennéagramme est un système clair et précis : les 9 bases, les 3 centres, les flèches.

Je me demande s'il ne serait pas possible d'établir un système aussi précis à l'intérieur de chaque base ; hypothétiquement, un système circulaire ( ?) avec liaisons fléchées dans lequel apparaîtraient la compulsion, le mécanisme de défense, l'orientation, passion, fixation… une ébauche de "schéma" existe sur le site de Rebecca Xiong.

 

En faisant référence au livre de Patricia et Fabien Chabreuil, Comprendre et gérer les types de personnalité, j'ajouterais :

J'apprécie le récapitulatif de chaque base sous forme de structure.

Cependant, justement en raison de leur place sur le schéma, je constatais une opposition entre passion et vertu, et entre fixation et idée supérieure. Or, il n'en est rien !

Je me demande si, en plaçant l'essence du type au centre, encadré (en équilibre) par l'ego et le contre-ego (contrefixation et contrepassion), cette opposition pourrait disparaître.

 

En tant que 4, je comprends ainsi mieux mon erreur lorsque je me "prépare" à ne pas être 4 ; lorsque je refuse ma passion l'envie, en me plaçant alors dans ma contrepassion l'autosuffisance, et en pensant être dans le contentement, ma vertu.

Ou encore, grâce à cette discussion, je me rends compte qu'il est aisé de se complaire dans la platitude pour un 4.

 

Qu'en pensez-vous ?

 

Amicalement,

Christian

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Christian

En somme, je me demande si, à vouloir forcer son être vers l'essence, on se déplace automatiquement vers sa contre-fixation et sa contrepassion ?

 

Amicalement,

Christian

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Harper

Bonjour Christian,

 

En effet, c'est un risque, si on veut se forcer et combattre sa passion et sa fixation, de tomber dans la contrepassion et la contrefixation. Le phénomène est étudié particulièrement dans le stage Neti Neti.

 

En ce qui concerne le schéma ego/contre-ego, je me demande (entre autres questions) si c'est vraiment aussi binaire que cela, à savoir soit on est dans l'ego (passion et fixation), soit dans le contre-ego (contrepassion et contrefixation), et si on ne peut pas à un moment avoir la fixation et la contrepassion, à un autre moment une autre combinaison, etc.

 

Ma réflexion sur la contrefixation est suspendue en ce moment, parce que je n'ai pas avancé dans la réflexion théorique. J'ai préféré me consacrer à d'autres priorités, et de plus je ressentais le besoins de plus d'observations de terrain avant de revenir à la théorie.

Suspendue, mais pas abandonnée, les heures chaudes de l'après-midi pendant les vacances d'été sont le terrain privilégié de mes ruminations théoriques…

 

Très cordialement,

Bénédicte

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Izz

Bonjour à tous,

 

Je me rappelle de cette discussion au stage Néti Néti et de ta demande, Fabien, concernant les 8. Je venais d'entendre le témoignage de Christophe (7) et t'avais répondu que le passage de la passion d'excès à la contre-passion d'austérité (attribuée au 7) me parlaient bien plus que ce que vous aviez trouvé pour les 8, à savoir excès en passion et circonspection en contre-passion.

 

En effet, ma passion d'excès voit son opposé direct dans l'austérité. Je passe de l'un à l'autre en cherchant mon équilibre qui serait la vertu de simplicité. Là encore, simplicité n'est pas le mot complètement approprié, mais je n'en ai pas trouvé d'autre. Je recherche encore.

 

Ce qui est certain pour moi et que la contre-passion du 8 est l'austérité. Si on laisse l'austérité au 7, il faudrait plutôt attribuer la contre-passion d'ascétisme au 8. Ce qui est certain pour moi, depuis ce stage et j'y ai réfléchi, est que circonspection ne me fait pas du tout sens.

