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Tir Na Nog

Multitâche et répression de l'instinctif

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Tir Na Nog

Mon auto-observation sur la conduite automobile m’a fait réfléchir plus généralement à la problématique de la répression du centre instinctif dans mon ennéatype.

 

Riso & Hudson éclairent cet aspect du fonctionnement égotique du 4, dans Understanding the Enneagram (p. 262) :

Don Richard Riso & Russ Hudson a dit :

Le type 4 s’identifie au centre émotionnel […] Les 4 tentent de résoudre ce problème (les questions d’identité et de valeur) en pensant à leur identité et à leur valeur. Même les 4 sains s’identifient à leurs émotions et réactions, mais leur orientation les laisse avec une conscience tenace du blocage dans le Centre émotionnel. Ils savent que quelque chose manque, ne coule pas. Comme nous le savons du chapitre sur le type 4, les 4 de niveau moyen utilisent leur imagination pour intensifier leurs états d’âme, et maintenant nous comprenons mieux pourquoi. Parce que les 4 ont construit leur identité autour de leurs émotions, faire l’expérience du moindre déficit dans le ressenti est hautement menaçant. Ils doivent de ce fait continuellement utiliser leur centre Mental pour stimuler artificiellement leur centre émotionnel.

 

Comme je l’ai fréquemment observé, mettre en route le centre instinctif m’empêche momentanément de penser/touiller les émotions ; ça interrompt un processus qui est complétement addictif. Une fois que le mouvement est enclenché (même s’il est assez automatique), il diminue aussi l’intensité émotionnelle ressentie… C’est sans doute pourquoi je suis excessivement peu multitâches. Je suis la risée de mes amis parce que je peux difficilement parler en même temps que passer un plat, débarrasser, faire la vaisselle… L’engagement que je mets immédiatement dans le centre émotionnel en l’articulant au mental utilise toutes mes ressources attentionnelles.

En cours de théâtre, j’oublie mes répliques dès qu’on ajoute un déplacement ou un mouvement…

 

J’aimerais bien savoir si d’autres ennéatypes qui répriment l’instinctif se reconnaissent dans le handicap à « multitâcher » ! Je me demande aussi si on retrouve le même schéma avec les 2 mu et 3 mu qui ont les mêmes centres préférés et réprimés, s’il y a une différence avec les 5 alpha, 7 mu et 8 mu

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Comme je l’ai fréquemment observé, mettre en route le centre instinctif m’empêche momentanément de penser/touiller les émotions ; ça interrompt un processus qui est complétement addictif. Une fois que le mouvement est enclenché (même s’il est assez automatique), il diminue aussi l’intensité émotionnelle ressentie…"

Mettre en œuvre le centre réprimé nécessite le plus souvent un effort conscient. Pendant ce bref instant, nous accédons à l'essence et il est normal que les processus égotiques s'interrompent. Même ensuite, quand le centre réprimé est actif, il prend forcément une part de l'attention qui était auparavant dévolue au centre préféré.

 

"J’aimerais bien savoir si d’autres ennéatypes qui répriment l’instinctif se reconnaissent dans le handicap à « multitâcher » !"

Dans mon cas de 7 mu, absolument pas. Égotiquement les tâches multiples sont à la fois un plaisir et une nécessité pour éviter la dispersion : comme nombre de 7, je me concentre mieux sur une tâche si j'en fais une autre en même temps !

 

Il y a toutefois une exception qui est effectivement liée au centre réprimé. Si je dois exécuter un mouvement très complexe, alors la difficulté et l'effort se coalisent pour me rendre monotâche. C'est un phénomène extrêmement rare, le nombre d'occurrences se comptant sur les doigts d'une main dans une année.

 

Très amicalement,

Fabien

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Alice et le lapin

Bonjour à tous,

 

Étonnamment j'aurais pu reprendre presque mot pour mot ces propos de Fabien, à la nuance près que je ne suis pas 7 : "Égotiquement les tâches multiples sont à la fois un plaisir et une nécessité pour éviter la dispersion : comme nombre de 7, je me concentre mieux sur une tâche si j'en fais une autre en même temps !"

