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l’ennéagramme

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Frédéric

Mes émotions

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Frédéric

Fabien,

 

Dans mon dernier message sur ce site, je disais que j'allais mieux et que j'avais découvert mon fonctionnement. Je pense aujourd'hui que ce n'était qu'une étape et qu'il y a encore du chemin à parcourir. Mon partenaire est du type 3 avec une aile 4 et il se retrouve dans la définition du 3 libéré, authentique. Il semble ne pas juger les gens, les aimer pour ce qu'ils sont et non pas ce qu'ils font. Il a 28 ans et je trouve cela très fort. Alors que nous lisions un livre sur l'Ennéagramme, au chapitre du type 3, je me reconnais encore dans le mensonge et lui dans l'authenticité… Décidément, j'ai encore du chemin à parcourir…

 

Cette dernière semaine, j'ai lu le livre "L'intelligence du coeur" de la psychologue Isabelle Filliozat et j'ai découvert ce que tu voulais dire en parlant du type 3 et de sa difficulté à connaître ses émotions, à les ressentir et à les exprimer… Trois ans après, je croyais t'avoir compris, je croyais avoir compris le sens des livres sur ce sujet… Et bien non. J'ai enfin compris que toutes les situations de ma vie ont été marquées par le refus d'accepter, de ressentir et d'exprimer mes émotions… Depuis la peur de parler en public, la peur d'aborder les filles jusqu'à ma manière de manger ou de me laver. C'est surprenant ! Ceci qui m'a troublé, c'est que j'exprime assez bien la Joie et la Tristesse. Par contre presque jamais la Colère et la Peur… Et là, devine… Mon Père est de type 9 et ma Mère de type 6. Je pense que j'ai, peut-être, hérité de mon problème avec la Peur en ma Mère. Idem pour la colère avec mon Père.

 

Je dis souvent que mes meilleurs moments de ma vie sont ceux que j'ai passé dans les séminaires de Robbins… Et je me demandais souvent pourquoi. Ma première réponse était de dire que dans ses séminaires, je pouvais enfin être écouté et compris sans être jugé. Et je pense que c'est le cas. Maintenant, j'ai compris autre chose : mes meilleurs moments sont ceux que j'ai vécus après avoir exprimé mes émotions et aussi après avoir pleuré suite aux processus dirigés par Robbins. Après avoir pleuré, je me sens moi, je me sens libre comme si j'avais évacué tout le stress dû à toutes mes émotions non exprimées dans le passé. Quand j'étais plus jeune, j'ai compris qu'il ne fallait pas pleurer et pas exprimer ses émotions… Dur, dur… Question : où est la sortie possible dans ce cas ?

 

J'ai la chance inouïe d'avoir rencontré mon nouveau partenaire - c'est une perle. Je n'avais jamais parlé autant avec une personne et il m'a fait comprendre qu'il m'aimait "intrinsèquement", sans condition, quels que soient mon salaire, mon statut, mes succès ou mes échecs… Avec lui, je peux exprimer ce que je ressens pour la première fois. Nous avons la métaphore de la baignoire qui se remplit et déborde si nous n'exprimons pas nos sentiments et nos émotions. Alors tous les soirs, nous parlons et nous écoutons l'autre sans le juger, nous écoutons nos émotions. C'est souvent très dur. Alors l'un se met derrière l'autre et le prend dans ses bras pour l'écouter parler et le soutenir. Ok, peut-être que c'est un peu artificiel pour le moment et que le cadre de l'exercice est un peu rigide… Mais c'est le début, le début d'une nouvelle partie de nos vies.

 

J'ai toujours été fasciné par le couple de Stephen Covey et de sa femme. Ils ont pris des vacances pendant un an et tous les jours ont parlé d'eux pendant au moins une heure… C'est l'image du couple que je veux, c'est ma référence. Et je crois que j'ai enfin rencontré Mon Partenaire pour construire cela : un couple épanoui émotionnellement. Maintenant que je sais que les émotions ont guidé toute ma vie, je vais commencer à faire attention à mon langage (dire "J'ai peur…" au lieu de "Je suis timide."), à accepter les émotions des autres qui ne sont pas de mon fait, à essayer d'exprimer, au fur et à mesure des émotions, ce que je ressens et ce que je pense d'une situation.

 

Peut-être est-ce que mes mensonges viennent du fait de ma peur de l'échec et de mon refus de ressentir mes émotions ?

