Institut Français de

l’ennéagramme

À quoi sert tout le reste...

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Stéphanie

Cheminement d'un 6

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Stéphanie

Bonjour Fabien,

 

Ce titre est un peu l'objectif que je me fixe pour mon retour de vacances. Je pars ce soir et j'espère bien arriver à mettre un peu l'ennéagramme entre parenthèses pendant 15 jours. Pas si facile que cela… :-)

 

Juste une question tout de même.

 

J'ai dit dans une autre discussion (6 ou 8?) que je réprimais le centre émotionnel. J'ai donc repris à mon compte un exercice que tu préconises "à chaque inspiration et expiration, imaginer que le souffle entre et sort du corps par le coeur".

C'est ce que je m'entraîne à faire depuis plus de 15 jours, pour l'instant dans la rue. Et je me rends compte que je me sens… très mal.

 

Là où respirer est normalement quelque chose d'instinctif et naturel, cela devient pour moi un véritable effort. Je me rends même compte qu'il m'arrive de m'arrêter de respirer pendant plusieurs dizaines de secondes (je vais bientôt pouvoir me mettre à la plongée en apnée. :-).

Il me semble que c'est directement lié au blocage émotionnel. Est ce que je me trompe ?

 

Merci de m'éclairer sur ce point.

Cordialement,

Stéphanie (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Stéphanie,

 

Juste deux mots (Je suis en week-end chez des vieux amis qui m'attendent).

 

Il peut effectivement arriver qu'on se sente mal en faisant cet exercice. Si c'est le cas, il ne faut pas le prolonger inutilement.

 

Cependant, cet inconfort est l'occasion d'apprendre quelque chose. Quand il se produit, interroge-toi sur tes pensées, tes émotions, tes sensations, les parties détendues ou non de ton corps à cet instant précis.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Stéphanie

Bonjour Fabien,

 

Une question pour ton retour de vacances.

 

Je suis allée me promener sur une autre discussion sur l'ambition et la réussite, et je relève au passage une de tes réponses à Goupil : "Je crois profondément que notre langage exprime de manière littérale nos processus de pensée inconscients. Quand tu dis de tant de choses qu'elles n'ont pas d'importance ou qu'elles ne sont pas graves, comment ne pas y voir les mécanismes du 9 et le lien avec l'ambition."

 

Une de mes amies m'a fait, à juste titre, remarquer que j'emploie très souvent l'expression "mais peu importe" quand j'apporte une illustration à une théorie que je suis en train de développer.

Pourrais tu préciser le lien avec les mécanismes du 9 ? Qu'est ce que j'utilise à ce moment-là ?

 

Stéphanie (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Stéphanie,

 

Goupil savait déjà qu'il était un 9 quand je lui ai dit cela et mon but était de lui faire prendre conscience de la manière dont pouvaient s'exprimer les mécanismes de son type.

 

Bien sûr, je pense toujours que la phrase que tu cites est exacte. Cependant, on ne peut pas déduire le type d'un seul élément de langage, mais de la coexistence de plusieurs éléments.

 

L'expression "mais peu importe" chez toi peut être le signe d'un mouvement dans le type 9, type auquel le 6 est relié par une ligne sur le symbole de l'Ennéagramme. Mais, il peut aussi être tout simplement l'expression d'un 6 qui, dans un moment phobique, ne veut pas affirmer trop fort son point de vue de peur des réactions des autres.

 

Bref, la balle est dans ton camp. Essaye de repérer les moments où tu emploies cette expression et d'analyser ce que tu vis alors dans tes trois centres.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Stéphanie

Ah ouiche, ça commence à me paraître bien compliqué l'ennéagramme.

 

Fabien, pour répondre à ta remarque, "mais peu importe" est une expression que j'utilise souvent dans un contexte professionnel et surtout lorsque j'anime des groupes de formation.

Lorsque je cherche à expliquer, à faire passer un point de vue, si je suivais ma tendance naturelle, j'aurais tendance à vouloir directement aller à la conclusion, c'est à dire "la théorie".

Je sais bien qu'il me faut utiliser des exemples concrets pour me faire comprendre, rendre l'ensemble accessible et plus vivant. Mais ce que je souhaite que mes interlocuteurs retiennent, c'est l'idée dans sa globalité et pas les illustrations. C'est donc une fois que j'ai fini de donner les exemples que j'utilise cette expression.

Est-ce là l'expression du 6 phobique ?

 

Stéphanie (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Stéphanie,

 

Dans mon précédent message, je disais qu'une telle phrase pouvait être l'expression d'un mouvement en 9 ou bien d'un moment phobique chez un 6 et je te recommendais auto-observation et auto-analyse. En Ennéagramme, c'est la seule voie de connaissance et de progression. Tu nous en apportes une jolie preuve avec une troisième explication.

 

Ton "peu importe" est simplement l'expression de la préférence pour le centre mental, de la théorie par rapport à l'exemple. Un 5 pourrait certainement l'employer ainsi (mais il réussirait peut-être à éviter de donner des exemples :happy: ). En tant que 7, bien que j'adore raconter exemples, anecdotes, histoires et métaphores, je pourrais pourtant le dire aussi (exemple de contexte : pour rappeler que les quelques mots qui décrivent les types sont plus importants et moins limitatifs que n'importe quel exemple).

 

Je ne crois pas que l'Ennéagramme soit compliqué ; il est délicat et subtil. C'est une nécessité si un système de neuf types veut décrire quelques milliards d'êtres humains sans être une caricature ridicule. Courage donc ! Il faut du temps pour l'apprivoiser, mais cette démarche est passionnante à chaque instant. Et si un 7 le dit après dix ans de concentration sur le sujet, c'est que c'est vrai. :happy:

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Administrateur

Par Stéphanie (Stéphanie) le mercredi 19 septembre 2001 - 15h03

 

Bonjour Fabien,

 

J'ai laissé depuis quelque temps une question en suspens, à laquelle je n'ai pas répondu.

 

Cet exercice sur la respiration m'a placée face à ma colère, toute intérieure.

Avec un peu de recul, ce que je ne voulais pas voir m'est apparu : je suis en effet assez souvent en colère. Contre les autres, contre moi, contre une situation qui ne répond pas à mes attentes…

Mais je ne l'exprime pas verbalement, ou très peu. (Ni physiquement !)

Est ce compatible avec le 6 ?

 

J'ai souvent du mal à dissocier colère et violence. Une personne en face de moi très en colère peut en effet me faire peur (même si cette colère ne m'est pas forcément adressée) et cette explosion s'associe dans mon esprit à de la violence. Cela correspond en effet à des situations vécues dans mon enfance où l'une et l'autre allaient de pair.

 

Peur d'être moi même violente en exprimant cette colère ? Peut-être.

 

Quelles sont les pistes de progression pour progresivement retrouver le contact avec cette colère et arriver à l'exprimer "en toute sérénité" ?

 

Merci de ton aide,

Cordialement,

Stéphanie (6)

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Administrateur

Par Fabien Chabreuil (Fabien) le jeudi 20 septembre 2001 - 09h41

 

Bonjour Stéphanie,

 

Oui, tous les types peuvent vivre de la colère. Dans mon expérience, les 6 ont de bonnes capacités en ce domaine. :happy: Certains (contrephobiques et sous-type sexuel notamment) les expriment facilement, d'autres moins, sans doute pour des raisons de correction ou liées à leur histoire de vie.

