Institut Français de

l’ennéagramme

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Chris

Ennéagramme et couple

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Chris

Bonjour à tous,

 

Je m'interroge sur le fait de vivre en couple, quand l'un des partenaires pratique l'ennéagramme et l'autre pas.

 

J'étudie et essaye de pratiquer l'ennéagramme depuis dix mois. Je me suis identifiée dans le type 4 avec une forte aile en 5 ; mon mari est de type 9.

 

J'ai un fort désir de me comprendre et ce désir est enfin assouvi grâce à ce fabuleux outil. Au début, j'ai laissé libre cours à mon engouement, ne cessant de partager avec mon mari, mes impressions et mes découvertes. Au bout d'un certain temps, tout cela a fini par le saouler, et il m'a demandé de cesser d'en parler constamment.

 

Christophe, mon mari ne réfute pas la véracité de cette méthode, ni même celle des modèles de personnalité et se retrouve bien dans le type 9. Cependant, il ne veut pas faire la démarche de l'introspection, se sentant très bien comme il est ! Cela est bien compréhensible quand on connaît la fixation et la passion du 9 qui sont l'oubli de soi et la paresse.

 

D'un autre côté sachant que le 4 aime à être compris et qu'il a peur d'être une nouvelle fois abandonné et rejeté, l'on comprend aussi pourquoi, je me sens mal.

 

Je l'aime et respecte sa décision de ne pas approfondir et j'essaye d'analyser les raisons égotique qui me pousse à réagir de cette façon… mais je ne peux m'empêcher de trouver cela difficile d'avancer dans des directions différentes en vivant ensemble.

 

J'ai souvent entendu dire que des couples se brisaient lorsque l'un des deux partenaires entreprenait une méthode de développement personnel et l'autre pas, et cela me fait peur.

 

J'aimerais recueillir vos témoignages et impressions sur ce sujet.

Chris

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Fabien Chabreuil

Bonjour Chris,

 

Tu as raison d'être sensible à cet aspect de l'apprentissage de l'Ennéagramme car il correspond à un problème réel du développement personnel, quelle que soit la technique utilisée.

 

Quand un seul des membres d'un couple fait du développement personnel, l'autre ne le supporte pas toujours.

 

C'est normal. Quand nous vivons avec quelqu'un, il nous a choisi dans un certain "état" et nous aime ainsi. Un changement ne lui convient donc pas forcément, même si ce changement est objectivement positif et même parfois si ce changement correspond à un trait du caractère de l'autre qu'il lui reprochait.

 

De plus, l'autre craint souvent que celui qui a entamé la démarche ait désormais des outils pour l'observer et le juger. Cette crainte est très souvent génératrice de stress et de tensions.

 

Quand la rupture éventuelle vient de celui qui a entamé la démarche de développement personnel, c'est généralement que le problème existait déjà avant et que le développement personnel a servi de révélateur ou de prétexte.

 

Il y a bien évidemment une solution. Il s'agit d'aimer l'autre non pas pour ce qu'il fait ou sait faire, non pas pour son caractère, non pas pour ses valeurs, mais pour son identité vraie. Non pas pour son ego, mais pour son essence. Les premiers sont par définition impermanents, alors que la seconde est éternelle. Nos paroles et surtout nos actes peuvent faire passer ce message.

 

Cette attitude rassure l'autre et lui permet donc d'exprimer plus facilement ses craintes et aussi ce qui ne lui plait pas dans le changement en cours. Elle facilite une communication saine et permet alors de moduler le rythme et la nature du changement.

 

Avec un 9 dans l'oubli de soi, c'est plus difficile. C'est donc à toi, Chris, d'observer le niveau de stress, notamment la montée de la narcotisation et de t'adapter en conséquence.

 

Très cordialement,

Fabien

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Cheeta

Bonjour Chris, bonjour Fabien,

 

"J'ai entendu dire que souvent des couples se brisaient lorsque un des deux partenaires entreprenait une méthode de développement personnel et l'autre pas."

Ouhahou ! Si les deux partenaires s'entendaient avant et si le "développement personnel" les amènent à se séparer, il y a de quoi se poser des questions, non ?

 

Il me semble que la tolérance devrait être une des vertus développée par le "travail" sur soi. Cela dit, Chris, si ton message me choque autant, c'est bien que j'ai réagi également comme toi et que je suis sans doute loin d'en être sorti. Si j'en étais sorti, je n'écrirai sûrement pas ! :wink:

 

Plus sérieusement, être en couple avec quelqu'un s'intéressant aussi au modèle est agréable… comme un stage Éveil ! (Ça fait du bien, mais c'est pas agréable.)

 

Tiens, je me demande si ça ne serait pas le cas de tous les couples. :laugh:

 

Cheeta

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Papyzen

Bonjour Chris,

 

J'étudie l'ennéagramme depuis 2 ans et ma femme vient juste de faire le stage de bases ; elle s'est reconnue dans le type 9.

 

Elle y est venue pour au moins deux raisons. La première, c'est que je m'étais trompé sur son type (je la croyais 1) et que je la bassinais avec mes explications de son fonctionnement qu'elle pressentait erronées. Elle a fini par se plonger dans mes bouquins pour découvrir d'où venait l'erreur et me la mettre sous le nez. Mon ego de mental en a été vexé ! La seconde, c'est que l'ennéagramme confirmait ce qu'elle avait intuitivement compris de mon fonctionnement. Elle a poussé l'étude de mon cas jusqu'à me démontrer que le type 5 dans lequel je me reconnaissais était en fait mon type de désintégration. J'avais tout faux et l'ego dans les chaussettes !

 

Bref, elle a trouvé dans l'ennéagramme un outil de développement de son centre réprimé, le mental, et un bon moyen pour m'amener à faire preuve d'un peu plus d'humilité.

 

Sans pour autant recommander la méthode, je suis assez satisfait du résultat de mes errements. Le 9 n'aime pas être bousculé et l'ennéagramme peut être dérangeant, surtout mal utilisé. Il peut carrément être une source de conflit, ce que le 9 cherche avant tout à éviter. Le mieux pour lui est alors de se donner les moyens de s'en préserver en utilisant l'ennéagramme même. À faire lire à ton mari. :happy:

 

Très cordialement

Roger

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Marie-Hélène

Bonjour à tous,

Ajoutant quelques mots aux propos de Cheeta qui insiste sur le fait que le développement personnel devrait entre autres mener à une plus grande tolérance, je dirais qu'il y a risque de réduire une démarche de développement personnel, quelle qu'elle soit et dans un sens large, aux outils et méthodes que nous choisissons pour la mettre en pratique. Nous confondons souvent moyens, fins et résultats.

Si l'utilisation de l'Ennéagramme pour certains est un chemin adéquat correspondant à un style personnel, il peut être perçu par d'autres, à tort ou à raison, comme inutile, inapproprié ou inintéressant. Nous n'avons pas à en juger. L'utilisation de l'Ennéagramme n'entraîne pas automatiquement l'évolution et la non-utilisation de l'Ennéagramme n'est pas synonyme d'absence d'évolution. Même après 5 ans de contact avec l'Ennéagramme, je me considère encore bien plus "désintégrée" que certains de mes proches qui n'ont aucune idée de l'existence de ce modèle.

Chaque être humain a ses manières et son rythme dans sa façon de comprendre la vie, les autres et lui-même ainsi que des préférences quant aux moyens qu'il privilégie pour "grandir".

Ainsi je ne crois pas juste d'attribuer systématiquement (j'insiste sur cette nuance) le manque d'intérêt d'un 9 pour l'Ennéagramme à sa fixation ou plus globalement, à son ego. Notre propre ego, rusé, peut nous pousser à de tels syllogismes pour justifier un manque d'intérêt ou d'affinités dont nous sommes le premier affecté.

Selon moi, la meilleure façon d'aider l'autre à grandir est d'abord de prêcher par l'exemple, par ce que nous devenons, puis d'identifier les besoins réels de celui-ci en tentant de le rejoindre dans sa réalité. Cela pour moi est un grand défi. Et pour rejoindre un 9, la patience est de mise. J'essaie d'adopter graduellement avec celui-ci la technique du semeur. Souvent, un petit grain dans son esprit devient fruit sans même qu'il ne l'ait réalisé.

