Institut Français de

l’ennéagramme

À quoi sert tout le reste...

Jump to content
Sign in to follow this  
Jackie

Histoire d'un couple Femme  8-Homme 3

Recommended Posts

Jackie

Bonjour à tous,

J'ai un cousin 3 qui a épousé une femme 8 alpha conservation. Lorsque j'ai fait la connaissance de Nicolle, sa femme, il me semblait évident qu'elle était bien un 8. Pour vérifier, je lui ai posé juste une question : "Que penses-tu des faibles ?" J'ai vu son visage se durcir, elle a avancé sa main droite devant elle, comme si elle étranglait quelqu'un, et d'un ton menaçant, elle a eu cette réponse sublime : "Moi, les faibles, je les détruis, je les écraaaase !" :surprised:

Quand à mon cousin, qui avait très vite compris que pour faire péter les plombs à son 8 il lui suffisait de refuser le conflit et de lui opposer un mur de silence, je lui ai demandé : "Mais, Bernard, quand tu te tais comme cela, qu'est-ce que tu te dis ?" Et lui aussi a eu une réponse sublime. Il m'a dit d'un air triomphant : "C'est simple. Quand elle gueule comme ça, je me dis 'Laisse braire les ânes !'"

 

Je reste convaincue que le tandem 3/8 est un un tandem hyper-puissant, à condition que les forces se conjuguent. Bien que musclée, la relation entre ces deux types me parait pérenne. Je me garderai cependant de généraliser, mais je connais plusieurs couples femme 8-homme 3, dont le mien; jouissant d'une longue pérennité. J'analyse cela de la façon suivante : le 8 alpha a besoin d'espace, de liberté, d'autonomie, d'indépendance. C'est un solitaire (plutôt un individualiste) qui aime la compagnie et la fête, et qui déteste les feignants. Le 3 mu conservation, par son investissement dans son travail et sa capacité à rapporter de l'argent, satisfait le besoin de sécurité matériel et affectif du 8, car il est trop occupé à courir après les affaires pour courir après autre chose. D'autre part, toujours parce qu'il est très pris par ses affaires, il est peu présent chez lui, s'investit peu dans l'éducation des enfants et fiche une paix royale à son 8 qui peut régner en maître sur sa maisonnée. D'autre part, chacun est fier de l'autre. Une femme 8 est valorisante pour un 3 et la femme 8, bien qu'elle s'en défende, est fière de la réussite de son mari (Il ne manquerait plus qu'en bossant comme ça il ne réussisse pas ! Non mais sans blague ! :wink: ). Ce qui pose problème, c'est que parfois quand superwoman est fatiguée et que la petite fille en elle se réveille, elle voudrait bien poser sa petite tête sur l'épaule de son chéri, s'appuyer sur lui, obtenir de l'aide, du soutien, crier "pouce". Mais elle ne sait pas trop comment demander cela sans se sentir faible et quémandeuse ; elle voudrait bien qu'il devine tout seul qu'elle a besoin d'un câlin. Le bougre, ça se voit, non ?, qu'elle est fatiguée. Si ! Si ! C'est de la fatigue, même si elle à l'air à cran ! Mais, franchement, qui aurait l'idée de protéger et de cajoler une 8 ? Alors déçue, furieuse à la fois contre elle et contre l'autre, elle déclenche une "bonne" dispute pour se redonner de l'énergie… Seulement là, elle tombe sur un bec, car son 3 qui la connaît bien, qui ne veut pas prendre le risque de perdre la face en étant à bout d'arguments, va refuser le conflit en devenant muet comme une carpe. Frustration garantie pour madame… Pour les six couples F8/H3 que j'ai interviewés sur leur façon de communiquer, j'ai retrouvé ces constantes. J'ajoute qu'ils jouissent d'une belle prospérité… et que l'entente sexuelle est excellente. D'ailleurs c'est souvent ce qui va leur permettre de rétablir la relation, qui va repartir sur les chapeaux de roue jusqu'à la fois suivante. C'est cyclique…

Fabien, as-tu fait les mêmes observations ?

