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Gri

Logorrhée de 4

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Gri

Bonjour à tous

 

J’aurais pu appeler ce message : de l’utilité de réétudier les fondamentaux de l’Ennéagramme à intervalles réguliers
 
J'ai récemment mieux pris conscience des ressorts et des conséquences de mon style de communication.
 
Je savais bien pour l'avoir appris en stage que les 4 cherchent à exprimer précisément un ressenti qui évolue sans cesse et que leur communication s’en trouve dilatée. Dans l’arrière-cour de ma conscience, je savais bien que je faisais ça moi aussi — tant pis pour l’originalité. Seulement voilà, je n’avais pas spécialement envie d’aller plus loin. C’était un fait, qui ne méritait pas que j’y prête plus d’attention. Où était le problème après tout ?
 
Le problème, dont je me rends compte aujourd’hui, c’est que je n’étais pas prêt à lâcher prise :
  • Avec la fierté car c’en est une de faire de jolies digressions de langage et de vouloir montrer l’étendue du vocabulaire que je maîtrise ;
  • Avec l’angoisse de ne pas être pleinement compris et reconnu dans ma spécificité si originale, si je devais m'exprimer de façon trop synthétique ;
  • Avec la réticence à reconnaître que cette façon de parler peut être pénible pour les autres et donc me confronter éventuellement au jugement ou au rejet, avec la double peine d'en être moi-même la cause ;
  • Avec la tristesse de reconnaître que je ne sais pas toujours faire autrement pour l’instant et que j’ai besoin d’apprendre à avoir une parole concise.
 
Deux événements ont été des déclencheurs dans ma décision d'en prendre conscience :
  • Avoir récemment passé du temps avec un 4 en état de désintégration et avoir observé l'effet miroir de ses digressions sur moi : difficulté à garder mon attention, sentiment d’être pris au piège de son besoin de reconnaissance ;
  • Avoir participé à des groupes (d'inspiration JAUNE en Spirale Dynamique) où la parole brève est recommandée, et où j’ai senti (intuition ou introjection?) que la mienne gagnait à l’être davantage.
La prise de conscience est donc là. Maintenant il me reste à m'observer, m'entraîner à une parole brève, tout en étant attentif à éviter l’auto-flagellation et bienveillant par rapport à mes limites (je fais ce que je peux).
 
Ce qui va m'aider à le faire :
  • C'est plus efficace pour me faire comprendre ;
  • Ça me permet d’observer mon besoin de reconnaissance et de m'en distancier ;
  • Ça cultive ma capacité à faire confiance à mes interlocuteurs pour comprendre ce que je dis ;
  • Ça me permet d'éviter la honte de me sentir à côté de la plaque, même si je me dis que cette motivation là est peut-être de nature égotique ?
 
L'écrit a précédé l'oral : depuis un certain temps, j’ai pris l’habitude de me relire et de supprimer ce qui me paraît inutile au sens de mes propos.
 
Belle journée à tous.
Ça, c'est quand même utile…
Euh, ça, ça l'était moins…
Bref… :laugh:
Gri

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Où était le problème après tout ?"

Il me semble qu'un aspect primordial n'est pas assez souligné. En bon type tourné vers l'intérieur comme le 1 et le 7, le 4 s'intéresse beaucoup plus à lui-même qu'aux autres. Comme Patricia aime à le dire en stage, le fameux respect des 4 est surtout un "Respectez-moi !". Ce point est plus ou moins sous-entendu quand tu dis "Avec la réticence à reconnaître que cette façon de parler peut être pénible pour les autres et donc me confronter éventuellement au jugement ou au rejet, avec la double peine d'en être moi-même la cause" mais il me semble significatif que l'impact sur les autres est immédiatement vu comme quelque chose qui se retourne contre soi. Ce n'est pas pour rien que le 2 est ton type d'intégration.

 

"Avoir participé à des groupes (d'inspiration JAUNE en Spirale Dynamique) où la parole brève est recommandée."

JAUNE ne cherche pas la parole brève. Il cherche une communication fonctionnelle, et donc brève quand il l'estime approprié et non brève sinon. Par exemple, il peut être parfaitement conscient que s'adresser à des personnes culminant dans le vMème BLEU peut nécessiter une communication redondante.

