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Hadadelaluna

Répression du centre émotionnel

Messages recommandés

Hadadelaluna

Bonjour à Tous,

Je souhaite ouvrir une nouvelle conversation sur le thème de la répression du centre émotionnel.

Ce thème m'intéresse personnellement puisque je suis 5 mu (donc avec répression du centre émotionnel).

Je propose donc que nous exposions nos expériences sur la question… sachant que, d'après ce que je crois savoir, les 5 mu seraient les "pires" dans ce cas-là.

1) Personnellement, s'il y a deux ans on m'avait expliqué que je réprime mon émotionnel, je ne l'aurais pas cru car :
* Je souris tout le temps ou presque, ce qui m'a d'ailleurs valu des remarques fréquentes (positives et négatives) sur ce point. Puisqu'il semble que la culture française ne soit "pas exactement" orientée vers le sourire au quotidien.
* Je suis plutôt extravertie (si ça existe chez les 5 !) et j'aime sortir, aller au restaurant, etc.
* J'ai de grand idéaux (centrés sur le développement économique et humain des PVD et surtout du Viêt-Nam).
* Je suis d'une (trop) grande faiblesse avec ceux que j'aime et je me fais (trop) facilement manipuler par des gens à l'émotionnel plus performant, ce qu'à l'époque je qualifiais d'attitude "sentimentale".
* J'adore la poésie qui est proprement une activité non rationnelle au possible, surtout la poésie vietnamienne avec ses mots "vides" (en français on appellerait cela des onomatopées) juste là pour "améliorer" l'effet du rythme des phrases, trouver une rime inexistante dans le vocabulaire et traduire l'état d'esprit par le son qui y corresponde plus exactement qu'un mot existant.
* Il fut une époque où j'étais allée contre mes valeurs profondes pour des motivations purement affectives et j'en étais tout à fait consciente.

2) Comment, pour moi, se traduit la répression du centre émotionnel ? Suite à "un peu" d'évolution sur le point de la répression, je peux dire que cela se traduit essentiellement par :
* une non-distinction de la force des sentiments-émotions, forts ou faibles, mêmes effets… ou presque !
* une non-distinction des sentiments-émotions entre eux, positifs ou négatifs, même sensations (désagréables en général, ressemblant très nettement à une gastro-entérite pour les sentiments forts).
* un retard dans la perception des sentiments-émotions pouvant aller jusqu'à plusieurs années.

Pour préciser, notamment, vis à vis de certaines personnes qui semblent penser que cela traduit une "absence" de sentiments et d'émotions… La difficulté de perception et de discrimination (percevoir la différence entre) n'empêche nullement d'être blessé par ceux qui ignorent mon aspect sentimental-émotionnel, au contraire.

3) Par exemple, je me sens blessée par les gens qui croient me flatter en me parlant de mon mental (centre préféré), voire de ma capacité d'action (centre support), sans se rendre compte que je ne trouve pas qu'ils doivent être particulièrement objets de fierté, car ils sont juste le résultat d'une forme de chance. Et il n'y a pas de quoi être fier d'avoir de la chance au loto. Même si le gain peut être élevé (à condition de gagner, bien sûr).

C'est effectivement blessant de n'être considéré que pour son intelligence, ses éventuelles réalisations, voire son physique. Ce qui me parait très "partiel" comme approche.

En effet, il me parait évident, que certains sont très fiers de ce type de choses et donc agissent (même s'ils sont plus près de leur centre émotionnel) comme si tout le monde partageait ce genre de fierté (un peu excessive à mon goût).

Je ne sais tout simplement pas leur communiquer ce genre de "pensés" ou "sentiments" car souvent ils sont bien plus habiles, que moi, à exposer que leur ressenti "universel".

En effet, la répression de mon centre émotionnel ne me permet pas de mettre facilement des mots sur ce que moi je ressens. Néanmoins, pour faire une parabole, mon ressenti est alors aussi étrange que si l'on me félicitait, ou me reprochait quelque chose, pour mon nombre de doigts. Cela me gênerait si j'en avais moins que cinq à chaque main (plus aussi d'ailleurs…), mais je ne me sens pas particulièrement fière de les avoir. Pour le coup, mon ressenti est parfaitement neutre, vis à vis d'eux, même sur une très longue durée. Et même si j'y tiens car, comme mon mental, ils font partie de Moi et me paraissent bien souvent bien plus indispensables que mon mental ! Essayez de faire quoi que ce soit sans doigts. Même lire… J'vois pas…

Très cordialement,
Hada de la Luna

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Thierry

Bonsoir lunaire,

 

Quelques éléments en réponse ou en réaction…

 

Sourire : attitude beaucoup plus asiatique que française, manière de communiquer. Il n'y a pas forcément une implication émotionnelle grande. L'optimisme du type 7, intégration du 5 mu, s'en accommode bien.

 

Extraversion : n'est pas incompatible avec le type 5 et telle qu'elle est évoquée, je pense aussi au type d'intégration du 5 mu.

 

Poésie : non rationnelle, mais pas forcément non structurée (sonorités, rythmes), le centre mental répond toujours présent ! "Traduire l'état d'esprit" me semble faire appel au centre instinctif.

 

Se laisser prendre par les sentiments : il faudrait élucider le mécanisme. Au contraire, pour ma part, je reste inflexible. Je suis également très secondaire (pour reprendre le terme de la graphologie) et les émotions sont généralement fortes, mais maîtrisées.

 

J'ai également horreur des flatteries et des critiques non motivées : c'est très réducteur !

 

"Leur ressenti universel" : souvent de vagues généralités se prétendent universelles ! Je suis dubitatif.

 

5, c'est le nombre de doigts ? :rofl:

 

Cordialement,

Thierry

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Hadadelaluna

P'têt… mais pour maîtriser, il faut ressentir et identifier avant de vomir (et j'en passe de plus répugnantes) ou d'avoir une supra-migraine…

5, c'est, entre autres choses, le nombre de doigts (à chaque pied et main ! Quel miracle !)…

Très cordialement
Hada de la Luna

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Hadadelaluna

Et pour le cas où cela n'aurait pas été évident, je signale que j'ai mis cette discussion ici parce que les 5 mu ne sont pas les seuls à réprimer l'émotionnel.

On rencontre aussi "environ" 50% des 6, des 7, des 8, des 9 et des 1 et, sous stress, également des 3 !

Par contre, je crains de devoir dire que les 5 alpha sont disqualifiés en terme de témoignage sur leur cas personnel… Mais, naturellement, ils sont bien sûr bienvenus pour questionner les autres !

Bonne soirée,
Très cordialement,
Hada de la Luna

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Nyarlathotep

Bonjour,

 

Cette discussion tombe à pic car je suis moi-même en pleine réflexion sur ma propre répression du centre émotionnel. J'en ai fait l'objectif principal d'une psychothérapie qui se démarre actuellement.

 

Tout d'abord j'ai noté les points communs et les points de divergence que j'ai avec toi, Hada de la Luna.

 

1) Points communs

 

* J'ai également de grands idéaux, concernant l'avenir de la planète, celui de l'homme. Toutes ces choses me semblent trouver leur place dans un centre mental tourné vers le futur.

 

* Je me suis fait moi aussi manipuler émotionnellement, comme tu dis, par des personnes ayant "un émotionnel plus performant" et j'ai moi aussi le "sentiment" d'être plutôt sentimental (senti-mental ?).

 

* J'aime écrire, exprimer mes émotions à travers cela. Pourtant l'écriture, après une analyse précise de mes attitudes face à cette "activité", me semble beaucoup plus se raccrocher au mental et à une certaine manière d'évacuer mon énergie, et aussi le trop-plein d'émotions non exprimées. C'est le point commun que je vois avec ton attirance pour la poésie, particulièrement vietnamienne.

