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Cheeta

Comment différencier adaptation au monde et intégration ?

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Cheeta

Bonjour !

Hier après-midi, j'ai entendu quelque chose comme : "Tu es plus intégré que X (un autre 7)." Bon, j'ai suffisamment joué à "la guerre de l'intégration" pour que cette phrase me fasse "tilter". Je suppose que l'auteur de cette phrase ne faisait qu'exprimer son avis. Ne connaissant pas le X, mon ego prend ça comme un compliment. :laugh:

Là où je me pose une question, c'est que je n'ai pas fait grand chose pour cela.

Oui, je dépense pas mal d'énergie pour mon intégration horizontale (du mieux que je puisse ai-je la naïveté de croire…). J'ai constaté que cela (ou autre chose, allez savoir ?) m'aidait à mieux gérer certaines souffrances, à être plus tempérant (crois-je toujours !).

Il semblerait que le "travail" vertical se fasse tout seul. J'ai l'impression que c'est automatique.

Je parle ici de lâcher prise.

Néanmoins, ma hiérarchie des centres me semble inchangée… alors que de l'extérieur la transformation est visible, il me semble.

Ex : hier, une proche m'appelle pour que je lui fasse une petite séance de PNL afin de l'aider à bosser ses examens.
Après visions de nos emplois du temps, il apparaît que cela ne risque pas d'être possible avant… l'examen.
En bon 7, il n'était pas question d'annuler une de mes activités…
Nous avons donc fait cela ce matin, à "l'aube" (9h du matin :proud:).
De l'extérieur, on dirait un sursaut d'altruisme, de l'intérieur… des motivations classiques de 7 : planification du moment où elle les rate, des conséquences négatives pour moi, évaluation de la plus petite souffrance entre se lever tôt et la ramasser à la petite cuillère.

Illusion extérieure d'intégration…

Comment différencier adaptation au monde et intégration ? Pour soi, je viens de le faire. Pour autrui, ça m'a l'air impossible (sauf "intuition").

cheeta

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Fabien Chabreuil

Bonjour Cheeta,

Note préliminaire pour les lecteurs du panneau : Cheeta et moi étions dimanche dans la même salle ; je connais donc l'anecdote et je sais qui est X.

L'intégration est quelque chose de progressif et non pas une valeur binaire Oui/Non. La compulsion peut être présente à différents niveaux. La question est de savoir jusqu'à quel point elle domine la vie, jusqu'à quel point nous fonctionnons en pilote automatique.

X est aussi un 7 qui a suivi deux ou trois stages d'Ennéagramme.
Pendant les formations, il demandait plusieurs fois par jour des informations qui avaient déjà été données. Ce genre de distraction arrive à tout le monde, mais quand chez un 7, cela se produit quatre ou cinq fois en une journée, c'est la manifestation très évidente que la fixation a une emprise trop forte sur la vie.
De la même manière, X se levait fréquemment au milieu d'un exposé ou d'un exercice parce qu'il avait un "besoin" irrésistible d'un gâteau. Ici aussi la fréquence élevée de ces actions est la marque incontestable de la passion du type.

Même si tu peux manifester de telles attitudes, elles sont chez toi assez rares et montrent donc soit que tu peux maîtriser ta compulsion là où X ne le pouvait pas, soit qu'elle s'exerce moins que chez lui. Tu es donc forcément plus intégré que lui et ce n'est ni un compliment pour toi, ni une critique pour lui. Seulement un constat et en aucun cas un jugement.

De même, si tu prends l'exemple de cette proche te demandant une séance de PNL, certes la compulsion est là, mais on peut imaginer des manières beaucoup plus égoïstes de la vivre et de la justifier par rationalisation. Il n'y a donc pas illumination, mais il y un positionnement sur l'échelle de l'intégration qui n'est pas tout en bas. Ce n'est donc pas une "illusion d'intégration", c'est juste un petit pas d'intégration.

Mon impression est que tu es perfectionniste en ce domaine ou peut-être trop attaché au résultat final et que tu mesures par rapport à lui plutôt que d'avoir une vision globale du continuum entre désintégration totale et intégration complète.

En ce domaine, nous sommes tous situés en un point médian et nous oscillons autour de ce point en fonction du stress ou de son absence :
-------====X======---
Le travail horizontal améliore notre adaptation au monde et donc réduit le stress. Cela nous évite de descendre en bas de notre plage de variation et nous donne plus souvent accès aux parties hautes de cette plage. C'est cela qui donne cette impression de "travail vertical automatique". Dans la réalité celui-ci reste à faire.

