Institut Français de

l’ennéagramme

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Wallace

Comment savoir si quelqu'un est dans son essence ?

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Wallace

Bonjour Fabien,

 

Des tas de gens s'auto-proclament éveillés, ou dans leur essence, ou quelque chose comme cela.

 

Y a-t-il un moyen de savoir si c'est vrai ?

 

Wallace

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Fabien Chabreuil

Bonjour Wallace,

 

1. "Un pickpocket croise le Christ. Il ne voit que des poches." (Métaphore soufie)

 

2. Plus explicite peut-être : "Si on n'a pas l'œil pénétrant, on ne détecte rien, chez le Maître, qui ne sorte de l'ordinaire. Selon les circonstances, il peut avoir peur, ou être déprimé. Il peut rire, pleurer, se mettre en colère. Il aime les bons repas, ne refuse pas un petit verre ; il lui arrive même de tourner la tête pour suivre des yeux une jolie femme.

Lorsqu'un voyageur déplore que le Maître ne soit pas un 'saint', un disciple s'empresse de lui donner l'heure juste : 'Être un saint est une chose. Qu'un homme puisse vous paraître saint en est une autre.'" (Anthony de Mello dans Une minute de sagesse)

 

3. Dans tous les cas, l'auto-proclamation est plutôt un signe inquiétant. Même (surtout ?) si elle est sincère. Je ne sais plus de qui est celle-ci : "Le piège le plus grand que peut nous tendre le Diable est de nous dire : 'Tu m'as vaincu.'"

 

Très cordialement,

Fabien

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Wallace

Bonjour Fabien,

 

Aile 7 oblige, j'adore ces histoires. Mais elles ne répondent qu'à moitié à ma question. Je la reformule donc : comment avoir "l'œil pénétrant" ?

 

Wallace

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Pierrette

Bonjour Wallace et Fabien,

 

En vous lisant, des paroles me sont venues, paroles qui m'habitent depuis quelque temps (je ne saurais vous en citer la source) : "Les actes parlent plus fort que les paroles."

 

Tu n'as qu'à les observer, Wallace, et tu auras ta réponse assez rapidement. Je crois. Les actes ne mentent pas, les paroles mentent souvent, bien que souvent involontairement, selon moi.

 

Pierrette 8 - aile 7 (qui se développe chaque jour davantage, et c'est fort agréable !)

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Pierrette

Rebonjour Wallace et Fabien,

 

Dieu que je suis 8 ! Spontanée, impétueuse… Il me faut donc revenir. Je n'avais pas mijotée mon intervention précédente suffisamment longtemps, elle est donc incomplète.

 

Je crois que cela s'appelle du "wishful thinking". Les gens expriment très souvent, très sincèrement selon moi, ce qu'ils désirent devenir, mais qui ne correspond malheureusement pas toujours à la réalité.

 

Qu'en pensez-vous ?

 

Pierrette

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Fabien Chabreuil

Bonjour Pierrette et Wallace,

Pierrette, je suis totalement d'accord avec toi sur le "wishful thinking" et sur le fait qu'il est bien souvent sincère. L'ego tout entier n'est-il pas du "wishful thinking" ?

Je suis moins infiniment convaincu par ta proposition d'examiner les actes. Je crois que c'est ce qu'essayait de dire Anthony de Mello dans la citation ci-dessus (point 2 de mon message du 4 septembre).

Nous n'avons pas toujours le développement psycho-spirituel nous permettant de comprendre les actes du personne dans son essence. Nous risquons alors d'avoir des présupposés simplistes liés à notre type. Par exemple, un 9 risque de confondre l'amour véritable et le refus du conflit, un 2 le service et l'aide.

Nous voilà donc à ta demande, Wallace. Spontanément, ce matin, j'imagine quatre points pour avoir "l’œil pénétrant" :

  • Conséquence immédiate du début de mon message, nous pouvons d'abord travailler sur nous et augmenter notre propre développement psycho-spirituel.
  • Nous pouvons observer l'effet à moyen terme des actes de la personne concernée. (Je reformule ainsi ta proposition, Pierrette.)
  • Une personne dans son essence peut vivre "dans le monde, sans être du monde" comme disait Idries Shah. Il importe peu, comme dans le texte d'Anthony de Mello, qu'il "ne refuse pas un petit verre", ni même qu'il y prenne plaisir ; il importe qu'il ne soit pas dépendant de ce plaisir.
  • Une personne dans son essence est présente à l'ici et maintenant. Contrairement au précédent, ce point est plus facile à observer.

Très cordialement,
Fabien

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Dominique

Bonjour Fabien, Wallace, Pierrette et tous les autres…

Fabien, j'apprécie ta réponse. Elle donne une bonne idée de la complexité du sujet.