 

En ce qui concerne les fixation et contre-fixation du 8 :

La fixation de vengeance voit son opposé direct en SOUMISSION et non en velléité. Là encore, velléité ne me parle pas du tout. Quand je joue l'effet de balancier pour éviter la vengeance, je me soumets c'est-à-dire que je joue soi-disant la carte de l'humilité. La velléité signifie velléité de quelque chose. Je ne vois pas bien en quoi la velléité s'opposerait à la vengeance…

 

Quant aux 7, remplacer la fixation de planification par le charlatanisme me semble inapproprié. Charlatanisme relève plus de la conséquence que de la cause.

En ce qui concerne leur idée supérieure, plan me paraît bien plus approprié que travail ou sagesse. Nous avons tous besoin de sagesse et le 7 n'en a pas le privilège. Par contre, qu'il suive des plans structurés et s'y tienne me donne une image intégrée du 7 bien supérieure à celle d'un 7 travailleur.

Sa contre-fixation d'idée fixe me paraît le bon mouvement de balancier qui contrecarre la fixation de planification, plus que l'improvisation. L'improvisation est un substitut de la planification : il se fait encore plaisir mentalement. Dans l'idée fixe, il se force à se fixer sur un point, pensant ainsi trouver son idée supérieure de travail, or il n'en est rien.

 

J'ai aussi du mal avec la fixation de flatterie-dédain du 2.

Je relève, comme Bénédicte et ne voit pas le dédain en fixation et en préoccupation mentale mais bien plutôt comme une passion et un état émotionnel.

Par contre, la contre-fixation d'indifférence me parle bien.

 

En ce qui concerne le 5, la contre-fixation d'indiscrétion ou de curiosité malsaine de Bénédicte me paraissent tout à fait convenir.

 

A propos du 1, je lui attribue plus facilement la vertu de simplicité du 8 en tant que contre-fixation. Qu'est-ce qui s'oppose au perfectionnisme ? Pas l'inachèvement mais plutôt la simplicité, mais également le survol, la superficialité.

 

Pour finir, je trouve l'individualisme du 9 en opposé direct à oubli de soi tout à fait adéquat. J'avais même cerné l'égoïsme et jusqu'à l'égocentrisme.

 

Ce sont mes voies de réflexion depuis le stage Néti Néti. Il est certain que vous êtes mieux inspirés que moi, y ayant réfléchi depuis plus longtemps.

 

Bien à vous.

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Christian

Bonjour Bénédicte, bonjour Isabelle,

 

Bien évidemment, je suis encore très ignorant à propos de la théorie. J'ai conscience que je participe à une discussion qui m'échappe totalement, en attendant les stages !

 

Je ressens bien cette recherche d'équilibre, non pas dans, mais autour de l'essence ; et c'est justement ce schéma binaire proposé par Fabien dans Comprendre et gérer les types de personnalité (à gauche l'ego, à droite l'essence) qui me posait problème.

Ainsi, en découvrant la notion d'ego/contre-ego, et donc la possibilité de combinaisons multiples, je perçois mieux la difficulté d'Etre, la notion de lâcher prise, et la complexité de l'ennéagramme (et donc son intérêt !!).

 

En tout état de cause, j'ai reconsidéré le point de départ : l'orientation du type (le sens du beau pour le 4), que je délaissais totalement, me concentrant uniquement sur la passion. D'où, peut-être, la possibilité de me déplacer, sans doute, vers ma contrepassion et contre-fixation (la Platitude pour le 4). Eléments que j'ai du mal encore à discerner.

Grâce au schéma proposé par Fabien, je me rends compte maintenant que l'orientation mène aussi bien, avec évidence, à la passion du type ou à sa vertu (et pourtant combien de fois me l'a-t-il signalé !!!!), ou à sa contrepassion (?), ou…

 

Mais c'est un terrain sur lequel je n'ose m'aventurer.

 

Amicalement,

Christian

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Cheeta

Salut à tous,

 

Ce thème est celui qui m'a le plus intéressé sur ce panneau depuis que j'y écris. Ceux qui me connaissent se douteront bien pourquoi, ayant soigneusement testé les différentes possibilités "offertes" par mon type de base. :peur:

 

Christian, ton idée me parait prometteuse :sorry: et me parle beaucoup. Je vais me mettre au travail. :wink:

 

Cela me fait drôle de voir reprendre ici les discussions au sujet des termes techniques, car depuis le début de cette discussion les contre-fixations font vraiment partie de mon utilisation courante de l'ennéagramme au même titre que les contrepassions et les autres notions plus "simples".