Tu fais du travail horizontal avec la PNL qui, en bonne 3, est dans la réalisation et la réussite. J'ai de gros doutes sur ton affirmation qu'elle te permet des progrès en lâcher prise. Peut-être as-tu tout simplement changé d'objectifs ou de priorités entre tes objectifs, d'où cette impression de lâcher prise sur certains d'entre eux.

Pour répondre (enfin) à ta question, il est relativement facile de savoir quand quelqu'un est assez ou très désintégré. Il est beaucoup plus difficile de savoir s'il ne l'est pas : cf. discussion "Comment savoir si quelqu'un est dans son essence ?"

Très cordialement,
Fabien

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Cheeta

Un an après, voici que j'amène un début de réponse.

 

Une personne que j'aime énormément m'a signifié l'autre jour qu'elle ne voulait plus me voir "pour l'instant".

Outre la souffrance émotionnelle que j'ai ressentie en cet instant :sad:, mon mental s'est affolé à la recherche d'une explication, d'une RATIONALISATION.

La jeune fille en question se refusa à me la donner, cela revenait à poursuivre une relation, même le temps d'une phrase. Ce qui me paraît exact. :peur:

Alors je me suis retrouvé comme un couillon avec MA souffrance, tout seul. :peur:

J'avais envie de la rappeler, de "faire le forcing" pour qu'elle m'explique ce qu'elle ressentait… mais j'estime ne pas l'avoir fait (plus de 2 phrases :angry:).

Mon ego a une explication… mais je n'y crois qu'à moitié.

Ce que je crois, c'est que monsieur ego veut bâtir une théorie pour continuer de considérer la souffrance comme non-ok.

 

J'y crois plus…

 

Et en cet instant, et quand j'y repense, je réalise que, pour une fois, j'utilise mes centres "à l'envers".

Oui, je reste disponible avec mon :rofl:, cela m'a permis (je crois) de lâcher prise, en espérant, un jour, de comprendre… peut-être mais au fond ça, n'a pas d'importance.

C'est autre chose qui est plus important. :proud::cool::rofl:

 

C'est vrai que cela m'affecte dans le sens où il me semble que perdre une des trois ou quatre personnes à laquelle on tient le plus est toujours plus ou moins douloureux (non :laugh:) mais je crois que je vis simplement cette souffrance.

 

Il me semble qu'il s'agit bien là d'une réelle intégration (sur un point donné) par comparaison avec une attitude qui aurait consisté à trouver une explication satisfaisante permettant de "vite passer à la suite".

 

Non ?

 

Qu'en pensez vous et/ou avez vous d'autres anecdotes sur ce sujet (peut-être dans une autre conversation) ?

 

Amicalement, et bienvenue à tous les p'tits nouveaux sur le panneau que je n'ai pas eu le temps de saluer, :bye:

cheeta 7-6 alpha sous type consocial indéterminé

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Harper

Bonjour Seb,

:calin:

Si je puis me permettre une mentalisation :

  • Chercher pourquoi ton amie a voulu rompre n'est pas une rationalisation, c'est un besoin d'explication qui relève du centre mental. Préférant moi-même le mental, je trouve tout à fait normal de souhaiter comprendre pourquoi. Par contre si la personne ne souhaite pas s'expliquer, il est respectueux de ne pas insister.
  • La rationalisation serait d'utiliser cette explication pour te convaincre que tu n'as aucune part de responsabilité dans le problème (il se peut que ton aile 6 ait quelques doutes à ce sujet), et que d'ailleurs ce n'est pas un problème.

Il se trouve que j'ai, il y a une quinzaine d'années, été confrontée à ce genre de situation, dans la position de la jeune fille.
J'étais alors courtisée par un 7 (très probablement mu aile 6), et j'ai choisi de mettre fin à la relation personnelle. Comme je travaillais directement avec cette personne (nous intervenions sur le même cours), il a été nécessaire de maintenir une relation professionnelle. Nos ego respectifs ont fait que la relation est d'ailleurs restée plutôt cordiale.
Au moment de la "rupture", j'aurais été incapable de donner une quelconque explication convaincante. Je me rappelle simplement avoir eu dans la relation une impression d'étouffement.
Une amie 9 alpha, à qui j'avais dit que je me sentais un peu "salope" (= déloyale en ayant encouragé les avances du type pour finalement changer d'avis) m'a écrit que "il voulait probablement voir en toi quelqu'un que tu n'étais pas". C'est peut-être un des problèmes du 7 aile 6 qui projetterait un peu trop de choses plaisantes sur la personne. Il y a de quoi paniquer en ne se sentant pas à la hauteur.