Bien cordialement à tous,

Jackie 8

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jackie

Bonjour à tous,

C'est au cours d'une réunion de famille, une ennuyeuse communion où je me rendis seule (j'étais mariée sans enfants) que ma vie bascula.

IL se tenait devant moi, grand, beau, bronzé, me fixant de ses yeux turquoise, un sourire timide au coin des lèvres…

Quoi ? Ce beau mec, c'était le gringalet connu cinq ans plus tôt ? Je n'en croyais pas mes yeux ! Ce qui me troublait, c'était son émotion en me revoyant…

Mon séjour ne serait peut être pas si ennuyeux et la communion me parut une merveilleuse invention…

Il s'y prit très adroitement pour me piéger.

Outre son physique avantageux, j'avais en face de moi l'homme idéal ! Gai, plein d'humour, intelligent, sensible, viril, réservé juste ce qu'il faut pour donner envie d'aller y voir de plus près… Du jamais vu pour moi !

C'est seulement quand il a été certain que je l'aimais au point de divorcer pour lui, que nous avons eu notre première relation. Et quelle relation ! Un feu d'artifice ! Non seulement il était "mon homme" idéal, mais il était aussi l'amant idéal ! :happy:

Quand après avoir divorcé douloureusement d'un type super avec qui je m'entendais comme larrons en foire, m'être fâchée avec toute ma famille (ma mère 3 étant la plus enragée !), m'être dépouillée de tous mes biens excepté mes bijoux et ma garde robe, m'être brouillée avec tous mes amis, je l'ai rejoins pour vivre le grand amour, j'ai cru que je m'étais trompée d'adresse ! :happy:

J'avais un inconnu devant moi. Exit l'homme idéal.

Possessif, jaloux, refusant de sortir (j'étais trop classe), lève-tard, comateux au réveil et fumant comme un pompier…

Le jour où, excédée, j'ai voulu sortir seule, j'ai déclenché une tornade de souffrance. Désorientée, ne sachant pas gérer, j'ai renoncé à ma séance de cinéma.

Entre temps, il s'était mis à préparer activement son entrée dans la vie civile et passait ses soirée à bosser son algèbre de Boule. :happy:

Il comparait notre situation à celle que j'avais quittée, se sentait minable et ulcéré. J'avais beau lui dire sur tous les tons que l'argent n'était pas important pour moi, il n'entendait rien et était très malheureux.

Son ambition grandissait au fil des jours. Je lui reprochais de se servir de moi pour la nourrir. Il me disait que c'était par amour qu'il faisait tout ça ! Je le traitais de menteur ! Il se recroquevillait, en grande souffrance. Je culpabilisais (expérience nouvelle pour moi et très désagréable), m'excusais, me sentais dominée, lui en voulait à mort… Bref ! La totale.

Nous nagions, malgré nos sentiments décidément bien forts, en plein océan d'incompréhension…

Jackie (8)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour Jackie,

 

Merci pour ce flashback ! Ce témoignage de couple 3-8 est bien intéressant. J'espère que tu vas nous expliquer comment vous êtes passés de ce malentendu initial au couple harmonieux que je connais et que décrit ton premier message. Bref, j'attends la suite du feuilleton !

 

Très amicalement,

Fabien

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jackie

Malgré les difficultés que nous avions pour fonctionner harmonieusement, à aucun moment la relation ne fut mise en cause par lui ou par moi. J'avais l'intime conviction que cette relation durerait. Je nous sentais liés jusqu'à la mort ! C'est pourquoi j'acceptais l'idée d'un enfant. Jusqu'à présent, je n'en avais pas voulu. Ma forte aile 7 renforçait ma compulsion dans le sens d'éviter l'enfermement que représentait la maternité et la domination que cela supposait ! Ayant été "l'enjeu" de mes parents (mère 3, père 8) qui ont joué "La guerre des Rose" à mon sujet, je voulais un couple stable et à toute épreuve pour mes enfants.