Je note que le type de Pierrette (centre instinctif extérieur) l'orientait manifestement à une réponse centrée sur l'action.
Je note aussi que mon premier mouvement a été d'adhérer totalement à la réponse de Pierrette. Mon type (6 Mu : centre mental préféré-réprimé, centre instinctif comme centre de support) n'est sans doute pas non plus étranger à cette réaction. :happy:
La réflexion pour moi est venue après… Longtemps après… :happy:

J'émets une réserve à propos de ton deuxième point : l'observation "à moyen terme" des effets des actes. Ceci pourrait faire supposer la possibilité de sacrifier la prise en compte des effets à court terme ou à long terme.
Or je pense que les trois sont liés.

Ce qui m'amène à ton quatrième point (la présence dans "l'ici et maintenant").
Je rajouterais pour ma part la notion de "qualité" de présence.
Car il ne s'agit pas d'une présence du type "Quand je mange, je mange, quand je bois, je bois"! :happy:

Il me semble que cette qualité particulière de présence à "l'ici et maintenant", propre à une personne dans son essence, se nourrit d'une présence simultanée à l'ailleurs, à l'autrefois, au toujours et au jamais, à l'ensemble du champ des possibles… Ce qui correspondrait sans doute à la montée de niveau vers les centres supérieurs.

J'ai observé une grâce singulière chez des personnes que je pense être arrivées à cette qualité particulière d'intégration.
Une fluidité dans le geste et la parole, une beauté et une plénitude intérieure qui transparaît… J'ai vu des personnes transfigurées par des moments de ce type.

J'associe cela à une rencontre ou à une intégration dans l'essence. Mais s'agit-t-il de ce qu'on qualifie "d'éveil" ? Y a-t-il une différence entre les deux ?
Pour répondre à ce niveau, je ne m'estime pas qualifiée. :happy:

Bien cordialement,
Dominique

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

Dominique, bravo pour cette observation de l'influence de la structure des centres. Eh oui, notre type est là, en permanence, se manifestant même quand on ne l'attend pas. D'où la nécessité d'une observation permanente…

Effets à court, moyen et long terme

Il ne s'agit pas d'ignorer le court et le long terme. Mais dans le domaine de l'accès à l'essence, je pense profondément que le court terme peut être un des gros pièges de l'ego.

Des interventions peuvent être bénéfiques à court terme et néfastes après ; d'autres peuvent être incompréhensibles ou même douloureuses à court terme et permettre des transformations profondes.

Il y une histoire que raconte Idries Shah dans The way of the Sufi et que je vais essayer de restituer de mémoire.

"Un jour, un homme vient voir Bahaudin pour lui demander de l'aider et de l'accepter comme élève. Bahaudin lui dit d'abandonner les études spirituelles et de quitter son école immédiatement.
Un élève de Bahaudin, qui se voulait miséricordieux, lui reprocha son attitude.
'Tu vas avoir une démonstration', répondit Bahaudin.
À ce moment-là, un oiseau entra dans la pièce et se mit à voler ici et là. Incapable de retrouver la sortie, il se cognait aux murs, dans un état d'affolement croissant. Bahaudin attendit que l'oiseau passe devant la fenêtre et claqua violemment des mains. Effrayé, l'oiseau fit un écart et se retrouva dehors, libre.
'Pour lui, ce son a dû être un choc, peut-être même une violence.', conclut le Maître."

 

Qualité de la présence

"Il ne s'agit pas d'une présence du type 'Quand je mange, je mange, quand je bois, je bois'. Du moins… pas uniquement !"
Oh ! "Quand je mange, je mange, quand je bois, je bois" est déjà une chose très difficile, même pour un 7 qui aime cela !  :happy: Pour ceux qui en doutent, je suggère d'essayer de manger un simple plat en étant présent au plat, sans que l'esprit aille ailleurs.

Quant à cette présence marquée d'une grâce singulière que tu évoques, Dominique, elle me semble être, comme tu le dis, vécue dans des moments particuliers, plus que quelque chose de constant.

La personne éveillée est présente tout le temps, quand elle enseigne, quand elle mange, quand elle fait pipi, quand elle a mal à la tête, etc. La grâce n'est pas toujours là, mais la présence l'est. L'histoire d'Anthony de Mello, citée au début de cette conversation, a pour but de nous rappeler que tant que nous ne sommes pas éveillés, notre représentation de l'éveil est faussée par les présupposés de notre ego.

Essence et éveil

Il n'y a pas besoin d'être éveillé pour savoir s'il y a une différence. Le chemin du développement spirituel a été cartographié tant de fois, par tant de gens, dans tant d'écoles… En gros, ils sont d'accord.

Pour prendre la structure la plus simple, on pourra dire qu'après l'essence, il y un état qualifié de "Je suis". Cet état pourrait être assimilé à un tour complet de l'Ennéagramme au niveau de l'essence, laissant un sentiment d'être sans aucun attribut.
Cet état est assez facile à expérimenter. Nous le faisons en stage et avions donné un exercice dans notre premier livre, L'Ennéagramme, dynamique de connaissance et d'évolution". Le maintenir est une autre affaire.