Alors voilà. Comme mon aile principale est 5, et que la fréquentation à l'époque de quelques 7 pas très intégrés a fait que je me repliais de plus en plus sur cet aspect 5, j'aurais été bien incapable de fournir une tentative de rationalisation, et en plus de projeter sur lui mon inconfort. Vis-à-vis de moi-même, j'ai appliqué l'isolation en supprimant l'aspect affectif de la relation et en me retirant dans mon coin. Tout en me sentant déloyale. Mais en même temps je ne voyais pas d'autres façons de "me protéger". De quoi ? De ma propre peur, certainement.
Étant un 7, je crois qu'il s'est rapidement trouvé d'autres choses agréables à faire (et à manger).

Je ne suis pas en mesure de dire si tu aurais ou non quelque chose à te reprocher. Plus jeune, j'aurais dit que si une relation prenait fin, il y avait nécessairement quelqu'un qui avait fait ou dit ou "été" quelque chose de pas correct. Mais avec l'âge je m'aperçois que souvent c'est la personnalité de l'un ou l'autre, ou plus souvent des deux, qui crée un problème difficile à surmonter.

Bien sûr que perdre (de quelque manière que ce soit) une personne à laquelle on tient est douloureux.
Si tu es en mesure de vivre simplement cette souffrance, c'est un progrès…

:kiss2:
Bénédicte

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Marie-Hélène

Bonjour à tous,

Je me pose une question en lisant le constat du 20 mai 2003 de Fabien à propos du niveau d'intégration de X.
 

Pendant les formations, il demandait plusieurs fois par jour des informations qui avaient déjà été données. Ce genre de distraction arrive à tout le monde, mais quand chez un 7, cela se produit quatre ou cinq fois en une journée, c'est la manifestation très évidente que la fixation a une emprise trop forte sur la vie.  

De la même manière, X se levait fréquemment au milieu d'un exposé ou d'un exercice parce qu'il avait un "besoin" irrésistible d'un gâteau. Ici aussi la fréquence élevée de ces actions est la marque incontestable de la passion du type.  

Même si tu peux manifester de telles attitudes, elles sont chez toi assez rares et montrent donc soit que tu peux maîtriser ta compulsion là où X ne le pouvait pas, soit qu'elle s'exerce moins que chez lui. Tu es donc forcément plus intégré que lui et ce n'est ni un compliment pour toi, ni une critique pour lui. Seulement un constat et en aucun cas un jugement.

Se peut-il que pour X la compulsion s'exerce dans certains moments et d'une façon différente de Y ? Donc, tu pourrais la constater chez X à un certain moment (elle serait plus visible) et non chez Y. Alors que dans un autre contexte, la compulsion de X serait moins visible contrairement à Y, par exemple, si Y n'aime pas le gâteau ou si X est stressé cette journée là ?

Comment faire la part des choses entre niveau d'intégration général et moments particuliers de stress, fatigue, difficulté, etc. ?

Enfin, c'est un peu obscur tout ça. Il me faut défricher… J'espère que ma question mène quelque part…

Quelqu'un peut m'éclairer là-dessus ?

(Je sollicite souvent Fabien ces temps-ci. Si quelqu'un veut prendre la relève, je me sentirais mieux !!!)

Merci,
Marie-Hélène

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Fabien Chabreuil

Bonjour Marie-Hélène,

 

Tant pis pour toi ! Tu vas pouvoir te sentir mal, céfafakélà. :laugh: T'aurais-je déjà dit que ce ressenti est inapproprié ? :angry:

 

Tu as bien sûr totalement raison. Je disais cela de X et de Cheeta parce que je les avais vu plusieurs fois l'un et l'autre et dans des circonstances un peu différentes. Cet étalement dans le temps et cette multiplicité des contextes est absolument indispensable pour pouvoir se faire une telle opinion avec une certaine chance qu'elle soit valide. Je ne citais donc que des exemples.

 

Merci de m'avoir amené à le préciser. C'est important.