 

* Moi aussi je me suis laissé entrainer par mes émotions loin de mes valeurs profondes et plus particulièrement, loin de "ce que je suis". Fusion du 9 oblige…

 

* J'ai moi aussi du mal à mesurer la force des émotions et même à reconnaître parfois leur existence en moi. Cela m'a entrainé bien des fois dans des erreurs de taille que je commence seulement aujourd'hui à mesurer. Je me définis comme hypersensible et certains médecins se sont bien rendus compte de mon émotivité, bien que je la cache très bien, quoique peut-être moi bien que je ne le croyais…

 

* Je connais moi aussi un retard dans la perception de certaines émotions et il m'arrive d'avoir un sourire de façade qui masque cette difficulté intérieure. Bien souvent certains événements tristes ou joyeux (par exemple) me touchent réellement, mais je ne sais pas exprimer ou comprendre comment. Alors soit je reste de marbre (en apparence), soit je simule l'émotion, soit elle s'exprime par une colère peu appropriée (certainement par mon aile 1).

 

 

2) Points de divergence

 

* Je ne souris pas tout le temps. On m'a déjà dit que j'étais inexpressif. Je pense que la remarque de Thierry concernant la direction 7 du 5 mu est juste. Dans mon cas, mon inexpressivité me semble plutôt liée à ma recherche de calme intérieur. En tant que 9 alpha je cherche à éviter de me laisser submerger par les émotions, afin de conserver ma tranquillité intérieure. Le résultat est que j'accumule les émotions en moi et qu'elles s'expriment avec retard et trop ou pas assez de force, ce qui explique probablement l'émotivité et l'hypersensibilité dont je parlais plus haut. Je pleure très rarement, mais cela me fait du bien. Par contre je n'ose pas, ou extrêmement rarement, le faire devant d'autres personnes, même intimes. Cela me semble avoir plusieurs explications, liées au type 9, à ma petite aile 8, mais aussi à ma répression des émotions et au malaise que je ressens quand je suis en présence de plusieurs personnes (cela étant aggravé par mon besoin de fusionner, typiquement 9).

 

* Je ne suis pas extraverti. Je m'isole pour "extérioriser" mes émotions "dans" mes écrits.

 

* Je suis difficilement blessé. Je me suis construit une redoutable carapace dont peu de personnes ont découvert les faiblesses (mais elles existent et témoignent que je ne suis pas aussi dur qu'il n'y paraît). Cependant, les blessures ne sont pas nulles. La carapace n'a pas une dureté à l'épreuve de tout, et il me semble que les blessures non ressenties, car peut-être trop faibles pour me faire mal (physiquement, je ne suis pas douillet et moralement, je ne saurais dire exactement ce qu'il en est), ont tout de même une influence, et que les cicatrices s'accumulent et peuvent arriver à m'affaiblir avec le temps…

 

* Les gens qui me blessent occasionnellement sont ceux qui me considèrent avec indifférence, ou qui ne trouvent pas que ce que je fais est bien ou intéressant. Cela ravive un certain sentiment d'inexistence ou d'insignifiance.

 

Nicolas (9 alpha ailes 1/(8)-conservation)

 

PS : j'aurais d'autres choses à dire qui se situent hors de cette comparaison d'avec ton témoignage, Hada de la Luna, mais je les réserve pour un futur message, car il me semble qu'il y a déjà bien assez matière à analyse ici.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

Thierry : "Il n'y a pas forcément une implication émotionnelle grande. L'optimisme du type 7, intégration du 5 mu, s'en accommode bien."
Nicolas : "Je pense que la remarque de Thierry concernant la direction 7 du 5 mu est juste."
Ben moi, pas du tout. Quand un 5 mu s'intègre au point d'aller en 7, il a résolu depuis lurette son problème de répression du centre émotionnel. De plus, il va dans un 7 mu qui est intégré et un 7 mu intégré ne sourit pas pour rien à quelqu'un, par peur comme le fait le 7 égotique, mais parce qu'il est réellement connecté à l'autre.

Je vais encore insister. Le recours aux ailes et aux types d'intégration et de désintégration ne doit avoir lieu que quand il est absolument impossible de trouver une explication dans son type de base ; le plus souvent, il est un signe de paresse égotique, passion dont le 9 n'est pas le seul dépositaire et qui est, comme toutes celles du triangle, universelle.
Si les cas où on ne trouve pas d'explication dans son type et où il faut recourir aux ailes et aux flèches se multiplient, il importe de s'interroger sur l'exactitude de son profil.

Très cordialement,
Fabien

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Hadadelaluna

Bonjour à tous,

Plusieurs choses me semblent intéressantes :

Le thème des idéaux :

  • est-il répandu chez les gens qui répriment l'émotionnel ?
  • sous quelle forme se manifestent-ils ?

Personnellement, les idéaux ont toujours existés, ou presque, et seuls ont variés les moyens d'y parvenir? et la taille des objectifs (qui sont devenus nettement plus faisables? même si encore pas mal compliqués.)

Le thème de la manipulation :

  • comment cela ce passe-t-il ?
  • etc.

Pour mon cas, je dirais que des personnes ont profité de la confiance que je leur faisais, pour diagnostiquer à ma place mes sentiments (car généralement il est plus facile pour les autres que pour moi de percevoir la présence de sentiments chez moi), mais dans le sens qui leur convenait? Comme je faisais confiance à ces personnes, je me suis aperçue (parfois des années plus tard) que c'était faux?

La poésie :
Je ne suis pas sûre que ce soit lié au centre mental ou à une forme de mentalisation des sentiments. Mon papa me disait des poèmes et chantait (en s'accompagnant à la guitare) pour m'endormir ? Ceci dit, il avait aussi l'émotionnel réprimé (7 alpha !).

L'expression figée :
Le sourire est un réflexe chez moi et pour connaître pas mal d'asiatiques, il est plutôt l'expression du niveau "zéro"? Par contre, l'inadéquation du dosage est très forte. Je passe pour quelqu'une de froide et sans sentiments.

Le ressenti :

  • Nicolas est tu est sûr que le sentiment d'inexistence soit si fort que cela chez toi ?
  • Je sens un fort désir d'authenticité, cela a-t-il un rapport avec la répression de l'émotionnel ?

J'ai aussi un fort désir d'authenticité mais je relierais cela plutôt à mon aile 4 (envie quand tu nous tiens…) car le mécanisme est plutôt du style "pourquoi les autres et pas moi ?" puis "font chier les autres" (retour sur la base 5… ou sur l'émotionnel réprimé).

Hallucination des autres, c'est une démarche fréquente chez moi vis à vis des personnes "stressantes" (genre : subordonné 2 en manque de "m'aider"… donc ledit subordonné devient de plus en plus stressant… donc je le vois encore moins… donc…)

Très cordialement,
Hada de la Luna

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Nyarlathotep

Bonjour,

J'aurais beaucoup de choses à dire, mais je n'en ai pas vraiment le temps ce matin. Je ferai donc un message plus conséquent, plus tard. Aussi, pour éviter de m'oublier sur ce panneau, je voulais juste réagir à chaud sur ceci (justement pour éviter de laisser de mon côté la chose s'oublier…).

"Le ressenti :
* Nicolas est tu est sûr que le sentiment d'inexistence soit si fort que cela chez toi ?
* Je sens un fort désir d'authenticité, cela a t'il un rapport avec la répression de l'émotionnel ?"

Cela peut paraître fou, mais même si je sens que tu as raison, par rapport à ce désir d'authenticité, j'avoue ne pas pouvoir dire pourquoi. Cela est totalement confus. A vrai dire, c'est une grande question… Sans doute est-ce dû à une lutte contre mon habitude à me perdre en fusionnant avec les autres… Une forme de réaction à mon mécanisme de fusion qui m'empèche d'être moi-même, ce qui me rend parfois très dur avec les autres, d'ailleurs, et l'on doit retrouver ici l'une des conséquences de la répression de l'émotionnel, chez moi.

Mais voilà, je n'en sais pas plus, et je me rends compte une fois de plus de la portée de l'oubli de soi de mon type 9… C'est impressionnant à quel point je ne sais pas comment je fonctionne, sur certains points fondamentaux de ma personnalité… Mais le désir d'authenticité est là, oui. Je ne pense cependant pas qu'il empèche mon sentiment d'inexistence. Il n'en est que la négation, je crois.