 

Est-ce dû à ma grosse aile 7 ? Je ne sais. En tout cas, je constate que le multi-tâche favorise ma concentration et non le contraire. J'ai besoin de disperser mon attention sur plusieurs tâches pour m'éviter l'ennui et conséquemment l'envie de laisse tomber la tâche en cours. En cela le multi-tâche m'est d'une grande aide.

 

À cela vient s'ajouter une différence importante, due à mon type 6, c'est que lorsque je suis en bascule (que ce soit dû à la fatigue ou à un stress égotique) je deviens monotâche, voir même notâche :pt1cable: si le stress est vraiment trop fort. L'effort nécessaire à l'activation de mon instinctif en mode multi-tâche est alors trop difficile.

 

Amicalement,

Alice et le lapin

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Est-ce dû à ma grosse aile 7 ?"

Peut-être mais pas forcément. Ayant le centre mental intérieur et extérieur, tu es à moitié une 7 !

 

Très amicalement,

Fabien

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Simechau

 

Bonjour à tous,

 

Avec un fonctionnement égotique de type 6 alpha, pour moi pendant longtemps, penser c'était agir, et en plus agir c'était perçu inconsciemment comme risqué. Aussi  mobiliser mon centre instinctif réprimé est toujours le fruit d'une volonté consciente.

 

Chaque matin, j'écris une liste de tâches concrètes que j'effectue dans la journée (pas demain, pas après demain, pas plus tard, pas un jour indéterminé dans un futur indéterminé). Ce sont des tâches simples : sortir la poubelle, faire les courses pour mon déjeuner du jour, choisir et acheter le revêtement que je veux poser sur le toit de ma cabane de jardin, aller laver la voiture, prendre un livre puis le mettre dans ma serviette et le prêter à quelqu'un comme j'avais prévu et pensé de le faire…

 

J'observe qu'au fil du temps, l'observation de cette discipline quotidienne produit des effets cumulatifs.

Agir me semble être de plus en plus aisé, me demande de moins en moins d'énergie consciente. Être dans l'acte concret, être l'acte concret me permet aujourd'hui de sortir de la pensée, qui pense à le faire demain, ou après demain, ou un jour indéterminé quand j'aurai enfin fini de penser à faire.

J'ai le sentiment, la sensation, en sus, qu'être dans l'acte concret prend la place qui auparavant était occupée par la peur et le doute. La peur et le doute ne disparaissent pas, mais j'ai le sentiment, la sensation, qu'ils s'estompent, qu'ils passent désormais en arrière-plan.

Être dans l'acte concret par le fruit d'une volonté consciente, inscrite quotidiennement dans la durée libère, en ce qui me concerne, de l'énergie.

Avec l'expérience éprouvée et la pratique, je confirme pour ma part que la mobilisation du centre réprimé est un axe essentiel du travail sur soi et qu'il est source de libération.

Du fait de cette mobilisation, beaucoup de choses se repositionnent. Ça fait du bien pour soi et ça fait du bien dans son rapport avec les autres.

 

Bien amicalement.

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Certes Simechau mais tu sembles avoir oublié en cours de route la question initiale qui était : "J’aimerais bien savoir si d’autres ennéatypes qui répriment l’instinctif se reconnaissent dans le handicap à « multitâcher » !"

 

Très amicalement,

Fabien

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Simechau

Bonjour à tous,

 

"Certes Simechau mais tu sembles avoir oublié en cours de route la question initiale qui était : “J’aimerais bien savoir si d’autres ennéatypes qui répriment l’instinctif se reconnaissent dans le handicap à « multitâcher » !”"

Ah bon ! C’était ça la question, et on ne m’aurait rien dit ?

 

En ce qui me concerne, je suis clairement unitâche, une tâche à la fois.

« Multitâcher » ne m’est pas aisé. Si je lis en même temps que je surveille la cuisson du poulet, j’ai essayé, deux fois sur trois, j’oublie le poulet qui, au fil du temps, se transforme curieusement et inexplicablement en charbon.

 

Quand je conduis je peux certes dialoguer avec le passager à mes côtés. Mais si j’ai le choix, je préfère conduire en silence et dialoguer pleinement avec le passager, dans un autre contexte, hors de l’action de conduire mon véhicule.