 

Très amicalement,

Fabien

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Marie-Hélène

Bonjour à tous,

 

O.K. Fabien, je ne me sens pas mal, mais avoue que je suis partout ces temps-ci ! Je ne veux pas vous rasassier, Patricia et toi !

 

Merci pour les éclaircissements précieux toutefois, il me semblait aussi qu'il y avait quelque chose de pas "normal" là-dedans ! :thumb_down:

 

Marie-Hélène

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Cheeta

Bonjour à tous,

Merci Bénédicte pour ton message plein de soutien… :kiss2:

Cette personne m'a rappelé il y a quelques jours… Ça aurait dû me faire plaisir mais… ça m'a plutôt mis en colère. Je crois que mon aile 6 a trouvé son comportement déloyal. :sour:
J'ai conscience qu'aux moments où je ressens cela, je ne suis plus ici et maintenant.
Cependant Monsieur ego existe et il peut être bon pour moi de prendre soin de moi-même en m'entourant de personnes qui ne me considèrent pas comme un "distributeur".
En même temps le développement assez rapide de mon centre émotionnel ces derniers temps me crée des problèmes du type "besoin de reconnaissance" que je ne sais pas encore très bien gérer…
Et puis je ne puis me résoudre à couper les ponts. :cry:

Je n'aime pas ça en plus.

Revenons au sujet de cette conversation : je pense qu'indépendamment d'une quelconque expérience, intégré ou non intégré n'a, pour moi, aucun sens, si ce n'est une tentative désespérée de prévoir un futur dont, quoi qu'on en dise, nous ignorons tout…
Mais je ne connais pas de meilleure méthode pour faire des estimations. :tongue:

cheeta 7

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Fabien Chabreuil

Bonjour Cheeta,

"Je crois que mon aile 6 a trouvé son comportement déloyal."
Une fois de plus, pourquoi aller chercher dans les ailes quelque chose qui doit très bien s'expliquer dans le type de base, du genre "Tu m'as déjà fait souffrir une fois, tu ne vas quand même pas recommencer."

"Cependant Monsieur ego existe et il peut être bon pour moi de prendre soin de moi-même en m'entourant de personnes qui ne me considèrent pas comme un 'distributeur'."
Oui, prendre soin de son ego est tout à fait légitime.

"En même temps le développement assez rapide de mon centre émotionnel ces derniers temps me crée des problèmes du type 'besoin de reconnaissance' que je ne sais pas encore très bien gérer…"
Les aspects négatifs ressortent toujours les premiers. Il faut bien éliminer les toxines accumulées.

Très cordialement,
Fabien

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Izz

Bonjour à tous,

Effectivement, comment reconnaître qu'une personne est complètement intégrée ou intégrée seulement à certains moments ?

Pour un 7, peut-être qu'il s'agit de manifester de la tempérance de façon aisée.
Pour un 8, de la simplicité de façon habituelle.
Pour un 6, du courage sans avoir à réfléchir. Etc. Etc.

Si chacun de nous manifeste ses vertu et idée supérieure sur un mode fugace et après réflexion, c'est que ce n'est pas intégré. C'est conscient. On sait ce qu'il faut faire, mais cela demande encore un effort.
L'intégration suppose, à mon sens, un automatisme des fonctions comme la désintégration manifeste un automatisme des compulsions.

Bien à vous.

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Fabien Chabreuil

Bonjour Isabelle,

 

Une vertu pratiquée en réaction, alors que l'envie serait de vivre la passion, n'est pas une vertu. C'est un exercice. Profitable.

 

Je n'emploierai toutefois pas le mot automatisme à propos de l'intégration, car dès qu'il y a automatisme, il y a ego. L'intégration nécessite une volonté permanente de présence à soi et au monde. Dans cette présence, l'essence est naturellement là.

 

Très cordialement,

Fabien

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Marie-Hélène

Bonjour Seb, Benedicte, Isabelle et Fabien (sans exclure les autres bien sûr !),

J'essaie de poser le problème en termes mathématiques.

DÉSINTÉGRATION : ego = inconscience = (compulsion, passion, fixation, mécanisme de défense) = automatismes
ou
Sous l'emprise de ma compulsion, je manifeste inconsciemment et de façon automatique des caractéristiques égotiques (passion, fixation, mécanisme de défense).

INTÉGRATION : essence = conscience = (vertu, idée supérieure) = actes volontaires (actes naturels ?)
ou
Libéré(e) de ma compulsion, je manifeste consciemment et de façon volontaire (naturelle ?) des caractéristiques provenant de mon essence (vertu, idée supérieure).

