Institut Français de

l’ennéagramme

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CaroB2

Comment aborder le remerciement ?

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CaroB2

Bonjour à tous,

 

J'ai vu, dans le forum, un sujet qui parle particulièrement au 2 que je suis : les remerciements. Comme il était dédié initialement aux 8, je me permets de l’étendre à tous car il me semble susceptible de parler à nombre d'entre nous.

 

Alors oui, remercier sincèrement est plutôt difficile, tout comme pardonner d'ailleurs.

 

Pour ma part, remercier de manière automatique est tout à fait "naturel", il y a de l'éducation et le côté du 2 qui "doit" remercier pour être apprécié.

 

Par contre, pour le remerciement réel je trouverais deux points qui s'imposent à moi :

  1. Remercier réellement quelqu'un dans un cas où j'avais tort fût quelque chose de difficile à faire pour moi, certainement une question d'orgueil… :mouais:  En effet, remercier quand on a tort, pour l'apport que cela a produit était considéré pour moi comme une énorme preuve de ma faiblesse personnelle. Longtemps, j'ai préféré faire comme si de rien n'était, ne surtout pas m'excuser, ou confirmer que j'étais dans l'erreur, alors remercier pour l'enseignement que cela m'avait apporté n'était même pas envisageable. Ce que j'estimais être de la faiblesse me mettait dans une colère interne vis à vis de moi-même (mais je ne le savais pas à l'époque), alors je reportais la faute sur l'autre et dirigeais toute ma colère et mes frustrations sur la personne qui m'avait apporté un point de vue différent du mien. Aujourd'hui, avec plus de recul, et passé l'énervement que cela peut encore produire à certains moments, je peux dire merci à celui qui m'apporte une vision différente, que ce soit sur moi ou sur un sujet de discussion. Et finalement, je ne sens plus de faiblesse de ma part, car j'ai pris du recul et j'ai compris que la valeur de ce qui m'a été apporté et bien plus importante que de nourrir mon ego avec de l'orgueil ou de la force que je me persuadais d'avoir en étant dans la résistance. Donc, merci à tous ceux qui ne sont pas d'accord avec moi, ils m'apportent beaucoup. Mais rien n'empêche d'être d'accord avec moi, quand même… :rofl:
  2. Remercier réellement quelqu'un que j'apprécie est une émotion intense et profonde. Je le fais avec plaisir et naturel. Il m'est déjà arrivé de remercier avec chaleur quand l'action a été très significative pour moi. Je m'explique et peux prendre l'exemple de l'ennéagramme. Et bien, à chaque stage que j'ai suivi cela a été chamboulant, intense et changeant. Dès le début, j'ai senti (ce qui était rare pour quelqu'un qui ne connaît pas ses besoins et qui réprime l'instinctif) des changements et des découvertes de moi-même. Au fur et à mesure des stages, j'en apprenais d'avantage sur moi, mon fonctionnement et surtout celui de l'ego qui domine la plupart du temps. Le travail est long et difficile, il y a des moments où j'abandonne les exercices et puis je reprends car je sais que c'est bénéfique et que ça améliore la vie. Et surtout, avec le recul, je peux dire très sincèrement et avec une vision de mon évolution personnelle, que l'ennéagramme a changé ma vie. Sans y voir de flatterie, je peux même dire que les enseignements de Patricia et Fabien m'ont permis d'avancer de manière significative. Donc, en toute sincérité et humilité, un très grand MERCI à ceux qui m'ont tant appris et qui m'ont permis de progresser sur un chemin que je peux désormais choisir un peu plus consciemment qu'avant. À ce niveau, je peux même dire que je suis dans la gratitude du chemin parcouru.

 

Ce thème est riche et je serais ravie de voir les avis des différents types à ce sujet, comment chacun perçoit cela…

Hâte de vous lire.

 

Amicalement,

Caroline

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Le thème est riche effectivement  et doit certainement bien refléter les ego.

 

"J'ai vu, dans le forum, un sujet qui parle particulièrement au 2 que je suis : les remerciements."

Pour la fluidité de la discussion, je reproduis ici ce que disait Vacataire dans la conversation qui a interpellé Caroline :

Le 26/11/2018 à 21:37, Vacataire a dit :

« Oh j’aimerais remercier bien sûr, mais qu’est-ce que c’est difficile de remercier finalement ! »

Je réalise en effet qu’il est généralement plus facile d’exprimer son mécontentement, ça donne quand même un prétexte pour râler.

