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l’ennéagramme

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Nadine

La jalousie et le 3

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Nadine

Bonsoir à tous,

Je viens de réaliser quelque chose de très déplaisant aujourd'hui me concernant et je n'arrive pas à faire le lien avec le 3.

Je me suis rendue compte avec brutalité que je ressens très souvent à l'égard de mes amis une jalousie féroce…

Le déclencheur = j'ai trouvé sur mon répondeur le message d'une amie qui est en vacances en ce moment et qui me dit "qu'elle passe vraiment de superbes vacances". Oui, mais voilà… Moi je viens de rentrer de 2 semaines de vacances au cours desquelles je me suis ennuyée comme jamais (il faudra que je trouve un jour le courage de réfléchir à celà et d'en parler sur ce site, mais ce fut un tel "trou noir" que je recule le moment de le faire).

Ma réaction au message = "Ce n'est pas juste. Pourquoi pas moi ? Elle passe de meilleures vacances que moi. J'ai mal. Je veux qu'elle aussi rate ses vacances." Etc, etc.

Et je me suis alors rendue compte que je réagis souvent comme ça, je suis jalouse de ce que les autres ont quand je ne l'ai pas. Ce sont le plus souvent des choses que moi je n'ai pas su réaliser comme une vie de couple épanouie par exemple. Est ce de la JALOUSIE ou de l'ENVIE du 4 ?

Quoi que ce soit, c'est assez moche…

 

Plus je me découvre et m'observe depuis ma découverte de l'ennéagramme et moins je m'apprécie. J'étais assez fière de moi, de mon parcours, de ma force… Et je me découvre des côtés sombres qui me dérangent (et le mot est faible !).

 

Merci de votre aide pour y voir plus clair.

Nadine (3)

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Marie-Hélène

Bonjour Nadine,

 

J'aimerais réagir sur cette phrase qui me frappe dans ton message : "Plus je me découvre et m'observe depuis ma découverte de l'ennéagramme et moins je m'apprécie."

 

L'auto-observation permet de prendre du recul face à soi. Et ce que nous découvrons n'est pas forcément agréable. Un peu comme lorsque l'on visionne une bande vidéo ou que l'on regarde des photos de nous. Et qui n'a jamais dit "Quelle voix horrible !" après s'être entendu sur cassette ?

 

Je pense que cette étape est tout à fait saine et normale, car la connaissance et l'expérience de l'Ennéagramme nous mènent inévitablement à voir des côtés de notre personnalité que nous nous cachons, que nous refusons de voir depuis longtemps. Nous sommes parfois inconscients de ces facettes "désagréables" de notre personnalité et les découvrir peut être à prime abord choquant et décevant.

 

Cela me fait penser aux débuts d'une relation amoureuse (ou amicale) - surtout quand on manque d'expérience, mais bon - alors que l'on a tendance à ne voir que les bons côtés de la personne aimée. Le mythe du prince charmant, la lune de miel, quoi ! Puis, avec le temps, on découvre que la personne avec qui l'on partage une partie de nous est un être humain, comme nous le sommes, et qu'elle a elle aussi ses des défauts. On vit une sorte de désillusion. Mais lorsque l'on aime vraiment cette personne, on apprend à accepter sa "faiblesse", à en rire même, à l'aimer.

 

Quand on se découvre dans ce qui nous déplaît, c'est un peu la même chose. On doit faire notre deuil de ce que nous avons cru être et un deuil passe inévitablement par de la colère et du chagrin. Notre ego, comme le dirait sans doute Fabien, se sent menacé, il craint de mourir et cela peut susciter en nous de vives réactions.

 

Je suis persuadée que cette déception, cette frustration, ce rejet, cette colère face à ce que nous sommes fait partie du processus de transformation. Je vis souvent ce sentiment, qui pour moi se manifeste généralement par de la honte, honte de me voir ainsi mise à nue, gênée de savoir que je suis regardée et vue avec des défauts que je tente de dissimuler à ma conscience. Mais je suis aussi certaine qu'après ce sentiment doit venir l'amour, le pardon, l'acceptation.