 

Je fréquente d'ailleurs en ce moment un ami 9 qui m'offre de superbes (?) expériences de "pharisaïsme", mot qui me paraît, au passage, très bien convenir.

 

Dans toute cette démarche, il ne s'agit peut-être pas de changer…

mais juste de se voir et de voir autrui un peu plus tel que nous sommes, et non tel que nous aurions voulu être…

 

Enfin c'est là où j'en suis. :rofl:

cheeta 7-6

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Christian

Bonjour Seb,

 

Quelle idée prometteuse ??? :rofl:

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Harper

Bonjour à tous,

 

Je relance la réflexion. Le problème est que je m'aperçois qu'une partie de ma réflexion de l'année dernière a été faite hors panneau, donc pas de trace suivable par les membres de la communauté. Argh.

 

Bah, de toutes façons la réflexion n'avait pas avancé tant que ça. Pour résumer, j'avais souhaité reprendre ma réflexion en ignorant l'aspect "caricature de l'idée supérieure", c'est à dire en raisonnant à partir de l'ego seul. Et j'avais l'impression qu'on avait quelque chose de bipolaire au niveau de mental egotique.

 

Pourtant, à consulter Fabien, on revient à ce flou entre "contraire de la fixation" et "caricature de l'idée supérieure". Et a priori pas de possibilité de trancher. Impasse.

Et puis un jour je me dis "et si?" (et là ce n'est pas un "et si" de 6?), et si les deux étaient simultanément vraies ?

D'où la question suivante : s'agit-il de deux phénomènes distincts ou de deux manifestations distinctes du même phénomène ?

 

Dans un premier temps je vais partir de l'idée qu'il s'agit de deux phénomènes distincts, à savoir :

 

1 - Un phénomène de fixation, qui est ou peut être bipolaire par lui-même. Par exemple, on peut imaginer que la fixation de perfectionnisme du 1 ait un pôle "corriger le mal" (le mental étant alors dirigé vers "le mal") et un pôle "tendre vers le bien" (le mental étant alors dirigé vers "le bien"). La question suivante est alors : il y a des types qui ne semblent pas présenter cette bipolarité. Est-ce alors qu'un des pôles est invisible de l'extérieur, ou bien y a-t-il des types à fixation unipolaire ?

 

2 - Un phénomène de contrefixation proprement dite, dans lequel le "but" est de lutter activement contre sa fixation, mais où on tombe dans les mêmes travers que la contrepassion.

 

Exemple 6 (ben voyons) :

1 - La tendance "naturelle égotique" du 6 est de faire aveuglément "confiance" aux "siens" ou à son "autorité de tutelle" quand il a accepté de s'y soumettre. Bon, d'accord, je me méfie aussi, à l'occasion. Bref mon centre mental égotique oscille "naturellement" entre ces deux pôles.

2 - Supposons maintenant que je souhaite lutter contre mon problème avec la confiance. Soit à titre d'exercice de développement personnel, soit parce que l'un des "miens" me demande "de lui faire davantage confiance". Alors je "décide de faire confiance et de m'y tenir". Je me force, je me bloque, et c'est comme ça que je me retrouve à vouloir traverser un fourré de ronces, parce que j'ai décidé de ne pas revenir en arrière.

 

Voilà. Je relance donc la réflexion.

 

Très cordialement,

Bénédicte

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Fabien Chabreuil

Bonjour Bénédicte,

 

Moi aussi j'ai réfléchi silencieusement à ce problème, et j'en ai beaucoup discuté avec Patricia. Le résultat des courses est que je suis beaucoup moins convaincu de cette idée de séparation entre le contraire de la fixation et la caricature de l'idée supérieure. Je crois de plus en plus qu'on doit pouvoir trouver une contre-fixation unique.