Bon courage,
Marie-Hélène

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Chris

Bonjour Fabien et maintenant Cheeta, Roger et Marie-Hélène.

Tout d'abord, qu'il est bon d'avoir un contact avec vous ! Je vous lis depuis des mois et me nourris de vos écrits et de vos différents points de vues pour "élargir" ma compréhension de la vie, qui était somme toute erronée…

Je me sers souvent de ce panneau pour "poser" à un instant T, toutes ces émotions qui me submergent et je m'efforce de ne pas trop vous bassiner avec toutes ces pensées fluctuantes et insatiables :happy: , sinon j'inonderais ce panneau de toute part. Donc parallèlement, je me suis remise à écrire. J'ai ouvert un cahier où je peux "poser" mes flots de pensées. Concrètement, ça me permet de vivre dans le présent et ainsi de passer à l'action, de réagir sur un écrit précis et non sur une pensée diffuse que j'aurais vite fait de remplacer !

Donc Cheeta, tu disais… manque de tolérance, certes, oui ! Il me semble que j'ai régressé puissance mille depuis peu… déjà trop longtemps.

Assoiffée de connaissances et de pures sensations, je me suis repue copieusement et goulûment pour finalement ne ressentir qu'une lourde indigestion… une question en apportant une autre, un livre en apportant un autre, etc.

J'ai ressenti aussi l'Amour… si fort… la clé… la grâce… et cette légèreté de conscience dépourvu de haine et de colère où l'on peut pardonner aux autres et à soi-même…. MAIS… j'ai voulu faire partager ce que j'avais ressenti (comme toujours). Et malgré ma compréhension de plus en plus fine des choix que je ne m'étais pas octroyés et de leurs conséquences, il m'apparaît aujourd'hui évident que je peux transformer ma vie.

Mais voilà, ça ne va pas assez vite, et la princesse aux p'tits pois pourrait tout faire saboter si près du but. Alors, elle se culpabilise de ne pas avancer aussi parfaitement qu'elle le souhaiterait, mais, somme toute, reste à jouir de cette nouvelle compréhension sans jamais passer à l'action. Arrivée au pied du mur, la boucle est bouclée, et là constat d'échec… beaucoup de belle parole mais fort peu de pratique en réalité ! Ça me met donc en colère contre moi-même et je recommence à m'aigrir… je recherche les coupables à l'extérieur… Tiens, ben pourquoi, pas mon mari ? Je le regarde et me dis que c'est peut-être de sa faute si j'avance pas, mais malgré tout je me sens mal à l'aise… je doute… j'ai peur… je cogite et me dis : "Christelle, tu ne tiens pas tes promesses." Alors, la peur reprend le dessus, puis le doute… Et comme tu le dis à juste titre Marie-Hélène, comme l'ego est un fieffé renard, il est revenu, silencieux, l'air de rien, me faisant croire insidieusement que je ne serais plus rien, si je n'étais pas lui !

Il me manquait un déclic pour permettre à ma roue de sortir de l'ornière, et c'est mon mari, qui me l'a insufflé et tout simplement en m'aimant ! Le problème étant que je n'ose aimer ouvertement et pense ne pouvoir être aimée véritablement. Il serait bon que j'arrête de m'identifier à mon type 4 et devenir moi-même… Libre…

Quelle belle leçon d'humilité, Roger ! Christophe suit notre conversation et ton message est passé. J'ai dit dans mon premier message qu'il n'était pas près à l'introspection, mais permettez moi de rectifier… c'était ma vision des choses et non la sienne, je m'étais permise de croire devoir lui dire ce qui était bon pour lui et ce qui ne l'étais pas !

Bon, tout ça pour dire… que mon mari m'aime et je l'aime et qu'effectivement Fabien, la solution est bien là, dans l'amour véritable. Et c'est donc cela le principal ! Que Christophe pratique ou non l'ennéagramme n'a plus en fait de réelle importance.

L'important est de pratiquer l'amour, car n'est-il pas toutes ces vertus humaines réunies ?

Donc oui, Cheeta, manque de tolérance… car sans amour, on ne peut être véritablement tolérant. Réapprendre à aimer véritablement, soi-même et les autres, est donc mon nouvel objectif, savoir reconnaître et accepter l'amour qu'on me donne avec générosité, comme vous avez su le faire dans vos messages !

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Chris

Re-bonjour,

Juste ces quelques petits mots de plus…
Effectivement, Marie-Hélène, il n'était pas très juste de penser que mon mari ne puisse s'intéresser à l'ennéagramme compte tenu de sa passion et fixation. J'avais tout faux, car j'aurais pu dans la lignée reconnaître ses qualités essentielles qui sont Amour et Activité ! Tout comme ta femme, Roger, Christophe, las de mes explications, a fini par prendre le dernier livre des Chabreuil, la semaine dernière, et a lu la première partie, cette petite graine a donc germé… Cela dit, cela m'a permis de reconnaître l'irrespect égotique de mon type 4… et donc tout compte fait de faire avancer le schmilblick.

Très amicalement,
Chris

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

Je voudrais revenir au message de Cheeta de vendredi et donc repréciser ce que j'avais dit lors de ma dernière intervention. Un couple est un système (au sens de la Théorie des Systèmes). En tant que tel, il cherche à maintenir son homéostasie, c'est-à-dire une sorte d'état d'équilibre lié au statut quo.

Un changement chez le partenaire est une rupture de cet équilibre et le couple peut chercher à le rétablir, même si le changement avait été initialement perçu comme positif, voire même souhaité par les deux personnes.

Donnons un exemple réel simple. Le mari est largement en sur-poids, et son épouse s'en plaint et lui reproche de se laisser aller. Un jour, le mari entreprend un régime et retrouve son poids de forme. Tout va donc bien dans le meilleur des mondes. Pourtant, inconsciemment, la femme réalise que son mari est devenu plus séduisant, et cela réveille en elle une jalousie latente. Elle peut l'exprimer, et le changement pourtant positif et souhaité va provoquer de fortes tensions dans le couple ; elle peut aussi se mettre à lui mitonner de délicieux petits plats qui le ramèneront bien vite à son état initial et peut-être lui reprochera-t-elle alors son manque de volonté et de persévérance. Dans l'un comme dans l'autre cas, les réactions de l'épouse ont été inconscientes et vraisemblablement aucun des deux partenaires n'aura fait le lien avec le régime initial.

Quand un seul membre d'un couple fait sérieusement du développement personnel, il devient plus tolérant et plus facile à vivre. C'est une illusion et une méconnaissance des mécanismes de l'inconscient de croire que son partenaire va forcément apprécier. Le partenaire peut alors prendre l'initiative de la rupture ou la tolérance du premier avoir des limites.

Dans un couple, tout changement entrepris par un de ses membres doit prendre en compte en quoi ce changement positif pourrait pourtant déplaire à l'autre et être ajusté en conséquence. C'est une réflexion et une démarche qui s'apprennent.
 

*-*-*

Je voudrais aussi réagir à cette phrase de Marie-Hélène : "L'utilisation de l'Ennéagramme n'entraîne pas automatiquement l'évolution et la non-utilisation de l'Ennéagramme n'est pas synonyme d'absence d'évolution."

Je suis bien évidemment d'accord avec la deuxième partie de la phrase. Aussi merveilleux soi-il, l'Ennéagramme n'est pas le seul outil d'évolution possible, et il est tout à fait légitime de lui en préférer un autre.

Je suis moins d'accord avec la première, mais ce n'est qu'une question de mots. Je dirais plutôt : "La connaissance de l'Ennéagramme n'entraîne pas automatiquement l'évolution." Pour moi, utiliser l'Ennéagramme implique une pratique régulière destinée à se désidentifier de son ego, et celle-ci provoque forcément une certaine évolution.

Très cordialement,
Fabien

P.-S. : dans notre stage Bases, nous disons qu'il y a deux types plutôt contents d'eux, le 3 et le 7 ; c'est dire, Roger, que ta phrase "Je suis assez satisfait du résultat de mes errements" m'a ravi. :laugh:

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Chris

Bonjour à tous,

Je viens aujourd'hui faire mon partage égotique de 4 qui ne va pas bien du tout, et malheureusement me revoilà dans cette conversation car je suis énormément découragée.