 

Ensuite, j'ai commis une erreur qui a été de confondre la "Gestion" des émotions avec "l'Acceptation et l'Expression" des émotions. Effectivement, "Gestion" a longtemps voulu dire qu'il fallait les contrôler. Alors que maintenant, je pense qu'il faut simplement reconnaître ses émotions, les nommer, les accepter (cela peut-être fait en les écrivant), les exprimer à une personne de confiance.

 

L'autre erreur que j'ai commise, c'est de croire que je devais exprimer mes émotions avec tout le monde. Or il est illusoire de croire que tout le monde est prêt. Maintenant, je pense qu'il faut peut-être commencer par connaître UNE personne qui ne nous juge pas, qui nous écoute et à qui on peut se confier.

 

Lors d'un séminaire, un exercice m'a été très difficile. Il fallait serrer la main d'une personne, la regarder dans les yeux et lui dire MENTALEMENT : "Je te respecte, tu es quelqu'un de bien". Cela a été très dur pour moi. Pourquoi ? La peur de l'émotion qui montait en moi.

 

Voilà, où en est mon parcours aujourd'hui.

 

Frédéric (Profil de base 3, aile 2)

 

PS : je relis ce texte et je ressens de la honte. J'ai peur que ceux qui le lisent se disent que je n'ai pas autant progressé que cela. J'ai peur d'être jugé alors que je sais que ce ne sera pas le cas. C'est une peur irréaliste. (Cette dernière phrase est dure à écrire parce que je te connais, Fabien, et que je ne parle pas à un inconnu.)

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Audrey

Frédéric,

 

Ne ressens pas de honte, au contraire. Ton message m'a beaucoup émue, il est authentique, il va droit au coeur, on te sent ouvert, humble, authentique et généreux. C'est formidable.

 

Il me parle en tant que 6 parce que je vis à "peurland" et qu'il fait bon exprimer ses émotions… Alors tu imagines quand il s'agit d'exprimer une peur qui fait peur !

 

Un partenaire qui t'encourage est en effet un cadeau formidable. Il te connaît sans te juger et t'aide à te dépasser avec amour.

 

Quand je suis dans mon scénario-catastrophe de 6, déconnectée de la réalité, mon ami me demande de dire à haute voix mes peurs ; parfois il m'encourage même à accentuer mon scénario-catastrophe jusqu'à ce qu'il en devienne ridicule… Et là, l'émotion jaillit et on se marre bien !

 

A bientôt,

Audrey 6

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Dominique

Bonjour Frédéric,

 

J'ai été contente de lire ton nouveau message.

 

Tu sais, ton premier message sur ce forum (dans la discussion "Ma vie de 3 : un mensonge" >[Note de l'administrateur : ici]) m'avait touchée, mais je n'avais pas su comment y répondre.

 

"Dans mon dernier message sur ce site, je disais que j'allais mieux et que j'avais découvert mon fonctionnement. Je pense aujourd'hui que ce n'était qu'une étape et qu'il y a encore du chemin à parcourir".

D'après moi, tu viens maintenant de franchir une nouvelle étape importante en reconnaissant le chemin dans lequel tu es engagé. Et je suis tout à fait d'accord avec Audrey (bonjour Audrey ! :happy: ), tu n'as pas à en avoir honte, bien au contraire.

 

Je suis touchée moi aussi par la simplicitée avec laquelle tu parles de ton cheminement.

 

Je voudrais te parler d'une expérience que j'ai vécue récemment, assez semblable à celle que tu évoques à propos de la phrase à dire intérieurement à une personne.

 

Il s'agissait de penser à une personne que nous aimions, et de dire à voix haute le prénom de cette personne et une phrase que nous avions envie de lui adresser.

J'avais choisi un ami et la phrase que je lui adressais était : "Ca fait du bien de savoir que tu existes".

Nous devions tour à tour dire à voix haute notre phrase devant le groupe.

Quand j'ai entendu la suite de la consigne (le groupe devait reprendre en choeur notre phrase et nous l'adresser), j'ai pensé que cela allait être trop dur pour moi à encaisser, d'entendre le groupe me dire en choeur : "Dominique, ça fait du bien de savoir que tu existes". J'avais peur de craquer. (Moi aussi, j'ai beaucoup de mal à accepter de vivre mes émotions, surtout en public).

Mais finalement, j'ai accepté d'entendre ça (et même de le réentendre : j'ai eu droit à un bis !).