Par analogie, un athlète entraîne son corps pour produire un certain mouvement. Plus il pratique ce mouvement, plus celui-ci devient naturel, aisé. Au début, il demande un effort conscient, comme l'enfant qui apprend à marcher, mais cet acte volontaire pratiqué maintes fois devient bientôt un geste naturel (à maintenir) qui permet de passer à un autre "niveau".

Ainsi va l'intégration. L'athlète (!) entraîne son essence et se libère progressivement de sa compulsion. Au bout d'un certain temps, la pratique de sa vertu et de son idée supérieure devient de plus en plus aisée, naturelle. Mais ce naturel n'est pas un "automatisme" comme dans le cas de l'ego. Puisque dès qu'il cessera l'entraînement, il perdra ce degré d'aisance.

L'exercice de l'intégration ne consiste-t-il pas au maintien de cet état de conscience, par l'augmentation progressive du niveau de difficulté de l'entraînement, pour continuer à développer ce muscle de conscience, pour augmenter cette aisance, ce naturel, qui ne sera jamais "acquis", pour préserver cette "zone de confort" (en termes sportifs) ou mieux, sa "liberté".

D'où le symbole de l'Ennéagramme dans lequel la direction d'intégration est représentée par le sens contraire des flèches. Contraire du "cercle vicieux" ?

Qu'en pensez-vous ?

:happy:
Marie-Hélène

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Fabien Chabreuil

Bonjour Marie-Hélène,

Très jolie métaphore ! (Si tu te mets à utiliser le style de communication du 7, tu obtiendras de moi ce que tu voudras. :wink:)
Et très juste métaphore aussi.

J'ai cependant l'impression que c'est plus la fréquence des entraînements que leur difficulté qui est à augmenter. Accéder à l'essence est très facile, c'est le maintenir dans la durée qui est une autre affaire.

Très cordialement,
Fabien

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Harper

Bonjour à tous,

 

Si je me rappelle bien, l'étymologie du mot ascèse est l'entraînement d'un athlète pour la compétition…

 

Très cordialement,

Bénédicte

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Izz

Bonjour à tous,

 

Marie-Hélène, merci pour ta belle explication. C'est exactement ce que je voulais dire quand je parlais "d'automatismes".

 

Je n'ai jamais dit que la vertu devait être pratiquée en réaction, mais qu'elle devait constituer un "automatisme", comme de vivre son ego est un autre automatisme.

Automatisme signifie pour moi l'action de quelque chose sans y réfléchir, car elle fait partie intégrante de moi. En dehors de cet état de présence qui est lié à l'essence, l'automatisme est une action qui ne demande pas d'effort. C'est un état naturel, de "confort" comme le dit Marie-Hélène et qui nous ressemble, dans lequel on est aligné et qui ne demande pas réflexion car il est ancré en nous.

 

Sincèrement à vous.

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Marie-Hélène

Bonjour tous,
 

J'ai cependant l'impression que c'est plus la fréquence des entraînements que leur difficulté qui est à augmenter.

Il me semble que l'un n'exclut pas l'autre. Je peux, si je veux améliorer par exemple, la puissance de mes biceps, commencer par une charge plus ou moins légère (selon mes capacités) et augmenter progressivement le poids (amélioration de la force). Je peux également conserver la même charge et répéter un mouvement plus fréquemment (augmentation de l'endurance). Je peux combiner les deux. Mais effectivement, la fréquence est nécessaire pour maintenir, alors que le charge est plus fonction des objectifs d'entraînement.
 

Elle [la vertu] devait constituer un "automatisme" comme de vivre son ego est un autre automatisme.

Hier, lorsque j'ai écrit mon message, j'ai formulé et reformulé des dizaines de questions auxquelles j'ai fini par répondre en partie moi-même. Une de mes interrogations portaient sur la nuance entre "naturel/intégré" et "automatique". Je pense que dans le cas de l'essence, comme le dit Fabien, on ne peut pas vraiment parler d'automatisme. Le sens que tu lui donnes me rejoint, mais à proprement parler — d'où ma métaphore — l'essence et l'ego se distinguent justement par le fait que pour l'un, on est dans l'automatisme, et pour l'autre, dans le cas d'actes volontaires (devenant plus aisés et naturels oui, mais jamais "automatiques") qui nécessitent une présence (conscience). Enfin je crois que l'on veut dire la même chose dans le fond, mais le vocabulaire pose problème ici (sûrement pas juste à nous…).