Je me sens très malheureuse et ne sais plus quoi faire… Je respecte que mon mari ne veuille pas utiliser l'ennéagramme dans sa vie pour n'importe quelles raisons qui lui plaira, mais ce qu'il me semble remarquer depuis quelques temps, c'est qu'il utilise tout ce qu'il a pu glaner sur moi CONTRE moi !

J'ai crû que grâce à cette nouvelle compréhension, nous pourrions enfin avancer vers un avenir meilleur, mais je crois que je me suis laissée une fois de plus emporter par mon enthousiasme. Je lui ai livré tout ce que j'avais compris de mon fonctionnement en pensant que cela aller lui permettre de me comprendre un peu mieux. Mais non… Il connaît maintenant mes mécanismes d'introjections, il sait que je sur-utilise l'émotionnel et me renvoie cette image à tout bout de champ. Je me suis redécouverte grâce à l'ennéagramme, car je m'étais perdue. J'ai redécouvert mes qualités et me suis rendue compte que je n'étais pas si nulle que ça. Cela m'a ouvert les portes de l'espoir. Je lui ai dit que j'avais plein de projets en tête, mais il n'est pas d'accord. J'ai l'impression qu'il croit que je me sens supérieure à lui. Nos disputes sont incessantes et quand il me dit des trucs que je ne peux supporter, je commence à me mettre en colère… À cela, il me répond : "Tu vois, tu n'as pas avancé d'un iota. Va relire tes livres. Tu as dû oublier quelque chose. Tu vois que tu n'y arrives pas !" Cela me met dans des rages noires et déclenchent tous les mécanismes que l'on sait. À ce stade, j'ai ENVIE de tout laisser tomber, de laisser libre cours à mon intrépidité, de claquer la porte et de lui dire : "Bon Vent !"

C'est dur, car je ne suis pas Gandhi tout de même… et suis encore bien loin de l'éveil qui me permettrait de tout prendre avec recul et amour.

Chris

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Chris

Quelques heures après, l'émotion retombée dans les chaussettes… Je me dis que je ne vais pas laisser libre cours à mon intrépidité, mais aller voir un psy. Ce sera plus constructif… J'ai pensé que je pourrais y arriver seule et avec vous, mais je crois que mon malaise est tellement profond que je n'arrive plus à discerner le vrai du faux. :confused:

Avant ma découverte, j'avais l'impression de ne pas coller à la réalité et maintenant j'ai l'impression d'être dans une autre réalité qui n'est pas celle de la vie de tout les jours non plus !

Bon, j'arrête là, car je ne voudrais pas trop larmoyer et vous gaver avec mes problèmes, d'autant plus que je m'éloigne du sujet initial. Je me console en me disant que je vous ai au moins livré une pure crise égotique. :blush:

Bon week-end,
Chris

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Harper

Bonjour Chris,

Tu sais, je crois qu'en cette saison, les types résistants au changement (6 et 9 en particulier) le sont encore plus. C'est en tout cas ce que j'observe sur moi-même et les personnes de mon entourage qui ont le même problème, semblent dire la même chose.

Alors, si tu débordes de projets enthousiastes et si cela se traduit par des "il faut", des "on va changer ceci et cela", des "je vais te…" en oubliant peut-être de lui demander EXPLICITEMENT son avis, la réaction peut être très négative.

Mon amie de type 4 a tendance à utiliser de telles expressions dans ses moments enthousiastes et devant mes réactions parfois véhémentes, et parfois mes tendances au retrait (aile 5), elle a appris à ajouter que "c'est une suggestion et non un ordre."

Enfin, peut-être vaut-il mieux en ce moment consacrer ton enthousiasme aux projets qui te concernent, mais pas ton mari ?

Très cordialement,
Bénédicte

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Louise B

Salut à vous,

Je viens de lire le message de Christelle qui m'a fait sourire. Je sais, c'est pas drôle du tout. Mon conjoint est un 9 et il ne pratique pas l'ennéagramme, mais il sait qu'il est un 9 et moi un 4.

La semaine dernière, après avoir lu que les 9 ne mettaient pas leurs projets à terme s'ils travaillaient en tant qu'indépendants, j'ai eu peur parce qu'on se construit un atelier ensemble.

Ben, il aura son étage et moi le mien. On ne s'endette pas non plus et ça arrive à une bonne période de ma vie où je prends de l'autonomie affective, confiance en moi, et autonomie financière.

J'ai voulu lui en parler et il m'a dit ne pas se retrouver complètement là-dedans. :happy: J'ai dit OK, je n'ai pas de pouvoir sur ta vie, donc en quoi moi ça me dérange ? J'ai peur, insécurité financière, incertitude, peur d'avoir à tout gérer. Et je me suis sentie mieux.

J'ai eu à régler un gros conflit qui me minait aujourd'hui. On avait un couple d'amis communs. Il y a un mois, lors d'un souper, ça a dégénéré moi avec l'ami en question. Mon bouchon a sauté, pus capable ! On a fait tellement de concessions dans cette amitié que moi, je me suis perdue.

En osant remettre cette relation amicale en question, j'avais peur de déstabiliser ma vie de couple et vivre le rejet, le sentiment d'abandon. Le fait que je m'effaçais pour qu'eux se sentent bien (les amis) était en train de me rendre malade. Ma tendance passée d'abus, de victime qui ne dit rien pour survivre. J'ai pris le risque de tout perdre aujourd'hui en téléphonant à cet homme et lui dire mon constat : ses perceptions irrespectueuses de la femme, sa consommation excessive d'alcool, le culte du corps parfait, vision différente de la sexualité et vision opposée quant à l'amour, besoin de m'intégrer, pas de devenir une putain. Eh ben, il l'a très bien compris. Il n'a pas l'intention de changer ses perceptions, moi non plus alors, on prend des distances. En tout cas, je l'aurai fait même si on m'avait payé 1 000 000 $ pour me taire.

Je me suis choisie. Point final. Et mon conjoint est toujours là, à me regarder en souriant. Je m'occupe de ma vie, il s'occupe de la sienne à sa façon. Tant qu'on aura des zones de plaisir à partager, des projets, des idées, let's GO, mais si jamais on se tapait sur les rognons, ben on saura quoi faire. Ça fait 20 ans qu'on est ensemble et en tout cas, on marche encore dans la même direction, on rit, on se taquine, se confronte, mais se retrouve.

Bonne chance ma belle Christelle. J'ai eu besoin d'intervenante sociale, et encore parfois. J'ai consulté mon ostéopathe, et c'est lui qui m'a brassé. Il m'a dit : "Tu te choisis dans le respect ou tu tolères des gens qui te polluent l'existence, mais tu es en train de te rendre malade." J'ai réagi et agi.

Et là je déguste cette Loulou retrouvée.

BBBBBBBBises, et on est tous avec toi.
Louise

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Fabien Chabreuil

Bonjour Chris,

Je ne vais pas revenir sur la première partie de cette conversation et sur les précautions à prendre avec ses proches quand on découvre un outil comme l'Ennéagramme ou quand on entame un changement personnel quel qu'il soit. Je viens de relire les échanges d'il y a trois mois et le principal a été dit.

Maintenant, nous sommes de toute évidence dans une situation de crise et il importe de la régler. Je voudrais aller au-delà de simples conseils et ne peux pas faire cela efficacement par un message sur ce forum.

Voici ce que je te propose. Lundi, nous prenons une heure par Internet pour trouver une solution concrète. Il y a quelques conditions :

  • Je suis libre le matin jusqu'à 11h30 (heure de fin) et l'après-midi de 13h à 16h et il faut donc que tu trouves une heure dans ces plages horaires ;
  • Tu te débrouilles pour ne pas être dérangée pendant cette heure de façon à pouvoir faire un travail continu ;
  • Nos échanges n'auront pas lieu sur le forum, mais juste après je les publierai ici ; en effet comme tu l'imagines, je ne peux absolument pas faire cela pour tous les participants et je ne répèterai donc pas ce genre d'intervention, mais si nous publions nos échanges, ceux qui en ont besoin pourront essayer de reproduire la méthode chez eux ; précisons que ce que tu pourras être amenée à dire n'aura rien de particulièrement intime dont la publication puisse te gêner.

