Institut Français de

l’ennéagramme

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Nadine

Enfants de parents de type 3

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Nadine

Bonsoir,

 

La lecture de certaines discussions sur ce panneau m'a touchée et m'a donné envie de comprendre comment les personnes ayant un parent de type 3 ont vécu leurs relations avec lui.

Par exemple, quelles sont les réflexions positives ou négatives que vous avez souvent entendues, quels étaient les signes d'amour que vous avez reçus (si vous en avez reçus), quels typse d'encouragements, etc. ?

J'apprécierais vraiment votre aide pour mieux comprendre mon propre fonctionnement et son impact sur mes enfants (un 8 et une 2).

 

Nadine (3)

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Jackie

Bonsoir, Nadine,

 

J'ai bien entendu ta demande et ton désir d'être une bonne mère me touche. Je crois que la mienne aussi avait ce désir et je l'ai beaucoup fait souffrir. :sad:

J'ai éprouvé pour elle beaucoup d'amour et beaucoup de haine. Cette relation m'a tellement marquée que c'est sans doute pour cela que je suis tombée amoureuse d'un homme 3. Si tu en as la curiosité, j'en parle dans la discussion "Histoire d'un couple Femme 8-Homme 3". >[Note de l'administrateur : ici.]

Je reprends le contenu de ton message initial, car j'entends que tu as un enfant 8 et que peut être c'est dur pour toi ? Etant du centre instinctif, un enfant 8 "sent vrai".

De ses quatre enfants, j'étais celle dont ma mère était le plus fière. Et cette fierté sous-jacente, cette certitude qu'elle avait que quoi que je fasse je le réussirai, a été pour moi, malgré les messages négatifs, un formidable viatique.

 

Ce qui me paraissait incompréhensible : son côté caméléon. Elle changeait de personalité comme de chemise : elle était femme d'affaires.

 

Je lui reprochais de n'être pas de parole, de ne pas prendre ma défense, de me donner tort devant les étrangers (Injustice :heart: ).

 

Comme pour Stéphanie >[Note de l'administrateur : discussion"Cheminement d'un 6".], j'entendais les mêmes mots : tu aurais pu mieux faire, travaille au lieu de t'amuser…

Enfant remuante, je me salissais beaucoup et elle disait quand elle achetait des vêtements (jolis au demeurant) : pour un cochon pareil, c'est bien suffisant !

Là encore double message : je sentais chez elle une fierté que je sois "un garçon manqué" et que je sois brillante à l'école (elle m'appelait son phénomène !). En guise de compliments, elle me disait : "Si les petits cochons ne te mangent pas, on fera quelque chose de toi." :crazy: Aux autres elle disait : "De mes quatre enfants, la seule pour laquelle je ne me fais aucun souci, c'est Jackie. Elle s'en sortira toujours."

Comme tu peux le voir, son souci de perfection s'exerçait au niveau de l'image (être impécable, être sage) et de l'excellence (toujours plus).

 

Femme surmenée (veuve et divorcée), elle ne savait pas se rendre disponible et exigeait de moi que j'obéisse sans discuter.

Et c'est là que ça coinçait. Je n'obéissais que quand je jugeais l'ordre recevable et que je comprenais pourquoi je devais obtempérer. Bien sûr, je n'en faisais qu'à ma tête, et rien ne m'arrêtait : ni les corrections, ni les récompenses !

 

Il m'est impossible d'imaginer ma mère autrement qu'au travail. Elle ne m'accordait de l'attention que quand je réussissais quelque chose ou que j'avais de mauvaises notes (généralement de conduite). Ce qui me rendait enragée, c'est qu'elle ne reconnaissait pas mes efforts. Pas de vrais compliments, beaucoup de critiques. J'en ressentais un énorme sentiment d'injustice et une très grosse frustration.

 

Le reste de son temps était consacré aux autres. Je l'entendais rire et plaisanter.

Nous, nous avions la soupe à la grimace !

 

Je l'ai plusieurs fois surprise en flagrant délit de mensonge et pour moi c'était rédhibitoire.

 

Quand je la poussais à bout (je connaissais tous ses points faibles), elle en venait aux mains pour me faire céder. Grosse erreur ! Cela me rendait encore plus forte et c'est elle qui cédait ! :happy:

 

Je crois qu'elle était paumée avec moi, car ce qui avait marché avec les trois autres (respectivement de type 4, 9, et 1) ne fonctionnait absolument pas avec moi.