À très bientôt pour un message plus détaillé,
Nicolas

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

Juste deux petites précisions techniques en passant.

Sont considérés comme les grands idéalistes de l'Ennéagramme les types orientés vers l'intérieur : le 1, le 4 et le 7. Le champion est bien entendu le 1 dont l'orientation mentionne l'idéalisme. Le 7 de sous-type social le talonne… Cela n'interdit évidemment pas à d'autres types d'avoir des idéaux élevés, mais ce n'est plus une caractéristique fondamentale du type.

Le sentiment d'inexistence est une caractéristique forte, consciente ou inconsciente, du type 9. Quant au désir d'authenticité, il est effectivement une caractéristique du 4 et n'est fondamental chez aucun autre type. Il s'agit là encore d'une idiosyncrasie.

Très cordialement,
Fabien

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Hadadelaluna

Bonjour Fabien et merci pour ces précisions,

Effectivement pour les idéaux, ils sont éminemment reliés à mon défunt papa (qui était 7 alpha) et il s'agit de lui succéder (entre autres choses), comme lui est supposé avoir succédé à son père, qui a succédé à son propre père, qui? etc.

Comme c'était lui qui remplissait le rôle de figure nourricière auprès de moi à partir de l'âge de 2 ans et demi environ? on peut penser qu'il m'a "refilé" ses idéaux? comme certaines de ses "manies" (planification échevelée, exploration de toutes les opportunités positives, amour de la bouffe et des restaurants, etc.)

Le thème de la manipulation :
En me relisant mon mécanisme est plutôt de l'ordre :

  • Au niveau des sentiments-émotions, je ne sens rien tout de suite et je le sais.
  • Je sais que les autres s'en aperçoivent tout de suite ou presque, même s'ils sont "dehors".
  • Je sais que les autres sont plus habiles (en général) que moi à faire un "diagnostic" (pour eux et les autres).
  • Je confie aux "experts" la tâche de s'occuper de ce "truc" car cela me débarrasse du "travail" et me permet de passer aux choses "concrètes" (je suis très "action" pour une 5)

Le résultat est qu'une personne souhaitant piloter mon action peut (consciemment ou inconsciemment) donner un "diagnostic" faux ou biaisé afin d'atteindre les résultats qui lui conviennent et pas ceux qui me conviennent.

La poésie :
Je ne sais pas si c'est un héritage dû à l'empreinte de mon père (la poésie fait aussi référence à une forme d'idéalité?) ou si c'est la répression du centre émotionnel qui joue?

Pour la répression du centre émotionnel, j'ajouterais :
L'auteur de "Kim Vân Kiêu", Nguyên Du, un des plus grands poèmes vietnamiens du 19ème siècle était réputé être quelqu'un d'inexpressif et peu enclin à faire montre d'opinions personnelles au point de s'attirer les remontrances de l'empereur Nguyên Gia Long (dont on sait par ailleurs qu'il fut un homme à poigne et, pour tout dire, l'équivalent d'un dictateur moderne, notamment au niveau de ses "méthodes", avec tout ce que cela implique d'absence de liberté d'expression).

Donc le thème reste à creuser : empreinte ou expression innée de la répression du centre émotionnel ?

L'expression figée :
Il semble que ce soit un point commun entre moi et Nicolas.

Et j'ajouterais dans ce sens que malgré le fait que beaucoup d'Occidentaux pensent que les Asiatiques ont en général une expression figée, je pense personnellement que c'est faux car je qualifierais les expressions asiatiques comme une onde sur l'eau qui disparaît lorsque l'émotion a disparu, alors que les expressions occidentales sont comme des marques dans la pâte à modeler, elles restent même quant l'origine a disparu.

Donc mon expression, à moi, reste généralement, sur le niveau "zéro", ce qui est très loin d'être le cas des autres asiatiques.

Hallucination des autres :
Il faudrait peut-être creuser ce point aussi?

Très cordialement,
Hada de la Luna

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Deborah

Bonjour à tous,

 

Pour moi, la répression du centre émotionnel se manifeste par une inaptitude à gérer les émotions de manière adéquate. Mes émotions sont toujours très extrêmes : soit inexistantes, soit trop fortes. Exemple : je fonds en larmes à la suite d'une simple remarque d'un collègue, mais ne ressens absolument aucune émotion en apprenant le décès d'un parent.

Comme je redoute des surcharges d'émotions, je les réprime au maximum et je suis donc la plupart du temps dans une absence d'émotions.

 

Personnellement, il me semble que la répression du centre émotionnel me pose principalement un problème dans les relations humaines. Je suis très peu spontanée et ouverte. J'ai l'impression que mon émotionnel mal géré est un frein à une relation authentique car j'ai toujours peur d'être inadéquate et mon mental cherche à gérer la situation. C'est pas terrible.

 

Qu'en pensez-vous ? Comment vivez-vous la répression du centre émotionnel dans vos relations ?

 

Amicalement,

Deborah (9 alpha)

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Hadadelaluna

Bonjour Deborah,

Peux-tu être un peu plus précise dans ton témoignage ?

En effet, concrètement j'ai du mal à "voir" quels sont les mécanismes exacts qui pourraient être à l’œuvre dans ta description… Or ce serait très utile pour que cette discussion puisse avoir un effet constructif pour tous les "centres émotionnels réprimés".

Pour ce qui est de ta question "Comment vivez-vous la répression du centre émotionnel dans vos relations ?", j'aimerais un peu plus de précision. De quelles relations parles-tu ?

Très cordialement,
Hada de la Luna

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Nyarlathotep

Bonjour tout le monde,

 

Je voudrais poser un dernier témoignage avant la fermeture estivale de ce panneau.

 

Il me semble que la répression du centre émotionnel prend surtout un sens évident dans le rapport avec les autres.

 

Deux choses me semblent importantes, me concernant :

 

Moi envers les autres

Je ne suis pas souvent conscient de l'effet de mes mots et de mes actes. Je reste souvent froid et conserve une certaine distance, en fonction des personnes. Cela me donne parfois l'allure d'un sage (c'est ce qu'on m'a dit), mais l'habit ne fait pas le moine.

 

Je suis parfois très dur sans même m'en rendre

compte et sans exprimer aucune agressivité. Bien souvent, je ne fais que dire ouvertement ce que je pense, dans la limite où cela ne provoquera pas de conflit, selon ma propre appréciation, bien sûr. La plupart du temps cela est bien reçu, car cela est compris comme de la franchise plutôt que comme de l'agression ou un jugement. Mais disons que je n'ai pas l'habitude de tourner ma langue sept fois dans ma bouche avant de dire ce que je pense. Soit je me tais, soit je le dis franchement. Je n'enrobe pas cela de sourires ou d'attitudes cherchant à amadouer mon auditoire, car je considère que toute tentative de séduction pervertit les rapports humains.

 

Au niveau intime d'ailleurs, je ne suis certainement pas un séducteur. Je me laisse plutôt approcher, tout en conservant autant de distance que je peux en conserver. Je suis un véritable petit chat timide et fuyard… qui a toujours peur qu'on joue avec ses sentiments. Je ne sais pas me défendre contre ça, autrement qu'en conservant plusieurs pas de retrait. D'ailleurs je déteste que l'on rentre dans ma bulle. Je peux dire que dans ces moments-là, je n'existe plus, je suis incapable d'agir, de réagir, je m'arrête même de respirer.