Si tu es intéressée, envoie-moi un message personnel en me spécifiant une heure et je te dirai comment procéder.

Très cordialement,
Fabien

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

Comme promis, voici l'enregistrement intégral du travail que Chris et moi avons fait ce matin :

 

Chris - Je suis là.
Fabien - Bonjour Chris.
Chris - Bonjour.
Fabien - Nous allons si tu le veux bien faire une technique de communication qui s'appelle le méta-miroir, sous une forme légèrement simplifiée adaptée à un échange sur Internet.
Chris - Ok.
Fabien - Pour cela, il faut partir d'une situation concrète, c'est-à-dire d'un moment précis où tu étais avec Christophe et où tu as eu l'impression comme tu le disais dans ton message qu'il utilisait l'ennéagramme "contre toi". As-tu identifié ce moment ?
Chris - Oui.
Fabien - C'était où et quand ?
Chris - À la maison, entre nous, il y a encore quelques jours.
Fabien - Ce que je voudrais maintenant, c'est que tu revives ce moment comme si tu y étais à nouveau. Pas en te voyant dans ta tête, non en voyant Christophe comme tu le voyais ce jour-là et en réentendant vos échanges. Puis, je voudrais que tu qualifies l'attitude de Christophe à ton égard. Par exemple, agressif, ou indifférent, ou quoi que ce soit d'autre. Dis tout ce que tu ressens. Il ne s'agit pas de dire qu'il était forcément comme cela, mais de dire que toi, tu l'as perçu, à tort ou à raison, comme cela.
Chris - J'ai l'impression de le saouler, de l'ennuyer, comme si je lui rajoutais des problèmes.
Fabien - Je comprends. Mais lui comment est son attitude ? Excédé ? Impatient ? Ou… ? Pour trouver, imagine que tu dis "Il est…" et que tu complètes la phrase.
Chris - Comme si je lui racontais n'importe quoi. Il lève les yeux au ciel, il est excédé, fatigué.
Fabien - Bien, excédé et fatigué. Quoi d'autre ?
Chris - Il a envie d'être tranquille.
Fabien - À moins qu'il ne l'ait dit, on ne peut savoir s'il a envie d'être tranquille ou d'autre chose. C'est ce qu'on appelle une lecture de pensée. Comment est son attitude qui te donne l'impression qu'il a envie d'être tranquille ?
Chris - Il n'est pas drôle, il est tout triste, il ne veut pas parler. Il veut s'asseoir dans un fauteuil pour ne plus penser à rien et je l'empêche de le faire.
Fabien - Bien ! À ce moment-là, peut-on dire que son attitude était : excédée, fatiguée, toute triste, silencieuse (renfermée ?). Est-ce cela et est-ce tout ?
Chris - Moi, c'est ce que je vois.
Fabien - C'est bien cela qui compte. Maintenant, je voudrais que tu imagines que tu étais spectatrice de cette scène, c'est-à-dire que tu vois Chris et Christophe dans cette "conversation". De la même manière, en étant cet observateur extérieur, comment qualifies-tu l'attitude de Chris ?
Chris - Intempestive, enthousiaste, énervée, impatiente.
Fabien - Bien ! Pas l'attitude, la définition ! :happy: J'aurai une petite question.
Chris - Oui ?
Fabien - Quand après la discussion, tu t'aperçois que tu as été intempestive, enthousiaste, énervée et impatiente, comment te sens-tu à ton égard ? Pas ce que tu penses. Quel est ton ressenti ?
Chris - Mitigée. J'ai honte et en même temps je me dis que j'ai raison.
Fabien - OK, tu as honte. Que RESSENS-TU d'autre ?
Chris - Mon ressenti, j'ai très mal.
Fabien - Et…
Chris - Je suis en colère, je suis triste, démoralisée.
Fabien - Aurais-tu par hasard tendance à te retirer en toi-même ?
Chris - Carrément. J'ai envie de disparaître.
Fabien - Ça alors ! :surprised: Exactement l'attitude de Christophe pendant la conversation : triste, en colère (qui correspond à son excédé), en repli…
Chris - Très possible.
Fabien - Tu dis "Très possible". Très possible ou vraiment cela ?
Chris - Oui, pareil.
Fabien - C'est pour cela que cette technique s'appelle un méta-miroir, parce que les autres ont avec nous une attitude semblable à celle que nous avons avec nous-même.
Chris - Je n'avais jamais pensé à cela.
Fabien - Peut-être que si nous étions plus gentil avec nous, les autres le seraient aussi…
Chris - Mais je ne me sens pas méchante avec moi.
Fabien - En es-tu certaine ? Quand tu as honte de toi ou de ton attitude comme tu l'as dit il y a quelques instants, appelle-tu cela être gentille avec toi ?
Chris - J'appelle cela être réaliste.
Fabien - Pas moi…
Chris - Mais, je commence à comprendre ce que tu veux dire.
Fabien - Tu y réfléchiras si tu veux. Maintenant, j'aimerais que tu me dises comment tu aurais souhaité que soit l'attitude de Christophe au lieu d'être "excédée, renfermée, silencieuse, toute triste et fatiguée".
Chris - Et bien tout le contraire… Enthousiaste, heureux, prêt à mordre la vie, etc.
Fabien - Je vais te proposer quelque chose. Pour cela, je voudrais que tu bouges un peu le clavier de ton ordinateur, éventuellement que tu changes de chaise et que tu deviennes Christophe. Assieds-toi comme lui s’assoit et dis-moi quand tu seras prêt. Je dis bien prêt parce que maintenant je ne parle plus à Chris, je parle à Christophe.
Chris - Je suis prête, enfin prêt.
Fabien - Parfait. Christophe, je voudrais savoir une chose. Comment faudrait-il que tu te sentes à l'intérieur de toi-même pour être enthousiaste, heureux, prêt à mordre la vie quand Chris vient te parler d'Ennéagramme ou d'autres sujets qui d'habitude t'excèdent et te fatiguent.
Chris - Libre, ouvert, détendu, aimé.
Fabien - Merci Christophe. Je voudrais bien vérifier, Si tu te sens libre, ouvert, détendu et aimé, alors automatiquement tu seras enthousiaste, heureux et prêt à mordre la vie en discutant avec Chris ? Ou faudrait-il encore autre chose ?
Chris - Je ne sais pas.
Fabien - OK ! Partons de l'hypothèse que c'est suffisant. Christophe, je voudrais savoir comment Chris doit se comporter quand elle te parle pour que tu te sentes libre, ouvert, détendu et aimé.
Chris - Elle devrait être calme, me laisser me détendre, s'occuper de moi, me montrer quelle m'aime.
Fabien - Comment doit-elle te montrer qu'elle t'aime ? Et que veux dire te laisser te détendre ?
Chris - Elle doit me montrer qu'elle m'aime par des gestes et des attentions, et elle devrait me laisser me décompresser quand je rentre du boulot.
Fabien - Parfait. Merci Christophe. Maintenant je voudrais reparler à Chris.
Chris - OK.
Fabien - Rebonjour Chris ! Nous avons appris quelque chose. Si tu laisses Christophe décompresser en rentrant du boulot, si tu es calme, que tu lui montres par des gestes que tu l'aimes et que tu t'occupes de lui, alors il va se sentir libre, ouvert, détendu et aimé, ce qui lui permettra d'avoir une attitude heureuse et enthousiaste. Maintenant toi, t'est-il possible de faire cela ? Le sais-tu ? Le veux-tu ?
Chris - Oui, c'est vrai que ce serait drôlement plus cool. Je le veux, mais ne sais pas très bien le faire.
Fabien - OK, lesquelles de ces choses ne sais-tu pas très bien faire ?
Chris - Je ne sais pas lui montrer que je l'aime par des gestes.
Fabien - Est-ce vraiment que tu ne sais pas ou bien aurais-tu plutôt une objection à la faire ?
Chris - Si je sais le faire, mais j'ai véritablement du mal. Je suis bloquée.
Fabien - Je comprends. Demande toi à toi-même quelle est l'objection à le faire ? Quand nous ne faisons pas quelque chose, nous avons toujours une BONNE raison. Une partie de toi te bloque quand il s'agirait de faire ces gestes. Quelle est son intention positive ? Que fait-elle pour toi de positif ?
Chris - Là, c'est dur ! Elle me protège et évite la peur. Évite le danger.
Fabien - Très bien. Est-ce que tu te considères comme quelqu'un de créatif, d'inventif, ou d'imaginatif. Bref comment définis-tu cette partie de toi qui a des idées neuves ?
Chris - Oui, je me sens créative, inventive et imaginative. Cette partie de moi est… Je ne trouve pas de mots, je cherche. Une force.
Fabien - Cela va ainsi. Demande à cette partie de toi comment tu pourrais faire pour montrer à Christophe par des gestes que tu l'aimes TOUT EN te protégeant et en évitant la peur et le danger.
Chris - Cette partie sait effectivement comment faire.
Fabien - Superbe ! :thumb_up:
Chris - Génial.
Fabien - Est-ce donc maintenant possible de laisser Christophe décompresser en rentrant du boulot, d'être calme, de lui montrer par des gestes que tu l'aimes et de t'occuper de lui, de façon à ce qu'il se sente libre, ouvert, détendu et aimé, ce qui lui permettra d'avoir une attitude heureuse et enthousiaste.
Chris - Vu sous cet angle, cela n'a pas l'air très compliqué et est tout à fait réalisable.
Fabien - Et bien, nous avons presque fini ! Je voudrais que tu imagines que dans la scène entre vous, à la maison, il y a quelques jours, la scène dont nous parlions en début de conversation, tu te sois comportée comme cela. Fais-le et dis-moi si cela se passe bien. Comment aurait réagi Christophe ?
Chris - Il aurait été très heureux de ce genre de comportement.
Fabien - Et est-ce qu'il aurait été ouvert à ce que tu avais envie de lui dire et de partager avec lui ?
Chris - Oui, ouvert mais pas forcément d'accord.
Fabien - Est-ce que c'est OK pour toi ?
Chris - Oui, c'est OK.
Fabien - Bien. Effectivement, c'est son droit. Alors je voudrais que tu imagines avoir cette attitude avec lui cette semaine, puis dans trois mois, puis dans un an. Qu'est-ce que cela donne avec un an de pratique ? Prends le temps d'imaginer ces trois fois. C'est important.
Chris - Oui, cela donne avec 1 an ! Je te remercie et vais faire bon usage de tous ces conseils dès ce soir.
Fabien - Ce ne sont pas des conseils. Je n'ai rien proposé et c'est toi seule qui as trouvé ce qu'il fallait faire. Normalement, cela va marcher. Si ce n'était pas le cas, ce serait parce que nous n'avons pas trouvé tous les éléments nécessaires à Christophe, et il suffirait de recommencer le processus. Es-tu toujours d'accord pour que je publie cet échange sur le forum ?
Chris - Oui, je te remercie et suis d'accord pour la publication.
Fabien - Je te souhaite une bonne journée… et une merveilleuse soirée. Tiens-moi au courant.
Chris - Je te remercie encore de ce temps que tu m'offres. Oui je te tiens au courant et te souhaite une bonne journée et soirée à toi aussi.
Fabien - Bye ! Je t'embrasse.
Chris - Moi aussi merci. Ciao.

