Institut Français de

l’ennéagramme

À quoi sert tout le reste...

Jump to content
Sign in to follow this  
Gillou

Comment font les auteurs pour créer des personnages typés ?

Recommended Posts

Gillou

C'est en regardant un film d'Hitchcock, L'ombre d'un doute, et en m'interrogeant sur le type d'un des personnage du film, que cette question m'est venue : comment les auteurs, scénaristes et dialoguistes de films font-ils pour créer des personnages qui soient "typés" alors qu'ils n'ont jamais entendu parlé de l'Ennéagramme ? Il en est de même pour tout auteur.

 

Gilles

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour Gilles,

 

De tout temps, les grands écrivains ont été ceux qui réussissaient à comprendre et décrire l'âme humaine, à inventer des personnages qui nous touchent parce qu'ils nous semblent réalistes. Il n'y aucun doute sur la réalité humaine des personnages de Shakespeare ou de Balzac. Claudio Naranjo dit que tout l'Ennéagramme est présent dans La Comédie Humaine.

 

À partir de là, il est totalement normal qu'on puisse leur attribuer un type. Si ce n'était pas le cas, je pense que cela démontrerait que l'Ennéagramme est inexact. A contrario, le fait qu'on puisse le faire me semble une validation supplémentaire de l'Ennéagramme.

 

Comment ces grands auteurs peuvent-ils avoir une perception aussi juste et aussi fine de la personnalité humaine, cela personne ne le sait aujourd'hui. C'est juste une source d'émerveillement.

 

Ceci dit, tous les auteurs n'ont pas ce talent. Quand Patricia et moi choisissons des films à analyser pour la rubrique Ciné-agramme, nous en éliminons un grand nombre. Il peut y avoir plusieurs raisons :

  • Trop de descriptions de comportements et pas assez d'indications sur les motivations.
  • Personnages non cohérents psychologiquement.
  • Conflit entre le type du personnage tel qu'il ressort des dialogues et son type tel qu'il ressort du jeu de l'acteur.

Enfin, aux États-Unis, de nombreux auteurs et scénaristes sont formés à l'Ennéagramme et l'utilisent pour bâtir des personnages cohérents ou pour maintenir le caractère d'un personnage dans une série.

 

Très cordialement,

Fabien

Share this post


Link to post
Share on other sites
Pierrette

Bonjour Gilles, Fabien,

 

Merci à toi, Gilles, d'avoir démarré cette discussion. Fabien a récemment porté à mon attention la rubrique Ciné-agramme et je me questionnais sur son efficacité. Cela me trottait dans la tête. Tu m'as devancée.

 

L'explication que j'en reçois ici satisfait pleinement mon centre mental. Je vais donc joindre l'utile à l'agréable dans les semaines et les mois à venir. :happy: Un autre outil pour approfondir mes connaissances de l'ennéagramme. Je serai moins un danger ambulant ; :happy: je vais me concentrer sur des personnages.

 

L'ennéagramme semble faire de plus en plus d'adeptes, Fabien. Je trouve très intéressant de constater que des auteurs et des scénaristes puissent l'utiliser de cette façon.

 

Très cordialement,

Pierrette (8)

Share this post


Link to post
Share on other sites
Cali

Bonjour,

 

Enfin, aux États-Unis, de nombreux auteurs et scénaristes sont formés à l'Ennéagramme et l'utilisent pour bâtir des personnages cohérents ou pour maintenir le caractère d'un personnage dans une série.
Puis-je savoir de quelle source tu tiens cette information ?

 

Elle confirme ce que je pensais ces derniers mois en tout cas. J'ai de plus en plus l'impression que la base de certains scénaristes et/ou auteurs est l'Ennéagramme… et pas que pour 24h chrono. :confused:

 

À+

Share this post


Link to post
Share on other sites
Papyzen

Salut Cali,

 

Sur le sujet, entre autres probablement, voir de Judith Searle The Enneagram: A Power Tool for Screenwriters de Judith Searle ou bien le site.