 

Les autres envers moi

Je sais qu'ils ressentent très fortement la distance que je mets entre eux et moi. Je sais qu'ils ressentent, pour la plupart, ma faible implication émotionnelle dans mes relations. Certains vont même jusqu'à avoir des doutes sur les sentiments que je peux nourrir, intérieurement, dans les cas les plus extrêmes, alors qu'en amitié, je suis capable d'une importante capacité d'écoute. En contrepartie, il est vrai que j'accorde un temps relativement réduit à mes rapports humains avec les gens, quelle que soit leur nature, sauf lorsqu'il s'agit de narcotisation…

 

Dans le domaine intime, il est arrivé que l'on trouve la faiblesse de ma carapace et que l'on entre dans ma bulle. Alors je ne sais plus qui je suis. Je ne connais plus mes émotions, mais seulement celles de l'autre. Cela ne me parait pas simplement déstabilisant, j'emploierais plutôt le terme de destructeur, et même de déstructurant, dans les cas extrêmes.

 

Certaines personnes ont montré une capacité certaine à manipuler, jouer avec mes sentiments les plus profonds, cela pour leur propre profit, et je crois que, jusqu'à ce que je prenne conscience du mécanisme de répression du centre émotionnel, cela ne m'a toujours que poussé plus loin dans cette répression et dans un un retranchement dans le mental et l'inaction.

 

En allant plus loin, j'ai envie de dire aussi que ma répression de l'instinctif a été un outil pour réprimer mes émotions et me "planquer" dans un univers purement mental, par exemple celui des jeux vidéos (narcotisation), ou celui de l'écriture (rêverie). Tant que je suis dans le monde des rêves et de l'oubli, nul ne peut me trouver sur Terre, du moins c'est un peu ce que je "crois que je crois". Donc cet isolement me permet d'éviter des rapports humains que je perçois comme pénibles, exigeants, douloureux… Probablement car ils me dirigent, dans ma vision des choses, vers des conflits potentiels me conduisant à m'oublier encore plus et à ne pas pouvoir vivre pleinement dans ma passion de paresse.

 

Ayant déjà du mal à me trouver, j'ai donc très peur que les relations avec les autres me perdent encore plus. J'y vois une des raisons fondamentales de mon isolement, c'est à dire de ma préférence pour le mental sur l'émotionnel. Je pense qu'il doit exister une piste semblable pour chaque type, afin d'expliquer le choix entre les deux centres non préférés. Dans mon expérience en tout cas, je constate bien que le "choix" du mental me sert à "mieux" vivre mon ego…

 

Nicolas, 9 alpha, qui ne salue (presque) jamais à la fin de ses messages… car il considère que ses salutations sincères ne le seraient pas (sincères), vue sa faible implication émotionnelle… (Oui, c'est difficile à avouer…)

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Hadadelaluna

Bonjour Nicolas,

Et bien… je dois dire que le fonctionnement de ma petite personne à l'air d'être le même…

A l'exception que je ne narcotise pas, mais me lance dans l'apprentissage et/ou l'action selon ce qui me parait le plus optimal.

Et que je salue systématiquement à la fin de mes messages car, même si je me sens très peu impliquée émotionnellement, la gestion des émotions négatives des autres aux non-salutations… c'est bien trop d'efforts pour moi…

Très cordialement,
Hada de la Luna

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Stéphanie

Bonjour à vous tous,

Répression du centre émotionnel ? Je me retrouve bien dans vos propos. L'impression de froideur dont parle Nicolas, la distance, la carapace…

Et ma question est : mais comment faire pour travailler ce point ? Et ne me dites pas simplement de dire ce que je ressens, car sur le moment je ne sais pas très bien ce que je ressens. Et en plus, parler de sentiments… ça me panique !

Stéphanie

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Hadadelaluna

Bonjour à Tous,

Stéphanie, moi aussi parler de sentiments, ça me panique, surtout si c'est avec la personne qui fait l'objet du sentiment en question. Là ça devient… Gravissime ! :help: Même par écrit… c'est dire !

Par contre, pour travailler à "muscler" le centre émotionnel, j'apprends actuellement la PNL (ce qui, bien sûr, ne vaut pas un grand amour… mais bon… on fait ce qu'on peut dans la vie).

Enfin, je dois préciser que je n'ai jamais eu d'impression de froideur, je pense que cela doit être le résultat de l'état interne provoqué par mon "sourire permanent", mais Les Gens me considèrent souvent comme quelqu'un de froid, notamment quand ils me connaissent un peu.

Très cordialement,
Hada de la Luna

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Doris

Bonjour à tous (message écrit le 9 juillet),

Les centres me trottent dans la tête depuis un moment, alors à la lecture de vos témoignages, j'ai décidé de me pencher sur sur ce fameux centre émotionnel qui hiérarchiquement arrive en troisième chez moi, comme chez Nicolas (9 alpha).
J'ai cherché quel pouvait être le(s) problème(s) avec mes émotions - étant donné que je me considère comme émotive, j'ai tenté une typologie - voici le résultat :

- l'empathie / compassion :
Je perçois très facilement les émotions des autres et parfois je me mets à les vivre à leur place (trop dur… ça "bouffe")
De même, j'ai du mal à supporter d'entendre parler du malheur des autres (genre : tu sais machin, il a un cancer, c'est terrible, hein ?) parce que ça me fait terriblement mal - à la fois à cause de la projection personnelle et l'imagination de ce que l'autre et ses proches endurent. Du coup, pour survivre, j'essaye de barricader - je blinde - sinon, je serais en larmes à chaque journal TV. Précision : même chose avec un livre ou un film, mais comme je sais que c'est faux, j'ai l'impression que ça a plus un effet "soulageant" (sauf quand je lis dans le train, j'essaye de me retenir, et c'est dur).

- La submersion :
Je suis parfois submergée par mes émotions. Quand j'ai réussi mon dernier concours, je me suis mise à pleurer… de joie et de soulagement. Je ne maîtrisais plus rien…

- L'attachement affectif douloureux :
Je m'attache affectivement aux personnes que je côtoie, notamment au travail. J'ai changé de site de travail l'été dernier (de ma propre volonté), mon dernier jour a été terrible (je me suis empêchée de pleurer toute la journée, je quittais mon premier poste après 6 ans, je quittais des amis, et rien ne serait plus pareil) - le lendemain je partais en vacances, je suis arrivée avec un super-méga torticolis.

- L'enterrement / le refoulement :
Un problème (avec une implication émotionnelle) qui dure ? Hop ! C'est étrange, finalement, je ne ressens plus rien… Le vide… Comme si j'avais mis ça dans un tiroir secret et que je ne retrouvais plus la clé…
Ou bien : mon mari est hospitalisé. Aie, il faut que j'assure (et oui, mon fils, la vie quotidienne, le boulot, dire bonjour aux voisins etc.).
Oui MAIS… comme par hasard, il suffit d'en cumuler deux ou trois comme ça pour se retrouver pleine de douleurs dorsales ou cervicales, spasmes en tout genre et maux de ventre genre gastro-entérite.

J'en ai fini avec mon témoignage.
Bon courage à tous. Cordialement,
Doris)

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Hadadelaluna

Bonjour à Tous,

J'espère que vous avez passé un excellent été.

En relisant les interventions sur ce panneau, il me semble que l'on peut dégager quelques points communs aux réprimés émotionnels :

  • Façade figée et peu adaptée au ressenti réel
  • Non perception (ou non prise en compte) des émotions de force moyenne ou faible
  • Mode de fonctionnement "panique" lorsqu'une émotion-sentiment de force plus élevée "passe la barrière"?

Peut-être peut-on dégager un mode de fonctionnement ?

  • Peut être un événement, ou un environnement, qui amène à penser que les émotions sont des choses négatives et/ou incontrôlables ?
  • Puis le développement d'un système de barrière de contrôle destinée à mettre à distance ce "phénomène"?
  • Suivi d'un sous-développement de la fonction émotionnelle et donc de l'habileté à la manier et la vivre
  • La barrière a alors pour conséquence que seules les émotions les plus fortes peuvent la passer
  • Cependant que les "dégâts" de l'émotion "forte" sont amplifiés par le manque d'habitude de ressentir des émotions
  • Ce qui renforce la croyance que les émotions sont des choses négatives et/ou incontrôlables
  • Ce qui renforce la mise à distance
  • Ce qui accentue le sous-developpement
  • Ce qui augmente le niveau de force des émotions qui parviennent au niveau de la conscience
  • Ce qui augmente le niveau de "dégâts" des émotions parvenues à passer le contrôle
  • Etc.