 

"Peur d'être moi même violente en exprimant cette colère ? Peut-être."

Si tu as été témoin ou pire victime dans ton enfance de colères violentes, tu as raison de te méfier, d'autant plus que tu étais plus jeune quand cela s'est produit. Les phénomènes inconscients d'identification à l'offenseur et de reproduction involontaire de ses actes sont bien connus. Ils ne sont pas une fatalité, juste une possibilité qui doit être écartée.

La priorité est donc de supprimer, ou au moins diminuer fortement, l'impact de ces scènes anciennes.

 

Ensuite, un bon moyen de te connecter à la colère est de commencer par l'écrire. Tu peux rédiger des lettres aux personnes après lesquelles tu es en colère. Ces "lettres de colère" ne doivent en aucun cas être envoyées, mais détruites solennellement une fois terminées. Puisque ces lettres ne seront vues que par toi, tu peux t'autoriser à tout dire et sur n'importe quel ton ; les injures sont recommandées.

Une étape ultérieure pourra être de lire ces lettres à haute voix et avec le ton, toujours en étant seule.

Une suivante pourrait être de les lire à un(e) ami(e) intime, un(e) confident(e) en qui tu as toute confiance pour avoir alors une attitude positive à ton égard durant ces moments.

 

Tu verras peu à peu que plus tu t'autorises à considérer la colère comme une émotion légitime, moins tu auras besoin d'y avoir recours.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Pierrette

Bonjour Stéphanie et les autres,

 

Une façon qui me revient qui a été intéressante pour moi face à la colère, c'est une thérapie par l'art que j'ai faite il y a quelques années. En arrivant, nous étions invitées (eh oui, il n'y avait que des femmes !) à exprimer ce que nous ressentions à ce moment précis.

 

Par la suite, il y avait une méditation (différente à chaque fois) et ensuite, nous nous mettions à peindre. Le but n'était pas du tout esthétique, mais plutôt d'exprimer ce que nous ressentions, de le jeter sur la toile. Je ris en lisant les mots que je viens d'écrire, "jeter sur la toile". Je suis vraiment 8, n'est-ce pas…

 

Diane (l'animatrice) se promenait et lorsque ce qu'il y avait sur la toile lui semblait en contradiction directe avec ce qui avait été exprimé au début, elle nous le mentionnait. J'ai souvent été surprise de voir ma colère exprimée de cette façon. Je croyais que ce serait laid, mais j'étais généralement surprise de l'effet. Cela a été pour moi un moyen d'apprivoiser ma colère. Elle me faisait moins peur, car de la voir sur la toile me permettait de prendre du recul par rapport à elle.

 

Ce fut très intéressant comme expérience. A force de voir cela, j'ai eu envie d'exprimer ma colère d'une façon plus consciente. J'en avais moins peur.

 

Amicalement,

Pierrette (8)

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Stéphanie

Bonjour,

 

Fabien, j'ai une interrogation sur les sous-types. J'aurai eu tendance à dire que je suis plutôt contre-phobique et de sous type sexuel. Mais cela ne colle pas tout à fait avec l'expression de la colère.

Je continue donc à creuser. Et je me demande si je ne serai pas plutôt contre-phobique en milieu professionnel et phobique dans l'univers familial. Est-ce que cela peut faire sens dans la théorie de l'ennéagramme ?

D'autre part, pour valider mon sous-type, j'aurai besoin, je pense, de mieux comprendre comment ceux-ci fonctionnent (oui, je sais, il existe un stage qui traite de ce sujet là, mais ce sera pour un peu plus tard :happy: ) et donc comment déterminer son sous-type.

 

Cordialement,

Stéphanie (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Stéphanie,

 

Oui, il est totalement compatible avec la théorie de l'Ennéagramme d'être phobique dans un contexte et contre-phobique dans un autre.

 

Les 6 phobiques purs ou contre-phobiques purs sont, en fait, extrêmement rares. L'immense majorité des 6 oscillent entre les deux attitudes en fonction du contexte, des circonstances ou des événements. Chez certains, ce passage de l'une à l'autre est très rapide et fréquent (une ou plusieurs fois par jour) ; chez d'autres, il est beaucoup plus rare.

 

Tu as raison. Les sous-types sont l'objet d'un stage. Le problème est que le sujet occupe deux journées entières et que je n'ai ni le temps, ni la place de le décrire ici avec précision. Une introduction aux sous-types est aussi présentée dans notre ouvrage Comprendre et gérer les types de personnalité.

Sur ce point, il est donc souhaitable que tu formules une ou plusieurs questions plus précises et plus ciblées et j'y répondrai très volontiers.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Stéphanie

Bonjour Fabien,

 

Concernant les sous types, voici les informations que j'ai pu glaner sur le sous-type conservation.

 

Un 6 conservation est dit "cordialité". Il va au devant des autres, il est chaleureux : "A partir du moment où je crée une relation affectueuse, j'enlève le danger."

Objectif = assurer la sécurité en récupérant le maximum d'informations. On peut le prendre pour un 2.

 

Est-ce que cette notion relationnelle est la seule caractéristique de ce sous-type ou y a-t-il d'autres éléments auxquels on peut le repérer ? Si je ne me retrouve pas dans cette "recherche relationnelle", est-ce que je peux quand même être de sous-type conservation ?

 

Cordialement,

Stéphanie (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Stéphanie,

 

Sur un plan général, l'instinct de conservation concerne la survie physique et des questions comme la nourriture ou la santé.

Quelqu'un qui est de sous-type conservation va donc avoir une problématique autour de ce thème soit par un excès d'attention, soit par un excès d'inattention.

 

Chez le type 6, le sous-type instinctif se manifeste, comme tu l'as dit, par la cordialité. Certes une exception est toujours possible, mais dans ce cas, il faudrait l'expliquer par ton histoire de vie.

 

A moins donc que tu aies une problématique particulière autour des thèmes de la sécurité physique, tu peux éliminer le sous-type conservation s'il n'y a pas cordialité.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Stéphanie

Fabien,

 

J'ai du mal à comprendre pourquoi, chez le 6, l'aspect conservation se manifeste par son attitude vis à vis des autres (la cordialité), puisque la conservation c'est avant tout soi par rapport à soi. Quel est le lien entre les deux ?

 

Stéphanie (6)

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Gabriel

Bonsoir Stéphanie,

 

Je pense que le 6 "ajuste" sa réaction de survie en fonction des autres car il est primordial pour lui d'être intégré dans un groupe. Son identité personnelle est en lien avec son appartenance à un groupe. Donc, d'une certaine manière, il attend de son groupe une protection, une aide pour survivre. La cordialité est donc le moyen qu'il trouve pour "s'attirer" cette protection, car, les personnes du groupe seront plus disposées à intégrer une personne cordiale qu'une personne "froide" (du moins, c'est une croyance profonde du 6 !).

 

Avec mes messages les meilleurs,

Gabriel (4)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Stéphanie,

 

Je pense qu'une partie de la confusion vient du mot "cordialité". Il est important de comprendre qu'il s'agit là d'une réaction instinctive et en aucun cas émotionnelle.

 

Les instincts sont des mécanismes que nous partageons avec les animaux, même si nous les vivons à notre manière humaine. On comprend mieux les réactions des instincts quand on trouve des équivalents dans le monde animal.