 

Pourtant, je ne demandais pas grand chose : qu'elle reconnaisse mes efforts au lieu de me traiter de paresseuse (J'avais des facilités, il est vrai, et je ne forçais pas beaucoup. :laugh: ) et qu'elle m'écoute vraiment quand j'avais quelquechose à lui dire.

 

Ma mère était une femme formidable dont je suis fière d'être la fille.

L'ennéagramme nous aurait épargné beaucoup de souffrances à toutes les deux, si nous y avions eu accès.

Elle est morte à 60 ans, loin de moi, usée par le travail, et je n'ai pas pu lui dire combien je l'aimais…

Jackie (8)

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Nadine

Bonjour Jackie,

 

Miroir, miroir… En te lisant, je me vois moi même dans certaines discussions "épiques" avec mon fils…

Veux tu bien continuer à m'aider en répondant à quelques questions complémentaires ?

- Lorsqu'elle "en venait aux mains", pourquoi dis tu que cela te rendait encore plus forte ?

- Comment ta maman aurait elle pu ou aurait elle du reconnaitre tes efforts ? Qu'est ce qui t'aurait fait plaisir et qu'elle ne faisait pas ?

 

Merci encore,

Nadine (3)

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Jackie

Bonsoir Nadine,

 

Je viens de lire ton message et il me semble que cela réveille des échos chez toi…

 

Quand tu parles de situations épiques, qu'en est-il exactement ? Qu'est-ce qui les provoque ? Que veux-tu obtenir de ton fils qu'il ne veut pas te donner ? Que veut-il obtenir de toi que tu lui refuses ?

 

Le noeud du problème dans la relation entre ces deux types réside dans le fait que l'un est dans le "faire" et que l'autre est dans l'"être".

 

De tous les types de l'ennéagramme, le petit 8 est le plus "énergétique". Sans généraliser, un certain nombre de 8 sont des enfants "téflon". Rien ne "colle" sur un enfant téflon : ni les punitions, ni les menaces, ni les cadeaux, ni les promesses, ni le chantage ! Il est précoce et intelligent, et n'accepte de coopérer que s'il a confiance. C'est un enfant ressenti comme "difficile".

 

De par son caractère, c'est un petit guerrier. Le traiter par la force, c'est lui donner l'occasion de développer son goût pour la castagne. Il aime ça ! :laugh:

 

Ce qui m'aiderait pour t'apporter un éclairage plus pointu, c'est que tu me décrives en détails une situation type…

 

A bientôt,

Jackie (8)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nadine et Jackie,

 

Une petite parenthèse technique dans votre passionnante discussion. Jacqueline, tu écris : "Le noeud du problème dans la relation entre ces deux types réside dans le fait que l'un est dans le 'faire' et que l'autre est dans 'l'être'."

 

Dans diverses discussions de ce panneau de messages, nous avons évoqué ces notions de faire, avoir et être. Au sens où nous en avons parlé, être dans l'être consiste à privilégier son identité véritable (essence) par rapport à tout ce qui conforte sa fausse identité (ego), à ne pas croire notamment que cette identité dépend de ce que l'on fait ou de ce que l'on a. C'est un signe fort d'intégration.

 

Dans ce cadre, l'enfant 8, pas plus qu'un autre et pas moins non plus, ne peut pas être dans l'être. Membre du centre instinctif, il est orienté vers l'action et a tendance à privilégier le faire.

A la recherche d'une image sociale reconnu et ayant comme orientation la capacité à réaliser et à réussir, l'enfant 3 est généralement dans le faire et aussi, dans notre culture de la pression marketing, dans l'avoir.

 

Si tu as utilisé le mot être dans un autre sens que celui-ci, pourrais-tu, afin d'éviter des confusions, nous le préciser ?

 

Pour le reste, je suis bien évidemment en total accord avec ta description de l'enfant 8.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Jackie

Tout à fait Fabien,

 

Et je te remercie de me donner l'occasion de préciser qu'il s'agit du "être" égotique, au sens de l'identification à une fausse identité. Pour l'essence, j'utilise toujours la majuscule pour écrire le mot "Etre".