Très cordialement
Hada de la Luna

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Fabien Chabreuil

Bonjour Hada de la Luna,

Il est certainement un peu tôt pour tirer des conclusions définitives sur le sujet : seules cinq personnes ont témoigné de leur répression du centre émotionnel !

Cependant, dans l'état actuel de la discussion, ta synthèse me semble très pertinente. Elle a notamment l'immense avantage de montrer clairement comment l'ego est un système fermé qui s'auto-justifie : il crée ainsi tout seul le mécanisme de désintégration, au prétexte de circonstances extérieures.

Très cordialement,
Fabien

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Hadadelaluna

Bonjour Fabien,

C'est bien pour cela que j'ai employé l'expression "peut-être" plusieurs fois…
Merci, pour le compliment concernant ma synthèse.

Très cordialement,
Hada de la Luna

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Hadadelaluna

Bonjour à Tous,

 

Je reviens voir cette conversation et je m'aperçois que depuis ma dernière intervention… il n'y a pas beaucoup de suite…

 

Que pensent donc les autres "réprimés émotionnels" de ma proposition de synthèse ? Ont-ils d'autres témoignages contre ou pour ?

 

Très cordialement,

Hada de la Luna (5 mu à aile 4)

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Cheeta

Pour ! Pour !

 

Je n'ai pas écrit avant car je te suis sur toute la ligne ! Je rajouterai peut-être un manque d'intérêt pour le domaine émotionnel (plus maintenant parce que je sens que je rate un truc :wink: ) et une sorte de peur panique quand il "faut" rentrer en contact avec quelqu'un sur lequel je n'ai pas d'information préalable. Cette après-midi, j'ai dû aller "me" vendre à des toubibs. Je peux vous dire que je me suis fait violence pour engager le rapport avec des gens que je ne connaissais pas.

Par contre, il suffit d'un sourire pour que je me détende d'un coup.

 

Côtoyer quelqu'un que je ne connais pas, c'est prendre le risque de faire rentrer des émotions négatives dans mon univers direct.

 

Je remarque aussi mes prétendus progrès avec l'expression de mes émotions négatives : en fait j'exprime des idées d'émotions négatives ! Dire l'émotion négative (déjà en être conscient) quand elle monte est un autre problème…

 

cheeta 7-6

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Ouadjet

Bonjour Hada,

 

Après réflexion, j'aimerais ajouter quelque chose à ta synthèse.

 

Globalement, ce que tu dis est vrai… Mais je ne suis pas sûr que ce soient toujours les émotions les plus fortes qui passent la barrière et qu'elles soient responsables de toutes les crises.

 

Je m'explique : il y a des moments où ton centre préféré est un peu faiblard (il n'arrive plus à jouer son rôle de pilote) et où ton centre réprimé est toujours au fin fond des oubliettes. Dès lors, c'est ton centre de support qui prend le contrôle et comme il est le seul pilote dans l'avion, il en fait un peu à sa tête.

 

En temps que 7 alpha, je peux être très très très contrarié par des détails (qui objectivement n'empêchent pas un bon fonctionnement global) et me laisser emporter par une grosse crise de colère. Ce n'est qu'une fois la tempête passée que mon centre mental me dit "Là objectivement ce n'était pas si grave" et que mon centre émotionnel ose timidement ajouter "et en plus, tu t'es brouillé avec tout le monde pour une broutille…"

 

En fait, mon centre émotionnel n'a rien à voir avec ma désintégration (sauf que s'il avait été un peu plus musclé, il m'aurait permis de me contenir ou d'être moins blessant).

 

Je pense que chez d'autres types réprimant leur centre émotionnel, le même genre de phénomène de désintégration peut se produire (avec des symptômes différents). Et inversement, en musclant le centre réprimé, on est moins sujet à ce genre de crises, puisqu'on a un autre registre pour exprimer son malaise que son centre support.

 

A bientôt

Ouadjet (7)

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Hadadelaluna

Bonjour Ouadjet,

 

Il me semble personnellement (mais aussi parce que cela me semble confirmé par ma formation, en cours, de certification ennéagramme à l'Institut Français de l'Ennéagramme) que le centre préféré "lâche" en dernier ou alors ce n'est pas ton centre préféré…

 

De plus, tu me sembles faire un amalgame entre "crise" et "désintégration". On peut être en désintégration sans crise perceptible… Moi qui désintégre en 8, certains me confondent avec un 8 (surtout dans les situations de groupes) sans pour autant que je sois en "crise".

 

Pour te donner un exemple de l'ordre de "lâchage" : début juillet, j'avais un rapport à rendre impérativement à 12h un lundi ; le rapport n'était pas terminé et la nouvelle imprimante (remplaçant celle qui ne marchait plus) n'était pas livrée… je voyais déjà les pénalités (dont je n'avais pas besoin du tout) pleuvoir…

 

Mon mental fonctionnait à toute vitesse et comme le mental est le centre de la peur… j'étais morte de trouille, mais pas dans un état "émotionnel" grave. J'étais aussi furax et d'humeur massacrante (certains de mes amis s'en sont rendus comptes pendant le week-end de formation où j'étais), ce qui n'est pas étonnant mon centre support est le centre instinctif qui est aussi le centre de la colère. On peut dire que j'étais en désintégration mais pas en crise émotionnelle grave.

 

Le lundi matin, ayant eu une bonne âme qui m'a prêté son imprimante, mais ayant passé la nuit à terminer le dit rapport, je ne ressentais aucune émotion d'aucune sorte (car j'étais trop fatiguée). Je ne sentais plus la fatigue de mon corps (les sensations kinesthésiques et les sentiments-émotions sont très proches) et mon cerveau fonctionnait merveilleusement bien (à part une sensation de "temps infini" plutôt "agréable").

 

L'émotionnel avait donc "lâché" sans "crise conjointe". Par contre le reste fonctionnait plutôt "bien". Je dirais même "trop bien" car une telle sensation de "confort" ne peux que renforcer la répression de l'émotionnel.

 

Très cordialement,

Hada de la Luna (5 mu X à aile 4)

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Ruth

Bonjour,

 

Un peu de temps, j'y vais de mon petit témoignage de répression du centre émotionnel ! Court car beaucoup de choses essentielles ont déjà été dites !

 

Chez moi c'est plutôt "l'expression" des émotions qui est réprimée, pour le moins sous contrôle ! J'ai l'impression d'être très à l'aise avec mon ressenti émotionnel que je perçois dans de riches nuances, mais souvent l'expression ne passe pas ! Ce qui dans certains cas est préférable car mes émotions peuvent être sans rapport avec la réalité, simples reflets ou projections d'expériences passées.

 

Cet incessant contrôle est très stressant et je perçois les relations sociales comme épuisantes… et la solitude comme délicieusement reposante. :heart: Reposant aussi le dialogue sur Internet, manière de s'enrichir de la pensée des autres sans rien risquer émotionnellement. :laugh:

 

Merci de vos témoignages. :wink:

Ruth (6)

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Ouadjet

Bonjour,

 

Pour répondre à ton précédent message, Hada, et reformuler mes propos, je pense qu'une forte répression du centre émotionnel favorise d'une part, les crises d'origine émotionnelle, selon le mécanisme que tu as très bien décrit dans ta synthèse, et d'autre part les phénomènes de désintégration (qui peuvent se manifester sous forme de crise dans le sens où c'est un phénomène violent impliquant un changement d'état, et n'ont pas forcément un contenu émotionnel : il y a des crises instinctives de colère, des crises mentales de trouille… qui ont peu de rapport avec les crises émotionnelles de déprime).

 

Le centre préféré lâche peut-être en dernier, mais en tout cas, il n'est pas toujours à même de tout piloter.

Tu donnes l'exemple de ton rapport et des sentiments de colère qui ont accompagné ta frustration de ne pouvoir le rendre à temps.