 

Je n'ai pas très bien réussi à généraliser ton concept de bipolarité aux neuf types. Je ne suis même pas certain de l'avoir totalement compris. Pourrais-tu être plus détaillée sur ce sujet ? Plus abstraite aussi (= une définition en plus de l'exemple) ?

 

Très cordialement,

Fabien

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Harper

Bonjour Fabien,

 

"Le résultat des courses est que je suis beaucoup moins convaincu de cette idée de séparation entre le contraire de la fixation et la caricature de l'idée supérieure. Je crois de plus en plus qu'on doit pouvoir trouver une contre-fixation unique."

Je le pense aussi. Je pense que lorsqu'on aura réussi à vraiment comprendre le mécanisme, on aura une définition unique.

 

"Je n'ai pas très bien réussi à généraliser ton concept de bipolarité aux neuf types. Je ne suis même pas certain de l'avoir totalement compris. Pourrais-tu être plus détaillée sur ce sujet ? Plus abstraite aussi (= une définition en plus de l'exemple) ? "

Ben, c'est que c'est encore très flou dans ma tête. :confused::sick::cry:

Ok, au départ, il y a la question que pose les alternances crédulité-méfiance du 6, ainsi que le double aspect flatterie-dédain du 2, détachement-indiscrétion du 5? Peut-être d'autres, je ne sais pas encore. Comment expliquer ces mouvements en sens opposés ?

Est-ce que la fixation elle-même consiste en ces aller-retours ? Est-ce que la fixation repose sur deux pôles qui créent cette alternance ? Ou autre chose ?

Voilà, pour l'instant, ce ne sont que des questions?

Désolée.

 

Très amicalement,

Bénédicte

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Fabien Chabreuil

Bonjour Bénédicte,

 

Je suis un fervent partisan du rasoir d'Occam. Et si tout simplement les créateurs de l'Ennéagramme avaient identifié quelques-unes des contre-fixations sans voir le concept, et les avaient donc placées au pif ici ou là ?

 

Et on aurait donc comme contre-fixation le dédain pour le 2, l'indiscrétion pour le 5 et la crédulité pour le 6. Après tout, cela colle parfaitement dans la liste de contre-fixations que j'avais proposée dans mon message du 28 août 2003, sauf pour le 2 pour lequel j'avais choisi un terme plus soft, le mot dédain étant déjà traditionnellement mis dans les fixations. Mais dédain comme caricature de la liberté, cela me semble acceptable, et tu l'avais d'ailleurs proposé dans ton message initial.

 

Depuis que j'ai renoncé à ce dilemme entre contraire de la fixation et caricature de l'idée supérieure, cette liste me semble de plus en plus satisfaisante. C'est une des raisons pour lesquelles je n'avais pas relancé cette conversation.

 

Très amicalement,

Fabien

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Renard

Bonjour,

 

Je suis une 7 toute neuve dans ce forum. J'ai 54 ans et cette discussion sur les contre-fixations est intéressante parce que les ennéatypes vieillissants les utilisent beaucoup. Je suppose qu'intuitivement ils réagissent à leur façon à ce qu'ils pensent être une entrave à leur quête. Ils réparent à leur façon. Moi-même, là, J'IMPROVISE. J'ai peur de souffrir, c'est-à-dire de m'isoler, de ne pas partager, de manquer quoi !

 

Il est 19 heures. J'ai mon petit whisky et je dois absolument écrire maintenant. Mon intempérance me joue des tours. Mais c'est vrai, je n'arrête pas d'improviser.

 

Renard

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Harper

Bonjour Renard,

 

D'après ce que j'ai pu observer sur les mécanismes de contre-quelque chose :

  • Au niveau conscient, ils essaient de compenser un problème, un inconfort, une souffrance, créé par les mécanismes égotiques directs (par exemple pour un 6, la suspicion peut le mettre en porte à faux avec les siens, de même mettre trop visiblement en doute les principes/règles de son groupe, etc ). Malheureusement, ils nécessitent une énorme énergie pour "lutter contre" l'ego, ce qui crée une surcompensation.
  • Au niveau inconscient, leur résultat final est de renforcer les croyances et les mécanismes de l'ego. Par exemple, la contrephobie met le 6 en situation de risque et renforce la croyance que le monde est dangereux.