J'insiste bien sur le fait qu'il ne s'agit en aucun cas de traiter le centre instinctif de fonction animale, ni d'avoir aucun mépris pours les instincts ou les instinctifs, ni de créer une hiérarchie de valeur entre les centres. C'est une analogie destinée à faciliter la compréhension.

 

Dans un groupe de gorilles, par exemple, les membres du groupe s'approchent du mâle dominant avec un rituel particulier destiné à montrer qu'ils n'ont pas d'intention agressive, puis, assez souvent, font un geste qu'on peut considérer comme chaleureux, par exemple l'épouillage. Il s'agit simplement d'un rituel de sécurité, destiné à renforcer la cohésion sociale et qui est bien distinct de l'amour dont ces animaux sont capables, entre adultes ou entre adultes et petits.

 

La cordialité du 6 est de cet ordre, la mise en oeuvre d'un instinct de protection tourné vers soi. Le centre émotionnel n'y est pour rien, ce qui n'empêche pas le 6 d'y avoir recours, en d'autres circonstances et à d'autres moments. On comprend que cette réaction est pour le 6 une réaction phobique.

 

Si cet instinct est fort, ce qui est le cas si la personne est de ce sous-type, le 6 le met d'autant plus à l'oeuvre que le danger potentiel est grand. La réponse de Gabriel n'est donc pas tout-à-fait exacte. Le 6 manifeste plus cet instinct, en dehors de son groupe, là où est l'insécurité. A l'intérieur de son groupe, où il y a sécurité, l'instinct de conservation n'a donc pas (ou moins) besoin de jouer et les instincts sexuel et social ainsi que les centres mental et émotionnel retrouvent plus de place.

 

Sachant que pour la plupart des 6, leur groupe est tout simplement leur famille, le mécanisme général est là. Toutefois, il importe bien évidemment de prendre en compte quelques exceptions. Par exemple, dans des moments de contre-phobie ou si les règles de fonctionnement du groupe l'exigent, le 6 peut manifester une agressivité vers l'extérieur de son groupe. Si le groupe a un leader fort, le mécanisme de cordialité peut s'exercer avec lui.

 

Il faut beaucoup d'auto-observation à un 6 pour distinguer les moments où il est dans une cordialité instinctive de ceux dans lesquels il est dans une cordialité émotionnelle.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Gabriel

Bonjour,

 

Il est vrai que je me suis plus focalisé sur l'intégration dans un groupe au début. Je peux effectivement bien imaginer qu'un 6 a moins besoin d'utiliser ce mécanisme lorsqu'il se sent en sécurité dans son groupe.

 

La différence entre cordialité instinctive et cordialité émotionnelle est intéressante, car elle explique mieux pour moi le fait que cette cordialité instinctive du 6 peut laisser un goût "d'inachevé" à l'autre qui, j'imagine, doit observer à l'apparence une cordialité émotionnelle et peut-être "inconsciemment" se sentir un peu trahi lorsque ses "capteurs intimes" personnels discernent que cela n'est pas le cas. D'où peut-être un sentiment de malaise diffus ? Peut-on le voir comme cela ou est-ce une perception erronée du modèle ? Je suis intéressé par ta réponse.

 

Très cordialement,

Gabriel (4)

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Fabien Chabreuil

Bonjour,

 

Bien sûr, la cordialité du 6 peut provoquer une malaise ou une frustration chez quelqu'un qui ne sait pas distinguer les cordialités instinctive et émotionnelle… spécialement chez quelqu'un préférant le centre émotionnel.

 

Mais il faut bien voir que la cordialité du 6 est un rituel de communication, comme lorsqu'on rentre dans son bureau le matin et qu'on fait un sourire et que l'on dit bonjour. La plupart des gens comprennent bien dans ce dernier cas qu'il s'agit d'un rituel et non pas de marques de joie et d'amitié.

 

Comme toujours, la solution est chez soi, dans son propre développement personnel. Quand quelqu'un se méprend sur la cordialité du 6, il peut se demander comment il pourrait affiner sa propre perception et sa capacité de discernement. Il s'agit vraisemblablement de sa part soit d'une sur-utilisation du centre émotionnel qui lui fait souhaiter des émotions relationnelles là où il n'y en a pas, soit d'une sous-utilisation du centre instinctif qui lui rend difficile la compréhension de ce type de manifestations. Soit des deux à la fois…

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Stéphanie

Bonjour Fabien et Gabriel,

 

Si je comprends bien ce que me dit Fabien, l'instinct de cordialité (conservation) va plutôt de pair avec l'attitude phobique de la personne.

 

Mon groupe de référence est ma famille. Or il se trouve que je suis plutôt phobique avec ma famille et fortement contre-phobique en dehors.

 

Donc logiquement, je vais manifester l'intinct de cordialité avec l'extérieur de mon groupe, juste là où j'aurai plutôt tendance à être contre phobique ?

 

Au secours, je suis perdue !

Stéohanie (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Stéphanie,

 

Tu te poses beaucoup trop de questions (je sais, c'est normal pour un 6 :happy: ). Si tu ne manifestes pas la cordialité instinctive hors de ton groupe, tu n'es pas de sous-type conservation. C'est tout et il n'est pas besoin d'aller chercher plus loin.

 

Il me semble que ton hésitation vient d'une confusion entre instinct et sous-type.

 

Tout le monde dispose des trois instincts de base, conservation, social et sexuel.

 

La cordialité est la manière dont se manifeste l'instinct de conservation chez les 6 de sous-type conservation, c'est-à-dire chez ceux pour lesquels les circonstances de la toute petite enfance ont provoqué un mauvais développement de cet instinct.

 

Quand l'instinct de conservation fonctionne bien, la personne n'est pas de sous-type conservation. L'instinct de conservation, qui existe bien sûr, se manifeste quand c'est approprié et de différentes manières qui n'ont pas forcément à voir avec la cordialité.

 

Il n'y a donc aucune contradiction avec ce que tu vis. Le sujet des instincts est subtil et l'apprendre nécessite du temps et un cadre de formation plus que discussion. Continue cependant à m'interroger et je ferai de mon mieux dans ces limites.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Stéphanie

Bonjour Fabien,

 

Si j'ai bien compris comment fonctionnent les sous types, être de sous type social signifie que l'aspect conservation ne pose pas de soucis majeurs et être de sous-type sexuel implique aussi que les deux précédents (conservation et social) fonctionnent bien.

Est-il possible de changer de sous-type en cours de vie ? C'est-à-dire peut-on considérer que l'on a réglé ses problèmes du premier niveau et "passer à la suite", ou bien quand on est de sous-type conservation, de la même façon que pour les types, "ça nous colle à la peau" jusqu'à la fin ?

 

Stéphanie (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Stéphanie,

 

Tu as parfaitement compris : être d'un sous-type suppose que les instincts précédents, dans l'ordre de leur développement, ne posent pas de problème particulier.

 

Contrairement au type, le sous-type est le résultat des premières années d'éducation, vraisemblablement avant deux ans. Cela signifie qu'un travail personnel peut le faire évoluer. Jeune adulte, j'étais clairement de sous-type conservation, je suis aujourd'hui de sous-type social.