Je me retrouvais enceinte et pendant les quatre premiers mois, nous parlions beaucoup de notre bébé à venir. Puis un beau matin, il éluda brutalement le sujet en me disant une phrase que je n'ai jamais oubliée (la mémoire d'éléphant du 8) : "Tu es enceinte, et alors ? Tu n'es pas la première femme à qui cela arrive !" Là encore, j'avais devant moi un homme radicalement différent des mois précédents. :happy:

Je réalisais que, enceinte de quatre mois, le risque de fausse couche était écarté et il pouvait passer à autre chose. J'avais la rage au coeur, me sentais flouée, l'accusait des pires vilénies, et par dessus tout, je me donnais tort à fond d'y avoir cru ! Dans ces moments-là, nous nous poussions mutuellement dans notre compulsion : moi en le mettant en échec de me rendre heureuse, lui en me rendant faible et dépendante ! Quel tandem !

Dans les bons moments, et heureusement ils étaient fréquents, l'amour était vraiment là ! :crazy::heart: Et c'est ce qui allait nous souder pour supporter la suite…

Jackie (8)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jackie

(Suite du feuilleton)

 

Toutes ces petites chamailleries à base d'incompréhension, n'étaient pas très graves finalement, même si elles étaient souvent douloureuses.

La naissance de notre enfant allait nous poser un vrai problème. La rubéole contractée durant ma grossesse était passée inaperçue et avait fait des ravages sur notre enfant : il était gravement handicapé.

Le premier choc passé, il me semblait urgent d'agir : prendre la mesure du handicap et trouver les solutions adaptées.

Je me mis en campagne et frappais à toutes les portes. Je me disais que chaque jour était précieux pour l'évolution du bébé et qu'il était important de le rééduquer au plus vite. Je menais un véritable marathon des hôpitaux.

Partout la même réponse. Impossible de prendre en charge un enfant à la fois sourd, muet, aveugle, cardiaque et handicapé moteur ! Je ne me décourageais pas et continuais mon combat, rééduquant par moi-même, faisant de mon mieux pour minimiser l'absence de prise en charge. Mon courage bleuffait tout le monde, sauf moi, car j'étais complètement inconsciente de ce que je faisais pour cet enfant.

Pour tenir le coup, j'attachais un grand soin à mon physique. Je me coiffais, me maquillais, m'habillais élégamment, surveillais ma ligne… Je parlais peu de mon fils et pas du tout de mes problèmes. Je refusais d'y penser et je ne laissais passer aucune occasion de me divertir. Je faisais preuve d'un humour décapant et j'étais d'une gaité communicative. Cette attitude nous valait d'être entourés par de nombreux amis. Leur présence chaleureuse me réconfortait et ils nous étaient reconnaissants de ne jamais nous plaindre. Mon mari, lui, faisait face avec autant de courage que moi. Il s'investissait totalement dans son travail, mais, étant plus émotionnel que moi, il somatisait au niveau de l'estomac. Il souffrait d'un ulcère qui ne lui laissait pas de répit.

Cinq ans durant, j'ai lutté pour cet enfant. J'ai finalement lâché prise le jour où j'ai su que le combat était sans issue. Je venais d'apprendre par une indiscrétion d'un professeur du service de pédiatrie que le cerveau de mon petit ne se développait plus depuis l'âge de 8 mois et que notre fils, en plus de toutes les tares mentionnées plus haut, était infirme cérébral profond. "Votre fils ne dépassera jamais l'âge mental d'un an ! Vous devez penser à sauver l'équilibre de votre couple, préserver votre petite fille. Un établissement spécialisé vient de s'ouvrir sur la côte Basque et il y a une place pour votre garçon".