 

Très cordialement,

Bénédicte

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Kiki

Coucou,

 

Quelque chose me frappe dans cette liste :

Dans l'état actuel de nos réflexions, nous n'avons pas entièrement tranché, comme le montre la liste des mots que nous utilisons aujourd'hui :

1 - "Inachèvement" ou "Laisser aller"

2 - "Indifférence"

3 - "Abaissement"

4 - "Platitude"

5 - "Indiscrétion" ou "Paternalisme"

6 - "Aveuglement"

7 - "Improvisation"

8 - "Velléité"

9 - "Individualisme" ou "Pharisaïsme"

C'est le mot "improvisation" pour le 7.

 

Non pas que je m'étonne que l'improvisation soit relié au 7, puisque j'adore improviser, et que c'est un domaine dans lequel je me sens bien, libre et fluide comme l'air ; simplement, c'est le seul adjectif de la liste qui ne soit pas connoté négativement.

 

Serait-ce parce que, comme tout le monde le sait, les 7 n'ont aucun défaut ? :blush::rofl:

 

:sorry:

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Fabien Chabreuil

Bonjour Kiki,

 

Non pas que je m'étonne que l'improvisation soit relié au 7, puisque j'adore improviser, et que c'est un domaine dans lequel je me sens bien, libre et fluide comme l'air ; simplement, c'est le seul adjectif de la liste qui ne soit pas connoté négativement. Serait-ce parce que, comme tout le monde le sait, les 7 n'ont aucun défaut ? :blush::sorry:
Non, c'est simplement parce que les 7 sont narcissiques et sont si contents d'eux. :rofl: J'ai une mauvaise nouvelle, Kiki. Le mot "improvisation" est connoté négativement pour beaucoup de gens. (Crois-tu par exemple qu'un 1 trouve que ce soit sérieux d'improviser ? Qu'un 6 ne trouve pas ça inquiétant ? Je te laisse chercher les autres.)

 

Très amicalement,

Fabien

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Kiki
J'ai une mauvaise nouvelle, Kiki. Le mot "improvisation" est connoté négativement pour beaucoup de gens.
C'est que tous ces braves gens n'ont pas encore goûté à ma cuisine ! :sorry:

 

Comment ne pas apprécier l'improvisation ? Vraiment, voilà bien quelque chose qui me dépasse !

C'est par elle que je peux faire ami-ami avec la notion de travail. Elle est pour moi une alliée de première importance. Quant aux plaisirs qu'elle m'apporte, ils sont si nombreux que j'en suis presqu'à considérer l'improvisation comme un organe vital !

 

(Entre nous, le travail comme idée supérieure, franchement on aurait difficilement pu faire pire ! :rofl:)

 

Bisous goûter :blush:

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Shana

Bonjour,

 

J'ai beau chercher, je ne vois pas en quoi "Improvisation" soit connoté négativement pour la 8 que je suis ! :blush: :sorry:

 

Au contraire pouvoir se payer le luxe de l'improvisation est pour moi le summum de la maîtrise. Bref c'est être inconsciemment compétent ! La classe, quoi !

 

Merci. :rofl:

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Aurolaf

Bonjour à tous,

 

Je comprends, Shana, que pour une 8 alpha l'improvisation soit "le summum de la maîtrise, être inconsciemment compétent". J'ai un peu le même ressenti que toi !