 

Ensuite j'ai dit ma peur au groupe. L'animatrice a alors souligné que je venais d'adresser cette phrase-cadeau à un ami et que c'est cela qui m'avait donné la force d'accepter de la recevoir à mon tour.

 

La conclusion, c'est que je me suis promis de m'entraîner à adresser plus souvent cette phrase, dans mon fort intérieur, aux personnes qui m'entourent ou que je côtoie.

Qu'en dis-tu ?

 

Je suis heureuse d'avoir fait ta connaissance par le biais de ce forum. Tu es quelqu'un de bien, je te respecte, et ça fait du bien de savoir que tu existes ! :happy:

 

A bientôt,

Dominique

 

PS : ça m'intéresse ce que tu suggères du rapport avec tes parents 6 et 9 et des possibles contaminations de problématiques.

Ma mère est 3 elle-aussi (et je suis 6).

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Fabien Chabreuil

Bonjour Frédéric,

 

Juste deux mots.

 

D'abord, merci pour ce nouveau témoignage. Il est beau et riche et, comme Audrey et Dominique l'ont dit, il n'y a rien dedans dont tu puisses avoir honte.

Les gens qui te reprocheraient de "n'avoir pas autant progressé que cela" devraient se demander ce que leur absence de compassion indique à propos de leur propre progression. Mais de tels gens ne fréquentent pas ce panneau, ou pas longtemps.

 

Ensuite, je voulais aussi dire à quel point j'avais apprécié cette phrase : "J'ai commis une erreur qui a été de confondre la Gestion des émotions avec l'Acceptation et l'Expression des émotions."

L'expression "gérer ses émotions" est devenue aujourd'hui très courante ; il m'arrive même de l'employer par mégarde :happy: . Effectivement bien souvent, elle signifie contrôler et donc refuser les émotions. Quand on les observe, les accepte et les vit dans l'ici et le maintenant, les émotions se gèrent bien toutes seules.

 

Très amicalement,

A bientôt,

Fabien (7)

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Frédéric

Audrey, Dominique, Fabien,

 

Merci pour vos messages qui m'ont fait plaisir.

 

Pour continuer sur la honte…

 

Quand ai-je honte ? Sous quelle circonstances est-ce que je ressens de la Honte ?

 

1/ Je ressens de la Honte quand j'ai menti ou exagéré devant des personnes et qu'elles s'en aperçoivent. C'est à ce moment-là que je ressens le plus fortement la Honte.

2/ J'ai honte également quand je n'ai pas de travail ou un travail moins bien qu'une autre personne. C'est aussi de la jalousie.

 

Quelle la raison fondamentale ?

 

Elle est simple. Je pense que je ne m'aime pas suffisamment moi-même et que je recherche l'amour chez les autres. A chaque fois j'ai des comportements que je trouve inadaptés : mentir, exagérer, parler de moi sans arrêter, me confier trop et trop rapidement. Je suis alors en manque d'Amour. Et lorsque je rencontre quelqu'un, je cherche trop rapidement à être aimé et je parle de moi. La personne en face a peur et me fuit. Je cherche à parler de ce que j'ai réussi, en exagérant si besoin est, parce que je ne m'aime pas suffisamment et que je pense que je ne suis pas digne d'amour tout le temps si je n'ai pas réussi, si je n'ai assez d'amis, si je n'ai pas un réseau professionnel… Assez stupide !

 

Je sais ce qui doit être amélioré chez moi : m'aimer moi-même, accepter l'ensemble de mes défauts et qualités, comprendre que je peux être aimé pour moi…

 

Pour en revenir au message de Dominique. Ma mère "est" 6 et mon père 9. Je suis de plus en plus convaincu que j'ai hérité (c'est maintenant à moi d'évoluer) de peurs de ma mère et du refoulement de la colère par mon père.

 

Frédéric (3 aile 4)

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PBernard

Bonjour Frédéric,

 

Je fais partie de ceux qui lisent mais qui n'interviennent pas souvent.

Là j'ai envie de faire un commentaire par rapport à votre honte quand vous avez menti.

 

Vous avez honte vis-à-vis de qui quand vous avez menti ? Quel est le standard que vous avez transgressé ?

Est-ce les valeurs de quelqu'un d'autre ou les vôtres que vous avez transgressées ?