 

Enfant, dans ma relation avec mon cousin 3, je m'étais identifiée une fois pour toute à quelqu'un de "plus fort" que lui, le faisant passer pour une "poule mouillée". Mon cousin me rabaissait en montrant qu'il savait "mieux faire" que moi. Pour cela, il s'identifiait à des modèles forts (Tarzan, Superman, Zorro…) Ca finissait toujours par une bagarre et il fallait nous séparer car aucun des deux ne voulait lâcher le morceau… :laugh:

 

Nous étions vraiment très, très loin de l'essence ! :laugh:

 

Merci Fabien de m'avoir permis de préciser…

Jackie (8)

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Nadine

Jackie,

J'ai du mal à identifier une situation type, car il y en a pas mal… Mais en recherchant par rapport à tes questions, j'ai réalisé que ce qui me met très en colère, c'est quand j'ai besoin d'aller vite et que mon fils se met en travers de mon chemin…

Par exemple, le matin au petit déjeuner, je suis plutôt pressée et du genre à déjeuner "vite et bien". Lui est plus lent et prend son temps…

Globalement ça passe, mais lorsque j'ai une réunion professionnelle qui m'oblige à partir plus tôt que d'habitude, j'ai beau le "briefer" avant (premier avertissement le soir, rappel le matin en le réveillant), pas moyen de le faire aller plus vite. Comme tu dis, tout glisse sur lui : j'achète l'expression de l'enfant téflon ! Il reste sans parler, à me fixer droit dans les yeux (sa nourrice disait de lui lorsqu'il était petit bébé qu'elle n'avait jamais eu à garder un enfant qui l'ait fixé aussi longtemps droit dans les yeux !).

Donc pour répondre à tes questions, je dirais que j'attends de lui qu'il m'obéisse sans poser de questions ! Et quant à ce qu'il attend de moi : ??? Que l'on en discute ? Que dirais-tu, toi ? Que se passe-t-il dans sa tête dans ces moments-là ? Et pourquoi ne parle-t-il pas (ce qui me met encore plus en rage) ?

 

Nadine (3)

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Jackie

Nadine,

 

Je vois qu'effectivement, ça doit être difficile certains jours !

 

Il y a une chose qui m'interpelle quand je lis ton message, c'est la notion de temps. Et cela résonne chez moi !

 

Ce qui me réactivait très fort chez ma mère, c'était son indisponibilité et son manque d'écoute.

 

Juste une anecdote : j'avais 9 ans et l'institutrice, pour me faire tenir tranquille, s'était procuré un lot de jarres en terre, 12 exactement. Ces jarres nécessitaient d'être poncées, puis décorées, peintes, vernies et recuites. Tout un travail ! A moi seul, j'en ai décoré 11. Chaque jarre, une fois terminée, faisait l'objet d'un commentaire admiratif de la part de mon institutrice et de ses collègues. Je parlais beaucoup de mon travail à la maison, précisant que mes jarres seraient exposées et vendues et que certaines étaient déjà retenues. :laugh:

 

Je précise que ma mère, pendant sa jeunesse, peignait admirablement. J'étais impatiente qu'elle voit mes "oeuvres".

 

Le jour "J" arrive. Dès le matin, je presse ma mère de venir à l'exposition. Ce n'est que vers 17h, l'exposition fermant à 17h30, qu'enfin elle se décide à y aller. Quand nous arrivons, les jarres ont disparues, toutes vendues, sauf une, celle que je n'ai pas décorée ! :sad:

 

Elle s'est sentie très mal, car les institutrices, qui attendaient ma venue depuis le matin, lui ont dit ses quatre vérités !

 

Bien sûr, je n'ai rien laissé paraître de ma déception. Mais, ce jour là, je l'ai vraiment haïe ! :laugh:

 

Si l'on en revient à la notion de temps, le 3 n'en a jamais assez et le 8 toujours suffisamment. De par mon expérience, c'est toujours ce qui coince dans ma relation avec mon mari. Et à te lire, je me demande si la plainte de ton garçon n'est pas de cet ordre. Car pas de temps, pas d'attention véritable ! Pour ma part, en tant qu'enfant 8 de mère 3 et qu'épouse de 3, ce manque d'attention chronique induisait chez moi une frustration importante que je faisais payer très cher !

 

Il existe une série d'ouvrages sur l'enfant téflon. Je me suis totalement reconnue dans celui du canadien Daniel Kemp : "Comprendre et aider l'enfant téflon", Editions Le Souffle d'Or.

 

Je reste à ta disposition pour répondre à tes questions.

Bien cordialement,

Jackie (8)

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Jackie

Bonjour Nadine,

 

Je viens de relire ce que j'ai écrit à propos de ma mère.

Dans l'anecdote que je rapporte, il est clair que ce qui s'est passé, durant toute cette journée, c'est que ma mère était tellement occupée qu'elle n'a pas vu le temps passer. C'est d'ailleurs une phrase qu'elle disait souvent : "Je n'ai pas fait attention." :laugh:

Le mot était juste puisque, précisément, c'était le manque d'attention à ce qui n'était pas sa source de revenus qui posait problème. Elle n'était pas présente non plus à elle-même et se surmenait en permanence. Pour elle, nous montrer qu'elle nous aimait passait par : satisfaire tous nos besoins matériels.