 

Pour moi, le défi est de parvenir à s'observer sans porter de jugement (travail à long terme !). Un peu comme l'ont fait et le font encore certains artistes admirables (auteurs, peintres, photographes, etc.), qui parviennent à dépeindre par des mots ou des images la réalité humaine dans toute sa vérité, sans juger, sans affirmer que ceci ou cela est bien ou mal. J'ai détecté cette capacité extraordinaire à percevoir en lisant Anna Karénine de Tolstoï récemment et j'étais émerveillée par les descriptions si justes qu'il faisait de ses personnages, de leur psychologie, de leur comportement. J'avais l'impression que les connotations péjoratives de certains mots s'envolaient pour faire place à la lumière. Il m'était donné de voir, enfin, les yeux grands ouverts, une réalité si facile à taire. Et de pouvoir ressentir grâce à une oeuvre, littéraire dans ce cas, toute la beauté et la laideur de l'humanité, réunies dans un seul sentiment de vie qui me permettait de transcender l'idée de bien et de mal, suffisait à me convaincre que la capacité à percevoir la vie telle qu'elle se présente à nous, avec précision, justesse, sérénité était la seule façon de l'aimer vraiment.

 

L'humilité dont tu fais preuve en dévoilant ainsi tes pensées les plus profondes, voire pernicieuses, me touche profondément. Pour moi, la richesse de l'apprentissage sur soi réside dans cette volonté de se regarder en face et de s'avouer à soi-même ses faiblesses, même si c'est difficile.

 

Je sais par contre qu'après la sensation de perte (mort de l'illusion) peut émerger de l'intérieur, comme un cadeau, le sentiment profond d'avoir touché à notre âme, à nos blessures, à notre fragilité, à nos peurs et aussi à tout ce qu'il y a de beau et de grand en nous (naissance de la vérité).

 

Ne trouves-tu pas merveilleux de pouvoir en arriver à te dire ces choses à toi-même et à les partager avec nous ? Sincèrement, je trouve que c'est une preuve magnifique de courage. Il me semble que ce faisant, tu évolues vers l'idée supérieure et la vertu de ton type, la vérité. Et par ricochet, tu vois, tu m'aides à entretenir la mienne, la foi. Je t'encourage donc à persévérer avec confiance.

 

Marie-Hélène (6)

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Gabriel

Bonjour Nadine et Marie-Hélène,

 

Merci pour votre partage à toutes les deux.

 

Nadine, ce que tu découvres en toi par l'auto-observation semble bien être de l'ENVIE.

 

Bien sûr, il pourrait être très facile de te répondre : tu as sûrement une aile 4 bien développée (puisque tu dis que cela arrive souvent). Peut-être… Finalement ? Mais nous pouvons trouver aussi des justifications dans ton type 3.

 

Premièrement, et je crois qu'il s'agit de la chose importante (à mes yeux et à ceux de Marie-Hélène), tu oses en tant que 3 à te regarder telle que tu es et non plus comme tu aimerais être vue. Le MENSONGE, passion du 3, est un moyen pour ne pas bien se connaître et même pour se tromper soi-même (inconsciemment très souvent). Il permet en particulier pour un 3 de ne pas connaître ses propres émotions… bien qu'il soit un émotionnel. Celles-ci sont dont attachées aux différents projets que ne manque pas d'entreprendre une personnalité de ce type. Et là, la personne 3 y vit l'émotion idoine, de circonstance. Et tout est bien dans le meilleur des mondes.

 

Or là, tu entreprends avec courage une auto-observation et tu commences ainsi à découvrir ce qui s'agite en toi : finalement, des émotions que chacun vit (et pas seulement le 4), connotées négativement ou positivement. Bien sûr, l'ENVIE et la JALOUSIE sont plutôt connotées négativement mais… Elles sont là ! Que tu les reconnaisses ou non ! Et oui, tu ressens l'envie comme moi je peux aussi vivre le mensonge (et cela ne me fait pas plus plaisir qu'à toi :sad: ).