Si ton centre mental n'avait pas un peu lâché à ce moment là, il aurait été à même de garder le contrôle de ton centre de support et de l'utiliser pour améliorer sa concentration, ou la perception des points critiques à faire en urgence pour sauver les meubles (en faisant appel à son expérience)… C'est le boulot du centre instinctif de percevoir ce genre de choses.

 

Inversement, et là je prêche pour ma paroisse de 7 alpha, l'écoute de mes émotions et de celle des autres me permet de prendre du recul par rapport à ces situations où le centre mental est très occupé et où le centre instinctif montre ses plus mauvais aspects (peut-être piloté par la panique insufflée par le centre mental, sans doute même…).

 

Donc, en osant écouter mon centre émotionnel en période tendue (c'est pas évident, je sais… et ça demande un effort supplémentaire à mon centre mental qui n'en demande pas autant), j'arrive à me "connecter" au ressenti présent, au mien et surtout à celui des autres personnes et à tenir compte de leur opinion (ou avis). Cela reste assez artificiel dans le sens où le plus souvent, c'est mon centre mental qui travaille pour analyser les émotions des autres en interrogeant mon propre centre émotionnel et en comparant les résultats. A ce titre l'ennéagramme est une connaissance utile. Je ne prétendrai pas ressentir les émotions des autres, mais au moins les observer et les prendre en considération dans l'analyse de la situation présente. Ce ne sont peut-être, comme le dit Ruth, que de simples reflets ou projections d'expérience passées…

 

En conclusion, les crises émotionnelles ne sont pas la seule manifestation d'un centre émotionnel réprimé. Les autres crises pourraient être au moins partiellement évitées en écoutant un peu plus son centre émotionnel. Je pense même que plus le centre émotionnel est réprimé, plus la désintégration est facile (à moins que ce ne soit le contraire ou les deux en même temps).

 

A bientôt

Ouadjet (7)

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Hadadelaluna

Bonjour à Tous,

 

Ce que je voulais dire, Ouadjet, en un mot comme en cent, c'est que tu n'as nullement besoin d'être en état de désintégration avancée pour que l'émotionnel lâche…

 

Ce lundi là, j'ai été d'humeur très sociable et n'ai absolument pas pratiqué l'isolation : après avoir rendu mon rapport, je suis allée déjeuner avec une amie, puis j'ais causé avec tout l'après-midi, pour enchaîner sur un autre "pote" et me coucher tard…

 

Et tous tes centres peuvent lâcher les uns après les autres sans que tu fasses de la désintégration… car l'intégration ou la non-désintégration ne sont pas des états forcément confortables…

 

Bien sûr, j'appelle encore les autres réprimés émotionnels (y compris toi Ouadjet) à continuer à témoigner sur la répression du centre émotionnel. Ici, car c'est la conversation adaptée "pour"… :wink:

 

Très cordialement,

Hada de la Luna (5 mu X à aile 4)

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Ouadjet

Et bien Hada, disons que j'ai un ego qui fait mal son boulot… ou peut-être, avec la période assez difficile que j'ai traversée, s'est-il montré moins "opérationnel" que de coutume, ce qui m'a obligé à changer de stratégie !

 

Toujours est-il que le degré de répression de mon centre réprimé a été modifié par les circonstances de la vie et un long et pénible travail sur moi-même.

 

Depuis lors, ça se passe mieux…

 

Cordialement,

Ouadjet (7)

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

En Ennéagramme comme dans tout autre contexte, les généralisations peuvent être dangereuses. C'est donc peut-être le moment de rappeler que "réprimer un centre" veut dire que ce centre est le troisième dans la hiérarchie. C'est tout.

 

Cela ne dit rien sur la qualité de fonctionnement de ce centre. Il peut être quasiment inutilisable et inutilisé, ou très fonctionnel mais simplement utilisé après les deux autres, ou dans tout état intermédiaire entre ces deux extrêmes.

 

Dans une étude sur la répression d'un centre (ici l'émotionnel), il serait peut-être utile de distinguer ce qui est dû à la structure (hiérarchie des centres) et ce qui est éventuellement dû en plus à une mauvaise utilisation du centre.

 

Les remèdes à ces différents cas ne sont pas les mêmes.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Hadadelaluna

Pour rebondir sur le témoignage de Ouadjet,

 

Je dirais que le fait d'avoir un ego performant qui fait (trop) bien son job me parait être justement la marque d'une forte répression du dernier centre (ici : émotionnel) et par-là d'un sous-développement (parfois tragique) du dernier centre…

 

En effet, en faisant "bien" son job, mon ego ne fait que se renforcer au détriment de mon centre émotionnel.

 

Donc celui ci devient de plus en plus inutilisé, donc inutilisable… Donc lorsque le centre émotionnel devient "incontournable" (avez-vous essayé de tomber amoureux sans ?), la situation peut tourner rapidement au mode "panique".

 

Je dirais même qu'un ego très fonctionnel est le corollaire d'un centre réprimé très inutilisé. Qu'en pensez-vous ?

 

Très cordialement,

Hada de la Luna (5 mu X à aile 4)

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Ouadjet

Hum, intéressant comme question.

D'après ce que j'ai lu, l'ego est le gardien de la compulsion. Y-a-t-il des compulsions qui décrètent que les sentiments sont contraires à la valeur fondamentale du type et auquel cas des types sans variante alpha/mu ?

 

Dans le cas que je présente, ma "désintégration" a fait suite à une longue maladie, une période où ma personnalité a été profondément déstructurée et où l'instinct de conservation avait pris le pas sur les autres préoccupations. Ce n'est pas monnaie courante (heureusement…).

Alors peut-on généraliser à partir de deux exemples qui proviennent de personnes aux profils assez similaires (mental > instinct > émotion).

Un instinct > mental > émotion aura peut-être une autre vision des choses ?

 

cordialement

ouadjet (7).

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Cheeta

Bonjour à tous,

 

Oh oui, Ouadjet, dans un sens pour un 7, les émotions négatives paraissent contraires à la "valeur" du type (mais que veux-tu dire exactement par valeur ?) qui ne croit avoir de la valeur qu'en étant heureux.

 

Je voudrais (rien à voir) vous raconter quelque chose. Je me suis rendu compte d'un nouveau "truc" qu'utilise mon ego pour me faire déprecier l'émotionnel.

 

Quand je "ponds" une théorie, il me semble, en général, garder à l'esprit le fait qu'il ne s'agit que d'une théorie (une carte provisoire du monde).

Quand j'agis pour remettre une clavicule en place par exemple, je sais que si la clavicule se remet en place, c'est peut-être partiellement grâce à moi, peut-être pas…

En somme, je parviens à relativiser sans problème l'efficacité du centre (idem avec le centre intuitif, voir stage Intuition), mais concernant l'émotionnel… mon ego perçoit le côté absurde de la relation (le côté personne n'écoute vraiment personne, chacun est intéressé quelque part, etc.) et s'en sert… pour discréditer le centre !

Apres avoir bossé sur ces croyances limitantes, je les relativise, mais l'ego arrive à les garder vivaces sur un plan plus subtil…

 

Comme l'a dit Fabien (et Jacques Salomé et sans doute moult personnes), il fonctionne en circuit fermé. Et un exemple de plus…

 

Enfin, gardons-nous là encore de fonctionner en circuit fermé à propos de ce sujet… :wink:

 

Amicalement,

cheeta 7-6 alpha

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Ouadjet

Bonsoir,

 

Et bien moi je cherche des trucs pour "apprécier" le centre émotionnel.

 

Et en regardant l'ennéagramme, j'ai comme un doute quand à la capacité du 7 et du 5 à pouvoir réellement et facilement s'y connecter…

 

Je m'explique, quand on regarde l'ennéagramme, ces deux types ont en commun de s'intégrer ou de se désintégrer vers un type instinctif ou mental ; est-ce à dire qu'en fait d'émotions, celles ci sont non pas ressenties par elles-même mais plutôt au travers d'un filtre intuitif ou analytique ?