 

Pour les amateurs de communication brève, je ne saurais trop recommander cette méthode d'un groupe de quakers libéraux (il suffit de remplacer Dieu par ego, quoique l'ego est peut-être bien souvent notre vrai et seul Dieu — cf. les informations sur la méthode en 12 étapes données dans le stage Connexions).

 

Très amicalement,

Fabien

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Simechau

Bonjour à tous,

 

Moi qui me targue d'avoir un esprit de synthèse, je trouve ton message extrêmement compréhensible, aisément accessible, structuré, sans aucuns digression, détours, circonvolution, errements, confusion, disproportion. Je le trouve aisé à comprendre et en même temps dense, fait de phrases courtes porteuses de sens. (On dirait un vrai message de 6.)

 

Il y a 23 heures, Gri a dit :
Ce qui va m'aider à le faire :
  • C'est plus efficace pour me faire comprendre ;

Si c'était un de tes buts, pour moi, avec ce message, il est atteint.

 

Il y a 23 heures, Gri a dit :

Maintenant il me reste à m'observer, m'entraîner à une parole brève, tout en étant attentif à éviter l’auto-flagellation et bienveillant par rapport à mes limites.

Je trouve que tu es sur le bon chemin. Ce message, certes écrit, l'atteste.

 

Bien amicalement.

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Katz

Bonjour à tous,

 

Merci pour ce sujet, et sa claire analyse.

 

Je réalise que je suis cette tendance de simplification de mon style de communication, comme conséquence du travail sur moi en cheminant avec l’ennéagramme (rappel de soi quotidien, changements d’habitudes, travail sur mon instinctif réprimé, sur les transes, relectures). En d’autres termes, je ne l’ai pas consciemment recherchée, cette simplification, je me rends compte qu’elle est venue, du fait d’une focalisation de ma conscience qui a entraîné un meilleur ancrage dans le présent.

 

Concrètement, cela se traduit par une extinction des récits de plaintes, des ruminations associées, des comparaisons, et donc par une attitude plus positive, avec le souci d’avoir une qualité d’écoute, d’écouter pour comprendre et non pour répondre (c’est souvent naturel, parfois décidé). Ceci dit, l’ego est malin, et se réfugie sur un autre terrain, intérieur : la progression en âge, pour tester ma communication, s’est amplifiée, et après une accalmie suite à un traitement drastique (que j’ai lâché un peu vite, je pense), selon la méthode vue au stage Éveil, c’est à reprendre.

 

D’un autre point de vue, je suis depuis longtemps fascinée par les Exercices de style [Version Kindle] de Raymond Queneau que je n’ai lus qu’une fois mais dont le concept me reste : ordonner les mots de telle sorte qu’on passe du style pressé en une demi-page au style détaillé en plusieurs pages pour raconter la même histoire. Parfois, comme par jeu (de type casse-tête), j'y pense. C’est aussi une question fondamentale : jusqu’où peut-on faire plus court ? L’haïku est-il à cultiver ? Qu’est-ce qui mérite vraiment d’être dit ?

 

Cette dernière phrase est à double tranchant car j’ai pu aussi la ressentir en jours sombres de désespérance et donc tomber dans un détachement, d’abord de mélancolie, peut-être aussi teinté d’aile 5.

 

Il reste tout même la question quasi mathématique : jusqu’où peut-on faire plus court ? C’est une question de limites, je n’attends pas de réponse absolue.

 

Bien amicalement,

Katz

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Fabien Chabreuil

Bonjour à tous,

 

"Jusqu’où peut-on faire plus court ?"

La réponse théorique est : tant que le sens du message est conservé. J'ai envie de compléter à la 7 et aussi plus sérieusement. Commençons par le sourire :

 

 

Plus concrètement, je peux recommander d'utiliser les cartes mentales : tu dresses une carte mentale d'un sujet aussi détaillée que tu le souhaites ; tu fermes ensuite le dernier niveau ; si la carte est encore compréhensible, tu refermes encore un niveau ; ainsi de suite jusqu'à avoir fermé autant de niveaux que possible ; tu rédiges ensuite avec la partie de la carte minimum pour véhiculer la compréhension.