Les lecteurs peuvent transposer cette échange à leurs cas personnels à condition de suivre la même démarche, sans être tenté de prendre des raccourcis et de sauter des étapes.

Il est mieux aussi de faire ce travail sans s'interrompre. À titre d'information, nous avons mis presque deux heures : toutes les réponses ne sont pas faciles à trouver, et certaines questions nécessitent une réflexion parfois longue.

Très cordialement,
Fabien

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Louise B

Bonjour à vous,

C'est merveilleux la générosité dont tu as fait preuve Fabien, et je sais très bien que ça fonctionne.

Je voulais aussi te remercier pour la technique de l'observateur qui est maintenant un bijou dans ma vie.

Je comprends très bien ce que tu as utilisé avec Chris et je vais y revenir si nécessaire. Je me rends compte que dans mon obstination parfois à vouloir amener Donald à penser comme moi, cela cache souvent ma peur d'être abandonnée.

La crainte que nous n'ayons pas avancé ensemble et pourtant on a encore envie de voyager ensemble.

Je voulais partager quelque chose concernant la technique de l'observateur pour mes sentiments d'angoisse dans certaines situations. Depuis les derniers mois j'ai commencé à ressentir mes émotions sans les censurer et les juger, mais les regarder d'une autre façon et de m'aimer avec, réaliser que c'est mon ego qui se manifeste de la sorte très souvent.

Lorsque j'ai débuté les cours avec les enfants, j'étais seule avec eux et évidemment Donald n'était pas là. Un moment donné, je ressentais un sentiment de solitude comme si j'étais seule au monde. J'ai demandé si ce sentiment venait de mon ego ou de mon essence et j'ai compris que mon ego avait peur du changement, n'était pas certain d'y arrivé sans un adulte qui l'accompagne et je l'ai rassuré et ça s'est bien passé.

Depuis que je suis avec Donald, dans toutes les situations où on allait magasiner dans les grands centres d'achats, j'avais peur d'aller de mon côté. C'est comme si je croyais qu'il prendrait un prétexte pour s'enfuir et me laisser là, abandonnée à moi-même.

Hier, nous sommes allé magasiner. Au début, dans le premier magasin, l'angoisse est montée un peu. Je me sentais un peu insécure et lui ait dit ainsi qu'à ma fille. J'ai accepté de ressentir cette émotion sans la juger. Au deuxième magasin, j'ai eu un flash : je me suis vue avec les enfants à l'école. J'ai compris que c'était une émotion semblable et que mon ego croyait que je serais abandonnée, pas mon essence. J'ai fait l'exercice de l'observateur et ait été capable de laisser partir Donald de son côté et moi du mien pour un temps donné. J'ai pris du plaisir à regarder les vêtements et ne me sentais plus comme une petite fille abandonnée dans un magasin géant.

Aussi Fabien, je voulais te dire merci pour mon vocabulaire qui me réduisait (petite, tite, etc.) Je commence à intégrer l'adulte au niveau intime. J'ai retiré des objets de ma chambre à coucher. J'avais des toutous, des poupées, "Out", une peinture de ma mère (bien que je l'aime). Elle n'a pas à avoir d'affaires dans mon sanctuaire avec mon amoureux. :happy:

Bisous,
Louise

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Gillou

Bravo Fabien et merci Chris pour cette belle démonstration du méta-miroir par Internet. Je n'avais jamais imaginé que l'on puisse travailler de la sorte, via un clavier et un écran.

Gillou

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Louise B

Bonjour Fabien,

Et bien je crois que cet exercice avec Chris m'a fait aussi réagir une journée après.

J'ai réglé un conflit avec un ami commun (de mon conjoint et moi) la semaine dernière. Nous les fréquentions lui et sa copine comme couple. Je me sentais constamment agressée dans cette relation et puisque Donald ne semblait pas ressentir d'inconfort, je ne faisais rien et n'exprimais rien par peur de me retrouver seule. Après discussion avec cet ami la semaine dernière, ça m'a confirmée qu'il restait sur ses positions et ne reconnaissait pas ces agissements comme inadéquats ou irrespectueux. J'ai exprimé mon besoin de prendre des distances.

Donald n'a pas eu de mauvaise réaction. Il a respecté mon choix et ne manifeste pas le besoin ou le désir de continuer la relation non plus.

Je me sens mal dans la situation parce qu'en tant que 9, il n'exprime pas nécessairement ses besoins. C'est comme s'il s'ajustait aux miens pour éviter les conflits.

Exercice : j'ai tenté de faire l'exercice proposé avec Chris.

J'ai vraiment l'impression que Donald se ferme ou nie avoir vu des signes de détérioration de cette relation avant. Il est indifférent. Tout semble OK puisque je l'ai décidé. Il est d'accord. Il rationalise ses émotions. Il évite le conflit, n'exprime pas son désaccord, il me semble aussi fatigué. Il savait que quelque chose n'allait pas et il n'a rien dit.