 

Ce que je trouve fort intéressant c'est que vous êtes 3, si je lis bien, et que vous éprouvez de la honte quand vous vivez la passion de votre type, ou l'état émotionnel sous l'effet de la compulsion du 3 (le mensonge). Et bien moi je tiens à vous dire bravo !

Pas bravo pour la honte, mais bravo de la prise de conscience de votre passion !

Et je vous souhaite une bonne continuation sur votre chemin, car le pendant du mensonge c'est bien évidemment la vérité qui est la vertu de votre type et c'est aussi ce que vous pratiquez dans vos différents messages.

 

Cordiales salutations,

Bernard (6)

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Frédéric

Bernard,

 

Merci pour votre message qui m'a fait plaisir. J'ai hésité à répondre, j'ai tant de choses à dire, à partager mais je me demande si je le fais pour réellement partager ou pour me faire "mousser" pour rechercher à être aimé comme cela a été le cas dans la passé et encore actuellement certaines fois.

 

Bon disons que cette fois, c'est pour partager… C'est ce que je pense.

 

Il y a un mois, lorsque j'ai découvert que j'avais des difficultés à apprécier la honte, je me suis demandé "Qu'est ce qui peut être bien avec la honte ?". Et là, vous l'avez deviné, le silence, un blanc ou plutôt si : "La honte c'est nul, il n'y a rien de bien à avoir honte !"

 

Cette semaine, j'ai décidé de couper le téléphone, d'être seul parce que ma vie privée risque encore de glisser sur la mauvaise pente. J'ai réfléchi seul en lisant des livres sur la Spiritualité… Et j'ai compris certaines choses.

 

En premier lieu, que la honte était un très bon indicateur de mes mensonges. Dimanche dernier, je parle à un homme qui m'a demandé : "As-tu vu le film Matrix ?" Sans même réfléchir, ma réponse a été oui ! Pas le temps de dire "ouf", de prendre une respiration que le mensonge était dit. Et là la honte est venue…

 

Cette semaine, je suis resté seul, avec quelques fois ma mère au téléphone pour parler de mes "avancées". Des heures de réflexion sur moi par jour… C'est peut-être une détermination de ne plus "vivre mon passé." J'ai rencontré quelqu'un, une personne normale, une personne égale aux autres, une personne Bonne que je n'avais jamais aimée, j'ai rencontré une personne avec ses défauts et ses qualités, une personne bien avec qui je devais faire la paix, que je devais aimer, qui a des parents géniaux, qui est en fait plus serein que je le pensais, qui ne s'aimait pas, qui voulait devenir plus forte que les autres, qui se croyait supérieure aux autres, toujours plus, toujours plus, une personne qui voulait impressionner les autres parce qu'elle ne s'aimait pas…

 

Cette personne, c'est Moi, une personne normale qui a vécu avec une carapace toute sa vie pour plaire, alors que je suis bien tel que je suis, serein et de plus en plus vrai… Oui, j'ai un problème avec l'argent, oui, j'ai un père formidable, oui, j'ai mes peurs, oui j'ai été impulsif et j'ai compris pourquoi, oui, j'ai parlé de moi, oui, je n'ai pas écouté les gens, oui, je me suis trouvé supérieur aux autres, oui j'ai eu peur de la honte…

 

Je ne sais pas pourquoi cela arrive maintenant. Quand j'ai découvert l'Ennéagramme, j'ai d'abord lu et appris tous les types par coeur, pour pouvoir influencer les autres, pour pouvoir être encore plus fort, pour pouvoir impressionner, pour pouvoir être aimé. Or cela ne fonctionne pas, cela est justement un échec. C'est en étant vrai soi-même, en s'aimant soi-même, en aimant les autres que l'on est aimé.

 

Certains diront que je me découvre tous les jours. C'est vrai. 31 ans de mensonges à moi-même, 31 ans de problèmes oubliés…

 

Frédéric.

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Audrey

Frédéric,

 

Je vois que nous nous sommes levés tous les deux très tôt ce matin. J'ai redigé mon texte à mettre sur une autre discussion et ce depuis 6h30. Je vais le mettre sous peu mais avant ça, je voulais te dire que tu devrais être fier de ces avancées impressionnantes. C'est beau.

 

Tu vas voir si tu lis mon nouveau message ce matin que je suis, comme toi, en pleine avancée… C'est amusant, je pensais que le samedi matin, personne ne referait le monde presque au même moment que moi !

 

A bientôt et bravo,

Audrey 6

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