 

Cela ne marche pas évidemment pour la fiction. Je pense qu'il doit exister — mais je n'en connais pas — des cours ou des bouquins sur la micro-fiction (pour ceux qui n'en ont pas entendu parlé, la micro-fiction la plus connue est une nouvelle de sept mots, six en anglais, attribuée, peut-être à tort, à Ernest Hemingway : "À vendre. Chaussons de bébé. Jamais portés."). Il y a aussi, comme tu le soulignes, les haïkus, dont je suis un grand admirateur. Sur le sujet, il y a un magnifique bouquin de Phlippe Costa : Petit manuel pour écrire des haïkus, Arles (France), Éditions Philippe Picquier, 2000. [Version Kindle]

 

"Qu’est-ce qui mérite vraiment d’être dit ?"

Alors là… Je cite une fois de plus ce questionnaire de quakers libéraux anglais ou John Steinbeck qui disait : "De tous les animaux de la création, l'homme est le seul qui boit sans soif, qui mange sans avoir faim, et qui parle sans avoir quelque chose à dire."

 

Très amicalement,

Fabien

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Gri

Bonjour à tous,

 

Le 03/10/2018 à 17:01, Fabien Chabreuil a dit :

Il me semble qu'un aspect primordial n'est pas assez souligné. En bon type tourné vers l'intérieur comme le 1 et le 7, le 4 s'intéresse beaucoup plus à lui-même qu'aux autres. Comme Patricia aime à le dire en stage, le fameux respect des 4 est surtout un "Respectez-moi !". Ce point est plus ou moins sous-entendu quand tu dis "Avec la réticence à reconnaître que cette façon de parler peut être pénible pour les autres et donc me confronter éventuellement au jugement ou au rejet, avec la double peine d'en être moi-même la cause" mais il me semble significatif que l'impact sur les autres est immédiatement vu comme quelque chose qui se retourne contre soi. Ce n'est pas pour rien que le 2 est ton type d'intégration.

Merci Fabien de me rappeler la voie consistant à davantage tourner mon centre émotionnel vers l’extérieur et dont j’aimerais en effet me souvenir et la pratiquer plus souvent. Et merci Simechau pour ton message encourageant (et que je vois comme une illustration possible du point précédent).

 

Mes toutes premières réactions à vos messages respectifs ont été des interprétations égotiques (j’ai minimisé la portée du changement d’orientation de mon centre émotionnel et j’ai considéré le message de Simechau comme des louanges non méritées). Il m’a fallu un peu de temps pour arriver à une vision plus nuancée (dans les deux cas, c'est mon ego qui prenait peur et qui s'exprimait). Il m’apparaît donc qu’une communication appropriée à la situation est aussi, en ce qui me concerne et pour l'instant, une communication moins hâtive. Le temps de laisser retomber l'émotion parasite lorsqu'il y en a une et d'observer la situation de la façon la plus neutre possible pour moi.

 

Il y a 16 heures, Katz a dit :

Jusqu’où peut-on faire plus court ?

Merci aussi Katz pour ton partage. Concernant ta question, je suis d'accord avec la réponse apportée par Fabien : c'est l'intention nourrie par l'observation du contexte qui peut être un bon critère d'évaluation. Aussi, je me méfie de ma tendance de 4 (peut-être l'as-tu aussi observé pour toi ?) à mettre ma fierté dans une certaine frugalité (de ma communication ici) alors qu'elle peut cacher de l'auto-sabotage égotique.

 

Bonne journée à tous.

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Katz

Bonjour à tous,

 

Merci Fabien pour toutes ces ouvertures : humour, sciences cognitives, poésie, spiritualité, dans un message court et concis, CQFD !

Je connaissais les cartes mentales mais pas leur réduction, et pas du tout les autres méthodes citées dans le blog.

Je retiens la méthode des Quakers pour savoir s'il est approprié de parler.