Il y a aussi une étape caractérisée par la disparition de la conscience individuelle qui est remplacée par une fusion avec tout.
Là aussi, nous avons tous vécu cet état à un moment ou à un autre, mais comme le précédent, il ne peut pas être maintenu sans que les autres niveaux soient stables.

Tous ces niveaux constituent une holarchie (et non une hiérarchie) et coexistent chez l'être éveillé.

Stricto sensu, l'éveil est donc beaucoup plus que l'essence. Mais cette dernière est un beau premier pas.  :happy:

Très cordialement,
Fabien

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Wallace

Bonjour Fabien,

Merci pour ta réponse. J'apprécie les pistes que tu nous donnes et aussi cet avertissement sur les dangers des stéréotypes, non seulement sur l'ego mais aussi sur l'essence.

Wallace

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Dominique

Bonjour à tous,

Fabien, je te remercie pour cette explicitation des différents niveaux de conscience.
Elle m'apporte un éclairage sur des concepts théoriques que j'avais du mal à distinguer.

Je t'avoue que je n'en suis pas plus avancée au niveau personnel. J'ai beaucoup de mal notamment à faire la distinction entre le niveau de l'essence et le niveau du "Je suis" que tu associes à l'éveil.
(Je note d'ailleurs que ta réponse semble elle aussi mélanger quelque peu les deux niveaux. :happy: )

Ce que j'associe à l'essence (d'après ce que je pense être ma propre expérience de moments d'intégration à ce niveau) ne me semblait pas distinct du silence et de la disponibilité intérieurs qui accompagnent pour moi le "Je suis".

Je viens de relire les définitions que vous donnez dans votre ouvrage "L'Ennéagramme, dynamique de conscience et d'évolution".
Je note que l'essence est appelée aussi vraie personnalité.
C'est vrai que je situais l'essence un niveau au-dessus, étant pour moi ce qui transcende la personnalité.
J'ai tendance à penser qu'il n'y a qu'une seule essence.
Et pour moi, se relier à l'essence, quel que soit son type dans l'Ennéagramme, c'était d'une certaine manière se relier à un point situé au milieu du cercle…

Je vais tâcher d'analyser un peu mieux mes prochains changements d'état de conscience et je vous tiendrai au courant… :happy:

"La grâce n'est pas toujours là, mais la présence l'est."
Je reste convaincue qu'une grâce particulière s'observe chez les personnes en lien avec l'essence. Et qu'une présence sans grâce n'est pas une vraie présence.
Oui, ces moments de grâce sont des moments singuliers.
Mais je pense aussi que les moments d'intégration dans l'essence sont des moments très singuliers pour la plupart d'entre nous.

"La personne éveillée est présente tout le temps, quand elle enseigne, quand elle mange, quand elle fait pipi, quand elle a mal à la tête, etc."
Il est certainement plus difficile de se relier à l'essence quand on accomplit une activité que l'on juge indigne ou trop triviale, quelle qu'elle soit.
Mais cette beauté intérieure peut être présente dans tout type d'activité. Quand nous mangeons, faisons le ménage ou nos besoins aussi, c'est évident.
Le mal de tête, par contre, je l'associe nettement à l'ego. :happy:

"Tant que nous ne sommes pas éveillés notre représentation de l'éveil est faussée par les présupposés de notre ego."
Oui, c'est évident.
Cependant j'aurais à priori tendance à me méfier d'une personne prétendument éveillée qui aurait besoin de me rappeler sans cesse cela pour justifier ses agissements… :happy:

Bien cordialement,
Dominique

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Pierrette

Bonjour à tous,

J'aurais également tendance à associer le mal de tête à l'ego.

Je te rejoins, Dominique, pour dire qu'"une personne prétendument éveillée ne le rappellerait pas sans cesse".

Dominique, tu as bien défini ce que je tentais d'exprimer en disant que "les actes parlent plus fort que les paroles". J'aurais pu parler d'harmonie, de cohésion.

En fait, je crois que comme l'extérieur est le reflet de l'intérieur, par conséquent, on doit pouvoir observer dans l'ici et maintenant (donc à court terme) une grâce chez la personne, une harmonie, tant dans les gestes que dans les paroles.

Cordialement,
Pierrette

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

Niveaux de conscience

Dominique, je ne mélange pas les niveaux essence et "Je suis", mais je me suis exprimé de façon un peu trop raccourcie. Traiter des sujets aussi complexes que celui-ci avec les contraintes de taille et de temps de ce forum n'est pas aisé (et peut-être pas une bonne idée). Bref, je cesse de me plaindre et je m'y remets.