 

Maintenant, il serait intéressant pour toi de savoir qu'elle est la base de cette envie, de cette jalousie : est-ce lié à un échec, terme éminemment sensible pour une personne fonctionnant comme un 3 ? Est-ce que le fait que ton amie "réussisse" ses vacances peut être considéré comme un échec par toi qui a "raté" les tiennes ? D'autre part, la VANITE, fixation du 3, qui consiste à croire "qu'il n'y a que moi qui puisse réussir" est aussi prise en défaut. Et ta fierté "Je réussis" (j'ai passé de bonnes vacances)…

 

Tout cela pour dire que peut-être ces réactions sont liées à ta compulsion "d'éviter A TOUT PRIX l'échec".

 

Il est évident que si tu es en route pour l'Essence, toutes ces choses que tu te cachais commencent à sortir et il est tout-à-fait normal que tu ne le vives pas bien. Pose-toi la question : comment réagirais-tu "normalement", dans ton "ego" après avoir "perçu" cette émotion "moche" comme tu le décris ? En conquérant un nouveau domaine pour accroître ton succès (ou en t'identifiant…) ?

 

Sur ce panneau tu as osé au contraire te poser des questions, de vraies questions, et je crois que tu peux en être contente (et même fière). C'est ainsi que tu vas pouvoir avancer vers la VERITE et vers l'ESPERANCE. Prendre le chemin de l'ESSENCE n'est pas prendre un chemin "où tout le monde il est beau, où tout le monde il est gentil". Non, c'est se confronter avec son EGO et comme le rappelle MH : celui-ci n'est pas content !

 

Alors merci pour ton partage.

 

Encore une "petite" question subsidiaire… "Moi je viens de rentrer de 2 semaines de vacances au cours desquelles je me suis ennuyée comme jamais", dis-tu. Qu'est-ce que l'ennui pour toi ? En quoi ta personnalité 3 peut-elle influencer ta perception ?

 

Bon courage. Très amicalement,

Gabriel 4 (qui travaille toujours pour digérer un échec qui le mortifie !)

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Nadine

Bonsoir et merci à Marie Hélène et Gabriel pour votre réponse et vos encouragements.

 

Oui, Marie Hélène, c'est vrai que se découvrir sur un écran ou entendre sa voix "fait un choc" et ton intervention me fait mieux comprendre les effets de l'auto observation. Jusque là je pensais pouvoir progresser sans douleur, mais maintenant…

 

Gabriel, pour répondre à ta question concernant ma réaction "normale" après avoir perçu ma jalousie, je dirais que je ne dirais rien de ce sentiment à mon amie, mais commencerais immédiatement à planifier et organiser mes prochaines vacances pour qu'elles soient encore plus réussies, que je me listerais dans ma tête toutes les bonnes choses que j'ai et qu'elle n'a pas et que je mettrais probablement quelques jours à surmonter ma peine (car c'est une vraie souffrance de vivre cette envie).

Pour la question des vacances ratées, je vais probablement rejoindre la discussion sur le thème des "trous noirs", rendez vous là bas dans quelques jours…

 

Vos encouragements à tous les deux me touchent mais malheureusement je ne suis pas certaine de mériter votre analyse et en particulier ce "courage" dont vous parlez, car il m'est facile de me dévoiler sur ce panneau où on ne me connait pas. Mais ce qu'a fait Gabriel en allant s'excuser et s'expliquer de vive voix, alors là bravo ! Je suis bien loin encore d'oser faire de même et risquer ainsi de "ternir mon image" devant quelqu'un qui me connait ! (sauf si cette personne est également sur le chemin de l'ennéagramme, bien sûr…)

 

Et puis, ai je tant progressé que ça ? Peut-être que je n'ai fait que ce que je sais si bien faire = j'ai compris comment me faire "accepter-reconnaitre" de vous. Peut être qu'en étant sincère dans mes messages, je me rends digne d'estime de votre part.