 

Il importe de distinguer une évolution durable du sous-type de la montée en puissance temporaire d'un instinct sous l'effet des circonstances de la vie. Par exemple, tomber amoureux déclenche généralement le fonctionnement au premier plan de l'instinct sexuel, mais si la personne n'est pas de sous-type sexuel, elle reviendra tôt ou tard à ses préoccupations fondamentales.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Stéphanie

Fabien,

 

J'ai longuement hésité à me reconnaître de sous-type sexuel. Je crois enfin comprendre pourquoi.

 

Si nous n'arrivons au sous-type suivant (conservation, puis social, puis sexuel) que lorsque l'instinct précédent fonctionne correctement ; cela signifie pour moi que le côté conservation et social ne posent plus de problème particulier.

Ce que dans ma petite tête, j'ai assimilé à : "Je ne peux accéder à l'étage supérieur que si j'ai réussi les deux épreuves précédentes." Or cela aurait signifié "Je reconnais que j'ai REUSSI à franchir une étape.", ce qui quelque part est antinomique avec cette impression de "Je n'arrive à rien."

 

Je crois que j'ai encore un peu de chemin à faire pour accepter la réussite (ce qui pourtant ne m'arrive très certainement pas moins souvent qu'aux autres, mais que j'ai bien du mal à reconnaître). J'ai bien essayé de noter tous les cas de réussite que je peux me reconnaître, je ne vais pas bien loin. Aurais-tu d'autres pistes de travail ?

 

Cordialement,

Stéphanie (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Stéphanie,

 

La difficulté à accepter la réussite est une caractéristique assez fréquente du 6 et est, ce n'est pas étonnant, liée à la compulsion d'évitement de la déviance. Il y a une croyance sous-jacente que la réussite exclut, qu'elle donne un pouvoir et que celui qui réussit n'est pas donc pas aimé ou est rejeté. Il y a un proberbe japonais, culture 6 s'il en est, qui affirme : "Le clou qui dépasse se fait taper dessus."

 

Plus que les cas de réussite en général, il serait intéressant que tu cherches dans ta vie les fois où la réussite t'a valu amour et acceptation.

Si tu n'en trouves pas assez dans ta vie, cherche des cas dans la vie de tes proches ou de gens que tu estimes.

 

De la même manière, tu peux lister les autres croyances négatives et les craintes que tu as peut-être à propos de la réussite et chercher des contre-exemples dans ta vie ou celle d'autres personnes.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Harper

Bonjour Stéphanie

 

J'ai une question concernant la non-reconnaissance de tes succès : est-ce que tu n'arrives pas à en être consciente, est-ce que tu en es consciente mais que tu les refoules vis-à-vis de toi-même ou est-ce que tu les refoules vis-à-vis des personnes extérieures ?

 

La question n'est pas totalement désintéressée (type 5) parce que là est peut-être une différence entre un 5 aile 6 (moi) et un 6, et la réponse me permettra peut-être de lever les doutes (!) de certaines personnes de mon entourage qui présentent des traits des deux types (moi y compris).

 

Ma réaction personnelle au proverbe japonais cité par Fabien était finalement une reformulation : "Le clou qui dépasse se fait taper dessus… sauf si on ne voit pas qu'il dépasse !"

 

Très cordialement,

Bénédicte (5 aile 6)

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Stéphanie

Bonjour Bénédicte,

 

Ma non-reconnaissance de la réussite est bien ancrée en moi. Il s'agit de moi par rapport à moi.

Si je dois me vendre, présenter à l'extérieur ce que j'ai réalisé, pas de problèmes. Je saurai repérer mes réussites et les vendre à autrui. Si on imagine un entretien de recrutement, je peux être très performante.

Parce que, là, c'est ma tête exclusivement qui va parler. Parce que je vais fonctionner de façon logique en comparaison avec ce que les autres ont fait et ce qui existe "sur le marché".

 

Pour moi, la difficulté se situe ailleurs et est plus profonde : fondamentalement, je n'y crois pas. Non pas que ce que je dise soit faux. Je ne dis que ce qui est, mais j'ai en permanence en tête tout ce qui aurait pu être mieux. Comme ce n'était pas absolument parfait (ce qui n'existe pas), pour moi ce n'est pas une réussite.

Qui plus est, si quelque chose est réussi (que ce soit professionnel ou extra-professionnel), ce n'est pas grâce à moi, mais grâce aux autres qui ont participé, en raison de circonstances exceptionnellement positives… Ce qui veut dire que ce résultat positif atteint, je ne me l'attribue pas et je minimise constamment ma participation. Lorsque je dis que j'ai réussi quelque chose, j'ai en tête : "Mais je ne serai pas capable de le recommencer."

 

C'est bien intérieurement que je ne me donne pas le droit de réussir.

J'ai beaucoup de mal à accepter la reconnaissance des autres. Je ne les crois pas. "Ils disent ça pour me faire plaisir, mais dans le fond ce n'est pas vrai. Ca ne peut pas être vrai parce qu'ils savent bien que tel ou tel élément cloche. Car la solution que j'ai mise en place ne résoud pas Tout". Si en compétition j'arrive première, ce n'est pas parce que j'ai été bonne, mais bien parce que les autres n'ont pas été très bons.

 

J'ai tellement facilement tendance à voir ce qui ne va pas que j'ai du mal à voir le reste.

 

Donc, si le clou dépasse et que personne ne le voit, ça ne me suffit pas. Car quelqu'un va bien finir par s'apercevoir de la supercherie et là…

 

Mais il parait que ça se travaille…

 

Stéphanie (6 mu)

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Harper

Re-bonjour Stéphanie,

 

Merci de tes informations qui clarifient ma perception. Parfois, j'ai du mal à identifier ce qui vient de mon aile 6 ou de mon type 5.

 

J'ai personnellement plus tendance à me "satisfaire" de ce que j'ai fait, en sachant que j'ai fait au mieux par rapport à mes moyens et à l'information dont je disposais.

 

Ce qui ne veut pas dire que ce que j'ai fait est toujours parfait. Cela peut souvent être amélioré : j'ai l'intention de faire mieux la prochaine fois. Parfois je suis consciente d'avoir travaillé "à l'économie" (à l'avarice, quoi) et je ne suis pas du tout contente de moi. Mais si j'ai fait ce que j'estime avoir été en mesure de faire par rapport à ce que j'estime que l'on attendait de moi… alors je peux passer à autre chose.

Peut-être que ce que je te dis là peut t'aider dans une situation voisine…

 

Mais en quoi le clou qui dépasse est-il une supercherie ? Par rapport à qui ou à quoi ?

Et, tu sais, peut-être que quelqu'un va se réjouir que justement ce clou dépasse parce qu'il cherchait un endroit ou accrocher sa clé. :happy:

 

A bientôt,

Bénédicte (5 alpha aile 6)

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Jackie

Bonjour Stéphanie,

J'ai lu avec beaucoup d'intérêt ton cheminement car j'ai une fille de type 6. Comme toi, elle a de grosses capacités de réussite. Elle réussit plein de choses quand l'affect n'est pas en jeu. Ce qui m'éclaire dans ton témoignage (et me fait mal), c'est quand tu dis que cette dévalorisation se situe plus profondément. Ce que tu dis à propos de la perfecion me parle. Bien que de type 8, n'étant pas spécialement perfectionniste, j'aime performer et je me rend compte que j'ai probablement induit chez elle un sentiment d'incapacité. Je crois qu'en voulant lui donner de la confiance, je lui ai fait douter de sa valeur. A mon avis, il a suffit de peu de choses pour que cela s'installe, car je la félicitais souvent et l'encourageais du mieux que je pouvais. Et je me demande si ces encouragements n'ont pas eu l'effet inverse… Si elle ne les a pas interprétés comme des attentes impossibles à satisfaire… En a-t-il été de même pour toi ?