Il est certain qu'avec un mental en support de l'instinctif, nous pratiquons l'improvisation avec un certain talent ! Toutefois, j'ai bien peur que ça soit un artifice de notre ego pour être fort et éviter la faiblesse (si je ne connais pas mon sujet et que je me lance dans une brillante impro => j'ai alors évité la faiblesse (dévoiler ma méconnaissance du sujet) et tout le monde croit que je suis très forte (compétente) ! :blush:

 

Je peux comprendre que les 5, 6 et 1 connotent négativement le terme "improvisation" ! D'ailleurs, peut-on imaginer que notre aile 7 nous donne une contre fixation secondaire ? J'ai bien peur que oui ! (Il semble que Shana et moi ayons des velléités à défendre l'improvisation. :sorry:)

 

Pour en revenir à la contre-fixation du 8, le terme de "velléité" ne me parle pas du tout. Ca me parlait tellement peu que je suis allée chercher la définition dans Wikipédia :

Envie faible de faire quelque chose, hésitante et inefficace, pas forcément suivie d'acte.
Ca serait un peu comme un fantasme de vengeance à peine formulé ! En fait, je préfére largement le terme de "soumission", proposé par Izz, qui me parait une véritable contre-fixation en opposition à la vengeance et qui s'inscrit bien dans la cadre proposé par Bénédicte dans le message n° 20 de cette conversation.

Bon ceci dit, je continue à réfléchir à "velléité" car "soumission" me parait trop excessif !

 

A bientôt.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

J'ai beau chercher, je ne vois pas en quoi "Improvisation" soit connoté négativement pour la 8 que je suis ! :blush::sorry:
Ben, sauf si j'ai lu trop vite :rofl:, absolument personne n'a dit que cela l'était.

 

J'ai l'impression que tu te racontes de bien jolies histoires sur ce qu'est l'improvisation. L'analyse d'Aurore est lucide, et son interprétation par l'aile est bien évidemment exacte.

 

Bon ceci dit, je continue à réfléchir à "velléité" car "soumission" me parait trop excessif !
Le contre-fixation (comme la contre-passion) est un des grands mécanismes de défense de l'ego, et effectivement, cela mérite une introspection et une observation patientes et attentives (plutôt que quelque chose qui pourrait être assimilé, en ayant très mauvais esprit :rofl:, à de la dénégation). J'attends avec intérêt les résultats de votre recherche.

 

Très amicalement,

Fabien

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Kiki

Bonjour à tous,

 

Même après réflexion, je ne vois pas comment l'improvisation peut être un chemin de désintégration pour le 7 mu. D'ailleurs plus j'y pense et plus elle m'apparaît, au contraire, comme un instrument d'intégration.

Oui, oui, je sais bien que ça sent l'optimisme et la rationnalisation. :sorry: Néanmoins l'improvisation exigeant de se connecter, voire se fondre, à l'instant présent, et d'attendre en confiance que les idées, mots, sons, gestes, sensations, etc. viennent à soi plutôt que d'aller les chercher, j'ai beau chercher, je ne vois vraiment pas comment cela ne pourrait pas profiter à tous ceux qui répriment l'instinctif.

 

Pour moi l'improvisation est une forme de méditation, une voie d'accès à une autre forme de connaissance.

 

Bisous poésie. :blush:

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Shana

Bonjour à tous,,

 

Après une nuit de sommeil, voici une autre façon de voir l'improvisation.

 

C'est que qui reste comme solution quand on a zappé de se préparer (par exemple parce que ce n'est pas particulièrement amusant de devoir se discipliner pour se préparer, ou par exemple parce qu'on pèche par excès de confiance en soi :blush:, etc.).

 

Bref, quand on a oublié ou négligé la ceinture (préparation), il nous reste les bretelles (improvisation) ! L'idéal serait peut-être d'avoir les deux talents (ceinture ET bretelles) !

 

Fabien, est-ce que cette histoire te semble moins jolie ? :sorry:

 

Comme Aurore j'ai plongé dans mon dictionnaire hier soir pour trouver la définition de la velléité (car j'avais une vision vague de ce mot). Mon dictionnaire parle "d'intention faible" à la place "d'envie faible". Cela me parle. Mais de manière confuse. Je dirais plutôt qu'à ce stade cela "résonne". Je "sens" qu'il y a quelque chose à creuser.

 

"Soumission" me semble fort aussi. "Retrait" me semblerait plus adapté. Mais on ne parle peut-être pas de la même chose.

 

Je poursuis donc mon observation?