On distinguera les cinq niveaux suivants :

  • Vide. C'est le nom le plus souvent donné à cet état correspondant à la disparition de la notion de conscience individuelle. Au sens strict du terme, l'éveil implique la stabilisation de l'attention sur ce niveau.
  • Corps.
  • Ego. L'ego a un type défini dans l'Ennéagramme des personnalités.
  • Essence. L'essence a un type correspondant à l'intégration complète du type de l'ego, c'est-à-dire à la pratique de la vertu et de l'idée supérieure et à la disparition de la passion, de la fixation et du mécanisme de défense.
  • Je suis. Cet état est un état de conscience de soi dans lequel aucun attribut particulier ne ressort. Si on utilise l'Ennéagramme, un fois l'essence stabilisée, il devient possible de parcourir les lignes dans le sens de l'intégration. Quand le tour complet est fait, aucun type ne peut plus être attribué et on quitte l'essence pour l'état de "Je suis".

Il y a au moins deux points importants à noter à propos de ces niveaux.

D'abord, nous pouvons tous y accéder à tel ou tel moment de notre vie. Cela correspond à des expériences spirituelles qui n'ont pas forcément grand chose à voir avec notre niveau de développement spirituel. Je veux dire par là qu'on ne peut pas faire l'économie des étapes intermédiaires et par exemple, passer directement et durablement de l'ego au Je suis. Chaque étape doit être parcourue et stabilisée pour que le passage à l'étape suivante soit réellement utile. La plupart des maîtres spirituels se méfient énormément des expériences spirituelles que bien souvent nous souhaitons revivre en brûlant les étapes.

Ensuite, ces niveaux constituent une holarchie. La stabilisation d'un niveau ne fait pas disparaître les niveaux inférieurs. L'être éveillé a toujours un corps et c'est son ego qui conduit l'automobile ! L'ego est toujours là, heureusement, mais ce n'est plus lui qui domine la vie. Il est important de comprendre cette coexistence des niveaux et de savoir ce qui est du ressort de chacun.

Nous étudions ces différents concepts dans le stage Néti néti.

Maux de têtes et grâce

Non, le mal de tête n'est pas dans l'ego. Il est dans le corps. Il me semble qu'on est là typiquement dans une confusion de niveau.
Même chez l'être éveillé, le corps est là, il a ses bobos, il vieillit, etc. Si vous étudiez la vie d'êtres qu'on peut raisonnablement considérer comme éveillés, vous verrez que nombre d'entre eux ont eu des maladies, certaines graves, douloureuses et mortelles. L'éveil ne leur donne pas la santé absolue, mais il leur fait vivre très différemment de nous les aléas de la santé.

L'état d'éveil est un état sans attribut. Cela implique que toute croyance que nous pouvons avoir sur cet état et sur la manière dont il doit se manifester, la grâce par exemple, est erronée.

Ce problème des croyances de l'ego par rapport à la spiritualité est complexe (trop pour être détaillé ici) et fondamental. Puis-je vous suggérer la lecture de l'extraordinaire chapitre 14 (Spiritualisation) du livre de Stephen Wolinsky, Ni ange, Ni démon : le double visage de l'enfant intérieur.

Très cordialement,
Fabien

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Dominique

Bonjour à tous,

Merci à nouveau pour ces précisions, Fabien, et pour la piste de lecture.

"Non, le mal de tête n'est pas dans l'ego. Il est dans le corps."
La tête fait partie du corps, assurément. Mais la souffrance se situe-t-elle dans le corps ?
Je ne le pense pas. Je la situerais plutôt à l'interface du corps et de la conscience.

"L'état d'éveil est un état sans attribut. Cela implique que toute croyance que nous pouvons avoir sur cet état et sur la manière dont il doit se manifester, la grâce par exemple, est erronée."
J'associais à l'essence cette fluidité intérieure que j'ai évoquée. Je l'attribue au fait que l'énergie circule alors librement, sans rencontrer de barrages physiques, émotionnels ou mentaux.
Pour ce qui est de l'éveil "stricto sensu", je le répète, je manque de repères, de mots ou de concepts pour en parler.

"Si vous étudiez la vie d'êtres qu'on peut raisonnablement considérer comme éveillés…"
Est-ce que tu peux expliquer ce que tu mets derrière ce "raisonnablement" ? :happy:
Tu nous as donné (dans ton message du 5 septembre) des critères d'évaluation d'une personne dans son essence.
Quels sont selon toi les critères d'évaluation d'un être éveillé ?

Bien cordialement,
Dominique

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Fabien Chabreuil

Bonjour Dominique,

 

"Mais la souffrance se situe-t-elle dans le corps ? Je ne le pense pas. Je la situerais plutôt à l'interface du corps et de la conscience."

Il n'y a rien à l'interface du corps et de la conscience, parce qu'il n'y a pas de frontière donc pas d'interface (cf. le concept d'holarchie évoqué depuis le début de cette conversation). De plus, dans le cadre de ce modèle, le concept de conscience est flou. Il y a conscience à tous les niveaux, simultanément et différemment.

 

Il me semble que la confusion vient d'une non-distinction entre douleur et souffrance. Ce thème a été abordé dans la discussion "Les types et la douleur physique".