 

C'est fait ! Maintenant le plus douloureux, voici mon témoignage. Remercier a longtemps été extrêmement difficile, et j'ai dû beaucoup travailler sur ce comportement et sur le sentiment de gratitude sous-jacent. Je reprends le découpage fait par Caroline.

 

1. Remercier réellement quelqu'un dans un cas où j'avais tort.

Un ego de 7 n'a jamais tort et il peut le prouver grâce au mécanisme de défense de rationalisation. Remercier dans ces circonstances a été impossible pendant la plus grande partie de ma vie. Je le fais maintenant même si mon ego renâcle bien sûr mais il fait son job.

 

2. Remercier réellement quelqu'un.

C'était tout aussi difficile. La valeur culte de l'ego du 7, c'est la liberté, et le message parental qu'il croit avoir reçu (cf. stage Connexions) lui dit qu'il ne faut dépendre de personne. Là aussi, j'ai perçu pendant très longtemps toute chose que l'on faisait pour moi comme la création possible d'une dépendance. Par exemple, dès l'âge de 6 ou 7 ans, je faisais à mes parents des listes très précises et classées par ordre de préférence des cadeaux qu'ils pouvaient me faire : ce n'est quand même pas eux qui allaient me dire quoi lire ou avec quoi m'amuser… Dans tous les cas, je remerciais, par politesse, mais du bout des lèvres.

 

Et puis, dichotomie (cf. stage Ailes) et positionnement du 7 sur le DSM (cf. stage Connexions) obligent, tout ce qu'on faisait pour moi, je le valais bien…

 

Là aussi, j'ai appris. Cela a été en fait plus difficile que pour le cas 1 qui me semble plus mental.

 

Eh bien, ce n'était pas très joli tout ça !

 

Très amicalement,

Fabien

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Yves

Bonjour à tous,

 

Je trouve ce thème intéressant. Merci Caroline de l’avoir créé et Fabien de ta contribution.

 

1. Le cas où j'avais tort.

Lorsque je ne me suis pas détaché sous l’effet du mécanisme de défense du 5, il m’est arrivé de vivre les émotions et sentiments suivants : stupéfaction et peur ou/et déception de moi-même, humiliation, blessure, ou encore agréable surprise — tiens, la croyance de base du 5 sur le monde serait donc erronée ? —, agréable surprise mêlée d’une grosse vague de gratitude ou de confiance ou d’affection. Le sentiment de gratitude agissait parfois comme un révélateur de l’estime ou de l’affection que je portais inconsciemment à la personne.

 

Quant à exprimer cette gratitude, c’était encore une autre paire de manches. La logique suffit à entretenir le monde fermé de mon ego, pas besoin de reconnaissance de l’extérieur, croit-il. Ne trouvant pas d’argument logique pour remercier, l’idée de remercier ne me vient pas spontanément. Nous retrouvons le domaine du 5 (cf. le stage Ailes) et le retrait-avarice de soi du 5 alpha pour éviter de nouvelles intrusions émotionnelles.

 

Aujourd’hui j’ai intégré le fait que la plupart des gens ne fonctionnent pas comme moi : ils ont besoin de reconnaissance. Même s’ils ne reconnaissent pas ce besoin — je songe à des 2. C’est un argument fort pour remercier. Voilà… Mon ego a son argument, la voie est libre pour remercier.

 

Grâce au théâtre, j’ai appris à exprimer émotions et sentiments. La gratitude n’est pas pour moi trop délicate à exprimer. Je me souviens d’un jeu d’improvisation en duo où la contrainte pour chacun était de répéter à l’autre — tout en jouant — un seul mot : « merci ». J’ai été très surpris par ma créativité et ma spontanéité. Créativité non sans lien avec le fait que j’appréciais beaucoup cette partenaire.

 

Comme pour Fabien, le cas où j'avais tort s’est, d'une certaine façon, avéré moins difficile que d’autres. Je considère la rectification d’une erreur comme une action juste. C’est lié à ma préférence pour le centre mental.