 

Très cordialement,

Papyzen

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Effectivement, Judith Searle est la plus connue des personnes enseignant l'Ennéagramme à des écrivains et des scénaristes. ("The Enneagram: A Power Tool for Screenwriters", cité par Papyzen est un de ses séminaires.) Il y en a d'autres. L'Ennéagramme permet aux scénaristes de construire des personnages cohérents et aussi dont le caractère est maintenu dans la durée, par exemple dans une série.

 

Il nous est arrivée une fois, Patricia et moi, d'éclater de rire à un moment dramatique d'un film (je ne me souviens plus de son titre, mais Harrison Ford y jouait), parce que un personnage prononçait mot à mot un paragraphe tiré d'un livre sur l'Ennéagramme. :rofl:

 

Très cordialement,

Fabien

Share this post


Link to post
Share on other sites
Jérôme

Bonsoir à tous,

 

Les personnages de film ont-ils tous un ennéatype ?

 

Cette question m'est venue en tentant de m'exercer (laborieusement) sur le Ciné-agramme, et également en lien avec la question de l'interprétation que je me suis posée en rédigeant le sujet sur Frédéric Chopin.

 

Je précise que je parle de l'ennéatype de personnages fictifs, et non de personnages ayant réellement existé et étant mis en scène dans un film.

 

Les personnages sont tout d'abord imaginés puis décrits par leur auteur.

Le metteur en scène ajoute son filtre en orientant le jeu des acteurs.

Enfin les acteurs ajoutent également leur propre filtre, en fonction de leur propre ennéatype, de leur qualité de jeu, de leur niveau de stress du moment, etc.

 

Compte tenu de tout cela, s'il me semble possible que les principaux traits d'une personnalité soient bien pris en compte, il me semble en revanche assez magique qu'en final un personnage soit vraiment cohérent avec un ennéatype en entrant dans le détail, sauf à ce que cet ennéatype soit celui de l'acteur, c'est-à-dire le seul qui soit "garanti" ou "constant" quel que soit l'état de forme ou de stress de l'acteur.

 

Fabien, les films présentés sur cinéagramme sont-ils sélectionnés en fonction de la cohérence des énnéatypes des personnages, ou bien peut on s'exercer sur n'importe quel film ?

 

Bien amicalement,

Jérôme

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour Jérôme,

 

"Les personnages sont tout d'abord imaginés puis décrits par leur auteur. Le metteur en scène ajoute son filtre en orientant le jeu des acteurs. Enfin les acteurs ajoutent également leur propre filtre, en fonction de leur propre ennéatype, de leur qualité de jeu, de leur niveau de stress du moment, etc."

Tu as raison. En théorie, cela semble impossible, un film faisant intervenir tant de participants divers, contrairement à un livre. En théorie. Et puis en pratique, on s'aperçoit que dans de nombreux films les personnages sont typables, parfois avec un degré de subtilité incroyable. Nous sommes d'ailleurs nombreux dans le monde de l'Ennéagramme à utiliser des films comme illustration des ennéatypes, par exemple Judith Searle citée plus haut dans cette conversation ou Tom Condon ; de manière significative, de très nombreux praticiens d'approches différentes font de même. Comme tu le dis, cela "semble assez magique", mais cela est et la réalité s'impose à nous.

 

Pour que cette magie ait lieu, il faut que plusieurs conditions soient réunies : un scénariste et un dialoguiste compétents, un casting réussi, un réalisateur suffisamment fort pour maintenir la cohérence de l'ensemble, etc.

 

Cela implique que tous les films ne sont pas analysables, et que, même dans un bon film, tous les personnages ne le sont pas. Si tu étudies le ciné-agramme, tu verras que nous n'analysons que rarement tous les personnages d'un film, parfois c'est parce des personnages ne sont pas assez développés, parfois c'est parce qu'il ne sont pas cohérents.

 

Il me semble préférable d'avoir développé une bonne technique d'analyse et d'avoir fait le stage Détermination avant de s'attaquer à d'autres films que ceux du Ciné-agramme (sauf cas où le type est vraiment évident) ; il y en a 80 à ce jour, de quoi s'occuper un certain temps. Il y a sinon le risque de vouloir typer à tout prix, là où une bonne connaissance de l'Ennéagramme permettrait de comprendre que ce n'est pas faisable.