 

C'est la panique ! Je ne sais même plus si je suis "vraie" ou non ! Je ne sais même plus distinguer mes sentiments et mes motivations…

 

Nadine (3)

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Fabien Chabreuil

Bonjour Nadine,

 

Le problème des vacances est un grand classique des 3. Beaucoup d'entre eux sont plus ou moins souffrants pendant les premiers jours…

 

Je suis bien évidemment d'accord avec le message de Gabriel. C'est le commandement 71a des Chabreuil : "Toujours dans ton type tu chercheras la motivation d'un comportement, d'une pensée ou d'une émotion." Le commandement 71b affirme : "Si cela ne marche pas, mais uniquement dans ce cas et après avoir cherché sérieusement, aux ailes et aux types d'intégration et désintégration tu pourras avoir recours." On a rarement besoin du 71b.

 

Je voudrais compléter la réponse de Marie-Hélène. Reprenons l'un de mes dadas de l'existence de deux types de travail sur soi, l'un d'adaptation de l'ego au monde et l'autre de libération des automatismes de son type.

 

Pour le premier travail d'adaptation de l'ego (dont je rappelle avec force qu'il est est un préalable au second), les techniques modernes de thérapie brève, dont ma spécialité la PNL, permettent d'obtenir des résultats rapides avec peu (et parfois pas) de souffrance.

 

Pour le second travail, la réponse est plus délicate, surtout quand c'est un 7 qui la fait. :sad:

 

La découverte de son profil dans l'Ennéagramme (je parle d'une compréhension de tout son être non pas d'une simple identification mentale) provoque immanquablement une certaine souffrance. On ne peut pas réaliser qu'on est piégé par les mécanismes de son type sans ressentir cela. Je crois que cette souffrance est nécessaire et constitue le choc salutaire qui donne la motivation d'entreprendre le chemin de la transformation, chemin qu'on aborde sans information sur sa durée (sauf que ce sera long), sur le rythme de parcours, sur la nature exacte du résultat et sur les chances d'y arriver (il est rare qu'à ce moment-là, on comprenne véritablement que le problème n'est pas là.).

 

Je crois par contre que si cette souffrance est trop longue ou trop intense, elle risque de devenir contre-productive.

 

Tout d'abord, il y a de bonnes chances qu'elle soit récupérée par l'ego, le plus souvent soit comme une bonne raison d'arrêter ce travail qui décidément ne progresse pas, soit comme une fierté mal placée liant la valeur et la force de son implication à l'intensité de sa douleur.

 

Ensuite, cette souffrance vient de l'ego. Elle correspond à une auto-observation faite depuis le mauvais point de vue, celui de l'ego et non celui de l'observateur intérieur qui, comme le dit très justement Marie-Hélène, observe sans jugement.

C'est une des raisons pour lesquelles faire ce travail seul est fort difficile. Mené au sein d'un groupe sous la supervision d'une personne ayant un peu d'avance sur le chemin, chacune des découvertes que nous faisons sur nous et partageons est acueillie avec compassion. Nous apprenons ainsi à être compatissant envers nous, ce qui, pour beaucoup de gens, est encore plus difficile que la vraie compassion envers les autres. Ce panneau de messages remplit un rôle voisin, mais comme tu le soulignes justement Nadine, la non-présence physique et l'anonymat changent un peu la nature du processus.

 

Cela ne signifie pas qu'il n'y aura pas de moments de peine forte. Marie-Hélène a raison, la mort de l'illusion ne se fait pas sans chagrin. Toutes les traditions spirituelles parlent de cela, de "la nuit noire de l'âme".

Cette souffrance existe, il serait fou de le nier, mais le chemin n'est pas que cela.

 

Très cordialement,

Fabien (7)

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