 

La douleur est dans le corps. C'est incontestable. Elle est présente à tous les niveaux de développement du vivant. Les biologistes l'ont mis en évidence même au niveau végétal où la conscience n'est pourtant pas très développée. :happy:

 

La souffrance est vécue au-dessus. L'individu moyen la vit principalement au niveau de l'ego et, comme je le disais dans l'autre discussion, "ajoute notamment à la douleur physique le souvenir des souffrances passées et l'anticipation des souffrances futures". L'individu éveillé réussit à conserver la majeure partie de son attention sur les niveaux supérieurs, et le problème reste principalement limité à la douleur physique.

 

"Quels sont selon toi les critères d'évaluation d'un être éveillé ?"

Ce n'est pas bon pour mon ego, mais je vais me citer une deuxième fois : "L'état d'éveil est un état sans attribut. Cela implique que toute croyance que nous pouvons avoir sur cet état et sur la manière dont il doit se manifester est erronée."

Cela implique aussi que tout critère est erroné.

 

Pire tout critère et toute croyance à ce sujet ("Quand on a atteint l'état d'éveil, on est toujours… en bonne santé, dans un état d'amour inconditionnel, apprécié des gens, etc., etc., etc.) sont des obstacles majeurs, car ils consistent à fixer un objectif à la démarche, une récompense qui motive notre ego. On crée simplement un ego spirituel et un ego spirituel n'est jamais qu'un ego !

 

"raisonnablement"

Je n'employais pas le mot raisonnablement au sens de "par l'usage de la raison", mais dans un sens figuré voulant dire "avec une bonne probabilité de ne pas se tromper".

En vertu du point précédent, on ne peut jamais avoir la certitude qu'un autre être humain est éveillé, à moins de l'être soi-même.

Est-ce que le savoir a tant d'importance ? Sans doute pas, sauf s'il enseigne et si on décide de suivre son enseignement. À ce moment-là, cette incertitude, et le risque concomitant, est plutôt positif. La confiance qu'il nous faut avoir est une bonne métaphore du lâcher prise et n'est pas difficile que pour les 6:happy:

 

Très cordialement,

Fabien

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Wallace

Bonjour Fabien,

 

J'ai beaucoup réfléchi au contenu de cette conversation et les autres conversations en cours m'y ramènent. Disons que je comprends la théorie : il faut être éveillé pour reconnaître ceux qui le sont. Mais franchement cela m'angoisse. As-tu un remède miracle ?

 

Wallace

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Fabien Chabreuil

Bonjour Wallace,

 

Bien sûr, j'ai un remède miracle : le lâcher prise. Et il doit être facile à faire puisque nous passons notre temps à en faire de similaires.

 

Prenons une analogie. Imaginons que j'affirme que je suis un physicien de premier plan et que cette formule mathématique explique enfin un phénomène incompris jusqu'ici :

 

Equation_Schrodinger.jpg

 

Il est alors évident pour tous que pour savoir par soi-même si c'est vrai ou faux, il n'y pas d'autre solution que d'apprendre les mathématiques et la physique et que cela va prendre une ou deux dizaines d'années. Il est aussi évident que les choses doivent être faites dans un certain ordre : on étudie l'arithmétique avant l'algèbre, l'algèbre avant les mathématiques des tenseurs, les mathématiques des tenseurs avant la relativité, et ainsi de suite.

 

C'est exactement la même chose dans le domaine du développement psycho-spirituel. L'apprentissage nécessite une certaine durée et un certain ordre. Les outils qu'on apprend à un niveau permettent de comprendre ce niveau, mais pas ceux qui sont au-dessus. Ils fournissent par contre les bases pour l’apprentissage du niveau immédiatement supérieur.

 

Interrogez n'importe quel moine tibétain et demandez-lui combien de temps il faut pour apprendre la méditation. La réponse est généralement qu'il faut dix à quinze ans pour commencer à en tirer les premiers vrais bénéfices. C'est une durée comparable à celle de l'apprentissage des mathématiques.

 

Le désir de brûler les étapes est bien évidemment un piège de l'ego qui nous pousse à changer de voie avant d'avoir pris le temps d'en explorer une à fond, avant qu'elle ait fait son œuvre.

 

Poursuivons l'analogie. Une fois que j'ai appris la physique, je vais peut-être découvrir que la formule ci-dessus était bidon. Ce n'est pas grave puisque j'ai quand même appris la physique.

 

Il en de même dans le domaine du développement psycho-spirituel. Peu importe ce qui me met sur la voie, si je m'y engage avec l'implication nécessaire.

 

Continuons. Le professeur qui m'apprend la physique en classe de troisième n'a peut-être pas le niveau lui valant le prix Nobel, ni même celui permettant de comprendre la fameuse formule. Peu importe, il m'apprend ce qu'il sait et il passera le relai à un autre professeur pour l'étape suivante.

 

Dans le domaine du développement psycho-spirituel, certains auront un seul enseignant, mais la plupart en auront plusieurs, chacun leur faisant franchir une étape. C'est, par exemple, une constante de la littérature soufie de voir un maître envoyer un de ses élèves chez un autre pour telle ou telle part de son apprentissage.