 

Très amicalement,

Fabien

Share this post


Link to post
Share on other sites
Harper

Bonjour à tous,

 

Je me limiterai ici au cas littéraire, donc (dans la plupart des cas) à un seul auteur (les écritures à quatre mains pouvant apporter une complexité supplémentaire).

 

Outre les descriptions insuffisantes pour déterminer les motivations profondes de la personne (aspect relevé par Fabien plus tôt dans cette conversation), les principales déviances distorsions par rapport aux types éventuels me semblent être :

 

(parenthèse préliminaire : même si j'écris que l'auteur "définit un type", il/elle ne connait pas nécessairement l'Ennéagramme ; il y a donc abus de langage de ma part)

  • Les personnages hybrides : certains auteurs déclarent que leurs personnages sont inspirés par plusieurs personnes réelles. Malheureusement ces personnes ne sont pas toujours de même type, et les personnages ainsi construits ne sont pas toujours cohérents.
  • Les personnages mouvants : les deux cas qui me semblent les plus fréquents sont :
    • un personnage ou un auteur de type 3 quand les motivations typiques du 3 (le succès) ne sont pas apparentes ;
    • un personnage, initialement défini dans un autre type que l'auteur (souvent une aile de celui-ci), dérive par la suite vers le type de l'auteur (plus fréquent dans une série que dans un roman unique).

    [*]Les bizarreries de sous-types : le personnage manifeste les mécanismes de base d'un type, ainsi qu'une attention ou négligence marquée par rapport à un instinct, mais pas le sous-type correspondant (soit que la manifestation particulière de ce sous-type soit absente, par exemple un 1 manifestant de l'instinct sexuel mais pas de jalousie ; soit que la manifestation d'instinct corresponde à un autre type, mais que les mécanismes de base ou la hiérarchie des centres n'y soient pas).[*]Les bizarreries de hiérarchie des centres. On a parfois l'impression qu'aucun centre n'est réprimé ! (j'ai l'impression que cela arrive plus souvent quand l'auteur réprime le centre instinctif : pour les besoins de l'action, le personnage ne réprime pas l'instinctif et agit facilement là où l'auteur se contenterait de fantasmer, mais se connecte facilement aux deux autres centres, que l'auteur ne réprime pas).[*]La tendance des auteurs de type 6 à projeter des mécanismes de 6 sur des personnages censés être d'un autre type. (Bien entendu, si la scène est vue par les yeux d'un personnage 6, c'est normal, c'est lui qui projette ; donc un auteur 6 qui écrit un bouquin en vue subjective 6 peut projeter en toute impunité cohérence !)

Bien entendu, il faut aussi tenir compte des distorsions dues aux mécanismes egotiques du lecteur (moi en l'occurrence). Par exemple ma quasi-incapacité de C++ à évaluer avec justesse un instinct de conservation de moindre criticité. Ou ma tendance, soit à voir des 6 partout, soit par réaction à douter de mes hypothèses 6 même quand elles sont pertinentes !

 

Amitiés,

Bénédicte

Share this post


Link to post
Share on other sites
Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

J'écrivais il y a plus de dix ans :

Le 04/12/2001 à 08:42, Fabien Chabreuil a dit :
Enfin, aux États-Unis, de nombreux auteurs et scénaristes sont formés à l'Ennéagramme et l'utilisent pour bâtir des personnages cohérents ou pour maintenir le caractère d'un personnage dans une série.

 

Pourquoi diable avais-je oublié les acteurs. Yves M. — un grand merci à lui ! — vient de me transmettre une vidéo dans laquelle Jim Carey dit se servir de l'Ennéagramme pour bâtir ses interprétations. À partir de 11:25 :
 

http://www.youtube.com/watch?v=dkGPI_Oi10o

 

Très amicalement,
Fabien

 

Share this post


Link to post
Share on other sites
Sign in to follow this  

×
×
  • Create New...