 

Bonne journée.

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Kiki

Ah! évidemment, sous la forme que tu décris Shana, je vois bien comment cela peut être s'appliquer au 7 de manière moins flatteuse. :sorry:

 

L'improvisation une "débrouillardise", j'avais oublié ! :rofl:

 

:blush:

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Shana

Bonsoir Fabien et à tout le monde,

 

Comment distinguer sa Vertu et son Idée Supérieure de sa Contrepassion et sa Contrefixation et déjouer le piège que l'ego nous tend à ce moment-là ?

 

J'ai une question (si elle est bête, disons que j'assumerai !).

 

Peut-on imaginer qu'on est dans sa Contrepassion et sa Contrefixation tant que ce que l'on croit (à tort) être Vertu ou Idée Supérieure est polluée par la Passion et la Fixation de son point de désintégration ?

 

Par exemple pour le 8, on aurait les équations suivantes :

Excès (Passion du 8) --> Circonspection (Contrepassion du 8) - Avarice (Passion du 5) = Simplicité (Vertu du 8)

Vengeance (Fixation du 8) --> Soumission ou Velléité (Contrefixation du 8) - Détachement (Fixation du 5) = Altérité (Idée supérieure du 8)

 

(Si c'est une piste qui te semble intéressante, amusante ou tout simplement "jolie" :blush:, Fabien, peut-être que les autres types pourraient nous dire comment ils le ressentent dans leur propre type.)

 

J'avoue que j'ai un peu de mal à formuler comment je suis arrivée à cette hypothèse, car c'est quelque chose que je ressens plutôt avec les tripes.

 

La difficulté de cet exercice (comment comprendre tel ou tel mot ou trouver le mot juste pour une idée) me renvoit d'ailleurs à une précédente discussion dans laquelle je te demandais ton aide car je ne comprenais pas certains termes utilisés en Ennéagramme.

 

Je pense qu'au delà d'une définition dans le dictionnaire un mot peut résonner différemment d'une personne à l'autre. A l'inverse pour telle idée, une personne préfèrera plutôt utiliser tel mot que tel autre qui lui "parlera" davantage.

 

Par exemple je me suis demandée ce que j'aurais donné comme terme pour nommer le "faux-contraire" de "Excès". Pour moi c'est le mot "Privation" qui (comme je le ressens) convient le mieux car il correspond (pour moi) à la dualité TROP (excès) / TROP PEU (privation).

 

J'ai fait ensuite le même exercice en me demandant quelle serait pour moi le terme qui correspond le mieux à la caricature de la "Simplicité". J'ai obtenu "Ascétisme" (ce que mon école de Yoga déconseille fortement car c'est un leurre !)

 

De même je me suis demandée quelle serait pour moi le "faux-contraire" de la "Vengeance" et là? je tombe sur "Soumission".

 

Quant à la caricature de l'Altérité j'ai dû d'abord repartir d'une définition de l'Altérité qui me semble juste : "L'altérité est la reconnaissance de l'autre dans sa différence." La caricature pour moi serait "Perméabilité".

 

Il faut dire que sur ce dernier sujet (l'altérité), je suis peut-être influencée par ce que j'expérimente au quotidien en étant confrontée tous les jours avec mon mari à une autre culture que la mienne et que l'altérité que nous tentons de vivre passe par la reconnaissance de sa propre différence et par là-même de l'assertivité.

 

Voilà, c'est tout pour ce soir.

bisouxxxxx

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Dire que j'avais écrit hier matin "cela mérite une introspection et une observation patientes et attentives" ! Puis je suis allé passer la journée chez des amis, et pendant ce temps il me semble que vous avez un peu narcotisé au forum de discussion ! :rofl::surprised:

 

Ce qui fait la justesse de l'Ennéagramme, c'est qu'il est le résultat d'une auto-observation "patiente et attentive" de l'âme humaine. La théorie, quand elle est possible, ne vient qu'après pour essayer d'explique ce qui a été observé. Comme en science, c'est l'observation qui prime.