 

En règle générale, je choisis : soit je lis, soit j’écoute la radio.

 

Ensuite, je voudrais apporter les précisions suivantes.

 

« Mutitâcher » Est-ce cela ? : Je garde un œil sur la télévision, en écoutant la radio, tout en répondant au téléphone, en m’épilant les jambes, en surveillant la cuisson de mon déjeuner, et en gardant les oreilles aux aguets car j’ai un ami qui va passer et sonner à la porte.

 

« Multitâcher » au nom de l’idée ou d’une représentation de l’efficacité, de la rapidité ou de l’ubiquité. Serait-ce cela ?

 

En ce qui me concerne, j’ai plutôt tendance à penser que si je veux être pleinement à ma tâche, en pleine conscience, ce que je veux d’ailleurs, si je veux être ma tâche, j’en ferais plutôt une à la fois. Cela ne créerait-il pas d’ailleurs, l’opportunité, que je puisse être ma tâche.

 

Par contre, pour m’efforcer de préciser encore. Avoir un centre réprimé, en ce qui me concerne le centre instinctif, et ne pas avoir conscience de cette répression me semble, par contre constituer un handicap. C’est-à-dire un désavantage, une incomplétude, une infirmité ou une déficience.

 

Un double chemin possible pourrait être le suivant :

  • Pour ceux qui ont de la facilité à « multitâcher » cessez de le faire parfois, en conscience et se concentrer exclusivement sur une seule tâche.
  • Pour ceux pour qui, comme moi, «  multitâcher » n’est pas aisé, parvenir à le faire parfois, sans être contraint de manger du poulet carbonisé.

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Bookineur

Bonjour à toustes,

 

Ma répression de l'instinctif est aussi indéniable que ma tendance à multitâcher. En ce moment même il y a une dizaine d'onglets ouverts sur mon navigateur, quatre ou cinq projets sur le feu et des milliers de gens à contacter.

En rythme de croisière, cela me donne donc une grande adaptabilité, une anticipation des risques que cela tourne mal et que moi ou les miens se trouvent en situation de déviance, et une sensibilité permettant l'établissement de bonnes relations sociales avec mon réseau (Cordialité ?).

Ma compulsion d'évitement de la déviance et mon orientation de loyauté s'adjoignent de la planification de l'aile 7 pour donner une pratique régulière et assidue du multitâches.

 

Dans un contexte de groupe où j'ai du mal à m'adapter à un fonctionnement instinctif complexe : je pense au théâtre, dont parlait Tir Na Nog, où je rassemble beaucoup de ma concentration sur un point précis de la pratique, tout en gardant en tête les instructions préalables. Ce genre de contextes peut donner lieu pour ma part à un beau rééquilibrage des centres où l'instinctif permet de donner à chaque instant le juste niveau de concentration de chaque tâche et où le mental assiste en confiance. Le fait que ce soit en groupe favorise le phénomène, à mon avis, en diminuant l'attention sur la peur d'être sans support et soutien du centre émotionnel. Dans ce cas-là, le multitâches n'a rien d'automatique, mais il est un mode d'attention permettant un travail intéressant sur la structure de mon type, à partir de sa hiérarchie des centres.

 

Quand mon centre instinctif lâche, et que je connais une désintégration interne (je vois ça comme un risque, une part d'ombre qui peut toujours survivre dans ma vie), je constate que ce que j'appelle le multitâches devient bien plus mental qu'instinctif : mentalement, je suis toujours lié à un grand nombre de groupes (y compris le groupe mental "prendre soin de soi", instinct de conservation oblige). Cependant, j'économise mon énergie et je limite énormément les actions concrètes que je fais pour les miens. Je me reconnais dans Alice et le lapin dans le fait que je deviens plutôt monotâche, je resserre fortement mon intention. J'y vois un conflit d'aile au niveau structurel : je me rétracte car je doute de mes capacités (en l'occurrence, à multitâcher), mais en même temps l'aile 7 me pousse à vouloir de la validation par les miens, et je ne me vois pas alors totalement laisser tomber. Si je trouve une activité demandant relativement peu d'actions me permettant de me relier aux miens, je peux alors pratiquer le monotâche et maintenir le niveau de désintégration à un état raisonnable : je suis juste un peu fatigué mais j'arrive à fonctionner encore de manière à peu près adaptative.