C'est sans conteste la décision la plus difficile que j'ai eue à prendre de ma vie. Il me semblait que je me séparais d'une partie de moi. C'était un arrachement ! Mon mari voulait cette séparation et me pressait d'accepter la proposition. Je savais qu'il avait raison, que j'arrivais aux limites, que c'était sans espoir, mais je lui en voulais de ne pas comprendre à quel point c'était douloureux pour moi et je l'accusais de vouloir se débarrasser de ce pauvre gosse !

Je ne comprenais pas sa réaction. Lui, beaucoup plus sensible que moi d'ordinaire, se montrait agressif et pressé d'en finir. Pas une larme, pas un regret, pas une parole de compassion. Je découvrais, une fois de plus, un inconnu dont la logique m'échappait. :happy: .

C'est seule que j'allais déposer mon fils dans le train sanitaire, un train spécial, rempli d'enfants comme le mien (vision dantesque). Je ne pleurais pas. Je ne ressentais rien, aucune émotion, un robot en parfait état de marche !

 

Jackie (8)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jackie

Suite du roman,

 

Digérer ce sale coup, ne me prit pas longtemps. J'enterrais cette douleur bien profond et plus gaie que jamais (il faut bien dire que j'avais un sacré poids en moins), je me consacrais à ma nouvelle vie.

 

Notre fille grandissait et il était temps pour moi de retravailler.

 

Je fis une rapide étude de marché, un bilan de compétences, reprit un cycle d'études adapté à la fois à mon profil et au marché, et vogue la galère. Deux ans plus tard, j'occupais un poste intéressant dans une filiale d'un grand groupe.

 

De son côté, mon mari continuait son ascenssion professionnelle et nos rapports étaient constants, c'est-à-dire cycliques.

 

Environ deux à trois fois par ans, j'initiais une énorme engueulade destinée à rappeler mon existence à mon 3 de service. :laugh: Une fois les pendules remises à l'heure, la vie reprenait sur des bases assainies ! :heart:

 

Je me sentais libre et aimée. Lui se sentait libre et soutenu… :laugh::sad:

 

Tout alla bien jusqu'à sa crise des quarante ans…

 

Jackie (8)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jackie

Bonsoir Fabien,

 

Avant de continuer à relater les différents épisodes de cette relation, je voudrais éclaircir un point : il me semble me rappeler, mais je ne suis absolument pas sûre de ce j'avance, que la crise des quarante ans masculine, pouvait être particulièrement aiguë chez le 3 et le 7.

 

En supposant que cela soit exact, est-ce, comme je le suppose, lié au fait que ces deux types sont très attachés à leur image ? Quelle type de peur exactement, cette crise existentielle déclenche-t-elle chez eux ?

 

Qu'en est-il des autres types ? As-tu des réponses à ce sujet ?

 

Affectueusement,

Jackie (8)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Pierrette

Bonjour Jackie,

 

Juste un petit mot pour te dire que je suis avec intérêt ton feuilleton et que, bien que je n'aie pas toujours pris le temps de te le laisser savoir, j'ai été EXTREMEMENT touchée par certains "épisodes".

 

Merci de ta générosité et de ton ouverture. :laugh:

Pierrette (8)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour Jackie,

 

J'ai très peu d'informations sur la crise des quarante ans. A ma connaissance et comme tu le suggères, elle touche plus particulièrement les types concernés par leur image. Il s'agit en priorité des membres du centre émotionnel et, plus que tous, le 3.

 

En tant que 7, mon image est dans mon mental et la quarantaine ne l'affecte pas. Mais je ne suis pas certain que mon cas soit généralisable.

 

En fait, toute personne a un intérêt pour une certaine image (la fierté du type) et le problème est universel. J'ajouterai que, malgré ce que ton message semble suggérer, cette crise n'est en aucun cas uniquement masculine… Dans la mesure où peu d'informations existent ou ont été publiées sur le sujet, pourquoi n'ouvrirais-tu pas une discussion sur ce sujet (avec ton témoignage) dans la zone consacrée à ce type de panel, "Exploration comparée d'un thème chez tous les types" ?