Et comme spectatrice, je vois Louise : très insécure, elle doute de ses perceptions, se sent toute seule au monde, elle parle de la situation souvent en attendant une réponse. Elle aimerait qu'il parle de ses émotions, qu'il la rassure, qu'il l'appuie. Elle se sent trahie.

Et comment je me sens : je m'en veux de ressentir de la trahison, j'ai mal énormément, je me sens encore abandonnée. Je sens qu'il ne me dit pas toute la vérité pour me ménager. Je suis déçue et me sens impuissante.

Et oui, j'ai encore envie de me replier sur moi-même, me refermer et retomber dans un processus de m'effacer.

Mais je n'ai pas l'impression de me voir dans un miroir en regardant l'attitude de Donald. Par contre, je peux dire que je m'en veux peut-être pour ne pas avoir agi avant dans cette relation, d'avoir attendu aussi longtemps, de m'avoir abandonnée en quelque sorte.

Et j'ignore pour l'instant comment sortir de ce piège. Je crois que j'écoute mes besoins pourtant.

J'aurais aimé que Donald me reçoive, m'appuie, qu'il exprime son ressenti même si ça me déplait, qu'il admette de pas m'avoir appuyé.

En quoi l'attitude de Donald est semblable à la mienne ?

Si on regarde ce dont Donald a besoin : je change de chaise, etc.

OK Donald, comment faudrait-il que tu te sentes à l'intérieur de toi pour être recevant, appuyant, en confiance, franc et loyal avec Louise lorsqu'elle se sent abandonnée, trahie et insécure ?

Donald : qu'elle ne me fasse pas sentir coupable, qu'elle cesse de me voir comme un trahisseur potentiel, qu'elle m'aime comme je suis, qu'elle respecte mon rythme et mes limites, qu'elle me laisse libre.

OK Donald, si tu ne te sens pas accusé, bousculé, trahisseur, coupable, mal aimé, tu serais capable de recevoir Louise, l'appuyer, la rassurer et être honnête envers elle ?
Comment Louise doit se comporter quand elle te parle pour que te te sentes Libre non coupable, non-trahissant, etc. ?

Donald : qu'elle attende un contexte favorable, qu'elle me parle de ce qu'elle ressent et pas de ce que je ne suis pas, de ce que je ne fais pas, de me chercher des failles.

OK retour à Louise.

Recevoir Donald sans l'accuser, sans le mettre au pied du mur, suis je capable de faire cela ?

Louise : euh oui, je crois que je peux essayer de l'accueillir sans l'attaquer, sans l'accuser. Et si j'ai du mal à le faire, c'est que j'ai peur de me faire avoir encore. J'ai du mal à donner à Donald quand je me sens comme ça et aussi parce que c'est un homme doux et je me méfie des hommes doux, j'ai du mal à leur faire confiance.

Et je vais essayer de l'accueillir, l'aimer de façon créative, inventive TOUT EN ME protégeant et en évitant la peur et le danger.

Et si je vérifie avec la semaine dernière, j'imagine que oui, il se sentirait mieux, moins sur ses gardes.

Et avec lui dans une semaine, 3 mois, 1 an. Je crois que c'est commencer à considérer notre relation de couple comme adulte et non parent-enfant. La considérer comme elle est et non comme je peux l'imaginer avec mes peurs, mes restrictions.

Et j'ai compris hier que Donald avait la culpabilité fragile. Dans une situation, je lui ai demandé comment il se sentait lorsque je m'exprime de telle façon ? Il m'a dit : "Coupable et irresponsable." Donc, je dois faire attention aussi à sa blessure de culpabilité. Est-ce possible que ça l'amène à se refermer ?

En tout cas, Fabien, ça m'a éclairée. Si tu vois quelque chose que je ne vois pas, peux-tu m'éclairer ? Et ma façon de faire l'exercice semblait-elle adéquate ?

Louise

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Fabien Chabreuil

Bonjour Louise,

Bravo d'avoir mis aussi vite en pratique cette technique.

Sauf lorsqu'on cherche comment doit se sentir l'autre personne en faisant vraiment l'effort de se mettre dans sa peau, il importe d'éviter les lectures de pensées : nous pouvons constater objectivement l'attitude de l'autre et notre ressenti à ce propos, mais à moins qu'il ne nous l'ait dit, nous ne pouvons jamais savoir ce que pense ou vit l'autre personne.
Il me semble que tu n'as pas toujours évité ce piège, par exemple lorsque tu écris à propos de Donald "Il est indifférent." Cela, tu n'en sais rien. Peut-être que cette situation le torture depuis des mois. Tu peux dire qu'il ne réagit pas ou qu'il n'agit pas, mais tu ne peux pas dire qu'il est indifférent.

Dès qu'il s'agit de communication, cette distinction est fondamentale. Nous pouvons juger l'attitude des gens, mais pas les gens eux-mêmes. Il y a une différence fondamentale entre ne pas accepter un comportement et ne pas accepter une personne. Très souvent, même si nous faisons en nous la différence, notre communication ne l'exprime pas assez clairement et cela cause pas mal de problèmes. Cette technique a aussi pour but cette prise de conscience.

Dans ton travail, ceci a été marginal et je pense que toutes ces magnifiques prises de conscience vont avoir un impact réellement positif.

Quant au miroir, il existe bien sûr. Par exemple, je suis certain que Donald se sent lui aussi impuissant. Quand nous faisons la technique complète (ce que je n'ai pas fait avec Chris pour des raisons de temps et parce qu'elle pratiquait cela pour la première fois — mais elle l'a fait avec une aisance qui m'a bluffé), il y a des méthodes spécifiques pour mettre en évidence la similitude des comportements.

Très cordialement,
Fabien

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Louise B

Bonjour Fabien,

Merci de ces éclaircissements. Il est vrai que ma perception concernant Donald serait plutôt : il me semble indifférent mais je ne crois pas qu'il l'est.

Hier, ça m'a demandé un effort de demeurer là, présente sans prendre trop de place, lui laisser de l'espace. Il est arrivé de travailler et j'ai utilisé la technique de l'accueillir comme mentionné dans mon envoi. L'effet fut instantané, il s'est mis à dire qu'il avait hâte de prendre des vacances de Noël, qu'il était fatigué. Il a dit que ça allait bien dans ce qu'il faisait à son travail et était de bonne humeur. Il m'a dit que le souper était excellent et m'a remercié. J'étais ébahie.

Plus tard, dans la soirée, j'ai vérifié avec lui si j'avais parfois une attitude accusatrice et confrontante. Il m'a dit que oui. Il ne voulait pas s'exprimer parce qu'il se sentait braqué. Je lui ai dit que j'avais le goût d'apprendre à le connaitre comme homme et que j'étais désolée d'avoir pensé beaucoup à moi.

Tu sais Fabien, ce que je reprochais à l'ami que j'ai écarté, c'est son nombrilisme, c'est cela qui m'agressait le plus et aussi plusieurs points de divergence. Je trouvais qu'il était égoïste et ne pensait qu'à lui. Quoique je n'ai pas le goût de vérifier trop de choses dans cette relation pour l'instant, j'admets que j'ai tendance à être un peu égocentrique moi aussi. On dirait que j'ai l'attitude d'un bébé gâté qui dit : "Moi j'ai ceci ou cela, moi j'ai besoin de, de, de." Fabien, je dois réellement accueillir cette Louise et l'aimer ? Aimer cette Louise avec un grand besoin d'attention ?

Ouais, toute une prise de conscience. Et j'ai le goût de devenir une adulte. Évidemment, comme je disais à Donald, si je veux savoir qui il est, faudrait peut-être que je lui laisse l'espace nécessaire tout en aimant la Louise qui n'est pas habituée à tout avoir.

Donc, prendre, reconnaître que j'ai un grand besoin d'attention, sans juger. Laisser de l'espace à Donald avant de prendre toute la place, lui faire confiance et faire attention aux points mentionnés dans mon envoi précédent. D'une certaine façon, c'est s'ouvrir réellement à l'essence de l'autre, est-ce bien cela ?

J'aurais néanmoins une question. Puis-je utiliser cette technique avec d'autres personnes avec qui je me sens inconfortable ou seulement l'utiliser pour l'instant dans ma vie avec mon conjoint ?