 

Si, comme Alice et le lapin, mon mental s'emballe, alors là effectivement je deviens carrément "no-tâche"<:em> ! La place est ouverte pour la grande touillade des émotions dont parlait Tir Na Nog. Mais sans guère de contrôle de ces émotions par au moins un mental de support, l'expérience est vite désagréable.

 

Je ne crois pas qu'être monotâche corresponde à un usage forcément correct et en conscience du centre instinctif. Je pense qu'être un minimum multitâches est une nécessité afin d'avoir un fonctionnement adaptatif par rapport à son environnement. Je constate cependant que mon ego de 6 peut pratiquer cela à outrance, sous l'influence de la déviance, et que c'est paradoxalement la tendance à multitâcher qui entrave chez moi le fonctionnement de l'instinctif, notamment en narcotisant à des tâches plus ou moins futiles pour éviter toute action que mon ego interprète émotionnellement comme étant un danger potentiel.

 

Être multitâches ou monotâche, je ne choisis pas. Ce sont deux revers de la même médaille pour mon ego, nourrissant tous deux la répression de l'instinctif par une sur-activation du mental (anticipation des risques, sur analyse des situations) et de l'émotionnel (peur).

 

Amicalement,

Bookineur

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Simechau

Bonjour à tous,

 

"Je ne crois pas qu'être monotâche corresponde à un usage forcément correct et en conscience du centre instinctif"

Je ressens cette phrase comme parfaitement juste et elle contribue utilement à enrichir, affiner et nuancer mes propos précédents.

 

"C'est paradoxalement la tendance à multitâcher qui entrave chez moi le fonctionnement de l'instinctif, notamment en narcotisant à des tâches plus ou moins futiles pour éviter toute action que mon ego interprète émotionnellement comme étant un danger potentiel."

Eurêka ! Je comprends du coup ma réticence, ma "méfiance dubitative", "mon blocage", ma mise à distance devant le "multitâcher".

 

Multiplier les tâches futiles, accessoires en croyant de ce fait mobiliser mon centre instinctif (et en étant fier de cette mobilisation). Mais en fait, cela peut être tout à fait mis au service de l'évitement d'une action principale, qui pourtant pourrait contribuer à répondre à un besoin fort chez moi. Mais cette action principale est vue égotiquement comme un risque, un danger. Donc je ne la fais pas.

 

"Je pense qu'être un minimum multitâches est une nécessité afin d'avoir un fonctionnement adaptatif par rapport à son environnement."

Oui, également.

 

Merci Bookineur pour ton message, il m'a éclairé (et nuancé), merci également  à Tir Na Nog , Fabien et Alice et le lapin, sans lesquels le message de Bookineur n'aurait pas existé,

Simechau

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Katz

Bonsoir à tous,

 

Pas trop de difficulté à "multitâcher" de mon côté (téléphoner en voiture mains libres ou en repassant, cuisiner et ranger, mener plusieurs recettes en même temps pour les repas du soir et du lendemain tout en écoutant mon fils jouer du violon et en le reprenant s’il faut plutôt un dièse ou un bémol ou s’il y a une faute de rythme), mais justement parce que

Le 20/11/2018 à 17:52, Tir Na Nog a dit :

faire l’expérience du moindre déficit dans le ressenti est hautement menaçant.

 

Ainsi, je cherche absolument à gagner du temps afin d'en avoir à moi pour "penser/touiller les émotions", pour choisir l'activité qui correspond à mon aspiration émotionnelle, pour répondre à des questions qui me trottent dans la tête et qui nécessitent que je lise et fasse des recherches, et pour cela, il faut que tout le reste soit fait.

 

Pourtant, je sens bien que cette course éperdue contre la montre n'est pas satisfaisante : c'est comme si chaque jour, je n'avais vraiment vécu que ce temps-là à moi, alors c'est vraiment peu. Et bien sûr, des tensions corporelles s'installent (raideurs à la nuque).