Un 8 qui doute d'avoir été un bon parent.

Jackie (8)

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Jackie

Re-bonjour Stéphanie,

Et pardon de m'immiscer de la sorte dans ta réflexion, mais je voudrais te remercier, car grâce à ton cheminement, que tu partages si généreusement, j'ai compris un point très important dans le fonctionnement du type 6. Grâce à toi, j'ai pu en discuter très profondément avec ma fille. Merci encore pour ta puissante contribution. :crazy:

Quand elle est "déconnectée" de l'affect, comme toi, elle est capable de prouesses étonnantes. Mais reconnaître sa propre valeur, être fière de qui elle est, lui pose le même problème qu'à toi. Elle n'y croit pas. Interrogée sur ce point, voici son témoignage : "J'avais 8 ans quand tu m'as dit que les enfants DEVAIENT dépasser les parents. Vous étiez tellement forts tous les deux (père 3, mère 8) que je me suis sentie écrasée. Je me suis dit que je n'y arriverai jamais. Cela m'a rendue très triste. J'ai ressenti un véritable désespoir et je me suis dit que je ne valais rien." :heart:

Je me souvenais en effet d'avoir prononcé, au cours d'une conversation sur l'évolution des êtres humains, une telle phrase. Aider un enfant à grandir, à évoluer, l'autoriser à être lui même me paraissait fondamental.

Jeune adolescente, j'avais été témoin d'une rivalité père/fils chez des amis de mes parents. Le père vouait une haine tenace à son fils, ne ratait jamais une occasion de le dévaloriser en public, le traitant d'abruti et d'incapable. Il sentait que son fils, plus brillant et plus intelligent que lui, allait le dépasser professionnellement. Cet homme me paraissait petit et mesquin et je trouvais inadmissible et profondément injuste une telle attitude. Cela m'avait amenée à un travail de réflexion sur mon futur rôle de parent et je m'étais dit que je favoriserai au maximum les chances de réussite chez mes enfants… Cherchez l'erreur !

Tu emploies des mots forts, tels que "supercherie" ; cela veut-il dire que tu te perçois en imposteur, et que tu risques d'être démasquée ?

Il me revient en mémoire un extrait d'un discours de Nelson Mandela : "Notre plus grande peur, c'est d'être insuffisant. Notre plus grande peur, c'est d'être capable au-delà de toute mesure. C'est notre lumière et non notre obscurité qui nous effraie le plus… Jouer petit ne sert pas le monde…"

Est-ce de découvrir à quel point tu es belle et grande qui te fais si peur ? :happy:

Jackie (8)

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Stéphanie

Bonjour Jackie, Bénédicte et Nadine,

 

Merci de vos témoignages et merci à toi Jackie pour tes encouragements. Je suis ravie que tout ceci te permette de progresser dans la compréhension de ta fille.

 

Si je parle de supercherie, c'est bien que, là où d'autres verraient peut-être quelque chose de bien, pour moi il n'y a que l'imparfait. Donc quelque part la réussite ne peut pas me concerner. Et donc si le "clou dépasse", c'est qu'il y a malfaçon quelque part. Le clou NE PEUT PAS dépasser.

 

Ce regard très critique que je porte sur ce que j'ai fait, je ne le porte pas forcément sur le travail des autres.

Certes, je vais assez facilement voir ce qui serait améliorable dans ce qu'ont fait les autres, mais je peux reconnaître leur réussite et les admirer. Non, ils n'auront peut-être FACTUELLEMENT pas fait mieux que moi, mais comme moi je ne serais pas satisfaite de moi si tout n'était pas parfait, si les autres sont satisfaits d'eux même, c'est que dans le fond le dossier doit être nickel !

A lire ce que j'ai écrit, je me dis qu'il y a une belle part de naïveté dans ma façon de fonctionner !?!?!?

 

C'est vrai que c'est lié à l'enfance, à une éducation que j'ai reçue où rien n'était jamais assez bien. Lorsque j'avais le sentiment d'avoir réussi quelque chose et que je l'exprimais, "Tu aurais pu faire mieux" me disait ma mère…

Le meilleur moyen était encore de dire que je n'étais pas satisfaite du résultat et c'était enfin un sujet sur lequel j'avais son assentiment.

"Rabaisser" ses enfants était pour elle une façon de nous inculquer l'humilité et la modestie. Cela partait d'un bon sentiment.

Tu as raison, Jackie, pas toujours facile d'éduquer ses enfants et bien souvent ce que l'on fait a une tout autre portée que ce que l'on aurait souhaité.

 

Donc, ne pas se vanter de mes bons résultats est pour moi un moyen d'avoir la paix… Et à force, j'ai fini par vraiment croire que, finalement, rien de ce que je faisais n'était parfait…

 

Stéphanie (6)

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Jackie

Ma chère Stéphanie,

As-tu identifié le type de ta mère ? Comme la tienne, la mienne pensait qu'il était bon de rabaisser ses enfants pour qu'ils ne soient pas vaniteux. Et je me dis que la réponse à un tel type d'éducation est bien fonction de la structure de la personnalité. Je m'explique : deux mères envoyant les mêmes messages, deux réponses différentes.

 

Pour avoir l'assentiment de ta maman, tu as adopté un comportement d'auto-critique et d'auto-dévaluation. Ce qui a fini de te convaincre que quoi que tu fasses, ce ne serait jamais parfait.

 

Au perfectionisme de ma mère 3, j'ai répondu par la révolte et l'auto-évaluation. J'allais même plus loin. Dès que je voyais que mes réussites flattaient son ego (elle ne me félicitait jamais, mais je l'entendais se vanter auprès des autres et cela me mettait en rage), je cassais net rien que pour lui faire du mal.

 

Aïe, aïe, aïe, les mères, quel poème !

Jackie (8)

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Jacqueline, tu dis : "Deux mères envoyant les mêmes messages, deux réponses différentes."

L'éducation, les circonstances de l'enfance ne déterminent pas le type, mais ont une influence sur le niveau d'intégration. Merci d'en apporter un nouveau témoignage.

 

Stéphanie, tu écris : "Et à force, j'ai fini par vraiment croire que, finalement, rien de ce que je faisais n'était parfait…"

Mais oui, Stéphanie, rien de ce que tu fais n'est parfait ! Rien de ce que je fais non plus !

Ce n'est pas de la perfection de certaines de tes réalisations que tu dois te convaince, mais de l'impossibilité de la perfection absolue. La perfection absolue n'est pas un bon critère pour mesurer un résultat. Si tu as fait de ton mieux et si c'est bien fait, réjouis-toi sans partage ; si tu as fait de ton mieux et si ce n'est pas si bien fait que cela, réjouis-toi quand même de la qualité de ton implication et apprends pour la prochaine fois. Je sais, c'est beaucoup plus facile à dire qu'à faire. :happy: Sauf peut-être pour un 7 ! :crazy:

 

L'exercice sur les croyances que je t'ai suggéré dans mon précédent message n'est pas toujours facile. Si, notamment, tu manques de contre-exemples, n'hésite pas à demander aux lecteurs de cette discussion de t'en proposer.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Pierrette

Bonjour à tous,

 

Stéphanie, en lisant le message de Fabien concernant la perfection, j'ai pensé à ce que j'ai lu dans le bouquin de Julia Cameron "S'ouvrir à sa créativité". Elle disait : "Un tableau n'est jamais fini. On choisit d'arrêter de l'améliorer et on passe à un autre." Je crois qu'on pourrait également appeler cela du lâcher prise.