Ça donne une impression de devoir travailler pour que les autres soient bien. Tu sais, j'étais un bébé gâté chez nous. Je manipulais et n'étais pas très donneuse et là, ça me confronte de reconnaître que c'est moi qui n'est pas bien et mon bonheur, c'est ma responsabilité.

Et que fait-on dans les cas de relations avec gens qui nous polluent l'existence ?

Louise

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Chris

Bonjour Louise et Fabien,

Je passe vite fait vous tenir au courant de l'évolution de la situation.

Tout d'abord après cet échange avec Fabien, je me suis sentie de nouveau en paix avec moi-même et beaucoup plus détendue. Christophe était au courant que nous allions avoir un échange, mais je ne lui avais pas expliqué la nature de celui-ci. Quand je lui ai évoqué le thème, il était très en colère que je puisse parler de nos problèmes de couple sur Internet. Ma première réaction fût de me sentir rejetée et l'espace d'une minute, j'ai pensé qu'il n'y avait plus rien à faire. Ensuite, je me suis dit qu'il avait le droit de réagir de cette façon. Je l'ai laissé m'exposer ses sentiments face à cette situation et j'ai tenté de le rassurer en restant calme et attentionnée. Au bout d'une heure, il a commencé par se détendre et à accepter que mon but n'était pas de déballer notre vie privée en public, mais que je tentais de trouver une solution à mon comportement. Hier soir, il est venu lire cet entretien avec Fabien et m'a dit qu'effectivement, il utilisait la méthode du repli pour ne pas que nos discussions dégénèrent en cas de désaccord.

En fait, Louise, m'a éclairée aussi avec son témoignage. Je pense qu'inconsciemment, s'il n'est pas d'accord avec moi, j'ai l'impression qu'il m'abandonne… C'est dingue, ça ! Et voilà comment les mécanismes de l'un peuvent activer les mécanismes de l'autre et ainsi entamer un processus terriblement vicieux !

Moi aussi, Louise, cela me demande un effort de rester calme et attentive aux autres, quand je voudrais tellement que l'on s'occupe de moi. Moi aussi, je me suis rendue compte de mon attitude égoïste et irresponsable… Enfin, Christophe n'est pas mon père et je sais très bien au fond de moi qu'il ne m'abandonnera pas. Alors moi aussi, je dois devenir adulte face à ce problème et laisser cette petite fille à qui on a volé son enfance. C'est trop tard maintenant. J'ai 32 ans et suis devenue une femme, j'ai trois merveilleux enfants et un mari adorable et je leur dois de m'assumer en tant qu'adulte responsable.

Et réflexion faite, je ne pense pas qu'il faille un an à Christophe pour être ouvert, il l'est déjà ! J'ai juste quelques petites rectifications à faire dans mes comportements et les mécanismes qui les engendrent.

L'ennéagramme est devenu pour moi le recueil d'une grande sagesse que je me dois de respecter dans toute sa profondeur en l'utilisant de façon plus judicieuse que je l'ai fait jusqu'à présent.

Alors, encore mille mercis à toi, Fabien.
Et, un grand merci aussi à toi, Louise, ton témoignage m'a réconforté et m'a fait moins me sentir seule.
Merci aussi à Bénédicte de ses petits conseils que je ne manquerai plus d'appliquer !

Pour vous : :heart::kiss:
Chris

P.S. : Fabien, une aisance qui t'a bluffé ? J'ai décidé de te faire totalement confiance, c'est plutôt ça !

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Louise B

Bonjour Chris,

 

Je viens de lire ton message qui m'a profondément émue. Moi aussi je veux enfin laisser de l'espace à Donald pour qu'il puisse enfin prendre sa place. Il est mon conjoint, pas mon père.

 

Et je ressens aussi toute la tristesse, le manque de mon père en ce moment. Le fait qu'il ne m'ait pas montré le chemin, le fait qu'il est parti trop tôt et qu'il ne m'a pas dit : "T'es capable ma grande. J'ai confiance en toi." J'ai l'impression de ramasser un tas de morceaux de Louise pour les reconstituer en une adulte.

 

En tout cas, je me sens moins seule moi aussi. Lorsque je te lis, j'ai l'impression que c'est moi qui ai écrit. On va y arriver et merci Fabien de ton support.

 

Bon et bien tu vois, j'ai 38 ans et je ne pourrai rien changer à ce qui n'a pas été fait. Je peux juste grandir.

 

Bises à toi,

Louise 4

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Louise B

Bonjour à Chris et Fabien et aux autres lecteurs,

 

Je crois qu'à la suite de la prise de conscience du méta-miroir, effectivement ça enclenchera des changements en profondeur et durables. Mais il faut du temps pour briser les habitudes et accepter que c'est un processus de vie.

 

C'est drôle, on dirait que de faire un effort en ce sens m'amène à voir Donald d'une autre façon, comme un homme justement. Et je sens qu'il me regarde et m'aime comme une femme. Je vois sa sensibilité et j'ai le goût de donner, de lui donner quelque chose, pas par culpabilité, pas par devoir, mais un désir de partager. On dirait que c'est un geste sans attentes qui me permet de me donner à moi en même temps.

 

Il vient vers moi et me demande comment a été ma journée et est plus attentionné.

 

En tout cas, je continue mon apprentissage dans cette voie.

 

J'aurais une question pour toi Fabien. J'ai une émotion que je n'arrive pas à écouter ou recevoir dans mes relations avec les autres, le malaise physique (état de nausée ou signes d'évanouissement). Je me permets de partager le petit exercice de prise de conscience que j'ai effectué, mais il me manque quelque chose et j'ignore quoi.

 

Ma voisine, qui est de 15 ans mon aînée et que j'aime particulièrement, représente un formidable miroir pour moi. Elle a un passé semblable au mien. On en a discuté occasionnellement. Mais j'utilise certains de ses comportements qui me gênent pour me voir, me découvrir. Je me sens de plus en plus à l'aise avec elle depuis que j'ai enlevée une bonne couche de honte. Je ne ressens plus la sienne comme une menace.

 

Mais hier, elle a eu des étourdissements, les jambes molles et moi dans ces moments, je perds tout mes moyens. J'ai l'air calme mais en-dedans je veux que ça cesse au plus vite.

 

Voilà ce que j'ai fait ce matin.

Je revois la scène. Ma voisine est joyeuse, mais elle commence à avoir des tremblements et des jambes molles. Elle semble bien émotivement et ne s'inquiète pas de la situation.

En spectatrice, comment est Louise? Elle ressent de la peur, agitée, se retire en elle, se replie, a envie de s'effacer, tente de rationaliser, ne veut pas ressentir. Elle a peur que ça lui arrive. Elle se sent seule avec sa peur.

Mon ressenti : honte, gêne, malaise, impression de rejeter l'autre. Je me trouve un peu niaiseuse de réagir ainsi. J'ai peur de mourir. Et en me relisant avant de poster, j'ai une impression que j'abandonne quelqu'un en me retirant.

 

Mais j'ignore quoi faire avec cela. Je dois recevoir et accueillir ce ressenti sans le juger ? Je n'attends rien de ma voisine évidemment, mais comment puis-je utiliser cette situation pour prendre contact avec l'émotion ?

 

Merci,

Louise 4

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Fabien Chabreuil

Bonjour Chris et Louise,

Je suis heureux de l'impact que ce travail fait avec Chris a pu avoir. Vous pouvez utiliser cette technique à chaque fois que vous avez une difficulté de communication avec quelque personne que ce soit.

Louise, le problème que tu décris avec ta voisine est différent et relève d'une autre démarche. Il s'agit certainement de la répétition d'une émotion passée. Étant donné ce que tu as vécu, je ne te conseille pas forcément de la rechercher seule : ce genre de travail n'est pas toujours agréable. Il vaut mieux accepter l'émotion et, un jour, quand tu seras prête, l'origine ressortira peut-être. Il est plus important d'accueillir ce qui est là dans le présent.

Comme annoncé, je m'absente de Paris et de ce forum pour une dizaine de jours. :bye: Très cordialement,
Fabien

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Pascal

Bonjour à tous,

Je reprends le fil de cette discussion sur l'ennéagramme et le couple, car je me pose cette question actuellement. Je me la pose par rapport aussi à la SD.