 

Alors que, lorsque je suis vraiment dans la pleine acceptation du temps présent, le multitâche peut arriver mais ne revêt absolument pas de nécessité : il est 

Le 27/11/2018 à 12:12, Bookineur a dit :

un fonctionnement adaptatif par rapport à son environnement.

 

Merci pour vos mots justes qui m'éclairent également.

 

Bien amicalement

Katz

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Yves

Bonjour à tous,

 

Je trouve cette conversation très intéressante. Merci à Tir Na Nog de l’avoir créée, ainsi qu’aux participants.

 

Le 20/11/2018 à 17:52, Tir Na Nog a dit :

J’aimerais bien savoir si d’autres ennéatypes qui répriment l’instinctif se reconnaissent dans le handicap à « multitâcher » ! Je me demande aussi si on retrouve le même schéma avec les 2 mu et 3 mu qui ont les mêmes centres préférés et réprimés, s’il y a une différence avec les 5 alpha, 7 mu et 8 mu

 

Voici un témoignage d’un 5 alpha.

 

Si une des tâches implique une interaction sociale, alors je focalise mon attention sur cette tâche-là — sauf bien sûr si j’ai enclenché le mécanisme de défense du 5 et subis la fixation de détachement. Dans ce cas d’interaction sociale, je parviens difficilement à répartir mon attention sur plusieurs tâches. Trop d’enjeu et de pression : cf. la false core du 5 dans le stage Néti néti et le domaine du 5 dans le stage Ailes. Une exception toutefois sur un plateau de théâtre, où je joue le jeu sans enjeu.

 

Le 20/11/2018 à 17:52, Tir Na Nog a dit :

En cours de théâtre, j’oublie mes répliques dès qu’on ajoute un déplacement ou un mouvement…

Je n’ai pas vécu cela. Sur le plateau, j’apprécie les déplacements et autres mouvements conscients : je les associe immédiatement au texte, ils m’aident dans mon expression. J’accorde mes centres. La préférence pour le centre mental se manifeste dans la priorité au texte.

 

Le 27/11/2018 à 12:12, Bookineur a dit :

Dans un contexte de groupe où j'ai du mal à m'adapter à un fonctionnement instinctif complexe : je pense au théâtre, dont parlait Tir Na Nog, où je rassemble beaucoup de ma concentration sur un point précis de la pratique, tout en gardant en tête les instructions préalables. Ce genre de contextes peut donner lieu pour ma part à un beau rééquilibrage des centres où l'instinctif permet de donner à chaque instant le juste niveau de concentration de chaque tâche et où le mental assiste en confiance.

Pareil pour moi. Je dirais seulement « le mental participe » plutôt que « le mental assiste ».

 

Quant aux déplacements et autres mouvements inconscients, j’ai tendance à en abuser pendant des improvisations théâtrales, lorsque je me sens envahi par des émotions féroces. Je n’ai pas remarqué ce phénomène chez des 4. Eux, ne fuient pas leurs émotions intenses. Il s’agit chez moi d’un mécanisme de fuite égotique au service de la compulsion d’évitement du 5, au même titre que le mécanisme de défense. De même, dans le quotidien, au téléphone, quand bouillonnent mes émotions, je me lève et me mets à marcher en rond dans la pièce, avec le même sentiment d’urgence que lorsque je me mets à touiller une casserole bouillant sur le feu.

 

Le 20/11/2018 à 17:52, Tir Na Nog a dit :

Je suis la risée de mes amis parce que je peux difficilement parler en même temps que passer un plat, débarrasser, faire la vaisselle… L’engagement que je mets immédiatement dans le centre émotionnel en l’articulant au mental utilise toutes mes ressources attentionnelles.

Même préemption opérée par mes centres préféré et de support, bien qu’ils soient intervertis par rapport à ceux de Tir Na Nog. Il m’arrive, suite à une parole, de me figer et de suspendre ainsi la tâche pratique en cours. Lorsque j’invite des amis à dîner, le dîner dure très longtemps, car je focalise mon attention sur la conversation au lieu de servir le plat suivant. Je n’entends pas l’estomac de mon voisin crier famine… Tiens, une hallucination soustractive (cf. le stage Éveil).