 

Vos échanges me rejoignent. Ma mère était tellement exigeante, ce n'était jamais assez. Je me révoltais et je réagissais par la colère, comme une 8, mais cela m'atteignait quand même. Je me suis sous-évaluée pendant la majeure partie de ma vie. J'ai réellement été mon pire ennemi.

 

J'ai dû me reconstruire pierre par pierre. Aujourd'hui, j'arrive à me donner le droit à des oeuvres imparfaites, du moment que j'ai donné le meilleur de moi-même. Et je dirais même qu'il m'arrive, certains jours, de réaliser que je n'ai pas TOUT donné, OH HORREUR !, et je commence à voir que ce n'est pas si grave que cela.

 

Un jour, un voile s'est déchiré devant mes yeux (pour mon plus grand bonheur) et je me suis mise à observer les oeuvres des autres participants à cette grande fresque qu'est la vie et j'ai gagné à me comparer. De perfectionniste, je suis passée à minutieuse, simplement, un cran plus bas. Depuis, je respire mieux et j'apprécie davantage ce que j'accomplis. En fait, je dirais que j'apprécie davantage l'expérience, plutôt que de me concentrer sur le résultat.

 

Il y a de l'espoir. :happy:

 

Amicalement,

Pierrette (8)

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Stéphanie

Bonjour Pierrette, Jackie et Fabien,

 

Pierrette, merci pour ce témoignage. Nous revenons à ce fameux thème du lâcher prise, et je crois bien que c'est là le travail de tout une vie… Mais tu as raison, quel bonheur les quelques fois où j'ai ressenti que je lâchais !

 

Quant à ma mère, Jackie, c'était une 5. Je n'ai pas encore réfléchi aux incidences sur mon évolution. Mais en tout cas, ce côté "avare" de compliments et d'encouragements a toujours été fort présent.

 

Oui Fabien, j'ai du mal à travailler sur mes croyances négatives ; je n'ai pas encore suffisamment de recul pour les identifier vraiment.

 

Le "Sois Fort" et le "Sois Parfait" sont bien des mots d'ordre intérieurs qui aujourd'hui m'emprisonnent. Ajouté à ça, le "Ne compte jamais totalement sur les autres".

J'ai déjà réussi à comprendre - en partie - d'où cela me venait et dans quelles situations j'avais été les pêcher. Reste à faire ce travail pour m'en débarrasser et ce n'est pas facile. Rien que cet exercice de repérer toutes les fois où la réussite m'a valu "amour et acceptation", ou les a values à des personnes que je respecte est difficile pour moi. Le résultat est aujourd'hui peu fourni. Mais je continue…

 

Stéphanie (6)

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Jackie

Bonsoir Stéphanie,

 

Je m'aperçois en lisant ton message que j'ai dans mes relations beaucoup d'amis 5, mais pas d'amies 5 ! Ce qui fait que je ne sais pas comment se comporte une femme 5 en tant que mère.

Avare de compliments, et d'encouragements, dis-tu. Etait-elle avare d'affection, de paroles, de caresses ? Etais-tu impressionnée par la supériorité intellectuelle de ta mère ?

 

J'ai une formatrice de type 5. Elle fronce le nez dès qu'une naïveté est prononcée et regarde sévèrement le malheureux auteur de la dite naïveté qui se sent tout petit et minable. Elle peut avoir aussi des répliques extrêmement ironiques. Ce que je ressens, c'est qu'il est absolument interdit de dire des choses inintelligentes ! La plupart des stagiaires n'osent plus parler (pas moi, je te rassure :laugh: ).

 

Ta maman avait-elle une telle attitude ? Si oui, cela pourrait-il expliquer le manque de confiance ? Le doute sur ta valeur ?

 

Jackie (8)

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Stéphanie, tu écris : "J'ai du mal à travailler sur mes croyances négatives ; je n'ai pas encore suffisamment de recul pour les identifier vraiment." Je te suggère de répondre aux questions suivantes :

- Qu'est-ce qui est important dans la réussite ?

- Qu'est-ce qui est important dans la non-réussite ?

- Qu'est-ce qui est important dans l'échec ?

- Qu'est-ce qui est important dans le non-échec ?

et aussi de compléter les phrases ci-dessous :

- Si je réussis, alors…

- Si je ne réussis pas, alors…

- Si j'échoue, alors…

- Si je n'échoue pas, alors…

- La réussite, c'est…

- L'échec, c'est…

- Quand je réussis, alors…

- Quand j'échoue, alors…

- Les gens pensent que la réussite…

- Les gens pensent que l'échec…

Il s'agit de donner non pas une seule réponse, mais autant que possible et éventuellement d'y revenir quelques jours plus tard.

 

Cela devrait suffire pour commencer. :laugh:

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Stéphanie

Bonjour Fabien,

 

Après plus d'un mois à éviter de répondre à tes questions (quand je n'ai pas envie de creuser, je sais fort bien être aveugle et sourde), je m'y colle.

Contrairement à ce que tu proposes (écrire et y revenir quelques jours plus tard) et pour éviter que je ne censure mes premières réponses, je me dépêche de poster l'ensemble :

 

- Qu'est-ce qui est important dans la réussite ?

Etre à la hauteur de ce qu'on attend de moi.

 

- Qu'est-ce qui est important dans la non-réussite ?

On ne va pas me demander de faire encore des prouesses la prochaine fois. On va me foutre la paix et donc mes objectifs (professionnels par exemple) seront moins élevés la fois suivante, du coup plus facile à atteindre, voire à dépasser. Mais sans avoir la pression des autres, puisqu'on ne m'attend pas au tournant.

Si je suis tout en haut, il faut que je me maintienne à ce niveau. Je "n'ai pas le droit" de rater la prochaine fois. Donc un niveau d'exigence en permanence assez difficile à maintenir est très stressant.

Si j'ai réussi une fois et que la fois suivante je me plante, je suis la plus nulle des nulles, largement pire que si je n'avais pas réussi, car là au moins je n'avais pas suscité d'espoirs chez les autres.

 

- Qu'est-ce qui est important dans l'échec ?

Là j'ai plus de mal.

Autant je me sens à l'aise avec la non-réussite, autant l'échec me dérange terriblement.

 

- Qu'est-ce qui est important dans le non-échec ?

Ne pas décevoir les autres. Garder ma place.

 

- Si je réussis, alors… ils vont tous venir m'en demander encore plus.

- Si je ne réussis pas, alors… ils vont me foutre la paix.

- Si j'échoue, alors… j'ai plus qu'à disparaître et à aller voir ailleurs. J'ai démérité. Je ne mérite plus d'appartenir au groupe.

- Si je n'échoue pas, alors… j'ai ma place là où je suis aujourd'hui.

- La réussite, c'est… l'angoisse du résultat.

- L'échec, c'est… la honte la plus totale. Perdre sa place.

- Quand je réussis, alors… je stresse parce que ça ne va pas durer.