 

Très amicalement,

Fabien (7)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jackie

Bonjour Pierrette,

 

Contente de te lire à nouveau. Je me demandais qui, en dehors de Fabien, s'intéressait à cette relation 8-3 ? Merci de ton soutien, j'apprécie.

 

Je suis un peu bloquée pour continuer, car cette crise des quarante ans que j'évoque plus haut, si elle a affecté douloureusement mon mari en tout premier lieu, a été pour moi le début de la descente aux enfers. Traduisez par : une prise de conscience de qui j'étais vraiment.

 

La difficulté sur laquelle je bloque, je m'en rends compte en l'écrivant, est de parler de ce qui s'est passé pour moi, de ce qui m'a fait souffrir, et du chemin que j'ai parcouru pour arriver à la dimension spirituelle.

 

C'est la troisième fois que je tente d'écrire ce message. Les deux premiers étaient rédigés avec humour et je les ai perdus en route. Bizarre ! Cela m'a fait réfléchir et je me suis dit que faire des pirouettes pour éviter de s'exposer ne présente aucun intérêt pour personne. Et ça me ramène à Socrate et à ses trois tamis. Il posait toujours ces trois questions à celui qui voulait s'exprimer : est-ce vrai, bon, utile ? Si cela n'est ni vrai, ni bon, ni utile, alors tais-toi !

 

J'en suis là pour le moment.

 

Je suis d'accord avec toi, Fabien. Les femmes aussi connaissent une crise existentielle au mitan de leur vie, mais elle n'apparaît pas au même âge. Au dires des statistiques, elle semble plus tardive 45/5O ans. Je pourrais en dire plus, mais ce n'est pas l'endroit approprié, ni le sujet.

 

Merci en tous cas de m'avoir répondu, car effectivement la remise en question de l'image amène une crise !

 

Affectueusement,

Jackie (8)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jackie

Suite de l'histoire,

 

Une campagne anti-tabac activement menée au sein de son entreprise ayant porté ses fruits, mon mari se retrouva seul fumeur dans son équipe. :happy: Il décida donc de s'arrêter de fumer pour fêter ses quarante ans ! Idée séduisante à première vue, et que j'encourageais vivement. L'opération fut un vrai succès ! Le tabac fut remplacé par la varappe et Fontainebleau ne pouvait plus se passer de nous !

 

Tout alla bien les six premiers mois.

 

Puis il commença à devenir nerveux, agité, abreuvant notre fille de 15 ans de critiques acerbes, souvent injustes, sur sa tenue, ses résultats scolaires, son lycée, ses copains… Bien sûr, n'étant plus une petite fille, elle ne se laissait pas faire et répliquait vertement. L'ambiance se dégradait à vue d'oeil. Devant tant d'injustice, je prenais la défense de notre fille, ce qui n'arrangeait pas spécialement nos affaires.

 

De plus, il était en conflit larvé avec son chef et rentrait chaque soir en rage, gardant sur le coeur tout ce qu'il n'osait pas lui dire en face. J'avais beaucoup de mal à comprendre qu'il ne s'explique une bonne fois avec lui, en homme !

 

Jackie (8)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Annick

Bonjour Jacqueline,

 

J'étais aussi dans les lecteurs assidus… Surtout ne t'arrête pas car je suis intéressée par tes écrits. J'ai encore des difficultés pour intervenir, mais je lis régulièrement les messages et j'apprécie beaucoup tes interventions. Et là plus encore, car mon compagnon de vie est 3 !

 

A bientôt,

Andréa (1)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jackie

Bonjour Andréa,

 

Merci à toi aussi de ton soutien. :heart:

 

Ca fait bizarre d'être lue. C'est comme une mise à nue. Je sais maintenent pourquoi j'ai toujours résisté à écrire, malgré les encouragements de mes professeurs et de sérieuses chances d'être éditée.