 

Poursuivons. À chaque niveau, je fais confiance à mon professeur de physique sur sa compétence et je fournis la quantité de travail permettant de comprendre son enseignement. Il y a un équilibre entre la confiance et la volonté de ne rien laisser inexpliqué ou dans l'ombre.

Je lui fais aussi confiance pour me dire que j'ai atteint le niveau permettant de passer à l'étape suivante.

 

Encore une fois, la situation est la même dans le développement psycho-spirituel. Je fais confiance à celui qui m'enseigne et, en même temps et sans que ce soit contradictoire, j'utilise ma raison pour comprendre ce qui m'est enseigné.

 

C'est un point très important. La confiance n'est pas la crédulité. J'aime bien ce texte du Bouddha qui insiste sur cet équilibre :

Ne croyez pas à quelque chose simplement parce que vous l'avez entendu.

Ne croyez pas aux traditions pour la seule raison qu'elles ont été transmises pendant des générations.

Ne croyez pas à quelque chose sous prétexte que beaucoup de gens le répètent.

Ne croyez pas à quelque chose simplement parce que c'est écrit dans un livre religieux.

Ne croyez pas à quelque chose simplement parce que vos maîtres et vos anciens vous le disent.

Mais, après observation et analyse, quand vous trouvez quelque chose qui est en accord avec la raison, qui conduit au bien et qui est bénéfique pour tous et pour chacun, acceptez-le et vivez ainsi.

 

Très cordialement,

Fabien

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Wallace

Bonjour Fabien,

 

Brrr ! Tu n'aurais pas pu choisir un autre exemple que les mathématiques ? :yawn: La comparaison sonne juste mais je ne sais pas si elle va me rassurer dans ce domaine ou m'angoisser dans tous les autres.

 

Veux-tu dire qu'il faut dix ans pour apprendre l'Ennéagramme ?

 

Wallace

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Fabien Chabreuil

Bonjour Wallace,

 

"Je ne sais pas si elle va me rassurer dans ce domaine ou m'angoisser dans tous les autres."

À mon avis, la meilleure idée consiste à transférer les ressources d'un contexte où elles sont présentes vers un contexte où elle manque. Mais, c'est toi qui vois. :happy:

 

"Veux-tu dire qu'il faut dix ans pour apprendre l'Ennéagramme ?"

Si tu venais te former chez nous, hypothèse très fortement recommandée :happy:, il te faudrait un an ou deux pour apprendre l'Ennéagramme, selon ton rythme.

Quant à apprendre ce qu'il peut t'apprendre sur toi, dix ans n'y suffiront peut-être pas.

 

Très cordialement,

Fabien

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Enensis

Salut à tous,

 

Je reprends cette discussion un peu tard, mais je souhaitais rajouter quelque chose qui n'a pas été évoqué dans cette discussion. Pour saisir la différence entre éveil et essence, il n'y a qu'à regarder autour de voir pour voir des personnes évoluer dans leur essence sans qu'elle soit pour autant éveillées: il s'agit des enfants de très jeune âge. :tongue:

 

Pour faire la différence entre éveil et essence, il n'y a qu'à les regarder : il est évident qu'ils ne sont pas éveillés (dans le sens illumination ou satori du terme), mais ils sont encore en partie dans leur essence puisqu'ils ont encore accès à tout type de comportement dans une situation donnée sans que les filtres éducatifs et/ou egotiques n'aient été complétement mis en place.

 

Les enfants de tout jeune âge vivent leur action de manière indéniable dans le présent et n'ont qu'une vision très sommaire de ce qu'est le passé ou le futur (il n'y a qu'à voir un enfant de 3 ans regarder une photo de lui bébé : ce n'est pas lui qu'il voit, c'est un "autre").

 

Après avoir relu cette discussion, j'ai eu le loisir d'observer ma fille qui vient de fêter ses 3 ans et c'est vrai qu'elle est capable de passer d'une émotion à l'autre en une seconde sans que cela ne lui pose de problème (que ce soit de la tristesse à la joie, ou de la colère à la peur, etc.). Elle est capable de passer d'une activité à une autre en un clin d'oeil et cela lui paraîtra "normal" en étant pourtant toujours à fond dans l'activité qu'elle fait. Parmi mes proches qui sont aussi parents de très jeunes enfants, c'est souvent une constation qui revient et une forme d'émerveillement de l'adulte par rapport à ce qu'il a été (et est encore quelque part en lui d'ailleurs).

 

Et pourtant, dès le tout jeune âge, on peut voir certains réflexes ou certains filtres perceptifs et égotiques se mettre en place, mais je pense qu'observer les très jeunes enfants peut aussi être une piste d'exploration pour (re)trouver son essence ou tout du moins pour apprendre en les "imitant", à sortir des limites que nous nous sommes finalement imposées (avec succès pour la construction de notre personnalité, cela dit).