Je crois qu'il faut aussi distinguer la notion de conscience au sens mental et la conscience au sens de "être présent" (sans "penser" que je suis présent).

Si on n'est pas "présent" à ce qu'on fait (conscient), peut-on dire que nous sommes dans l'ego ?

Par exemple, si je marche et je suis présent à chacun de mes pas et aux mouvements de mon corps, je suis consciente. Mais si je marche en pensant à autre chose, alors, c'est automatique, et donc, c'est mon ego qui marche.

Toute "automatisation" d'un acte (physique ou autre) ne relèverait-il pas alors de l'ego plutôt que de l'essence ?

(J'aurais aimé travaillé le fond et la forme de ce message mais mon heure de dîner tire à sa fin…)

Au-revoir,
Marie-Hélène

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

Certes un sportif augmente la difficulté de ses entraînements, mais vraiment dans le cas de la désidentification de l'ego, l'entraînement n'est vraiment pas difficile. La seule difficulté, et celle-là est considérable, est de maintenir la volonté dans la durée.

Marie-Hélène, je suis entièrement d'accord avec ton refus du terme "automatisme". Dès qu'il y a automatisme et automatisation, il y a ego. C'est le rêve de l'ego que le travail spirituel puisse s'automatiser. Malheureusement pour lui, ce n'est pas le cas. Dans la connexion à l'essence, nous faisons à chaque fois le choix libre de la vertu. Vu de loin, on pourrait croire qu'il n'y a pas de choix (et donc automatisme), mais ce n'est pas cela.

Donc, Izz, vivre la vertu de son type n'est en aucun cas un "automatisme, comme de vivre son ego est un autre automatisme". Quand tu parles de "l'action de quelque chose sans y réfléchir", tu donnes simplement un bout de la hiérarchie des centres de ton ego (instinctif, puis mental). Dans l'essence, il ne peut y avoir exclusion d'un centre. L'action juste met en œuvre la totalité des centres.

Très cordialement,
Fabien

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Enensis

Bonjour Marie-Hélène,

 

Ton dernier message tombe à pic et m'aide à mieux comprendre une différence que je n'arrivais pas vraiment à saisir entre deux expressions.

 

Il me semble que lorsqu'on est dans l'ego, tout n'est pas forcément inconscient, bien que répondant le plus souvent (suivant le niveau d'intégration) à des automatismes : je sais que je marche même si je pense à autre chose, je sais que je respire même si je ne suis pas concentré sur ma respiration, etc. Je dirai à ce moment-là que "j'ai conscience" au sens de "je sais que", c'est à dire une analyse de la situation - qui reste donc essentiellement mentale.

 

En revanche, quand on est dans l'essence, il me semble que nous sommes "au-delà" d'avoir conscience : nous "sommes conscient de". Nous sommes dans l'expérience où il n'y a plus d'automatisme, mais un choix libre de notre volonté qui s'exerce à chaque instant (et dans la durée).

 

Cela explique en partie pourquoi tout cela est difficilement visible de l'extérieur, puisqu'il ne s'agit pas de ce que nous montrons mais bien de ce que nous vivons et de l'expérience que nous faisons.

 

Amicalement.

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Cheeta

Bonjour à tous, :calin:

Éric, je me demande si, toi aussi, tu ne parles pas tout simplement de ta hiérarchie des centres (mental en premier) quand tu parles de "savoir" que tu marches…
Plus ça va, plus, en ce qui me concerne, ces mots et concepts m'emm…car j'en perçois le vide complet.
Toutes ces notions (conscience, vertus…) ne sont que des conventions acquises pour pouvoir échanger sur le sujet.

Heureusement qu'on les a. :kiss2:

Parfois je me demande si on ne ferait pas mieux de s'en passer. Ensuite, je sors de transe. :rofl:

Il me semble que l'essentiel n'est pas là… même si mon mental aime bien tout ça. :proud:

Donc, je continue. :rofl: :rofl: :rofl:

Il me semble personnellement différencier plusieurs états dont :

"Transe égotique" : mon ego croit que je vis la tempérance, ou ne se pose pas la question mais gloutonne (là est le point faible de mon raisonnement unicentrique :lame:).