 

2. Les autres cas.

Lorsque l’action qu’il faudrait remercier ne me semble pas une action juste, parfois je me dis « l’action juste est tellement difficile à trouver ; c’est l’intention qui compte ; etc. » Alors je remercie quand même. Même lorsque je pense « eh oui, l’enfer est pavé de bonnes intentions », je ne dis pas que l’action ne me semblait pas juste. Mon ego de 5 alpha s’appuie sur mon manque d’espérance — lié à la répression de mon centre instinctif — pour rationaliser mon retrait-avarice de moi. Je me sens honteux de ma pusillanimité ; mon vMème ROUGE se manifeste (cf. la Spirale Dynamique)… Et revoilà mon conflit intestin entre mon bon vieil idéal de moi-même et mon cher rebelle. :calin:

 

Amicalement,

Yves

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Un petit complément à mon témoignage de mardi dernier dont je me me suis souvenu entre temps. J'écrivais :

Le 08/01/2019 à 06:35, Fabien Chabreuil a dit :

Là aussi, j'ai perçu pendant très longtemps toute chose que l'on faisait pour moi comme la création possible d'une dépendance.

Une conséquence de cela était une fréquente activation du triangle de Karpman. L'arrivée d'un sauveteur, c'est-à-dire quelqu'un qui me donnait quelque chose que je ne lui avais pas demandé et qui attendait des remerciements, déclenchait très aisément mon passage en persécuteur. Là aussi, cela a été très difficile d'aller au-delà. Je ne suis pas sûr d'ailleurs d'y être complètement parvenu.

 

Très amicalement,

Fabien

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Pika

Bonjour à tous,

 

C'est dur comme question, car cela dépend vraiment des profils des personnes qui méritent d'être remerciés.

 

CAS 1 : "Remercier réellement quelqu'un dans un cas où j'avais tort"

Depuis que je travaille pas mal sur moi, je suis plutôt de bonne foi et je sais reconnaitre quand j'ai tort. Prendre conscience de mes torts, me permet d'être quelqu'un de meilleur et d'évoluer. Je suis reconnaissante de vivre une situation où je découvre que j'ai tort pour m'améliorer. Par contre, ça ne veut pas dire que je vais remercier les personnes qui me font réaliser que j'ai eu tort.

 

Ce n'est pas très joli, mais je suis déjà gagnante en découvrant comment m'améliorer. Je n'ai pas besoin de remercier quelqu'un. Par contre, je vais remercier quelqu'un, si cela me permet de gagner quelque chose en plus, ou au moins de ne rien perdre. Et je ne vais pas remercier une personne, si cela risque de me desservir.

Je suis 6 mu Cordialité, avec un instinct de conservation très blessé et voici ce qu'il faut savoir pour comprendre ma stratégie : "L'objectif du 6 Cordialité est de se protéger des autres en les désarmant. De plus le 6 Cordialité peut se rabaisser aux yeux des autres pour les conquérir, notamment avec humour. Il peut se montrer vulnérable."

 

Voici ma stratégie :

 

1.1) J'ai tort face à quelqu'un que j'apprécie et dont j'ai confiance

C'est la même réponse que pour le Cas 2.

 

1.2) J'ai tort face à quelqu'un qui n'a pas (encore) ma confiance, mais que je sens bienveillant

Si on s'entend plutôt bien, je vais le remercier dans un registre léger, sous le ton de l'humour, en me moquant de moi même. Je ne vais pas dire merci de manière profonde ni direct. Par exemple : "Ah ah ! Mais oui, quelle idiote ! T'as raison, c'est pas A, c'est B. En tout cas, merci de m'avoir fait réaliser que c'était B. Sans toi, j'aurais pu me tromper encore plein de fois. T'imagines, si j'avais sorti ça devant tout le monde en pleine réunion. La honte. Ah ah !"

 

Si on n'est pas complice et qu'il y a une certaine distance, pudeur entre nous, je vais reconnaître mes torts, sourire et le remercier de manière sobre et pudique. Par exemple : "Ah, en effet, je me suis trompée. J'ai cru que c'était A, mais en fait c'est B. Merci pour la remarque. C'est bien, j'ai appris quelque chose."

 

1.3) Si j'ai tort face à quelqu'un dont je me méfie (soit parce que je ne le connais pas du tout, soit parce que je le sens pas)

Je vais être cash. Quand je suis méfiante, je m'en tape de la politesse. On est dans un jeu d'échec. Je vais utiliser la situation pour avoir des informations sur cette personne. Si je sens que je vais gagner des points en me montrant vulnérable, je le ferais. Si je sens qu'en ne m'excusant pas, je vais la désarmais, je ferais ça.