 

Pour ce qui est de l'éveil, je ne m'aventurerai toutefois pas à donner des conseils. :angry:

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Fabien Chabreuil

Bonjour Eric,

 

Tu as entièrement raison sur cette distinction entre "essence" et "éveil".

 

Elle est d'autant plus importante que nombre de gens confondent une sorte de régression dans des états pré-égotiques avec des manifestations spirituelles d'éveil.

 

Après la phase où le bébé est encore très proche de son essence, il y a des phases successives égotiques.

L'éveil ne nie pas l'ego. La recherche de la "mort de l'ego" n'est pas qu'une connerie, c'est une illusion dangereuse qui peut avoir des conséquences catastrophiques sur l'individu qui s'y engage.

L'éveil transcende et inclut l'ego. Nous parlons sur ce site de désidentification, ce qui signifie bien la même chose. L'ego est notre indispensable moi fonctionnel. Simplement je suis bien plus que l'ego. Je suis aussi mon corps, mon essence et les autres niveaux évoqués précédemment. Nier l'un quelconque de ces niveaux (et donc nier le corps ou nier l'ego) est un travestissement de la réalité et donc est égotique ; c'est une transe égotique de spiritualisation comme il y en a beaucoup, aussi néfastes que les transes psychologiques.

 

Très cordialement,

Fabien

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Enensis

Bonjour Fabien,

 

Merci pour ces précisions et sur la conclusion de possibles "transes égotiques" qui résument bien — malheureusement suis-je tenté de dire — les dérives que l'on peut voir dans certains milieux religieux ou sectaires. :angry:

 

Ce que tu dis là me renvoie en fait à un passage que j'ai lu il y a quelques temps de ce qu'il convient d'appeler un "roman initiatique" ou le "maître" parle d'éveil à son "disciple". Il lui explique qu'atteindre l'éveil serait la même chose qu'un aveugle qui retrouverait la vue : rien dans le monde n'aura changé autour de l'aveugle, l'aveugle n'aura rien perdu ou abandonné de ce qu'il était auparavant, il aura juste une vision plus "riche" du monde qui l'entoure et il aura accès à quelque chose qu'il ne pouvait saisir (ni même imaginer) auparavant lui permettant de mieux s'adapter à la réalité telle qu'il la perçoit désormais.

 

Je note d'ailleurs qu'on retrouve assez souvent cette métaphore de l'aveugle ou du "mal-voyant", qui voit ensuite nettement la réalité telle qu'elle est et non pas telle qu'il se la représente pour définir ou décrire des accès à des niveaux de consciences/connaissances supérieurs.

On retrouve par exemple cela dans le mythe de la caverne de Platon où le monde est vu comme des ombres avant d'être vécu pour ce qu'il est vraiment par ceux qui s'échappent de la caverne, ou bien dans la vieille légende indienne des dix aveugles qui touchent à tour de rôle une partie d'un éléphant et qui n'ont qu'une représentation très partielle de ce qu'est un éléphant dans sa globalité, etc.

 

Dans toutes ces légendes, contes ou fables, c'est effectivement toujours en ajoutant "quelque chose" que l'on accède à un niveau de conscience supérieur… jamais en en perdant. "Perdre son égo" paraît donc ainsi très illusoire comme tu le rappelles et probablement le pire chemin pour arriver à son essence (ou le meilleur chemin pour ne jamais arriver à son essence, tout dépend où l'on se place sur le chemin :tongue:).

 

Très cordialement.

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Fabien Chabreuil

Bonjour Éric,

J'aurais envie de nuancer un petit peu cela. Pour des raisons de clarté, je vais utiliser le vocabulaire de ce forum en général et de cette conversation en particulier.

On appellera éveil la capacité à être simultanément et durablement conscient des divers niveaux d'existence de chaque être (Vide, Corps, Ego-Essence, Je suis) et du monde extérieur.

L'accès au niveau "Je suis" est à la fois ôter et ajouter. Ôter les filtres de l'ego (dont certains sont encore présents dans l'essence) et avoir ainsi une vision de la réalité plus… réelle. Là s'ajoute quelque chose, une certaine vie, une certaine profondeur…

L'accès au niveau Vide (improprement nommé en fait puisque ce Vide est plein de tout) est au contraire dépouillement total. Vu de ce point, je ne suis pas, l'éveil n'est qu'un concept vide de sens, comme certains bouddhistes disent : "Il n'y a pas de Bouddha qui ait jamais enseigné." Là, il n'a rien à ajouter, ni rien à ôter, puisque ajouter et ôter ne peut se faire qu'à quelque chose qui, là, n'existe pas en tant qu'entité séparée et qualifiée. Tu ne peux rien ajouter au tout, tu ne peux rien lui ôter.

Le danger de dire que l'éveil consiste à "ajouter quelque chose" est que cette simple phrase suffit pour que l'ego se crée des attentes et construisent des objectifs, pour qu'il s'empare du chemin et construise une feuille de route avec étapes gastronomiques (des expériences spirituelles indispensables) et planning (alors, ça vient ce putain d'éveil !).