 

Quand nous avons découvert (découvert, c'est-à-dire mis en évidence ce qui était présent mais couvert et caché, et non pas inventé) les contre-passions, cela s'est passé de la manière suivante. Tout a commencé par une question : pourquoi le 6 avec ses versions phobique et contrephobique serait-il différent des autres types ? Mine de rien, cette question nous a turlupiné pendant des années. Dès nous eûmes bien compris la structure de la phobie-contrephobie, Patricia et moi nous sommes observés, séparément et mutuellement, à la recherche de phénomènes similaires en nous. Une fois, ceux-ci trouvés, nous avons demandé à de nombreuses personnes de s'auto-observer et nous en avons observé d'autres. Ce n'est qu'en synthétisant ces observations que nous sommes arrivé à une liste de termes.

 

La liste des contre-fixations a été conçue de la même manière, mais nous considérons ne pas avoir encore un échantillon suffisant pour qu'elle soit définitive. Cependant, les termes qui la constituent sont relativement bien validés.

 

Shana, quand tu écris "je me suis demandée ce que j'aurais donné comme terme pour nommer le 'faux-contraire' de 'Excès'", c'est de la mentalisation, donc de l'ego. Non seulement, cela n'a pas la validité d'une auto-observation, mais en plus cela risque de fausser une auto-observation ultérieure par une prédiction auto-validante.

 

Quant à ton hypothèse, je vais faire un peu d'introspection. Notons toutefois qu'elle s'applique uniquement à la variante alpha, et qu'il faut donc un autre jeu d'équations pour le 8 mu. Intuitivement, j'ai tendance à trouver cela un peu compliqué, notamment par l'intervention du type de désintégration dans un processus qui ne devrait concerner que l'ennéatype de base (transgression du rasoir d'Occam, et de sa variante l'un des Grands Théorèmes des Chabreuil :lame:).

 

Très amicalement,

Fabien

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Isabelle P

Bonjour Fabien, bonjour à tous,

 

En dépit de mes nombreuses lectures sur ce forum, je viens de découvrir ce sujet qui m'avait jusqu'alors échappé. J'en suis d'autant plus ravie que ce thème faisait partie de mes réflexions lancinantes de ces dernières semaines, ne parvenant toutefois pas à structurer suffisamment les informations je n'avais pas osé initier un billet sur le sujet.

 

Je vais donc tenter de vous faire part de mes observations sur la contre-fixation et la contre-passion. Cela ne peut évidemment pas être généralisé à l'ensemble des 9, mais c'est une pierre à l'édifice.

 

Lorsque je prends conscience de ma fixation d'oubli de soi, cela déclenche une colère et un conflit intérieur. Ce conflit m'amène alors à activer ma contre-fixation d'égoïsme, que j'avais jusqu'alors coutume d'appeler ironiquement le mode "TPMG" ("tout pour ma gueule"). Cette contre-fixation me semble alors associée à une caricature réductrice de l'idée supérieure du 9, à savoir un amour abusif (narcissique ?) de soi et au rejet de l'orientation d'acceptation et de soutien, puisque dans ces moments, j'entre dans une hyperactivité non seulement à me connaître, mais surtout à satisfaire mes besoins et cela sans tenir compte des sentiments et des besoins des autres.

Le mécanisme de fusion à l'autre est totalement interrompu, l'attention devient exclusivement centrée sur ma personne, associé à un sentiment d'auto-suffisance affective ("besoin de personne") et de toute puissance ("prête à affronter tous les conflits").

 

Je dois avouer que je vis assez régulièrement cet état (4 à 5 fois par an environ). C'est notamment cela qui a rendu difficile mon typage en 9. Je pense que cela est consécutif à de nombreuses années de stress et d'épreuves personnelles qui m'ont obligée à affronter des conflits de manière très fréquente, et sans doute à mettre en place de nouvelles stratégies égotiques de compensation.

 

En écrivant ces mots, je commence à ressentir manifestement de fortes tensions musculaires dans l'ensemble du corps, ce qui signifie probablement que je chatouille mon ego, des progrès en perspective donc. :rofl:

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