 

Le 26/11/2018 à 10:28, Simechau a dit :

Quand je conduis je peux certes dialoguer avec le passager à mes côtés. Mais si j’ai le choix, je préfère conduire en silence et dialoguer pleinement avec le passager, dans un autre contexte, hors de l’action de conduire mon véhicule.

En ville ou sur autoroute, je n’aime pas discuter en conduisant une automobile. Enfermé dans cette cage infernale, je ne peux pas fuir les intrusions émotionnelles. Par contre, lorsque je roule dans la campagne, je discute volontiers, car je sais que je peux arrêter aisément la cage infernale au bord de la route, pour en descendre et aller marcher quelques minutes : cf. à nouveau le mécanisme de défense du 5. Je l’ai fait à plusieurs reprises. Je suis bien descendu défendu.

 

************

 

Passons enfin — ouf ! — au cas où les tâches n’impliquent aucune interaction sociale.

 

Le 21/11/2018 à 07:45, Fabien Chabreuil a dit :

"Comme je l’ai fréquemment observé, mettre en route le centre instinctif m’empêche momentanément de penser/touiller les émotions ; ça interrompt un processus qui est complétement addictif. Une fois que le mouvement est enclenché (même s’il est assez automatique), il diminue aussi l’intensité émotionnelle ressentie…"

Mettre en œuvre le centre réprimé nécessite le plus souvent un effort conscient. Pendant ce bref instant, nous accédons à l'essence et il est normal que les processus égotiques s'interrompent. Même ensuite, quand le centre réprimé est actif, il prend forcément une part de l'attention qui était auparavant dévolue au centre préféré.

Oui.

 

Réaliser en même temps et avec attention une tâche physique et une tâche mentale, fluidifie mes sentiments et mes pensées. Il m’est arrivé, en me douchant ou en faisant le ménage, d’accéder au centre intuitif du 5 (cf. le stage Centres) et de vivre des intuitions. En marchant sous une averse de pluie ou de neige, j’ai pu répartir mon attention entre mon corps, mes centres — y compris mon centre intuitif — et l’environnement.

 

Il y a toutefois des exceptions, lorsque la tâche physique demande trop ou trop peu d’effort physique ou d’attention.

 

Trop d’effort physique : par exemple, difficile pour moi de réciter un texte dans ma tête en nageant ou en grimpant une longue côte à bicyclette.

Trop d’attention : dans la descente de la côte à bicyclette, mon attention est focalisée sur l’évitement d’une chute.

Trop peu d’effort ou une attention trop peu soutenue : je deviens distrait, je subis des transes d’hallucination soustractive (cf. le stage Éveil), parfois dangereuses — accidents à vélo ou en auto. Des distractions causées par des émotions trop intenses et la combinaison dangereuse de la préférence pour le centre mental extérieur — qui veut garder le contrôle — et de la répression du centre instinctif. C’est d’ailleurs une des causes de mon profil C- (cf. le stage Sous-types). J’ai toujours plaint les surveillants de baignade. Il m’est aussi arrivé (c’est moins grave) de laisser s’évaporer toute l’eau d’une casserole posée sur le feu. Je rapproche cet exemple de l’exemple de la surveillance de la cuisson d’un plat, donné par Simechau :

Le 26/11/2018 à 10:28, Simechau a dit :

Si je lis en même temps que je surveille la cuisson du poulet, j’ai essayé, deux fois sur trois, j’oublie le poulet qui, au fil du temps, se transforme curieusement et inexplicablement en charbon.

 

Et enfin, il y a les exceptions liées à la peur de base du 5. Cf. l’évocation par Bookineur de son aile 5 :

Le 27/11/2018 à 12:12, Bookineur a dit :

Je me reconnais dans Alice et le lapin dans le fait que je deviens plutôt monotâche, je resserre fortement mon intention. J'y vois un conflit d'aile au niveau structurel : je me rétracte car je doute de mes capacités (en l'occurrence, à multitâcher), mais [...]

 

************

 

Le 26/11/2018 à 10:28, Simechau a dit :

En règle générale, je choisis : soit je lis, soit j’écoute la radio.

Réaliser deux tâches mentales simultanément, ce serait perdre la double orientation de connaissance et de précision. Il n’en est pas question.