- Quand j'échoue, alors… je n'ose plus me regarder dans la glace et je n'ose plus regarder les gens en face. Alors je m'enfonce un peu plus. Je ne mérite plus d'exister.

- Les gens pensent que la réussite… c'est la seule chose qui compte. Seuls les gens qui réussissent ont voix au chapitre.

- Les gens pensent que l'échec… ne peut être que le fait de gens nuls, irrécupérables. S'il y a échec, c'est que c'est le reflet de la personne. Il n'y a pas de hasard. C'est enfin la véritable personne qui se révèle. Et ce n'est pas quelqu'un de valable ni de Bien. Dans une entreprise, échec peut signifier mettre à la porte. Virer honteusement.

 

Moralité de l'histoire, je ne m'autorise pas la réussite, parce que je m'interdis d'échouer.

Beau paradoxe, non ?

 

Stéphanie (6)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Stéphanie,

 

Superbe ! Il ne te reste plus qu'à faire la suite du travail :

1. Dans quelques jours (ou semaines :happy: ), tu fais une nouvelle série de réponses et de phrases sur les mêmes thèmes.

2. Puis, comme suggéré dans mon message du 29 janvier ci-dessus, tu cherches des contre-exemples à tous les énoncés que tu juges limitants. Ces contre-exemples sont des moments de ta vie (de préférence) ou de la vie de personnes que tu apprécies où ces énoncés se sont révélés inexacts.

 

"Moralité de l'histoire, je ne m'autorise pas la réussite, parce que je m'interdis d'échouer. Beau paradoxe, non ?"

C'est une habitude de ce cher vieil ego de nous faire tomber dans les pièges qu'il cherche à éviter.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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Marie-Hélène

Bonjour,

 

Cette discussion me touche profondément et je regrette de m'y joindre aussi tardivement. J'ai composé un message en réponse à cette discussion sur la réussite, hier soir. Je voulais prendre le temps de le terminer, avant de le poster, mais il m'a semblé trop technique avec le recul. Il m'était impossible d'y exprimer toutes les facettes de ma pensée concernant ce sujet que je trouve si important.

 

Ainsi, j'aimerais partager avec vous, et particulièrement toi Stéphanie, dont les propos me rejoignent grandement, une expérience. En lisant les questions de Fabien, auxquelles je n'ai pas encore répondu mais entends le faire sous peu, j'ai cru que ma petite histoire serait une bonne illustration de la façon dont un 6, et peut-être aussi d'autres types, jongle avec le thème de la réussite.

 

Pendant deux ans (de 1999 à 2001), j'ai travaillé bénévolement comme une forcenée pour préparer un colloque de trois jours qui se tenait à mon université pour cinq cents étudiants de différentes universités au Québec. Lors de la fin de semaine tant attendue, j'étais exténuée. Les mois qui avait précédé l'événement m'avaient complètement vidée, je me sentais terriblement seule, frustrée en raison de la négligence de plusieurs personnes de mon équipe dans la phase préparatoire. Je sentais que toute la pression reposait sur mes épaules.

 

Au cours de la fin de semaine, j'ai agis en observatrice toutefois, en raison de mon rôle de supervision. J'ai alors été témoin d'une série de scènes qui m'ont bouleversée les unes après les autres. Tensions et conflits stupides entre les organisateurs, qui étaient pour la plupart des amis, mes camarades scolaires dont je suis assez proche (un soir j'ai dû empêcher l'une d'entre elles de foutre le camp enragée, car elle n'en pouvait plus de supporter le mépris des autres à son endroit en raison d'une gaffe insignifiante qu'elle avait faite la veille), indifférence face aux difficultés des autres, insensibilité à leur réalité, pas d'encouragement, des reproches, de la médisance, une équipe désunie, des leaders intransigeants, du paraître, des drames avec rien.

 

J'aurais voulu qu'on se serre dans nos bras, qu'on se dise bravo, se pardonne nos petites erreurs et s'entraide. Tout le monde avait un air exaspéré. Je me promenais à travers ces gens, que j'essayais de réconforter et d'aider, au meilleur de mes connaissances. Souvent on me recevait froidement, des fois pas même poliment. C'était rien que ça, tout ça, rien que ça ? Le paradoxe me frappait, j'étais stupéfaite, incapable d'assimiler tout ce qui se passait autour de moi, consternée, affligée. "Ma" fin de semaine ! Deux ans d'efforts… pour ça ? Rien d'autre. Toutes ces attentes. Reconnaissance ? Entraide ? Amitié ? Courtoisie ? Attention ? Compréhension ? Je n'avais rien vu de tel au cours de la fin de semaine.

 

Le matin du départ se clôturait par un brunch suivi des cérémonies de fermeture. Dans ma chambre d'hôtel, je pleurais à chaudes larmes. J'avais le coeur brisé. Je me sentais comme une petite fille qui voit ses rêves brisés, impuissante. Je refusais de descendre à la salle de réception. Je ne voulais voir personne. Mon visage était défait, mon cerveau en bouillie, mon corps ne suivait plus. Il a fallu que mon ami de coeur me fasse prendre un bain : je sanglotais mes dernières forces.

 

J'ai finalement fait mon devoir et suis allée remercier tout le monde, pour la forme. Intérieurement, j'éprouvais une impression intense d'absurdité. Je m'étais détruite plus qu'épanouie dans ce projet, avait entretenu de la rancoeur contre les autres organisateurs qui n'avaient pas eu, comme moi, autant à coeur la préparation et la réalisation de l'événement. Il n'y avait pas de sentiment glorieux, de magie, rien d'autre que des centaines de gens complètement indifférents à mon existence, et moi à la leur. Comme un rêve. J'ai eu l'impression de pas avoir été là, de n'avoir rien vu, de n'avoir pas vécu, prisonnière de mes responsabilités réelles et du stress que je m'étais créé. Tout ce que j'avais vu au cours de la fin de semaine et qui m'avait fait si mal, trop mal, était cela même que j'avais incarné pendant les deux dernières années de ma vie.

 

Cette révélation me bouleversait, je lâchais prise, il me semblait que j'avais compris quelque chose de fondamental sur la nature humaine, celle des autres, la mienne, sans pouvoir la saisir exactement, autrement que par mon coeur, cette fois, après que ma raison eut flanché.

 

Difficile, même pour moi, de comprendre le deuil que j'ai eu à faire suite à l'événement. Deuil de deux ans de naïveté et d'illusions, difficile prise de conscience de la réalité des relations entre les êtres humains et des motifs réels de mon implication. Un choc. Il me semble que j'étais passé à côté de l'essentiel. Plus j'avais travaillé, plus j'étais devenue exigeante et intolérante envers moi-même et les autres. Je n'avais pas pris plaisir à organiser le colloque, avais oublié l'art d'être humaine au profit d'un objectif qui avait dévoré toute mon énergie et m'avait empêché de vivre des relations véritables.

 

Ma vie personnelle était d'une anarchie, mais à l'extérieur, tout semblait parfait. Tout avait été "parfait", j'avais été "parfaite", j'avais agi "parfaitement". Au yeux de plusieurs étrangers, j'étais devenu quelqu'un. C'était ma seule récompense, mais en valait-elle vraiment la peine ? A la maison, je ne faisais plus rien depuis longtemps, la poussière s'empilait sur les meubles et les vêtements sur le plancher de ma chambre. Mon père me voyait me défoncer, mon copain patientait silencieusement en attendant que je lui consacre quelque minute de qualité, rien que pour lui ; mes amis souhaitaient que je retourne leurs appels. Ma meilleure amie m'apprit, quelques semaines plus tard, un événement malheureux qui s'était produit peu avant le colloque et dont elle ne m'avait pas parlé, un soir, lorsqu'elle m'avait téléphoné, ayant vu que j'étais tellement préoccupée. Jamais je ne m'étais rendu compte qu'elle n'allait pas.