Dans nos stages Essence, Éveil et Néti néti, quand quelqu'un me demande à quoi sert tout cela, je réponds systématiquement : "À rien." Qui suis-je vraiment ? Néti néti (pas ça, pas ça). À quoi cela sert de le savoir ? À rien.

Très amicalement,
Fabien

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Enensis

Fabien

En fait, je me suis mal exprimé quand je parlais "d'ajouter quelque chose". Je l'ai fait par opposition à "perdre-supprimer-effacer son ego" — comme on peut le lire ou l'entendre de différents "guides" pour atteindre l'éveil. Je n'aurai pas dû mettre de guillemets à quelque chose mais plus à ajouter… bien que ma phrase n'en eût pas été plus claire ou plus vraie pour autant. :sorry:

Je voulais en fait parler de l'accès à quelque chose de plus "englobant" et comprenant donc toujours le niveau inférieur… Quoi qu'il en soit, au-delà des mots et des constructions et représentations purement mentales, la vérité se trouve probablement plus dans ce que tu as pu dire dans d'autres discussions et dans celle-ci : cela ne s'explique pas, cela se vit.

Et une fois de plus, merci pour tes mises en garde par rapport aux attentes — illusoires — de notre ego et aux tentations qu'il met sur notre chemin.

Très amicalement.

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Oliii

Bonjour à tous,

 

Est-il possible de préciser un point : comment se débarrasser de l'ego (formulation que beaucoup de maîtres utilisent) sans tomber dans le piège du "chercher à tuer l'ego" ?

 

Comment lui botter le cul à cet ego en lui tendant la main ? :calin:

 

Comment faire du catch qui au final serait une belle danse ? :kiss2:

 

Phénoménologiquement :crazy: vivre sans ego, ou plus précisément, se désidentifier de lui et passer au niveau supérieur des poupées russes, signifie-t-il ne plus porter attention aux formations mentales ? Et donc à plus ou moins long terme ne plus en produire ?

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Fabien Chabreuil

Bonjour Oliii,

"formulation que beaucoup de maîtres utilisent"
Méfie-toi de ta compréhension de ce que disent les maîtres spirituels. D'abord, c'est l'ego qui les entend et "comprend" leurs discours. Ensuite, comme le disent les soufis, l'enseignement, c'est un maître, un élève, un lieu et une époque. Qu'un de ces éléments change et l'enseignement doit changer. Une formulation peut-être juste à un moment donné et pour une certaine personne ; cela ne signifie pas qu'elle est universelle.

La plupart de tes questions ont déjà été répondues dans cette conversation. Je vais essayer de récapituler et préciser.

"se débarasser de l'ego", "vivre sans ego"
Mais il ne s'agit pas du tout de cela. L'ego est notre moi fonctionnel. C'est lui qui remplit la feuille d'impôt, pense à aller chercher les gosses à la sortie de l'école, et fait tendrement l'amour à notre partenaire de vie. Vivre sans ego est tout simplement impossible.

Les spiritualités qui nient l'ego sont une impasse, comme celles qui nient le corps. Comme expliqué précédemment dans mon message du 10 septembre 2001, les niveaux de conscience constituent une holarchie. Détruire un niveau d'une holarchie, c'est détruire tous les niveaux supérieurs.

Il s'agit simplement (hum…) d'élargir notre attention simultanément à l'ensemble des niveaux de conscience et au monde extérieur.

"Comment lui botter le cul à cet ego ?", "Comment faire du catch ?"
Mais il ne s'agit pas du tout de cela non plus. Quel niveau de conscience a envie de "botter le cul" ou de "faire du catch" ? Crois-tu que ce puisse être ton essence ?

Bien sûr que non. L'essence ne peut avoir ni ce type de ressenti, ni cette attitude.

Qui donc peut "botter le cul" de l'ego ? Qui donc peut "faire du catch" avec lui ? Uniquement l'ego lui-même. Seul l'ego peut entrer en guerre contre l'ego. Ce n'est alors qu'une guerre civile dont on ne peut pas sortir indemne : ego-spirituel contre ego-non-spirituel. Qui gagne ? L'ego, bien sûr, qui reste le centre de l'attention.

Une métaphore pourrait être de considérer l'ego comme un enfant qui réclame toute l'attention de sa mère. Une mère n'apprend pas à son enfant qu'elle a une vie en dehors de lui, et qu'il a une vie en dehors d'elle, en lui bottant le cul ou en faisant du catch. Elle le lui apprend dans la tendresse et dans l'accompagnement.

L'amour est l'arme de l'essence.

"se désidentifier de lui et passer au niveau supérieur des poupées russes […] "
Cf. supra. On ne passe pas au niveau supérieur d'une holarchie. On étend son attention au niveau supérieur, sans pour autant cesse de considérer le niveau précédent.

" […] signifie-t-il ne plus porter attention aux formations mentales ? Et donc à plus ou moins long terme ne plus en produire ?"
Non. Cf. supra.

Très cordialement,
Fabien

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