 

************

 

Pour conclure, si les tâches n’impliquent aucune interaction sociale, alors oui, je peux les réaliser simultanément. Si elles ne demandent pas trop ou trop peu d’effort physique ou d’attention, si je les réalise avec une attention juste, alors parfois cette combinaison permet l’expression de l’essence.

 

Amicalement,

Yves

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Philomène

Merci aussi à Tir Na Nog d’avoir lancé ce sujet.

 

Je suis 9 alpha et co-réprime donc l’instinctif.

 

J’espère parvenir à autant de qualité introspective que vous tous. D’abord, à la première lecture de vos posts, je me suis que je n’étais pas trop multitâches. En fait, en m’observant un peu mieux, je m’aperçois que je suis quasiment tout le temps (!) multitâches, sauf quand je dois faire un boulot d’écriture qui ne dure pas plus de 15-30 min : tâche simple demandant de la concentration, rédiger un devis ou une facture, une carte à un ami, un mot doux à mon chéri. Parce que je suis capable, quand ça dépasse ce temps, d’aller papillonner à droite ou à gauche pour glaner des informations (ouvrir d’autres documents, aller chercher sur Internet) – mais sans doute que tout le monde le fait aussi, vu le nombre de stimulations informatives que nous avons quotidiennement (?). Et comme Bookineur :

Le 27/11/2018 à 12:12, Bookineur a dit :

Ma répression de l'instinctif est aussi indéniable que ma tendance à multitâcher. En ce moment même il y a une dizaine d'onglets ouverts sur mon navigateur, quatre ou cinq projets sur le feu et des milliers de gens à contacter.

En rythme de croisière, cela me donne donc une grande adaptabilité, une anticipation des risques que cela tourne mal et que moi ou les miens se trouvent en situation de déviance, et une sensibilité permettant l'établissement de bonnes relations sociales avec mon réseau (Cordialité ?).

Ma compulsion d'évitement de la déviance et mon orientation de loyauté s'adjoignent de la planification de l'aile 7 pour donner une pratique régulière et assidue du multitâches

 

Sinon, je fais régulièrement du vélo d’appartement en rédigeant mes interventions et mes articles. En revanche, quand j’ai besoin de davantage de concentration, je m’aperçois que je réduis la rapidité du coup de pédale. C’est donc que le mental a besoin de place s’il veut réfléchir et ne pas être complètement happé par le mouvement. Je rejoins ici Yves :

Le 03/12/2018 à 12:50, Yves a dit :

Trop d’effort physique : par exemple, difficile pour moi de réciter un texte dans ma tête en nageant ou en grimpant une longue côte à bicyclette.

Trop d’attention : dans la descente de la côte à bicyclette, mon attention est focalisée sur l’évitement d’une chute

 

Effectivement, pour ce type d’effort, mon mental peut juste se concentrer pour ressentir chacune des parties de mon corps en partant des pieds et en remontant jusqu’au cuir chevelu pour me permettre de libérer mon énergie. J’ai remarqué en effet que dans les randonnées raides et longues, je pouvais commencer par me réciter un poème, mais au bout d’un moment, quand mon mental prend le dessus, alors mon rythme décélère. Alors, pour garder le rythme (et ne pas me faire dépasser par les autres), je lâche le mental et me concentre sur une simple méditation-concentration sur mes ressentis : je m’efforce de concentrer toute mon attention sur mon ressenti en passant en revue toutes les parties de mon corps, et en ajustant le mouvement de ma respiration sur ma marche. Et alors là, le rythme est alors soutenu, voire même peu à peu accéléré. Comme si l’usage intensif de l’instinctif nécessitait que le centre mental revienne bien à sa place de centre support chez moi pour laisser l’instinctif agir. Ou comme si le rééquilibrage de tous les centres permettait tous les possibles…

 

En rentrant chez moi hier soir, je me suis observée en train de retourner les huit chaises de la table de la cuisine, une à une — elles qui sont déposées à l'envers sur la table par ma femme de ménage lorsqu'elle travaille — tout en supprimant les 20 appels du combiné du téléphone. Ceci nécessite, une fois le 3103 composé, de taper 3, d’écouter le message de la dame (« un appel sans laisser de message »), de lui couper la parole pour confirmer aussi vite la suppression de l’appel en tapant sur la touche 1 (pas trop vite, sinon, je suis obligée de retourner à la case départ, retaper le 3103, et réentendre la dame qui m'indique le nombre de messages ou appels laissés en mon absence), et lorsque les chaises ont été rangées, j'ai pu continuer la manip tout en triant le courrier reçu de la journée.