Je vis actuellement une situation de couple particulière où chacun a une démarche de développement personnel qui lui est propre.

Or il se trouve qu'actuellement, il y a une situation d'incompréhension mutuelle, même si nous sommes dans un échange explicatif voulant comprendre l'autre.

Je suis 9 alpha et je me suis aperçu que là, pas plus tard qu'hier midi, je n'ai pas évité le conflit (si conflit il y a), que j'ai exprimé ma colère (après la sienne), et cette expression de la colère, je l'ai décidée. Ce qui a eu pour conséquence l'expression clairement dite de celle-ci, sans retenue de ce que je voulais exprimer, et cela, c'est vraiment quelque chose de nouveau.

Le deuxième point concerne les croyances. A priori ma compagne ne donne pas l'impression de saisir les miennes, malgré les différentes reformulations et m'indique mon intolérance, mon indifférence, et ce quelle considère comme du mépris. Cela me questionne, et je me demande si c'est de l'oubli de soi de ma part ou simplement la non perception de la part de ma compagne de ce que je suis.

En effet, je ne me sens pas intolérant, sauf quand les propos, quels qu'ils soient, touchent à un certain nombre de valeurs sur lesquels je suis ferme, et, en ce moment, nous n'avons pas toujours les mêmes. Même en expliquant que j'accepte ses valeurs sans forcément les partager, cela crée une zone d'incompréhension.

Sur l'indifférence, j'ai le même sentiment, et cette image que je véhicule doit correspondre à ma façon de voir les choses et les dits qui ne sont pas forcément compréhensibles. Je prends en compte ce qui est dit et je m'implique vis à vis de ma compagne, mais a posteriori, cela n'est pas perçu ainsi.

Sur cette situation, je réagis d'une façon qui ne m'était pas vraiment connue, car je ne me trouve pas dans un comportement d'isolement et de victimisation, comme ce fût bien souvent le cas auparavant, avec des pensées du style "personne ne m'aime", etc. Non rien de tout cela, il y a eu une colère que j'ai pu exprimer, mais pas de retrait ou de victimisation : je vais mieux que j'aurais pu le penser et surtout le fait d'avoir exprimé ma colère m'a permis de voir que bien souvent la crainte des conflits était exagérée, et que cela me permettait d'avoir le courage de dire ma pensée sans craindre de retours négatifs.

Bien amicalement,
Pascal

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Fabien Chabreuil

Bonjour Pascal,

 

Il aurait été intéressant que tu signales l'ennéatype de ta compagne.

 

"Je vis actuellement une situation de couple particulière où chacun a une démarche de développement personnel qui lui est propre."

J'ai pris un peu de temps pour relire cette très ancienne discussion. Cela a déjà été dit, le développement personnel facilite la compréhension de l'autre, mais pas toujours totalement. Quand les démarches sont différentes, elles ne donnent pas toujours des informations pour comprendre l'autre, parce qu'elles peuvent être d'ennéatype et de positionnement sur la Spirale Dynamique différents. Entre un travail PNL qui est en 3-ORANGE et la psychanalyse en 5-BLEU, il n'y a pas toujours un langage commun…

 

"Pas plus tard qu'hier midi, je n'ai pas évité le conflit."

Ici par exemple, pour un 9, c'est un progrès et, même s'il ne s'agit pas de se vautrer dans la colère, un passage obligé vers l'intégration. Si elle n'a pas la grille de l'Ennéagramme ou une autre intégrant cette information, ta compagne peut, bien au contraire, interpéter cela comme une aggravation.

 

"Le deuxième point concerne les croyances. A priori ma compagne ne donne pas l'impression de saisir les miennes, malgré les différentes reformulations et m'indique mon intolérance, mon indifférence, et ce quelle considére comme du mépris."

Ici, il est vraisemblable que le positionnement sur la Spirale Dynamique joue énormément. Les personnes qui culminent à un niveau donné de la Spirale ne peuvent que très difficilement "saisir" les croyances et valeurs des niveaux suivants ; elles risquent de considérer comme dépassées, voire infantiles, celles des niveaux précédents, ce qui peut être interprété comme du "mépris". Parfois même, elle peuvent ne pas comprendres celles des personnes situées au même niveau quand les valeurs de surface diffèrent trop profondément.

 

"Même en expliquant que j'accepte ses valeurs sans forcément les partager, cela crée une zone d'incompréhension."

Peut-être y a-t-il une question de forme dans ton message. Peut-être aussi que ses valeurs sont expliquées par un BLEU un peu rigide, et que les comprendre sans les partager est inacceptable.

 

Très amicalement,

Fabien

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Fabien Chabreuil

Bonjour Pascal,

 

Comme tu le sais, j'ai vu ta compagne au stage de Bases du week-end dernier. Il s'est confirmé qu'elle est d'ennéatype 4. En Ennéagramme, la paire 4-9 est une de celles qui fonctionne assez facilement, et rien ici ne me laisse penser qu'il puisse en être autrement. La source principale du problème — si problème il y a toujours — est donc bien, comme je le supposais, liée à la Spirale Dynamique.

 

Tu culmines en JAUNE, là où il me semble (je peux me tromper l'ayant vue assez peu et dans un contexte où la Spirale Dynamique n'était pas le sujet) que ta compagne a un BLEU fort et un ORANGE insuffisamment développé. Bref, c'est à ce niveau que la communication est à développer avec deux objectifs : l'aider à percevoir l'existence des niveaux suivants de la Spirale, et l'aider à se connecter à ORANGE et à percevoir ce qu'il peut lui apporter de positif. Même si ORANGE comprend très mal JAUNE, il ne le rejette pas comme BLEU a tendance à le faire. Étant placé par rapport à elle à un niveau ultérieur de la Spirale, c'est toi qui peut faire le premier effort en ce sens (j'ai bien dit le premier effort, pas tous les efforts).

 

Très amicalement,

Fabien

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Sevan

Bonjour Pascal, Fabien et les autres,

Sans avoir été en couple avec, en tant que 9 alpha, le côté très émotionnel d'une amie 4 m'avait mené à ne pas la comprendre et à m'énerver (et à l'engueuler) dans certaines situations. Sur le coup, je m'étais autant étonné du fait que je puisse m'emporter de la sorte que de sa tendance à "tout ramener à elle-même" qui était une interprétation de ma part, le mécanisme sous-jacent étant probablement l'introjection du 4. Le stage Communication m'a rétroactivement éclairé…

Même si le positionnement sur la Spirale peut être la cause de fond, il y a peut-être la forme de communication de chaque ennéatype qui peut également compliquer les choses.

En tant que 9, savoir que je suis en colère est une première étape qui est de plus en plus facile, mais l'exprimer sans agressivité est plus difficile. J'essaie pour cela de repérer quel besoin non satisfait ou quelle valeur non respectée est à l'origine de ma colère (en me fondant sur la technique de la Communication Non Violente ou sur le processus détaillé dans le stage Pardon). Même comme cela, ma manière de m'exprimer peut paraître non naturelle, et on pourrait me reprocher de prendre de haut, de "jouer au psy", etc. Pas évident !

Amicalement,
Sevan

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

Tu as totalement raison, Sevan, sur le fait qu'un problème peut avoir plusieurs causes, mais, amateur de TOC — la Théorie des contraintes, pas le trouble obsessionnel-compulsif  :rofl: —, je cherche toujours à identifier le goulet d'étranglement, la contrainte la plus forte, qui empêche le système de bien fonctionner, puis à traiter cette contrainte. Ceci fait, une autre apparaît, etc.

Dans le cas particulier de Pascal, il me semble que la contrainte est plutôt la Spirale Dynamique. Ceci dit, je peux fort bien me tromper.

Très amicalement,
Fabien

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Pascal

Bonjour à tous,

 

Merci Fabien. Ce billet m'a fait beaucoup réfléchir aujourd'hui, et il est vrai que c'est bien cela. Le chemin se fait dans le dialogue, et le passage en ORANGE se fera dans ce sens-là.

 

Merci Sevan, et je retiens ce que tu as écrit qui est pertinent dans certains cas.

 

Le fait de faire les stages d'Ennéagramme et de SD permet d'aider à bien cerner les situations et de progresser dans la communication (entre autres).

 

Bien amicalement,

Pascal

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