 

Ecrire, c'est se dévoiler, se mettre à nu, s'exposer, être jetée en pâture. Quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi je pleure en écrivant ça ? :happy:

 

Est-ce pour cette raison que j'ai, une fois de plus, "perdu" la suite avant-hier en faisant une fausse manoeuvre ? Je me pose des questions quand au "danger" que cela représente de m'exposer en écrivant des choses aussi personnelles… J'y vois une belle résistance de l'ego qui me souffle des tas de bonnes raisons de ne pas y aller.

 

A quoi je résiste ? A montrer à quel point je suis faible et démunie dans cette relation, est une réponse possible.

 

Une autre réponse possible est que remuer tous ces épisodes risque de réactiver une vielle colère contre moi-même, ce qui indiquerait que je ne me suis pas encore pardonné tout à fait d'être ce que je suis…

 

En fait de colère, c'est la tristesse qui est là, bien présente, une tristesse qui remonte des profondeurs, la tristesse de l'enfant blessée.

 

Admettre que j'ai pu être une victime est la chose la plus difficile qui soit pour moi ! Il m'a fallu une thérapie longue pour toucher du doigt cette maltraitance, la reconnaître et l'admettre. Mais il paraît que je suis "résiliente". Caractéristique de 8 ? :happy:

 

Jackie (8)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Annick

Bonjour Jackie,

 

"Ecrire, c'est se dévoiler, se mettre à nu, s'exposer, être jetée en pâture. Quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi je pleure en écrivant ça ?"

 

J'ai apprécié nombre de tes interventions. A aucun moment je n'ai imaginé que tu te donnais en pâture.

 

Tu sembles avoir dépassé de cacher quelque chose qui s'apparenterait à une faiblesse (ce que le 8 n'aime pas, je crois), car dans tes écrits, je ne retrouvais pas certains aspects des 8 (qui me dérangeaient), tels que je les ai connus ou imaginés. Tu m'as fait voir le 8 sur d'autres angles et tu m'as apporté quelquefois un apaisement, tant dans une relation 1 à 8 que dans mon cheminement personnel, et de plus j'ai admiré ton évolution.

 

Je comprends qu'il puisse être difficile de voir remonter des souvenirs. Est-ce le souvenir lui-même ou de te dévoiler qui te fait pleurer ?

 

"En fait de colère, c'est la tristesse qui est là, bien présente, une tristesse qui remonte des profondeurs, la tristesse de l'enfant blessée."

 

Est-ce l'enfant blessée qui fait arriver cette tristesse et cette colère ou est-ce d'accepter d'avoir été victime ?

 

"Je me pose des questions quand au 'danger' que cela représente de m'exposer en écrivant des choses aussi personnelles."

 

A quel "danger" s'exposer ? Dans le cadre des travaux avec l'ennéagramme et notamment sur ce panneau, il y a un respect de l'autre qui devrait permettre d'écrire. Tu as été aidante (pour moi et pour d'autres sans doute) et je me suis lancée ce matin alors que c'est difficile pour moi… Encore…

 

"Admettre que j'ai pu être une victime est la chose la plus difficile qui soit pour moi ! Il m'a fallu une thérapie longue pour toucher du doigt cette maltraitance, la reconnaître et l'admettre. Mais il paraît que je suis "résiliente". Caractéristique de 8 ?"

 

Il m'a été difficile d'admettre cela, même en position de "martyre", j'avais de la difficulté à en parler… Même en thérapie… Alors ! La tristesse et la colère se mêlent-elles plus chez les types 8 et 1 ?

 

A bientôt,

Andréa (1)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jackie

Re-bonjour Andréa,

 

En écrivant tout cela, je me suis autorisé à exprimer mes peurs, ce qui est une vraie performance pour moi !