 

Après, l'événement a reçu tous les honneurs de notre institution : grand prix pour le projet de l'année, motions de félicitations de la commission des études pour la qualité de l'organisation. Individuellement, j'ai obtenu cette année-là de nombreuses nominations dans divers galas de l'Université, des bourses d'excellence et d'implication. Pourtant, je me sentais toujours seule, et vide, et incomprise.

 

Les honneurs, le prestige, les félicitations, la reconnaissance d'étrangers ? Que je me suis prise au sérieux, moi, et mon colloque ! Mais ce n'était qu'un colloque après tout. Le moment le plus vrai que j'aie vécu au cours de ces deux années est celui où dans ma chambre le matin du départ, j'ai réalisé qui j'étais vraiment et ce qui comptait vraiment à mes yeux.

 

Après cela, ma perception de la notion "réussite" a changé radicalement. Je souhaitais davantage faire les choses pour moi, profiter de l'instant, ne pas attendre tant des autres, de la vie, et surtout donner, accepter la condition humaine. Une dimension nouvelle s'ouvrait devant mes yeux, que je ne pouvais actualiser complètement, mais à laquelle j'avais accès, comme à un nouvel idéal, plus simple, plus profond.

 

C'était en mars 2001, puis il y a eu le travail de l'été, la formation Ennéagramme, ma thérapie en automne et finalement le suicide de mon père, en décembre. Lui n'a pas eu la chance de comprendre ce que j'ai compris au printemps 2001, ou peut-être l'a-t-il réalisé trop tard ; il n'a pu ni le pleurer, ni le crier, ni l'exprimer, et l'a retourné contre lui-même. "Il avait tout, dit-on, tout ce qu'il voulait. Il avait réussi sa vie". Etait-ce vraiment ce qu'il voulait ? Cela qui le rendait heureux ? Avait-il pris le temps de réussir en-dedans ?

 

Mon père était de type 6 comme moi et après sa mort, la révélation de mars s'est confirmée avec une exactitude encore plus grande. Ce que j'avais vécu, un peu toute ma vie, et surtout au cours des deux dernières années, c'était l'histoire de sa vie, à lui. L'angoisse existentielle, permanente, le sentiment de n'être jamais heureux pour soi, chercher le bonheur à l'extérieur, dans les autres, dans les grandes réalisations, dans le matériel, ou dans toute chose qui ne nous appartient pas. Il avait été "parfait", avait agit "parfaitement", avait réussi, aux yeux de qui ?

 

Aujourd'hui, la vraie fidélité, la vraie loyauté, est d'abord à mes yeux une loyauté envers moi-même. Mes critères de "réussite" ne sont ni moins élevés, ni plus élevés, ils sont seulement les miens. Mes priorités se transforment graduellement en cette nouvelle période de deuil et donc de transition. Je reconnais un peu plus que j'ai réussi à faire beaucoup de petites choses qui me rendent fière de moi. Je me fais mon propre parent, ma mère, mon père, mon professeur, mon ami, et m'encourage, me récompense. Qu'importe la reconnaissance si intérieurement on est incapable d'assumer nos propres modèles, de formuler nos propres lois, d'agir selon des principes qui nous rendent réellement heureux ?

 

Le travail à faire pour rendre concret ce nouvel idéal en est un de tous les instants, mais c'est dans le quotidien, qu'aujourd'hui, je me reconnais des réussites, chaque jour, pour avoir souri à un étranger, préparé une surprise à une amie, aidé quelqu'un à se connaître, et m'être donné le droit de ne pas réussir, de n'être pas "la petite fille modèle", ou enfin d'être, simplement. Paradoxalement, je me sens plus belle, plus riche.

 

N'allez pas croire toutefois que ma vie est "parfaite" maintenant qu'elle est "imparfaite", car ce n'est pas le cas, au contraire, la vie est faite de hauts et de bas et je ne suis pas en lune de miel. Mais à travers les épreuves et les joies de la vie, j'apprends à m'aimer vraiment et paradoxalement, je me sens moins égoïste car m'appréciant davantage pour ce que je suis, je me sens plus en mesure de partager, d'être présente.

 

Ceux qui me connaissent savent que je suis l'experte en longs messages et témoignages. J'espère que celui-ci n'est pas pour vous sans intérêt et qu'il aura apporté un éclairage nouveau sur le thème discuté. J'espère, Stéphanie, que tu as un meilleur esprit de synthèse que le mien et que tu pourras retirer de mon histoire un peu d'inspiration pour ta quête personnelle.

 

Au revoir et à bientôt,

Marie-Hélène 6 alpha

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Marie-Hélène

Rebonjour,

 

Cet exercice est fort intéressant et agréable, qui synthétise mon précédent message.

 

Qu'est-ce qui est important dans la réussite ? Qu'est-ce qui est important dans le non-échec ?

Le sentiment intérieur de bien-être et de satisfaction.

Le dépassement de soi.

Accomplir quelque chose de spécial.

Construire son nom, sa réputation, sa crédibilité.

Ne pas la prendre trop au sérieux.

Bien faire les choses, se donner au maximum, s'investir dans une chose qui nous stimule.

L'effort et le talent.

 

Qu'est-ce qui est important dans la non-réussite ? Qu'est-ce qui est important dans l'échec ?

Le stress et la pression sont moindres.

Découvrir la leçon, le message qu'il comporte.

Ne pas généraliser la situation d'échec à l'ensemble de notre être.

On peut prendre le temps de vivre.

La simplicité.

 

Si je réussis, alors… je suis fière de moi, j'ai une meilleure estime de moi-même, je me sens quelqu'un, j'ai la tête haute.

Si je ne réussis pas, alors… je me sens anormale, j'ai honte, j'essaie de trouver des justifications, j'essaie de trouver une façon de me reprendre ou de me racheter.

Si j'échoue, alors… je me dévalorise, je me sens nulle au début, puis j'essaie d'objectiver la situation et de ressortir le positif.

Si je n'échoue pas, alors… tant mieux ! Tout va bien ! Tout est normal. Ouf !

La réussite, c'est… subjectif, relatif, une attitude, une conviction, un sentiment, un objectif personnel, difficile à mesurer objectivement, souvent inaperçu.

L'échec, c'est… quelque chose que l'on doit tous expérimenter au cours de nos vies, la possibilité d'apprendre, malheureusement plus remarqué que la réussite.

Quand je réussis, alors… je suis satisfaite, je peux entreprendre un nouveau défi.

Quand j'échoue, alors… je dois recommencer, ça me décourage au début, mais je me bats.

Les gens pensent que la réussite… est à l'extérieur d'eux-mêmes, se mesure par le compte en banque, se mesure par la reconnaissance sociale, n'est pas pour eux, demande des efforts, de la foi.

Les gens pensent que l'échec… est une humiliation, est irrémédiable, est une leçon d'humilité, honteux, commun, la fin, le manque de volonté et d'efforts.

 

Marie-Hélène 6 alpha

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