 

Je te rejoins complètement dans ton commentaire, Gri, quant à "l'auto-sabotage égotique", que j'évoquais précédemment sous le terme de détachement pour illustrer son aboutissement. Je détaillerais ainsi le mécanisme :

  • Je commence par manquer une occasion de parler (pas forcément de manière volontaire) ;
  • Je me le reproche et je ressens que je suis différente ;
  • Cette attention sur mon état intérieur me fait manquer une autre occasion de prendre la parole ;
  • Mon sentiment de différence est accentué, un ravin me sépare des autres ;
  • Je suis dans ma bulle dramatique, chaque parole est un poignard ;
  • Et le plus beau, c'est que cet état est unique parmi les autres êtres qui m'entourent ;
  • Une fierté naît, la séparation d'avec les autres est totale ;
  • Le détachement naît : peu importe tout.

 

Je précise que ce n'est pas la description d'une entrée en dépression, c'est un phénomène qui peut être relativement court et passer presque inaperçu (pour les autres), si on parvient à glisser un "je suis fatiguée" pour être tranquille, qui peut être teinté de dédain face à des gens qui ne peuvent comprendre… Pas besoin d'être totalement désintégré pour vivre ce phénomène, mais l'ennéagramme et tout le travail associé est d'un grand secours pour en sortir très vite.

 

D'autres 4 pourraient témoigner avec d'autres nuances sans doute ?

 

Bien amicalement,

Katz

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Mdo

Bonjour Gri, bonjour Fabien, et bonjour Katz !

 

Oh oui, la communication est toujours à améliorer ! Tout comme toi, Gri, il m'est arrivé de discuter avec des 4 pas particulièrement intégrés, et à chaque fois je me rends compte à quel point le style de communication 4 peut aboutir à l'opposé de ce qui est recherché !

 

La communication écrite est relativement plus simple… Le seul problème est que l'ergotage du 4 me fait passer un temps fou pour trouver les mots et les termes justes (super, l'ordinateur qui permet de corriger autant de fois qu'on veut un texte), mais ça c'est l'objet d'une autre conversation !

 

En ce qui concerne l'oral, tout se passe à peu près bien quand le sujet est émotionnellement neutre. Et tout se complique quand l'émotionnel débarque !!!

 

Quand je suis envahie par l'émotion (vite, rappel de soi et déconstruction), j'arrive un peu mieux — mais pas toujours — à ne pas m'identifier à l'émotion et à ne pas réagir là tout de suite. Quelques crises évitées. Difficulté : ne pas ruminer mes émotions et la discussion ensuite, ne pas me complaire dans la plainte intérieure.

J'arrive mieux à m'observer quand je tombe dans le drame ou dans la plainte, je me vois dans ma communication mélodramatique. Bonne occasion de rectifier le tir, en allant plus à l'essentiel de ce que je veux exprimer, et en synthétisant. Effet retour : en me concentrant sur moins de mots et de gestes, je dramatise moins (compliqué de faire une saga théâtrale de trois phrases et en parlant de manière plus mesurée) et je me mets plus sur le concret et l'action, ce qui booste mon centre instinctif réprimé.

 

Je constate quand même deux difficultés dont je n'avais pas conscience auparavant :

  • Une tendance au retrait. Je ne dis plus rien et je me ferme, ce qui est très désagréable pour l'interlocuteur. Dedans les émotions bouillonnent.
  • Ou je veux absolument prouver que j'ai raison, que donc je ne suis pas inadéquate ni à côté de la plaque.

Bref, ça fait "tonneau des Danaïdes". On améliore un point, et d'autres difficultés apparaissent. Sans compter qu'il est effectivement nécessaire de revenir régulièrement aux fondamentaux de l'ennéagramme comme tu le dis très justement, Gri.

 

L'ennéagramme, ça me fait penser à la pratique d'un instrument de musique. Quand j'ai commencé l'alto, je me suis dit que le gros du travail était maintenant, et qu'ensuite ce serait plus facile. Ben non, presque 30 ans après, c'est beaucoup plus de travail, mais différent et à un autre niveau.

Et c'est une pratique quotidienne, en revenant régulièrement aux gammes et au travail basique d'archet !

 

Amitiés à tous,

Marie Do

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