 

Tu as raison pour la faiblesse : je distingue faiblesse et vulnérabilité. La vraie force étant d'accepter sa vulnérabilité et de la montrer.

 

Ce ne sont ni les souvenirs, ni le fait de me dévoiler qui me font pleurer, mais plutôt le spectacle de l'enfant que j'ai été et de la prison émotionnelle dans laquelle j'étais enfermée.

 

Quand au danger de m'exposer, c'est l'histoire que je me raconte et merci de me rappeler que cet espace est un espace protégé.

Protection : ce mot ravive l'émotion. C'est de cela dont j'ai le plus manqué dans l'enfance. Protection, réconfort et encouragements. Enfant précoce, les adultes ne me faisaient pas de cadeaux. Ils oubliaient complètement que je n'étais qu'une enfant. Ca laisse des traces !

 

Merci Andréa, de ta gentillesse. Cela m'encourage pour continuer. :happy:

Jackie (8)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jackie

(Suite de l'histoire)

 

L'orage finit par éclater entre son chef et lui !

 

Tout le monde sait qu'un fauteuil pour deux pose problème ! La place de son supérieur ne lui paraissant pas enviable, mon mari abandonna la partie et quitta le service.

 

Il vécut ce départ comme un échec personnel. Il était ulcéré, au propre comme au figuré. :happy:

 

Je lui rappelais qu'il était sans poste, mais pas sans emploi et qu'il serait intéressant de mettre à profit ce temps de latence, pour se repositionner professionnellement. :cool:

 

Etant considéré par sa direction comme un collaborateur de valeur, il obtint sans problème les appuis nécessaires pour s'orienter vers une nouvelle voie et bénéficier d'une formation longue et passionnante.

 

Tout émoustillé par les nouvelles perspectives qui s'ouvraient à lui, il y mit toute son énergie. Il s'éclatait comme une bête dans son nouveau domaine. Tout son temps y passait. Il n'y avait plus de place pour autre chose.

 

Notre relation, déjà bien entamée par ce coup de tabac, devenait inexistante. Je ne décolérais pas. Je m'en voulais de m'être fait, une fois de plus, avoir. :sad:

 

Pour la première fois de ma vie, je testais l'insomnie ! Soit j'avais du mal à m'endormir, soit je me réveillais au milieu de la nuit, ou les deux ! Plus les jours passaient, plus j'angoissais à l'idée de ne pas dormir, et moins je dormais ! Me lever le matin pour affronter les embouteillages parisiens me devenait un supplice. Mon état frisait l'épuisement.

 

Persuadée que nous ne nous aimions plus, je m'enfonçais lentement, sans m'en rendre compte, dans la dépression. Je ne pouvais plus vivre avec lui et ne pouvais pas vivre sans lui. :happy:

 

Coincée dans cette impasse, je commençais à caresser des idées de suicide. Cela me donnait l'illusion de retrouver un peu de pouvoir sur ma vie.

 

Pour me réconforter, je me disais que je partirai en me vengeant. Il fallait que tout le monde sache quel ignoble salaud, immature et égoïste j'avais épousé. Une lettre détonnante, adressée à la famille, les amis, ses collègues et supérieurs, annoncerait mon décès. Je ne lui ferai pas de cadeaux ! Après cela, il n'aurait plus qu'à émigrer ! :blush: Plus personne ne lui parlerait ! Peut-être même que, si je m'y prenais bien, il irait en justice… :heart:

 

Ce qui me retenait de passer à l'acte, c'était l'idée que ce serait sûrement notre fille qui découvrirait mon cadavre et je l'aimais trop pour lui faire un aussi mauvais coup… :heart:

 

Jackie (8)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jackie

Suite…

 

Dépression ? Pas question !

 

Dix ans plus tôt, j'avais vu ma voisine de palier sombrer dans cette maladie : hospitalisations, cures de sommeil, séjours en maison de repos… Il n'avait fallu que quelques mois pour que cette jeune femme, belle et dynamique, se transforme en loque humaine !

