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Tir Na Nog

Faire ou ne pas faire

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Tir Na Nog

Ce matin j’ai découvert par surprise un biais de pensée lié à ma répression du centre instinctif. Une façon de penser qui a toujours été mienne, mais dont j’ai soudain perçu le côté fallacieux (et comment il contribuait à rendre plus coûteux l’effort que j’hésitais déjà à produire).

 

Je pliais du linge. Il y a toujours un paquet de linge qui croît chaque jour dans ma panière à plier : effet probable de ma quatritude, je « sens » rarement de porter un vêtement deux jours de suite… mais comme je n’ai pas d’énergie à revendre ni l’obsession du propre, je me refuse à laver un truc qui n’est pas encore sale. Or, cet envahissement des fringues non rangées (mais encore mettables quand je le sentirais à nouveau), me pèse esthétiquement. La solution consiste en les plier et les ranger dans l’intervalle, ce que j’ai mis à mon menu de musculation du centre instinctif, à coup de 10 pièces abattues régulièrement.

 

Donc, je vois sur ma table à repasser ce T-shirt d’hier qu’il n’est pas impossible que je remette dans l’après-midi s’il fait chaud. Et là, la restriction de l’action se fait sentir, et je pense « à quoi bon le plier, si je le remets tout à l’heure ? »

 

Cet « à quoi bon ? » qui fleure bon le manque d’espérance, je l’ai en fait pensé, chaque fois, au sujet de toutes les tâches qui devront être refaites : tout ce qui a trait au ménage et au rangement. Eh oui, à un moment, ce geste si coûteux devra être refait, je ne pourrais pas m’en débarrasser à jamais par cet effort ponctuel. Et là, me frappe dans un éclair de génie que si je range ce Tshirt mettable à court terme, j’obtiendrais autant d’amélioration concernant le rangement (et donc autant de satisfaction feng shuique) que si j’en range un autre, moins méritant. Eurêka, è pur si muove, le but de cette action est d’accroître l’organisation, de décroître l’entropie, et si je le fais, ce résultat sera atteint.

 

Je réalise donc que ma pensée a la capacité d’accroître sournoisement la sensation pénible associée à la mobilisation du centre instinctif (et donc de me pourrir la vie). Le concept à la base, c’est une échelle de valeur concernant les choses à faire : il y a d’une part celles qui ont du sens, d’autre part celles qui sont vaines. Et dans ces dernières, il y a celles qui sont « compensées » par du plaisir (nombre d’activités de narcotisation) et celles qui ne le sont pas, mais plus ou moins obligatoires. Ces dernières deviennent aversives soit parce qu’elles m’angoissent (les contraintes administratives, ou liées au travail), soit parce que je les « pollue » avec la fameuse pensée biaisée du tragique consistant à faire un effort « pour rien ». Non seulement le « pour rien » est fallacieux, mais l’effort cesse d’être désagréable quand cesse la lutte contre cette pensée !

 

En fait, mobiliser n’importe quel centre est en soi agréable, pourvu que notre force (pensée et action) aille dans une seule direction…

 

Il me semble aussi que ce côté agréable est dilué quand un centre est « braqué » par l’intervention non judicieuse (non congruente) d’un autre centre : ce qui se passe quand le centre préféré exerce sa tyrannie.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Il me semble aussi que ce côté agréable est dilué quand un centre est « braqué » par l’intervention non judicieuse (non congruente) d’un autre centre."

Cela me paraît être une belle définition de l'essence, non ?

 

Très amicalement,

Fabien

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