 

CAS 2 : "Remercier réellement quelqu'un que j'apprécie"

Ça c'est facile. Si j'apprécie quelqu'un et qu'elle mérite que je la remercie pour ce qu'elle m'a apporté, alors je vais remercier réellement cette personne. C'est sur la forme que ça change.

Si je partage déjà de la complicité avec cette personne, je vais lui ouvrir mon cœur, mes émotions, pour qu'elle ressente la gratitude sincère que j'ai envers elle.

Par contre, si je ne partage pas de complicité avec elle, je ne vais pas dire grand chose. Mais j'espère que dans mon comportement, la personne comprendra que je suis reconnaissante envers elle. J'aurais des attentions. Je ferais attention à elle, afin de capter une opportunité pour lui dire merci via un objet, un service, par exemple.

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Katz

Bonjour à tous,

 

Oh oui, c’est bien difficile de dire réellement merci, surtout quand on a tort…

 

Voici mon analyse de mon point de vue de 4 :

 

1) Remercier réellement quelqu'un dans un cas où j’avais tort

Quand j’ai tort, je me sens détruite, sans identité, sous l’influence d’une honte (mon sous-type) énorme. Avant de reconnaître mon tort et de dire merci à la personne, j’ai besoin de me mettre d’abord en accord avec moi-même, d’analyser, de comprendre (avec mon centre mental support) ce qui fait que j’ai abouti à cette situation douloureuse d’être en tort, et de reconsidérer la personne à qui je dois dire merci.

 

Je résume ce processus en 3 étapes :

  1. Dans quelle mesure avais-je tort ? Quel enchaînement de situation m’a entraînée ? Quel manque puis-je percevoir ? Qui étais-je au moment où je me suis mise en tort ? En tant que 4, je reconsidère très souvent mon identité, aussi, il peut y avoir un écart entre le moment où je me suis mise en tort et l’instant présent, même si les deux sont très proches dans la même journée. Je tâche d’accumuler les arguments, mais dans une atmosphère de honte assez intense.
  2. Je compare ces éléments à qui je suis dans l’instant, ce qui m’amène à affirmer mes valeurs et à me reconstruire, dans le meilleur des cas. Sinon, je reste bloquée à l’étape précédente que je tourne en boucle, et le qui suis-je et qui étais-je peut rester béant.
  3. Cette étape est plus facile maintenant avec l’étude de l’ennéagramme : qui n’a jamais tort ? Ainsi, la personne à qui je m’adresse a connu des situations où elle était elle-même en tort, nous sommes humains. J’introjecte donc les moments où elle a pu avoir tort et dire merci. J’ajoute également de la progression en âge pour vérifier ma communication avec elle au moment où je lui dirai merci.

 

Toutes ces étapes nécessitent de disposer d’un minimum de temps entre la situation de tort et le remerciement, sinon, le remerciement poli viendra peut-être (éducation) mais avec une énorme dose de honte que je mettrai beaucoup de temps à évacuer.

 

2) Remercier réellement quelqu'un que j’apprécie

Selon l’objet du remerciement :

  • Il représente comme un cadeau, c’est un lien chaleureux au travers duquel j’existe, il est vital que je l’entretienne. Mais en répondant ainsi, je vois bien que l’ego est là (pour la pérennité de mon identité), donc est-ce réellement un remerciement ? Je pense que plus la personne est appréciée, plus le remerciement est vrai, mais je ne peux assurer qu’il soit purement vrai (eh oui, j’ai besoin des mots justes, alors je prends le mot « réellement » dans le sens de l’essence pure sans mécanismes égotiques).
  • Je perçois que la personne a voulu bien faire et que je me dois de la remercier : le merci vient par éducation, par besoin d’entretenir la relation, mais je tâcherai de le dire d’une part en accord avec moi-même (je ne vais pas déclarer par exemple que cela me plaît alors que cela ne me plaît pas), en tâchant de trouver un aspect particulier, original, de telle manière que la personne ne ressente pas cette honte que je connais si bien et qui fait si mal (j'introjecte par avance ce qu’elle pourrait ressentir).

 

Mais comme je l’ai évoqué, je ne peux assurer dans aucun cas que le merci soit réel et profond, au sens de l’essence pure sans mécanisme égotique, et surtout dans le cas où j’ai tort car en somme, je tâche avant tout de « m’en tirer ».

 

Merci pour ce sujet qui permet de « triturer » nos mécanismes.

Bien amicalement

Katz

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