 

Quand tu me parles de ton fils qui te fixe droit dans les yeux sans parler, je me revois (quand tu parles de miroir !) faisant de même. Ce qui était présent dans ma tête à ce moment-là, c'était tout sauf de l'amour. Je savais qu'en adoptant cette attitude, j'allais générer un conflit et, là, je me préparais au combat. Ca m'excitait, car je savais qu'elle allait péter les plombs. C'était une manière de prendre le pouvoir sur elle. :laugh: .

 

Ce qui aurait aidé à désamorcer le processus : de l'humour :laugh: , qu'elle n'essaie pas de gagner (là, on était deux !) :sad: ou, tout simplement, un regard de tendresse :heart: . Son regard, lorsque je m'opposais, me semblait haineux. Je suppose que ce rapport de force ravivait des scènes de son enfance (elle avait une terrible mère 8).

L'histoire se répète, comme tu vois !

 

Ce qui est bien, c'est de pouvoir en parler. Quelle chance d'avoir accès à un tel outil ! Et je te remercie de me permettre de t'aider. Cela m'aide moi aussi. Merci Nadine.

 

A bientôt,

Jackie (8)

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Nadine

Jackie,

Tu dis que le regard de ta maman te semblait haineux, je préfère ne pas qualifier le regard que je pose sur mon fils pendant nos affrontements, ni le sien sur moi… Oui, j'ai déjà constaté que l'humour arrangeait les choses, mais je n'ai pas su vraiment donner la tendresse et je le regrette. Je te promets, Jackie, qu'à la prochaine bataille familiale 8-3, je penserai à toi et que j'y puiserai des forces pour couper le pilotage automatique.

 

Pour le côté "manque d'attention", j'ai bien entendu ton message et j'ai envie de te répondre comme ta maman : je leur donne ce dont ils ont besoin, je me défonce pour eux, et voilà !, je fais mon boulot de pourvoyeuse de confort… Pour l'attention, il faut vraiment que ce soit eux qui viennent la réclamer, et alors je m'arrête et je les écoute.

Mais mon petit 8 ne réclame pas souvent. Peut être que de son point de vue, ce serait une faiblesse de demander ?

 

Nadine (3)

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Jackie

Bonsoir Nadine,

 

Tu me dis que ton garçon ne réclame pas souvent de tendresse et qu'en réclamer serait de la faiblesse…

 

Demander n'est pas un problème pour un 8. Un enfant 8 sait ce qu'il veut et sait comment l'obtenir, tant qu'il s'agit de choses matérielles ou de contrôler une situation ou son environnement.

 

Le problème se pose quand il s'agit de reconnaître ses besoins affectifs. Comme son attention est portée vers l'extérieur, il méconnaît ses besoins, jusqu'à les nier complètement.

 

Pour exprimer un besoin, il faut en être conscient. De même pour analyser ce qui se passe, il est nécessaire de ressentir l'émotion présente, de l'identifier clairement, de la reconnaître, et de choisir ou non de l'exprimer.

 

Mais la manière d'être, fixe et automatique qu'est sa compulsion, rend la chose difficile car, éviter la faiblesse revient à zapper l'émotion. Et cela se fait tellement vite, qu'il n'a même pas conscience d'avoir ressenti quelque chose !

 

Par exemple, enfant, un besoin d'affection se manifestait chez moi par de l'inconfort. Ne sachant pas exprimer mon mal-être, j'adoptais un comportement agité, style "mouche du coche". Je me faisais gronder, ce qui aggravait le problème. Je devenais alors agressive, faisait une bêtise et obtenait le contraire de ce dont j'avais besoin !

 

Ce qui m'amenait à la vengeance, car je me sentais frustrée. En réalité j'étais blessée, malheureuse, et cela s'exprimait par de la colère.

 

Et là, la mécanique se mettait en route. Plus j'étais en colère, plus la souffrance était grande et masquée. Je ressentais alors un urgent besoin de réparation. Plusieurs options : je cognais quand c'était possible, je rayais l'autre de mon champ visuel (tactique très efficace !) ou j'attendais le moment propice pour "l'exécuter", en public de préférence !

 

Il m'a fallu quelques années de thérapie pour démolir le blindage. Me relier à mes émotions a été un travail long et extrêmement douloureux. :laugh:

 

Jackie (8)

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