"Exercice" : je perçois ma compulsion et la remplace de suite par ma vertu.
Le truc, c'est de savoir si je la remplace en "lâchant" ou en "forçant" et ça, c'est une autre paire de manche. :peur::rofl:

cheeta 7-6 qui préfère qu'on l'appelle comme ça. :proud:

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Enensis

Bonjour Seb,

 

Effectivement, le fait d'utiliser le terme "savoir" reflète probablement ma hiérarchie des centres, mais je parlais d'"avoir conscience" qui est une analyse d'une situation donnée et donc bien une activité mentale (et pas instinctive ou émotionnelle).

 

J'opposais à cela le fait "d'être conscient" qui est au-delà d'avoir conscience (tout en l'incluant) et qui est donc plus qu'une activité du centre mental mais qui reflète une activité équilibrée des trois centres dans l'instant.

 

Cela dit, je suis d'accord avec toi, cela ne reste que des concepts auxquels nous rattachons chacun une signification qui nous est propre (et pas forcément appropriée) au travers des filtres de notre type et de notre expérience. Mais tant que nous pouvons communiquer un minimum et nous enrichir mutuellement, c'est pas plus mal. :thumb_up:

 

:proud:

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Izz

Bonjour,

Merci à Fabien de me confirmer comment je fonctionnais : à savoir Instinctif et Mental, et plus loin, vraiment plus loin, Émotionnel.
Dans mon expression, j'oblitère donc l'émotionnel.

Je comprends mieux l'essence et la mise en valeur des trois centres sans préférence ou répression de l'un d'eux.
Mon utilisation du mot "automatique" était, dans ce cas, inappropriée.

Petite demande : quand je parlais d'automatique, je voulais dire sans effort pour pratiquer vertu et idée supérieure. L'effort impliquant, comme la transe égotique, une autre situation de transe car je me trouve alors dans un état où il y a prévalence d'un centre, peut-on dire qu'être intégré ne suffit pas à être dans son essence ?

Sincèrement.

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Fabien Chabreuil

Bonjour Isabelle,

 

Pour ma part, je n'ai jamais employé dans cette discussion le terme "effort". (Je ne dis rien des autres échanges :thumb_up:, l'activité intense et réjouissante du panneau me forçant parfois à écrire un peu vite.) J'ai utilisé le mot "volonté" qui ne me semble pas avoir les mêmes connotations qu'effort.

 

Très cordialement,

Fabien

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Rosso

Bonjour,

 

Dans une interview croisée de Christophe André, Matthieu Ricard et Alexandre Jollien que je citais ici, le journaliste pose la question suivante : "Le premier chantier pour devenir sage, écrivez-vous, c'est de dégonfler l'ego ?" Christophe André répond ceci : "Matthieu et moi n'avons pas tout à fait la même opinion. Pour les bouddhistes, l'ego est un obstacle, un ennemi, et il est fondamental de le dégonfler. Mais j'ai à soigner des personnes dont l'ego est souffreteux, qui manquent d'estime de soi et font preuve d'anxiété sociale. Les grands timides, les grands phobiques sociaux ont aussi un énorme ego : ils ramènent tout à eux. Quand ils arrivent dans une pièce, ils ne s'intéressent pas aux autres, ils se demandent juste ce que les autres pensent d'eux. En thérapie, la solution immédiate pour les soulager n'est pas de dégonfler leur ego, mais de leur dire qu'ils n'en font pas le meilleur usage. Il faut travailler avec eux sur le fait qu'ils ont le droit de parler, qu'ils ne sont pas plus nuls que les autres. Quand ces personnes ne se disent plus "qu'est ce qu'on va penser de moi ?" mais s'intéressent aux autres, c'est un marqueur de guérison."

 

Matthieu Ricard et Christophe André seraient peut-être heureux de connaître l'ennéagramme qui concilie ces deux visions : en mettant en évidence la diversité des ego et en disant qu'il s'agit d'une part d'adapter notre ego à notre environnement (c'est le travail horizontal) et d'autre part, de dégonfler l'ego, non pas en le considérant comme un ennemi mais en l'acceptant et en travaillant pour qu'il prenne moins de place.

Un beau programme pour 2018 ! Que je vous souhaite dense et légère à la fois:laugh:

 

Rosso

 

Source : Thomas Mahler & Olivia Recasens, “Trois ténors de la sérénité au chevet de 2016”, Le Point, N° 2261, 7 janvier 2016, p. 46-51.

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