 

Jamais ça pour moi ! Pour rien au monde je n'aurais avoué que j'avais des idées noires, des accès de tristesse et des insomnies.

 

Je venais d'avoir une belle promotion qui réclamait toute mon énergie. Il n'était absolument pas question que je craque, ni de près, ni de loin ! Complètement dissociée, j'arrivais à gérer ma fatigue, mettant à profit les moindres moments de répit pour recharger mes accus.

 

Je réservais mes phantasmes de mort pour mes moments de solitude. J'imaginais en détails la façon la plus propre et la plus efficace d'en finir… Si je passais à l'acte, il n'était pas question que j'échoue ! :happy:

 

La nouvelle tomba comme un coup de tonnerre. A 33 ans, ma nièce préférée, celle dont j'étais le modèle, venait de mettre fin à ses jours… exactement de la façon dont je l'avais imaginé pour moi. Il ne manquait pas un détail ! :happy:

 

De type 3, neuro-psychiatre, vivant dans le Sud Ouest, brillantissime, elle n'avait jamais rien raté… sauf son mariage !

 

Nous avions une faible différence d'âge et nous nous aimions beaucoup elle et moi. On ne se voyait que l'été, mais nos retrouvailles étaient toujours une fête. Elle avait un humour décapant qui me ravissait. Cependant nous n'avions jamais de conversations trop intimes. Je ne me confiais pas, elle non plus…

 

Toute la famille était en état de choc !

 

Je ressentais un obscur sentiment de culpabilité. Bien que cela paraisse irrationnel, je ne pouvais m'empêcher de penser que j'avais été une sorte "d'émetteur" et que ma nièce, "branchée" sur moi, avait capté toute ma négativité ! Une sorte de communication télépathique inconsciente en quelque sorte…

 

Cette idée s'était imposée à moi avec beaucoup de force. C'était de l'ordre de l'intuition fulgurante… Je venais de prendre conscience de l'impérieuse nécessicité de surveiller la qualité de mes pensées…

 

Jackie (8)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Pierrette

Bonsoir Jackie,

 

Tu as de l'avenir comme écrivaine.

 

Lorsque j'ai lu ton récent message dans lequel tu disais avoir désiré que ta tendre moitié "règle la situation avec son supérieur 'en homme'", je me suis demandé "en homme ou en 8" ?

 

Désolée pour ta nièce.

 

N'est-ce pas que ça fait peur de se montrer dans toute sa vulnérabilité ? Je comprends. Je compatis. Lorsque tu écris "Ecrire, c'est se dévoiler, se mettre à nu, s'exposer, être jetée en pâture. Quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi je pleure en écrivant ça ?", je me reconnais et je fais la grimace. Ouille ! :happy:

 

Pierrette (8)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jackie

Salut Pierrette,

 

Merci pour le stroke positif. J'apprécie.

 

Règler le problème en homme ou en 8… C'était bien le problème, car pour manager son équipe, composée de sept personnes au départ et de quatre-vingts, huit ans plus tard, il faisait du "Jacqueline" ! Sauf qu'il n'était pas moi ! Et que c'est ce qui lui a posé problème en final. Il voulait le pouvoir, mais n'a pas osé se battre pour l'avoir…

 

Autrefois j'étais forte pour compenser la faiblesse de l'enfant, impuissante à se défendre physiquement et émotionnellement contre des adultes inconscients du mal qu'ils faisaient.

 

D'avoir confronté cette faiblesse et de l'avoir reconnue m'a donné de la puissance, ce qui est bien différent.

En montrant ma vulnérabilité je n'ai plus rien à cacher, donc plus personne ne peut avoir de prise sur moi, et c'est le paradoxe ! Cela me donne beaucoup de confort et de liberté d'être. Et c'est ça, la vraie force. :happy:

 

A bientôt,

Jackie (8)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Sign in to follow this  

×
×
  • Create New...