 

D’accord aussi avec Bookineur quand il dit :

Le 27/11/2018 à 12:12, Bookineur a dit :

Je ne crois pas qu'être monotâche corresponde à un usage forcément correct et en conscience du centre instinctif. Je pense qu'être un minimum multitâches est une nécessité afin d'avoir un fonctionnement adaptatif par rapport à son environnement. Je constate cependant que mon ego de 6 peut pratiquer cela à outrance, sous l'influence de la déviance, et que c'est paradoxalement la tendance à multitâcher qui entrave chez moi le fonctionnement de l'instinctif, notamment en narcotisant à des tâches plus ou moins futiles pour éviter toute action que mon ego interprète émotionnellement comme étant un danger potentiel.

À une nuance près : comme vous je pratique le multitâche souvent à outrance, ce qui finit par bloquer mon instinctif.

 

En revanche cette pratique du multitâche à outrance correspond souvent à la pratique de mon mécanisme de défense (la narcotisation pour moi) et m’évite souvent le conflit intérieur avec moi-même car j’évite alors de me demander ce qui est le plus important pour moi, à l’instant présent. Et c'est là que le bât blesse pour moi dans le multitâche. Car il est souvent utilisé pour éviter de me poser la question fondamentale du 9, je pense : "Est-ce que là, c'est important POUR TOI, ce que tu fais ?" J'ai d'ailleurs depuis longtemps affiché un petit Post-it en ce sens sur mon bureau, ce qui m'aide beaucoup à cette prise de conscience et que je vous joins… Peut-être que ça pourrait aider aussi d'autres 9.

 

Est-ce_que_jinvente.png

 

Et j'ajouterai que si je ne m'arrête pas dans ce multitâche pour m'auto-observer et décider ou non de continuer en fonction de l'importance, pour moi, de ce que je fais, alors de fortes émotions de panique et de peur m'envahissent, parfois de colère contre moi-même, puis de grande tristesse à m’observer entretenir ma fixation de l’oubli de soi. J'ai alors tendance à me désintégrer en 6 ; tout devient alors menaçant puisque le temps est passé, que je ne me suis pas attelée à l'essentiel pour moi, et le danger est alors partout… Situation TRÈS désagréable mais tellement connue…

 

Mais changeons de sujet. Pour ce qui est de la pratique du théâtre, pour moi, elle me permet de calmer mon mental qui prend trop souvent la place de l’instinctif et de rééquilibrer les centres. Le théâtre m'a permis depuis des années de me reconnecter à mes émotions et de réintroduire de l'instinctif tout le temps réprimé durant une longue période de ma vie, au moins dans cette activité. En fait, je suis vraiment impliquée et « bonne » dans un rôle quand j’ai « déposé ma tête à côté de moi » et vécu à fond les émotions et la gestuelle provoquée par les émotions. Mon jeu théâtral étant très gestuel et bourré de mimiques, la technique du clown me va comme un gant. En plus, ce dernier vit dans l'instant présent et ressent beaucoup ; la pratique du clown, encore plus que le théâtre, est une vraie thérapie pour moi. Il réagit à tout, et ses mots viennent sans véritable analyse ni conceptualisation. Quand je suis clown, je suis très vraisemblablement dans le multitâche mais ce sont alors les émotions qui guident l'action.

 

Merci à Tir Na Nog, Bookineur, Katz, Simechau et Yves pour avoir éclairé ma réflexion.

Bien amicalement,

Philomène

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

Un peu hors-sujet mais sur le thème du multitâche, j'ai découvert cette vidéo que j'ai trouvé fort intéressante. Elle est en anglais mais on peut, si nécessaire, activer des sous-titres en anglais pour faciliter le visionnage :

 

 

Évidemment un ego de 7 peut trouver dans cet exposé une justification d'une partie de son fonctionnement. :proud:

 

Très amicalement,

Fabien

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