 

Cordialement,

Ouadjet (7)

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Ouadjet

Bonsoir,

 

J'ai trouvé un article d'Enneagram Monthly un peu ancien, janvier 1999, mais qui devrait intérésser plus particulièrement les "5". Je pense toutefois que cet article est adaptable à d'autres types. Ce qui est notamment intéressant, c'est que l'atrophie du centre émotionnel alimente effectivement l'ego…

Je vous laisse à votre lecture.

 

A bientôt, Ouadjet (7)

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Cheeta

Bonjour…

 

Suite à la demande de Hada de la Luna, je rajoute ici quelques éléments concernant ma répression de l'émotionnel.

 

Avant de débuter l'Ennéagramme, dans ma vision du monde (à prendre au premier degré), je ne faisais pas la différence entre les choses et les individus.

En d'autres termes, je pouvais observer un poteau, un homme, une table, un bébé et une plante verte d'affilée sans faire de différence entre ce qui vit et ce qui ne vit pas.

Vous me direz que la notion de "vie" est sujette à discussion. C'est exact. Mon ancienne vision me paraît (paraissait) plus "exacte", mais bien moins émotionnelle.

 

Voilà, voilà. En ce moment, je découvre le fait d'accompagner autrui dans sa souffrance et de rester disponible et attentif quand cela se produit… Tout un programme. Mes proches me sentent "différent". Moi, je ne me suis jamais senti aussi heureux !

Par contre, pratiquant des techniques de massage et pressopuncture, il semblerait, comme me l'a pertinemment soufflé une consoeur, que je me transforme en "éponge", ramassant une partie des tensions des gens dont je m'occupe.

 

Avant, ça ne risquait pas de m'arriver !

J'obtiens de meilleurs résultats avec plus d'émotions (dans TOUS les secteurs de ma vie en fait), mais j'arrive pas encore bien à gérer ce paramètre…

Vu mon métier, il faudra bien…

 

cheeta 7-6

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Aurolaf

Depuis plusieurs jours je réfléchissais à cette conversation et voulais la compléter avec mon témoignage de 8 alpha.

Jeudi dernier, j'ai ressenti une très forte émotion que j'ai été incapable de maîtriser (me retrouvant ainsi dans une situation de faiblesse intolérable pour mon ego). J'ai trouvé que cette scène illustrait "ridiculement bien" mon mécanisme de répression du centre émotionnel. J'ai noté mon ressenti très rapidement après les évènements et je le partage avec vous (si je le regrette, je peux toujours demander à Super-Fabien d'effacer le message ! :rofl:).

Ressenti et vécu au moment de la répression d'une émotion

Je suis à l'école pour le dernier jour de mon fils (4,5 ans) en KG1 (équivalent seconde section de maternelle), et il y a un petit spectacle et une remise de prix.
Pendant le spectacle, une énorme vague d'émotions m'envahit : de voir tous ces enfants dansant, chantant et mon fils parmi eux… Ca m'a donné envie de pleurer !
J'ai rapidement refoulé cette désagréable sensation, ne voulant pas afficher des larmes devant les autres parents (Évitement de la faiblesse, bien sûr !).
Le malaise s'est dissipé et a réapparu, plus important, pendant la remise des prix. Une forte envie de pleurer devant tous ces petits boutchous qui viennent dignement récupérer leur prix en regardant fièrement leurs parents. Je sens aussi l'émotion de la maîtresse (Une vraie émotionnelle, elle ! Chaque fois que je l'ai vue dans ces situations, elle a passé son temps à pleurer, en assumant parfaitement ses larmes, toujours débordante d'amour et de fierté pour ses petits élèves.). Son émotion accentue mon malaise.
Je sens les larmes monter.
Au secours… je vais me noyer !!!!!
Surtout ne pas pleurer,
surtout ne pas pleurer,
surtout ne pas pleurer !!!!
Envie de vomir ! J'ai une boule qui m'étouffe dans la gorge.
Alors je fais appel de toutes mes forces à mon mental (toujours là, fidèle et efficace celui-là). J'essaye d'ignorer la scène, de partir mentalement du moment présent pour chasser l'émotion.
Alors une idée de génie arrive. Je vais jouer à un jeu mental : je vais observer tous ces enfants et noter les commentaires de la maîtresse afin de faire des hypothèses sur leurs types [ce petit qui est félicité pour sa formidable énergie et son leadership (sans doute un petit 8), cette petite congratulée pour sa gentillesse et sa serviabilité vis-à-vis de tous ces copains (sans doute une 2), etc.].
Je continue ce jeu débile… Ouf, sauvée ! Le malaise est passé !
Et puis c'est mon fils qu'on appelle et qu'on félicite…
L'émotion remonte violente, inattendue : merde, je croyais en être sortie ! :angry: :angry:
Je concentre toute mon énergie pour ne pas éclater en sanglots, je sens les larmes qui s'amoncellent dans mes yeux. Je fixe un point afin de ne pas cligner des yeux… pour ne pas que les larmes débordent… et surtout que personne ne voit cette immonde faiblesse.
Ne pas cligner des yeux,
ne pas cligner des yeux,
ne pas cligner des yeux… les larmes vont s'évaporer.

Mon fils revient s'asseoir près de moi, il me demande de refaire le nœud accroché à son diplôme. Quelques instants, l'émotion est oubliée dans l'action alors que je refais le nœud du diplôme.

Puis tous les parents quittent ce lieu pour se diriger vers les classes.
Je sens encore ces foutues larmes dans mes yeux. J'utilise toutes les techniques à ma disposition (respiration sophro, remise en situation de détente plongée, etc.) pour les refouler. Je me calme.

De retour dans la classe de mon fils, je m'occupe, je le rhabille (car il était déguisé), et je me dis que je dois aller voir la maîtresse. JE NE PEUX PAS !!! Elle serre les enfants dans ses bras, elle serre aussi les parents… Elle déborde d'émotion et d'amour ! Je voudrais tellement la remercier pour tout ce qu'elle a fait pour mon fils. Mais je ne peux pas… Si je lui parle, je vais m'effondrer en larmes.
Je continue à errer dans la classe, je me concentre, je chasse l'émotion.
Allez courage… Je chausse mon armure et je vais lui dire quelques mots : froide, détachée, distante pour ne pas craquer. Je débite quelques platitudes, rien de ce que j'ai vraiment envie de lui dire, et qui viendrait vraiment du cœur (à ce moment-là, je me déteste, je me sens lâche !).

Au moment où nous partons, elle me serre la main avec émotion et me dit "thank you so much for your support". Je lui souris et les larmes remontent. J'ai une énorme boule dans la gorge qui m'étouffe.
Je m'enfuis littéralement (j'ai d'ailleurs oublié le cartable de mon fils dans la fuite), les yeux pleins de larmes.
Et là, cataclysme, je tombe sur la seconde maîtresse à qui je tente de dire "bye bye and thank you"… et j'éclate en sanglots, incapable de dire un mot, pétrifiée sur place.

PUTAIN D'ÉMOTIONS, JE VOUS HAIS !!!!! :angry: :angry: :angry: :angry: (+ smiley avec une bombe pour faire tout péter !)

Mon fils me demande : "Ben Maman, qu'est-ce qu'elle t'a dit la maîtresse ?" J'ai envie de le gifler… Je me retiens.
Les sanglots continuent et j'ai envie de sauter à la gorge de la maîtresse n°2 et à celle du couple de parents indiens qui me regardent consternés. Entre deux sanglots, je dis "sorry " et "thank you" à la maîtresse.
Déchéance totale : non seulement je pleure en public, mais en plus je m'excuse !! Colère intérieure énorme ! Envie de tuer quelqu'un !
Je m'enfuis… morte de honte !
Je chausse rapidement mes lunettes de soleil afin que personne ne me voit et je tente maladroitement d'expliquer à mon fils que j'étais émue.

De retour dans la voiture, je sens l'émotion toujours là et cette foutue envie de pleurer. J'active mon mental, ça va peut-être me calmer. Et j'analyse cette ridicule situation.

Tout ce ridicule parce que mon foutu ego a refusé de me laisser verser quelques larmes d'émotions qui auraient pu passer pour un faiblesse ! J'en avais même conscience en le vivant… mais je ne pouvais pas débrancher le pilotage automatique. À l'arrivée, je me suis retrouvée dans une situation pire (de gros sanglots à la place de quelques larmes discrètes) !!

Après cette scène, j'ai rendez vous avec trois copines en qui j'ai toute confiance. Alors je leur raconte cette ridicule scène. Et l'une d'entre elles me dit "mais c'est normal d'être émue, c'est ton enfant, moi aussi je pleure chaque fois" et les deux autres acquièscent.
Argh, je suis consternée ! En plus d'avoir eu honte, je me sens maintenant stupide. Alors je nie farouchement que leur réaction soit normale !
Elles tentent de me convaincre pendant presque deux heures que c'est naturel de pleurer quand notre enfant rentre à l'école ou reçoit un prix. Je ne l'admets pas ! Je maintiens ma position : "C'est nul. D'abord tout le monde a reçu un prix. Y a pas de quoi en faire un fromage ! Ça ne se fait pas de pleurer pour des conneries pareilles !"

Je pense qu'on retrouve dans mon ressenti tous les mécanismes de base du 8 (volonté d'éviter la faiblesse à tout prix, colère permanente pour se protéger et déni (conversation avec les copines)).

Fin du ressenti

Dans l'après-midi, en repensant à cette scène et en l'écrivant, j'ai alors réalisé que l'émotion que j'avais vécue était une émotion positive, et non pas négative comme je l'avais pensé au départ ! J'avais tout simplement vécu une émotion correspondant à une immense fierté et de l'amour pour mon fils.
Ainsi, plus de six heures après l'évènement, j'ai pu mettre un mot sur ce que j'avais ressenti "fierté et amour" (enfin je crois, si un émotionnel me lit, peut-il me dire si c'est exact ? Parce que je ne suis pas certaine que ça soit des émotions ?! :blush:).

En relisant ce texte, je réalise que pendant toutes ces dernières années, je n'ai jamais vraiment vécu dans "l'ici et maintenant" les scènes chargées d'émotions de ma vie. Pendant tous les mariages, baptêmes, enterrement, je me suis toujours extraite "mentalement" du moment présent afin de ne pas avoir à "subir" les émotions liées à ces cérémonies.
A part "colère" et "être content", je ne suis pas trop capable de citer une émotion.
Inutile de préciser le message posté en 2003 par Hada de la Luna (sur le mécanisme en boucle) correspond exactement à mon mode de fonctionnement en terme de répression de l'émotionnel !

Décidemment, il va être bien long mon chemin de reconnexion au centre réprimé ! :cry:

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Fabien Chabreuil

Bonjour Aurore,

 

Merci pour ce magnifique témoignage. Je crois qu'il est formidablement utile pour comprendre l'ennéatype 8 et la répression de l'émotionnel.

 

Personnellement, je vois là aussi trois éléments extrêmement positifs en terme d'intégration :

  • D'abord, tu as finalement vécu l'émotion. Pour une fois, tu n'as pas réussi à la contenir. Même si la gérer a été difficile, pendant quelques instants, le centre émotionnel a gagné et a dit à toi et au monde qu'il était là.
  • Ensuite, tu dis avoir observé tes mécanismes égotiques tout en les vivant. L'Ennéagramme ne demande pas autre chose, au moins dans un premier temps. Que tu réussisses à observer l'ego a sans doute été déterminant dans le fait que tu vives l'émotion au lieu de te dissocier comme d'habitude.
  • Enfin, tu as réussi à mettre un nom sur l'émotion : "fierté et amour". Peu importe qu'il ait fallu six heures. Quand on réprime le centre émotionnel, il faut se constituer une sorte de dictionnaire intérieur des émotions. Et bien voilà une nouvelle entrée dans ce dictionnaire, à côté de "colère" et "contente".

"Je débite quelques platitudes, rien de ce que j'ai vraiment envie de lui dire, et qui viendrait vraiment du coeur (à ce moment-là, je me déteste, je me sens lâche !)."

L'ego nous fait tomber dans le piège qu'il cherche à éviter. Il corrompt notre orientation. Effectivement, le vrai courage n'est pas de réprimer ses larmes, mais de les vivre. Le courage d'être complètement soi.

 

Très amicalement, :laugh:

Fabien

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Aurolaf

Merci Fabien pour ton feedback positif !!

 

Tu écris : "Je crois qu'il (le témoignage) est formidablement utile pour comprendre l'ennéatype 8 et la répression de l'émotionnel." Inutile de dire que j'ai longtemps hésité à poster ce message !

 

Et puis je me suis dit qu'il pouvait vraiment être intéressant pour les autres ennéatypes de savoir comment une "grosse brute de 8" :sick: pouvait vivre une émotion/répression d'une émotion !

 

:laugh:

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Fabien Chabreuil

Bonjour Aurore,

 

"Et puis je me suis dit qu'il pouvait vraiment être intéressant pour les autres ennéatypes de savoir comment une "grosse brute de 8" :laugh: pouvait vivre une émotion/répression d'une émotion !"

Pour d'autres types, ce serait peut-être normal. Pour un 8, cela s'appelle de l'altérité.

 

Très amicalement,

Fabien

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Aurolaf

Bonjour à tous,

Début de connexion au centre émotionnel réprimé ?

Il m'est arrivé, sur les quatre derniers jours, des trucs qui ressemblaient vaguement à un début de connexion au centre émotionnel.

  1. Je faisais faire les devoirs à mon fils (ce qui constitue une véritable punition pour moi ! :blush:). Je résistais à l'envie de m'énerver quand soudain j'ai senti qu'il avait véritablement un problème avec sa maîtresse (je l'ai "ressenti" à sa manière de pleurer en me racontant une scène du matin) => j'ai pris rendez-vous avec la maîtresse.
    J'ai également compris que c'était ennuyeux pour lui de faire des lignes d'écriture : pour les jours suivant, je lui préparé des pages d'écritures avec des photos de ses personnages préférés (Batman, Pokémon?), et je lui fais écrire les noms de ces personnages (il adore !).
    Je pense que ce vécu correspond à un début de prise en compte de l'autre (et donc de connexion aux émotions ? :confused:). Par contre, je n'arrive pas à nommer les émotions ressenties (compassion ? empathie ?).
  2. Je racontais hier à une nouvelle copine les circonstances de la naissance de mon fils aîné [circonstances très pénibles où j'ai failli mourir et où un formidable médecin a sauvé ma capacité à avoir d'autres enfants]. Depuis cinq ans, j'ai toujours raconté cette histoire avec détachement et froideur (comme si je donnais une recette de cuisine). Et hier, il s'est passé un truc incroyable !!! J'ai revécu toute l'émotion du moment : j'avais les larmes aux yeux et j'ai même failli pleurer. L'émotion n'était pas amplifiée, elle n'était pas hors de mon contrôle, elle était adéquate… c'est tout ! Mon émotion était visible pour mon interlocuteur et, contrairement à d'habitude, ça ne m'a pas dérangé. J'ai assumé ! :cool: J'ai simplement dit : "Désolée, je suis émue quand j'en parle."
    J'étais interloquée par mon propre ressenti !

Par contre, je conserve toujours une difficulté pour faire la différence entre une émotion et un ressenti (qui serait plutôt lié au centre instinctif). Par exemple :

  • Quand je parle d'empathie, est-ce une émotion ou un ressenti corporel ?
  • Quand je nage et que je me concentre sur mon ressenti et la sensation de plaisir liée au contact de l'eau, est-ce que je mets en œuvre le centre instinctif ou émotionnel ?

La distinction est encore très difficile pour moi !

À part ça, je suis plutôt contente de moi suite aux deux anecdotes racontées ci-dessus !

Amicalement.

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